Prévenir l agressivité en développant l estime de soi chez les enfants
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- Franck Caron
- il y a 10 ans
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1 Lundi 21 & mardi 22 janvier Prévenir l agressivité en développant l estime de soi chez les enfants Formatrices : Julie Duelez et Lysiane Mottiaux
2 Table des matières Table des matières... 1 Introduction... 1 A) Définitions... 2 B) Les causes de la violence chez les jeunes... 3 C) Comment construire chez l enfant, l estime de soi?... 5 Sécurité... 5 Objectifs spécifiques... 6 Attitudes éducatives... 6 Signes observables... 7 Connaissance de soi... 7 Objectifs spécifiques... 8 Attitudes éducatives... 8 Signes observables... 9 Appartenance Objectifs spécifiques Attitudes éducatives Signes observables Réussite Objectifs spécifiques Attitudes éducatives Signes observables D) Ce qui nuit à l estime de soi et favorise l agressivité E) Outils Les règles de la règle : les cinq «C « Enrichir notre vocabulaire des sentiments L écoute active Exercice d écoute active... 18
3 Et si on apprenait à écouter? Liste des ressources et des qualités Se fixer des objectifs F) Bibliographie Bibliographie enfantine G) Annexes Comprendre: qu est-ce que l agressivité? Développement de l'agressivité en fonction de l'âge Jusu à deux ans Entre deux et quatre ans Entre 4 et 6 ans Déclencheurs de l'agressivité Les comportements prosociaux sont plus nombreux que ce que l'on croit! Les mots «congelos» Le jugement Emoticônes Emoticônes sur doigts La météo de mon papa La météo de mon animateur...erreur! Signet non défini. H) Notes «prises au vol» L estime de soi Quelques principes Les règles Les sanctions Positiver La reconnaissance I) Jeux de coopération pour travailler l estime de soi Règles de base Objectifs... 40
4 A. Ma relation à moi B. Ma relation à l autre C. Ma relation au groupe Quelques jeux La toile d araignée J aime Je vous emmènerai Je suis heureux quand Le sympagramme La star académy Les dominos Moi aussi Soleil me fait penser à Jeu de carte truqué Mes petites et grandes réussites L imagination au pouvoir Un groupe dans lequel je me sens bien La recette Que de nœuds!... 43
5 Introduction Tous les regards sont tournés vers la maman de Julien, qui hurle à la caisse du supermarché afin d obtenir des bonbons... Mathilde, arrache la poupée des bras d Emilie qui se répand en larmes... Damien, entre dans la sa/le de jeux et renverse 3 autres enfants avant de se réfugier dans un coin... Objectifs Mieux comprendre le phénomène d agressivité. Développer des stratégies d intervention pour faire face au comportement agressif de l enfant. Appréhender le concept de l estime de soi. Découvrir les attitudes qui nuisent au développement de l estime de soi chez l enfant. Développer des moyens concrets pour construire l estime de soi chez l enfant. Contenu Comment gérer ces crises? Comment réagir face au comportement agressif de l enfant? L estime de soi doit être nourrie dès je plus.jeune âge par les parents et les éducateurs. En effet, une bonne estime de soi est la base d un développement harmonieux de l enfant et constitue un facteur de prévention contre l agressivité et la violence. 1
6 A) Définitions L agressivité C est une pulsion vde vie, une réaction contre la frustration. Dans le langage courant, le terme «agressivité» à une connotation négative, alors que cette force peut aussi être positive et pousser à l affirmation de soi. L agression C est le passage à l acte d une pulsion d agressivité. C est un acte ou un comportement qui fait du tort physiquement ou psychologiquement à autrui ou à soi-même. La violence Qualifie une forme d agression visant à la destruction de l autre (ou de soi) que la société juge plus grave. L affirmation de soi C est la capacité à s exprimer tout en respectant le point de vue de l autre. C est l estime de soi en action. 2
7 B) Les causes de la violence chez les jeunes (D après une recherche de Jean Epstein)1 Dans une conférence qu il a donnée sur le thème «La construction des repères chez l enfant». Jean Epstein relève divers facteurs influençant l apparition de comportements violents chez les jeunes. A partir de cette étude, Jean Epstein fait l hypothèse que si l un des facteurs n a pas été rencontré et qu il est à la source de comportements violents chez le jeune. De cette manière, pense-t-il, il est possible de travailler en veillant à combler le manque repéré et ainsi de prévenir la violence ou, à défaut, d apporter au jeune une aide plus ciblée dans la poursuite d un objectif de resocialisation. Le manque de confiance en soi : Cela concerne principalement des jeunes ou des enfants qui ont souvent été mis en situation de compétition ou d évaluation précoce, ceux aussi qui ont dû faire face très tôt à des responsabilités d un âge supérieur au leur. La non-maîtrise du temps : Soit que les jeunes aient trop peu de moments structurés (peu de repères du type : on se lève a telle heure, on mange a telle autre, etc.), soit qu ils n aient jamais eu de temps libre parce qu occupés sans cesse à de multiples activités (dans ce cas, ils ont appris de nombreuses choses sauf à structurer leurs temps). Absence d intérêt réel : C est le cas des enfants et des jeunes qui n ont pu trouver un terrain d entente entre leurs loisirs et ceux que leurs parents souhaitaient. Soit ils n ont pas reçu des propositions d action, soit ils ont été très vite enfermés dans une activité précise sans avoir eu le temps d en connaître l envie. Ils ont donc de grandes difficultés à se projeter dans une activité. Les rythmes non respectés : Il s agit du rythme de développement de l enfant (on les veut toujours en avance) ou du rythme effréné de journées trop remplies. 1 Jean Epstein a travaillé pendant six ans au sein de la cellule Familles, Enfance, Education des Communautés Européennes à Strasbourg. Il a mené, auprès de jeunes, une recherche en vue de dégager les causes principales de la violence chez les jeunes, violence étant ici entendue dans son sens large, allant des violences physiques envers les autres aux violences morales que les jeunes s imposent parfois à eux-mêmes. Cf. ENFANT, PARENT, ENSEIGNANT, UNIS CONTRE LA VIOLENCE, VIDEO-CASSETTE, LIEGE, ED. FOCEF,
8 Le territoire personnel non respecté : Des enfants ou des jeunes n ayant pas appris, tôt dans leur histoire, à gérer des conflits, ont par exemple tendance à croire que tout leur appartient, ce qui génère frustration et violence chez leurs pairs voire chez les adultes. Limites, repères et interdits : Nous n avons pas à accepter de la part d un enfant ou d un jeune quelque chose qui nous dérange, de la même manière que nous n avons pas à leur refuser quelque chose qui ne nous dérange pas. Il est important, sur ce point, d émettre les règles et les interdits clairement ; le travail d un éduquant est aussi celui-là. Pour ce faire, il semble plus efficace d user du «je» plutôt que rendre la loi sous forme impérative. Par exemple, on préférera dire: «Je ne suis pas d accord de trouver ta chambre sans dessus-dessous», plutôt que d émettre le jugement: «Tu es désordonné». En effet, le message «je» enseigne quelque chose de fondamental dans la prévention de la violence : la nécessaire adaptation, et donc la socialisation de l enfant ou du jeune, face à de multiples messages provenant de personnes différentes. Le manque de repères par rapport à sa propre histoire : En effet, l histoire de chacun n entre pas souvent en ligne de compte dans le cadre scolaire par exemple ou, socialement parlant, il est impossible de la dire. 4
