L usine papetière de Tartas VUE D ENSEMBLE DE L USINE PAPETIERE DE TARTAS 1. Historique et production La construction du site industriel démarre en 1941. En 1961, Tartas devient une usine du groupe CELLULOSE DU PIN, filiale de Saint-Gobain. En 1994, Tartas devient une unité des groupes CASCADES et TEMBEC. Puis en octobre 1999, TEMBEC devient actionnaire unique : c est la naissance de TEMBEC TARTAS S.A. L usine de Tartas occupe une superficie de 16 ha. En 1945, l usine réalise la première production de pâte papetière (400T/an), production qui s arrêtera en 1979. En 1950, la production de pâte rayonne (12000 T/an) démarre et en 1971, la première production de pâte fluff débute. L usine papetière de Tartas n est donc plus une usine à papier mais est une usine de production de pâte à cellulose, production qui nécessite beaucoup de produits chimiques. Aujourd hui, l usine de TEMBEC TARTAS emploie 290 personnes dont 130 environ sont en poste (6*8) pour assurer le fonctionnement en continu de l usine. La production annuelle est de 150 000T, dont 70% de production de pâtes spéciales et la production journalière maximale est de 500T. Pour fabriquer une tonne de produit fini, quatre à cinq tonnes brutes de bois brut sont nécessaires. Le site fabrique deux familles de produits : - Les pâtes BIOFLUFF qui sont essentiellement à usage sanitaire. Le procédé de cuisson de bisulfite de TEMBEC Tartas confère au produit une douceur appréciée pour les usages possibles : couches pour les bébés, serviettes hygiénique, serviettes pour incontinence, serviette à papier, nappe en papier, essuie-tout, - Les pâtes BIOFLOC dites «pâtes spéciales» sont à usage multiples. La valeur ajoutée, à la tonne de pâte produite, est meilleure que pour le fluff en raison de la haute technicité requise pour la production.
Les utilisations de ce type de pâtes sont diverses : nitrocelllulose, éthers cellulosiques pour la fabrication de dentifrices ou de peintures, vernis, matières plastiques, pharmacie (rentre dans la composition des capsule d enrobage des médicaments), L usine Tartas de Tembec exporte 80% de sa production pour 170 clients répartis dans le monde entier. Stockage de bobines de pâtes emballées prêtes à être expédiées 2. Les utilisations de l eau au cours du process de fabrication Les prélèvements nécessaires en eau sont effectués : - dans le ruisseau «Le Retjons» - dans la nappe aquifère au moyen de 5 forages - enfin un complément d eau de ville se fait pour les réseaux sanitaires et incendie. L usine rejette ce qu elle prélève. L eau est utilisée de différentes manières : - l eau des forages est déminéralisée pour être utilisée en chaudière (si l eau n était pas pure, les minéraux boucheraient les chaudières) - l eau transformée en vapeur peut également être turbinée : elle passe dans les turbines pour permettre à l usine de produire de l électricité en autonomie à hauteur de 60% des besoins de l usine. - l eau est utilisée sur la ligne de fabrication : pour la fabrication elle-même (eau de blanchiment des pâtes, eau de cuisson des pâtes), pour le refroidissement ou pour le lavage dans le process. Par exemple, l eau utilisée pour laver la pâte en fin de production est réutilisée à nouveau pour laver une pâte moins propre en cours d élaboration. Le but est d économiser et de recycler l eau au maximum. 3. La pollution de l eau est liée à la fabrication de la pâte : Les différentes productions de l usine de Tartas nécessitent notamment des produits chimiques. La pollution de l eau est liée à la fabrication de la pâte : du tronc, transformé en
copeaux, on arrive à faire de la pâte blanche ressemblant à du coton hydrophile et pour cela des traitements chimiques sont nécessaires. Deux types d eau sont utilisés : - Il y a l eau pompée dans le ruisseau Retjons qui est utilisée plutôt en début du process pour la cuisson du bois, dans des lessiveurs. - Est utilisé également l eau de forage pompée à 80 mètres de profondeur. Cette eau de forage est une eau plus propre, presque potable et elle est utilisée en fin de process. En effet à ce stade là, nous avons une pâte plus propre et nous ne pouvons pas nous permettre d utiliser de l eau de ruisseau contenant plus d impuretés (algues, résidus de feuilles ). Ces eaux rentrent dans le process de fabrication de la pâte : - lors de la cuisson de bois : les copeaux de bois sont cuits, sous