Créer une organisation mondiale de l environnement? Éléments pour le débat
|
|
|
- Maximilien Lavergne
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 institut du développement durable et des relations internationales 6, rue du Général Clergerie Paris France Tél. : [email protected] N 01/2004 GOUVERNANCE MONDIALE (ex-les notes de l Iddri n 5) Créer une organisation mondiale de l environnement? Éléments pour le débat Frank Biermann (Vrije Universiteit Amsterdam, Pays-Bas) Etienne Rolland-Piègue (Ministère des affaires étrangères, Paris) Konrad von Moltke (Iddri, Paris) Tous droits réservés
2 Les notes de l Iddri, n 5 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat Frank Biermann Vrije Universiteit Amsterdam, Pays-Bas Etienne Rolland-Piègue Ministère des affaires étrangères, Paris Konrad von Moltke Iddri, Paris
3 Iddri, Diffusion : 6, rue du Général Clergerie Paris France Téléphone : [email protected] Conception : Ulys communication
4 Sommaire Avant-propos Fondements théoriques et fonctions économiques d une OME Etienne Rolland-Piègue Les fondements théoriques Les fonctions économiques Lever les réticences Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? Frank Biermann Pour une coordination des initiatives Trois modèles possibles Quelle perspective réaliste? Quelle gouvernance pour le développement durable? Konrad von Moltke La gouvernance économique internationale Le lien du développement durable avec l agenda économique A problèmes globaux, solutions globales La subsidiarité dans la gouvernance internationale L importance de l investissement Notes Bibliographie
5 Les propos contenus dans ce document n'engagent que leurs auteurs et en aucune manière l'institution à laquelle ils appartiennent.
6 Avant-propos En 1972, la Conférence de Stockholm sur l homme et son environnement entérine la création du Programme des Nations unies pour l environnement (PNUE) comme l organe de l ONU (Organisation des Nations unies) chargé de coordonner les efforts de la communauté internationale pour protéger l environnement. Elle rejette ainsi la possibilité pourtant évoquée de créer une organisation spécialisée disposant de ses propres statuts et de fonctions plus étendues, recevant des contributions obligatoires de la part des membres. En 1992, le Sommet de la terre de Rio, les grandes conventions internationales qui en ont découlé, les protocoles qui les accompagnent et les instruments élaborés pour répondre aux problèmes soulevés ont relancé les discussions sur une organisation mondiale de l environnement (OME), mais pour des raisons assez différentes de celles évoquées avant la création du PNUE. Tout d abord, ces grandes conventions entérinent de facto le caractère global des problèmes à résoudre : ils ne relèvent pas uniquement de la gestion des interdépendances entre Etats- Nations et, par conséquent, posent la question de l action collective à conduire pour y répondre. Or, ces dernières années, les initiatives multilatérales reculent face aux interventions bilatérales, régionales voire internationales (coalition of the willing). Comment concevoir alors l action collective pour faire face aux questions globales? Ensuite, la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique et de la Convention cadre sur les 5
7 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat changements climatiques se révèle être dans la pratique davantage une question économique que l énoncé du problème ne le laissait présumer. En conséquence, des conflits potentiels ou latents se font sentir entre les normes environnementales, qui peuvent introduire des distorsions sur le commerce, et les normes commerciales définies à l OMC, qui sont dessinées pour les supprimer. Pour beaucoup, la crainte majeure est que soient reléguées au second plan les normes environnementales sous prétexte qu elles ne sont pas toujours compatibles avec les règles commerciales. Enfin, il faut ajouter les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des accords : réticence de certains membres des conventions, voire refus par d autres, de ratifier les protocoles ; retard, voire absence totale de mesures concrètes de la part de ceux qui se sont engagés. Ce manque d efficacité risque de remettre en cause la validité même des consensus qui ont conduit à ces accords internationaux et, par conséquent, leur réelle légitimité. Face à ces constats, grande est la tentation de considérer la création d une OME comme une solution privilégiée pour dissiper les craintes et renforcer la légitimité des accords, favoriser leur mise en œuvre et, surtout, rétablir l équilibre entre normes environnementales et commerciales. Cette note de l lddri présente trois contributions pour engager les discussions sur l opportunité de créer une organisation mondiale de l environnement. Arguer de l utilité d une telle organisation exige de démontrer la rationalité non seulement environnementale mais également économique qui sous-tend la constitution d une OME. Etienne Rolland-Piègue rapporte les raisonnements théoriques utilisés pour justifier la création d une OME et rappelle les fonctions économiques que ce type d organisation devrait remplir. Toutefois, envisager la création d une OME ne présume en rien des modalités, ni de la forme institutionnelle qu elle doit prendre. Frank Biermann revient sur diverses conceptions possibles, déclinant les avantages et les inconvénients de chacune d elles. Néanmoins, tous les partisans d un rééquilibrage des normes ne plaident pas pour un renforcement institutionnel. Certains préfèrent que les normes environnementales soient directement prises en compte par le système commercial. Leur légitimité serait ainsi assurée et elles seraient reconnues comme référence dans tout différend relevant à la fois de considérations environnementales et commerciales. Enfin, Konrad von Moltke propose d adapter les institutions existantes de la gouvernance internationale, notamment que l OMC intègre les normes environnementales, notamment dans l accord relatif à l investissement. Son article rappelle 6
8 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat combien les discussions sur l opportunité d une organisation mondiale de l environnement ne peuvent pas se résumer à un débat sur l institution en tant que telle. Ce serait oublier une part déterminante du débat. La question de l efficacité des accords et celle de la construction d une architecture environnementale complète doivent rester au cœur des préoccupations : comment renforcer la légitimité, la validité et la prise en compte des normes environnementales dans l ensemble du système économique mondial? Comment assurer l effectivité et l efficacité de l action collective dans la résolution des problèmes globaux? De la même manière que le passage du GATT à l OMC a permis de réformer l organe de règlement des différends ce qui a été fondamental pour renforcer l efficacité et le respect des accords commerciaux, une OME pourrait-elle renforcer les accords multilatéraux sur l environnement? Doit-on lui préférer d autres formes d engagements telles que la régionalisation des actions, les engagements volontaires des acteurs, la définitions de normes privées...? Par exemple, peut-on imaginer qu une OME soit capable de rétablir les priorités locales compte tenu de la diversité des actions? Ne doit-on pas lui préférer une dimension plus régionale privilégiant les approches de terrain dans l identification des questions (démarche ascendante bottom-up) plutôt que l élaboration internationale de normes globales (démarche descendante top-down)? Seuls quelques éléments de ce vaste débat sur la création d une organisation mondiale de l environnement sont présentés ici. De nombreuses questions restent aujourd hui sans réponse. Il sera vraisemblablement difficile de poursuivre toute discussion si elles ne sont pas sérieusement instruites. 7
9
10 Fondements théoriques et fonctions économiques d une OME Etienne Rolland-Piègue Ministère des affaires étrangères, Paris L approche qui domine la prise en compte des problèmes d environnement à l échelle internationale est une approche par le droit : à travers le concept de développement durable et les déclarations des grandes conférences internationales (Rio, Johannesburg), un vaste corpus de principes et de normes a pris forme et s incarne aujourd hui dans une série de textes comme l Agenda 21, ainsi que dans près de deux cents traités liés à des questions environnementales spécifiques. Les partisans de la création d une organisation mondiale de l environnement (OME) réclament à juste titre une rationalisation de ce système, afin de combler un vide dans les institutions existantes et d ancrer plus fermement la protection de l environnement dans le droit international. Cette approche tranche avec les mécanismes mis en place pour libéraliser le commerce des biens et des services dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) puis de l OMC (Organisation mondiale du commerce). La logique qui préside aux négociations commerciales est celle des transactions : les obstacles aux échanges sont progressivement supprimés sur la base de concessions réciproques, selon la logique du donnantdonnant et de l intérêt bien compris. Le corpus juridique qui préside à ces transactions est peu développé et a pour principal objectif de renforcer l efficacité de celles-ci ; la création de l OMC et de son organe de règlement des différends (ORD) a certes conduit à une «juridification» des débats, mais l ORD s appuie 9
11 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat surtout sur une base jurisprudentielle qui a permis jusqu ici d échapper à la prolifération des normes qui caractérise d autres domaines de l activité internationale. Il est significatif que les partisans de la création d une OME mettent souvent en avant le problème de la hiérarchisation ou de l articulation des normes environnementales et commerciales, les objectifs de libéralisation des échanges pouvant entrer en conflit avec la protection de l environnement. C est ainsi qu a été proposée la création d un «ORD environnemental» comme embryon d une future OME qui traiterait de l articulation de ces normes. Cette démarche, qui fait appel à des mécanismes d arbitrage se rapprochant de la tradition de la common law, se situe entre l approche par le droit et celle par les transactions. L approche par les transactions qui a fait le succès du GATT, puis de l OMC, pourrait-elle être mise au service de la création d une OME? Pourrait-elle rallier le soutien des pays en développement et de certains grands pays industrialisés qui, jusqu à présent, se sont montrés sceptiques quant à l utilité d une OME? La démarche proposée ne vise pas à invalider les considérations juridiques qui ont présidé jusqu à présent à la prise en compte des problèmes environnementaux. Elle a pour objectif de fournir un fondement économique à la création d une OME et par là même d en renforcer la légitimité. Les fondements théoriques 1 Le raisonnement économique à la base de la création d une OME s appuie sur la notion d imperfection de marché et plus particulièrement sur l incapacité du marché (et des dispositifs institutionnels existants) à internaliser les externalités transfrontalières liées à l environnement et à élever le niveau global de protection de l environnement. Cette incapacité est liée à la présence de coûts de transaction qui limitent la possibilité pour les acteurs de négocier des solutions bénéfiques pour tous. La protection de l environnement est un exemple clair de bien public mondial qui, comme tel, est confronté au comportement de «passager clandestin». Ainsi, les pays développés, qui attachent une valeur importante à la protection de l environnement, seraient prêts à verser une compensation aux pays qui prennent des mesures dont les bénéfices s étendent au-delà de leurs frontières. Mais ils sont également tentés de faire reposer cette charge financière sur les autres pays qui attachent la même valeur à la protection de l environnement. De même, les pays en développement ou certains pays développés sont tentés de «tricher» sur leurs engagements 10