9 C) Comment construire chez l enfant, l estime de soi? L estime de soi est la conscience de la valeur personnelle qu on se reconnaît dans différents domaines (social, intellectuel, artistique, sportif). Elle prend racine dans la relation d attachement et peut se développer à tout âge de la vie. Chez l enfant de 3 à 6 ans, on ne peut parler d estime de soi. Il s agit de son prédécesseur, le concept de soi, c est-à-dire une image de lui-même liée à un passé très récent. L enfant a une pensée encore magique et naïve de lui-même et ne peut s analyser de façon critique. La construction de cette estime de soi se nourrit dans l interaction avec l entourage, et plus particulièrement par rétroaction positive: «quelle est jolie, ta construction! Il t en a fallu de la précision et du temps pour y arriver!» ou «Bravo! tu as pu attendre ton tour avant que je t aide à fermer ta veste» Au plus les personnes qui expriment des feed-back positifs sont importantes pour l enfant, au plus la parole aura du poids. Au fil du temps, en recevant régulièrement ces sources d estime de soi extérieures, l enfant va intérioriser cette estime de façon intrinsèque. L estime de soi est l un des principaux facteurs du développement humain. La construction de l estime de soi est un processus continu qui se développe toute la vie (tout ne se joue pas avant 6 ans!). Elle peut être alimentée à la fois par des attitudes éducatives et des activités. Pour aider les enfants à développer leur estime de soi, il faut, avant toute chose, les amener à vivre des sentiments de confiance, et en particulier par rapport aux personnes qui s en occupent. Sans ce sentiment de confiance, l enfant souffre d insécurité et adopte une attitude défensive, qui ne lui permet ni de tisser des relations sociales, ni de réaliser des apprentissages. Ensuite, il faut l aider à mieux se connaître lui-même, avec ses forces et faiblesses, afin de l aider à développer un sentiment d appartenance au réseau social. Enfin, l enfant doit pouvoir vivre des réussites. Sécurité L adulte doit veiller à la sécurité physique des enfants : L environnement est-il suffisamment sûr? Les règles de conduites sont-elles énoncées clairement voire discutées avec les enfants et sont-elles suivies de conséquences en cas de manquement? L adulte doit protéger l enfant des dangers et celui-ci doit apprendre, parfois péniblement, à connaître les comportements permis ou non dans son environnement et à régulariser ses conduites en fonction de la réalité. La confiance se développe à partir de la sécurité physique et aussi de la stabilité psychologique. L adulte encadrant est-il constant, fiable, tient-il ses promesses? Le personnel autour de l enfant est-il stable? Les journées sont-elles rythmées de la même manière afin que l enfant puisse anticiper? Des rituels sont-ils connus 5
10 des enfants? Les enfants sont très conservateurs des rituels qui rythment la journée. A partir de la sécurité extérieure garantie par l adulte, l enfant va pouvoir développer un sentiment interne de sécurité, base indispensable pour tout apprentissage. Objectifs spécifiques Amener les enfants à bien comprendre l importance des routines et des procédures. Les amener à identifier les règlements qui régissent ou définissent les comportements attendus. Les amener à comprendre le sens de chacun des règlements. Amener les enfants à prendre conscience des conséquences de leurs comportements. Attitudes éducatives Mettre des limites qui ont du sens de façon claire: être ni permissif (l enfant est insécurisé), ni autoritariste (l enfant est inhibé). Pondérer ce qui est négociable de ce qui ne l est pas (santé, sécurité, respect). Ex: Martin hurle parce que l éducateur veut qu il enlève ses chaussures pour faire la sieste. Pourquoi ne pas le laisser garder ses chaussures? Il se rendra compte lui-même de l inconfort. Être cohérent entre ses paroles et ses gestes (une promesse tenue...) Pour un même fait, l adulte dit non. L enfant sait à quoi s attendre. Avoir confiance en soi, c est contagieux. Etre fiable, c.-à-d. tenir ses promesses et pouvoir assurer la sécurité de l enfant. Stabilité d humeur (dans la mesure du possible!) Stabilité dans nos attentes par rapport aux comportements et apprentissages des enfants Etre ferme sur des règles de premier plan comme la sécurité Amener les enfants à prendre conscience des conséquences de leurs comportements. Pour les plus petits : Garantir la stabilité à travers des routines fixes et des horaires fixes, lieux de rangement personnel, coin de sommeil. 6
11 Permettre à l enfant d avoir recours à son objet transitionnel lorsqu il le demande. Être sensible au besoin de sécurité affective de l enfant qui passe avant tout par la stabilité du personnel. L enfant a besoin de retrouver celle, celui qui est significatif dans son milieu de garde. Avertir l enfant des changements et des déplacements. Etablir des règles claires, peu nombreuses et suivies de conséquences. Offrir à l enfant des manières de réduire son stress par des activités de relaxation. Exprimer notre disponibilité affective à l enfant même si nous sommes occupés physiquement auprès d un autre enfant. Le rassurer par rapport à son tour lors d une prise de parole, changement de couche, etc. Être chaleureux dans nos contacts avec l enfant. Démontrer le plaisir du jeu en sa compagnie. Faire preuve de complicité et d amour. Signes observables Il est détendu physiquement. Il est capable d accepter les contacts physiques. Il est capable d accepter un contact visuel. Il est capable de demeurer calme face à une blessure physique. Il est capable de demeurer calme face à un malaise physique. Il est capable d accepter les délais. Il est capable d anticiper du plaisir. Il est capable de réagir positivement à une nouveauté. Il est capable de prendre des risques calculés. Il est capable de représentation mentale du temps. Il est capable de comprendre et d accepter le sens des règles. Il est capable de répondre positivement aux règles. Connaissance de soi Entre 3 et 6 ans, les enfants réalisent de multiples activités corporelles, sociales et intellectuelles au cours desquelles ils développent des habiletés et des qualités personnelles. Il est important de les aider à devenir conscient de leurs habiletés et qualités. La connaissance de soi est à la base de l identité et de l estime de soi. L enfant se sent unique et peut obtenir l estime de l autre. C est en découvrant les différences 7
12 avec les autres qu il peut se percevoir comme unique. Dans cette quête d identité, l enfant prend également conscience qu il possède aussi des habiletés que d autres enfants partagent et qu il a des réactions ou certains traits de caractère que ses camarades ont également. C est cette perception équilibrée des différences et des ressemblances par rapport aux autres qui amènent l enfant à une bonne connaissance de soi. Objectifs spécifiques Amener chaque enfant à se percevoir comme un être unique, doté de ses propres caractéristiques corporelles, intellectuelles, relationnelles et créatrices. Amener chaque enfant à porter un jugement positif sur lui-même et sur ce qui le différencie. Amener chaque enfant à voir et à apprécier ses qualités et ses compétences. Amener chaque enfant à voir et à apprécier les qualités et les différences des autres. Amener chaque enfant à prendre conscience de ses sentiments, de ses besoins et de ses opinions et à les exprimer de façon adéquate. Attitudes éducatives Utiliser les feed-back positifs (se recentrer soi-même sur ses propres forces). Ne pas tolérer les jugements de valeur que font certains enfants envers les autres, du style «Il n est pas beau, ton dessin!» Aider les enfants à connaître les sentiments et les besoins, et à faire les liens entre leurs sentiments, les besoins et le comportement. Tisser une relation de complicité avec chacun. Voir les difficultés comme des défis. Se centrer sur le comportement et ne pas juger la personne. Ex: «tu as frappé Caroline, tu ne peux pas». Plutôt que «méchant! tu fais toujours mal aux autres!» Eviter les mots qui blessent : Humilier l enfant en public, le juger Ex : «Quelle maladroite, cette enfant, vous avez remarqué comme elle est lente et gauche!» Se moquer de l enfant qui éprouve des sentiments de peur, de tristesse, de joie,... Ex : «Un garçon, ça ne pleure pas!» Faire des remarques désagréables. Ex : «Ce que tu peux être stupide, toi alors!» 8