pression, à température élevée (à partir de 120 C) dans les lessiveurs (sortes de gros chaudrons). - lors de la délignification de la pâte obtenue à partir des copeaux : on la délignifie, on la blanchit en utilisant différents produits chimiques. Lors de la délignification de la pâte, il y a différents stades de traitement chimique. Après chaque stade de traitement chimique la pâte est lavée pour ne pas accumuler les différents produits chimiques utilisés. On utilise de l eau propre pour le lavage de la pâte après chaque traitement chimique, puis la pâte est essorée et il en ressort un «effluent». On a donc différents types d effluents suivant le traitement chimique effectué. Suivant les caractéristiques des «effluents» (acide, basique, biodégradable ou non ) on les traite, on les dépollue différemment. Ainsi les eaux utilisées sont, à chaque fois qu il est techniquement possible de le faire, recyclés au cours des différents process. 4. Le traitement de l eau est complexe Lors du process de fabrication, de très nombreux «effluents pollués» sont générés. La dépollution de ces «effluents» est complexe et s effectue en différentes étapes. Plusieurs étapes de dépollution sont nécessaires avant de rejeter l eau traitée dans le milieu naturel, ici le Retjons. Il y a le TRAITEMENT BIOLOGIQUE avec l utilisation de bactéries. La «pollution des effluents» est de la nourriture pour les bactéries. Il faut leur créer un milieu propice pour qu elles vivent (azote, phosphore, oligo-éléments) et la pollution constitue leur nourriture.
Grande lagune de traitement Entrée de la grande lagune Stock de copeaux de bois Bassin tampon Petite lagune Sortie de la lagune Les différents bassins de dépollution La lagune, de forme ovale, est le principal organe de dépollution de l usine. Elle s étend sur 8 ha pour une capacité de 330 000 m³ et de 2 à 3 mètres de profondeur. Elle comporte 27 aérateurs répartis sur 4 compartiments.
Toutes les eaux utilisées dans l usine et tous les jus de l usine produits lors du process de fabrication et partiellement dépollués en amont finissent dans la grande lagune. L usine est totalement reliée à la grande lagune par des caniveaux qui sont présents dans toute l usine. La lagune aérée est le lieu de vie des bactéries aérobie, bactéries qui ont besoin d oxygène pour vivre. L eau est brassée en surface par des turbines : l eau est soulevée par les 27 aérateurs, elle s aère au contact de l air puis retombe oxygénée sous forme de pluie. L inconvénient de cette lagune est sa grosse consommation d électricité. Les jus à dépolluer reste 10-12 jours dans la lagune. Le débit à la sortie de la grande lagune s élève à 800/950 m³/h AERATEUR La grande lagune est donc divisée en 4 compartiments. Dans la première partie, arrive la pollution de l usine : les bactéries se nourrissent de toute cette pollution, elles se multiplient, se développent et dégradent la pollution. Ces bactéries sont aérobies : elles ont besoin d oxygène (la lagune est aérée par les aérateurs), d azote (l azote est présent dans les jus à dépolluer car de l ammoniaque est utilisé dans le process de fabrication) et de phosphore (il n y a pas de phosphore dans les jus mais de l acide phosphorique est rajouté dans ces bassins). Une fois qu une grande partie de la pollution est dégradée, les jus passent dans le deuxième compartiment : les bactéries ont moins de nourriture et moins d oxygène et une grande partie des bactéries meurent. Par autorégulation, il y a une chute de la concentration de bactéries. Idem dans le 3 ième et le 4 ième compartiment dans lesquels il y a encore moins de nourriture et d oxygène. La boue s auto digère dans ces 3 compartiments. On a ainsi dégradé le maximum de pollution et on a fait chuter la quantité de bactéries, de matières en suspension avant de déverser, sous contrôle, l effluent dans le ruisseau Retjons qui rejoint la Midouze et plus au Sud, l Adour. Le BASSIN TAMPON : Le bassin tampon est un bac de stockage pour contenir des jus très pollués. En effet, suivant le type de pâte produite, il y a une pollution générée plus ou moins importante. Quand la pollution est trop importante, on stocke ces jus à traiter dans le bassin tampon. Les semaines suivantes, lorsque la pâte produite génère moins de pollution, on ajoute à ces jus, moyennement pollués, les jus plus pollués issus du bassin tampon.