12 Fondements théoriques et fonctions économiques d une OME qui impliquent des mesures coûteuses pour leur économie, ou de ne pas souscrire à ces engagements dans l espoir que la charge de l ajustement sera supportée par d autres. Une fois ces engagements souscrits, se pose le problème de leur suivi et de leur contrôle. S ils impliquent des transferts financiers pour compenser les mesures prises, alors la tentation sera forte de renier les engagements et d annuler les mesures prises une fois les paiements effectués. Si les paiements interviennent en fin de période, le pays bénéficiaire n a pas l assurance d être effectivement rémunéré pour ses mesures de conservation de l environnement. Enfin, se pose le problème des droits de propriété associés à certains actifs environnementaux. Les associations de protection de l environnement dans les pays développés considèrent que ces actifs font partie du patrimoine commun de l humanité et doivent faire l objet d une gestion commune. Les gouvernements des pays en développement mettent en avant le principe de souveraineté pour gérer leurs ressources naturelles comme ils l entendent et réclament des compensations financières pour les mesures de conservation de l environnement dont les bénéfices s étendent audelà de leurs frontières. Mais ils ne contrôlent pas toujours directement ces actifs : si certaines espèces sont menacées par l extension de ménages ruraux sur des terres dont les écosystèmes sont fragiles, les gouvernements peuvent ne pas être en mesure de s opposer à cette pression des populations. L incapacité à internaliser les coûts et bénéfices liés à l environnement est donc liée à la présence de multiples imperfections de marché : coûts de transaction, problème de «passager clandestin», cohérence à long terme des engagements et contrôle de leur exécution, incertitude sur les droits de propriété, etc. Dans la littérature économique, l internalisation des externalités a reçu deux types de réponse. La première, qui remonte à Arthur Pigou, contemporain de Keynes, recourt à la taxation pour égaliser coût marginal privé et collectif. Elle suppose une autorité publique capable d imposer la prise en compte des coûts sociaux dans les fonctions de production des agents privés (par exemple selon le principe pollueur-payeur). Elle ne permet donc pas de régler le cas des externalités transfrontalières ou globales, pour lesquelles il n existe pas d instance politique légitime. Mais, dans un article de , Ronald Coase conteste l analyse de Pigou et montre que les externalités peuvent être internalisées de manière décentralisée par une négociation entre les parties concernées et sans passer par une taxe imposée par une autorité publique. Tout dépend de la façon dont sont définis ex ante les droits de propriété. Une fois ceux-ci déterminés, les parties peuvent conclure des transactions incluant le paiement d une 11
13 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat compensation pour les dommages subis par la partie qui peut faire valoir ses droits auprès de l autre partie dénuée de tels droits. Une instance de coordination peut faciliter la mise en œuvre de ces transactions en clarifiant les droits de propriété détenus par chacun et en diminuant les coûts associés à ces transactions. Dans cet esprit, une OME aurait pour fonction de diminuer les obstacles aux transactions dans le domaine de l environnement. Elle viserait aussi à obtenir des engagements spécifiques sur la préservation des équilibres écologiques en retour de transferts financiers, de conversion de créances, de renforcement des capacités technologiques, de mesures commerciales préférentielles au bénéfice des pays qui souscriraient à de tels engagements. Les fonctions économiques La logique des «cycles» de négociations commerciales mise en œuvre dans le cadre du GATT et de l OMC pourrait être transposée à l environnement. Regrouper les enjeux sectoriels liés à l environnement au sein d un même cadre de négociation aurait pour avantage de permettre l échange de concessions réciproques et de lier les questions environnementales à des enjeux financiers, technologiques ou commerciaux. Un pays sera davantage incité à conclure un engagement dans un domaine environnemental particulier s il perçoit que d autres souscrivent à des engagements complémentaires ou s il a l assurance d être compensé pour les coûts induits par les mesures prises pour la conservation de l environnement. Une OME offrirait ainsi un cadre de négociation similaire à celui de l OMC pour les questions commerciales, avec une différence de taille cependant : en matière commerciale, les pays libéralisant leurs échanges ne reçoivent pas de transferts financiers de compensation. Les négociations commerciales n ont pas pour but d internaliser des externalités, mais de diminuer les obstacles aux échanges sur la base de concessions réciproques. Des mécanismes de transfert financier ont déjà été mis en place dans le cadre des conventions ou accords sur l environnement. Le Fonds pour l environnement mondial (FEM) finance les coûts incrémentaux liés à la mise en œuvre de politiques environnementales dans les pays en développement. Un mécanisme similaire a été créé dans le cadre du protocole de Montréal sur la protection de la couche d ozone. Enfin, le protocole de Kyoto prévoit un fonds multilatéral pour apporter une assistance technique et financière aux pays en développement afin de les aider à remplir leurs obligations. Mais les sommes mobilisées sont bien inférieures aux enjeux : lors de la conférence de Rio, le coût pour les pays en développement des 12
14 Fondements théoriques et fonctions économiques d une OME mesures prévues dans le programme d action Agenda 21 avait été estimé à 125 milliards de dollars. Une OME fondée sur la logique économique pourrait remplir plusieurs fonctions. Lancer des négociations visant à internaliser les externalités globales ou transfrontalières Les obstacles à la conclusion de telles négociations ont déjà été identifiés : coûts de transaction, incertitude sur les droits de propriété, absence de garantie du respect des engagements, manque d incitations pour prendre des mesures coûteuses, etc. La fonction centrale d une OME serait de lever ces obstacles pour parvenir à une internalisation des externalités liées à l environnement. Les transactions ainsi négociées permettraient l échange d engagements crédibles et vérifiables en matière de protection de l environnement contre d autres engagements similaires inclus dans un même «package» global ou contre des avantages spécifiques qui pourraient prendre la forme de transferts financiers et technologiques, de conversions de créances ou de mesures commerciales préférentielles. Ces accords pourraient être conclus par des gouvernements, mais pourraient également associer le secteur privé, des ONG ou des représentants de groupes communautaires, des fondations, etc. Les conversions de créances en projets environnementaux (debt-for-nature swaps) offrent un exemple de transaction décentralisée : des groupes d intérêt basés dans des pays développés rachètent sur le marché secondaire une partie de la dette d un pays en échange de mesures destinées à protéger l environnement d une zone particulière. Une OME fondée sur la logique de l internalisation des externalités multiplierait de telles transactions en leur donnant un cadre institutionnel, afin d améliorer la protection de l environnement à l échelle globale. Faciliter les transferts financiers et technologiques vers les pays en développement 3 Les pays développés sont disposés à payer des montants importants pour mieux protéger l environnement à l échelle mondiale, mais les transferts financiers qui ont pour objet la protection de l environnement dans les pays en développement sont d un faible montant et n interviennent que sur une base parcellaire. Une OME (qui reprendrait en son sein le FEM, le Programme des Nations unies pour l environnement (PNUE) et les autres fonds multilatéraux dédiés à l environnement) aurait pour objet d accroître les transferts de ressources vers les pays en développement engagés dans des programmes de protection de l environnement. La 13
15 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat logique pourrait être celle du financement du coût incrémental des projets telle qu elle est aujourd hui mise en œuvre par le FEM, mais également le renforcement des capacités et les transferts de technologie pour aider les pays à se conformer à leurs engagements, les conversions de créances sur le modèle des debt-fornature swaps ou l échange de «droits à polluer» dont le Clean Development Mechanism prévu par le protocole de Kyoto fournit un premier exemple. La centralisation de ces fonctions au sein d une OME fermement ancrée dans le système des Nations unies serait préférable à la multiplication des fonds multilatéraux spécialisés ou au transfert des compétences à la seule Banque mondiale. Etendre et approfondir le champ des traités existants La signature d un certain nombre de conventions et de protocoles relatifs à l environnement représente à l évidence un des grands succès enregistrés à ce jour par la communauté mondiale dans ce domaine. Mais le droit international de l environnement manque de cohérence et souffre d une dispersion en de trop nombreux instruments. Les institutions créées pour régir ce droit restent morcelées et, dans bien des cas, leur mandat est vague, leurs ressources sont insuffisantes et l appui politique dont elles bénéficient est négligeable. La prolifération des exigences internationales a imposé des contraintes particulièrement lourdes aux pays en développement qui, souvent, ne disposent pas des moyens nécessaires pour participer efficacement à l élaboration de ce droit et à l application des politiques internationales qui en découlent. Une OME pourrait contribuer à rationaliser ce système en créant de la transparence et de la cohérence, en facilitant les échanges d informations et le processus de négociation et en permettant l échange de concessions réciproques sur des aspects aujourd hui cloisonnés. L Organisation internationale du travail et sa définition de normes internationales servant de socle fondamental au droit du travail pourrait ici servir de référence. Créer des mécanismes de pression par les pairs et de benchmarking La plupart des conventions relatives à l environnement oblige les parties à rendre compte de l évolution de leurs politiques nationales. Mais cette information n est pas centralisée et, comme telle, demeure de peu d utilité. Une OME qui collecterait et analyserait les informations produites par diverses sources donnerait de la visibilité aux différentes expériences nationales, permettrait d identifier et de diffuser les meilleures pratiques et inciterait les Etats à respecter leurs obligations, selon le mécanisme du name and shame. Des procédures d examen et de pression par les pairs pourraient également être mises en place, sur 14
16 Fondements théoriques et fonctions économiques d une OME le modèle de ce qui se pratique à l OCDE. Bien que principalement compétente sur les questions ayant des enjeux internationaux, l OME contribuerait également à renforcer les fondements des politiques nationales liées à l environnement. Créer un marché des droits à polluer. Le protocole de Kyoto a innové en créant trois «mécanismes de flexibilité» afin de faciliter les échanges de droits d émission de gaz à effet de serre entre pays développés et pays en développement ou en transition. Le Clean Development Mechanism, a fait l objet de nombreuses études et devrait entrer prochainement dans une phase opérationnelle. Il permettra aux pays industrialisés de remplir leurs obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre en réalisant des investissements destinés à limiter les émissions ou à encourager les activités de séquestration de carbone dans les pays en développement et en faisant valoir ces réductions d émissions certifiées sur un marché mondial. Début 2000, la Banque mondiale a mis en place un projet pilote, le Prototype Carbon Fund, pour expérimenter la mise en place de transactions sur les droits d émission. Un régime international se met ainsi progressivement en place pour poser les fondements juridiques et institutionnels d un marché des «droits à polluer», qui pourrait trouver d autres points d application que ceux prévus dans le protocole de Kyoto. Une OME pourrait jouer un rôle central dans ce dispositif. Introduire des taxes internationales pour l environnement L idée, ancienne, de créer des taxes internationales pour promouvoir le développement a connu un regain d intérêt avec l émergence dans les débats internationaux du concept de bien public global et de la nécessité de financer ces biens publics par des ressources additionnelles à l aide publique au développement traditionnelle. Parmi les propositions avancées, la taxe sur le carbone est souvent considérée comme l outil le plus judicieux parce qu elle aurait pour effet de corriger une externalité négative pour l environnement et permettrait de collecter des fonds importants. D après les prévisions d un modèle, une taxe globale à la production de 80 % sur les combustibles fossiles réduirait les émissions de dioxyde de carbone de 50 % et procurerait 600 milliards de dollars de revenus, dont un faible pourcentage (par exemple 1 %) pourrait être alloué à des fins internationales. Une OME serait particulièrement bien placée pour négocier l introduction d une telle taxe, en contrôler la mise en place et gérer une partie des fonds ainsi récoltés. 15