13 Acceptation inconditionnelle : reconnaissance du droit de l enfant d exister tel qu il est et non pas en fonction de nos attentes. Accepter la volonté de l enfant : donner la possibilité de choisir et d affirmer son indépendance. Éviter les remarques négatives envers la famille de l enfant. L éthique professionnelle le dicte non seulement par respect au principe de la nondivulgation des renseignements personnels, et aussi par respect pour l enfant qui édifie son identité à travers le triangle mère-père-enfant. Accepter les différences entre les enfants en les nommant et les valorisant, que ce soit au niveau de leurs goûts, leurs productions. Développer l expression des émotions. Nommer et reconnaître les sentiments que les enfants vivent. Les mots permettent d éviter que les reproches se transforment en violence sans mot, violence physique ou repli mutique. Reconnaître notre propre propension à la colère aide l enfant à accepter la sienne, à s accepter tel quel. L adulte peut aussi favoriser l expression des émotions par le jeu symbolique et l expression créative. Lui offrir des exutoires acceptables à son agressivité en proposant des activités qui nécessitent une dépense d énergie et/ou une détente. Ex: manipulation de matière comme la plasticine, le sable, courir, faire des exercices de relaxation,... Signes observables Il est capable de se distancier de l adulte tout en vivant un sentiment de complicité avec lui. Il est capable d identifier chez lui une habileté physique ou une difficulté de cet ordre. Il est capable d identifier chez lui une habileté intellectuelle ou une difficulté de cet ordre. Il est capable d identifier chez lui une habileté relationnelle ou une difficulté de cet ordre. Il est capable d identifier chez lui une habileté créatrice ou une difficulté de cet ordre. Il est capable d identifier ce qui le différencie des autres. Il est capable de s affirmer. Il est capable d identifier les raisons pour lesquelles les autres l aiment. Il est capable de faire des choix. 9
14 Il est capable d exprimer ses goûts et ses idées. Il est capable d exprimer ses sentiments. Il est capable d exprimer ses besoins. Il est capable d avoir un peu conscience des liens qui existent entre ses besoins, ses sentiments et son comportement. Il est capable de se faire respecter. Il est capable d assumer de petites responsabilités adaptées à son âge. Appartenance L'être humain a besoin de se sentir rattaché à un réseau relationnel. Au fur et à mesure que l'enfant grandit, les parents prennent de moins en moins d'importance et les camarades de plus en plus. L'enfant a besoin d'apprendre longuement les habiletés sociales, les capacités de collaboration et de coopération. Objectifs spécifiques Amener chaque enfant à prendre conscience de l'existence et de l'importance d'un groupe. Amener chaque enfant à prendre conscience de son importance dans un groupe. Amener chaque enfant à prendre conscience de ses attitudes prosociales de générosité, de partage et d'entraide. Amener chaque enfant à assumer de petites responsabilités pour le groupe. Amener chaque enfant à vivre un sentiment de bien-être en situation de groupe. Attitudes éducatives Aider le petit à devenir plus sensible à l'autre. Lorsqu'il peut identifier ses besoins, ses sentiments, il peut aussi comprendre que les gestes des autres sont liés à des besoins. Encourager le partage, l'aide mutuelle. Promouvoir des activités collectives, des chansons de groupe qui rallient. Donner des petites responsabilités à tour de rôle, et féliciter l'enfant qui a effectué sa tâche. Les aider à résoudre leurs conflits gagnant-gagnant. Introduire des activités collectives à partir de 3 ans. Introduire des jeux de coopération à partir de 4 ans. Le support de l'adulte est 10
15 essentiel. Inviter les enfants à participer au décor du local, à choisir le nom de leur groupe. Préserver l'image de l'enfant auprès du groupe en effectuant des interventions discrètes. On évite ainsi la marginalisation d'un enfant par ses pairs. Afficher des photos prises lors d'activités ou de sorties vécues ensemble. Inviter les enfants à se trouver un cri de ralliement, un symbole propre à leur groupe et individualisé pour chacun à l'aide d'une petite particularité. Inviter les enfants à célébrer ensemble l'anniversaire d'un ami du groupe par des chants, un gâteau, une grande carte avec dessin de chacun,... Développer des réactions empathiques chez l'enfant, c.-à-d. lui faire comprendre les conséquences de ses actes sur les autres, tout en évitant le recours au raisonnement avant l'âge de 7 ans. Lui montrer le concret-visible des conséquences. Faire référence à une expérience personnelle concrète «tu vois, son genou saigne, c'est comme toi quand tu es tombé dans la cour». Signes observables Il est capable, le matin, de se séparer facilement de ses parents pour rejoindre le groupe. Il cherche activement la présence des autres. Il est détendu lorsqu'il est en groupe. Il communique facilement avec les autres. Il est capable de sensibilité sociale. Il est capable de générosité. Il est capable de partage et d'entraide. Il suggère, à l'occasion, des idées pour le groupe. Il assume de petites responsabilités pour le groupe. Il parle de ses amis ou du groupe à la maison. Réussite Pour favoriser ce sentiment, il est important de prévoir des activités où l'enfant va pouvoir vivre des petits succès, en accord avec son rythme de développement. Des défis à sa mesure, somme toute. Pour s'engager dans une activité, l'enfant doit être motivé, c'est-à-dire avoir du plaisir et pouvoir anticiper un succès. Pour pouvoir anticiper le succès, l'enfant doit 11
16 posséder une bonne valeur personnelle et avoir conscience de ses habiletés. Bref, il doit pouvoir avoir connu du succès pour en vivre. Objectifs spécifiques Amener chaque enfant à percevoir ses succès ou ses échecs comme une suite logique de ses attitudes et des moyens utilisés. Amener chaque enfant à anticiper le plaisir ou l'utilité des activités proposées. Amener chaque enfant à vivre un sentiment de fierté à la suite d'une réussite. Amener chaque enfant à percevoir ses erreurs et à les dédramatiser. Amener chaque enfant à faire preuve d'initiative et de créativité. Amener chaque enfant à se fixer des objectifs réalistes. Attitudes éducatives Lorsque l'enfant a du mal à terminer quelque chose, l'enseignant peut lui rappeler ses succès anciens pour favoriser sa motivation (=anticipation du plaisir) et lui parler des retombées concrètes. «Si tu continues à colorier, tu vas avoir un beau dessin plein de couleurs.» Importance de la rétroaction qui insiste sur la motivation, le choix des moyens et la persévérance. La réussite de l'enfant n'est pas magique: elle dépend de ce qu'il a mis en place. «Tu as terminé ton bricolage, comment t'y es-tu pris?» «Bravo, tu as choisi une bonne façon pour le réaliser!» En cas d'échec, ne pas remettre en cause la valeur personnelle de l'enfant, mais parler de l'attitude et des moyens utilisés. -Ne pas confondre erreur et échec. Commettre des erreurs est normal, cela fait partie de l'apprentissage. En reconnaissant ses propres erreurs, l'adulte peut dédramatiser celles commises par l'enfant. Croire en la capacité de l'enfant, à son potentiel de croissance. Valoriser les élans d'autonomie de l'enfant, ses tentatives, ses efforts «d'être grand». Reconnaitre ses forces et ses mérites. Apprécier et nommer ses efforts. Offrir des occasions d'expérimenter le succès. Introduire des activités créatrices où l'enfant invente, imagine, explore sans avoir à répondre à des attentes précises (à des modèles). L'amener à accepter ses erreurs en ménageant sa fierté et en lui apportant les moyens pour s'améliorer. 12
17 Lorsqu'il hésite ou refuse de participer, souligner ses succès précédents pour le motiver et l'encourager à faire de nouvelles expériences. Signes observables Il se souvient de ses réussites passées. Il anticipe du plaisir face à une activité. Il perçoit l'utilité des activités ou des apprentissages qu'on lui propose. Il manifeste de la fierté à la suite d'une réussite. Il manifeste le goût de réaliser plusieurs apprentissages. Il manifeste de la curiosité intellectuelle. Il est capable de faire des choix de stratégies ou de moyens. Il est capable de persévérance malgré les difficultés. Il manifeste de la créativité. Il est capable d'initiatives et de risques calculés. Il est capable de réinvestir et de généraliser ses habiletés et connaissances. Il identifie et accepte ses erreurs. Il est détendu durant les activités d'apprentissage. 13
