guide PRATIquE Un salaire égal pour un travail de valeur égale guide pour une évaluation non DIscrImInante des emplois à prédominance féminine

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1 guide PRATIquE Un salaire égal pour un travail de valeur égale guide pour une évaluation non DIscrImInante des emplois à prédominance féminine

2 Un guide résultat d un large travail collectif : Ce guide est le produit d une réflexion menée au sein du Défenseur des droits (DDD) dans le cadre d un groupe de travail animé par Séverine Lemière et Rachel Silvera associant des agents du DDD, des experts de l égalité Hommes/ Femmes, consultants RH, chercheurs, des représentants de l administration (la DGT, le Service droits des femmes et de l égalité de la DGCS) et d organismes (l Observatoire de la parité [devenu récemment le Haut conseil à l égalité hommes- femmes], le Réseau ANACT) ainsi que des partenaires sociaux et des organisations syndicales. Rédaction coordonnée par : Marie Becker, Séverine Lemière et Rachel Silvera. Ont participé à la rédaction : Marie Becker, Anne-Françoise Bender, Emmanuelle Boussard-Verrecchia, Florence Chappert, Martin Clément, Ghislaine Doniol-Shaw, Sophie Latraverse, Jacqueline Laufer, Séverine Lemière, Martine Lurol, Michel Miné, Frédérique Pigeyre, Patrick Rozenblatt, Djaouida Sehili, Rachel Silvera. Remerciements Pour la relecture : Sarah Benichou, Julie Béranger, Margot Comon, Mireille Gaffié, Clémence Levesque, Denis Roth-Fichet. 1 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

3 SOMMAIRE > Avant propos... 6 > Présentation... 8 > Pourquoi ce guide?...10 Les principaux facteurs expliquant les inégalités salariales...10 Des emplois à prédominance féminine historiquement sous-valorisés La revalorisation des emplois à prédominance féminine : un enjeu d actualité...15 > Partie I : Comprendre...19 Connaître et mobiliser le droit...19 La notion de «travail de valeur égale»...19 La mise en œuvre de la notion de travail de valeur égale dans les méthodes de classification professionnelle et d évaluation des emplois...29 Comprendre les méthodes d évaluation...38 Retour sur les anciennes méthodes d évaluation : les méthodes globales...39 Fonctionnement des méthodes analytiques dites à critères classants...43 Focus sur la méthode Hay...46 > Partie II : Questionner...49 Des méthodes de classification apparemment neutres mais qui peuvent être discriminatoires...49 Trois études de cas...49 Les problèmes liés aux choix des critères d évaluation et à leur appréciation...53 Les problèmes liés à l omission de certains critères...59 Les problèmes liés à la surévaluation de certains éléments...62 Les problèmes liés au jeu des niveaux et pondérations des critères...62 Les problèmes liés au manque de transparence du processus d évaluation...64 Les problèmes liés aux progressions de carrières selon les filières d emploi...64 S appuyer sur les initiatives étrangères...66 Au Québec : une loi «proactive» décisive...67 Au Royaume-Uni : un «Code of practice» En Suède : le rôle de l Ombudsman dans les enquêtes sur les salaires En Belgique : la formation des acteurs par la méthode EVA Aux Etats-Unis : une modification de la méthode Hay par l Etat d Oregon...79 En Suisse : l application concrète d une méthode d'évaluation non discriminante...82 Au Portugal : une expérimentation dans le secteur de la restauration I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