17 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat Lever les réticences La création d une OME ne figurait pas à l ordre du jour de la conférence de Johannesburg. Seules la France et l Allemagne ont pris des positions publiques en faveur de sa création. En juin 1997, lors d une session spéciale de l Assemblée générale des Nations unies, le chancelier allemand Helmut Kohl a appelé à la «création d une organisation transversale globale pour les questions environnementales, dont le PNUE constituerait l un des piliers majeurs». En novembre 1998, devant le congrès de l Union mondiale pour la nature, le président Jacques Chirac a souligné l urgence d établir, à l échelle mondiale, «un centre impartial et incontestable d évaluation de notre environnement», en appelant le PNUE à «fédérer les secrétariats, actuellement dispersés, des grandes conventions, pour créer progressivement une Autorité mondiale, s appuyant sur une convention générale qui doterait le monde d une doctrine homogène». Cette proposition de création d une OME a été renouvelée par le chef de l Etat lors des conférences de Monterrey et de Johannesburg. Faute de discussions internationales, il est impossible d analyser les positions des différents Etats à l égard de cette proposition. On peut néanmoins anticiper l opposition de grands pays industrialisés qui, à l instar des Etats-Unis, ne souhaitent pas avoir les mains liées dans un domaine qu ils considèrent comme relevant d une compétence nationale exclusive. De nombreux pays en développement appréhendent les questions d environnement comme un nouveau moyen pour les pays du Nord de contrôler leur développement et de leur imposer une nouvelle conditionnalité. Ils pourraient donc se montrer hostiles à l égard d un renforcement de l architecture institutionnelle dans ce domaine. Enfin, la fusion des accords multilatéraux sur l environnement et de leurs secrétariats en un cadre unique suscite l inquiétude des institutions concernées, qui n en perçoivent pas toujours les avantages mais ressentent des craintes immédiates quant à leur budget, leur organisation, voire leur siège géographique. Sans lever toutes les objections, une approche par les transactions pourrait davantage recueillir le soutien de grandes catégories d acteurs en faveur de la création d une OME. En premier lieu, elle est conforme à la logique qui a présidé à la mise en place du cadre institutionnel international au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : chaque organisation internationale spécialisée est chargée de réguler ou de corriger une imperfection de marché 4. La raison d être économique d une agence multilatérale doit être justifiée. Quelle défaillance de marché cette agence essaie-t-elle de pallier? En quoi le bien public mondial qu elle se propose de four- 16
18 Fondements théoriques et fonctions économiques d une OME nir ne peut-il être produit en quantité suffisante par le libre jeu du marché ou par l addition de politiques bilatérales? De la réponse à ces questions dépendent à la fois la légitimité de l agence et la nature de la mission qui lui est confiée. Dans le domaine de l environnement, ce principe de spécialisation amène à placer au cœur des missions d une OME l internalisation des externalités environnementales transfrontalières ou globales. Par là même, une nouvelle organisation en charge de l environnement n empièterait pas sur le rôle des institutions existantes et se verrait assigner une mission conforme au principe constitutif de l architecture institutionnelle mondiale. Une telle institution aurait vocation à mettre en œuvre l action collective en levant les obstacles à la réalisation de solutions avantageuses pour tous. L approche par les transactions a également l avantage de mettre au premier plan les intérêts des parties en présence, alors que l approche par le droit insiste surtout sur leurs obligations. Parfois, les Etats dont les positions ne coïncident pas avec celles de leurs populations n expriment pas toujours ouvertement ces intérêts afin de garder des cartes dans la négociation. La perspective de créer une autorité chargée de l environnement pourrait inciter les Etats à révéler leurs préférences, facilitant ainsi le processus de négociation. Celui-ci pourrait également s appuyer sur l expertise des organisations de la société civile et de la communauté scientifique, souvent plus sensibles que les Etats aux questions d environnement. Ces forces pourraient être mises au service de la création d une OME en suscitant des campagnes d opinion et une mobilisation internationale. La mise en évidence du «trou de la couche d ozone» a aussi démontré qu un constat scientifique clair et indiscutable pouvait être le catalyseur d une mobilisation internationale, pour peu qu elle établisse le lien entre une perturbation environnementale et une cause précise sur laquelle les pays peuvent agir. Enfin, une OME placerait les questions de développement au cœur de son mandat. Les décisions seraient prises à parité par le Nord et le Sud. Rattachée à la famille des Nations unies, elle serait plus proche des intérêts des pays en développement. Ceux-ci pourraient en attendre un accroissement des transferts de ressources et de savoir-faire ainsi qu une expertise pour mettre en œuvre des politiques environnementales. La concentration au sein d un même cycle de négociation d enjeux aujourd hui dispersés leur permettrait de définir des positions communes et de mieux participer à la définition des règles du jeu. Cet engagement en faveur du développement durable pourrait être reflété dans l intitulé même de l organisation, qui serait désignée comme l Organisation mondiale de l environnement et du développement. 17
19 Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? * Frank Biermann The Global Governance Project, Vrije Universiteit Amsterdam, Pays-Bas Quels sont les principaux arguments avancés en faveur de la création d une organisation mondiale de l environnement (OME)? D une manière générale, ceux qui défendent l idée d une telle institution mettent en avant trois défauts majeurs de l état actuel de la gouvernance environnementale internationale : le manque de coordination entre les institutions, un trop faible développement des capacités dans les pays en développement (PED) et un manque d efficacité des normes environnementales internationales. Pour une coordination des initiatives * Cet article est adapté de «The Case for a World Environment Organisation», publié dans la revue Environment, vol. 42, n 9, novembre Depuis la création du Programme des Nations unies pour l environnement (PNUE) en 1972, les régimes internationaux ne cessent de se multiplier, ce qui fragmente le système de gouvernance environnementale. Les normes mises en œuvre dans chacun des domaines environnementaux sont créées par différentes entités juridiques les conférences des parties attachées aux différents traités sans véritable souci de coordination. La confusion institutionnelle qui règne entre les divers secrétariats rend la situation complexe, au contraire d une institution spécialisée comme l Organisation internationale du travail (OIT) qui centralise la gestion des différentes conventions sur les normes sociales. 18
20 Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? Pour ajouter à la confusion, compte tenu du faible poids du PNUE, la plupart des organisations ayant un rapport avec la protection de l environnement, comme l Organisation des Nations unies pour l alimentation et l agriculture (FAO) ou l Organisation des Nations unies pour l éducation, la science et la culture (Unesco), ont fini par développer elles-mêmes des programmes environnementaux, là non plus sans véritable concertation. Ce constat est bien connu. Toutefois, jusqu à présent, les tentatives de coordonner un régime international de gouvernance environnementale devenu inefficace car trop épars ont toutes échoué. Dès lors, tout comme les Etats ont renforcé leur politique environnementale en créant des ministères chargés de ce domaine, les politiques environnementales internationales seraient renforcées par la création d une OME indépendante, qui permettrait de dépasser les conflits d intérêt entre différents programmes et limiterait les concurrences inutiles. Améliorer les transferts de financements et de technologies En second lieu, l instauration d une OME renforcerait le développement des capacités des PED dans le domaine environnemental, ce qui est devenu une des fonctions essentielles du régime environnemental international. Dans les traités internationaux sur la couche d ozone, le changement climatique ou la protection de la biodiversité, les pays industrialisés assument le financement du coût supporté par les PED pour appliquer les nouvelles règles. Ce mode de coopération est différent du système plus traditionnel d assistance volontaire. De même, la demande de transferts de financements et de technologies va certainement augmenter à mesure que les régimes sur le climat et la biodiversité seront mis en œuvre dans les PED. Par exemple, le système d échange de permis d émission prévu dans le cadre du protocole de Kyoto nécessitera un soutien institutionnel important. Or, actuellement, le système encadrant les transferts de financements vers les PED, principalement géré par le Fonds pour l environnement mondial (FEM) et la Banque mondiale, manque singulièrement de transparence et d efficacité et se caractérise par une inégale participation des parties impliquées. Dès lors, pourquoi ne pas confier l organisation du développement des capacités et des transferts de financements et de technologies à une institution indépendante, une OME, spécialisée dans les relations entre monde industrialisé et en développement pour la gestion des politiques environnementales internationales. Ces nouvelles prérogatives ne nécessitent pas de créer de nouvelles bureaucraties. Au contraire, une OME pourrait profiter de l expertise accumulée par la Banque mondiale et le PNUD. 19
21 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat Mettre en œuvre une juridiction environnementale Enfin, une telle organisation serait la mieux à même de promouvoir de nouveaux traités à l exemple de l OIT, qui a développé un arsenal de conventions s apparentant à un code juridique international du travail. Une organisation mondiale de l environnement permettrait aussi d améliorer la mise en œuvre de l ensemble des normes environnementales, en établissant par exemple un mode commun d évaluation des politiques menées dans les pays, en coordonnant l expertise d évaluation requise par les différents traités et développée par des organisations spécialisées comme l Organisation météorologique internationale ou l Organisation maritime internationale. Trois modèles possibles Si beaucoup d arguments ont été échangés entre partisans et opposants d une OME, le modèle institutionnel que pourrait suivre une telle organisation a été peu discuté. Nous analysons ici trois modèles institutionnels aux conséquences et probabilités de réalisation différentes. Le modèle coopératif Le modèle coopératif consisterait à maintenir en l état le régime international décentralisé et à conférer au PNUE un rôle plus important en le transformant en une véritable organisation internationale avec un pouvoir de contrainte accru, un budget propre, une personnalité juridique et des moyens financiers et en personnels augmentés. Dans ce modèle, l OME fonctionnerait comme une agence de coopération et non pas de coordination au même titre que d autres institutions internationales, qui pourraient alors laisser le PNUE gérer leurs programmes environnementaux. L évolution du PNUE en une OME pourrait se faire sur le modèle de l Organisation mondiale de la santé ou de l OIT, à savoir une organisation internationale indépendante, avec ses propres membres, ou bien de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), une agence internationale créée par l Assemblée générale des Nations unies. Dans la première option (une organisation internationale indépendante), résultant d un long processus de spécialisation fonctionnelle au sein du système des Nations unies, les diffé- 20
