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- Delphine Bourgeois
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1 ... '1- Prix du No: 3 frs 1 Revue Mensuelle Illustrée d'informations Marocaines 1 itdateur : Français 1 BERGER ( ) Rédacteur en Chef : Louis DELAU l, Numéro consacre "a 4- t.:1~ 1950\ '1 1, 1 1 '1, t' 1 1,, "",",,, ",,, ~ ' " "".,, " ",, " ", ',", 1 1 " "' ",,, ~, =,, 1, , ---, --,..,, --, --, --.,... -,... ' ~, "1 t l, ~ i Abonnements ~ ~11 an' (12 numéros) 36 francs Administration - Rédaction Publicité 9, Rue Guynemer, CASABLANCA.' Téléph. A Deuxième Année Numéro 6
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5 Revue Mensuelle Illustrée d'informations Marocaines Fondateur: François BERGER ( ) Rédacteur en Chef : Lèuis DElAU Numéro, consacre, a Fès François Berger SOMMAIRE Sefrou Denise R. QUESNEL Les belles pages de François Berger Aux cascatelles de Sefrou Ch. SALLEFRANQUE liminaire Louis DELAU Immouzer Fès la mystérieuse Robert LEMAIRE Chef des Services Municipaux Le tourisme au Nord de Fès M. KAMM Première apparition de Fès Ch. SALLEFRANQUE Moulay-Bouchta, l'amergou Pau! ODINOl Professeur au Collège Musulman Les eaux de Moulay-Yacoub Docteur SECRET Pourquoi je suis devenu Fasi le musée du Batha Notes d'urbanisme les Sports à Fès l'électricité à Fès l'assistance sociale à Fès la galerie des Artistes Fasis Peintres et Sculpteurs Louis KOESTER Président du Syndicat d'initiative Marce! VICAIRE Inspecteur des Arts Indigènes Emile TOULON Architecte M. AMBROSINI Ingénieur Municipal Alain ViZILLE M. KAMM Les relations économiques de la M. ROUX région de Fès avec la Métropole Intendant Général de 10 et l'etranger 2 Section du cadre la vocation agricole de la région de Fès Paul ODINOT la colonisation rurale dans la région A. ISNARD de Fès Président de l'association des cofons de Fès la petite colonisation dans la région de Fès les lots vivriers Albert JOUFFRAY l'arboriculture dans la région de Fès P. GUERY ln coopération agricole à Fès Du Nord au Sud Président de la Coopérative des Fruits et Primeurs M. COMBETTES Président de la Chambre d'agriculture Vignettes inédites de X. COUTOLLE - Photos de Max LEGARÇON, GURTNER, SEXTA et F. AIME [ Le plus fort tirage de tous les périodiques Marocains 1
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7 Francois 1 BERGER Tous nos confrères en ont parlé. Ils ont dit son grand talent, sa profonde bonté d'âme, son indulgence et son désintéressement. Ils se sont plus à reconnaître qu'il avait de grandes qualités. Que nous reste-t-il à en dire? Nous nous bornerons simplement à rendre un dernier hommage au caractère aimable et à la foncière droiture de œlui qui créa " NORD-SUD" dans le but bien défini de faire mieux connaître le vrai Maroc dont le pittoresque l'enchantait. Il fut courageux parce que son oeuvre ne soulevait pas toujours le même enthousiasme qui l'animait. Mais il la réalisa à force de persévérance. Couront d'un point à l'autre de ce pays, pour solliciter des sympathies qui lui furent vite acquises, il parvint quand même à imposer sa foi d'apôtre et c'est ainsi qu'il conduisit ses lecteurs de Safi à Port-Lynutey, de Mazagan à Agadir et à Marrakech et, sous sa conduite. le voyage revélait des aspects insoupçonnés et des charmes nouveaux. Légataires de sa pensée, nous nous efforcerons de poursuivre la haute mission qu'il s'était fixée. Sans lui, ce nous sera difficile; pourtant, comme il le voulait, nous continuerons cette tâche en essayant de donner encore ici, le reflet des rêves qu'il s'acharnait à matérialiser. Car, François Berger, sous des dehors insouciants, était un réalisateur méthodique et patient. Le but atteint, il rentrait dans l'ombre, laissant à d'autres plus habiles, le soin de retirer la gloire et de revendiquer le mérite d'un résultat qu'il avait été souvent seul à déterminer. Son sourire dissimulait beaucoup de scepticisme et de silencieux mépris envers ceux qui ne travaillaient qu'à assouvir de bas instincts d'égoïsme. Pourtant il n'éprouva de haine pour personne et, quand sa critique s'exerça, elle se nuança toujours de bienveillance, marque de sa grande intelligence. Il n'est plus... et nous le pleurons comme on pleure un conseiller très cher. Malgré son absence, sa grande ombre inspire encore nos actes et c'est pour prolonger sa pensée que" NORD-SUD" qui fut son oeuvre, lui survivra dans ce Maroc qu'il a compris, qu'il a aimé, qu'il a défendu et où il repose pour toujours. " NORD-SUD"
8 Numéro 6 Les belles pages de FTallç'ois BergeT François BeJ'ger :l disséminé dans de nombreuses publications périodiques des pages très belles qui méritaient mieux que le succès forcément passager qui les accueillait. Nous les réunirons un jour en un volume, q'ue tous ses amis et tous SE:S admirateurs voudront posséder. En attendant, nol_:s publierons dans chacun de nos numéros une suite de ses articles. Aujourd'hui, nous donnons un Extrait de l'introduction au seul ouvrage édité de son vivant: «Moha ou Hammou lezaïani» où l'on retrouve, outre c~_ forc~ d'expression d'urle pensée p'rofonde, des tableaux de l'histoire marocame qul témoigne de sa grande connaissance d'un pay,$ qui ne lui était p~s étranger. Moha ou Hammou La première fois que je suis arrivé à Khénifra. il Cf a un peu plus de douze ans, il pleuvait" Sous le ciel gris. à travers le rideau de l'ondée, la ville rouge semblait fon dre lentement et couler dans ses ruelles profondes en 'combrées de mulets de bât, des ruelles aux chemins et des chemins au torrent qui dans un grondement sauvage roulait entre les basaltes du sang, du fer et de la boue. Au-dessus de la rumeur militaire assourdie par la boue, ouatée par l'averse implacable les grandes Kasbahs dressaient la quadruple mélancolie de leurs tours carrées blanchies à la chaux, dont la pluie, par larges plaques, faisait tomber le fard. Puis le flot de régiments, de canons, de cavaliers qui nous avait amenés se retira, nous laissant comme des épaves sur le rocher de Khénifra, reliés à la terre habitée par notre antenne de T.S.F. On vit s'égrener sur les pentes du Bou-Moussa le chapelet des flanc-gardes, on vit disparaître vers le col de Ziar, dans les pâturages encore fumants de l'averse, la théorie des mulets de bâts, et les derniers spahis de l'arrière-garde. Le soleil reparut, ses premiers rayons jaunirent les pâturages, et ce fut l'été flamboyant et rouge : rouge la terre et rouge tout ce qu'elle fait ou qu'elle touche, ville, rivière, fleurs, précipices de la montagne. Dans l'accablement des midis cani.culaires. où l'on respirait l'âcre fumée des incendies allumés sur les chaumes par les dissidents, l'ombre mouvante des cigognes s'écrasait aux rives désertes de l'oued et l'atlas lointain vacillait dans le ciel immobile comme une im'ige derrière un brasier. C'est à ces heures qu'étendu aux dalles fraîches d'une kasbah j'appris à regarder les plafonds où la fan taisie des paquerettes et des cyclamens enguirlande, au lond des caissons sculptés, les arabesques délicates de l'art qéométrique de Marrakech, à suivre les jeux de la lumière, tamisée aux vitres multicolores, sur les damiers mosaïques -que Moha fit apporter de Fez pour réjouit la demeure de la femme aimée. C'est à ces heures en core, que, réfugié dans la cave du bureau des renseignements, je compulsais les pittoresques documents, métho diquement rassemblés par l'officier interprète Ben Dao ud, à qui l'on doit la plus grande part de ce que ['on sait sur Khénifra. Dans la journée, au gré des travaux du poste, je relevais les vestiges ou le plan de la ville écroulée. et, la nuit, sur une terrasse, quand la rivière pleurait so us les étoiles, et que le vent frais descendant la ooliée chassait ['air brûlant de midi, nous écoutions quelque femme berbère chanter les mélopées de la montagne où st! fixe comme dans les rhapsodies de nos anciens trouha dours, toute la légende et toute ['histoire, la Geste de la guerre et de ['amour. ~1 «( Moha ou Hammou», édit. «L'Atlas ll. Marrakech)_
9 Numéro 6 NORD-SUD 1 ~/ '1 1 1 lih.. A-.;:-::-.-._ Meknès s'est bâtie au soleil d'une radieuse et verte colline. Elle est née d'un sourire triomphal. Fès, construite au fond d'ull val, entre deux torrents, est une œuvre mystique. Une pensée profonde l'a engendrée, une pensée qui s'est cherché III! refuge méthodique, loin de la mer et des entreprises qu'elle conseille, sur la route qui, aujourd'hui. même et plus que jalliais, relie entre elles les trois Afriques du Nord, ces trois pays d'islam aux regards divergents, l'un qui contemple l'orient; l'autre qui couve la mer bleue, cette mer dont chacull dit: «mare nostrum»; l'autre enfin qui se perd dans les brumes atlantiques. Fès corrige ces discordances. Elle allire invinciblement par le souci qu'elle a de se replier sur elle-même, de ne point regarder au-delà de ces collines qui la dominent sans l'étreindre, qui la limitenl sans l'enfermer. Elle au ire par son immobilité même. Au cœur de toutes les religions' vivaces il y a cette immobilité contre quoi tout se brise et qui, cependant est le c.entre où s'engendre tout nlouvement. Le mjsû're de Rome brave les siècles, les assises rl::. Mur des Pleurs sont la base des ~spoirs d'israël, le miracle de l'inde est eniretenu par l'impassibilité du faqir. Fès, enfin, immobile et silencieuse, est le cœur même de l'isl~m. Quand on la contelll pie aux innombrables détours de ce chemin qui devrait s'appeler non point «le tour de Fès», mais le pèlerinage sacré autour d'une autre Jérusalem, d'une autre «vision de paix» ; quand on la contemple en ces alternatives d'irradiatiolls et d'effaci>ment qui semblent reproduire toute son histoire, on est hanté par l'impression, séduisante et effrajante à la fois, de sa parfaite immo[,ilité. Et pourtant elle est articulée d'une multitude merveilleuse de cellules qui se croisent, se pénètrent comme les alvéoles d'une ruche. On devine la poussée de ses petites maisons vers les petites sources qui drscendent de ses petits horizons. On sent que cette imlllobilité est faùe d'une foule innombrable de petits mouvements, de petites vies, mais t:jus et toutes dirigés sans cesse dans le même but, pour atteindre le même idéal. Comme cette imlllense prière, dans l'enceinte de la Kaulw, iii/passible prosternement de tout un peuple, qui est faite de mille flllmhles prières sorties de tant de pauvres cœurs. La même maison, depuis des siècles, se bâtit à Fès, parce qu'el[" est la maison parfaite. Elle satisfait pleinement ce peuple, elle le satisfera tant qu'il demeurera le plus enclin au plaisù'.<ensuel et le plus raffiné dans ses plaisirs intellectuels. Ainsi sa mais7m demeurf'l'f/ celle cellule idéale où s'enchantent les sens, où se dissont la pointe fluide de l'esprit, cellule idéale parce que s'empressent autour d'elle toutes les tentations de l'orient, l'eau pure des sources, l'ombre parfumée des arbres en fleurs, les fruits les plus fins et la plus étonnante subtilité des femmes; cellule idéale parce que, à travers ces plaisir. sùnples, l'iîme se sent gonflée de sagesse et débordant" de bonté el l'esprit libéré s'élancb suavement vers des spéculations qui ne sont plus de la terre. Eternellement, tant qu'elle restera berbère, juive, andalouse et ara be, Fès bâtira la même maison où aboutiront, par un miracle perpé tuel, les mêmes canaux, où régnera la même douceur de vivre, la même exquise et poétique courtoisie et la même âpreté ù déchiqueter intellectuellement la sagesse d'autrefois et la folie d'aujourd'hui. Si petite qu'elle soit, perdue au milieu des souks et des riads, ceue cellule est un monde. Elle est l'élément complet de la vie de l'ls, lam. Le confort, les provisions, le luxe qui s'y accumulent sont à tnus ceux qui vivent, de leur travail et de leur rêve, dans celle association /amih:ale. Ici l'uniformité a engendré l'égalité, l'égalité du moins devant les besoins élémentaires qui sont les mêmes pour tous, (~u'aucunrhiérarcme ne dasse et ne limite et qui, du pain matériel, s'élèvent Jusqu'à la nourriture la plus intellectuelle. Heureuse et sainte confusion de l'is~lam qui associe, dans une même demeure et dans un train de vie identique le riche et l'esclave, le sage et le fan, comme elfe associe dans l'indivisible unité d'allah l'infinie complication des saintetés, des superstitions, des dévotions qui a germé au parterre des Croyants! A la mosquée des Andalous, à la mosquée de MoulaJ Idriss, p(lrtout où l'on prie, on tend -vers le ciel la paume ouverte des mains suppliantes. Egalité dans l'espérance, égalité dans l'abandon à celw qui est l'ordonnateur et la seule raison des choses. Fès-ville française, pour autant que ces deux termes peuvent s'allier, n'est point, comme illeknès, établie en rivale de Fès musulmane. C'est une conception difficile à définir. Car Fès est, d'un côté, la ('1. pitale incontestée du Moghreb, hors de laquelle aucune domination, aucune unité n'est possible depuis le Draa jusqu'à l'ouergha, de l'océan à l'atlas. Et d'un autre côté, la nouvelle Fès n'est pas la capitale du Protectorat. Elle ne peut pas l'êi,re pare.e que l'occidental, di;:;ne successeur des Phéniciens, mercanti comme eux et bien plus guer rier qu'eux, aime le voisùzage de la mer qui favorise son ambition et lui of/l'l', outre les ressources de tout un monde, la sécurité d'un refuge inviolable. La force de l'arabe est, au contraire, qu'il s'est 1'1 énagé la retraite du désert. Volubilis, qui fut la première pensée de Fès, Moulay Idriss qui en fut l'esquisse s'étaient épanouies l'une ([;.ns la plaine, mais à l'orée de la ll:onlagne, l'autre franchement sous la proteciion des ravins les plus sauvages. Fès el Bali voulut s'isoler ail fond d'un val, dédaigneuse des bienfaits du grand fleuve voisin. Au contraire, la pénétration française est toujours partie de la mer et c'est sur les bords de la mer qu'elle a fait ses principaux établissements. Si c'est à Fès qu'elle a reçu officiellement l'ùzvestiture du flijaghzen, c'est par l'ouest et par l'est qu'elle a progressé, comlll'~ si elle eût attendu un plus grand succès à tenir les portes du Maroc qn"à en occuper le cœur. Pourtant rien n'est changé dans l'articulation traditionnelle du Maroc. Fès en est toujours et plus que jamais le centre nerveux, le c.enire pensant el le centre moteur. On sait bien que c'est là que se nouent et se dénouent toutes les crises. Tous les échecs ont été procurés par la résistance de Fès et aucun couronnement n'a été décisif sans son assentiment. Quand on veut émouvoir, ébranler le Maroc, on fait ('.'~ que les prétendants ont toujours fait, qu'ils vinssent du Draa, de l'atlas, ou du Tafilalet, on regarde vers Fès, on monte vers Fès. Aujourd'hui comme hier, comme aux siècles passés, c'est de Fès que les agifaieurs s'inquiètent, c'est de Fès que dépend le salut de l'empire. Qu'on le veuille ou non, il faudra donc bien que la ville frall,aise de Fès soit, à sa manière, une ville impériale. Comme l'ancienne est représentative de tout ce qui reste de véritable Islam dans le mo/ltle, il faut que celle-ci représente officiellement, par son ampleur, par sa beauté, par le caractère et la dignité de sa population, la France islamique. Qu'elle soit, elle aussi, HADRYA, c'est-à-dire un'! CITÉ, évocation de l'ordre, de la sagesse, de la justice et de la courtoisie. A l'inverse de la ville, de la hedouiya, elle n'admettra point le.< mœurs rustiques du bled: elle sera policée, savante et il faudra bien qu'elle ait aussi son mysticisme. Et c'est ainsi que déjà nous voyons la nouvelle Fès se dessiner fieu à peu devant nos yeux charmés: large, ouverte, claire et fleurie. juais ce qui lui permet de s'hart/wniser avec une Médina serrée, formée, grise et ombrageuse, c'est la jeune gravité qui se dégage dès la première esquisse de ses lignes, c,'est son allure candide et nette, c'.~st, enfin, la fermeté logique et soupli' cependant de son développement urbain. Les vieux Fasis que n'attire pas encore l'efflorescence d'une cité<oute neuve et trop dispersée pour leur plaire, admireront un jour que la France ait su, sans rien renier de son présent ni de ses aspirations d'avenir, modeler la plus récente, la plus moderne de ses création, urbaines sur Fès el Bali, contemporaine de Charlemagne. Ils retrouveront, dans les vastes avenues ombragées, le recueillement et la douceur sereine de leur zanqas humides ; et dans les belles maisons françai,es dont le ciel et le soleil sont les hôtes de marque, ils éprouveront celte liberté du cœur, cette finesse d'esprit, celte séduisante courtoisie, à quoi se reconnaît un Fasi, musulman ou français. LOUIS DELAU.
10 ( Fès, "la,. " mysterleuse Coulée de maisons grises, endiguée de farouches murailles, entrelacs d'impasses tortueuses, pénombre des Souks couverts, cantilènes des norias invisibles..errances énigmatiques du Fassi; mystère de la Cité et mystère des âmes contribuent à étreindre le voyageur d'une étrange émotion. Née de l'islam, vivant dans l'islam, rien d'autre n'explique la Sainte Métropole N ord~africaine. A l'origine deux quartiers, aujourd'hui réunis sur la course d'une rivière et dans ce pittoresque désordre rêve l'immutabilité musulmane et chantent les voluptés andalouses. A la flamme purificatrice d'une piété fervente : ardeurs de Cordoue, fastes de Kairouan, finesse berbère et rudesse saharienne, dans le creuset des remparts. se sont fondus en un alliage précieux. Population pas plus xénophobe qu'ailleurs, un peu hautaine, très fermée, prudente, et parce qu'intelligente et instruite, prompte à la critique, jamais impertinente, toujours un peu moqueuse. Pour peu que ton gagne son estime, son âme effleurée s'apaise et, loin des turpitudes humaines, s'ën retourne réfugier ses rêves sacrés dans la confiance de ses vieilles mosquées. Fez est une dame très vénérable à qui il faut, sans cesse, d'exceptionnels égards, aussi son mystère n'estil pas seul à la rendre troublante. Pour la conduire dans sa prestigieuse destinée. il faut à ceux qui, chaque jour, se penchent sur elle, l'appui fécond de ceux qui, de loin, la dirigent. Robert LEMAIRE. Consul de France H. C. Chef des Services Municipaux.
