GASTRO-ENTERITE, une histoire qui court..



Documents pareils
Chapitre VI : Gestion des risques épidémiques

Signalement et gestion des infections respiratoires aiguës (IRA) et des gastroentérites aiguës (GEA) 19 juin 2014

EVALUER LA MAITRISE DU RISQUE INFECTIEUX EN EHPAD

Service d ambulance. Normes. de soins aux patients. et de transport

STOP à la Transmission des microorganismes!

BMR/ BHR en EHPAD Prise en charge des résidents

L entretien en radiologie conventionnelle. Comment procède t on? Radiologie conventionnelle. Quel mobilier et matériel?

La gestion des excreta en région Nord-Pas de Calais

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Gestion de la crise sanitaire grippe A

Nathalie ARMAND, Praticien en hygiène - CH VALENCE Catherine BLANC, Infirmière hygiéniste - CH MONTELIMAR Philippe BURLAT, Médecin inspecteur de

Prévention du risque infectieux en EHPAD, MAS, FAM et IME

Ce que les femmes enceintes doivent savoir au sujet de la grippe H1N1 (appelée grippe porcine auparavant)

Précautions standard d hygiène au cœur de la prévention du risque infectieux

OSIRIS GRIPPE A H1N1

Bio nettoyage au bloc opératoire

BILLON, C. BURNAT, S.DELLION C. FORTAT, M. PALOMINO O. PATEY

Quelles sont les maladies hautement contagieuses susceptibles d être hospitalisées en réanimation en France?

Situation Epidémiologique Hebdomadaire Epidémie d Ebola en Guinée

Peut-on réduire l incidence de la gastroentérite et ses conséquences dans les écoles primaires à l aide de solution hydro-alcoolique?

Situation Epidémiologique Hebdomadaire Epidémie d Ebola en Guinée

Situation Epidémiologique Hebdomadaire Epidémie d Ebola en Guinée

EBOLA - épidémie Transport en ambulance d'un cas suspect

Ensemble de documents d orientation sur la maladie à virus Ebola

Pandémie : pas de fermetures de classes Évaluation de la situation au 13 novembre 2009

MINISTERE DE LA SANTE, DE LA FAMILLE ET DES PERSONNES HANDICAPEES

Mise en place de référents grippe au sein d un centre hospitalier

Situation Epidémiologique Hebdomadaire Epidémie d Ebola en Guinée

BOITE A IMAGES PREVENTION DE LA MALADIE A VIRUS EBOLA

PROCÉDURE. Code : PR-DSI

ORGANISATION DES SOINS EN SITUATION DE PANDEMIE GRIPPALE

Recommandations des experts de la Société de réanimation de langue française, janvier 2002 Prévention de la transmission croisée en réanimation

MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L EMPLOI ET DE LA SANTÉ MINISTÈRE DES SOLIDARITÉS ET DE LA COHÉSION SOCIALE SOLIDARITÉS

ENTRETIEN MENAGER D UNE CHAMBRE D UN PATIENT FAISANT L OBJET DE PRECAUTIONS SPECIFIQUES

Z I G U I N C H O R SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE REGIONALE Service Régional de la Statistique et de la Démographie de Ziguinchor

Hygiène et prévention du risque infectieux en EHPAD. Maîtrise de la bio contamination et place du bio nettoyage. Jeudi 28 mai 2009

C. difficile. Réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le. à l Hôpital général juif HÔPITAL GÉNÉRAL JUIF SIR MORTIMER B.

Les Infections Associées aux Soins

Annexes jointes Annexe 1 : Fiches d entretien par zone Annexe 2 : Fiche de traçabilité

PRISE EN CHARGE D'UN PATIENT ATTEINT OU SUSPECT DE CLOSTRIDIUM DIFFICILE

Une pandémie d influenza...

Jean-Christophe Richard Véronique Merle CHU de Rouen

MISE À JOUR SUR L ÉVOLUTION DE LA SITUATION CONCERNANT

Plan de veille et de préparation à la riposte contre la Maladie à Virus Ebola

H A C C P. Hazard Analysis, Critical Control Point. Analyse des dangers, maîtrise des points critiques. Programme de formations.