22 Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? rentes organisations (FAO, Unesco, OMS, etc.) coopèrent très étroitement avec le Conseil économique et social. Le PNUE qui ne dispose que de très peu de ressources n a évidemment pas le même poids que ces organisations indépendantes. Suivant le second modèle (une agence spécialisée des Nations unies), la création de l organisation ne nécessiterait pas l approbation de tous les pays et elle disposerait de plus d autonomie pour définir son propre mode de fonctionnement. Elle pourrait par exemple mettre en œuvre un processus de décision, complètement indépendant de celui des Nations unies. Elle pourrait avoir son propre budget, grâce aux contributions de ses Etats membres, et mettre en œuvre des mécanismes financiers innovants, comme les revenus tirés du commerce des permis d émission ou les taxes prélevées sur le trafic aérien et maritime. De plus, une agence spécialisée des Nations unies pourrait adopter par un vote à la majorité qualifiée des modes de régulation liant tous ses membres. Toutefois, ce type d organisation mondiale de l environnement ne conduirait pas obligatoirement à l abandon du PNUE, surtout si tous les membres des Nations unies n y adhèrent pas. Ainsi, pendant une période de transition et peut-être même audelà, il est fort probable que la création d une agence environnementale spécialisée conduise à des défauts de coordination, problème qu elle était censée régler initialement... Si cette OME ne permet pas d éviter l éparpillement des traités environnementaux, il est toutefois possible qu elle incite à redistribuer les prérogatives entre les agences des Nations unies et que les autres agences comme la FAO, l Unesco ou l Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) perdent une partie de leurs prérogatives. Le modèle centralisé Une deuxième option consisterait à centraliser les différents régimes environnementaux en une seule institution. Là encore, le PNUE formerait la base de cette nouvelle organisation, qui serait alors renforcée pour coordonner l ensemble des régimes. Dans une large mesure, une telle OME suivrait le modèle de l Organisation mondiale du commerce (OMC). Un accord global constitutif définirait des principes généraux peut-être calqués sur la déclaration de Rio de 1992, de même que des règles de coopération régissant le fonctionnement de l organisation. Ces principes généraux devraient dépasser les simples préoccupations environnementales (par exemple le principe de précaution) pour affirmer, avant tout, des objectifs de développement. 21
23 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat Ainsi, des principes comme le droit au développement ou le droit souverain des Etats sur leurs ressources naturelles devraient être intégrés à l accord constitutif. Suivant les usages de l OMC, les régimes couverts par cette OME pourraient être divisés en accords multilatéraux (appliqués à tous les membres) et accords plurilatéraux (négociés entre membres volontaires). Les accords multilatéraux constitueraient alors le cadre juridique global de cette organisation et les conférences des parties existantes seraient transformées en sous-comités placés sous l égide de la conférence ministérielle de l OME. Cette centralisation institutionnelle permettrait à l organisation mondiale de l environnement de mettre en place un système commun de suivi des différents accords multilatéraux d environnement (AME), un organe commun de règlement des différends, etc. Une telle organisation permettrait des gains notables d efficacité. Par exemple, les secrétariats parfois minuscules de certains AME seraient centralisés. De même, les négociations pourraient être regroupées géographiquement. Une aubaine pour les PED qui n ont pas toujours les moyens d envoyer des diplomates suffisamment qualifiés à chacune des conférences environnementales. Un gain également pour les organisations non gouvernementales qui pourraient ainsi participer aux négociations à moindre coût. Reste qu une OME centralisée et puissante ne serait acceptable pour les pays industrialisés et en développement que si les procédures de prise de décision leur garantissaient un contrôle suffisant de l issue des négociations et des évolutions futures de l organisation. Le modèle hiérarchisé Une troisième option théorique serait d envisager la création d une autorité mondiale avec des pouvoirs de sanction à l encontre des pays qui ne respecteraient pas certaines normes environnementales. Le modèle serait celui du Conseil de sécurité des Nations unies. D ailleurs, en 1992, les membres de ce Conseil de sécurité représentés pour la première fois par des chefs d Etat et de gouvernement déclaraient que «les sources d instabilité non militaires dans les domaines économique, social, humanitaire et environnemental sont devenues des menaces à la paix et à la sécurité». 1 L usage des termes «menaces à la paix et à la sécurité» semble indiquer que les membres du Conseil de sécurité sont prêts à accepter l idée que des pays qui ne se soumettraient pas à certaines régulations environnementales essentielles tomberaient sous le coup de l article 39 de la charte des Nations unies, s exposant ainsi à des mesures de rétorsion. 22
24 Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? Dans le même ordre d idée, en 1989 à La Haye, vingt-quatre Etats ont appelé à créer une autorité pour la protection de la couche d ozone, dotée de pouvoirs de sanction envers les pays qui ne respecteraient pas l accord passé entre la majorité des Etats membres. Certains grands Etats étaient prêts à soutenir cette déclaration (comme le Brésil, le Canada, l Inde, le Japon ou la République fédérale d Allemagne), mais parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, seule la France a défendu cette option. Aujourd hui, il est peu probable que les principaux PED, comme la Chine, ou des pays industrialisés, comme les Etats-Unis, acceptent une perte de souveraineté dans le domaine de la gouvernance environnementale. Des propositions similaires, comme la création d un conseil de protection de l environnement 2 ou une cour internationale de l environnement dotée d une juridiction contraignante, ne devraient pas bénéficier d un grand soutien de la part des Etats dans la prochaine décennie. De tels projets nécessiteraient d amender la charte des Nations unies, qui requiert une majorité des deux tiers des membres de l ONU, dont la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Un cas de figure difficile à envisager. De nombreuses initiatives en matière de politique environnementale globale indiquent que, dans un futur proche, toute forme d institution hiérarchique rencontrerait des résistances considérables de la part à la fois des pays développés et des pays en développement. Dans la pratique, les mécanismes de sanction administrés par une OME ne pourraient être mis en œuvre qu à l encontre de petits pays en développement, ceux-là même qui craignent déjà d être menacés par de nouvelles formes de colonialisme environnemental. Une OME trop sévère serait contreproductive. La plupart des Etats se tiendraient en dehors de cette organisation ou chercheraient à négocier des normes environnementales plus faibles que celles qui existent dans les AME actuels. L objectif de protection de l environnement ne serait alors pas servi de la meilleure façon. Quelle perspective réaliste? Au-delà du modèle institutionnel, d autres points, tout aussi cruciaux, doivent être analysés. En particulier, quelle est la frontière entre les politiques environnementales et les politiques de développement? La protection de l environnement ne peut pas être traitée de manière isolée. Par exemple, la négociation d accords sur la protection des forêts tropicales implique d aborder 23
25 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat des questions de développement économique. Si une OME ne doit pas essayer de s occuper de développement économique en soi (mais plutôt laisser cette question au PNUD, à la Banque mondiale ou à d autres institutions dont c est le rôle), la nouvelle organisation devra toutefois veiller à rendre compatibles politiques environnementales et économiques. Des chercheurs souhaiteraient une intégration des différentes politiques de développement, notamment en fusionnant le PNUD et le PNUE. Dans le passé, les pays industrialisés se sont fermement opposés à la création d une organisation internationale consacrée aux politiques de développement. Il apparaît donc peu probable qu ils acceptent aujourd hui de voir le PNUD et le PNUE devenir une organisation mondiale pour le développement durable. De même, les pays en développement craignent qu en raison de la fusion de ces deux organismes des fonds jusque-là dédiés au développement économique soient alloués aux politiques environnementales. En somme, que l environnemental prenne le pas sur l économique. A l heure actuelle, seuls la France, l Allemagne et quelques autres pays de l Union européenne, de même que le Brésil, Singapour et l Afrique du Sud soutiennent l idée d une organisation mondiale de l environnement. Les PED sont restés muets sur le sujet ou ont exprimé leur crainte de voir tout renforcement de la gouvernance environnementale internationale venir compromettre leur droit au développement. Pourtant, une OME pourrait intéresser les PED en mettant en œuvre un soutien financier et une assistance technique mieux adaptés. De plus, un système de négociation plus efficace permettrait aux petits pays en développement de faire entendre leur voix sur la scène internationale et de mieux coordonner les positions des PED pour leur donner plus de poids. Enfin, les procédures de prise de décision, fondées sur une parité entre pays industrialisés et pays en développement, pourraient garantir que l OME n évolue pas vers un mode de fonctionnement «écocolonialiste» comme nombre de PED le craignent. Les trois modèles d organisation présentés comportent des avantages et des inconvénients. Chacun est approprié à une étape particulière de l évolution des relations internationales. Dans un premier temps, on peut retenir comme hypothèse réaliste l instauration d un système uniquement coopératif, en gardant comme objectif une plus grande intégration internationale. Dans tous les cas, la typologie des trois modèles mérite d être débattue et détaillée pour en connaître les avantages et inconvénients à différentes étapes de réalisation. 24
26 Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? Compte tenu de l état actuel de la gouvernance environnementale globale, la création d une OME, même du type le plus modeste (modèle coopératif), semble très peu réaliste pour certains. Mais il y a vingt ans, la création d une cour pénale internationale ou d une organisation mondiale du commerce pouvait apparaître tout aussi irréaliste. 25
27 Quelle gouvernance pour le développement durable? Konrad von Moltke Aujourd hui, c est avant tout la gouvernance économique internationale qui régit le développement durable. Il n est donc pas possible d appuyer les institutions du développement durable sur les régimes internationaux environnementaux existants. Il convient plutôt de bâtir un nouveau cadre à partir des régimes de gouvernance économique existants et de chercher les moyens de les adapter aux objectifs du développement durable. Le concept de développement durable a acquis une légitimité universelle en tant qu objectif commun de politique économique internationale. Il est la seule alternative au Consensus de Washington, qui n offrait qu une vision purement technique et «économiciste» aux politiques de développement. L objectif du développement durable a été réaffirmé à plusieurs reprises, notamment lors de la conférence ministérielle de l OMC à Doha et de la Conférence internationale sur le financement du développement à Monterrey. Le Sommet mondial du développement durable (SMDD) de Johannesburg est la tentative la plus récente d établir une approche plus cohérente. La Conférence des Nations unies sur l environnement et le développement (CNUED), organisée à Rio en 1992, a permis de faire du développement durable une référence universellement acceptée. Cette conférence qui s est tenue peu de temps après la fin de la guerre froide et en pleines négociations commerciales de l Uruguay Round n avait pas trop les moyens d aborder en profon- 26