11 Numéro 6 NORD-SUD Première Apparition de Fès V ".-- Si j'essaye de me rappeler ma première visite à Fès, j'y trouve emmêlé, le souvenir du pet!tt train qui me véhicula par la plaine du Sais où les moissons verdoyantes mais rares étaient encore cernées à l'infini par les touffes plus sombres du doum. Les pages de Loti que feuilletait parfois, au long de l'interminable parcours, ma rêverie inon- chalante, me rèvinrent à l'esprit aussi! fl'aiches et a'ussi délicates que dans la brûlante après-midi de Mai où elles m'accompagnèrent jusqu'à la cité de Moulay-Idriss. Quelques maisons européennes, mélancoliques et solitaires, éparses dans les olivettes argontées et les prairies à demi jaunissantes, m'accueillirent d'abord; puis, par la laide trouée des remparts, j'accédais au Mellah. La traversée de Fès-Djedid,me di?çut : c'était Rabat et sa rue Souika moins animée, plus pouilleuse peut-êtl'e, rien du charme placide et fin de Salé, ~!en de l'ard~ur exalt~nte r! MœrraJœçh. 'Loti et Chevrûlon avp,lent-tls cédé à un ~ain mirage de poésie et d'histoire; la postérité de Chateaubriand et de Taine avait-elle abusé de moi? Il me S'IUvenait des paroles enthous!astes du Maréchal : «Quand vous aurez goûté au philtre de Fès, vous ne voudrez plus qu'on vous maintienne à Rabat. Soyez heureux comme l'adolescent qui s'en va au premier rendez-vous de la bien-atmée». Non. en vérité, je me sentais étrangement loin d"une félicité de cet ordre et Si Abd Pl' Rhaman B... qui m'attendait à Bou-Je/oud dut subir, avec sa merveilleuse courtoisie angevine et musulmane, les importunes jérémiades d'un voyageur lassé, dolent et de la plus noire humeur. Ne prétendait-il point me mener, par les jardins qui longent le~ remparts, jusqu'aux tombeaux des Ben~-Mel'in pour entendre la prière du crépuscule et admit'er le coucher du soleil. II' insista tant et tant que je cédais, tout en pestant contre sa vaosion surannée vour un tableau dont on ~vait rebattu mes' oreilles à Ra' bat et qui, sans doute, ne devait rien apporter de bien ne;';f à qui tant de fois aval!t flté rl-2gardé rjwurir, dans une succession trop douce, trop fondue de gris et de roses, les ultimes rayons du Père du jour sur le. terrasses de Sla. «Laissons là ce fat d'apollon Chions dedans SOn violon»... me surpris-je à murmurer avec une irrévérente verdeur après le vieux St-Amant, au déliwieux guide que le sort m'avait donné. Ils me ravirent pourtant, ces simples jardins où l'olivier de Grèce marie son pâle feuillage à celui des bruissants peupliers atlantiques. Le bordj d'ahmed cl Mansour découpait dans l'azur du crépuscule d'un bleu de plus en plus violacé ses arêtes cré 11e1ées tandis que glissait j~tsqu'à nous, la p/amte cristalline d'un ruisseau. Nous nous rangions, au long des cactus du chemin pour laisser se précipiter la galopade éper: due de quelques ânes bril1queballant. Une 'l'haita soupirait une cant!!lène andalouse. Des formel~ grraves devis(lient avec des gestes lents sous les figuiers ombreux. Des voiles blancs surgissaient timidement des grottes à notre passage car, ici déjà, la Vénus berbère tendait ses filets aux beaux tirailleurs du Sénégal en quête de faciles et longs plaisirs sous les arbres de barbarie. Vers le,. koubbas qui abritent le dernier sommeil des princes Beni-Mérin. les fumeurs de kif. enveloppés de vapeurs odorantes, écoutaient chanter dans leurs naïves cages de roseaux, les serins dont raffolent les bourgedts de Fès. Nous nous hissions par d'impossibles sentes ravinées, vers le fort Chardonnet mai,~ je savais déjà que tant de verdures était un généreux loyer de mes peines... Offensives douceurs de ce crépuscule de Mai, m"urtrière. délices à qui il nous fallut succomber. La Vega de Fès s'étalait là, dœ',,~ la conque que lui a amoureusement sculptée l'oued jusqu'au sineux ruban du Sebou dont on pressentai!t, dans les brumes du soir,. à onr, ne sait quel éclat mystérieux, l'humide pré Rence. Les remvarts vétustes de l'a'ntique ville dressaient ïeurs créneaux au-dessus des: vergers et des vols de ramiers allaient mollement s'y percher. La médina aussi était là, si proche qu'on en entendait ju qu'au tintement des clochettes des porteurs d'eau; là, avec ses terrasses peuplées de femmés vêtues de couleurs si tendres qu'elles semblaient les figurantes d'un voluptueux opé~ ra orielntal; là, avec ses continuels minarets; d'où allaient s'envoler les murmurations 'rituelles du soir à la veix grave des muezzins.. Majesté d'un Islam millénairement pareil à lui-même, ombrageux et pur comme au temps des Idriss!des, subtil et raffiné comme aux jours d'ibn Tofaïl ou du Sultan Noir. vierge encore de l'inquiétude de l'occident qui déjà le ronge au Caire ou à Damas; la Ville, quasi inviolée derrière ses âpres mura'!ues, en tirait une beauté tout ensemble si pathétique et si sereine. Nous avons depuis, de toutes les colline.';' qui étreignent Fès, du Zalagh dont tant de fois les aubépines et les jonquilles nous accueillirent au déclin du jour, des térébinthes sacrés de Sidi Ahmed Bernoussi, dans la racaille d'lm paysage d'une élégance et d'une '""tteté tout hellénique, contempler sur Fès bien des crépuscules aux multiples et diver ~e.o bertutés sous les cieux mouillés et les grtsjade de l'automne, dans la clarté accablante de Juillet ou la grâce d'un jeune Printemps, mais ce premier crépuscule demeure étrwl1 gement vif dans notre mé'j1'looire. Hélas! Que ne sommes-nous un Renoir,.. pour, religieusement, en fixer sur la toile les' évanescentes splendeurs! Petit dlmetière die Sidi Ali Mzali qui abrita notre première meditation, on ne peut plus aujourd'hui t'atteindre par le pittoresque chemin qu~ montait vers toi de la mosquée de Bab Guissa; 'Joici que s'ouvrent, dans les murailles 001«/me affreuse fontaine s'adosse à celle-éi cl
12 NORD~SUD Numéro 6 brées des séculaires demeures, des fenêtres. La vie sans doute l'exige; l'animal hltmair" même musulmwh",éprouve comme l'ophtdief<, le besoin de changer de peau. Trois etqll~atre fois vain et d'une bien courte sagesse, qut -~. prétend s'y opposer. Petit cimetière de Stch A!i Mzali où, en dépit du conseil de Toulet, «Parles tout bas, si c'est d'amour Aux bords des tombes». je récitais à,mon indulgent çompagnon un.fihazel de Hafiz, je regrette' néanmoins la sente qlti me mena à tes tertres funèbres, car,c'est de toi que, le cœul' me battant comme aux corybantes, je partis pour dégringoler dans la nuit d'une douceur de miel et de lait, vers Zekak er Roumane et la place Nejjarine dont le noble fondouk n'était point alors assiégé des viles boutiques d'aujourd'hui et faisait tant songer à la patricienne Venise.., ' Les ténèbres régnaient dans la ViUe, ame 'nant avec elles je ne sais quelle animat'!on joyeuse, quelle irrésistible a!légresse orientale. Les boutiques lilliputiennes débordaient de discussions sonores, les ânes vous hellrtaient avec une merve'tlleuse candeur la 'course d'un esclave haletait derrière la :nu :le replète d'un notable qui gravissait le Taia, et partout cette étonnante odeur de cèdre qui désignerait Fès cl un aveltgle. Parfois cl 'lm carrefour moins éclairé, une lune mytho.logiquement voluptueuse découpait cl vos pieds les treillages et les feuilles des vignes qui les tapissent. Tout paraissait irréel, d'u -ne Î1-réalité fabuleuse et fantomatique, ma -promenade me semblait interminable, mel" veilleuse et impossible. C'étcùt cela une nuit de Fès. C'était ~ela! Lentement, pal'esseusement, amoureusement il m'a été depuis donné d'apprendre cl épeler cet in-folio, mi-andalou, mi-coufique <qu'est Fès; je sais que, sous ces, gracieux ca "l'actères arabes dont l'élégance me séduisit de primesaut, il y en a de persans et de latins, peut-être de puniques et sans doute de berbères ma'ts je regl-ette mon' ignorance d'a.ntan, ma maladresse d'adolescent qui ne savait commqnt aborder la neuve bien-ai '!née. Je regrette d'y voir autre chose qu'une vi!le miraculeusement conservée du moyenâge oriental dans l'un des plus beaux pay,~ages de' l'univers. Chers amis musulmans cl l'hospitcilité trop généreuse, qui guidcites mes premiers pas, qui m'avez en.sëtgné la poésie et les musiques de Fès, qui m'avez révélé se,s sortllèges mystiques et sensuels et qui m'avez persuadé qu'après dix ans de séjour parmi vous, je ne sais quasi rien ni d'elle, ni de vous, pardonnez-moi de revenir avec complaimnce sur la première apparition de votre ville au voyageur. Etrangement et subtilement, il eut dès lors le cœur cl jamais capté, quelque part entre les peupliers du sentier de Bab Mahrouk et les koubbas des Beni-Mel'in" vers l'heure de la prière dn saltr. Ch. SALLEFRANQUE, P1'Ofesseur au Collège Musulman Pourquoi je Vous me demandez ce qui fixer à Fez. Mon Dieu, c'est deux mots. SUIS devenu m'a décidé à mon âge, à venir me bien simple; voici l'histoire.0:1 Fatigué d'aller passer les mois d'hiver soit dans les Pyrénées Orientales, soit sur la côte d'azur, séjour obligé pour ménager une vieille bronchite tenace, je me décidais, en Novembre 1927, à accompagner un ami qui se rendait au Maroc. Naturellement avant de partir je vais voir mon médecin, pour le mettre au courant de mes projets. «Surtout pas d'imprudence, me dit ce docte personnage, vous savez que vos bronches sont faibles. Vous ne maintenez votre fanté que par des soins constants, étant tous les ans justiciable de traitements sérieux. Nous avons essayé tour à tour les traitemens d'été à Luchon, La Bourboule, les Eaux-Bonnes. L'hiver ; -le Vernet, Amélie-Ies-Bains, etc... Après chaque cure nous constations une amélioration certaine, mais chaque hiver, va te faire; fiche! cet e sacrée vieille bronchite fait des siennes et c'est à recommencer. Cette fois vous allez parcourir des climats cert,;inement chauds, mais les variations de température ne peuvent t'li être que plus traîtresses. Attention! je vous conseille de vous méfier, à la moindre alerte collez-vous au lit, ventouses et appelez un docteur.». Je n'avais garde d'oublier ces paroles empreintes de la sagesse la plus classique mais je fis heureusement, sans inconvénient, mes déplacements, visitant les principales vill~s du Maroc : Casablanca, Marrakech, sur le chemin du reto\lr Rabat, Meknè,., enfin Fez, où j'allais prendre, à la poste les lettres qui m'y nt tendaient. Brrr!. Les nouvelles que je reçois de France sont pllltôt fraîches. On me signale une recrudescence de froid tandis Œu'ici je dépouille mon courrier, tout en prenant mon petit déj~uner dans ma chambre, fenêtre grande ouverte, innondée de soleil dès le matin. Charmé, pénétré d'un bien-être évident, séduit par l'ambianc'e unique de cette vieille cité musulmane, je différais de jour e'l jour mon départ, si bien que les signes enchanteurs du printemps 'surgissaient brusquement, alors que le calendrier eul"0péen marquait encore l'hiver. Il me parut paradoxal d'abandonner,ill éden, pour une rive lointaine où je savais que sévissaient encore les coups de mistral tranchants comme la glace. Un séjour prolongé dans cette ville si merveilleusement située, vous permettant de longues flâneries, peut seul vous rend~e à même d'en saisir toute la simple beauté, d'être pénétré du charme qui s'en dégage,. d'être ému de la splendeur d'un ciel empruntant, suivant les heures qui fuient, toutes les nuances les plus diverses que pourrait comprendre la palette du peintre, passa:\t du rof'e matinal aux bleus éclatants du jour, pour mourir dans l'or et la pourpre du couchant. Toute la gamme de violets, voiles de la nuit, couvre petit à petit l'horizon, nous laissant rêveurs, no 1re pemée errante s'envolant vers des contrées moins favorisées à la nat~re inclémente où d'autres mortels s'agitent, transis de froid dans le noir crépuscule d'un hiver rigoureux. Mais Jout a une fin. Obligé de reprendre la route, je débarque à Sète én fin mai et quelques jours après je vais VOIr m::>n médecin. Il m'examine et brusquement : «Voulez-vous savoir ce que je pense? Pour cet été ::Illez où cela vous chante; pour cet hiver et les prochains, si le cœur vons en dit, fichez-moi le camp à Fez. Voilà désormais tout votre tr:!! tement.» Ce conseil méritàit d'être suivi, il ne constituait pas, loin de là, une pénitence, et je suis à l'heure présente, à cinq ans de di, tance de ma première venue au- Maroc, presque à la même époqec, à ma table, fenêtre ouverte, où je viens d'écrire ces quelques lignes dans une atmosphère ensoleillée. Je viens d'ouvrir une lettre venant, de Sète, en date du 2 février 1933, je lis :«Il fait un froid de canard. Les canaux sont gelés, ainsi que les étangs. 8 degrés au-dessous..» Inutile de pousser plus loin. Conclusion : voilà pourquoi je suis devenu Fasi. Louis KOESTER Président du Syndicat d'initiative. fasi
13 Numéro 6 NORD-SUD Les richesses artistiques (le Fès li:lllii'll'lilllll!llllllllllllll!lllltlllllllllllllll1llllllllllllllllllllllllll!llllllllllllllllllllllllllillliii ! ' LE MUSÉE DU BATHA Fès, la ville impériale, capitale intellectuelle, berceau des arts et des lettr2s, cité la plus riche du Maroc en monuments, en souvenirs, en traditions, constitue non seulement un a~trait touristique de grande valeur et rare au monde, mais aussi un centre remarquable pour l'étude de l'art hispanomauresque et son évolution dans l'architecture ainsi que de nombreuses petites industries heureusement conservées. Fès est un véritable musée vivant pour qui y peut flâner, s'y perdre dans le dédale des ruelles, des souks, des innombrables ate_ liers et les échoppes des marchands. Une promenade dans Fès est un m2rveilleux voyage dans le ~assé; ces corporations d'artisans, groupées par quartiers, n'ont guère changé depuis des siècles plus que leur cadre ; tel métier en usage au Mellah évoc).'u c' 12s tisserands de Babylone, et une foule debibelots, pourtant neufs, paraîtraient eux aussi d'un autre âge si la qualité du décor, l'harmonie des couleurs, le soin apporté à leur exécution ne révélaient souvent une décadence. La tradition a gardé à Fès bien des techniques abandonnées_ ailleurs depuis longtemps, mais nombre d'éléments décoratifs r2copiés, inconsciemment déformés, transmis de maître à élèves depuis des générations, ont perdu leur caractère et sont parfois même méconnaissables. L'étude de ces techniques; de l'c)rigine et de l'évolution des ornements liénéralement employés étant à la base de 1; rénovation des industries décoratives, le Service des Arts Indigènes, dès sa création, s'est efforcé de rœueillir les spécimens les plus variés, les plus typiques et les plus rares de l'ancienne production locale et régionale. Ces collections, réunies au Batha, constituent actuellement une excellente documentation, également appréciée des archéologues, des touristes et des artisans. Le cadre sobre, mais grandiose, du palais édifié par les sultans Moulay Abd El Aziz et Moulay Hafid, ne pouvait mieux mettr-2 en valeur ces souvenirs du passé, dont certains affirment la richesse et la perfection souvent atteintes par l'art marocain. Des bois sculptés du XII'-, XIII'" et XIV' siècles nous offrent une magnifique floraison dont la stylisation et le rythme de la composition sont remarquables; une porte de marbre du XVI" siècle nous révèle la grâce des tulipes, des œillets et des palmes inspirées de l'orient; céramiques bleues ou polychromes, ceintures brochées, étoffes tissées de soie et d'or, broderies au pstit point, bijoux rehaussés d'émaux et de pierreries, témoignent du luxe et du raffinement des intérieurs fasi. La salle d'armes apporte au milieu de tout cela une note un peu sévère et rébarbative au premier abord ; elle contient cependant dics pièces curieuses et rares autant qu'hétéroclites, dont beaucoup proviennent de la collection de Moulay Hassan. Les arbalètes y voisinent avec des mitrailleuses, de's tromblons trapus à large bouche avec de longs fusils riffains; quant aux canons ou aux La salle des céramiques mortiers, certains furent offerts par d'autres souvuains aux sultans du Maroc, en témoignage de grande amitié. La cage du Rogui bou Hamara, çuelques étendards et drapeaux évoquent le souvenir de l'ancien Maghzen et les premières étapes de la pacification. L'art bzrbère '<Ent ajouter à ces coliections son originalité avec la fantaisie de ses tapis, de ses bijoux, de ses poteries rudimentaires et n8ïves, mais aussi pleines de charme. L'intérêt que présente le musée du Batha, jeune encore, mais déjà un des plus beaux du Maroc, ne fera que croître avec le temps, l'évolution des mœurs, des coutumes et, souhaitons-le aussi, par la découverte de nouvelles richesses encore ignorées. Marcel VICAIRE, Inspecteur des Arts Indigènes. Le ccitactè1'e mode1'ne de Fès ti?nt au bon golît des pa1'ùculie1's qui y ont fait édifier cl2s il1'lmeubles à l'a1'chitectu1'e soignée ainsi qu'en témoigne la coqu:ette villa de M. Moïse Lévy, Di1'ecteu1' des G1'ands Moulins Fassis. Le plan en a été dl'essé pa1' M. Boye1' etle8 Gmines Vita ont pou1'vu à la déco1'~tion fic- mie du jm din. On a. ain.'ù un modèle d'habitation collf01" table et luxueuse aussi sob1'ement élégante dans son économie inté1'ieul'e que dans sa façade aux lignes classiques. (Photo F. Aimé. - Fès)
14 NORD-SUD Numéro 6 NOTES Nous ne saurions causer de la nouvelle cité de Fès sans adresser avant tout un respectueux souvenir à son aïeule Fès-Médina, la capitale indigène, religieuse et universitaire. Très humble, elle s'est blottie entre le Zalagh qui l'abrite des vents du Nord et les collines de Dar-Mahrès qui la bordent au Sud. Grâce à la route du Tour-de-Fès, qui la c~ntourne en chevauchant ces collines, on commence par la deviner cachée par un rideau de verdure; à l'entrevoir grâce à quelque brèche dans les remparts ; puis, après avoir dépassé les ruines des Mérinides, on la domine, on la possède toute en une vision impressionnante. D'autres diront son charme. De ce magnifique balcon, notre regard se portant vers l'ouest, découvre la cité neuve aux immeubles imposants, la vill= européenne de Fès, où nous revenons en longeant le Mellah aux pâtés de maisons très diversement colorées. Nous n'oublierons pas en passant la vieille place du Commerce qui fut le premier centre où les Européens commencèrent à construire et à commercer avec les villes anciennes. Plate-forme qui relie les deux centres et qui, après avoir été un lieu d'une activité fébrile, véritable gare des cars desservant toute la région, a perdu de cette activité au fur et à mesure du développement de la ville européenne, tout en restant pourtant un lieu de trafic très important. Par le large boulevard Moulay-Youssef, nous abordons les plus importantes et les plus récentes constructions de la ville neuve : la place Gambetta, carrcfour de notr~ belle avenue de France, de la route de Taza et du boulevard du 4'-Tirailleurs. Nous voi là bien loin des rues sinueuses et ét.>:oites de la Médina : devant nous, en ligne droite, 1 kilomètre d'avenue, 85 mètres de large. C'est l'avenue principale de notre ville européenne. On sent, en arrivant ici, la main du maître urbaniste Prost qui en conçut b tracé. Nous voyons très bien, dominant et clôturant cette avenue, le futur Hôtel-de Ville qui' doit être construit là, parce que tout dans l'étude de ce plan y conduit. La place Galliéni est, en effet, dans le plan d'en semble, le centre de gravité de la ville. La forme même des parcelles administratives qui l'entourent font sentir qu'elles ont été conçues dans l'esprit d'encadrer l'immeuble qui doit en être le plus important et le mieux placé. Fès a-t-elle une architecture qui la caractérise? Fès est certainement - nous en sommes persuadés - l'une des villes du Maroc où l'on a construit avec le plus de simplicité, de sobriété dans la décoration extérieure. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Il existe, comme dans toutes nos villes, d'anciens quartiers dont nous déplorons tous l'existence; pourtant, ne nous en inquiétons pas trop, à la cadence où le temps les grignote, ils auront tôt fait de disparaître. Félicitons-nous aussi de leur fragilité. On a ainsi évité, à Fès, ce style néo-mauresque, dont on a tant abusé, par contre, dans d'autres régions de l'afrique du Nord; c'est heureux. Laissons les minarets aux mosquées indigènes, où ils ont leur utilité et leur charme, et cherchons d'autres motifs d'architecture pour nos gares, nos hôtels des postes, ou nos hôtels de ville. Respectons le caractère des villes indigènes : c'est 121 l'un des rôles importants qu'a remplis le Service des Beaux-Arts, mais respectons aussi te caractère de nos villes européennes, où nous ne devrons trouver que de la simplicité et de belles proportions. Usons des jeux d'ombre et la belle lumière marocaine se chargera du reste. Emile TOULON, Architecte. D'URBANISME Habitation d'un Contrôleur. Civil, Chef de circonscription à Fès Un hall d'entrée de villa (ameublement Adour-Sebou) Immeubles Nord-Auto et Koester (construit par!a Société Marocaine des Grands Travaux)
15 Numéro 6 NORD-SUD Une belle réalisation architecturale, a Fès Nos lecteurs auront, pour la plupart, reconnu dans les clichés que nous publions cicontre, le majestueux immeuble des Compagnies L'URBAINE dont un grand nombre de publications ont déjà popularisé l'image. Sur l'emplacement choisi en 1928, avec un rare bonheur et un sens aigu du développement tout prochain de la Ville Nouvelle, par M. Armand MAY, Directeur Général du groupe des Vue de la taçade principale UR BAI NE, le talent créateur de M. BOYER, j'architecte CasablancOis réputé, a élevé, avec le concours des meilleurs entrepreneurs installés au Maroc, un bâtiment qui, par sa conception originale, sa masse puissante et les installations de suprême confort dont il est doté, s'est imposé à l'intérêt et à l'admiration de tous. Cette magnifique réalisation qui constitue pour le groupe des URBAINE, un placement à long terme est une preuve de la confiance des dirigeants de ce groupe, dans les destinées du Maroc où il s'est acquis une situation de tout premier plan. Vue plongeante d'une cour extérieure
16 NORD-SUD Numéro 6 L'Aviation Civile à Fès FEZ, capitale du Nord, possèdl~ un Club de TO'J,'jsme AérièG, en plein essor. Fondé en 1931, ce dernier a fait de nombreux adeptes. Actuellement le Club dispose d'un hangar immense cn padait état pouvant abriter une vingtaine d'avion de touri:,:me. Il a un chef-pilote mécanicien et un aide-mécanicien appointés. Le Club de Tourisme Aérien de Fez, dispose d'un Pavillon «Club House» avec bar, salle de café, salle de réunions, apparlement du chef-pilote. Une cabine téléphonique y est à la dispo,.. j tion du public. Le Général VUILLEMIN Commandant l'aéronautique au Maroc grâce auquel le Club de rourisme Aérien de Fès connait une prospérité sans cesse grandissante. M. BELLOT des MINIÈRE:5 Président d'honneur personnalité des plus estimées 0 Fès où il apporte un inlassable 0 toutes les manifestations de la vie Iocnle., dévouement Notons en paseant que ce chalet est édifié à proximité du hangar sur un terre-plein qui domine la vieille et prestigieuse Médina. C'est un coin sympathique, très aviation et très avec entrain. chic, où l'on vole No:ons également!!ue le Club Aérien de Fez a son siège social, place Lyautey, dans l'immeuhle de L'Urbaine, «le Building de Fez», facile à trouver. Enfin, pour terminer, donnons la lide des Membre,; du Comité actuel auprès desquels les nombreux touristes aviateurs pourront avoir tous renseignements concernant leurs déplacements au Maroc et en particulier dam notre belle ville de Fez. Président: M. THOMAY Gabriel, place Lyautey. Vice-Présidents: M. DEBELLE et PARROT. Secrétaire-Général : M. DELAYE Georges. Seerétaù'e-adjoint : TOLELA Robert. Trésorier général: DELRUE Gaston. Administrateur délégué : M. HEYBERGER Paul. Assesseurs: MM. FAURE, ROBERT, LARROUY. M. THOMAY le sympathique et très actif président du Club de Tourisme Aérien de Fès Touriste", venez à Fez en avion, vous y trouverez presque tou' jours un ciel clément, bleu et ensoleillé et, soyez-en persuadé d'avance, un accueil charmant qui vous facilitera votre :,:éjour. P. S. - Le Club de Fez, compte actuellement six appareils dont deux lui appartenant et quatre à ses membres.