La communication engageante dans la campagne de vaccination contre la grippe

Protection du personnel

Rapport d hygiène pour le département du service d ambulance

COMPTE RENDU D ACCREDITATION DE L'HOPITAL ET INSTITUT DE FORMATION EN SOINS INFIRMIERS CROIX-ROUGE FRANÇAISE

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Présentation générale du Programme

Référent et management

CONSULTATION PROPRETE DES LOCAUX

Rapport de mission - Urgence Afrique Niou Burkina Faso

Méthode et exemples d application. Congrès SFSE - Jeudi 15 décembre 2011

Information au patient

GUIDE DE BONNES PRATIQUES POUR LA COLLECTE DE PILES ET ACCUMULATEURS AU LUXEMBOURG

Formation obligatoire d adaptation à l emploi

La réglementation quelques incontournables

Les Mesures Additionnelles aux Précautions Standard

Infections urinaires chez l enfant

COMPTE-RENDU D ACCREDITATION DU CENTRE DE SOINS SPECIALISE LE CHÂTEAU DU BOY. Lanuéjols MENDE

DISTRIBUTION DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR VOIE ORALE PAR L INFIRMIERE : RISQUE DE NON PRISE DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR LE PATIENT

Il faut protéger votre organisation contre la pandémie qui menace «AVEZ-VOUS UN PLAN?» Marcel-M. Boucher MD

Pandémie grippale et réorganisation des soins primaires. Le travail de la Maison Médicale de Garde d Ambérieu


L EMPREINTE QUALITÉ-GESTION DES RISQUES DU CHA

L opération de la cataracte. Des réponses à vos questions

NOTICE : INFORMATION DE L'UTILISATEUR. DAKTOZIN 2,5 mg/150 mg pommade Nitrate de miconazole et oxyde de zinc

Hygiène Bucco Dentaire en EHPAD. 1 ère Réunion du groupe de travail régional «Espace Le Bien Vieillir» Angers Le 19 Janvier 2012

LA NORME RABC EN BLANCHISSERIE NOYONS SEPTEMBRE 2012

Aide kinésithérapeute : une réalité?

L ENTRETIEN DES LOCAUX ET DES EQUIPEMENTS AU BLOC OPERATOIRE

Hospitalisation à domicile Mauges Bocage Choletais. Livret d accueil. Siège administratif PERMANENCE 24H/24 AU

STAGE D'INITIATION AUX SOINS INFIRMIERS D'ACCES EN PCEM2 ou en 2ème ANNEE DE CHIRURGIE DENTAIRE

Hygiène des véhicules de transport sanitaire

FAIRE FAIRE DES ECONOMIES A VOTRE ETABLISSEMENT:

BILAN D ACTIVITES PLAN D ACTION Hôpital Psychiatrique Saint Vincent de Paul de Yamoussoukro

Mesures préventives suggérées afin d éviter une infestation dans l établissement

Contenu de la formation PSE1et PSE2 (Horaires à titre indicatif)

LA VACCINATION PROFESSIONNELLE

repose sur la mise en place d un suivi étroite de médecins vigies relayant

PARTIE I - Données de cadrage. Sous-indicateur n 9-1 : Nombre de consultations de médecins par habitant, perspective internationale

Protégeons-nous ensemble!

Hopital: Optimisation, Simulation et évitement des Tensions. ANR-TECSAN partenaires ( 1 CH, 1 PME ) 900 k - 36 mois

CHANTIER D INSERTION PREQUALIFIANT AUX METIERS DES SERVICES A LA PERSONNE 2011 EHPAD RONZIER-JOLY

Objet de la société de formation Le galion. La Société de formation «LE GALION» Capital social :

Attention, menace : le Trojan Bancaire Trojan.Carberp!

L AUTOGREFFE QUELQUES EXPLICATIONS

Microsoft Security Essentials

GETINGE CLEAN MANAGEMENT SYSTEM CENTRALE DE DOSAGE LESSIVIEL GETINGE

POURQUOI L HYGIENE HYGIENE = PROPRETE HYGIENE = PREVENTION DES INFECTIONS COMMUNAUTAIRES ET DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS

COLLABORATEURS CLINIQUES

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

FOURNITURE LIVRAISON DE PRODUITS D ENTRETIEN ET D ARTICLES DE NETTOYAGE POUR LA VILLE DE CYSOING

gale - Brochure d information -

L employeur peut-il renvoyer un travailleur grippé à la maison?