28 Quelle gouvernance pour le développement durable? deur les sujets de gouvernance internationale. Elle s est limitée à confirmer la création du Fonds pour l environnement mondial (FEM) et à établir un nouvel organe des Nations unies, la Commission sur le développement durable (CDD). La création de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCCC) a aussi été ouverte à la signature lors de la CNUED, avec un secrétariat indépendant du Programme des Nations unies pour l environnement (PNUE). A bien des égards, les décisions d ordre organisationnel prises à la CNUED ont conduit à limiter le rôle du PNUE dans la mise en œuvre d une gouvernance pour le développement durable. Les conclusions de l Uruguay Round ont entériné la transformation de l Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) en une Organisation mondiale du commerce (OMC). Cela n a certes pas conduit à des innovations institutionnelles majeures mais a permis de donner un nouveau souffle aux questions de gouvernance économique internationale. Dix ans après la CNUED, le développement durable reste davantage une aspiration qu une réalité. A bien des égards, les modèles théoriques pour guider la décision publique dans le sens de solutions durables font encore défaut. Il reste donc illusoire de définir à ce stade les contours précis de ce que devraient être les nouvelles institutions appropriées pour le développement durable. On peut toutefois en identifier le point de départ : les institutions existantes de la gouvernance économique internationale. La gouvernance économique internationale Il est frappant de constater le faible nombre d institutions créées pour réguler l économie internationale. L objectif initial de ces institutions était de permettre le développement des marchés et d assurer un minimum de règles de discipline lorsque le besoin s en faisait sentir. Alors que la taille du marché mondial ne cesse de croître de manière considérable (atteignant près de millards de dollars de transactions marchandes par an), ce système d encadrement ne semble pas être remis en cause à l échelle intergouvernementale. On est encore loin d un consensus sur le besoin d institutions de régulation internationale capables de donner une cohérence à cette évolution. Les marchés représentent les institutions les plus importantes dans l économie mondialisée. Il en existe beaucoup compte tenu de la vaste gamme de biens et de services échangés. Ces marchés sont régulés par des contrats de droit privé et sont assujettis à des 27
29 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat règles nationales lorsque les Etats sont en mesure de les imposer. Mais, en pratique, peu de pays sont capables d imposer leurs priorités aux marchés. Le système de régulation internationale qui appuie ces marchés est relativement modeste. Les règles intergouvernementales les plus importantes sont élaborées par le Fonds monétaire international (FMI) et l OMC. Les autres organisations internationales jouent un rôle subsidiaire. Par conséquent, la gouvernance internationale du développement durable doit s appuyer sur le FMI et l OMC. Etablir un moyen d échange sûr est une condition préalable à toute relation de marché et l instabilité monétaire représente une réelle menace pour les efforts menés en vue d atteindre un développement plus durable. Dans le meilleur des cas, les prix constituent des signaux ambigus pour le développement durable. Mais pour certains produits, les prix, qu ils soient élevés ou faibles, provoquent des incitations négatives. Par exemple, de nombreux producteurs agricoles devant faire face à une baisse des prix vont chercher à produire davantage pour compenser cette baisse tout en réduisant leurs coûts de production, ce qui peut avoir des effets directs sur le développement durable. Face à une hausse des prix, ils produiront plus pour augmenter leur part de la rente, souvent aux dépens de l efficacité et donc du développement durable. Les mesures nécessaires pour assurer un développement durable sont donc différentes selon chaque situation, mais, dans tous les cas, une fluctuation importante s avère néfaste. La priorité devrait donc être donnée à la stabilité des prix et des monnaies sur le marché international. Le FMI joue un rôle prépondérant pour réaliser un tel objectif. Le rôle du FMI dans la promotion du développement durable, et en particulier l impact des programmes d ajustement structurel, a été l objet de nombreux débats ces dix dernières années. La stabilité économique est une condition nécessaire pour le développement durable, mais pas suffisante De plus, les mesures adoptées pour maintenir la stabilité du système monétaire international sont le résultat de choix qui ne sont pas tous également bénéfiques, ou néfastes, en termes de développement durable. En ce sens, la crise asiatique offre des leçons. En effet, la Chine et la Malaisie, qui sont dotées des systèmes monétaires les moins ouverts, ont mieux résisté à cette crise que les pays plus ouverts. Le rôle de l OMC est plus complexe. En effet, bien que le développement durable soit le seul critère substantiel énoncé par l OMC lors de l accord fondateur de cette organisation à Marrakech, le travail de cette organisation ne reflète pas cette position. Jusque récemment, il n existait aucune structure à même de 28
30 Quelle gouvernance pour le développement durable? promouvoir la dimension du développement durable au sein des politiques commerciales. La déclaration ministérielle de Doha a fait un premier pas dans ce sens en chargeant le Comité sur le commerce et l environnement (CTE) et le Comité sur le commerce et le développement (CTD) de s assurer de la prise en compte du développement durable dans les négociations. Toutefois, la démarche reste peu efficace. Jusqu à présent, le CTE et le CTD n ont pas eu d impact sur l agenda élargi de l OMC. Il n existe pas de procédure établie pour assurer une coopération entre ces deux instances. De plus, une approche critique est peu probable, puisque ces comités sont composés des membres qui auront négocié tout ce qui fait l objet d un réexamen et que le CTE et le CTD restent des organes secondaires de l OMC. Lorsque l on s intéresse au rôle de l OMC dans la gouvernance du développement durable, il est important de distinguer son objectif principal le commerce des biens et des services de ses programmes liant le commerce aux questions de droits de propriété intellectuelle, d environnement, de travail, de droits de l homme, d investissement ou encore de concurrence. Jusqu à présent, l OMC a été très sélective sur le choix des questions liées au commerce, notamment concernant les droits de propriété intellectuelle, à un moindre degré, l investissement et la concurrence et, à un degré encore moindre, l environnement. Certaines ont même été rejetées. Cela reflète la dynamique de négociation au sein de l organisation plutôt que la recherche d un système cohérent de gouvernance. Les liens entre commerce et propriété intellectuelle sont comparables à ceux entre commerce et normes du travail. Les liens entre commerce et environnement sont fondés sur la recherche de solutions internationales. En effet, ces deux domaines ont une dimension internationale, qui dépasse la somme des politiques nationales. Le lien avec l investissement et la concurrence semble plus logique mais, en pratique, la régulation de l investissement et de la concurrence nécessite de créer de nouvelles institutions : les dispositifs actuels semblent en effet inappropriés pour traiter ces nouvelles tâches. Le lien du développement durable avec l agenda économique Développement durable et agenda économique sont liés par la nécessité de traiter des mesures commerciales domestiques et celle de résoudre des problématiques internationales par des solutions internationales. Le principe de base est la subsidiarité 29
31 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat afin de proposer des réponses au niveau le plus proche des populations tout en intégrant la dimension internationale. Dire que les règles multilatérales de l OMC transcendent aujourd hui les contrôles frontaliers est un truisme. Elles ont des impacts significatifs sur les mesures publiques et privées au sein même des pays. La plupart des accords récents de l OMC sur les droits de propriété intellectuelle, les normes techniques, les mesures sanitaires et phytosanitaires, le commerce des services, sur l agriculture renvoient à une série de mesures à appliquer dans chaque pays. Ces mesures sont, presque sans exception, d importance pour le développement durable. La structure de gouvernance de l OMC est rudimentaire : un processus constant de négociation, un système de règles multilatérales qui doivent être appliquées unilatéralement par chaque Etat membre et un processus de règlement des différends chargé d assurer le respect de ces règles. Ainsi, l OMC ne met pas elle-même en œuvre ses propres règles et ne dispose pas de moyens institutionnels suffisants pour les encadrer. Si cette structure de gouvernance s est montrée très efficace pour remplir les objectifs qui lui étaient assignés, cela tient au fait que ses attributions sont assez modestes. Reste à savoir si ce mode de fonctionnement sera efficace pour les nouvelles tâches auxquelles elle se trouve confrontée. A chaque fois que de nouvelles missions se sont présentées, l OMC s est tournée vers d autres organisations pour en assurer la supervision : l Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), l Organisation internationale de normalisation (ISO) ou la Commission du Codex Alimentarius. Alors que celles-ci jouent un rôle croissant dans le système commercial mondial, leur efficacité reste discutable. Leur travail n est pas autant évalué que celui de l OMC ou que les accords multilatéraux sur l environnement et chacune d entre elles, pour des raisons différentes, présente de sérieuses limites. Le système de règlement des différends mis à leur disposition par l OMC n a pas permis de les résoudre. Par ailleurs, l OMC se révèle incapable de mettre en place un programme de mesures positives incitatives. L OMC est essentiellement fondée sur l Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, qui est devenu une négociation permanente et institutionnalisée. Cette approche conduit à ne prendre en compte que très rarement des critères objectifs pouvant aboutir à des mesures positives. C est la négociation elle-même qui justifie le résultat, plutôt que n importe quel système de valeur extérieur. Les objectifs du développement durable révèlent donc de manière criante les forces et faiblesses institutionnelles de l OMC. 30
32 Quelle gouvernance pour le développement durable? A problèmes globaux, solutions globales L agenda du développement durable principalement les questions environnementales comporte en grande partie une dimension internationale. Ajouté à la nécessité d intégrer cet agenda aux politiques économiques, ceci pose de réels défis en termes de gouvernance. La communauté internationale manque d institutions efficaces pour coordonner des politiques interdépendantes ou pour traiter, le cas échéant, les conflits entre politiques. Cette lacune a mené à une impasse qui n a toujours pas été dépassée. Le problème de coordination administrative existe à tous les niveaux de régulation. Il est généralement résolu par la mise en place d une structure hiérarchique, capable de prendre des décisions en période de conflit. Il n existe pas de telle structure hiérarchique à l échelle internationale excepté au sein de l Union européenne et les décisions prises sur un base autoritaire sont perçues comme manquant de légitimité. Un des principaux défis est donc de développer des institutions qui assurent la légitimité et la transparence et assument la responsabilité des décisions internationales. Cette question, bien que soulevée fréquemment dans l agenda du développement durable, a des implications bien plus larges. Ainsi, les décisions qui ont dû être prises ces derniers mois en faveur de la paix ou de la guerre sont à elles seules un appel éloquent à la création d institutions internationales qui peuvent prendre des décisions difficiles, tout en gardant une légitimité, sans l usage de la force militaire. Les leçons tirées de la gouvernance locale montrent clairement qu une seule institution ne peut rétablir l équilibre entre des objectifs politiques conflictuels environnement et développement, développement et orthodoxie économique, droits de l homme et sécurité, souveraineté et respect du droit international, pour n en citer que quelques-uns. Il faut mettre en place un système équilibré entre les différentes institutions. L expérience de l Union européenne, qui est allée plus loin que n importe quel autre régime international vers la création de structures de gouvernance supranationales légitimes, confirme cette approche. De ce point de vue, la tentative de gouverner l économie mondiale avec une poignée d institutions majeures ne peut qu échouer et les chances d atteindre un développement durable sont faibles. 31