18 D) Ce qui nuit à l estime de soi et favorise l agressivité Une pauvre estime de soi des parents ou des enseignants. L'inconstance dans l'application de la discipline. L'ambivalence. La surprotection. Le laisser faire face aux comportements agressifs des enfants. Les mots qui blessent. Les critiques constantes des proches et des amis. Le découragement devant les difficultés. L'accent mis sur les difficultés plutôt que sur les forces. L absence de reconnaissance face aux comportements positifs. La perception des erreurs comme étant des échecs. Les attentes trop ou pas assez grandes. Le manque de plaisir et de complicité avec l'enfant. L irrespect du rythme d'apprentissage. Les manifestations d'affection et attention particulière envers un ou des enfants préférés. Les comparaisons faites entre enfants et tolérées par les adultes malgré le caractère dévalorisant des propos. Les commentaires comparatifs émis par l'adulte et exprimés directement ou devant les enfants à une tierce personne. 14
19 E) Outils Les règles de la règle : les cinq «C «Connue et claire : Les mots ont-ils la même signification pour tous? (vérifier) Concrète : Les comportements souhaités doivent être observables, mesurables. Constante :.La règle ne varie pas selon l'humeur de l'adulte ou de l'enfant en présence. Conséquente : Une conséquence est prévue s'il y a transgression de la règle. Conséquences logiques connues par les membres du groupe concerné. Congruente : Respectée aussi par l'adulte. 15
20 Enrichir notre vocabulaire des sentiments Content Apeuré Triste Fâché Gai Heureux Craintif Seul En colère Energétisé Excité Alarmé Impuissant Enragé Revigoré Joyeux Anxieux Sur la réserve Exaspéré Enjoué Satisfait Inquiet Débordé Fou-furieux Enthousiaste Ravi Tendu Mécontent Hors de soi Plein d'entrain Plein de courage Sous pression Malheureux Agité Rafraîchi Reconnaissant Sur ses gardes Blessé Agacé Stimulé Confiant Qui a la trouille Abattu Contrarié D'humeur espiègle Inspiré Effrayé Accablé Nerveux Plein de vie Soulagé Terrifié Découragé Irrité Vivifié Rassuré Terrorisé En détresse Qui en a marre Exubérant Rasséréné Epouvanté D'humeur noire Amer Etourdi Touché Paniqué Déprimé Pessimiste Aventureux Epanoui Horrifié Consterné Plein de ressentiment Emoustillé Gonflé à Bloc Angoissé Démoralisé Dégouté Pétillant Fier Bloqué Désespéré Ecœuré Fatigué En paix Plein d'amour Confus Et encore Epuisé Tranquille Chaud Perplexe Fragile Inerte Calme Amical Hésitant Vulnérable Léthargique Paisible Sensible Troublé Démuni Indifférent Content Plein d'affection Inconfortable Surpris Ramolli Absorbé Empli de tendresse Embrouillé Etonné Las Concentré Plein d'appréciation Tiraillé Décontenancé Dépassé En expansion Plein de compassion Partagé Ebahi Impuissant Plein d'amour Reconnaissant Déchiré Sidéré Lourd Serein Nourri Embarrassé Ahuri Endormi Satisfait En confiance Embêté Curieux Saturé Détendu Ouvert Mal à l'aise Intrigué Sans élan Relaxé Amoureux Frustré Intéressé Rompu Centré Emerveillé Méfiant Impatient Béat Proche 16
21 L écoute active Ce type d'écoute est efficace car il suppose un échange entre l'auditeur et le locuteur. L'auditeur fait voir à plusieurs reprises que non seulement il a entendu le message, mais aussi qu'il l'a bien compris. Il vérifie ce qu'il a compris auprès du locuteur. Cette «reformulation» privilégie le vécu et les sentiments de la personne qu'il écoute. Elle permet à celui-ci d'y voir plus clair et de trouver lui-même la ou les solutions pour résoudre son problème. L'écoute active se caractérise par trois grands principes: Se demander si l'on est disponible. Répéter, reformuler, synthétiser. Se faire corriger ou confirmer. L'écoute active présente de nombreux avantages: Elle réduit les pertes d'information. Elle permet une communication sur les sentiments. Elle exclut le jugement et installe la confiance. Elle aide l'autre à trouver lui-même sa solution. Elle favorise le respect mutuel. Emetteur Récepteur «A quoi bon essayer de Changer les choses ici?» Codage Il se sent très découragé Décodage «Vous êtes très découragé» Retour 17
22 Le message est donc composé de : «Ce qui se dit» (des faits et des opinions) «Ce qui se vit» (des émotions, des sentiments) Précisons que l'écoute active est une technique d'aide et donc de prévention aux conflits. Elle permet à l'adulte de garder une communication stable avec l'enfant en difficulté. Cependant, pour être efficace, elle ne peut s'effectuer que dans certaines conditions: être disponible, vouloir vraiment écouter l'autre, vouloir offrir une aide efficace, avoir confiance dans les ressources de l autre, pouvoir prendre du temps- Exercice d écoute active Répondez aux différentes situations ci-dessous en pratiquant l'écoute active : Un enfant vous dit : «C'est dégoûtant. Madame m'a puni et c'est Julien qui avait commencé» Que lui répondriez-vous en écoute active? Votre enfant n'arrête pas de pincer sa sœur qui joue tranquillement aux Lego Que lui diriez-vous en écoute active? Vous conduisez votre enfant chez le dentiste, il est silencieux pendant le trajet Que lui diriez-vous en écoute active? 18
23 Et si on apprenait à écouter? Quand l'autre parle, j écoute...et je me surprends à rêvasser. J'écoute...et je ne saurais répéter ce qu'il vient de dire. Je croyais que j'écoutais. Je me ressaisis et ce qu'il me dit me fait penser à ce que j'ai vécu aussi, et je me rappelle comment ça s'est passé. Pendant ce temps, je ne l'écoute pas. J'écoute et, pendant, qu'il parle, je prépare déjà ma réponse. S'il tarde un peu, je m'impatiente, je piaffe mentalement. Au besoin, je lui coupe la parole. J'écoute, bien sûr...et j'ai tout de suite la solution à son problème. «Comment n'as-tu pas vu? Pourquoi ne fais-tu pas? Moi, à ta place...» Ou alors, j'ai tout compris. Je lui explique comment il fonctionne. Ce n'est pas ça qu'il demande, il voudrait que je l'écoute. J'écoute. Non, je n'écoute pas. Je le raisonne. J'argumente. Je veux convaincre. «Contrôle-toi. Ressaisis-toi. Au fond, ce n'est pas si grave. Ce n'est pas comme ci le ciel t'était tombé sur la tête» J'évalue : «C'est bien», «C'est moins bien»". Au besoin, je ferais la morale. "Un grand garçon comme toi...comment peux-tu?". J'écoute...Et je le trouve impossible...ou idiot...ou irréaliste. Il n'aurait pas dû. Il aurait pu. J'écoute et j'ai envie tout de suite de rassurer: «Ne t'en fais pas, ca va aller». J'écoute...je crois que j'écoute. Je n'écoute que mon propre bruit. Pas facile d'écouter, d'écouter vraiment. Pas facile d'être ouvert, disponible, accueillant à la parole de l'autre. Il y a toujours la tentation de faire quelque chose ;e remplir l'espace ; de meubler.avec n'importe quoi, mais meubler. Il y a l'envie d'être efficace. D'obtenir des résultats, de ne pas perdre son temps. Est-ce qu'on fait quelque chose quand on ne fait rien? Est-ce qu'on est aidant quand on est là, et qu'on ne fait rien? Quand on ne fait rien qu'entendre. Quand on ne fait rien que s'intéresser à l'autre. Quand on ne fait rien que s'ouvrir à ce qui l'occupe, à ce qui le travaille. Demandez-le-lui...et écoutez. C'est un premier pas. Catherine Cambier Psychothérapeute 19