4 > Partie III : Agir...90 Impulser une démarche d évaluation des emplois : la mobilisation de tous les acteurs sociaux...90 La mobilisation des négociateurs Le rôle des autres instances représentatives...91 L implication d autres acteurs...92 Elaborer un diagnostic partagé sur l égalité et l évaluation des emplois...92 S entendre collectivement sur l objectif d égalité salariale femmes hommes...92 Obtenir des données permettant une analyse sexuée...93 Accéder aux outils et informations RH...95 Mettre en place un comité d évaluation des emplois...95 Veiller à la représentativité du comité d évaluation...96 S entendre sur les modalités de participation des représentants des salariés...96 Former les membres du comité d évaluation...98 Informer l ensemble des salarié-e-s Définir les emplois et la rémunération Identifier les emplois à prédominance féminine Décrire les emplois de façon non discriminante Rédiger les fiches d emplois de manière non discriminante Définir la rémunération et intégrer l ensemble des compléments salariaux Sélectionner des critères d évaluation non discriminants Qualification professionnelle requise Complexité Responsabilités Exigences organisationnelles Choisir une pondération des critères non discriminante L importance de la pondération des critères Le nombre de niveaux à l intérieur des sous-critères La répartition des points par niveaux à l intérieur des sous-critères Les classes de points respectant l évaluation Assurer un suivi de l évaluation Permettre un recours pour les salariés Actualiser Bibliographie Liste des auditions réalisées par le groupe «Évaluation des emplois» Liste des membres permanents du groupe «Évaluation des emplois» I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

5 À qui s adresse cette publication? À tous les acteurs et actrices de la négociation collective de branche et d entreprise (employeurs, directeurs-trices des ressources humaines (DRH), consultants, syndicats, instances représentatives du personnel ), qui sont amenés à examiner les classifications et les salaires. Il s agit de leur proposer de nouveaux outils d analyse pour mieux prendre en compte la valeur des emplois, notamment à prédominance féminine, souvent sous-valorisés. À tous les secteurs professionnels. À tous les professionnels du droit, aux inspecteurs du travail, qui trouveront, ici, des éléments d analyse pour rendre effectif le principe de valeur comparable des emplois. À tous les salarié(e)s qui estiment être discriminé(e)s professionnellement et qui souhaitent voir reconnaître la valeur réelle de leur emploi. Aux institutions, professionnels, chercheurs de toutes disciplines, qui œuvrent pour l égalité entre les femmes et hommes. Ils pourront diffuser, accompagner et utiliser cet outil (Service Droits des femmes et de l égalité de la DGCS, Observatoire de la parité devenu récemment le Haut conseil à l égalité hommes- femmes). Enfin, aux associations qui interviennent dans le champ des inégalités professionnelles entre femmes et hommes. 4 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

6 «Tout employeur assure, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l égalité de rémunération entre les femmes et les hommes.» Article L du Code du travail «Sont considérés comme ayant une valeur égale, les travaux qui exigent des salariés un ensemble comparable de connaissances professionnelles consacrées par un titre, un diplôme ou une pratique professionnelle, de capacités découlant de l expérience acquise, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse.» Article L du Code du travail 5 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

7 AVANT-PROPOS Il est étonnant que les divisions sexuées du travail perdurent aujourd hui alors que la place des femmes dans la cité a évolué. Par exemple : les progrès techniques suppléent largement aux exigences de force physique toute relatives d ailleurs : ainsi faudrait-il être sûr qu une caissière n a pas davantage besoin de plus de force physique pour soulever 800 kg de marchandises par heure qu un magasinier pour piloter un chariot élévateur ; ainsi faudrait-il être certain que le malade que soulève l aide soignante pour refaire le lit est nettement plus léger que le même malade que le brancardier glisse d une civière à l autre. Cette assignation sexuée à des tâches et des fonctions précises relève en réalité le plus souvent de stéréotypes sexués et de préjugés sexistes. Par ce biais, les métiers à prédominance féminine se trouvent ainsi dévalorisés. Les femmes y trouveraient leur place en raison de leur «empathie naturelle», de leur compréhension «intuitive», de leur adaptabilité. Mais ces qualités dites «naturelles» sont reléguées au simple rang de «caractéristiques féminines» et non de «compétences» réelles comme le seraient l autorité, l esprit de décision et autres stéréotypes associés à l homme. Les systèmes d évaluation des emplois ne tiennent pas compte de ces compétences et sous-évaluent donc les emplois à prédominance féminine. Face à ce constat, dans de nombreux pays, les autorités et/ou la société civile ont entrepris de réagir afin de rendre effectif le principe d égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un travail de valeur égale. En France, la Cour de cassation a fait place à cette notion de travail de valeur comparable, mais sa prise en compte est encore limitée. Aussi le Défenseur des droits entend-il au travers de ce guide contribuer à l appropriation de ce principe pour le rendre plus effectif. Pour concevoir ce guide, le Défenseur des droits s est adjoint les compétences d universitaires spécialisées et de professionnels des relations du travail afin de cerner au plus près les réalités de cette forme de discrimination. 6 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