17 Numéro 6 NORD-SUD LES SPORTS A FÈS Le sport dans ses multiples branches est très goûté dans la capitale du Nord du Maroc. Toutes les semaines, des manifestations sportives sont organisées par les sociétés locales. et le public faesi ne boude aucune de ces réunions. A quoi attribuer cet engouement Eans cesse croissant? Probablement à ce que la Municipalité, faisant preuve de clairvoyance, a doté la ville d'un stade permettant la compétition sportive dans les meilleures' conditions de régularité et de confort. En effet, le parc des sports municipal devenu stade Lucien-Saint, en témoignage de la sympathie que M. le Résident Général porte à la ville de Fès, présente ses aménagements avec des caractéristiques nettement sportives assurant à l'athlète la mesure rigoureuse de ses performances et l'homologation de toute épreuve. Ce stade a une superficie d'environ 6 hectares; son emplacement a été judicieusement choisi, en pleine ville, à proximité de la grande gare et tout contre le Lycée. D'un accès très facile par de larges avenues : l'avenue des Sports, l'avenue de la Gare et le boulevard Paul-Doumer, sa situation en assure la fréquentation par tous les sportifs et même par le public en général qui en a fait un but de promenade. Les aménagements réalisés à Ci; jour sont un terrain de jeux pour le foot-bail association. le rugby et le baskett, une piste de courses à pied, des tribunes, un stand de tir, deux courts de tennis, une piscine, un baesin de natation pour enfants et des plantations. Sont en voie de réalisation, un troisième court de tennis, un pavillon d'éducation physique, un pavillon salle d'escrime et les gradins de la piscine. Une grande allée centrale plantée d'oliviers et de palmiers canalise la foule vers la manifestation choisie et permet le dégagement rapide du stade les jours de grosse affluence. Le terrain de jeux est parfaitement aplani avec une légère pente de 0,005 par mètre vers l'un des grands côtés du rectangle. Il a été semé de chiendent, le gazon (ray-grass) n'ayant pas donné satisfaction. Ce terrain est ceinturé d'une piste de course:s à pied qui a été particulièrement sol gnée. Elle est rectangulaire avec deux virages en forme d'anees de panier; des bordures en ciment la limitent. Elle a exactement 400 mètres de développement mesuré à 0 m. 30 de la bordure intérieure et comprend quatre couloirs de course de 1 m. 50 de largeur. Sa constitution est la suivante : une couche de caillasse de 0 m. 15 pour fondations, une couche de mâchefer brut de o m. 10, du mâchefer tamisé (0,10) et la cendrée. Elle est ainsi rendu~ souple, perméable, et d'un facile entretien. Les virages sont légèrement surélevés (0,30). Particularité intéreesante : elle peut servir pour courses cyclistes depuis que la démonstration en a été faite par les populains champions Charles Pélissier, Antoine Magne et Di Paco. Le plongeoir Des tribunes en béton armé contenant places assises et une spacieuse loge pour les officiels permettent aux spectateurs de suivre confortablement toutes les évolutiorls sportives. Aucun pilier pour gêner la visibilité; la toiture en porte à faux de 9 m. 50 de longueur est reliée à des consoles à section variable et tracé parabolique. Sous les tribunes sont aménagés : vestiaires avec douches individuelles, salle de massage, infirmerie, vestiaires pour arbitres, buvette et logement pour surveillant du stade. La piscine, tout au mcins pour le bassin, est, quant aux dimensions, la reproduction de celui des Tourelles de Paris, avec quelques perfectionnements tels que celui de la rigole d'absorptic..l du relnous et du trop plein, qui court sur tout le pourtour. L: radier est à trois pentes : la première sur 17 mètres, forme le petit bain avec hauteur d'eau variant de 1 m. 25 à 1 m. 75; la deuxième, sur 23 mètres, correspond au bassin de water-polo; enfin, la troisième pente, sur 10 mètres, forme le grand bain pour plongeons, la hauteur d'eau variant de 5 mètres à 5 m. 40. Un plongeoir ienbéton armé oomporte trois plateformes pour plongeons à 3 mètre" 5 mètres et 10 mètres de hauteur. LA PISCINE. - Grâce à elle, la ville de Fès n'a rien à envier aux villes de la côte puisque toutes les évolutions nautiques sont permises dans cette masse liquide qui tenterait le plus timoré des nageurs, La piscine est alimentée avec dè l'eau potable de la ville; le remplissage du bassin (2.800 mètres cubes) se fait en huit heures
18 NORD-SUD Numéro 6 Sportive de Fès; deuxième champion, l'a. S. P, T. T. de Fès. Enfin, les deux courts de tennis aux dimensions réglementaires (coupe Davis) se sont révélés insuffisants pour satisfaire les nombreux tennismen fassis. Un troisièmè court est en construction et l'emplacement de deux autres est réservé sur le plan générai. Un autre aménagement important en cours de réalisation, c'est l'installation de l'électricité, en particulier autour du grand bassin en vue de réunions nocturnes à organiser cet été. /- En résumé. la Municipalité de Fès, en réalisant le stade Lucien-Saint, a permis à tous les sports de se manifester brillamment. Le succès doit récompenser cet effort, et si les sportifs militaires de Fès y ont d~jà bien répondu en glanant de nombreux lauriers dans les diverses compétition, organisées pour le Corps d'occupation, nul doute qu'avec un peu d'union l'éiémsnt civil en fasse autant et ne s'impose a:.l premier rang dans la vie sportiv2 :lu Maroc. LE STADE MUNICIPAL. - Tous les sports y ont leur emp:acement réservé. Les enfants 'èux-mêmes n'ont pas été oubliés puisqu'un bassin nautique a été créé à leur intention. Ils pourront s'y ébattre en touie sécurité, AMEROSINI, Ingénieu:i..'" mun:c~pal. et sa vidange en deux heures et demie, tout en servant de chasse d'eau à un égout collecteur très profond qui passe à proximit.? Ainsi le renouvellement total de l'eau du bassin peut se faire en une nuit. Une canalisation de 60 millimètres renouvelle en permanence l'eau de surface qlü, par la rigole du trop-plein, s'en va irriguer les nombreuses plantations du stade. n y a lieu de sil:~naler tout particulièrement le bassin de natation pour enfants (18 mètres sur 10) avec plage de sable et bain de soleil. Au cours de l'été dernier, 77 enfants ont appris la natation. C'est un résultat qui sera certainement dépassé cette année. Quant au stade de tir, aménagé en tranchée avec pare-balles, son utilité est largement démontrée par le classement des cluls locaux au dernier concours de tir organisé entre les sociétés sportives du Maroc: premier champion toutes catégories, l'union LA TRIBUNE ET LA PISTE. - Les athlètes trouveront au Stade Municipal de Fès la plus confortable et la plus réglementaire des pistes tandis que le public pourra suivre les compétitions sportives. dans les meilleures conditions de visibilité, Crédit Foncier de' l'ouest Africain,.., Le Crédit Foncier de l'ouest Africain a été constitué en n dispose d'un capital actions de 55 millions de francs et obligations de 60 millions de francs. Son Conseil d'administration qui comprend diverses personnalités coloniales est présidé par M. Emmanuel Rousseau, Administrateur de C. F. de France, vice-président de l'union des Mines. Cette Société par la r.ature de ses diverses opérations a été appelée à jouer un rôle utile dans les colonies où elle exerce son activité. Par ses prêts, elle facilite àux particuliers le développement de leurs entreprises et elle aide les collectivités à réaliser des travaux publics que leurs disponibilités budgétaires ne leur permettent pas d'envisager. Par ses constructions, elle contribue à embellir les villes et à faciliter les travaux d'urbanisme des municipalités. Elle a réussi également peu à peu, au Sénegal notamment, à améliorer les conditions d'habitat de l'indigène, problème auquel l'administration apporte à juste titre lm intérêt tout spécial en raison de l'importance prinlordiale de la question. principalement au point de vue de la santé publique. Aux Agences ouvertes en 1928 (Fès, Da.. kal', Abidjean), se sont ajoutées en 1929, CElles de Brazzaville et de Doukkala, puis en février 1930, celle de Casablanca. Le Crédit Foncier de l'ouest Africain ne pouvait En effet rester indifférent à l'effort considérable de colonisation accompli au Maroc et se devait d'y collaborer activement. C'est ainsi que le volume de ses prêts dans le protectorat représentait au , 46 % de la totalité des opérations hypothécaires de la Société. La formule très souple de prêts à la construction - expérimentée avec succès par une Société sœur, le Crédit Foncier d'indochine, dans notre grande possession d'extrême-orient - a permis à de nombreux propriétaires disposant d'un terrain mai~ de!,ossibilités financières insuffisantes, d'édifier de nombreux immeubles de toute importance. Par la position de ses Agences judicieusoment établies aux points vitaux du Maroc, Casablanca. capitale économique et Fès, capitale du Nord, son rayon d'action s'étend sur tout le Maroc de Marrakech à Oudida. Ses moyens puissants l'autorisent à étudier' et, le cas échéant, grâce à son organisation, à traiter rapidement les. opérations de quplque ordre d'importance ou'elles soient A Fès. le Crédit Foncier de l'ouest Africain, fidèle au but qu'il s'est imposé ne s'est pas contenté d'apporter sa part de contribution au développement vraiment sensationnel de la ville nouvelle en distribuant le crédit aux bâtisseurs, mais aussi en exécutant pour son compte un programme de construction de grande envergure consistant dès maintenant en trois grands immeubles de rapport qui constituent une des plu& heureusss initiatives tentées dans la capitale du Nord. Situés Boulevard du 4e Tirailleurs, - 'artère qui relie le cœur de la ville nouvelle au Mellah et à la Médina - ces immeubles sont exclusivement à usage de commerce au rez-de-chaussée et d'habitation aux étages. Conçus selon les données de la technique la plus moderne, ils comportent des appartements de 2, 3 et 4 pièces, tous avec salle de bains, cuisines munies d'éviersvidoirs, chauffage central, escalier de service etc... Le Crédit Foncier de l'ouest Africain, se devait ainsi de collaborer à l'œuvre française entreprise à Fès, œuvre qui en faisant surgir en si peu de temps.une grande ville moderne à côté de l'antique et granrliose Médina reste un sujet d'étonnement et d'ad, miration pour tous,' hommes d'affaires ou touristes de l'ancien comme du nouveau monde.
19 l\uméro 6 NORD-SUD, L'Electricité, a Fès Une étude sur Fez ne serait pas complète qui n'exposerait comment, à côté de la ville indigène, est née et a grandi une ville européenne qui offre maintenant au cœur du Maroc toutes les ressources de la civilisatian à l'habitant et au touriste. Un des premiers problèmes à résoudre a été celui de la production et de la distribution de l'électricité. Dès 1914, à une époque où la Ville-Nouvelle n'existait q cl'à l'état de projet, le Syndicat d'etudes des Chutes de l'oued Fès, présidé par M. Jordan, envisage la possibilité d'aménager une chute sur l'oued Cheracher, afin de pouvoir doter Fez d'un réseau d'éclairage digne d'elle. La concession de la chute et de la distribution de l'électricité fut accordée, mais on n'eut pas le temjjs d'ouvrir les chantiers, la guerre vint, entraînant avec Elle des difficultés de toutes sortes, rendant impossible la moindre réalisation industrielle, et jusqu'en 1917 les choses en restèrent là. Cependant, les besoins des indigènes se manifestaient de plus en plus impérieusement, et il devenait urgent de pourvoir à l'éclairage tant de la Médina que de la Ville_ Nouvelle, encore embryonnaire. Le Syndicat d'etudes des Chutes de l'oued Cheracher devait, de par les accords avec la ville, faire place à une société pour l'exploitation de la concession. La Compagnie Fasi d'electricité, société anonyme au capital de francs, fut créée. Elle passa immédiatement à la construction simultanée de l'usine hydraulique et de son réseau. L:s travaux furent menés aussi rapidement que possible, et nous concevons que ce ne devait pas être chosp. facile, dans un pays en pleine organisation, où les moyens de transport, pour être déjà fort développés,.n'en l'estaient p<:s moins souvellt rudimenta'res. Enfin, en mars 1920, usine et réseau furent mis en service, et petit à petit les quinquets fumeux disposés dans les coins les plus sombres des ruelles de la Médina firent place à l'éclairage électrique. L'usine qui avait été prévue potll' trois groupes de 660 chevaux chacun, mals qui n'en avait reçu qu'un, se trouva rapidement à la limite de sa puissance, et il fallut, dans les trois années qui suivirent, installer les deux autres, ainsi qu'une deuxième conduite forcée, et deux bassins d'accumulation de mètres cubes chacun. Cependant, la Ville-Nouvelle se développait rapidement, quelques industries s'y installèrent, et il fallut pour faire face à la nouvelle demande, installer une usine thermique avec deux moteurs Diesel de 600 chevaux. On aurait pu croire qu'avec une puissance installée de kilowatts la Société pourrait enfin, pendant de nombreuses années, fournir au réseau toute l'énergie demandée, mais il fallait compter avec le développement des applications si diverses de l'électricité. Pour l'éclairage qu'on considérait volontiers comme arrivé à un stade de développement définitif, il est un fait que personne ne se hasarderait plus à nier maintenant, car il a été vérifié dans tous les pays, c'est que le chiffre d'affaires réalisé dans un magasin est d'autant plus élevé que son éclairage est plus intensif. Les commerçants de la Ville-Nouvelle l'ont bien compris, et nous avons été agréablement surpris de trouver à Fez quelques magasins bien éclairés, à l'aspect accueillant. D'autre part, la Compagnie Fasi a mis en application depuis quelques mois un tarif mixte pour éclairage et usages domestiques permettant, sans changement de compteur et par une simple modification de police de payer le courant destiné aux usages ménagers, au prix très réduit de 0 fr. 70 le kilowatt-heure. De nombreux abonnés ont immédiatement profité de ces avantages. Certains n'ont pas hésité, et s'en louent fort, à installer une cuisine entièrement électrifiée. Pour une dépense de courant de 0,70 à 1 fr. par personne et par jour, donc au plus égale à celle des autres combustibles, ils ont supprimé les manipulations fastidieuses de combustible, les mauvaises odeurs et bien d'autres inconvénients dont les maîtresses de maison sent heureuses de s'affranchir. D'autres ont adopté l'armoire frigorifique qui est indispensable aux personnes soucieuses de leur santé dans un climat aussi chaud que celui de Fez. D'autres ont installé, dans leur salle de bains, le chauffeeau électrique et ont, à toute heure de la journée, la possibilité d'obtenir un bain très chaud, sans autre difficulté que d'ouvrir un robinet. D'autres enfin, passent les jours froids avec le sourire, parce qu'ils ont installé des radiateurs électriques qui, au Maroc, fournissent le chauffage le plus commode et le plus sain. Cuisine électrifiée Ce développem,mt rapide des applications de l'électricité a obligé la Compagnie Fasi à demander son raccordement au réseau général de l'energie Electrique du Maroc pour la fourniture de l'énergie qui ne pouvait être produite par l'usine. En même temps, la Compagnie devait renforcer ses lignes de distribution et multiplier ses postes de transformation. Malgré tout, ceux-ci ne seront pas toujours suffisants et les immeubles de quelque importance devront posséder leur propre transformateur, si on veut permettre aux locataires de bénéficier des avantages apportés par l'emploi de l'électricité. Nous avons pu visiter quelques-uns de ces immeubles ainsi équipés. Ils laissent loin derrière eux ceux qui, il y a peu de temps encore, étaient réputés comme des plus modunes, et prétendaient offrir à leurs locataires le maximum de confort. Nous assistons à Fez, comme ailleurs, au même élan vers le progrès, vers l'utilisation de l'électricité sous ses formes les plus diverses, et particulièrement pour tout ce qui cencerne les usages domestiques. FEZ. - Centrale hydraulique FEZ. - Centrale thermique
20 NORD-SUD Numéro 6 f = ~ ~H l l111111l11l111111l111111ll11l '11111; Illllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllltllllllili lllllllllllllllllillillllllll'lllt~ Madame Lucien SAINT, cle t rr.. l, ~OtLLCLlvvclc J. l cc A 0,U/0 èon ~1-l.ü~ahl.9-eJ 9,u~cknt tocjc o 121 c'e&t ~~C1~,)oc(<.9-<:n1!. c...,',., 012 ncv0c coin_jlb cl/.c-n1.en1.c cwo) bcoy0t1".oj elc cc.) Ol<'JUcon~hL.wnt (t~ Hwdè/fe,) J'f 1 "t>ne