24 Liste des ressources et des qualités Une personne peut être : Accessible Clairvoyante Éloquente Influente Pacifique Satisfaite Accommodante Cohérente Émerveillée Informée Paisible Savante Accueillante Comique Émotive Inimitable Paternelle Sensible Active Compatissante Endurante Innovatrice Patiente Sentimentale Admirable Compétente Énergique Intègre Perfectionniste Sereine Adorable Compréhensive Enjouée Intellectuelle Persévérante Persuasive Adroite Conciliante Enthousiaste Intelligente Philosophe Pétillante Affable Concrète Entreprenante Intense Pieuse Sérieuse Affectueuse Confiante Équilibrée Intéressée Prudente Serviable Agile Congruente Érudite Intime Polie Simple Agréable Connaisseuse Éveillée Introspective Ponctuelle Sincère Aimante Consciencieuse Exemplaire Intuitive Pondérée Sobre Ambitieuse Consciente Expérimentée Inventive Populaire Sociable Amusante Constante Experte Jolie Posée Soigneuse Appliquée Convaincante Expressive Joviale Positive Solidaire Artistique Convaincue Extraordinaire Joyeuse Pratique Solide Assidue Coopérative Ferme Juste Présente Soucieuse Assurée Cordiale Fiable Laborieuse Prévoyante Souple Athlétique Courageuse Fidèle Leader Profonde Souriante Attentionnée Créatrice Fière Libérée Propre Spirituelle Attentive Curieuse Fine Libre Protectrice Splendide Attirante Débrouillarde Flexible Logique Prudente Spontanée Audacieuse Décisive Fonceuse Louable Pure Sportive Authentique Délicate Franche Loyale Radieuse Stable Auto-disciplinée Désirable Généreuse Lucide Raffinée Structurée Autonome Détendue Gentille Magnanime Raisonnable Studieuse Aventurière Dévouée Gracieuse Magnifique Rassurante Suave Belle Digne Grande Majestueuse Ravissante Sublime Bien élevée Diplomate Habile Merveilleuse Réaliste Sympathique Bienfaisante Discrète Harmonieuse Méthodique Réconfortante Talentueuse Bonne Disponible Héroïque Minutieuse Réfléchie Taquine Brave Docile Heureuse Modeste Relaxée Tenace Brillante Douce Honnête Motivée Remarquable Tendre Calme Droite Honorable Naturelle Reposante Tolérante Capable Dynamique Hospitalière Obéissante Reposée Tranquille Chaleureuse Éblouissante Humble Observatrice Réservée Unique Chanceuse Éclairée Humoristique Optimiste Respectée Valorisante Charitable Éclatante Imaginative Ordonnée Respectueuse Vénérable Charmante Économe Incomparable Organisatrice Responsable Véridique Chaste Efficace Indépendante Organisée Riante Vive Efficiente Indulgente Originale Romantique Élogieuse Inébranlable Ouverte Sainte 20
25 Se fixer des objectifs Vous désirez aider votre enfant à vivre des réussites. Pour cela, vous pouvez l'aider à définir un objectif global. Pour la motivation, il est important de le formuler en terme positif. Par exemple : «Je ne veux plus être puni» devient «Je veux être sage» Lorsque l'objectif global est trouvé, découpez-le avec votre enfant en sous-objectifs, également formulés en terme positif. Par exemple, l'objectif global :»Je veux être sage» peut être découpé en deux sousobjectifs : «Respecter les règles de la maison» «Respecter les règles de l'école» Enfin, pour chaque sous-objectif, trouvez ensemble des actions qui répondent aux critères suivants : Concrets et précis Qui? quand? quoi?comment?où? Réalisables pas quelque chose d impossible Atteignables par soi-même Par exemple pour le sous-objectif " «Respecter les règles de la maison» : Descendre dans les 2 minutes quand maman m'appelle pour manger Ranger mes chaussures dans l'armoire Rentrer à l'heure convenue à la maison 21
26 22
27 F) Bibliographie Beauregard L.-A., Bouffard R., Duclos G. (2000). Programme estime de soi et compétence sociale chez les 8 à 12 ans. Québec, Hôpital Sainte-Justine. Bourcier, S. (2004). Quand les cris et les poings sont plus rapides que les mots, syllabus. Crary E. (2001). Négocier, ça s'apprend tôt! Namur, Université de Paix. Drory, O. ( 1997). Cris et châtiments: du bon usage de l'agressivité. Bruxelles, De Boeck Université. Duclos, G. (2004). L'estime de soi, un passeport pour la vie. Québec,Hôpital Sainte- Justine. Duclos G. (1997). Quand les tout-petits apprennent à s'estimer... Québec, Hôpital Sainte-Justine. Duclos G., Laporte D., Ross J. (1995). L'estime de soi de nos adolescents. Guide pratique à l'intention des parents. Québec, Hôpital Sainte-Justine. Duclos G., Laporte D., Ross J. (1995). L'estime de soi des adolescents. Québec, Hôpital Sainte-Justine. Laporte D., Sévigny. L.(1998). Comment développer l'estime de soi de nos enfants. Quebec, Hopltal Salnte-Justlne. Laporte D. (1997). Pour favoriser l'estime de soi des tout-petits. Québec, Hôpital Sainte-Justine. Luneau S. (2004). Valériane. L'affirmation de soi. Québec, Hôpital Sainte-Justine. Luneau S. (2003). Pristi. De la connaissance de soi à l'identité. Québec, Hôpital Sainte-Justine. Luneau S. (2004). Questi. Vivre un sentiment de compétence sociale.québec, Hôpital Sainte-Justine. Luneau S. (2003). Lico. Vivre un sentiment d'appartenance. Québec, Hôpital Sainte- Justine. Luneau S. (2003). Youri. De la sécurité à la confiance. Québec, Hôpital Sainte- Justine. Marneffe, C. (17 juin 2002). Violence verbale à l'égard des enfants : pour leur dire quoi? Communication présentée à la Maison de l'enfance, Louvain-la-Neuve. Sinclair, F., Naud, J. (2003). EcoCPE : Programme de valorisation du développement du jeune enfant dans le cadre de la vie en milieux éducatifs préscolaires. Québec, Editions la Chenelière. Storr, A. (1968). L'agressivité nécessaire. Paris, Editions Robert Laffont. 23
28 Traube, P. (2003). Eduquer c'est aussi punir! Bruxelles, Editions Labor. Université de Paix (2000). Graines de médiateurs, médiateurs en herbe. Bruxelles, Editions Memor. Bibliographie enfantine Norac C., Dubois C. K. ( 1998). Les mots doux. Pastel lutin poche de l'école des loisirs Hening A. (2000). Ça dépend si... Je suis gai, Je suis triste. Hatier. Boujon C. (1997). Le lapin loucheur. Lutin poche de l'école des loisirs. Mc Bratney $., Jeram A. ( 1994). Devine combien je t'aime. Pastel. Damon E. (1995). Tous différents! Un livre animé. Bayard Éditions. Piquemal M., Sanchez V., (2000). La petite peur qui monte, qui monte....éditions Milan. Steiner C., illustré par PEF, (2004). Le conte chaud et doux des chaudoudoux. InterEditions. 24
29 G) Annexes Comprendre: qu est-ce que l agressivité? L'agressivité est un terme qui regroupe les caractéristiques de la personnalité (état, tendances ou prédispositions) qui poussent une personne à s'affirmer. C'est une pulsion de vie qui permet l'adaptation. L'agressivité est-elle un instinct? Il est très difficile de trancher entre les comportements qui relèvent de l'inné et de l'acquis (probablement les deux). En revanche, il est possible d'affirmer que «...Chez l'homme, comme chez certains animaux, il existe un mécanisme physiologique, qui, une fois stimulé, engendre des sensations subjectives de colère et certaines transformations physiques destinées à conditionner le corps à la lutte. Lorsque la colère s'empare des mammifères, le pouls s'accélère ainsi que la circulation périphérique, le taux de glucose du sang et la tension artérielle s'élèvent». (Storr, L'agressivité nécessaire, p. 30). La zone du cerveau qui déclenche ces mécanismes physiologiques trouve son origine à la base dans l'hypothalamus. Cette zone est le siège des réflexes émotionnels. L'hypothalamus se trouve sous le contrôle inhibitoire du cortex cérébral, partie qui s'est développée tard dans l'échelle de l'évolution, et particulièrement étendu chez l'homme. Néanmoins, si le cortex cérébral reçoit l'impulsion d'un danger extérieur, il enverra des messages à l'hypothalamus, le libérant de son contrôle et l'encourageant à agir. Alors qu'elle a souvent mauvaise presse, l'agressivité en soi n'est Ras négative, au contraire. Elle permet de préserver l'espèce. Actuellement, l'argument biologique ne tient plus la route, l'homme ne doit plus se battre pour survivre biologiquement. Mais il est évident que dans la sélection naturelle, l'homme n'aurait pu survivre s'il n'avait été un animal agressif. De plus, certains auteurs défendent l'idée que l'agressivité est non seulement un élément valable pour l'individu humain mais également pour la structure de la société. Les animaux ont des comportements agressifs lorsque: 1) Ils entrent en concurrence avec un autre animal pour la nourriture. Cette agressivité est a priori intra-spécifique. En effet, un semblable qui cherche la même nourriture est plus menaçant qu'une créature dont les besoins sont très différents. Mais ils s'entre-tuent rarement. Ils s'arrangent pour être agressifs sans être destructifs.comment? a) Des conventions interviennent, encourageant la menace et la satisfaction de l'agressivité, mais interdisant le massacre. La plus ingénieuse des conventions est celle qui concerne les conventions territoriales. Au lieu de se battre pour la nourriture, les animaux s'octroient des territoires à l'intérieur desquels ils trouvent de quoi se sustenter. Il n'est pas nécessaire de se battre pour posséder une parcelle de terre, à condition qu'ils puissent communiquer. Le chant d'oiseau aune fonction territoriale. Si la croissance démographique explose, il s'agit d'une menace pour une espèce, qui est normalement régie 25