LE METHANISEUR : Le méthaniseur contient des bactéries anaérobies, qui n ont pas besoin d oxygène pour vivre, et qui ont pour particularité de produire du méthane en effectuant la dépollution. Le méthane est un gaz énergétique qui est récupéré pour être brûlé dans les chaudières produisant la vapeur nécessaire au process de fabrication. L utilisation du méthaniseur permet la production de 5000 m³ de biogaz par jour. LA PETITE LAGUNE : La petite lagune contient les jus non biodégradables et qui ne peuvent pas non plus être traités chimiquement. Ces jus sont mélangés progressivement à l effluent de la grande lagune au moment du rejet dans le milieu naturel récepteur. Cette pollution est un résidu de l un des stades chimiques du process de fabrication. Des projets sont à l étude pour réduire cette pollution. Il y a le TRAITEMENT PHYSICO-CHIMIQUE, traitement non biologique. Il y a deux profils de jus : - les jus acides au Ph < 7 - les jus basiques au Ph > 7. Les deux jus ne sont pas traités ensemble. Les jus acides : Pour épaissir le jus, on le chauffe et on l évapore ainsi que l eau contenue ( au départ les jus sont très liquides (12% de matières sèches) et au final les jus contiennent 50% de matières sèches). On obtient, ainsi, un jus liquide épaissi et visqueux. La viscosité est liée à la lignine et à la résine contenues dans le bois et qu il faut absolument ôter lors du process de fabrication pour obtenir une pâte finale absorbante et blanche. Ce jus épaissi est pulvérisé : les petites gouttelettes obtenues sont brûlées à 1000 C dans le foyer des chaudières. L usine produit de l énergie en brûlant la pollution. La buée produite lors de l évaporation est récupérée et condensée puis envoyée dans le méthaniseur pour y être traitée puis dans la grande lagune. Les jus basiques : Ces jus sont concentrés en passant dans plusieurs évaporateurs successifs. Au cours de ces différentes étapes, les résines ou savons sont extraits, qui sont ensuite valorisés par la société DRT (Dérivés Résiniques et Terpéniques). Le concentrat, issu de l évaporation basique, est traité (brûlé) à TEMBEC Saint Gaudens, autre usine du groupe TEMBEC France (valorisation énergétique). Les buées ou condensats sont traités dans la grande lagune. 5. Une pollution de l eau limitée au maximum et strictement contrôlée Le rejet de l effluent dans le ruisseau est strictement limité par un arrêté préfectoral. Les limites à respecter sont établies suivant la production de l usine et suivant la capacité du milieu récepteur (Midouze et Adour) à encaisser cette pollution. La DRIRE, Direction Régionale de l Industrie, de la Recherche et de l Environnement, est «la police de l industrie» et a pour mission de contrôler les rejets en milieu récepteur sous peine de sanctions. Par exemple, durant la période estivale, la marche de l usine peut être ralentie car le ruisseau «Le Retjons» ne peut pas accepter la même quantité de pollution rejetée : d une part le niveau d eau est plus bas et d autre part, la température de l eau étant plus élevée il y a un
taux d oxygène moindre. Le risque, en maintenant le même débit de rejet de l effluent dans le ruisseau que le reste de l année, serait une asphyxie du ruisseau (les bactéries, présentes en trop grande quantité, pour se nourrir vont utiliser l oxygène nécessaire aux algues et aux poissons qui vont mourir). L asphyxie du ruisseau peut aussi passer par l eutrophisation du milieu : l azote présent dans l effluent rejeté favorise le développement en grande quantité d algues vertes qui en respirant consomment l oxygène présent dans l eau du ruisseau jusqu à étouffer complètement ce milieu. Il est donc impératif de trouver un équilibre entre rejets de l usine et capacités du milieu récepteur. C est pourquoi l Agence de l eau par un certain nombre de mesures, incite les entreprises à limiter leur pollution comme par exemple la collecte d une taxe proportionnelle à la pollution générée (en application du principe «pollueur-payeur») ou l allocation de subventions en cas d installation de système de dépollution. En remerciant Mlle Hauquin et M Rio de leur étroite collaboration