33 Créer une organisation mondiale de l environnement? Eléments pour le débat La subsidiarité dans la gouvernance internationale La structure actuelle de régulation économique mondiale n est pas en mesure de prendre des décisions complexes, en trouvant un équilibre entre des priorités politiques conflictuelles. Il semble peu probable qu un cadre institutionnel adapté se mette en place et soit capable de prendre de telles décisions. Il n est d ailleurs pas certain qu un tel cadre soit souhaitable dans un premier temps. Une des caractéristiques du développement durable est de respecter la richesse et la diversité des conditions environnementales locales, des traditions politiques et des réponses sociales. Pour être efficace et légitime, la gouvernance globale doit respecter ces principes de base en prenant des décisions au niveau le plus bas de gouvernance. Un système mondial de gouvernance qui n offre que des échelles d action nationale ou mondiale ne pourra vraisemblablement pas faire face aux besoins du développement durable et sa légitimité risque d être remise en question. Il est donc très important de prévoir des institutions de gouvernance internationale davantage ancrées à l échelon régional. Certaines décisions, essentielles du point de vue du développement durable, ne peuvent être prises à l échelle mondiale. C est ce que nous ont appris les trois grandes conférences qui ont eu lieu en 2002 : la Conférence internationale sur le financement du développement, la conférence ministérielle de l OMC à Doha et le Sommet mondial du développement durable, à Johannesburg. Il semble donc essentiel que l effort de gouvernance mondiale pour un développement durable passe par le développement d institutions régionales. L importance de l investissement L investissement est à la base de la gouvernance internationale pour le développement durable. Les choix d investissements déterminent la structure de l économie future. L argent investi dans des projets non durables entraîne très souvent d importantes dépenses de réparation des dommages qui doivent être prises en charge par le secteur public ou le secteur privé. Par ailleurs, ces investissements non durables génèrent des conflits sur le contrôle de ces projets, sur les mesures nécessaires pour réduire les impacts négatifs et sur la répartition des coûts associés à la protection des biens publics. Enfin, ils conduisent à une affectation très peu productive des deniers publics, ceux-ci 32
34 Quelle gouvernance pour le développement durable? servant à corriger les erreurs du passé plutôt qu à s assurer de la durabilité des futurs investissements. La réciproque est vraie. Lorsque des capitaux privés sont investis dans des activités durables, ils peuvent contribuer à fournir des biens publics. Les ressources publiques sont alors économisées et les responsables politiques peuvent concentrer leur énergie pour s assurer que les bénéfices de ces investissements sont équitablement répartis. La clé du développement durable est donc de réorienter les investissements des projets non durables sur des projets qui le sont davantage. A mesure que les investissements se mondialisent, une régulation internationale devient inévitable. Un cadre réglementaire garantissant que les flux d investissement sont orientés vers des activités durables doit être au cœur de tout système international de gouvernance pour le développement durable. 33
35 Notes Fondements théoriques et fonctions économique d une OME. Etienne Rolland-Piègue 1. Cette partie s inspire de la lecture de l article de John Whalley et Ben Zissimos, A World Environmental Organization? University of Warwick CSGR Working Paper, novembre. 2. Ronald H. Coase, The Problem of Social Cost. Journal of Law and Economics, Vol. 3. Cet article est l une des deux publications qui valurent à R. Coase son prix Nobel en Ce point et le suivant sont développés par Udo E. Simonis, Advancing the debate on a world environmental organization. The Environmentalist, 22, pp Ce point est souligné dans la contribution de Jean Tirole au rapport Gouvernance mondiale du Conseil d analyse économique, mai Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? Frank Biermann 1. Déclaration du président du conseil de sécurité faite au nom des membres, 31 janvier UN Doc. A/47/253, reproduite dans Yearbook of the United Nations, 45, p A la fin des années 1980, la Nouvelle-Zélande a proposé la création d un conseil de protection de l environnement dont les décisions seraient contraignantes (General Debate Statement at the 44 th Session of the United Nations General Assembly, 2 October 1989, Statement of the Right Honorable Geoffrey Palmer, Prime Minister of New Zealand). Lire Palmer G., New ways to make international environmental law. American Journal of International Law 86, pp
36 Bibliographie Quel modèle pour une organisation mondiale de l environnement? Frank Biermann Agarwal Anil, Sunita Narain, Global warning in an unequal world: a case of environmental colonialism. New Dehli, Centre for Science and Environment. Biermann Franck, Udo E. Simonis, A World Organisation for Environment and development: Functions, Opportunities, Issues. Policy Paper n 9. Bonn, Development and Peace Foundation. Biermann Franck, Financing Environmental Policies in the South: Experiences from the Multilateral Ozone Fund. International Environmental Affairs 9, no. 3, German Advisory Council on Global Change, The Accounting of Biological Sinks and Sources Under the Kyoto Protocol: A Step Forwards or backwards Global Environmental protection? Bremerhuven, Germany. Grindle Merilee S. ed., Getting Good Government: Capacity Building in the Public Sectors of Developing Countries. Cambridge, Mass., Harvard University Press. Benedick Richard E., Ozone Diplomacy: New Directions in safeguarding the Planet. 2e ed., Cambridge, Mass., Harvard University Press. Sands Philippe J., The Environment, Community and International Law, Harvard International Law Journal 30, no. 2 (1989): Frank Biermann and Steffen Bauer, editors, forthcoming. A World Environment Organization? Solution or Threat for Effective International Environmental Governance? Ashgate Publishers. 35
37
Comprendre les négociations internationales sur le climat. Contexte, historique et enjeux
Comprendre les négociations internationales sur le climat Contexte, historique et enjeux Chapitre 1 LE CONTEXTE: L URGENCE CLIMATIQUE La planète s est déjà réchauffée de +0,8 C Les impacts Les impacts
Le coût des politiques climatiques. Double dividende ou coûts excessifs?
Introduction La première séance : Les justifications de la politique climatique. La dialectique court terme long terme : Intuition écologique contre «raison»économique. Taux d actualisation : Prix relatif,
Charte. pour. de la coopération décentralisée. le développement durable
Charte de la coopération décentralisée pour le développement durable Mise en œuvre des principes de l Agenda 21 dans les coopérations transfrontalières, européennes et internationales des collectivités
S engager à agir pour le développement durable dans une période de changement
Nations Unies Conseil économique et social Distr. générale 13 avril 2015 Français Original: anglais E/ECE/1471/Rev.1 Commission économique pour l Europe Soixante-sixième session Genève, 14-16 avril 2015
PROTOCOLE DE KYOTO À LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
PROTOCOLE DE KYOTO À LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES Nations Unies 1998 FCCC/INFORMAL/83 GE.05-61647 (F) 070605 090605 PROTOCOLE DE KYOTO À LA CONVENTION-CADRE DES
QUEL RÔLE POUR LE FMI DANS LE NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE MONDIAL?
QUEL RÔLE POUR LE FMI DANS LE NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE MONDIAL? Clément ANNE, [email protected] Doctorant, Ecole d Economie de Clermont-Ferrand, CERDI 18/03/2015, Assises Régionales de l économie EN
Approches macroéconomique et fiscale. Introduction à la première partie... 14
TABLE DES MATIERES Préface... 5 Avant- propos... 9 Partie 1 Approches macroéconomique et fiscale Introduction à la première partie... 14 CHAPITRE 1 La politique budgétaire est- elle encore efficace pour
Synthèse n 16, Février 2012. Financement de la croissance verte et orientation de la création monétaire
Synthèse n 16, Février 2012 Financement de la croissance verte et orientation de la création monétaire ----------- 1. Les investissements nécessaires à la transition vers un modèle de croissance durable
Statuts. de l Agence. internationale pour les. énergies renouvelables (IRENA)
Statuts de l Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) -2- Les Parties aux présents Statuts, Désireuses d encourager l adoption et l utilisation accrues et généralisées des énergies
Copie préliminaire du texte authentique. La copie certifiée par le Secrétaire général sera publiée ultérieurement.
PROTOCOLE ADDITIONNEL À LA CONVENTION DES NATIONS UNIES CONTRE LA CRIMINALITÉ TRANSNATIONALE ORGANISÉE VISANT À PRÉVENIR, RÉPRIMER ET PUNIR LA TRAITE DES PERSONNES, EN PARTICULIER DES FEMMES ET DES ENFANTS
Les obstacles : Solutions envisageables :
1. Quels sont les obstacles auxquels les citoyens européens doivent faire face dans l exercice de leurs droits? Que pourrait-on faire pour alléger ces obstacles? Les obstacles : Tout d abord, il y a un
Traité de Copenhague nécessaire
Traité de Copenhague nécessaire version 1.0 Une proposition des ONG pour un protocole de Copenhague Résumé A4-TraiteResume.indd 1 6/07/09 17:58:38 Une proposition des ONG pour un protocole de Copenhague
UNE MEILLEURE CROISSANCE, UN MEILLEUR CLIMAT
UNE MEILLEURE CROISSANCE, UN MEILLEUR CLIMAT The New Climate Economy Report EXECUTIVE SUMMARY La Commission Mondiale sur l Économie et le Climat a été établie pour déterminer s il est possible de parvenir
TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE
ORGANISATION FOR ECONOMIC CO-OPERATION AND DEVELOPMENT TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE 14-15 septembre 2006 Séoul, Corée Déclaration de Séoul (version définitive) CENTRE
DECLARATION UNIVERSELLE DE L UNESCO
DECLARATION UNIVERSELLE DE L UNESCO SUR LA DECLARATION UNIVERSELLE DE L UNESCO SUR LA DIVERSITE CULTURELLE CULTURELLE Adoptée par la 31 e session de la Conférence Générale de l UNESCO PARIS, 2 NOVEMBRE
Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre?
Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Les trois dernières décennies ont été marquées par des progrès impressionnants
A/RES/55/25 II. Protection des victimes de la traite des personnes
2. L original de la présente Convention, dont les textes anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe font également foi, sera déposé auprès du Secrétaire général de l Organisation des Nations
Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA)
Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA) PLACE ET RÔLE DE L ADMINISTRATION - DE LA FONCTION PUBLIQUE - DANS LA MISE EN ŒUVRE DES MISSIONS DE L ETAT ET DE LA VISION NATIONALE DE DEVELOPPEMENT
Énergie et Mondialisation
Énergie et Mondialisation Il est fréquent d affirmer que de nombreuses questions énergétiques ou environnementales ne peuvent être posées correctement qu au niveau mondial. Résolument ancré dans le réseau
Agricultural Policies in OECD Countries: Monitoring and Evaluation 2005. Les politiques agricoles des pays de l OCDE: Suivi et évaluation 2005.
Agricultural Policies in OECD Countries: Monitoring and Evaluation 2005 Summary in French Les politiques agricoles des pays de l OCDE: Suivi et évaluation 2005 Résumé Le soutien accordé aux producteurs
Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence
Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence ministérielle sur la migration et le développement. Plan d Action
Définition et exécution des mandats : analyse et recommandations aux fins de l examen des mandats
Définition et exécution des mandats : analyse et recommandations aux fins de l examen des mandats Rapport du Secrétaire général Résumé Lors du Sommet mondial de septembre 2005, les dirigeants des pays
RAPPORT DE 2010 SUR L ATTRIBUTION DE BÉNÉFICES AUX ÉTABLISSEMENTS STABLES
ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES RAPPORT DE 2010 SUR L ATTRIBUTION DE BÉNÉFICES AUX ÉTABLISSEMENTS STABLES 22 juillet 2010 CENTRE DE POLITIQUE ET D ADMINISTRATION FISCALES AVANT-PROPOS
Epargne : définitions, formes et finalités.