8 Il ne s agit pas ici de dresser un nouveau constat des inégalités de rémunération existantes mais de munir les acteurs qui ont à prendre en compte cette notion de travail de valeur comparable, d un outil pratique fournissant des exemples concrets et soulignant les biais qui peuvent fausser l évaluation des emplois. Ce guide trouvera sa place dans la formation et l action des partenaires sociaux, conseillers, décideurs et de tous ceux en général qui évalueront les emplois et négocieront les classifications professionnelles dans une optique d égalité entre les femmes et les hommes. Il ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour que l égalité professionnelle et salariale ne soit plus une expression vide de sens mais une réalité concrète. Dominique Baudis Défenseur des droits 7 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

9 présentation Les femmes ont toujours travaillé et ont toujours été moins rémunérées. À poste égal, il paraissait même «normal» jusqu en 1946, de payer moins une femme. Les arguments justifiant cet abattement sur leur salaire étaient multiples : elles seraient moins qualifiées, plus fragiles, moins responsables ; leur entrée dans ces emplois nécessiterait le recours aux machines et donc un coût supplémentaire Le principe «à travail égal, salaire égal» impose l égalité salariale entre femmes et hommes occupant le même emploi, mais la majorité des femmes n occupent pas les mêmes emplois que les hommes. Au sein d une même entreprise, d un même service, pour des niveaux de qualification très proches, des spécialisations apparaissent. Dans les usines, on leur confiera en priorité des emplois en fonction de leurs présumées qualités féminines (minutie, dextérité). Avec le développement du tertiaire, le recours à la main d œuvre féminine devient une nécessité : elles sont de plus en plus nombreuses à occuper des emplois dans le secteur administratif, du commerce, de la santé et de l éducation ou encore dans le nettoyage et l aide à la personne. Cette ségrégation professionnelle est une explication importante des inégalités de salaire des emplois différents n induisent pas a priori les mêmes salaires mais elle n est pas la seule. Les systèmes d évaluation des emplois ou les grilles de classification professionnelle qui hiérarchisent les emplois et déterminent les salaires de base sont souvent construits sur des normes différentes selon que le travail est réalisé par des femmes ou des hommes. Dès lors, comment sont déterminés les salaires? Comment justifier ces différences? Pourquoi les emplois majoritairement occupés par les femmes «reçoivent-ils» des salaires inférieurs aux emplois occupés principalement par les hommes? Le principe juridique d égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un travail de valeur égale permet d aborder ces questions. Régulièrement réaffirmé par le droit national et européen, ce principe impose de comparer les 8 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

10 emplois à prédominance féminine et masculine et de procéder à leur évaluation, sur la base de critères non discriminants et au regard des tâches réellement accomplies. En permettant une remise en question des stéréotypes associés à ces emplois et une reconnaissance de la valeur de tous les emplois, la démarche d évaluation non discriminante des emplois est susceptible de conduire à une revalorisation professionnelle et salariale des emplois à prédominance féminine. C est l objet de ce travail. Une première partie «Comprendre» présente les principales notions juridiques afin de clarifier le sens et la portée du principe d égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, avant d exposer les principales méthodes d évaluation des emplois et de classifications professionnelles existantes. La seconde partie «Questionner» propose d analyser, à partir d exemples concrets, les mécanismes de fonctionnement des méthodes d évaluation pour élaborer une approche critique. Elle présente également, à partir d initiatives étrangères, différentes modalités de mise en œuvre de la démarche. La troisième partie «Agir» identifie des points de vigilance et différents axes d intervention possibles pour mettre en œuvre une méthode d évaluation non discriminante des emplois et revaloriser les emplois à prédominance féminine. 9 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