21 Numéro 6 NORD-SUD L'ASSISTANCE SOCIALE A FÈS v A Madamù SAINT En VOltS rendant hommage, à vous Madame qui êtes ici le symbole de la Charité Frdnçaise, j'admire aussi ceux qui, dans la même communion, à vos côtés, se penchent sur la misère à seco11rir et sur la souffrance il apaiser. 1 est à Fès des œuvres d'une poésie charmante telle cette infirmerie pour cigognes, tel ce Marabout blotti dans le quartier de l'adoua: Mausolée ou cénotaphe et qui accomplit le miracle de guérir les incurables. Les malades y demeurent jusqu'à complète guérison ou, sans perdre espoir, jusqu'à Ce que le saint leur apparaisse en songe pour leur indiquer le remède qui conviendra à leur mal. Les plaies y sont frottées avec une huile d'oli_ ve pieusement conservée sous la coupole même du sanctuaire. L'efficacité de l'intervention du saint, au demeunmt, ne s'obtient que si les pèlerins apportent des bougies, en offrande, et quelques morceaux de viande pour la nourriture des chats qui abondent, et vivênt, paisibles, repus et respectés autour de la sépulture vénérée. Le scepticisme a si psu de pbce, la confiance est si admirablement ancré2 dans lés esprits musulmans que ~'asile des Gerrouaoua qui regorge dè vieillards indigènes sans espoir de guérison, malgré qu'il soit bâti à quelques mètres seulement du mausolée miraculeux ne semtle pas être un défi à la baraka du saint et une ironie à l'égard de la croyance populaire. L'hospice d2s Gerrouaoua a été créé il y a une dizaine c:i'années et appartient aux habous de Sidi Fredj. Ceux Li mettent le local à la disposition de la société musulmane de Bienfaisance et lui allouent une subvention mensuelle importante pour en assurer le fonctionnement. La gestion de l'établissement incombe au bureau de la Société, lequel est strictement composé de person Lalités indigènes et de quelques membres de la Commis_ Bion Municipale Musulmane. Or chacun connaît la propension du musulman à secourir ses coreligionnaires malheureux, aussi la gestion de l'asile des Gerrouaoua est-elle conduite avec un soin méticuleux. C'est grâce à ce penchant philanthropique ('ue l'œuvre générale d'entr'aide que mène sans relâche i:, Société musulmane de Bienfaisance, est facilitée par j(' dépistage de la misère mené inlassablement par les délégués municipaux de chacun des arrondissements administratifs de la Cité. Chaque jour pain, secours en argent, secours en nature wnt distribués aux pauvres de la Ville et ces distributions sont surveillées à tour de rôle par les membres de la Sodété et contrôlées à l'aide de carnets spéciaux. C'est l'al' plusieurs centaines de mille. francs que se chiffrent les g2nérosités de cette œuvre dont les caisses sont alimentées par des subventions d'etat, des subventions municipales et bénévoles et par une taxe sj:écinle perçue sur les animaux de boucherie abattus aux abattoirs de la Ville. Mais l'action bienfaisante de l'assistance sociale ne s'est pas contentée d'organiser des distributions quotidiennes de secours. L'expérience a démontré que celles-ci ne suffisaient plus à faire face aux appels de la misère il certaines périodes de l'année. Au cours des mois d'hiver, Rrâce à des fonds spéciaux octroyés par la sollicitude rét:identielle, des abris sont loués et aménagés pour procurer éiux miséreux à la fois le gîte et la nourriture.~.:.~ '/1' ~'~ r..t Trois locaux recueillent les femmes, d'une pan, les hommes et les enfants, d'autre part, où leur sont distribués des soupes chaudes, du thé et des couvertures. Des chantiers de paupérisme utilisent ces pauvres hères une fois qu'ils ont été suffisamment sustentés, et pour ces travaux édilitaires qui ne nécessitent aucune capacité q~'éciale tels que dégagements des remparts. plantations ri'arbres, terrassements, etc... ils perçoivent une rémunération en argent qui leur perm2t une amélioration sensible de leur ordinaire. La Société Musulmane de Bienfaisanc2 a égal:m2nt à s'occuper de la direction d'une institution particulièrzment opportune installée dans un ancien fondouk spacieux d clair, aménagé aujourd'hui d'une façon fort rationnelle. C'est l'orphelinat indigène dû à la charité de Madame Saint. Une vingtaine de garçonnets y ont été recueillis et là, nourris, soignés, surveillés, ils grandissent à l'abri de la misère et de la promiscuité de la rue. Madame Saint, à chacun de ses pas'sages à Fès se rend auprès d'eux, s'enquiert maternellement de leurs besoins, de leurs petits soucis, des progrès qu'ils accomplissent en cours rl'année à l'ecole professionnelle dont ils suivent assidûment les leçons de français et de travaux manuels. Et puisqu'il n'est pas possible de passer en revue l'as ~istance sociale à Fès sans évoquer le nom de Madame Saint, qu'elle me pardonne d'avouer encore que si son!lom figure au fronton du péristyle d'entrée de la Maternité du Boulevard Ducla, ce n'est pas par veule courtisar,erie mais parce qu'il est là à sa place en toute équité, hommage de reconnaissance à une initiative, à une douce et persuasive persévérance de femme au bénéfice de ses ~œurs. Cette Maternité. ouverte au mois d'octobre 1931, accueille toutes les femmes de n'importe quelle confession. Dans cet immeuble d'une valeur de plus de deux milliom, où règnent à la fois le modernisme le plus achevé et les règles d'hygiène les plus absolues, médecin-accoucheur, chirurgien, sage-femme, infirmières et religieuses, s'affal rent entre les consultations pré-natales et quarante lits :'épartis en quatre classes et une classe pour indigentes. Cette maison a un rayonnement extra-régional puisque 1/[eknès et Taza, les deux grandes villes voisines, ne sont ras encore pourvues d'une semblable organisation. Le bâtiment qui, par la sobriété de ses lignes, attire :'attention du passant, ne constitue que la réalisation de la première partie d'un vaste programme. La seconde tranche comporte l'édification d'un pavillon pour loger les religieuses 'qui ont la charge d'administrer l'établisse D.el1t et la construction d'une pouponnière. Plus tard, on parviendra à l'achèvement d'un centre maternel complet qui comprendra, outre le service d'accouchement actue.], un service de gynécologie, de chirurgie gynécologique et l.'n service de puériculture. Mais, tout ceci ne constitue pas le point original, unique, je crois, au Maroc, de l'œuvre entreprise. L'originalité consiste dans le fait qu'à côté de cette remarquable Maternité, une annexe a été installée dans l'ancien immeuble de l'hôtel Transatlantique en Médina, dans la rue du Douh, à l'usage exclusivement des femmes arabes de la ville indigène. Chose paradoxale, c'est à Fès, précisément àans la ville où la population musulmane est la plus fermée, la plus méfiante,la plus fidèle aux conditions reli- gieuses et aux plus étroites coiltumes du passé, qu'a été
22 NORD-SUD Numéro 6 tentée cette innovation. La réussite en est brillante. L'annexe possède une vingtaine de chambres confortables, des salles de visites et un personnel idoine ayant à sa tête, outre le docteur, une sage-femme connaissant l'arabe. Les dépenses sont couvertes par l'administration de la Maternité du Boulevard Duc1a, les deux formations n'ayant, en effet, qu'un seul budget, ce qui permet à la femme mu ~ulmane d,~ bénéficier non seulement de la science européenne, m;is également des gains réalisés par la Maternité payante et qui servent, ainsi, à l'exploitation de l'annexe indigène où les SQins sont prodigués à titre absolument gratuit. Malgré que les musulmans de l''ès répugnent à laisser wrtir leurs femmes, nombreuses, très nombreuses - plus de par mois, m'a-t-on assuré - sont les consultations données à l'annexe. Une propagande intelligente et,;jncère est, du reste, menée dans les milieux les plus réfractaires par des dames visiteuses, recrutées dans la meilleure bourgeoisie française et qui vont de famille en famille, conquérir la confiance Et apaiser les scrupules. Toutefois, si les femmes indigènes viennent volontiers à la consultation, on doit à la vérité de dire, qu'extrêmement rares sont celles qui accouchent à l'annexe. Les cjuches sont généralement faites au sein de la famille musulmane, présidées par la «kobla» appelée aux premières douleurs. Peut-être gagnerions-nous cette dernière manche si les accouchements étaient confiés à une doctol'esse. Cette anne"e indigène complète la splendide organisation de l'hôpital Cocard, ouvert aux seuls indigènes muhulmans et israélites et aux destinées duquel préside un homme dont la valeur et l'altruisme désintéressé forcent l'admiration. J'ai nommé le Docteur Christiani, vénéré à Fès, comm2 l'est à Mogador, son collègue le Docteur Bouveret. l'un et l'autre attachantes figures de la médecine ~Jevée au rang de sacerdoce. Je m'étais donné la consigne d2 ne pas citer de noms car ceux qui s'activent pour la parfaite efficacité de l'œu.. vre sociale sont aussi moàestes que dévoués. Exemple entre tant d'autres, ce docteur qui moyennant ;.me infime augmentation apportée à ses émoluments contractuels et s'occupant déjà de la «Goutte de Lait» et du àispensa:::e Israélite n'a pas hésité à accepter la responsabilité du fonctionnement d'un dispensaire européen, qui, tout récemment créé, doit permettre à la Municipalité une meilleure utilisation des fonds destinés à l'assistance médicale gratuite. La «Goutte de Lait» a été organisée en 1921 ; aujourd'hui plus de cent litres de lait stérilisé y sont quotidien IiemEnt distribués, dont les 3/4 gratuitement. Trois fois par semaine plus de 40 petits consultants, à chaque séance, y sont examinés. Le dispensaire israélite de la Place du Commerce date de 1916, il est né d'emhryons de consultationsqui étaient donnés jadis dans diverses synagogue«du lvtellah. N',,:aêtant pas là SOn effort, la Nation protectrice devant le succès remporté par l'œuvre commencée a ouvert un service de radiothérapie et un dispensaire antituberculeux. Sur le plateau de Dar Mahrès, enfin,,surplombant les trois villes réunies, s'élèvent aujourd'hui les bâtiments en construction d'un immense hôpital mixte, pour les eu :'opé:ns. Tous les progrès de l;évolution moderne de la médecine et de la chirurgie tr.ouveront là leur place, ce qui permet d'assurer que l'hôpital de Dar Mahrès sera un chef d'œuvre de science et de bonté. Devant une telle prodigalité de bienfaits on ne peut cependant pas s'empêcher de regretter qu'il n'y ait nulle part, au Maroc, à une altitude moyenne et opportunément choisie, un sanatorium pour tuberculeux. Il est louable de tenter d'arracher à la mort un poitrinaire, mais celui-ci, dans les milieux musulmans, en particulier, vit en commun avec 5 ou 6 personnes de sa famille. S'il échappe à la mort grâce aux soins réguliers qu'on lui cionn e, il a néanmoins contaminé son entourage et l'effort fourni n'a pas endigué le mal. Soigner, c'est bien; isoler.>erait parfait. Dans le même ordre d'idées : efforts très méritants mais dispersés, regrettons également qu'il n'existe pas au)\'1aroc un hospice central pour vieillards européens incurables _,t indigents. A Casablanca par exemple, ou à Rabat, ne pourrait-en pas édifier un tel établissement, à l'origine de dimensions modestes mais susceptible d'agrandissements. Des subventions annuelles du Protectorat d'abord, des diverses municipalités au prorata de l'importance d~ leur population européenne respective, des libéralités particulières, une quote-part des recettes du pari-mutuel, des dons d'importants groupements comme «l'association des Anciens Combattants Il, la perception d'une taxe légère payable par les touristes et qu'on appelle en Espagne '( de beneficencia» suffiraient très largement à subvenir FUX dépenses de cette œuvre. Le Maroc n'a pas acquis sa renaissance et sa vitalité sans sacrifices, souvent ignorés, presque toujours cachés. TI y a vingt ans, sur son littoral, de fraîches énergies ont débarqué, confiantes dans leurs espérances et dans les destinées du pays. Beaucoup ont réussi, d'autres ont échoué. Aujourd'hui, pauvres êtres, las, meurtris, ayant perdu au service d'une belle entreprise commune, leur jeunesse, leurs forces, leurs économies et leur santé, ils vont à la dérive, sans joie, sans famille et presque sans soutien. Quelques-uns, bénéficiant de h. m;:nsuétude d'un médecin, officieusement admis par une commission d'assishmce consentante, dissimulent leur misère au fond d'une salle d'hôpital. D'autres, grâce aux secours périodiques des Sociétés de Bienfaisance locales, vivotent, partiellement à la charge de voisins charitable;:;. L'instant d'agir est arrivé. TI est temps que le Maroc rénové comprenne que la lutte affrontée pour sa fortune n'a pas été sans laisser derrière elle d'émouvants déchets. L'heure est angoissante car les remous profonds du chômage ont remonté à la surface bien des épaves. Elles sont provisoirement recueillies, une infime minorité à la maison de retraite de Salé dûe à l'initiative de la Société de Bienfaisance de Rabat. quelques-unes, dans les hôpitaux; enfin, la grand~ majorité dans les asiles de nuit temporairement ouverts par les soins des municipalités. Mais que deviendront-ils ces pauvres gens lorsque les budgets locaux de paupérisme seront épuisés? Le Maroc se doit - aujourd'hui plus que jamais -, de se pencher vers ces douloureux vieillards et de donner à l~ur lente agonie un tiède refuge où, groupés, réchauffés, ils ressasseront encore, entre eux, leurs pauvres rêves inassouvis, ces perpétuels projets de réussite que la mort sjule arrachera enfin de leur cerveau inlassablement entreprenant. Songeons à eux et surtout souvenons-nous qu'il n'est pas de point final au programme de la charité humaine. Alain VIZIlLE. Madame SAINT visitant, en compagnie des notabilités régionales, l'orphelinat Indigène dont elle est la fondatrice. On remarque la bonne tenue et la belle santé des bambins auxquels les plus grands soins sont accordés par un personnel médical compétent et dévoué.
23 Numéro 6 NORD-SUP La Galerie des Artistes Fassis PEINTRES ET SCULPTEURS Les véritables amants de Fès ~ selon le tenne iadis consacré par un des prf' miers «fasis» qui diffusèrent utilement les beautés de notre ville, j'ai nommi M. Valtier ~ les véritables amants de la perle du Nord sont les peintres et les artistes qui s'y sont installés et ont planti leur tente sur les bords de l'oued Fès. Ainsi la cité prestigieuse, la capitalé du Nord, a sa cour d'amour, mais ce ne sont pas des poètes ni des littérateurs, ce sont des créateurs d'images. Il semble que l'islam ait épuisé le thème des poèmes à la gloire de Fès et que la décadence de quatre siècles écoulés depuis la réforme religieuse du Maghreb, pèse encore sur sa littérature séculière comm.: elle pesa sur l'architecture et les arts d'ornement. Tout ce qui nous reste, murné en chansons, cacidas et mouals, n'est qu'une! pâle copie, un raoachage de vieux thèmes andalous. Les Chrétiens n'ont pas, semble-t-l< réagi contre cette éclipse de l'art littéraire, de la magie des périodes et des mots, des rythmes et des cadences. On a beaucoup écrit sur Fès et Loti, le premier, a tracé, en termes immortels, une évocatwn qui est dans toutes les mémoires; mais pas un poète ne s'est installé à demeure. Il est heureusement, trois écrivains de talent pour nous sauver de le. carence littéraire, ce sont : Odinot, Bon-. jean et SallefTanque. De nombreux artistes se sont plus à exprimer de différentes manières, le caractère pittoresque de la ville de Fès. Ils ont apporté à cette expansion sentimentale toute la sincérité d'un talent qui a pris sa source dans une formotion disciplinée sous l'égide de maîtres de grande renommée. Voici deux œuvres de Mme Marboutin-Maslow. A droite: tête d'enfant arabe exécutée en granit noir. A gauche: " Baiser ", un bronze noir massif d'une très grande puissance suggestive bien qu'obtenue avec des moyens très sobres. 1 Pour ce qui est de la peinture et de la sculpture, la situation est tout autre. Il est de fait que la splendeur du site, 1'0' sublime et le pittoresque de la cité blanche mollement étendue au pied des monts, attirent invinciblement l'artiste. Dès l'occupation, ce fut une ruée de nos meilleurs pinceaux, de Rousseau à J. de la Nézière, de Bouchor à Brindeau. D'autres vinrent plus récemment qui s'installèrent pendant de longs mois et qui demeurent ici, périodiquement chaque année, pendant de longues semaines : De Hérain, par exemple, Ortiz Echagüe et d'autres. Mais on nous comprendra de ne développer ici que l'œuvre et la physionomif' de ceux qui se sont fixés dans cette ville et définitivement : les Pontoy, les Vicaire, Mlle Delorme, Mme Drouet-Cordier, Mme Maslow. Aussi bien avons-nous coutume d'admirer leurs œuvres à la galerie Laurent dont les luxueux locaux assemblent désormais, nos expositions fasies. Tout le monde au Maroc connaît Pontoy, car ce diable d'homme parcijurt tout le pays, ne laissant rien du Dadès au Todgha et du Riff aux Berbères Aït-Tseghouchen, où sa pale'tte retrouve les rutilances, le pittoresque des sites, les traits et les physionomies originales de ses a.utochfanes. Henry Pontoy, soc~etaire aux Artistes Français, fut un des'bons élèves de J.-P. Laurens et de L. Olivier-Merson et c'est dans les ateliers de ces véritables chefs d'école, qu'il acquit métier et talent après des études faites à Reims, sa ville natale. Il fut tout d'abord subjugué par les églises, les cathédrales, et, da.ns toute sa carrière, nous retrouverons l'empreinte df cette première manière, de ces premières visions de l'éclairage tamisé tombant des vitraux altiers et lourds sous l'armature de plomb. On cotnprend bien pourquoi