Epargne : définitions, formes et finalités. 1) Définitions de l épargne. Le dictionnaire Larousse définit l épargne comme une «fraction du revenu individuel ou national qui n est pas affectée à la consommation»,
Conférence mondiale sur les déterminants sociaux de la santé. Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé
Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé Rio de Janeiro (Brésil), 21 octobre 2011 1. À l invitation de l Organisation mondiale de la Santé, nous, Chefs de Gouvernement, Ministres
INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU
Forum de l eau de Kyoto Contribution à la session du RIOB «Les progrès réalisés dans le monde dans la gestion intégrée des ressources en eau par bassin» GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU Par M. Jean-Michel
RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM 9ÈME DECLARATION FINALE
9ÈME RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM La Valette 27 septembre 2012 DECLARATION FINALE page 1 A l invitation de S.E. George Pullicino,
Conseil d administration Genève, mars 2000 ESP. Relations de l OIT avec les institutions de Bretton Woods BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL
BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL GB.277/ESP/4 (Add.1) 277 e session Conseil d administration Genève, mars 2000 Commission de l'emploi et de la politique sociale ESP QUATRIÈME QUESTION À L ORDRE DU JOUR
Première partie IMMUNITÉ ET JUSTICE : LES CONTRADICTIONS... 31. Titre 1 Contradiction des fondements et divergence des sources...
TABLE DES MATIÈRES Remerciements......................................................................... 7 Préface.................................................................................... 9
Programme des Nations Unies pour l'environnement
NATIONS UNIES EP Programme des Nations Unies pour l'environnement Distr. Restreinte UNEP/OzL.Pro/ExCom/40/5 19 juin 2003 FRANÇAIS ORIGINAL: ANGLAIS COMITÉ EXÉCUTIF DU FONDS MULTILATÉRAL AUX FINS D APPLICATION
Personne-ressource : Geoff Smith Directeur des Relations gouvernementales Tél. : 613-688-2064 Téléc. : 613-852-9696 smith@electricity.
Proposition prébudgétaire 2015 de l Association canadienne de l électricité (ACÉ) présentée au Comité permanent des finances de la Chambre des communes Personne-ressource : Geoff Smith Directeur des Relations
Etude sur les Maisons des Services Publics en Europe (hors la France)
Etude sur les Maisons des Services Publics en Europe (hors la France) Résumé du rapport réalisé par EUROPA pour la DATAR DATAR EUROPA Etude sur les maisons des services publics en Europe Résumé du rapport
la voie bilatérale reste la meilleure option
WWW.ELECTIONS.CH FICHE THEMATIQUE : SUISSE-UE la voie bilatérale reste la meilleure option L UE est un des principaux partenaires commerciaux de la Suisse. A l inverse, la Suisse est le deuxième partenaire
Observations sur l avant-projet de loi, Loi sur l aménagement durable du territoire et l urbanisme
Observations sur l avant-projet de loi, Loi sur l aménagement durable du territoire et l urbanisme Déposé à la Commission de l aménagement du territoire de l Assemblée nationale du Québec Dans le cadre
REDD-plus. Champ d application et des options pour le rôle des forêts dans les stratégies d atténuation des changements climatiques.
REDD-plus Champ d application et des options pour le rôle des forêts dans les stratégies d atténuation des changements climatiques novembre 2009 Programme de Conservation des Forêts Le mécanisme REDD-plus
LE CADRE COMMUN DE REFERENCE LA CONVERGENCE DES DROITS 3 e forum franco-allemand
LE CADRE COMMUN DE REFERENCE LA CONVERGENCE DES DROITS 3 e forum franco-allemand Guillaume Wicker Professeur à l Université Montesquieu - Bordeaux IV 1 Je commencerais par cette interrogation : est-il
Sécurité nucléaire. Résolution adoptée le 26 septembre 2014, à la neuvième séance plénière
L atome pour la paix Conférence générale GC(58)/RES/11 Septembre 2014 Distribution limitée Français Original : anglais Cinquante-huitième session ordinaire Point 14 de l ordre du jour (GC(58)/22) Sécurité
La finance carbone pour les villes
1 La finance carbone pour les villes Source de revenus et levier d action pour des villes plus propres A travers la présentation de trois mécanismes de finance carbone mobilisables par les villes, cette
Réponse à la consultation de la Commission européenne concernant le cadre juridique actuel régissant le droit fondamental à la protection des données
AEDH-Association européenne pour la défense des Droits de l Homme Rue de la Caserne, 33 1000 Bruxelles Numéro de registre : 0648187635-62 Réponse à la consultation de la Commission européenne concernant
Peut-on envisager un effet direct?
Les implications de la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées sur la législation de l UE concernant le handicap Peut-on envisager un effet direct? Peut-on envisager
Le Protocole de Nagoya sur l accès et le partage des avantages
Convention sur la diversité biologique : ABS Le Protocole de Nagoya sur l accès et le partage des avantages RESSOURCES GÉNÉTIQUES CONNAISSANCES TRADITIONNELLES FOURNISSEURS UTILISATIONS CONSENTEMENT PRÉALABLE
résumé un développement riche en emplois
ne pas publier avant 00:01 Gmt le mardi 27 mai 2014 résumé un développement riche en emplois Rapport sur le Travail dans le Monde 2014 Un développement riche en emplois Résumé ORGANISATION INTERNATIONALE
Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales.
1 Contribution de Jean Pierre BRARD, député apparenté communiste de Seine Saint Denis, et de Bernard VERA, sénateur communiste de l Essonne, membres du groupe de travail Assemblée nationale Sénat sur la
Conseil économique et social
Nations Unies ECE/CECI/2015/4 Conseil économique et social Distr. générale 30 juin 2015 Français Original : anglais Commission économique pour l Europe Comité de la coopération et de l intégration économiques
DOCUMENT DE CONSULTATION
COMMISSION EUROPÉENNE Bruxelles, le 10.4.2015 C(2015) 2303 final DOCUMENT DE CONSULTATION Première phase de consultation des partenaires sociaux au titre de l article 154 du TFUE concernant une consolidation
ETUDE DES NORMES ET SAUVEGARDES SOCIALES DE LA REDD-PLUS
ETUDE DES NORMES ET SAUVEGARDES SOCIALES DE LA REDD-PLUS SYNTHESE INTRODUCTION La présente étude documentaire a été réalisée par le Programme Carbone forestier, Marchés et Communautés (FCMC). Ce programme
Association pour la Promotion de l Assurance Collective Clauses de désignation et de migration
Association pour la Promotion de l Assurance Collective Clauses de désignation et de migration 1 1/ Qu est ce qu un accord de branche? Un accord de branche est un acte juridique issu d'une négociation
Charte du tourisme durable
Annexes Charte du tourisme durable Annexe 1 Les participants de la Conférence mondiale du Tourisme durable, réunis à Lanzarote, îles Canaries, Espagne, les 27 et 28 avril 1995, Conscients que le tourisme
Lettre de mission. Services de consultant pour une évaluation à mi-parcours de la Stratégie de l UIP 2012-2017
UNION INTERPARLEMENTAIRE INTER-PARLIAMENTARY UNION 5, CHEMIN DU POMMIER CASE POSTALE 330 1218 LE GRAND-SACONNEX / GENÈVE (SUISSE) Lettre de mission Services de consultant pour une évaluation à mi-parcours
Considérations sur la crise et le marché intérieur 1
Considérations sur la crise et le marché intérieur 1 Auteurs : Jacques Potdevin : Président de la Fédération des Experts comptables Européens (FEE - Federation of European Accountants 2 ) de 2007 à 2008.
Le Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat (GIEC) Pourquoi le GIEC a été créé. Introduction
OMM GROUPE D EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL SUR L ÉVOLUTION DU CLIMAT PNUE Introduction Le Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat (GIEC) Pourquoi le GIEC a été créé Les activités humaines
CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE. Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii
CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii Consolider les dettes publiques: un processus au long cours Les dysfonctionnements européens
Enjeux et Perspectives de la composante «Environnement Santé» du Plan d Action de l Initiative Environnement du NEPAD
PRÉSENTATION POWER POINT Enjeux et Perspectives de la composante «Environnement Santé» du Plan d Action de l Initiative Environnement du NEPAD Cheikh FOFANA, Assistant au Secrétaire Exécutif, Secrétariat
Programme des Nations Unies pour l'environnement
NATIONS UNIES EP Programme des Nations Unies pour l'environnement Distr. GÉNÉRALE UNEP/OzL.Pro/ExCom/68/12 2 novembre 2012 FRANÇAIS ORIGINAL : ANGLAIS COMITÉ EXÉCUTIF DU FONDS MULTILATÉRAL AUX FINS D APPLICATION
Déclaration du Capital naturel
Déclaration du Capital naturel Une déclaration du secteur financier démontrant notre engagement au sommet de Rio +20 pour tendre vers l intégration des considérations liées au capital naturel dans les
L Organisation mondiale du commerce...
L Organisation mondiale du commerce......en quelques mots, l Organisation mondiale du commerce (OMC) est la seule organisation internationale qui s occupe des règles régissant le commerce entre les pays.
L ANALYSE COUT-EFFICACITE
L ANALYSE COUT-EFFICACITE 1 Pourquoi utiliser cet outil en évaluation? L analyse coût-efficacité est un outil d aide à la décision. Il a pour but d identifier la voie la plus efficace, du point de vue
Quelles évolutions a connue la gouvernance mondiale depuis 1944?
Thème 4 Les échelles de gouvernement dans le monde Chapitre 3 : La gouvernance économique mondiale depuis 1944 L après Seconde Guerre mondiale marque une étape majeure dans la prise de conscience de la
La LOLF, une loi bien pensée mais en voie de détournement?