11 pourquoi ce guide? Les principaux facteurs expliquant les inégalités salariales Des emplois à prédominance féminine historiquement sous-valorisés La revalorisation des emplois à prédominance féminine : un enjeu d actualité Les principaux facteurs expliquant les inégalités salariales Malgré un cadre législatif foisonnant sur l égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes et une meilleure prise en compte de cette problématique au sein de l entreprise, les inégalités de rémunération restent le noyau dur des inégalités entre femmes et hommes. Si la suppression des écarts de rémunération est difficile à réaliser, c est notamment parce que les facteurs explicatifs des inégalités de salaire sont multiples et complexes. La ségrégation professionnelle Les femmes ne perçoivent pas les mêmes salaires parce qu'elles n'occupent pas les mêmes emplois que les hommes. Cette ségrégation professionnelle se traduit par la concentration des femmes dans peu de métiers et secteurs (ségrégation dite horizontale) et, au sein d un même secteur, dans peu d emplois qualifiés (ségrégation dite verticale). La concentration des femmes dans peu de métiers Les femmes sont concentrées dans peu de métiers, souvent, moins bien rémunérés : elles sont recensées pour plus de la moitié d entre elles dans seulement 12 familles professionnelles sur Il s agit pour l essentiel de secrétaires, d employées administratives de la fonction publique, d infirmières, d aides-soignantes, de vendeuses, d aides à domicile, d enseignantes et d agents d entretien. 1- À titre de comparaison, les 12 familles professionnelles les plus masculinisées ne rassemblent que 35% des hommes. 10 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

12 Pourquoi ce guide? Le plafond de verre L accès des femmes aux postes de décision est toujours limité. Les femmes rencontrent un «plafond de verre», c est-à-dire des barrières informelles dans leur carrière alors même qu elles sont plus diplômées que les hommes. Malgré des progrès incontestables, seulement 39 % des cadres sont des femmes et moins de 10 % de femmes sont à la tête d entreprises. Les inégalités dues au temps partiel Les durées de travail, et notamment le recours au temps partiel, jouent un rôle central dans les écarts de salaire. Plus de 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, et plus d une femme salariée sur trois travaille à temps partiel. Le recours au temps partiel, qu il soit à la demande de la salariée ou imposé par l employeur, s accompagne le plus souvent de promotions, de carrières, de retraites, d accès à la formation et aux primes, eux aussi partiels. Cette forme d emploi s associe souvent à des horaires atypiques et morcelés, qui ne font l objet d aucune compensation salariale. Le poids du salaire d appoint Le salaire d appoint n est pas qu un mythe, il correspond à une réalité économique et sociale. La notion légale de «salaire féminin» n a été supprimée qu en Dans les contrats de travail, il était couramment admis que les femmes puissent percevoir un salaire inférieur de 30 à 50 % à celui des hommes pour un même travail. Tout ceci ne relève pas seulement du passé. Le spectre du salaire d appoint pour les femmes reste encore vivant. Il se traduit par exemple par le développement du temps partiel subi dont le salaire ne permet pas de couvrir les besoins de la salariée. Plus généralement, une tolérance sociale aux inégalités salariales persiste car on continue à supposer que les femmes ne sont pas inscrites «à part entière» dans l emploi, mais travailleraient pour compléter le revenu du ménage. Or, aujourd hui les femmes sont nombreuses à être en situation monoparentale et la nécessité de deux salaires au sein des couples est avérée. 11 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