24 NORD-SUD Numéro 6 de indigène, l'étude de la peinture et il a fondé, chez lui, une école académique où nous voyons les jeunes indigènes du Collège Musulman coudoyer notre jeunesse européenne. Mais son œuvre c'est l'étude du sol marocain, des lumières roses de l'aurore, de l'opacité des chauds siroccos et enfin, c'est le preslige des nobles casbahs comme celles d'ouarzazat où il fut un pré curseur (qui ne se souvient de son p;;;;èux triptyque avec ses tours de rêve sous un ciel ardent et léger à la fois, un ciel dll Sud?) Pour nous qui préférons la vie à la terminologie creuse, nous dirons que Pontoy ce sont ses œuvres et, parmi celles que nous avons surtout admirées, nous citerons le magnifique tableau de la boucle du Sebou qui type si bien nos verts pay-. J sages du Nord, pays de fleuves, et nos c~eux tendres ou nuageux, accrochés par les crêtes des monts ; le village rit. fain de la région de Taounat qui escalade les pentes émaillées d'oliviers; le Babel-Ahmeur, «la porte de la peste» pleine de la gloire rouillée des vieux remparts de Fès ; enfin, le panorama de Fès qui fut un des clous de l'exposition Coloniale. Bab:Dekaquene Pontoy a souvent recours à l'eau forte pour traduire la grandeur émouvante de certains vestiges de la prestigieuse ville où il s'est fixé. Celles dont nous publions la reproduction comptent parmi les plus belles. Al:nsi Pontoy continue à illustrer Fès, illustrer pour notre plaisir, illustrer pour notre rayonnement, et nous sommes, ici alors, les clairs-obscurs de Fès le charmèrent tant et le conquirent. Après de solides études à Paris, à co:e des deux grands Maî[:res nommés plus haut, Pontoy très touché par la guerre vint s'installer aux pays du soleil et il trouve bientôt sa voie dans une suite de paysages algériens qui le firent conrwî;re et apprécier. Il est envoyé ensuite, en Tu,âsie, comme boursier. Il étudie sans r,' lâche les reflets et la belle lumière blonde, expose aux Artistes Français. Il y obtient ses premières et précieuses récompenses et il sera désormais, chaque année, jidèle au Salon d'automne, toujours relié au mouvement des jeunes, aux recherches des effets nouveaux, Il r a déjà six ans que Poruo)', empoigné pm Fès, ses venelles et ses derbs, ses souks et leur clair-obscur, s'est définitivement installé dans la ville impériale et, c'est dans la paix, dans le calme poétique d'un riad andalou, le Dar ben Daoud, SeiS stalactites sculptées, son meuzeh et ses roses, qu'il étdblit ses pénates. Il s'y est entièrement consacré à son art et le vit en bénédictin boltrreau de travail, tôt levé, tard couché. Il a également voulu diifuser dans l'élite et même dans le mon- La place Nedjarine
25 Numéro 6 NORD-SUD à Fès, quelques personnes qui l'aimons èt qui lui sol!haitons de voir s'amplifia pour lui la consécration du succès. _....~.~ '-~-,_. 4,».IV":;,.)",\# iv/a.rcel Vicaire, Inspecteur des Arls Indigènes, est avant tout, pour nous, Fasis, l'inc,ontesjl<1ble prom.oteu,r des Arts Indigènes à Fès, le «m.ainteneur» des formes, des décors et des fradùions des artisans, le digne contùluaienr de Prosper Ricard. Il est incontestablement le fasi le plu; éclairé, le plus érudit, snr tout ce que notre ville compte de beautés connues ou s(' crètes. Il est, de plus, un homme de goût e.t pas du tout un esthète (dans le sens ésotérique ou snob). A ce point de vue, c'('st une bonne f'jrtune, pour tout étranger ou touriste visitant Fès, que d'être guidé par lui. Comme artiste, nous lui attribuons la première place à Fès, pour le sérieux d la poésie qui se dégagent de ses œuvres qui ont beaucoup de fond el de charme d'évocation. Vicaire a ete tenté par le paysage souvent triste et sévère de Fès pendant les journées d'hiver ; les harmonies grises, les terrasses où les vêtements féminins Marcel Vicaire garde une note toute classique, Cette interprétation d'une ruelle de Fès a été acquise par le Musée d'alger, viennent jeter lel'rs notes joyeuses. C'est l'antithèse absolue de Pontoy, de ses rutilances, de son allégresse... N/arcel Vicaire, ancien élève de l'ecole Nationale des Beaux-Arts, élève de Bas-,chet, Royer, Lapan'a et P. A. Laurens, a eu la médaille d'argent du Salon des Artistes Français en 1925 el le prix de la Société Coloniale des A rtisles Français Ipour le Marocl. Hors concours à l'exposition Coloniale de 19.31, il eut l'honneur de plusieurs acquisitions de l'etat. A l'heure actuelle, il y a plusieurs de ses toiles dans différents musées de France, d'amérique et au musée d'alger. Il a pris part à de nombreuses manifestalions d'art français à l'étranger, notamlllent à Amsterdam, La Have, Tokio, Romc. Il a également illustré plusieurs ou VI'ages doni l'histoire du Maroc, de G. Hardy; il est l'un des fondateurs de l'assodation des peintres et sculpteurs français du Maroc. Marcel Vicaire est venu à Fez, dès Après avoir, pendant plus de dix ans, consacré son tal~nt à des composiiions de grand style, il vient d'évoluer pt se consacre aciuellement à l'étude du nu. Mais ce que Vicaire sait rendre d'excellente façon, c'est la gracilité des fillettes mauresques à la chair brune et tendre, Ses petites marocaines, chastes mais lai" gement dévoilées,.fleurs de chair souli-
26 NORD-SUD Numéro 6 La remarquable galerie de types indigènes réalisée--;par Pontoy est très complète. Elle est le résultat d'une étude approfondie de l'âme musulmane. Notre gravure reproduit une toile vigoureuse représentant un membre de la Djemma Ait Youssi, aux environs de Sefrou. gnées d'un haïk tombant, ou voilées d'un tham un peu mutin, sont des fruits verts et alléchants mais sans aucune impudicité. Le genre a été très goûté par le public et l'on ne se plaint pas de la nouvelle manière du peintre. Mademoiselle Marguerite Delorme est, révérence gardée! un «vieux Marocain» et surtout une très ancienne fasie dont on connaît bien l'accueillante maison arabe de la Médina. Elève de Leriche et de Ligeron, ellc! remportait une troisième médaille au Salon des artistes français, dès Elle obtint une bourse de voyage de l'etat en ] 905. Le prix de la Société Coloniale des Artistes Français lui échoit en 1922, ':!t l'etat lui retient plusieurs de ses œuvres. Elle est enfin hors concours à l'exposition Coloniale de Paris en Elle peint avec une extrême délicatesse, les scènes d'intérieur; ses petits tableanx sont pleins de charme et de grâce. Nul comme elle, ne connaît l'intérieur arabe, le harem, le patio de faïence et de marbre que sillonnent les pas légers des pe. tites esclaves porteuses de l'aiguière et du sénia. Ses brodeuses de Fès, comme son fameux tableau «Le Thé» sont pleins de charme et, en plus, ce sont des documents incomparables sur le type de la jasia et sur la vie des recluses de l'islam. Mademoiœlle Marguerite Delorme excelle enfin dans les eaux fortes, soit dans les sc.ènes de la rue c~mme les Adouls, l':!s marchandes de pain, l'écolë coranique qui sont croquées avec sobriété et malice, soit dans la composition, le décor, comme les t~mbeaux Saadiens. Jl1adame Drouet-Corrdier, veuve de maître Réveillaud, porte un grand et beau nom fort aimé à Fès. Ancienne élève de l'ecole Nationale des Beaux-Arts, atelier Humbert, elle eut la médaille d'argent au Salon des Artistes Français en Prix de la Société Coloniale des Artisles Français pour le Maroc et la Tunisie; Prix de l'institut de France, Madame Drouet-Cordier s'est vue favorisée par des acquisitions de l'etat. Plusieurs musées possèdent de ses toiles. De plus, horsconcours à l'exposition Coloniale de 1931, elle y a collaboré pour la décoration du Palais du Maroc, et ses grands panneaux représentant des scènes marocaines du bled et de la cité ont plus qu'une valeur documentaire avec leur puissante évocation d'humanité. Depuis deux ou trois ans, Madame Drouet-Cordier tire de la fresque d'excellents partis. Ses œuvres se caractérisent par une richesse de coloris et une parfaite composition. Elle aime les effets déc.oratifs fournis par la nature, les jardins et les fleurs. A ce point de vue, nous avons admiré surtout ses jardins fasis où les effets impressionnistes ressortent de l'éclat des verts, des grenats, des abricots. Le caftan d'un enfant mignon, caftan «mechmech». «fanidi» ou «gharchoufi», nuance precieuse H tendre, glorieuse ou éclata.nte, achève d,e donner au décor une richesse ardente mais exa.:te. Beaux décors aussi, mais d'un tout au Ire genre, que ces rues de Fès, ces échap. pées dans les frondaisons vers la trouée de la ville, à Bab Sidi-Bou,iida, le quartier des Andalous, elc... Madame Germaine Marboutin-lVlaslolc, est avec de Hérain, le seul sculpteur qui ait été attiré par notre cité et en aù étudié les types. Cette artiste de talent est la femme de M. Maslow, le distingué et courageux Inspecteur des Beaux-Arts et M'Jnuments historiques à Fès. Ancienne élève de l'ecole des Beaux Arts de Paris, lauréate de l'institut, bourse de voyage de l'etat (voyage classique en Italie) et prix de la Compagnie de Navigation Mixte, elle a été médaillée d'argent au Salon des Artistes Français et au Salon des déc.orateurs. Elle est Sociétaire des Artistes Français et Sociétaire des Femmes peintres et sculpteurs. Je ne puis mieux faire, pour attribller à cette artiste de classe, l'hommage que mérite son talent que d'insérer ici les photos de ses œuvres les plus typiques. M. KAMM. Le ieune décorateur Lourent, créateur de la Galerie Laurent, se révèle sculpteur de talent ainsi qu'en témoigne cette tête d'enfant curieusement stylisée, et.iégèrement poussée à la caricature.
27 Numéro 6 NORD-SUD SEFROU Je me souviens encore, aujourd'hui, de la surprise extasiée que j'eus en découvrant Sefrou. En quittant Fès par la route dn Sud, à 30 kilomètres, tapie dans la verdure et dans les fleurs, abritée de ses remparts, Sefrou-- petite ville à l'entrée du bled berbère - prodigue aux tonristes toutes les beautés d'un site vraiment unique au Ma roc. Arrivée : place Bab M'Kam. Il vous est alors possible de vous demander si vous êtes en France ou en Orient. Peupliers, saules-pleureurs, rosiers grimpants le long des remparts, oliviers : on se croirait en Provence. Médina: traversée par l'oued Aggai ; maisons, jardins, moulins, casca des s'étageant dans ln verdure,s'abaissant dans les eaux de l'oued. Les souks soigneusement abrités de «ma mounis» filtrant le soleil, surprennent par leur jour dansant, par celte foule de chleuhs aux vêtements couleur de leurs montagnes contrastant avec les femmes berbères dont les foulards éclatants donnent une note vibrante à cel te masse d'allure unifor. me. Mellah: ruelles couvertes, ombres et lumières. Couleurs tendres des femmes aux yeu.'" bleus et au teint laiteux. Bariolages éclatants des costumes : toute.' les couleurs du monde réunies sur un seul être. Foule grouillante. jacassante, criante, débordante d'activité. L'oued El Youdi parcourt le Mellah. Femmes, enfants retrous~és jusqu'aux genoux, lavent étoffes, cnivres, ruisselants d'eau et dl' soleil..spectacle admirable que je vous souhaite de voir, le soir vers cinq heures, alors que toutes ces couleurs sont fondues, diminuées dans l'harmonie douce d'une belle fin de journée. Jardins: tous les arbres fruitiers y sont rassemblés. Qui ne connaît la saveur des cerises de Sefrou? Pruniers, pêchers, grenadiers, abricotiers, pommiers et leur sœur modeste, rampante et cochée: la fraise succulente,fondante et parfumée. R.C, Q.VeSNe.e Au printemps, tous ces arbres en fleurs font de Sefrou, un vaste verger odoriférant et gai où il fait bon se reposer. Marabouts dispersés et nombreux : Sidi boil Médiane, enfou! sous les oliviers, mystérieux,évoquant ce conte des mille et une nuits : Aladin II la recherche de la lampe merveilleuse. Sidi bou Séghine, dominant Sefrou, où vont les femmes en pèlerinage. Sidi Aluned l'adli, dans le5 jardins, coin délicieux où les fassis viennent camper l'été. Marabouts plein de charme et de poésie. tout en eux évoque les croyances millénaires. Entourant Sefrou murailles doucement teintées, ravins de verdure. mamelons, collines boc'sées, ruisseaux, cascades, étangs, sonrce". Partout, une eau limpi. de et bonne jaillit, murmure et fertilise ce"'e oases. Le djebel Boui-Blane domine de sa masse neigeuse Sefrou et le bled environnant. Bled âpre et rooe. Montagnes arides. Troupeaux, bergers, tentes berbères rectangulaires et sombres. Oiseaux chassant une proie. Silence! (Il\us:ratiolls de R.C. QuesneJ\.. Denise R. QUESNEL.
28 NORD-SUD Numéro 6 Aux de Cascatelles Sefrou Buret, vou'z venir Septembre Qui gonfle les plus bewlx raisins! Déjà se vêtent d'or el d'ambre Les grenades dans les jardins! Il est temps de chercher dans l'onde, Aux cascatelles de Sefrou, Si la nymphe est brune ou bien blonde QIÛ se glisse dans le remous L'écrin de verdure qu'est Sefrou invite à la rêverie paisible et douce que berce le murmure des cascatelles. Le séjour en est rendu plus agréable grâce à l'existence d'hôtels qui offrent à l'estiveur un confort absolument remarquable. Voici l'hôtel des Cascades construit par M. Augendre dans un cadre particulièrement pittoresque... Ou bien de s'asseoir à votre ombre Beaux cerisiers, lorsque le vent A.gîte vos feuilles plus sombres Et les clairs oliviers d'argent! Installons-nous il la guinguette Et nargu'! aujourd'hui du vieux thé Le bon vin ne monte à la tête Qu'aux primes ardeurs de l'été! Que l'on fasse frire des truites De tendres truites d'immollzer Nous n'aurons pas il notre cuile De témoins aux bosquets déserts. Voici déjil que la servante Qui nous a versé le Kébir Nous décoche, plus envirantes,.lelaintes œillades de Saphyr. Remplissons derechef nos verres Pour ne point lui faire llll affront,.4ux vains soucis faisons la guerre Tant qu'il nous restera des fonds! Il n'importe que ma maîtresse Ait' pour bien d'autres que pollr moi Dénoué le jais de ses tresses Si le vin chasse nos émois. L'ivresse, qui sait? pourrait faire Qu'à jamais s'ellace des yeux Les beautés jadis trop sévère,~ Aux plus brûlants de nos aveu:!.'. Pourtant bien peu restent rétives.4lors que tintent les douros Franques, maures, voire juives... Et toutes chantent mieux qzi'ois'!aux Ah! mais pluti5t, ami reluques Cette berbère à la peau d'or Baignant de l'orteil il la nuque La grâce acide de son corps! Restons, crois-pwi! jusqu'à la brume Parmi les eaux, poursuivons-la! En attendant l'heure ozi s'allzlme Ton clair flambeau, Croissant d'allah! Ch. SALLEFRANQUE... et l',immeuble en voie d'achèvement que M. Faure fait édifier pour y loger 1Hôtel des Arcades. Ainsi, la coquette station de Sefrou, merveilleusement équipée pqurje tourisme, peut recevoir dignement et... retenir ses visiteurs..
29 Numéro 6 NORD-SUD IMMOUZER l l l l l LE KANDAR Nous avons décidé de monter au Kandar. La promenade.ne sera pas bien fatigante ; nous irons en auto sur la piste ~'Imm0u. :er à Sefrou jusqu'à l'endroit où s'amorce le sentier qul conduit au sommet. L'endroit est facilement reconnaissable ; il Y a là un énorme térébinthe toujou;'s rem pli de pigeons gris. Nous faùons quelques kilomètres gaiement au milieu des boe..lueteaux de chênes verts ; des perdreaux s'envolent autour de. 1. d l 'Tl' /W/lS ; quelques lapms partent se cac. LeI ans es.tcl1.uvls.... Enfin, nous voici au pied du raidillon qul nous conduua sur la plate-forme du Kandar où s'élève le repaire. Lorsque nous arrivons au sommet, nous ne pouvoi~s nou~ défendre d'une certaine émotion en fac.e du paysage sublune qul /w'us entoure : pentes abruptes des montagnes ~nvironnantes vagues de verdure dans les vallonnements ; honzons mauves ; effets de lzunière dans la plaine... L'ETE ~: Ici, pas de contrainte, pas de protocole; nous nous s~"unes levés peut-être un peu tard... Nous sommes encor~ en p~ja~nas, ct nous nous étendons paresseusement le long de l'oued, a [. ombre d'un arbre ; quel délice, de lire en toute qu~étude en entend~'!t le clapotis de l'eau et le bruissement des feultles, sous la bnse qui ventile constamment le plateau d'immouzer... Entrée d'une grotte LEVER DE SOLEIL EN AUTOMNE Fatigué d'une journée de chasse dans la rocaille et la brollssaille, j'avais passé la nuit à Immouzer. C'était en automne; le matin, je m'étais levé au petit jour et j'allais assister il un des spec Lades des plus féeriques qu'il m'ait été donné de contempler. Un brouillard épais semblait glisser sur ce plateau étroit; on eut dit qu'une meute infernale s'enfuyait, conune chassée \par les premières lueurs du jour. Au fur et à mesure que le jour naissait, l'atmosphère semblait s'éclaircir; bientôt, les derniers lambeaux de nuages disparurent au tournant de la montagne, le voile se déchira, et à mes pieds, s'étendit le panorama féerique de l'horizon splendide, partant dn Riff espagnol jusqu'aux hauts plateaux d'el Hadjeb. Fez s'étalait aux pieds du Zalagh ; le Zerhoun étincelait sous les prenûers feux du soleil, tandis que dans la casbah, j'entendés les premiers chants des petits bergers berbères. MER DE NUAGES ]'avais décidé de partir de bonne heure de Fez et d'arriver suffisamment tôt à Immouzer, pour goûter le charme des première.> heures du jour. En quittant Fez, il faisait gris ; ayant traversé la plaine du: Sais, je montais vers la Kasbah; au fur et à mesure que j'approchais d'immouzer, je me dégageais de la brume, et bientôt, je pouvais contempler au-dessous de moi une immense mer de nuages de laquelle émergeait, de ci, de là, quelques petites crêtes ensoleillées. Vue Générale (Clichés ":V:e Marocaine Illust;'ée ") Le Marabout sur l'oued Aït Sollane LA KASBAH Immouzer est le premier village berbère aux portes de Fez; les chleuhs qui le peuplent vivent tous dans des grottes ; c'est unc pittoresque.. kasbah de Troglodytes,. Descendez dans une de ces grottes, vous croyez pénétrer dans l'antre d'un sorcier; vos yeux, non habitués à l'obscurité, ne distingueront tout (Tabord rien, puis, petit à petit, vous remarquerez le travail long et patient des générarions qui ont creusé et agrandi leurs habitations dans le roc. V GUS serez étonné de constater que vous êtes assis sur un tapis de paille tissée de laines multicolores du meilleur goût, et vous verrez alors, près de l'entrée de la grotte le métier à tisser qu'rai. lise avec adresse l/ne femme berbère à la peau blanche, au visa;e régulier, tatoué de dessins bleus. L'HIVER La neige s'est mise à tomber et les flocons voltigent dev(1'zt des fenêtres garnies de petits rideaux de Vichy rouge.. Quelle douce intimité, dans cette maisonnette bien dose.!.le feu chante, les chiens de chasse donnent en rond ; le fusil est au ratelier... et nous dégustons une bonne eau de vie de France..