30 par des systèmes de régulation du nombre d'individus, très complexes. L'agressivité s'accentue si le surpeuplement survient quand même. L'homme réagit également très mal au surpeuplement. b) Même lorsque les animaux combattent, peu d'entre eux mènent à la mort de l'un d'eux. Ils ont mis au point des gestes d'apaisement, qui consistent pour le plus faible à détourner la menace (que ce soit avec les dents, le bec,...) et montrer sa partie la plus vulnérable au plus fort. Au niveau humain, nous avons l'habitude de serrer la main pour vérifier que l'autre ne porte pas d'armes. L'inclinaison de la tête est également un geste d'apaisement qui signifie à l'autre que nous lui sommes soumis. 2) Ils convoitent la même femelle en période de reproduction. Le mâle qui gagne le combat peut approcher la femelle. Il n'est pas prouvé que le plus fort engendre la descendance la plus forte, mais il sera capable de défendre sa descendance face à l'ennemi. 3) Ils veulent la paix et l'ordre par l'établissement d'une hiérarchie de dominance. On voit ainsi un tel ordre s'établir fermement dans un groupe de poules, dans laquelle l'oiseau supérieur a le droit de donner des coups à tous les autres sans en recevoir, et ainsi de suite jusqu'au dernier qui reçoit tous les coups sans en donner. Dans les groupes d'humains, le même phénomène est observé lors de la formation du groupe Individuellement, l'agressivité est une impulsion positive tendant à la séparation et à l'indépendance. «L'agressivité n'est pas du tout nécessairement destructrice. Elle vient d'une tendance innée à grandir, et à maîtriser la vie, ce qui semble être une caractéristique de toute chose vivante» (Clara Thompson, cité dans Storr, p. 73). L'agressivité permet d'assurer à chaque individu la possibilité de devenir suffisamment indépendant pour se débrouiller seul et pouvoir s'occuper de petits en temps voulu. Certains ont pensé que si on donnait ide l'affection aux enfants sans les frustrer, ils ne manifesteraient pas d'agressivité. La suite leur a donné tort, ces enfants sont devenus plus agressifs que s'ils avaient eu des limites. Pour exprimer l'agressivité de façon «normale», il faut rencontrer une opposition, et ces enfants n'en ont pas rencontrée A la féodalité, les hommes étaient classés entre eux, du riche seigneur au paysan, qui devait décharger son agressivité en travaillant la terre. Avec la démocratie, l'opposition d'un groupe de personnes envers un autre qui a des opinions opposées sert d'exutoire à l agressivité. Si la cohésion dur groupe devient l'objectif principal, les principes démocratiques doivent être abandonnes. En tant de guerre, les pays les plus démocratiques viennent à abandonner leurs principes pour faire face à l'envahisseur commun. La population se soumet volontiers à une autorité et, fait marquant, les barrières qui divisent les hommes en temps de paix tendent à disparaître. L agressivité est bien une pulsion qui sert les intérêts d une espèce. Elle a ses 26
31 avantages au niveau biologique. Chez l homme, il est difficile de faire la part entre l inné et les facteurs acquis, mais il est fort probable que l agressivité assume des fonctions très utiles, notamment au niveau de l affirmation et de la construction de l individu et de la société. Pour clarifier une confusion courante, l'agression est la mise en acte de l'agressivité, une invasion du territoire de l'autre. Les comportements agressifs et perturbateurs sont l'une des dysfonctions les plus persistantes chez les enfants qui peut causer des troubles au niveau de l'intégration à un réseau social et au niveau des résultats scolaires. Par le coût personnel, familial et sociétal qu'ils provoquent, il est nécessaire de prévenir efficacement les comportements agressifs fréquents. 27
32 Développement de l'agressivité en fonction de l'âge L'agressivité s'inscrit dans le développement normal. Les enfants y recourent de façon spontanée. Le défi de la socialisation des enfants est d'apprendre à interagir sans agression. Jusu à deux ans Avant deux ans, le jeune enfant est dans la période sensori-motrice. Il explore le monde avec son corps. Plus particulièrement, à partir de 6/7 mois, il commence à tester les réactions circulaires secondaires, c'est-à-dire le cycle action/réaction. Que se passe-t-il si j'appuie sur ce bouton? Et si je tire les cheveux de ma voisine à table? Ex de ce que l'enfant se fait comme schéma mental: «quand je tire les cheveux de Julie, Christine, mon éducatrice, est fâchée et Julie pleure». A ces enfants là, il est intéressant de proposer des jouets qui font du bruit, qui ont des conséquences lorsqu'on agit dessus. Attention de ne pas prêter des intentions agressives aux enfants qui sont en phase d'exploration! Dès que l'enfant est capable de ramper, il déploie un effort pour explorer et maîtriser le monde extérieur. Il va très vite démontrer un intérêt pour être indépendant et pouvoir répondre à ses besoins de manière autonome. A un an, l'enfant commence à faire des colères, à exprimer ses sentiments. L'enfant de 18 à 24 mois va tester ses capacités motrices et tirer, pousser, prendre. Il découvre les conséquences de sa motricité à travers les réactions des autres. Les échanges lui donnent une connaissance de plus en plus précise de la signification de ses actes, de ses postures et de ses vocalisations. Entre un et deux ans, les mimiques, postures et vocalisations exprimées spontanément par le très jeune enfant se chargent progressivement de sens. Il commence à s'intéresser aux activités collectives mais est encore brusque dans ses rapports avec les autres. Entre deux et quatre ans C'est entre deux et quatre ans, que l'on observe le plus de comportements agressifs physiques. 50% des enfants manifestent occasionnellement de tels comportements, et de 4 à13% des enfants utilisent fréquemment les coups, les morsures pour régler leur différend ou exprimer une frustration. C'est vers deux ans et demi que l'on constate un pic dans l'agressivité manifestée des enfants. La plupart des enfants entre en conflit avec leurs pairs de façon physique. Cependant. à l'âge de 3 ans, la majorité d'entre eux développe des comportements 28
33 prosociaux. L'agressivité physique devient un phénomène minoritaire moins fréquent que les comportements prosociaux (Dale F. Hay. Cardiff University. 2003). De 3 à 15% des enfants de cet âge manifestent encore fréquemment des comportements agressifs. Ils ont des comportements impulsifs, opposants, intolérants aux limites et aux délais.et sont en quête d'attention. (Tremblay. R., la violence chez les jeunes). L'enfant découvre le pouvoir du NON et l'utilise abondamment. Il cherche à exercer un contrôle sur son environnement, ce qui peut être éprouvant pour l'entourage. Il s'affirme comme différent de ses parents et construit sa personnalité. Vers deux ans, les enfants évoluent au niveau cognitif. L'enfant passe d'une intelligence sensori-motrice à une intelligence représentative. Il devient capable d'évoquer quelque chose d'absent. Il possède les éléments qui lui sont nécessaires pour penser: il a acquis la fonction symbolique. De nouveaux comportements apparaissent alors: l'imitation d'un modèle en l'absence de celui-ci, le jeu symbolique, le langage. L'enfant reste égocentrique: il explique les événements autour de lui de son point de vue. Le langage est pauvre en contenu, les thèmes sont peu structurés et non reliés entre eux. A cet âge, le langage n'est pas le seul instrument de communication. L'imitation immédiate est le mode de communication prépondérant et constitue un véritable dialogue moteur. Un autre mode de communication passe par les conflits. L'agression n'est qu'une tactique parmi d'autres pour résoudre l'opposition. Ils ont la maturation cognitive qui leur permet d'utiliser des stratégies de résolution de conflits plus sophistiquées ( par exemple le recours à l'adulte, le troc ) L'enfant de 3 ans aime jouer avec d'autres enfants. Néanmoins. il entretient des relations avec les autres qui souvent ne comportent pas d'interactions. Entre 4 et 6 ans Entre 4 et 6 ans, l'enfant commence à exprimer verbalement ses sentiments. Peu à peu, l'enfant transforme les expressions physiques en contenus verbaux. L'agressivité verbale apparaît. L'enfant découvre le pouvoir de certaines expressions qu'il a entendues et les reproduit. Il exprime ainsi sa colère ou il veut faire réagir l'adulte ou un camarade. 29