13 Pourquoi ce guide? Le poids des primes Au-delà du salaire de base, les inégalités salariales portent également sur les compléments de rémunération. Par exemple, au sein des entreprises, plus on monte dans la hiérarchie plus le système de rémunération est variable et plus les écarts entre femmes et hommes cadres sont élevés. Alors que le principe de l égalité salariale porte sur la totalité des rémunérations, l entreprise communique peu sur l octroi des primes et leurs critères d attribution, source de discrimination à l égard des femmes. Le «soupçon» de maternité Une étude statistique de confirme l impact négatif de la maternité sur la carrière des femmes et donc sur leur rémunération. Cette étude compare les salaires de femmes et d hommes de 39 à 49 ans, (n ayant plus en principe de «risque» de maternité) et parmi les femmes, distingue celles qui ont interrompu leur activité de celles qui ne se sont jamais arrêtées. Sans surprise, des écarts de salaires (de 23 %) apparaissent entre les femmes qui ont eu des ruptures dans leur carrière et celles qui n en ont pas eu. Le fait le plus surprenant est que des écarts apparaissent également entre les femmes ne s étant jamais interrompues dans leur carrière et les hommes du même âge. Dans ce dernier cas, l écart est encore de 17 %. Qu elles aient ou non des enfants, les femmes restent perçues comme potentiellement moins disponibles, moins mobiles, n accordant pas la priorité à l entreprise. Un facteur non pris en compte : la sous-valorisation des emplois à prédominance féminine Si tous les facteurs précédents commencent à être bien connus, la sous-valorisation des emplois à prédominance féminine est peu documentée. Or, les inégalités salariales entre femmes et hommes s expliquent aussi par le fait que les méthodes d évaluation et de classification des emplois, en reproduisant des stéréotypes sexués, sous-valorisent les emplois occupés majoritairement par les femmes. Analyser cette discrimination est l objet de ce guide. 2- Dominique Meurs, Ariane Pailhé, Sophie Ponthieux, 2010, «Enfants, interruptions d activité des femmes et écart de salaire entre les sexes», La Revue de l OFCE, n 114, juillet, p I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

14 Pourquoi ce guide? Des emplois à prédominance féminine historiquement sous-valorisés La sous-valorisation des emplois à prédominance féminine s inscrit dans l histoire de l emploi des femmes et de la construction des grilles de classification professionnelle. Une histoire de sous-valorisation du travail des femmes Les emplois ont été construits à partir de stéréotypes de genre, c est-à-dire de présupposés sur ce que doit être un emploi pour une femme ou pour un homme. Certaines sociologues 3 ont montré à quel point les caractéristiques du travail industriel féminisé étaient proches des tâches ménagères : répétition de tâches courtes, faible mobilité, isolement, faible responsabilité, etc. Chez les ouvrières, «l acquisition des savoir-faire se fait hors des canaux institutionnels et en référence à la sphère privée» 4. On parlera alors du caractère sexué des capacités ouvrières : aux femmes la minutie, l habilité et la dextérité, tandis que l on reconnaîtra aux hommes, la force physique, la vraie possession du métier. Bien qu utilisées notamment dans les métiers de l éducation, de la santé, de l aide à domicile, du nettoyage, de l assistanat ou de la vente, les compétences acquises par les femmes dans la sphère privée ne sont pas reconnues car assimilées à des compétences présumées naturelles. Pour l entreprise, pas question de reconnaître l existence d une qualification, sans expérience, ni formation reconnue Cette non-reconnaissance de la qualification des femmes engendre la sous-valorisation des emplois qu elles occupent. À cet égard, l Accord national interprofessionnel (ANI) sur l égalité professionnelle du 1 er mars 2004 souligne ce risque de dévalorisation : «Si l'on examine ce qui est souvent invoqué comme étant les aptitudes innées des femmes (méticulosité, dextérité, douceur, capacité d'écoute et de conciliation des contraintes ), on observe qu'elles servent souvent de prétexte pour ne pas ouvrir largement aux femmes l'accès à des métiers dont l'image est plus valorisante en termes de représentation sociale ou ne pas leur reconnaître certaines compétences en particulier dans les professions où l emploi féminin est largement majoritaire» (Titre I Évolution des mentalités, art. 1) 3- cf les travaux de Madeleine Guilbert ou Danièle Kergoat. 4- Daune-Richard A.M. : «La qualification dans la sociologie française : en quête de femmes», in Laufer J., Marry C., Maruani M. (éd) Le travail du genre, Paris, La Découverte (2003). 13 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