30 NORD-SUD Numéro 6 Le Tourzsnre au Nord de Fès LE CIRCUIT DE L'QUERGHA Les excursions faciles, les promenades de banlieue, les circuits classés dans les ~en tier::; battus ont leurs charmes et surtout lem' facilité. Mais combien nous plaît davantage de partir vers des contrées peu connues, lointaines, un peu ardues, où l'on puisse trouver des 'lmpressions neuves, une population accueillante, Ides sites rares. L'on conçoit très bien que le touriste, limité par le temps, enchaîné par un progrà~me, ne puisse voir le plus souvent que ce qu'ont vu, avant lui, des milliers de ses compatriotes et qu'il doive ainsi se résigner à un accueil indifférent. Mais pour nous marocain.> habitant dans le pays, comment n" pas désirer quelque chose de mieux. C'est ainsi qu'en d'autres lieux, nos (c Essi» marocains ont fa'!t assaut d'initiative et d'audace; à la suite des soldats ih ont exploré les lointaines oasis, les Tiznit, les Dadès, les casbahs de rêve, Qu'avons-nous dan.> notre Nord d'équivalent et Cl.'Ui puisse représen~er p'our!'.ous. les cc au l:lelà» toujours désirés comm~ un souhait de conte de fées, toujours p~us em,bellis par leur caractère inédit, leur accès ardu? Ce rêve de nos touristes, c'est le Nord de l'ouergha, le Djebel hérissé et verdoyant, le pays des fle'uves et des monts, haut en couleur, farouche en silhouette, doux à no.:; yeux lassés par d'autres climats. Le Djebel, les Djebala, voilà une reglon bien distincte, bien spéciale, son caractère ty pique pé'ut être admiré sur une va'ste latitude, des crêtes de Senhadja à Moulay-Bouch ta et d'ouezzan et Chechaouen, mais, à mon humble avis, c'est dans la région farouche où le Haut-Ouergha, débouchanlt torrentueux des montagnes riffaines, infléchit son courant bleuté dans le coude d'aïn-médiouna, que le spectacle d'une nature luxuriante atteint le caractère du sublime. La guerre du Riff a fait connaître à beaucoup de nos compatriotes, l'admirable panorama de Taounat, le cc balcon du Rif» ét celui de Ghafsaï, et en général 'la vallée de l'ouergha, mais ce territoire non touché (ou guère) parla colo~isation européenne, ce pays âp're et tourmenté, dont les habitants ont un véritable particularisme, est retombé dans l'oubli. Pour tout idire, sauf les militaires qui y ont combattu dans des circonstances rendues plus tragiques encore par l'âpreté du sol, et quj ont gardé de ces temps héroïques des souvenirs rien moins que touristiques, nos concitoyens n'ont point affaire en ce pays et jusqu'ici les routes' d'accès en étaient plutôt pénibles. Disons de suite q'ue gi'âce à la présence nnuvelie des colons sur le trajet du Dj., bel, grâce aussi à la conscience qu'ont pris nos autorités de la r'lchesse inespérée du pays, nous avons eu un programme de travaux publics qui a transformé à peu près complètement les routes. Les deux routes du Nord, celle qui va à Ain-Aïcha, Taounat et Sker, et dont une voie militaire prolonge le tracé le long de l'ouergha jusqu'au Rif Espagnol, et l'autre celle de Fez-Ouezzan dont une antenne stratégique franchit l'ouergha en direction d? Ghafsaï, sont à l'heure actuelle excellentes, et ont bénéficié de rectifications nombreuses et he'ureuses. On peut donc désormais faire ce que notre «:ID3Si }) de Fez a dénommé le cc Circuit de l'ouergha» : Départ par la première route vers Taounat et retour par la seconde quê l'on trouve à Ghafsaï après un trajet de liaison qui porte sur une piste d'un pittoresque incomparable sur cinq'uante kilomètres. On revient ensu'tte par l'ourtzagh, Moulay-Bouchta et son imposante ruine Almoravide, nid d'aigle juché sur le hautain r~cher qui domine la vallée historique, face an Bibane où la stèle de::; Légionnaires a commémoré l'héroïque sacrifice i;le Bernès Cambot, Un tel trajet, nonobstant la rude fatigu? du véhicule et,.. du conducteur, sur une piste de montagne de cinquante kilomètr'~'> ~ntre Taounat et Ghaf~aï, est en passe de dev~nir célèbre et déjà un reportage de 1'1 «Vigie» en signalait l'an dernier les sites sauvages et verdoyants, les vergers luxuriants d'ain Barda, (C les pamjyres et les orangers» (selon le terme de notre confrère Boutet). Mais une antenne à ce trajet, une antenne de découverte et de charme, c'est le circuit Ides Senhadjas, entre Aïn-Aïcha, Ain Méd'lOuna, Bou-Adel et Beni-Oulid avec retour à Taounat par la gorge du Sra, Il est peu de personnes qui ont fait cette excursion qui restaa encore un moment ré::;ervée aux amateurs d'émotions neuves et rares, aux privilégiés qui peuvent perdre un ou deux jours entiers loin de la grandê vifle, loin de toute notre organisation eu~ ropéenne, Loin, est cependant beaucoup dire, car le circuit des Senhad~as ne s'ouvre à l'aventure qu'à environ qlllatre-vingt-cinq kilomètres de Fez, lorsqu'il faut abandonner «Ras el Caillasse» la fin de la route empiôrrze à mi-trajet, entre Aïn-Aïcha et MéHiouna, et prendre la piste en plein milieu de la grasse vallée de l'ouergha, piste qui, à travers des be'.;;, et des orges vous conduira à Aïn-Médiouna, en sept ou huit kilomètres. A Aïn-Médiouna, paysage nouveau, le flanc abrupt du Djebel-Kil (1650 mètres) est parloemé déjà de vergers et de grands arbres: chêne,;; et noyers, oliviers et térébinthes, la casbah célèbre domine les ru'mes où l'on lit le nom du Capitaine Resplandy, le der"1ie:: et malheureux défenseur. D'Aïn-Médiouna aux Cascaldes de Bou Adel, la piste en corniche est étroite, ve1' tigineu'.>e, émouvante. Au fond d'à pics effrayants coule l'ouergha; de part et d'au tre de la gorge les vergers étendent leu"s frondabons, et la piste passe, souple et au' dacieuse, entr<! les grand noyer.:; et les grands orangers dont les branchages forment une véritable voûte surplombant le chemin. DE" temps à autre, un village étag.= ses chaumières, ses mo.>quées et ses sanctuaires, tel Ouled-Azam et Bou-Adel. Une population nombreuse et intelligente, bien vêtue et portant en général, la sombre et courte djellaba des Rtffains, prolifère sur cette montagne où l'on compte paraît-il dixhuit mille habitants. Pas Ide fanatisme chez ces gens, pas de xénofhobie, l'accueil est souriant et les autochtones se montrent curieux de l'étranger ou effrayés Ide la présence rare de l'automobile. ' A Bou-AdeI, le viilage est très importan~. il y a des rues, des venelles; les mais-ons qui comportent eénéralemsnt un étage sont couvertes comme no',;; cheminées de toits en pente, il y a du goût et un essai d'art, dans les lucarnes et autres motifs décoratifs des maisonnettes. Des cascades Ï'ssues de sources aux pl':y priétés légendaires et magiques font tourr:er d') pittoresques mou~ins à roues, au pied même des flancs escarpés!du mont. Les grands orangers et les noyers couvrent les pentes, nous sommes ici, comme à Ghafsaï, à Tazradra et à Aïn-Berda en plein bois d'orangers et l'on dit que certains arbres produisent jusqu'à cinq' mille oranges. Ces oranges sont délicieuses comme du miel et n'ont que de..rares pépins. Après Bou-Adel, l'on redescend par des lacets jusqu'à l'ouergha, face aux pentes du Taghzout espagnol aux crêtes soul't::;nées par la neige et le::; cèdres. On repasse l'ouergha au gué) de Beni Oulid; ie circuit est de 26 kilomètres environ. A Beni-Oulid, un salut au Capitaine Idabé, qui est le C( Hakem» des Senhadjas de l'ombre et des Senhadjas du Soleil (S,nhadias de Deul et Senhadjas de Chems); c'est lui qu'l a aménagé cette pbte en CCl' niche, et Fon reprend la route encaillas.sée qui vous reconduira à Taounat et de là à Fez, mais il faut d'abord passer sur le pont suspendu Ide l'oued Sra où le spectacle est un vertige... sous le tablier la gorge profonde e'.>t un véritable «canon» où l'oued a creusé dans son grondement séculaire un ab.î~e qui semble sans fond. M. KAMM.
31 Numéro 6 NORD-SUD Mais à quoi bon parler d'histoire? Elle se lit sur les vieux murs. On ne peut visiter Moulay-Bouchta sans se sentir transporté dans un autre siècle, et je ne connais rien de plus mélancolique que le bruit d'un tambour et d'une flûte montagnarde se répercutant sur ces vieilles maisons. sur ces rochers, car on croit entendrf' une musique très ancienne, qui surprend et trouble les oreilles et les âmes d'aujourd'hui. MOULAY-BOUCHTA. - Vue panoramique du village MOULAY - BOUCHTA Entre tant de beaux sites, le touriste qui visite la région de Fès a le tort de choisir toujours les plus proches de la ville, en négligeant un peu ceux qui sont tant soit peu éloignés. Mais souvent il est bien excusable parce que nous ne lui offrons pas de bonnes routes pour visiter les payeages ou les monuments que nous vantons dans nos journaux ou dans nos guides. Le sanctuaire de Moulay-Bouchta, son village, sa zaouia, le chilte2u-fort de l'amergou, sont de pures m:rveiles, mais einq ou six kilomètres de mauvaise piste les séparent de la route d'ouezzan, sur laquelle il faut déjà parcourir 65 kilomètres depuis Fès. Les voyageurs ne songent même pas à lever les yeux vers la montagne. Si nous n'obtenons pas les crédits nécessaires pour construire une route conduisant aux ruines almoravides, je demanderai qu'on place sur la route un poteau indicateur qui dira : «Passant! arrêtez-vous, regardez le sommet de ces roches, il y l'amergou a là des ruines extraordinaires, féeriques. Vous en voyez la silhouette. Allez les visiter. Vous ne regretterez pas cette petite ascension.» doux que des agneaux. Chose curieuse, ce ~aint est aussi le patron des cavaliers, des musiciens, et des voleurs. La zaouia Moulay-Bouchta est une académie de musique : on ne sait bien jouer d0 la raïta et du tebel que si l'on a joué devant le tombeau du saint, dormi dans l'ombre de sa koubba, dansé avec les jeunes éphèbes aux mœurs équivoques qui fréquentent le sanctuaire.. Mais c'est là aussi qu'on apprenait à voler, a'l temps où le vol des bestiaux était un sport aussi estimé que le rugby aujourd'hui. Moulay-Bouchta servit plusieurs fois de refuge aux fils révoltés des princes. C'est là qu'est la sépulture du célèbre marabout El Ayachi qui combattit les Espagnols et les Délaïtes. Mais plus ancien encore est le village des chorfas «Ghoual» (les ogres), qui se trouve dans une anfractuosité de la montagne'. L20n l'africain prétend que les Romains avaient construit là une petite ville. En tout cas la légende, l'histoire et l'arehil clure, J='our une fois, sont d'accord à baptiser la kasbah d'amergou, kasbah de Tachefine. L'Almoravide vint là, comme il vint sur tous les sommets dominant le pays qu'il conquérait pas à pas, tout en convertissant à l'islam les païens, les juifs, les chrétiens. Mais quels furent les bâtisseurs de cette forteresse? On ne peut s'empêcher de penser qu'il y eut là des ouvriers européens, car l'on trouve sur le crépissage des murs qui ne marque aucune trace d'usure malgré six siècles d'existence, des signes pareils à ceux laissés par les artisans sur nos cathédrales du moyen âge. Le plan même du château-fort fait penser à une construction féodale. Ce qui reste des donjons, des courettes, des redans ne rappelle en rien la kasbah berbère. Mais le promeneur aura, en atteignant le sommet de l'amergou, une autre joie, celle de voir à ses pieds un paysage extraordinaire, d'étendue et de variété. L~ Rif, bleu avéc sès pics des Khammès, d~, Ghomara et le,; hautes falaises des Ghe- _ 'zaoua, les ballon, des Senhadja, les montagnes étranges de Tzoul, le Tazek:: de Taza, b Bou-Iblan étincelant de neige, le Kandar, le Z:rhaun, le T:::lfat, les rich:s plaines du S:bau et de 1'0uergha, tout le Maroc de l'ou2d, tout lc Gharb, notre beau pays. Paul ODINOT Moulay-Bouchta, «le père de la pluie)j, fut tout simplement un des marabouts guerri~rs qui, au seizième siècle, naquirent d'un mouvement né!tionaii.ste ct fanatique du peuple. C'était un saint un peu fou, que l'on apr:elait «El Ghommar», l'enivré par l'amour de Dieu. Il n'est pas bien sûr qu'il n'ait pas goûté parfois ce jus fermenté du raisin que les habitants du pays, les Djebala, appellent aussi «el ghommar». Saint qui avait le pouvoir, et qui l'a encere, de laire tomber la pluie, qui sauvait les enfants en danger de se noyer, qui pétrifiait les voleurs et rendait les lions plus MOULAY-BOUCHTA. - Les ruines du Château-Fort de l'amergou dont la construction semble avoir été réalisée sous le contrôle d'européens. Dominant, comme on peut le voir sur la vue panoramique, le village de Moulay-Bouchta, cette forteresse subsiste encore après six siècles d'existence. (Photos Max legarçon. - Communiqués par l'essi de Fez)
32 NORD-SUD Numéro 6 LES EAUX DE MOULAY-YACOUB A 22 kilomètres au Nord-Ouest de Fez. après avoir traversé un ~ région montagneus~ qui rappelle le «r:'aysage lunain~» d'rto, on découvre Moulay Yë.coub avec ses terrasses étagées sur la pente occidentale d'une col line. Une odeur sulfureuse annonce la source thermale. D'ép~i:sses vapeurs montent du griffon, l'eau sort à une température variant entre 52 et 54 degré:>. Le débit est de litres par 24 heures. Trois sources secondaires voisines, dénommées source de la fécondité, source des dents, source de la gale, pourraient être cap~ées si c::tb quantité n~ suffisait pas. En plus de leur thermalité élevée, (52 à 54") les caractères physiques des eaux sont leur radioactivité et bur conductivité électriqus. Chimiquement ces eaux sont très riches en sulfure de sodium avec hydrogèil(~ sulfuré libre. La valeur thérapêuthique d ~ ces eaux est connue depuis longtemps.. L'Emir Almohade Yacoub El Mansouri qui mourut en 1193 aurait fait construire les premiers bains. Au lendemain dss émeutès de Fez, le Général Gouraud expérimenta sur lui-mêm:: les heureux effets des eaux de Moulay Ya.. coub. Les Affaires Indigènes firent alors construire deux piscines, une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Le Contrôle de Fez-Banlieue en 1930 a aménagé un établissement thermal doté de six cabines de bains, et d'une salle de repos. En 1932 a été édifiée une infirmérie où chaque vendredi sont données des consultations aux baigneurs et aux malades. Les r2aux de Moulay Yacoub sont indiquée; pour : toutes les formes de rhumatisme e~ d'arthropathie.s, 1er; névralgies et les suites d",. traumati~mes articulaires ou osseux, les trou.. bles cir~ula"oires des membres, les affecü:jlis génitales chroniques de la femme (amén:jrrhée, dysménorrhée, métrites, métrorragies. annexites, stérilité...) les dermatoses (eczéma, proriasis, acné, prurit...) les affection:. de la bouche et du rhino-pharynx, les syphi lis secondo-tertiaires. Les contre~indicationssont : la tuberculose, les maladies de cœur avancées. Les moyens de communication de Fez " Moulay Yacoub et vice-versa sont assurés par plusieurs compagnies de cars,_ les départs sont fréquents à toutes les heures de la journée. l.j::s hôtels arabes, plusieurs hôtels ieraélites, un hôtel européen, offrent logis et nourriture aux baigneurs. D2 tous les points du Maroc et de l'algérie, les Arabes et les Babères viennent soigner leurs douleurs et leurs maladies d,~ peau, surtout la syphilis. Au printemps, le3 ~<:mailles achevées, Ils tribus voisines se, réunisssent et les moussems se succèdent avec processions, sacrifices de taureaux, chants, musiques et danses. Pour les musulmans, Moulay Yacoub, n'est pas seulement une station thermale, c'est auesi un centre de pèlerinage. A la piscine, le baigneur récite à haute voix une courte prière au saint Moulay Yacoub quand il passe sous la douche d'eau qui tombe de la canalisation dans le bassin. Aussi des paralysies et d'autres affectio!15 d'origine hystérique ont été guéries par les eaux miraculeuses. Le", Israélites et les Européens sans avoir la foi en ce Lourdes musulman, croient à la valeu~' curative des eaux de Moulay Yacoub. leur dfluence, chaque année plus nombreuse, le témoigne. Quand une exploitation scientifique d,s eaux et vapeurs sulfureuses sera mise - au point, Moulay: Yacoub pourra rivaliser avec les meilleures stations thermales françaises. Ville d'eaux en même temps que centre dè pèlerinage, Moulay Yacoub est appelée ::, jouer un rôle de plus en plus grand dan:; l'économie de Fez et du Maroc. Dr SECRET. Le petit village de M::lulay-Yacoub présente au regard, une superposition curieuse de maisonnettes simples et blanches, Dans ses ruelles escarpées grouille une population d'indigènes qui viennent demander aux eaux sulfureuses des sources voisines, la guérison de leurs maux. le chant des prières se mêle au clapotis de l'eau pour clamer la foi inébranlable et l'infinie reconnaissance des pélerins musulmans en la toute puissance d'allah-ie-très-haut et du vénér6 Moulay-Yacoub. L'exploitation de toutes les ressources naturelles du Maroc n'est point encore achevée. Il n'y a là qu'un embryon d'organisation sanitaire. Cette œuvre de salut public et 'de sauvegarde d'une race, mérite pourtant d'êtreentreprise pour le plus grand prestige dé la France protectrice.
33 Numéro 6 NORD-SUD LES RELATIONS ÉCONOMIQUES D'E LA RÉGION DE FÈS AVEC LA MÉTROPOLE ET L'ÉTRANGER Le brilllmt éc~at jeté par Fb dans l'histoire du Maroc, sa prépondérance intel1<=ctuelle et politique, sa grand2ur artistique ont, comme facteur3 Ess2nti21s, une situation géographique privilégiée et une prospérité économique sans pareille à travers les àges. La douceur idéale de son climat, la richesse inépuisable de ses terres, la quantité et la qualité de ses eaux, ont as'suré à ses habitants une vie opulente et facile. Héritière de la grandeur musulmane cie l'espagne, Fès Gl. été de tous t.mps en rapport avec les civilisations du Nord : Ver5 le Sud, par des chemins fac'lles et toujouroi libres, elle a envoyé ses caravanes au delà du Tafilalet, jusqu'au Niger; vers l'est, ses troupes ont, par leurs conquêtes, ouvert la roule aux tra.iquants; enfin, la proximité des ports lui a.facilité des échanges nombreux ave~ les pays d'europe et la Côk Africaine. Au 17" siècle, un sultan avisé, am'l du progrès, grand admirateur de Louis XIV, créa Meknès, Idont il voulait faire l'image de Ver' sailles et demanda la main d'tme prince'3 se du sang, la princesse de Conti. Qu~ serait-il advenu du Maroc et surtout de Fès, si la Cour de Versailles ava'rt adhé~é nux,,~i:icitations dont elle avait 415 l'objet? Quoiqu'il en soit, les Fassis ont démontl'é qu'ils étaient des hommes rompus aux affaires dont on se plaisait à reconnaitre la largeur de vues et la finesse commerc lales. C'est ainsi que depuis plusieurs siècles. ils Entretiennent des relations étroites avec l'europ'e et notamment avec Marseille et. Lyon par l'achat Ide sucres. d'épices, de soieries et de velours; avec Manchester et Londres, pour les cotonnades, les tissus divers et le thé. Dès 1860, ils 'mstallent des représentants à Marseille, puis en Algérie, en Tunisie et en Egypte. A l'occasion des pèlerinages de la Mecque, ils recherchent de nouveaux débouchés et créent ainsi des courants commerciaux importants. Les tractations se faisaient alors dans une atmosphère de confiance réc'lproque, qui existe encore de nos jour", et les découverts, évalués parfois à plusieurs millions, se réglaient sans difficulté et sans défaillance. Les organismes' bancaires étaient inexis tants; le Négoce métropolitain, lors de l'envoi Ide ses marchandises, se contentah de débiter le compte de ses clients de Fès, qui couvraient à leur tour au moyen d'échanges, par des envois de laine, peaux brutes, poils de chèvres, cire d'abeille et autre's p'roduits maroçains. Il fallait tenir compte de la lenteur des communications, des var'lations de la monnaie «Hassani )), des difficultés du transit, Avant Larache, avant surtout Port-Lyau' tey, Tanger était le véritable port l::le l"ès. Escale de~ navires venant du proche ou a<~ l'exrême-orient, en provenance ou à d2-, tination des ports nordiques, atlantiquss ou méditerranéens, sa situat'lon doit,,lujourd'hui encore, rete.nir l'attention des régions du Maroc CentTa], par les facilils qu'il offre au commerc2 d'exportation et d'importation. Depu'ls cette épocl'ue heroïque, maint.", nant révo~ue, les conditions économiques se sont considérablement et heureusement modifiées, D'une part, les méthdles commerciales ont évolué ve-rs une bienfaisante modernisation due à la rapide transformation des moyens de transport; d'autr" part la quantité et la qualité des produit; expntable's se sont notablement accrue] Grâce au travail op'miâtre dss colons et. des agriculteurs marocains, aux conc2ptions hardies des Directions Générales d-s Finances et de l'agriculture qui Eur::=nt di.: velopper harmonieusement îa colonis:it'lon et la valorisation des terres, en mêm": temps que le crédit agr'lcole sous ses ttols formes normales, grâce aussi à la fertiïite remarquable de la terre marocaine, les moissons fécondes et le développement d'ùn élevage rationnel sont devenue's une ré:llité. Dans quelle mesure la transformation agricole et industrielle du pays a-t-elle progressé et tend-elle à équilibrer les facilités nouvelles offertes à l'importation? C'est ce que nous es'saierons de dégager en étudiant rapideme':nt les besoins du pays, les limites actuelles de sa production et">1es relations avec le monde extérieur. L'importante population lie 7UO,ODO âm~.., qui vit sur le territoire de Fès n'est p'as Sal'S avoir des besoins considérahies en produits bruts ou manufacturés. Pour 1930, les importations en articles de consoffilllation courante ont été les SUlvantes : Cotonnades." "... Frs. 50, Tissus de laine,.. "., ,000 Soieries...,... ", ,000 Soies grèges "..,.',..,.. 3,OOO,OOU Soies art'lficielles.. ".., COu Sucre : 9,500 tonnes "..,' 1.eOO,Ove Thé vert : 400 tonnes 6.000,Oon Bougies : 240 tonnes Cuivres et laitons 1.500,000 Ces chiffres s'entendent pour ia régio::. de Fès, Taza, Midelt, avec une proporti::e: de 40 % pour la ville de Fès et 60 % poul' la région; ils ne tiennent pas compte de la production indigène avec les produit.s n:)!) importés, production qui est excessivement importante. En 1931, les quantités importées sont le" mêmes, les valeurs seules idoivent être' augmentées d'environ 20 %' L'Angleterre apporte sur le marché, par Manchester et suivant de vieilles relations commerciales, d'imporümtes quantités d~, co~onnades et de thé; ~',Ealie, Hue'lques tissus de laine; la France, les sucres de Marseille, les so'lerie's de Lyon, les cotonnades et les lainages du Nord. Ces articles demandés pour la p~us grande partie, par la clientèle indigène, pro' viennent des grosses firmes françaises ou ides commissionnaires fassis installés à l'étranger; ii'5 sontd'tstribuès à travers le pays par une cascade de détaillants marocains, de transporteurs caravaniers et d~ soukiers qui atteignent les marchés les plus l'ecu' 1..,:S. Il convient d'ajouter à cette énumération 1-2 lourd ~\ribut des essences et t;!,:,trolf's consommés par le's colons européens et aussi par les indigènes, qui, de plus en p'lu,', apprécient les b'lenfai~s d'un mieux-êh'é' qu'ils méconnurent naguère. C'cs: ainsi que l'on consomme dans la.région : CcloniEntion : 1900,000 litres de carburants. Marché ouvert : litres d? cnrbu.. 'rants... Il faut notet que dans les villes, la majorité de-3 autochtones fait usage de l'électricité. Notons, enfin, les art'ic1es indisp?nsablcs nux agriculteurs et aux entreprises : véhicule1 automobiles, tracteurs, matériel et machines agricoles, matériaux de construction, ~'or1uits chimique:" engrais tels que potasse 'de France, azote de Belgique, phosphates du Maroc.