Guide pratique Pandémie grippale

Transcription:

GASTRO-ENTERITE, une histoire qui court..

Nous allons vous raconter une histoire qui s est passée dans un hôpital de la Loire. Le samedi 30 novembre 2012, dans le service C3 service de SSR accueillant 29 patients : un patient présente des vomissements et une diarrhée.

Si vous aviez été infirmière ou aidesoignante dans ce service qu auriez vous fait?

Dans ce service rien a été fait!!!

A J1, nous avons 3 nouveaux cas de diarrhées et de vomissements dans ce service. Que faites -vous dans cette situation?

Vous auriez mis en place des mesures alors que ce service ne met toujours rien en place!!!

L épidémie se poursuit dans le service C3 avec 4 nouveaux cas de diarrhées entre J2 et J3 et, à J4 un autre patient présente une diarrhée et des vomissements.

A J5, l infirmière hygiéniste passe dans le service B3 en EHPAD et est interpellée par le médecin du service qui l informe d une épidémie de gastro-entérite : 8 cas de diarrhées et vomissements, Ce dernier précise que l épidémie a débuté dans le service C3 ce week-end.

L infirmière hygiéniste rappelle les précautions à prendre : - une hygiène des mains par friction hydro alcoolique à la sortie de la chambre, - port un masque chirurgical, - port d un tablier plastique pour chaque soin fait au patient, - Nécessité de laisser le patient en chambre, - utiliser les lave bassins pour nettoyer les bassins, Celle-ci répertorie les cas de gastro-entérites depuis le début et en informe le médecin hygiéniste.

L EOH demande un renforcement du bio nettoyage des chambres en EHPAD par l ASH et d insister sur les poignées de porte et rampes. L équipe centrale de ménage est avertie ( insister sur les surfaces en contact avec les mains dont boutons d ascenseur) La direction des soins renforce l équipe ASH à partir du lendemain ( car il y a eu une réorganisation du ménage depuis novembre avec une diminution du personnel)

Précautions à prendre.

A J6: 4 nouveaux cas dans le service A3 et 3 cas supplémentaires pour le service B3 L épidémie de gastro-entérite se poursuit avec d autres cas : 3 à J7( 1 au B3, 2 au A2), 11 nouveaux cas à J8( 1 au B3, 2 au A3, 5 au A2, 3 au B4 + l épidémie touche les soignants : 5 personnes du service B3 sont touchées.

L épidémie prendra fin le 14 décembre Au total : 94 personnes touchées 68 patients et 26 soignants 5 unités touchées Remarque: les prélèvements réalisés sur 3 des patients ont décelé la présence d un «norovirus»

Pourquoi y a-t-il eu tant de cas? Analyse des causes

Qu auriez-vous fait?

Axes d amélioration(1) Établir une procédure simplifiée d alerte du responsable des vigilances (ou de son représentant) devant tout phénomène épidémique Mettre en place une surveillance des éventuelles épidémies dans les unités de soins (par exemple : surveillance quotidienne des gastro-entérites ou des infections respiratoires aiguës respiratoires pendant la période hivernale Travailler sur la gestion des excréta (utilisation du lave bassin, utilisation d alternative au lave bassin) et la gestion du linge

Axes d amélioration(2) Mettre à disposition du personnel en période d épidémie : Des tabliers plastiques à usage unique à changer après chaque prise en charge de patient en précautions complémentaires pour GEA virale Des solutions hydro-alcooliques en quantité suffisante pour assurer un approvisionnement du service en dehors des heures d ouverture de la pharmacie. Revoir l utilisation des solutions hydro-alcooliques (objectifs par service, technique, quantité de produit )

Axes d amélioration(3) Achever la réorganisation de la fonction bio nettoyage : prévoir un redéploiement du personnel le mieux former au bio nettoyage sur les services victimes d une épidémie nécessitant un entretien spécifique de l environnement

Axes d amélioration (4) Informer le personnel en amont : De la vigilance et de la surveillance à maintenir Des procédures d alerte en cas d épidémie Sur les mesures à mettre en place dès le premier cas suspect (précautions complémentaires contact en cas de GEA et alerte du médecin).

CONCLUSION Cette épidémie de gastro-entérite montre l importance de prendre des mesures rapides et efficaces, dès l apparition des premiers symptômes, afin d éviter la propagation du virus.