15 Pourquoi ce guide? Ces emplois ont ainsi été moins bien considérés dans les conventions collectives, moins bien évalués dans les classifications et donc moins bien rémunérés, sous prétexte qu ils ne s agissait pas de «vraies qualifications». L histoire des classifications : un compromis social sans les femmes Les classifications professionnelles sont depuis toujours au cœur de la négociation. Quel prix faut-il payer le travail accompli? Avec qui et selon quelles modalités doit-il être négocié? Comment distinguer la part respective que doit toucher chacune et chacun en fonction de sa qualification et de sa compétence? Comment fonder et légitimer les différents niveaux hiérarchiques et salariaux? La société française s est dotée de réponses institutionnelles et publiques aux différents stades de son histoire, qui sont autant de compromis construits par les institutions sociales et publiques, pour tenter de fixer un état relativement durable des hiérarchies professionnelles, opposable au mouvement constant des qualifications et à la mutation des outils techniques. Ces compromis sont le produit variable des représentations promues et soutenues par les associations et organisations professionnelles, les syndicats de salariés et d employeurs et l Etat. Il faut noter le rôle central joué depuis longtemps par l Etat dans l institution des classifications de branches, fondant leur légitimité sur des principes et des nomenclatures attestées par la puissance publique qui se veut seule garante de l intérêt général 5. Le prix du travail, quel que soit le caractère objectif et neutre de la méthode d'évaluation utilisée, traduit souvent la simple transposition d'un rapport social inégalitaire qui puise sa permanence dans des représentations d organisation générale de société. Les méthodes d évaluation des emplois et de classification professionnelle utilisées aujourd hui sont l héritage de cette construction ; elles ne sont donc pas neutres du point de vue du genre. 5- Lois instituant les conventions collectives : 25 mars 1919, 24 juin 1936 (extension), 23 décembre 1946, 11 février 1950 et les lois Auroux de I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

16 Pourquoi ce guide? La revalorisation des emplois à prédominance féminine : un enjeu d actualité Réfléchir en termes de valeur égale des emplois permet d aller plus loin dans l analyse des inégalités de salaire. Envisager l égalité de rémunération entre les hommes et les femmes non seulement «à travail égal» mais aussi pour «un travail de valeur égale» impose de comparer la valeur du travail réalisé respectivement par les femmes et par les hommes qui souvent n occupent pas les mêmes emplois. L application effective du principe d égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, imposée tant par le droit européen que par le droit français, requiert «de considérer sous un jour nouveau les caractéristiques des emplois, de modifier la perception que l on a du travail des femmes comparé à celui des hommes, de revoir les systèmes de rémunération en vigueur dans les entreprises et de relever les salaires des emplois à prédominance féminine» 6. Il invite à vérifier que la méthode utilisée pour apprécier la valeur des emplois ne produit pas des inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes. Comment sont évalués les emplois? Leur évaluation permet-elle une égale valorisation des emplois à prédominance féminine et masculine? Les compétences mobilisées dans les emplois à prédominance féminine sont-elles prises en compte à leur juste valeur ou sous-valorisées? Des biais existent-ils? Ce principe vise donc à réexaminer les systèmes d évaluation et de classifications professionnelles existants, souvent conçus en fonction des exigences des emplois occupés par les hommes. Une série de publications émanant d instances internationales et européennes a permis de mieux faire connaitre la signification et la portée du concept de travail de valeur égale. Le Bureau international du travail (BIT), dès les années 1986, a publié un guide sur l évaluation des emplois. En 1994, la Commission européenne a adopté un mémorandum sur l égalité des rémunérations pour un travail de valeur égale. Les orientations prises par la Commission européenne dans le cadre de sa politique en matière d égalité entre les hommes et les femmes ont également permis d expliciter davantage les obligations imposées par le droit. 6- Evaluation des emplois, publication BIT (1986). 15 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