34 NORD-SUD Numéro 6 A cet afflux de produits de valeur, venus des divers pays du monde, il est nécessaire de rechercher si les exportations créent un courant équivalent. Les industrie's européennes, encore en croissance, n'alimentent que le marché loc,,:' De la Médina, par contre, les artisans fassis, dépositaires des vieilles industries "andalouses ou tolédanes, envoient vers les marcms lo'mtains du Sénégal, de l'algériee, I:h la Tunisie et de la Tripolitaine, des vêtements, babouches, objets de cuivre, qui jouissent dans ces pays d'une vieille réputation d'élégance indigène et de solidité qui firent toujours apprécier le goût et l'habilité des professionnels marocains. Pour la popllation mu~ulmane de l'afrique et jusqu'aux confins de l'asie, Fès a conser vé le cachet d'élégance et de raffinement que l'on attribue en Europe à Paris, capitale de la mode, du beau et du goût. Il y a quelques années, de nouveaux courants commerciaux se sont créés, vers l'amérique du Nord, vers l'angleterre, la France et les pays Scandinaves, pour l'exportation des œuvres d'art marocain : cuivres, peaux travaillées, tissus brodés, poteries, tentures, tapis (7.000 m2 pour 1932). Diverses expositions les ont mises à la mode; de nombreux et habiles commerçants en font, chaque jour, ressortir la valeur artistique. C'est, maintenant, vers l'agriculture, source de toutes les richesses, que nous devons tourner nos yeux et demander ce qu'elle apporte dans la balance de notre économie locale. Sur une populat;on de âmes, agriculteurs européens ou autochtones attendent avec anxiété quel sera le résultat de leur travail. Ils suivent attentivement les variations des cours mondiaux pour tous les produits dont ils vivent : élevage céréales cultures riches et leurs dérivés.', De la totalité de leur production, quel excédent non-consommé connaîtra le départ vers l'etranger? En blé dur. la récolte indigène varie, selon les années, de 300 à quintaux; celle des européens. à la faveur de la colonisation est passée de quintaux en 1930 à quintaux.en La minoterie locale travaille pour les besoins de la région de 80 à quintaux de blé dur. le reste de la production est consommé entièrement par les populations citadine et rurale. Les superficies emblavées en blé tendre par les colons ont singulièrement augmenté, puisque de en 1926, elles sont de ha. en Sur les quintaux de blé tend!'(: «colon)} et les quintaux «indigène», la minoterie locale prélève, en cours d'année, quintaux. En résumé, sur toute la production en blé de la région, une cinquantaine de mille quintaux de blé tendre sont disponibles pour le commerce extérieur. Ce sont exclusivement des blés (( colons )) de haute qualité, tels que les 422, 284, 335 dont l'expansion est du) à la science de M. Miège, Directeur de l'agriculture à la Direction Générale du Protectorat. Certes, ce contingent augmentera rapidement au cours des années à venir, d'autant plus que nos colons s'attachent à élever la valeur boulangère de leur production dans une uniformité standardisée qui la fera rechercher comme les (( Manitoba )). Il y a lieu de souligner également les expol'tations importantes de produits divers, tels que fèves, pois, haricots etc... qui ont été multipliées par les colons, pour les grainetiers de France. Les cultures maraîchères s'étendent actuel lement sur hectares et cette superficie peut facilement être triplée; cela permet de prévoir dans un très proche avenir l'exportation de légumes frais et de légumes conservés. Malgré la lourdeur du marché des huiles, nous ne pouvons omettre l'olivier, dont pieds sont en pleine production chez les ini:ligènes et en croissance chez les européens, dans l'attente de tcmps meilleurs. Il semble -enfin, que notre région soit sur le seuil d'une ère nouvelle de prospérité depuis que la production fruitière a été mise à l'étude. Des terrains de tout premier ordre, sont servis, par une hydrographie inépuisable, soit par ruissellement, soit par une nappe phréatique abondante alimentée par la fonte des neiges de l'atlas. L" climat permet, en hiver, un repos vég'étatif aux arbres, repos qui leur manque en d'autres lieux où ils semblent souffrir d'une croiseance continue. C'est ainsi que pêchers et abricotiers sont dans leur pays d'élection. La prospection du Djbel et du Riff fera connaître des agrumes d'étonnante saveur. Sdrou, Immouzer, El Menzel, pays d'altitude, nou:; apportent déjà cerises, groseilles, framboises et pommes. Nos fruits précoces atteindront l'angleterre, consommatrice importante, et l'allemagne que ravitaillent actuellement l'espagne, l'italie et l'egypte. Un millier d'hectares de vignes européennes dépassent les espoirs qu'avait fait naître l'étude des 3 ou 4 millions de pieds de vign2 indigène : le raisin frais qui, en raison de la diversité des cépages, est - dans notre région - ou très précoce ou très tardii,s'exp:jrtera sur les marchés européens; les raisins secs concurrenceront avantageusement les meilleurs produits grecs; nos vins, enfin, riches en couleur et en alcool, dédaignés sous leur forme actuelle par la Métropole, y entreront sans doute un jour, sous la forme de vins de liqueurs (porto et dérivés) avec la réputation qu'ils méritent. Au point de vue de l'élevage, le Sais et l'ouergha sont des régions de premier ordre : moutons et bovins ne tarderont pas à déborder le marché local. Nos porcs, depuis des années, par Casablanca et Port-Lyautey, sont expédiés sur Alger, Oran, Bordeaux et surtout Marseille, où la finesse de leur chair est très appréciée. La Porcherie Coopérative a exporté, par Casablanca, kilos de porcs vifs au cours de cette année, et celle de Fès a travaillé à suivre l'exemple qui lui était donné. Ainsi les plus beaux espoirs sont permis à l'agriculture, à l'arboriculture et à l'élevage. Ces espoirs ne seront pas déçus, à la condition essentielle que les pouvoirs publics étudient avec la plus grande attention les grands marchés importateurs et dirigent dans ce sens la production marocaine; qu'une liaison.étroite existe entre nos attachés commerciaux à l'etranger et nos organisations agricoles; que l'exportat'lon se fasse suivant. les voies les plus rapides et les plus économiques, en dehors des rivalités de villages, si préjudiciables à l'économie générale; à condition aussi que tous les éléments de production, tant indigènes qu'européens, travaillent dans une parfaite entente au développement ct à l'enrichissement du pays. Le pouvoir d'achat de notre belle région, loin de diminuer comme il serait à craindre avec un CO::lm2rCe mal dirigé et une production chaotique, irq en augmentant et, de Fès vers l'europe, comme de l'europe vers Fè.s, s'établiront des courants parallèles d'importation et d'exportation, facteurs essetitïsls d'un" harmonieuse prospérité. M.ROUX Intendant Général de la 2" section du Cadl'e
35 Numéro 6 NORD-SUD LA VOCATION A6RICOL[ Dt LA Rf6l0N Dt ru -----~---- FÈS. - Vue générale de la ferme expérimentale (Photo Legarçon) n n'est pas besoin d'être prophète, ni même agriculteur compétent pour prédire à la Région de Fès un bel avenir. Il suffit d'ouvrir les yeux sur le, présent, il suffit de lire quelques vieux livres pour savo'tr ce qu'était le passé. Fès est U'ft jardin vieux de mille ans tel que le virent, Idrissi, Bekri, Ibn Saïd, et telle qu'apparut à Moulay-Idriss, son fondateur, la plaine du Saïs, telle est encore cette région élue, que le colon français, par ses efforts, ses méthodes raisonnées, sa paix, va transformer en Mitidja. «Fès, dit l'auteur du Roudh el Qirtas, au XIII' siècle, réunit en elle, eau douce, air salubre, moissons abondantes, excellents grains, beaux fruits, vastes labours, fertilité merveil.leuse, bois ép(l,is et proches de la ville, parterres couverts de fleurs, Itmmenses jardins potagers, marchés réguliers, fontaines pures, ruisseaux intarissables qui coulent à flots pressés sous des arbres touffus aux branches entrelacées et vont ensuite, arroser les jardins dont la ville est entourée. Dans nulle part're du Moghreb on ne trouve de si vastes terrain~ de labours et des pâturages si abondamment arrosés qu'auprès d:: Fès. Du côté du midt, s'élève la montagne des Beni-Bahloul dont les forêts superbes donnent cette quantité incalcltlable de bois de chêne et de charbon que l'on voit chaque matin aux portes de la ville. Près du Sebou, à un mille de Fès, se troulje (toujours au Xn1" siècle) la forêt de cèdres des Beni Yazghar. Des mines de sel, dés sou?' ces cha:udes, mais sttrtout l'eau de l'oued Fas avec ses propriétés merveilleures, font de la capitale Itdrisside une ljille unique réunissant dè3 sa na,issance, tous les dons qui laisse,nt espérer une longue et brillante existence». C'est à dessein que je m'attarde à l'éloge de Fès-vergér, Fèsjardin, de Fès-métropole. C'est parce que je voudrais prouver que si les villes sont presque toujours nées comme le fruit dans l'a?'b?'(~. parce qu'elles étaient enfantées, secrétées par une région fert!tle et comlnerça,nte. Ici, il y a eu réciprocité. Fès a été le germe, le novau toujoltrs ljiljant qui aggloméra autour de lui des hommes, des p~(i,y!tes. C'est parce que Fès avait besoin, de blé et d'huile pour ses habitants et ceux qui ljenaient s'y appro'l1lsionner qu'on planta d:s olilj'e?'s chez les Cheragas ou qu'on creusait plus de sillons ch~z les Hayaïna. Mais aljant tout, il y aljait certes, dans le pays de Fez, une zone fa 1J0rable un heureux concours de circonstances, d'altitude, de climat, de pluviométrite, de qualités de terre, de régime, des vents, et de tous les phénomènes qui régissent le développement des plantes, phénomènes contre lesquels, s'ils sont défavorables, l'homme s'épuise à lutter. Ainsi, donc un pays favorisé, et au centre, un cœur, une âme, ville vivante et qut veut vivre, qui veut grandir, qui veut dominer et «que Dieu gardera de tous les maux jusqu'au jour de la résurrectian)) comme l'a dit Abou Herida qui tenait ces paroles de la bouche du Prophète lui-même, annonçant la naissance de, Fès. Il faudrait cependant tout d'abord s'entendre sur ce qu'on appelle la région de Fès. Au temps de Léon L'Africain le Tamesna (1), Meknès, le Zarhoun, le Rif, le Gharb, le Garet (2), le Chaus (3) etc... en faisatent partie. Maintenant la région de, Fès a des limites tracées par des nécessités militaires et administratives. Mais comme je l'ai dit souvent, il sera nécessaire, quand la pacification sera complète, de donne?' aux régions, une muté économique, des limites naturelles, af'n que ne soient pas séparées par dès frontières, le producteur et le consommateur.. Il me serait facile de démontrer, par des exemples pris sur le vif, qu'il n'est pas sans conséque.nces économiques le fait de rattacher la région de Taza à celle de Fès ou à celle d'oudjda ou de mettre Ouezzan dans la région du Gharb ou dans celle de Fès. Bref, je Testerai dans le vague de peur de faire de la peine aux autres villes du Maroc, car Fès pour mât, et pour d'autres, est l'âme du Maroc et ra véritable capitale politique et économique. Et je parlerai d'une zone entouruint Fès, sur une distance de cinquante kilomètres environ à l'ouest et à l'est, et de cent kilomètres au Nord et au Sud., «On ne peut comprendre le rôle important de Fès si l'on ne remarque l'heureuse situation de cette dtté. Ville du Nord, 'Fès unit le Nord avec le Sud, l'est aljec l'ouest, elle est située. au fond d'une dépression géologique qui fit autrefois communiquer la Méditerranée avec l'océan avant l'effondrement du détroit de Qibraltar C'est dans sa CUlJette que prend naissance la piste des caravanes qui traverse les deux Atlas, Aboulet au Taft ' alct. De Fès, partent les,?-outes de l'occident ve?'s Tanger, Ve?'8 Tétouan, par Ouezzan "t Chechaouen, ljers Rabat et la côte de Chaouïa. Le désert n'a pas réussi à isoler le Maroc vers 'l'est. L'Empü-e de Fès fin't à TZcmcen. Mais Fès est encore toute proche de l'espagne, etc...». J'emprunte ici à un auteur non suspect d'esprit de clocher, et qui a parcouru le Maroc en tous sens, M. Fel' nand Benoit ancien chef du Service de la Presse à 10 Résidence cl Rabat. Mais, dira-t-on, il s'agit d'agriculture et non de commerce. Je ne l'oublie pas, mais c'est justement parce que Fès était un jardin fertile depu!ls toujours, arrosé d'eau.r abondantes que les caravanes se dirigeaient vers ce lieu enchanteur où la vie était facile et heureuse. te Parc Municipal de Chambrun, inauguré il y a peu de temps, s'agrémente d'une végétation déjà vigoureuse qui en fait un but agréable de promenade. (Photo Se>fta) Créé-t-on des marchés là où il n'y a pas de pain, d'orn~' bre, de fruits de source? Qui donc achète les étoffes et le sucre sinon le fellah qui a vendu SOn blé ou sa lame :' Fès est devenue une Kaisaria immense, une métropole commerciale, parce qu'elle s'appuie sur des clients agriculteurs ou éleveurs et je suis persuadé que la ville française de Fès se développera SltTtOUt grâce aux colons fmnçais et indigènes qui adopteront nos coutumes de V'le. Qu'était donc la regwn de Fès dans le passé, au poil',t de vue agricole? Quoi qu'en pense1nt des hommes p?-essés, l'histoire du passé est indispensable à la connaissance de et à l'organisation de l'avenir. L'étude du passé, c'est l'expérience d'une infin'tté d'hommes, qu'on peut embrasser en quelques heures surtout si l'on sait faire un tri. San~ déclarer forcément bien, ce qui a réussi, on peut, on doit tirer des enseignem-enrs utiles, de l'effort de ceux qui sont morts.