34 Déclencheurs de l'agressivité Plusieurs déclencheurs peuvent être à l'origine d'un comportement agressif : conflit pour l'obtention d'un même objet (conflit de possession). Pour les petits, tout ce qui bouge est en vie. Un objet seul au milieu d'une pièce est moins attirant qu'un objet pris par un autre enfant! Confrontation au «non» de l'adulte Proximité physique (conflit de territorialité) Attention de l'adulte octroyée à un pair Difficulté à exercer une tâche Attente de son tour -Refus d'un pair 30
35 Les comportements prosociaux sont plus nombreux que ce que l'on croit! Les interactions conflictuelles, même si elles sont plus spectaculaires, sont beaucoup moins fréquentes que les interactions amicales ou affiliatives. Les actes affiliatifs se traduisent par des gestes simples comme offrir un objet, prendre un objet offert, approcher une autre personne, toucher, sourire et même observer. Vers l'âge d'un an, pour entrer en contact avec les autres, les enfants privilégient les signaux à distance comme faire du bruit ou agiter un objet, ou encore observer les autres et leur sourire. Ensuite, ils ajoutent à ce répertoire limité des gestes comme toucher, approcher, ou offrir un objet pour entrer en contact avec les autres et maintenir ce contact avec eux. A quatre et cinq ans, l'enfant pourra s'exprimer avec plus de facilité, car il aura développé son langage. C'est à cet âge qu'apparaissent les cliques, ces petits cercles de trois ou quatre enfants. Savez-vous que : 50 % des interactions sociales entre enfants de 2 ans sont de nature affiliative. Chez les enfants de 4-5 ans, les gestes affiliatifs comptent pour près de 80 % des interactions qu'ils initient. L'imitation et le jeu parallèle sont des stratégies affiliatives que l'enfant utilise pour créer des contacts avec ses pairs. On parle d'affiliation pour désigner une relation affective entre enfants de bas âge parce que les échanges réciproques sont de courte durée. Les conflits peuvent devenir une occasion pour structurer, pour stabiliser les relations dans un groupe, une occasion pour se faire des amis. L'établissement de la hiérarchie de dominance entraîne une diminution de conflits. 31
36 Les mots «congelos» Il y a de ces mots qui me glacent lorsque je les entends. De ces mots qui cristallisent une réalité en la figeant immuablement. Ils tombent comme le couperet d'une guillotine sur le cou du condamné. Non, je ne parle pas des «mots.qui tuent», des cicatrices ouvertes laissées par le blâme ou l injure Je nomme ici les jugements portés sur les enfants et exprimés tout bonnement, sans malice aucune, dans un corridor ou un cadre de porte de garderie. «Ah! Il ne changera jamais celui-là! Je ne vois pas pourquoi Rita se casse la tête pour l aider. Jean-Luc mordait il ya a deux ans et là, à trois ans, il frappe! Il n y a rien à faire, c est un agressif!» Cet étiquetage avance à contre-courant du mouvement progressif de l enfant qui, par définition.est un être en développement. Non seulement ces mots portent atteinte à l intégrité et à l espoir liés à cet enfant mais ils démobilisent l éducatrice qui croit au potentiel de croissance de ce dernier. Rita a. observé la difficulté que Jean-Luc éprouve à entrer en contact avec les autres. Il utilise les coups, pousse, crache son mécontentement. Elle souhaite accompagner Jean-Luc dans la découverte et l apprentissage de comportements prosociaux. Cette démarche requiert du temps, de la patience, de la cohérence, du suivi et du support de la part de son équipe. Elle repose sur la conviction profonde qu être éducatrice, c est assumer le rôle de guide auprès de l enfant. John Bradshaw parle «des maîtres pleins d âme qui, intuitivement, amènent l enfant vers un mode de connaissance élargi.» Lorsque Rita, après trois semaines d efforts éducatifs soutenus, note l émergence occasionnelle d attitudes sociales positives, elle se réjouit. Malgré la rareté de l émission des comportements souhaités, elle a confiance, car ils témoignent du potentiel de l enfant. Rita s enthousiasme des progrès de l enfant mais s attriste face aux jugements des adultes qui cristallisent l enfant dans une image figée «d agressif» Lorsqu un éducateur dit d un enfant «il ne changera jamais», c est son impuissance qu il exprime. Il a abdiqué au mépris des besoins de l enfant. Statuer que l enfant ne change pas, c est nommer un manque de volonté d agir sur la difficulté manifestée par l enfant. C est aussi une irrévérence face au travail d intervention de ceux et celles qui honorent le principe de vie, l élan progressif naturel de l enfant. Croire au potentiel de croissance de l enfant, c est lui insuffler la confiance en soi et surtout enraciner l attachement essentiel à toute relation éducative et constructive 32
37 Le jugement Voici une histoire que Lao-Tseu aimait raconter. Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu'il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu'on lui proposait une fortune pour l'animal, le vieillard répondait: «Ce cheval est beaucoup plus qu'un animal pour moi, c'est un ami, je ne peux pas le vendre»". Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l'écurie vide donnèrent leur opinion: «Pauvre idiot, il était prévisible qu'on te volerait cette bête. Pourquoi ne l'as-tu pas vendue? Quel malheur!» Le paysan se montra plus circonspect: «N'exagérons rien, dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l'écurie. C'est un fait.. Tout le reste n'est qu'une appréciation de votre part. Comment savoir si c'est un bonheur ou un malheur? Nous ne connaissons qu'un fragment de l'histoire. Qui sait ce qu'il adviendra?» Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d'esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. il n'avait pas été volé, il s'était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s'attroupèrent de nouveau «Tu avais raison, ce n'étais pas un malheur, mais une bénédiction». «Je n'irais pas jusque là, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c'est une chance ou une malchance? Ce n'est qu'un épisode. Peut-on connaître le contenu d'un livre en ne lisant qu'une phrase?» Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait 33
38 le nier? Le fils du paysan, entreprit le dressage des chevaux sauvages. L un d'eux le jeta par terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis: «Pauvre ami! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t'ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui t'aidera dans tes vieux jours? Tu es vraiment à plaindre». «Voyons, rétorqua la paysan, n'allez pas si vite. Mon fils a perdu l'usage de ses jambes, c'est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l'avenir». Quelque temps plus tard une guerre éclata et tous les jeunes du village furent enrôlés dans l'armée, sauf l'invalide. «Vieil homme, se lamentèrent le villageois, tu avais raison. Ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi, tandis que nos fils vont se faire tuer». «Je vous en prie, répondit le paysan, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l'armée, le mien reste à la maison, c'est tout ce que nous pouvons dire. Dieu seul sait si c'est un bien ou un mal». 34
39 Emoticônes 35
40 Emoticônes sur doigts 36
41 La météo de mon papa 37