La LOLF, une loi bien pensée mais en voie de détournement? La nouvelle loi organique relative aux lois de finances a été promulguée en août 2001. Deux ans plus tard, et bien que la mise en œuvre de cette
N 1020 ASSEMBLÉE NATIONALE PROPOSITION DE RÉSOLUTION EUROPÉENNE
N 1020 ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 QUATORZIÈME LÉGISLATURE Enregistré à la Présidence de l Assemblée nationale le 7 mai 2013. PROPOSITION DE RÉSOLUTION EUROPÉENNE sur le mandat de
PROGRAMME DE MANAGEMENT DES ORGANISATIONS
PROGRAMME DE MANAGEMENT DES ORGANISATIONS Cycle terminal de la série sciences et technologies du management et de la gestion I. INDICATIONS GÉNÉRALES L enseignement de management des organisations vise
Cadre général du Forum sur les questions relatives aux minorités
Nations Unies Assemblée générale Distr. générale 17 septembre 2012 Français Original: anglais A/HRC/FMI/2012/2 Conseil des droits de l homme Forum sur les questions relatives aux minorités Cinquième session
Capture et stockage du CO2 (CCS)
European Technology Platform for Zero Emission Fossil Fuel Power Plants (ZEP) Capture et stockage du CO2 (CCS) Une solution majeure pour combattre le changement climatique 50% de réduction des émissions
Contribution des industries chimiques
Contribution des industries chimiques au débat national sur la transition énergétique Les entreprises de l industrie chimique sont des acteurs clés de la transition énergétique à double titre. D une part,
PROJET DE LOI. NOR : MAEJ1123829L/Bleue-1 ------ ÉTUDE D IMPACT
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Ministère des affaires étrangères et européennes PROJET DE LOI autorisant l approbation de l avenant à la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement
Développement des compétences humaines de la Cour des comptes en République Démocratique du Congo
Développement des compétences humaines de la Cour des comptes en République Démocratique du Congo I. OBJECTIFS POURSUIVIS DANS LE DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES HUMAINES. Dans la réalisation de leur noble
CONVENTION DE PARTENARIAT ENTRE L AMF ET RTE
CONVENTION DE PARTENARIAT ENTRE L AMF ET RTE CONVENTION DE PARTENARIAT ENTRE L ASSOCIATION DES MAIRES DE FRANCE ET RTE Entre L Association des Maires de France, sise 41 quai d Orsay, 75343 Paris cedex
Question 1: Informations sur la personne ou entité interrogée
Juin 2013 QUESTIONNAIRE REPONSE DES AUTORITES FRANCAISES CONSULTATION SUR LES RÉSULTATS DE L ÉTUDE SUR LA SITUATION ACTUELLE ET LES PERSPECTIVES DES SOCIÉTÉS MUTUELLES EN EUROPE Question 1: Informations
Introduction Quels défis pour l Administration Publique face àla crise? Crise et leadership : quelles relations? Quels défis pour les dirigeants?
Renforcement des capacités en matière de Leadership au niveau du Secteur Public dans le contexte de la crise financière et économique Par Dr. Najat ZARROUK Introduction Quels défis pour l Administration
ACCORD ENTRE LA COMMISSION BANCAIRE ET LA BANQUE NATIONALE DE ROUMANIE
ACCORD ENTRE LA COMMISSION BANCAIRE ET LA BANQUE NATIONALE DE ROUMANIE CONCERNANT LA COOPERATION RECIPROQUE ET L ECHANGE D INFORMATIONS POUR LE CONTROLE BANCAIRE ET PRUDENTIEL 1. Considérant que certaines
Synthèse. Loyauté et réciprocité des échanges entre l Union Européenne et les pays tiers. Propositions et axes de réflexion des IEEC
Synthèse Loyauté et réciprocité des échanges entre l Union Européenne et les pays tiers Propositions et axes de réflexion des IEEC Introduction Alors que les marchés internationaux ont toujours été un
GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP)
Strasbourg, 22 août 2014 CDDH-CORP(2014)10 COMITÉ DIRECTEUR POUR LES DROITS DE L'HOMME (CDDH) GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP) Projet de recommandation du Comité
Les paiements de détail : enjeux stratégiques
Les paiements de détail : enjeux stratégiques Sean O Connor L e système de paiement des transactions de détail joue un rôle crucial dans l activité commerciale au Canada. Grosso modo, ce système regroupe
Incitants fiscaux à l épargne et piste d amélioration
Incitants fiscaux à l épargne et piste d amélioration Arnaud Marchand et Olivier Jérusalmy Réseau Financité L attirance des Belges pour le compte d épargne est loin d être fortuite. Deux facteurs principaux
Protocole n 15 portant amendement à la Convention de sauvegarde des Droits de l'homme et des Libertés fondamentales (STCE n 213) Rapport explicatif
Protocole n 15 portant amendement à la Convention de sauvegarde des Droits de l'homme et des Libertés fondamentales (STCE n 213) Introduction Rapport explicatif 1. La Conférence de haut niveau sur l avenir
Les mécanismes de projet
Les mécanismes de projet Changement climatique du protocole de Kyoto Franck Jésus Conseiller Environment du Directeur des Relations Internationales DGTPE MINEFI 04 juillet 2005 Le protocole de Kyoto: limiter
LE DECRET STATUTAIRE RELATIF AUX ENSEIGNANTS-CHERCHEURS (par le bureau du Collectif pour la Défense de l Université)
LE DECRET STATUTAIRE RELATIF AUX ENSEIGNANTS-CHERCHEURS (par le bureau du Collectif pour la Défense de l Université) Après avoir fait adopter sa loi «Libertés et Responsabilités des Universités» en plein
ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE
Distribution limitée IFAP-2008/COUNCIL.V/3 4 février 2008 Original anglais ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE Conseil intergouvernemental du Programme Information
APPEL A LA RECONNAISSANCE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL EN BRETAGNE
1 APPEL A LA RECONNAISSANCE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL EN BRETAGNE Nous, signataires, acteurs culturels en Bretagne, individuels et associations, demandons aux élus et institutionnels de soutenir
Enquête publique sur les changements climatiques -------- Compléments aux graphiques
Enquête publique sur les changements climatiques -------- Compléments aux graphiques Les résultats de l enquête sont analysés d après le nombre de variables explicatives pouvant influencer le comportement,
F OMPI ORGANISATION MONDIALE DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE GENÈVE. Dix-septième session Genève, 7 11 mai 2007
F OMPI SCT/17/5 ORIGINAL : anglais DATE : 23 mars 2007 ORGANISATION MONDIALE DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE GENÈVE COMITE PERMANENT DU DROIT DES MARQUES, DES DESSINS ET MODELES INDUSTRIELS ET DES INDICATIONS
GOUVERNEMENT WALLON Conseil de la Fiscalité et des Finances de Wallonie
GOUVERNEMENT WALLON Conseil de la Fiscalité et des Finances de Wallonie Rapport relatif à l étude de la faisabilité d un impôt sur la fortune en Wallonie Mai 2015 1 1. Etude de la faisabilité d un point
NPT/CONF.2010/PC.III/WP.39
Comité préparatoire de la Conférence des Parties chargée d examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 2010 NPT/CONF.2010/PC.III/WP.39 15 mai 2009 Français Original : anglais Troisième
FONDS D INVESTISSEMENT CLIMATIQUES
FONDS D INVESTISSEMENT CLIMATIQUES CRITÈRES DE SÉLECTION DES PROGRAMMES PILOTES NATIONAUX ET RÉGIONAUX AU TITRE DU PROGRAMME D INVESTISSEMENT FORESTIER I. CADRE GÉNÉRAL 1. On s accorde de plus en plus
Comité des produits Discours du Directeur général. 29 mai 2012 1 DISCOURS D OUVERTURE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL AU COMITÉ DES PRODUITS.
Comité des produits Discours du Directeur général. 29 mai 2012 1 DISCOURS D OUVERTURE DU DIRECTEUR GÉNÉRAL AU COMITÉ DES PRODUITS 28 mai 2012 Madame la Représentante permanente adjointe de Sri Lanka, Présidente
41/128 Déclaration sur le droit au développement
41/128 Déclaration sur le droit au développement L'Assemblée générale, Ayant à l'esprit les buts et principes de la Charte des Nations Unies relatifs à la réalisation de la coopération internationale en
JUNIOR ESSEC CONSEIL NATIONAL DU NUMÉRIQUE. Compte-rendu de l atelier 5 : Souveraineté numérique
JUNIOR ESSEC CONSEIL NATIONAL DU NUMÉRIQUE CONCERTATION NATIONALE SUR LE NUMÉRIQUE 3ème journée Compte-rendu de l atelier 5 : Souveraineté numérique Thème de la journée contributive : Transformation numérique
«La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.»
39 e Congrès de la Mutualité Française Résolution générale «La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.» La crise financière, économique, sociale et écologique frappe durement notre pays,
Déclaration sur le droit au développement
Déclaration sur le droit au développement Adoptée par l'assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 41/128 du 4 décembre 1986 L'Assemblée générale, Ayant à l'esprit les buts et principes de
la quête du Graal? Michel Aglietta Université Paris Ouest et Cepii
Finances publiques et croissance : la quête du Graal? Michel Aglietta Université Paris Ouest et Cepii Piège de croissance et impuissance de la politique économique 2 Pourquoi la crise est-elle plus grave
Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
Organisation des Nations Unies pour le développement industriel Distr. générale 14 octobre 2014 Français Original: anglais Conseil du développement industriel Quarante-deuxième session Vienne, 25-27 novembre
COMMISSION EUROPÉENNE DES FORÊTS TRENTE-TROISIÈME SESSION. Zvolen (Slovaquie), 23-26 mai 2006
Avril 2006 F COMMISSION EUROPÉENNE DES FORÊTS TRENTE-TROISIÈME SESSION Zvolen (Slovaquie), 23-26 mai 2006 ÉVÉNEMENTS ET INITIATIVES DE PORTÉE INTERNATIONALE, Y COMPRIS LA COLLABORATION FUTURE ENTRE LA
La gestion de l offre dans le secteur laitier, un mode de régulation toujours pertinent SOMMAIRE. Daniel-Mercier GOUIN
Groupe de recherche en économie et politique agricoles, Département d économie agroalimentaire et des sciences de la consommation, Université Laval SOMMAIRE PRÉAMBULE Daniel-Mercier Gouin est directeur
Contributions françaises à la problématique internationale de la protection sociale des travailleurs informels et de leurs familles.
Contributions françaises à la problématique internationale de la protection sociale des travailleurs informels et de leurs familles. Un groupe de travail se réunit sous la Présidence de Pierre BURBAN au
CaLP ARGENT CONTRE TRAVAIL. Travailler avec les banques Guide pratique de négociation dans le cadre des transferts monétaires en situations d urgence
CaLP ARGENT CONTRE TRAVAIL Travailler avec les banques Guide pratique de négociation dans le cadre des transferts monétaires en situations d urgence 4 CaLP ARGENT TRAVAILLER CONTRE AVEC TRAVAIL LES BANQUES
devant le Conseil de surveillance de la normalisation comptable
VERSION DÉFINITIVE Allocution prononcée par Anthony Ariganello, CGA Président-directeur général CGA-Canada devant le Conseil de surveillance de la normalisation comptable Toronto (Ontario) Le 20 octobre