17 Pourquoi ce guide? Dans un «Code de conduite» 7, la Commission recommande aux partenaires sociaux, dans le cadre de la mise en œuvre du principe de l égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un travail de valeur égale, de procéder à l analyse des systèmes de classification des emplois : «Les régimes de rémunération fondés sur des systèmes de classification, de classement, d'évaluation des emplois et de compétences pour déterminer la/les hiérarchie(s) des emplois sont parfois en place depuis de nombreuses années, sans révision, et beaucoup présentent des caractéristiques qui contribuent à la sous-évaluation du travail des femmes». Pour la Commission, «les systèmes de classification peuvent totalement passer sous silence des compétences susceptibles de caractériser les emplois à prédominance féminine, et dès lors ne leur reconnaître aucune valeur». Elle observe enfin que «la détermination des taux de rémunération, suite à l'évaluation finale des emplois, devrait être le reflet des exigences comparées réelles du travail, non du "niveau" de l'emploi, qui peut reposer sur des préjugés sexistes traditionnels. Dès lors, les femmes devraient accéder aux niveaux de rémunération accordés aux emplois masculins dont leur propre emploi est désormais reconnu comme l'équivalent». Par ailleurs, le Parlement européen, dans son rapport daté du 10 mai 2012 adressé à la Commission européenne, demande aux Etats membres d encourager davantage les partenaires sociaux, dont les employeurs, à appliquer des programmes d évaluation professionnelle non influencés par le genre et à mettre en place des systèmes de classification des emplois. Parallèlement à la diffusion de ces outils et préconisations, de nombreux Etats (Québec, Portugal, Suède, etc.) se sont engagés dans une démarche d évaluation des emplois pour lutter contre les inégalités salariales entre femmes et hommes 8. Toutes les conditions propices à la mise en œuvre effective d une évaluation non discriminante des emplois semblent également réunies en France. 7- (COM (96) 336 final). 8- Ces initiatives étrangères sont détaillées dans la Partie II : Questionner. 16 I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

18 Pourquoi ce guide? Un cadre législatif et un développement de la jurisprudence favorables Le principe «d égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un même travail ou un travail de valeur égale» figure depuis de très nombreuses années dans le Code du travail. S il a été peu mobilisé et mal compris, tel n est plus le cas aujourd hui. À travers deux affaires emblématiques récentes ( et ), la Cour de cassation a rappelé de manière claire que l application de l égalité de rémunération entre les hommes et les femmes impose de comparer la valeur respective d emplois différents, en fonction des tâches effectivement accomplies par les uns et les autres, et de dépasser la représentation habituelle des emplois et des grilles de classification professionnelle existantes. Cette clarification des concepts juridiques et le contrôle de leur pleine effectivité par le juge étaient déterminants pour qu une démarche d évaluation non discriminante des emplois devienne possible. Un engagement grandissant des partenaires sociaux sur l'égalité salariale Les partenaires sociaux, par la signature de l Accord interprofessionnel relatif à la mixité et à l égalité professionnelle entre hommes et femmes du 1 er mars 2004, placent au cœur du processus de négociation, l application effective du principe de l égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un travail de même valeur : «La réalisation de la réduction de l écart moyen de rémunération entre les hommes et les femmes passe par une analyse, à l'occasion du réexamen quinquennal des classifications, des critères d'évaluation retenus dans la définition des différents postes de travail afin de repérer, de corriger ceux d'entre eux susceptibles d'induire des discriminations entre les hommes et les femmes et de prendre en compte l'ensemble des compétences mises en œuvre» (Article 13). L article L du Code du travail qui impose aux organisations patronales et syndicales de se réunir «au moins une fois tous les 5 ans, pour examiner la nécessité de réviser les classifications» dans une perspective de réduction des 9- Cass. Soc., 6 juillet 2010, TMS CONTACT c. Madame B, n Cass. Soc., 6 juin 2012, AGIRC, n I Un salaire égal pour un travail de valeur égale

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