42 H) Notes «prises au vol» L estime de soi L estime de soi, c est un travail de toute une vie. 70% des enfants qui ont un comportement agressif à 3 ans développeront des problèmes de décrochage scolaire, de délinquance, etc. L estime de soi, c est la conscience de la valeur que l on se reconnaît dans différents domaines. Elle a 4 composantes 2 : La sécurité La connaissance de soi L appartenance La réussite Quelques principes Les règles Les règles, c est quelque chose de non négociable, c est quelque chose qui a trait à la sécurité. Elles doivent être : Claires et connues Concrètes, c'est-à-dire sur des comportements observables et mesurables Si possible exprimées en positif Peu nombreuses Pour les tout petits : 5 règles maximum Pour les ans : 10 règles maximum Constantes Evolutives Conséquentes, c'est-à-dire qu une sanction est prévue à l avance en cas de non respect. Congruentes, c'est-à-dire qu elles sont respectées par tous, y compris par l adulte. 2 C est sur ces composantes que seront fixés les objectifs des divers jeux. 38
43 Les sanctions Quand une règle n est pas respectée, la sanction doit suivre Elle sera toujours précédée des sommations d usage Elle s applique à l acte et non à la personne Elle n exclut pas l coute du ressenti Elle est juste Elle est responsabilisante et si possible, réparatrice Elle est réfléchie Elle est suffisamment inconfortable sans être humiliante Elle est sur le même terrain que la transgression Positiver Il faut toujours partir du positif même s il est peu visible, par exemple : si nous demandons au groupe d arrêter et que seuls deux enfants sur dix arrêtent, il vaut mieux féliciter ces deux là que réprimander les 8 autres. La reconnaissance Si je n ai pas de reconnaissance, je ferai tout pour en obtenir même de la négative. «Plutôt être puni qu ignoré» Il est important de souligner le positif des enfants. 39
44 I) Jeux de coopération pour travailler l estime de soi Règles de base Je m exprime en «je», je parle de moi et pas de l autre, j évite de généraliser, je banni le «on» J ai le droit au «stop», j ai le droit de ne pas participer à l activité si je m y sens mal-à-l aise Evaluation permanente du jeu, c'est-à-dire rester attentif à ce qui se passe verbalement et non verbalement dans le groupe. Toujours discuter du ressenti après le jeu : «qu est-ce qui a été difficile pour moi?» «Quelles sont mes limites?» «Comment je réagis devant un blocage?» «Quel monologue intérieur ai-je face à cette situation?» Objectifs A. Ma relation à moi Pouvoir sentir sa bulle, ses limites corporelles Distinguer la détente et la tension dans son corps Mieux se connaître (ses goûts, ses préférences ) Identifier les sentiments vécus Pouvoir contrôler ses mouvements B. Ma relation à l autre Entrer en contact (dire bonjour, se présenter en disant son prénom, toucher l autre sans l agresser ) Demander à l autre si on peut jouer avec lui, demander un objet Exprimer à l autre une frustration : dire son sentiment, dire «non, arrête!» au lieu de taper en retour Reconnaître un sentiment chez l autre Prendre conscience des conséquences de ses comportements sur l autre Trouver des moyens acceptables pour exprimer ses sentiments (aller au coin du loup, se réfugier dans une cabane ) C. Ma relation au groupe Prendre ma place (être assis dans le cercle sans cacher l autre ou sans me cacher derrière l autre, parler devant les autres, écouter ce que les autres disent ) Donner et recevoir, partager 40
45 Vivre du plaisir ensemble, vivre l appartenance Coopérer Quelques jeux La toile d araignée Les participants sont installés en cercle. Ils sont invités à se présenter en disant leur prénom et une chose qu ils aiment. Celui qui prend la parole à une pelote de coton, il la lance ensuite à un autre participant, tout en tenant le bout. En fin de parcours, cela forme comme une toile d araignée. Rembobiner la pelote de coton en rappelant le nom et ce que la personne chez qui on est relié aime J aime Les participants sont assis en cercle. Lorsque l animateur dit par exemple «j aime les chiens», tous les participants qui aiment les chiens se déplacent sur la chaise de droite. Tous les participants qui n aiment pas les chiens restent assis à leur place. La consigne est expressément vague. Certains vont s asseoir sur les genoux de l autre, d autres se frayer une place sur la chaise, d autres encore préfèreront rester debout en tenant la chaise Je vous emmènerai Les participants sont assis en cercle. A tour de rôle, chacun dit «je vous emmènerai» et il cite un endroit réel ou imaginaire auquel il aimerait emmener son voisin de gauche. Puis, c est le suivant qui parle. Variante, «j emmènerai le groupe» Je suis heureux quand Les participants sont assis en cercle. Il manque une chaise. Le participant qui est au milieu du cercle dit alors «je suis heureux quand» par exemple «je me dore au soleil». A ce moment, tous ceux qui se reconnaissent dans «je suis heureux quand je me dore au soleil» se lèvent et changent de place, les autres restent assis. Le sympagramme Assis autour d une table, ou en cercle ; chacun écrit son nom au bas d une feuille, puis donne la feuille à son voisin de droite. Celui-ci inscrit un message positif sur la personne à qui appartient la feuille, puis donne la feuille en pliant son appréciation pour ne pas qu elle soit lue à son voisin de droite, et ainsi de suite. 41
46 La star académy Dessiner grande étoile. Tirer au sot chaque jour une personne différente. Ce jour, c est cette personne «la star» Il faut que chacun inscrive une qualité de cette personne sur l étoile Les dominos Les joueurs sont assis en cercle. Un joueur se trouve un point commun avec son voisin de gauche et un point commun avec son voisin de droite. Puis, c est le joueur suivant qui continue (on tourne par la droite) On commence par des oints communs visibles (couleur des cheveux, yeux, vêtements, etc.) puis on travaille les points communs invisibles (les goûts, les passions, ce que j aime, ce que je déteste, etc.) Moi aussi Ici, ce sont les différences qui sont à l honneur. Assis en cercle, un joueur dit «je suis la seule personne ici à (avoir été à la montagne par exemple) Si dans le cercle, d autres personnes ont déjà été à la montagne, elles viennent s asseoir sur ses genoux. Puis c est le voisin de droite qui s exprime. Soleil me fait penser à Une suite de mots. «Soleil me fait penser à mer», le suivant enchaîne «mer me fait penser à vacances» et ainsi de suite. Jeu de carte truqué Trois tables de 4 joueurs. On distribue un jeu de carte et une feuille contenant la règle. Tout doit se passer en silence. Chaque joueur doit lire la règle. Puis on reprend la feuille et on joue en silence. Au bout de deux jeux, les deux plus âgés doivent aller à la table voisine et on continue le jeu toujours en silence. La règle du jeu est différente pour chaque table mais ça, les joueurs ne savent pas. Le but du jeu est d observer la dynamique. Qu est-ce que je fais pour me faire comprendre? Ai-je compris pourquoi ça cloche? Comment je me débrouille avec ça sans en parler? Mes petites et grandes réussites Le succès ou l échec sont le résultat des motivations et des stratégies mises en place pour réussir. En aucun cas, c est le facteur chance ou malchance qui est 42
47 déterminant. Se rappeler de ses succès favorise l estime de soi. Tenir un carnet de ses petites et grandes réussites. L imagination au pouvoir Compléter le dessin, par exemple : Donner 5 feuilles successivement avec le même dessin à compléter puis, on compare les réalisations avec les autres, quels sont les dessins semblables, quelles sont les différences Un groupe dans lequel je me sens bien Les participants ont d abord amené un objet symbolisant «un groupe où je me sens bien» puis expriment au groupe pourquoi ils ont choisi cet objet. On peut bien sûr prendre tout autre thème. La recette Un groupe prend un thème par exemple «la violence» l autre groupe prend un autre thème par exemple «l entente». Après un remue-méninge sur le thème «quels éléments faut-il pour faire une grosse violence» et pour l autre groupe «quels éléments faut-il pour faire une bonne entente?» Chaque groupe fera un recette dont il tire les ingrédients des éléments donnés. Que de nœuds! Les participants se groupent en cercle tendent les mains en les croisant, en fermant les yeux, vont saisir la main d un autre Puis on défait le nœud ainsi formé. 43
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