36 NORD-SUD Numéro 6 FÈS, - Le Souk-el-Khemis, marché de moutons La regwn de Fès c'est le fond d'un lac, d'une mer, qui s'est retirée ily a bien longtemps, mais qui a laissé des fossiles sur tous les sommets. Je connais à trente dmq kilomètres de Fès une colline d'huîtres géantes fossilisées. Aussi n'est-il pas tentant de comparer cette im- mense plaine du Saïs, lorsqu'on la regarde à L'aube, sous la brume, légère comme une mer dont les vagues sont figées en sillons, n'est-il pas tentant de considérer cette route blanche où courent les autnmobiles comme un fleu.ve qui coule comme jadis, vers les rives dé la 'mer terftaire? Ce ne serait pcs la première fois que la géologie et L'archéologie servent à l'agriculture. C'est parce que M. P. Bourde trouva beau coup de 'l)estiges de moulins à huile romains en Tunisie qu'il eut l'idée de 1'eviv4i2r les olivettes, lesquelles ont fait la richesse de ce pays. Et ce Sais, nom absolument identique à celui de la ville Egyptie'Jtne du delta, doit nous ré'véler le secret de ses cultures anciennes. J'estime en effet que la culture-type, qui doit sauver le Maroc cot celle qlli s'attachera à une plante poussant naturellement, vigoureusement dans le sol dont ThO'US disposons. Plante poussant avec force chez nous et dtfficilement dans les autres pays. Quelle étaient donc les cultures d'autrefois dans la région de Fès? Il faut toujours en revenir à Léon l'africain qui a été un observateu?- consciencieux et assez complet. A Fès, tout d'abord on trouve des fruits de toutes espèces. Le blé, mot qui s'écrivait alors «bled» est cultivé dans les plaines, mais l'orge If. remplace dans les hautes vallées. V ers l'ouergha on cttltivait et on cultive encore le seigle (ska!ia) qui donnait un2 paille longue pour ~o"'_ struire. le toit des chaumières. On trouve le lin, et le chanvre dont les fils sont tissés un peu partout mais surtout à Fès. La vigne est abondante. Le raisin est oéché ou transfo''' mé en vin qu'on boit presque partout alors. Fès est entouré d'oliviers, qu'on trouve dans wut?c Nord de la Région et à Sefrou. Et il n'y a guère qu'une centaine d'années que les environs de Fès ont perdu leurs immenses forêts d'0liv1tcrs, brûlés pendant les sièges ou. atteints par les maladies.. Les vergers de Fès sont pleins de beaux fruits: oranges, grenades, abricots, coings, pêches, prun:ls. Dans ces mêmes jardins on trouve la ros2 cl parfum ct le jasmin qu'on distille ainsi que la fleur d'oranger. Ce qu"û y a de!jius remarquable dans cette région de Fès, c'est que les arbres les plus variés peuvent y croître. On y trouve côte à côte le cerisier et le bananier, 12 peuplier et le cèdre, le palmier-dattier et le noyer. Le mûrier y pousse et, à une époque très rapprochée, on a élevé le ver à soie près de Fès. On m'a encore assuri que l'on avait?'éussi à faire pousser du riz dans les marais du Douiet, il y a dznquante ans. A côté des mérites de la terre, il serait injuste de ne 1)as dire ceux des hommes. Les citadins de Fès, bien qu'ils (!tent reçu, des émigrés andalous, d'heureux conseils et de bonnes méthodes agricoles, se contentutent surtout de -regarder pousser leurs arbres sans les greffer, sans les amélio?'er, mais ils eurent cependant le talent de faü'c travailler ceux qui savaient: les gens des oasis du Sud - Todgha, Ferkla, Tafilalet - qui sont des horticulteurs émérites et les Djeba!as qui sont des arboriculteurs d! 1'ace. C'est kt que je pourrai reprendre un instant, ma thè $e de Fès, animatrice de l'agriculture. Nous connaîtrons un jour prochain, je l'espère, l'intéressant travail du Contrôleur Civil Gro'pinet étudiant les rapports du Fasi avec les fellahs de la banlieue. Le Fasi a été, dans l'association agr/wole, le bailleur de fonds et le protecteur. C'est pourquoi les «azibs» ont nu se mai'ittenir dans le pays ravagé par les guerres et î'anarchie. r- Il semit utile de dire un mot de l'élevage. Mais la Région de Fès se prête moins à l'élevage qu'à la culture : jamais ses animaux n'ont pu lutter sur les marchés, avec ceux du Tadla ou du Gharb. Est-ce une lacune, une fatblesse? Je ne le crois pas. L'élevage est la ressou?'ce de pays non cultivés d'une façon inten.'ivc. Cependant, on trouve, à Fès, une race de vaches bonnes laitières, ce qui prouve qu'en soignant bien le bétail, on (Lrriverait à transformer la race actuelle des bovins. Les chevaux des Cheraga, des Rayanas sont, depuis toujours, réputés, ardents, courageux, résistants. Voilà donc le pays que trouvaient à leur arrivée è. Fès, les Français désireux de collaborer dans l'esprit des (Photo Legarçonl traités avec les MarocQ'Ïns. Je le répète, il manquait seuleme1nt, à ce beau terr0ü', l'ordre et la paix. Le Roudh Qortas dit, ou à peu p"ès: «Il faut à une région qui véllt prospérer de l'eau courante, des bons labours, du bois, des constructions solides et surtout un chef qui veille à la sécurité des routes et au respcet dû à sa puissance». Les habitants du pays environnajnt Fès nous ont cédé (moyenn'1tvt finances) d'excellentes terres, nous (en leur faisant payer l"tmpôt), leur avons donné la sécurité, la paix française, nous leur donnerons p~us encore In cha Allah; je veux dire l'aisance, la richesse, la. vic facile, mais avant tout, je ne perdrai pas une occasion de le rabâcher, de le crier : Rien d'heureux ne sortira de notre inten,ention au Maroc, S't nous ne savons pas mériter l'amitié de nos protégés. Il est un contmt, en droit musulman, qui s'appelle le Mogharaça. Un propriétaire abandonne la moitié d'une ten'e inculte à celui qui la met en valeur. Tel doit être notre formule ici. Transformons des terres fertiles malis négligées, abandonnées au hasard des bonnes récoltes en terrains fertilisés, soignés. Plantons la lande de beaux arbl'es fruitiers; rétablissons les vergers détruits; améliorons les espèc~$; et, plus tard, dans dix ans, dans vingt ans, nous aurons Elnfin le druit Gk d're bien haut que la moitié de cette glèbe africaine façonnée de nos mains est devenue française si, en même te?nps, nous avons su" par l'ecole française,. faire, naître dans les cœurs?1'wrocains dgs sentime?ts d'estime pour notre pays. Paul ODINOT. (1) (2) (3) Province des Zaers, Chaouïa, Zaïan. Maroc Oriental. Ou Haouz, He.ut..Sebou et Haute-Moulouya. Le marabout de Sidi Hamed el Bernoussi est encadré d'une verdure fournie qui revêt quelque peu, aux yeux des Indigènes qui hantent ce i'teu, un caractère sacré.., IPhoto Legarçon)
37 Numéro 6 NORD-SUD LA COLONISATION RURALE DE LA RÉGION DE FÈS La Région de Fès, dont la vocation agricole va sans cesse s'affirmant sous nos yeux joint aux aptitudes exceptionnelles de son sol les avantages d'un climat éminemment sain et d'une position géographique privilégiée ; ensemble de conditions, qui, dès le début de l'occupation française, firent apparaître ce 'pays comme un pays d'élection de la colonisation. En fait, ces mêmes conditions qui devaient favoriser un peuplement rural européen, avaient engendré une situation politique et un régime foncier tels que ce peuplement allait s'en trouver retardé. A la faveur de l'affaiblissement du pouvoir central qui s'était produit vers la fin du dernier siècle, la bourgeoisie fassie dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres autour de la capitale et, au-delà de ce rayon, les Caïds, avait mis la main sur les terres les meilleures et les plus accessibles. Sur les autres terres le fellah plus ou moins propriétaire, s'était cramponné au sol et s'y maintenait dans la mesure où les berbère3 d'alentour du Riff, et de l'atlas, le lui permettaient. L'étendue des terres domaniales était relativement peu importante. Ainsi donc, l'attachement de l'indigène au sol et la rareté des terres facilement aliénables d'une part ; l'insécurité résultant du voisinage des tribus montagnardes insoumises d'autre part ; tels étaient les obstacles qui devaient d'abord retarder l'accès de ce pays à la colonisation et ensuite inciter le Gouvernement du Protectorat à donner à celle-ci une forme particulière qui répondît à des nécessités politiques et économiques nouvelles. C'est pourquoi, la colonisation amorcée en 1918 et 1919, aux abords immédiats de Fès, dans la plaine de Saïs, avec les grands domaines de Ras-el-Ma et d'ain-sick, ne s'étendit pas jusqu'à 1926, au-delà de cette plaine. C'est pourquoi aussi, au lendemain des affaires du Riff qui avaient libéré la région de la menace qui pesait sur elle,.et qui, une fois de plus, avaient démontré 10 nécessité de faire suivre sans délai la conquête par la colonisation rurale, le Gouvernement pour aller vite et, pour procurer aux colons des terres qu'ils ne pouvaient acquérir facilement, fut amené à accélérer la colonisation officielle. Aux deux périodes qui précèdent et qui suivent la guerre du Riff, correspondent deux étapes de la colonisation. Au cours de la premièr~ étape, de 1918 à 1926, les deux domaines cités plus haut (Ras-el-Ma : ha, et Ain-Sick : ha.), constituent comme les positions avancées et les bastions d'un pénmètre de colonisation de ha. qui englobe toute la plaine du Saïs, de Fès à Ain-Chkeff, à l'oued-n'ja, aux collines du Trat et de Moulay-Yacoub. C'est dans Ce périmètre que se juxtaposèrent successivement les lotissements de Bethma-Guellafa, de Douiet, du Saïs, de l'ouezzani et de l'oued-fès, au total de 100 colons. Cet ensemble constituait une base solide d'où la colonisotion allait pouvoir rayonner dans toutes les directions, et sur laquelle de nouveaux lotissements allaient s'appuyer pendant leur période de croissance pour former cette cohésion et cette unité qui sont les éléments de force colonisation de Fès. ~ Les lotissements de Souati, de Sahel et de solidité de la A partir :le 1927, profitant d'une situation éclaircie et d'un champ d'action brusquement élargi, le Gouvernement étend rapidement la zone colonisée. Mais à l'inverse de ce qui a été fait précédemment, comme il s'agit maintenant d'aller vite, et d'asseoir.sans délai la conquête, des antennes sont lancées le long de toutes les voies de communication. Des groupes de colons sont plaqués aux points économiques et politiques les plus importants, au cœur même des tribus ou à leur jonction. Pendant cette période qui s'échelonne sur 4 années, de 1927 à 1930, sont créés successivement ; - Le lotissement des Beni-Sadden sur le plateau qui sépare les région de Fès et de Taza, le long de la voie impériale (17 colons; hectares) ; - Les lotissements de Karia, de l'innaouen, et du Leben sur les routes du Nord et du Nord-Est, dans les vallées du même nom (35 colons, hectares) " ' s.ooo / l/' / \ ev ~...- Bou Tahar et de Kelaa des Sless, dans la vallée de l'ouergha, à la frontière de la zone espagnole (20 colons, hectares). Au sud, la colonisation privée atteint et dépasse Sefrou, puis s'engage sur les premiers contreforts du moyen Atlas (une vingtaine de colons avec hectares). En outre, une vingtaine de colons s'établissent sur divers points du territoire et dans la banlieue de Fès sur hectares. Le graphique ci-dessous met en relief cette progression de la colonisation. (Voir graphique) A ce jour, la campagne de Fès est tenue dans un rayon de 120 kilomètres par plus de 200 colons répartis de 12 lotissements et exploitant environ hectares. La moyenne des propriétés ressort donc à 220 hectares. La plupart des colons pratiquent la motoculture et la culture à traction animale combinées. Dans chaque lotissement les fermes sont espacées de 1 à 2 kilomètres. Ces lotissements sont desservis par de bonnes et nombreuses routes qui les font communiquer entre eux, et mettent les plus éloignés à deux heures à peine d'automobile de la capitalc_ 1 V 1/ J ~ J V / j V. Graphique représentant la progression de la colonisation européenne dans la région de Fès de 1918 à (Superficies colonisées en hectares). rj "
38 ~ NORD-SUD Numéro 6 2, duisent des vins de qualité dont la renommée est d'ores et déjà assurée. Si l'on règarde maintenant du côté de l'élé-, vage, on s'aperçoit que chez les Européens cette branche n'est pas aussi développée qu'elle devrait l'être. Cependant, sous l'impulsion des coopératives d'élevage, un mouvement Le dessine en faveur de cette spéculaticn agricole, sur les résultats duquel on p::.ut fonder beaucoup d'espoirs.. Ainsi grâce à la présence de l'eau partout, à la fécondité des terres et à l'excellence du climat, se complète et s'harmonise le triptyque : labourage, plantation et pâturage qui assurera à la région une économie agricole complète, organisée et équilibrée. Après 10 ans à peine de colonisation, la région de Fès se place à côté de sa voisine et son aînée, Meknès, au premier rang de la production agricole marocaine. L8s graphiques ci-contre donnent une idée de la production européenne depuis cinq ans. bl ~ to to Ü' 0- Graphiques de la production agricole,européenne de la région de Fès de 1927 à al Production en blé seulement (en quintaux). 'Tous ces lotissements ont de petits centres ruraux en voie d'équipement. Dans cha.cun d'eux les colons sont groupés en assoc:ation locale. Ces associations réunies forment l'association Générale de la Région de Fès, association puissante qui a joué au point de vue moral et matériel un rôle important dans l' ssor de la colonisation de la Région. Au point de vue agricole, l'introduction par les colons français, d(o nouvelles méthodes de culture s'est traduite par plusieurs résultats: augmentation des rendements, amélioration de la qualité des produits, multiplicité des cultures et différenciation plus nette de celles-ci. Les indigènes avaient bien mis à profit les indications que leur avait fournies la nature et une expérience séculaire, en cultivant de préférence, ici et là, ce qui convenait le mieux à leur sol. Mais la modestie de leurs besoins, n'avaient pas permis de faire produire ce;, terres à la mesure de leur fécondité et n'a_ vaientpas créé toute la diversité de production dont elles sont capables. On vantait bien plus particulièrement les blés durs de Karia. des Beni-Sadden et des Ouled Djemaa, les orges de Tissa, les maï's irrigués du Saïs et secs des Beni-Sadden, les olives et les vignes du Lemta. les cultures maraîchères, notamment les pomme;; de terre des Cherarda, du Sa:i~, et des Sejaa, les bœufs de Karia, les moutons des Beni-Sadden ; mais une différenciat,ion et une multiplication poussées des cultures qui résultent seules d'une utilisation judicieuse et optimum des conditions de milieu ne devaient apparaître qu'avec l'installationdes européens. Cette différenciation de culture et cette augmentation des variétés constituent, de plus en plus, les traits essentiels de la physionomie qu'est en voie de prendre la région de Fès, et qui lui donnera une place à part et de premier rang dans l'économie agricole marocaine. Le blé demeùre la culture de base ; mais, sans cesse, d'autres cultures surgissent, qui se fixent de préférence dans telle ou tellë zone ; pois de semence, avoine, tabac, betterave, vigne, cultures maraîchères et primeuristes, cultures arbustives, etc... Cette multiplicité des,cultures est possible grâce à l'eau que l'on trouve en abondanc= presque partout. L'eau, fée de l'agriculture dans ce pays de soleil surtout, accomplit ici de véritables miracles en transformant totalement l'aspect de certaines zones. Quand on circule à travers cette ceinture verdoyante de cultures maraîchères et de verge.i's qui entoure la ville de Fès, on est émerveillé de voir les prodiges que l'on peut tire:!' de l'eau. Et cette révélation autorise l'imagination à faire tous 1E.s pronostics les plus optimistes sur l'essor de cette région. Jetant un pont sur l'avenir à quelques dix ans d'ici, on peut déjà voir la grande banlieue de Fès transformée dans un rayon de 20 kilomètres en un immense verger fruitier; alors que plus loin, les vallées d:! l'jnnaouen et de l'ouergha, pays de prédilection des agrumes, étaleront sous nos yeux leur longue coulée de fruits d'or. Par ailleurs les coteaux de Fès, d'aïn Berda, de Ras el Ma, des Beni Sadden, et du Haut Saïs, pro- :10 millions 25 millions 20 millions 1;:; millions 10 millions ;) millions r-----v / V Valeur de la production totale en francs. Fès est loin d'être à l'apogée de son développement. On peut estimer les terresen' core disponibles ou transmutables à la colonisation à hectares. C'est par l'agriculture que la région de Fès a connu dans le passé une prospérité notoire. C'est par ene encore qu'elle devra de mériter dans l'avenir le titre d'eden du Maroc qu'une fée généreuse mit dans son berceau à sa naissance. Ce sera la gloire de la colonisation française d'avoir réalisé cette belle destinée. A.ISNARD, Président de l'association des Colons de Fès. / (Voir graphiques) Par ailleurs, le développement des cultures arbustives et maraîchères va favoriser la création d'industries annexes de l'agriculture, qui, à leur tour, donneront de l'impulsion aux cultures qu'enes servent. / V /
39 Numéro 6 NORD-SUD La petite colonisation Jans la Région Je Fès LES LOTS VIVRIERS L'éclosion de lotissements de petite p~opriété dans la banlieue de Fès a été entourée de difficultés du fait que tous les terrains disponibles aux environs de la ville avaient été accaparés par _ de riches indigènes fasis ou pris par le Service des Domaines. D'autre part, toute transaction était impossible avec les tribus des ènvirons immédiats considérées comme guich et n'ayant de ce fait que la possession du terrain à titre précaire. Des théories assez étranges - qui ne sont pas encore complètement abandonnées poussaient l'administration locale à ne pas favoriser le développement de la banlieue... Fès devait rester mystérieuse, fermée, entourée de remparts se découpant nettement au bord d'une plaine aussi nue que possible. Tous les rêves sont respectables, et celui qui consistait à laisser Fès en dehors du développement rationnel - je dirai : européen - des autres villes marocaines, pouvait se soutenir en se donnant pour but la conservation du joyau historique qu'est notre Médina. Mais Fès n'était pas un amoncellement de ruines ou de moîluments n'ayant plus, pour animer ses murs que les souvenirs du passé. Fès était un joyau vivant, composé d'une population industrieuse désirant évoluer dans l'intérieur de son cadre moyenâgeux, et même le dépasser; et cette population était, comme celle des autres villes, composée d'êtres humains : elle avait besoin, très prosaïquement, de manger. Il fallut donc, en 1922 et 1926, créer vingtquatre lots maraîchers dont seize pour les Européens et huit pour nos amis fassis désirant se livrer au jardinage; ces vingtquatre lots couvrant une superficie de 192 hectares. C'était le premier essai de petite propriété. Ce lotissement maraîcher avait un caractère particulier, professionnel, d'un développement réduit, et il n'avait nullement le caractère familial destiné à permettre aux Européens de se créer un foyer au Maroc, dans des conditions identiques à celles qu'ils avaient en France. Nombreux, parmi les pionniers de la première heure, étaient ceux qui voulaient vivre dans le décor charmant que forment, dan", Y'O:' banlieues françaises, les petites maisons perdue,!; dans les fleurs et la verdure; et, peu à peu, cf' désir èe se créer un foyer devint plus impérieux. C'est ainsi qu'en 1927, un groupement se créa sous le nom de «Vieux Marocains» (c'est-à-dire ceux qui avaient vingt ans de Maroc et voulaient se fixer dans le pays). On vit alors le fait extraordinaire suivant : l'administration du moment fit une résistance acharnée à la campagne entreprise par les Vieux Marocains et il fallut toute la ténacité de M. Steeg pour vaincre l'opposition systématique des bureaux. Le 30 juin 1928, le Résident écrivait au Groupement : «Les petits lots de jardins qu'ont sollicités les Vieux Marocains de Fès seront bientôt attribués... L'Administration a préparé un lotissement de 80 hectares à Dar-Debibagh, comprenant cinquante-six lots irrigables de 1 ha. 500 chacun... Ces lots seront réservés aux seuls habitants de la ville...» C'était l'émancipation des Vieux Marocains cloîtrés à Fès-Djedid et à la Médina, pour la plupart depuis Ces cinquante-six lots n'ont pas été réservés aux seuls Vieux Marocains, mais ont été partagés avec les Anciens Combattants et les Pères de Famille Nombreuse. M. le délégué à la Résidence, Urbain Blanc, s'intéressa à cette initiative de M. Steeg, et M. Desoubry, directeur de la Banque d'etat, ouvrit un crédit pour les constructeurs par l'intermédiaire de la Caisse de Crédit Mutuel de Fès, dirigée par M. l'intendant général Roux, toujours prêt à aider ses compatriotes. Bien que cette initiative si simple ait eu à lutter contre des entraves de tous genres et qu'elle ait été faite au moment précis où le mouvement des affaires se ralentissait, c'est un succès: 57 familles ont bâti leur nid dans la verdure; 120 enfants y vivent au grand air comme dans nos villages français; 350 personnes y constituent un véritable petit centre qui a déjà son jardin public, sa maison commune, son petit stade réduit et... un garde-champêtre du plus beau noir, à l'allure terrible, mais qui, depuis quatre ans bientôt, n'a pas encore dressé un seul procès-verbal. Un budget de francs permet de faire vivre cette petite agglomération où le redoutable garde-champêtre et le Conseil des Syndics sont les seules autorités. Enfin, au cours de 1933, M. Saint, suivant l'exemple de son prédécesseur, a accordé le lotissement de Sidi-Brahim, où trente-six familles sont en cours d'installation. Pour ces trente-six lots, il y avait plus de deux cents demandes de gens dont les mérites étaient à peu près les mê-' mes. L'obligation d'éliminer une p"artie des candidats fut une dure nécessité - nécessité inconcevable dans un pays neuf où nous avons intérêt à fixer le plus grand nombre de familles francaises. Quant aux élus, ils se précipitèrent 'sur leurs lots comme une troupe se lance à l'assaut, et, en moins d'unesemaine, tout le terrain fut remué et planté. Cet amour de la terre, ce désir de se fixerau sol n'existe pas seulement chez ceux qui sont venus depuis de longues années au Maroc, et les Vieux Marocains se rendant compte qu'il faut poursuivre la croisade entreprise il y a six ans en faveur de la petite propriété, désirent que le morcellement des plaines irrigables soit facilité pour permettre à de jeunes familles venant de France d'apporter avec elles un supplément d'énergie et d'espoirs. Ils veulent, eux, les vétérans, préparer la place aux jeunes. Ils ne voient pas, dans cemorcellement, une mesure spéciale prise ex- c1usivement en leur faveur : ils y voient le moyen de créer une force morale et maté- rielle raisonnable capable de faire échec à tout mouvement violent en donnant à tous; la richesse, la tranquillité et la joie. Albert JOUFFRAY. Est-il quelque chose de plus aimable et de plus réconfortant à la fois, que le sourire de ce précoce fellah usant ses jeunes forces dans le pénible travail de la terre? Aussi humble que son minuscule attelage fait, semble-t-il, à sa mesure, il est perdu dans l'immensité du.champ sillonné. Cest là un spectacle qu'on rencontre souvent dans la fertile région de Fès où l'indigène demeure très attaché à la terre.
40 NORD-SUD Numéro 6 L'arboriculture dans la Région de Fès «Sources d'eau, sources d'or, sources d'hommes», tel est le beau titre du reportage de M. Georges Louis sur les méthodes arboricoles californiennes. Or, si bien des fois on a pu établir un parallèle entre la Californie et le Maroc, nulle part plus qu'à Fès, ces mots semblent être appelés à s'appliquer vraiment un jour. Ce qui frappe le plus peut-être, ceux qui ayant parcouru l'afrique, touchent à notre région, c'est l'abondante quantité d'eau qui coule de toute part; et, sans parler des beaux jardins indigènes et du Palais des Sultans où le murmure incessant des eaux vous invite à rêver, l'homme d'action est tout de suite saisi par la valeur des oueds tumultueux qui descendent du djebel avec fracas; par les paisibles et larges rivières qui sillonnent nos vastes vallées encore peuplées de jujubiers dont la vigueur laisse prévoir la richesse du sol; par ces «daïas )) de montagne, immenses réservoirs naturels alimentés par une forte pluviométrie et la fonte des neiges, dont les eaux, par infiltration, équilibrent le débit des points d'eau et des sources qui sourdent si nombreuses dans le bled..une telle richesse hydraulique, sous un chmat continental à amplitudes diverses sans être par trop extrêmes cependant, à' températures variables suivant l'altitude et l'orientation - répartie sur un sol à peu près vierge et de contexture admirablement variée comprenant des formations du secondaire et du tertiaire (argiles grises profondes; sols silico-argileux plus ou moins légers; argilo-calcaires plus ou moins profonds; terres d'alluvions) - offre un champ d'action aussi varié qu'intéressant à l'agriculteur et plus spécialement à l'arboriculteur. Certes, le fellah indigène, avec sa longue pratique des choses de la terre, a su déceler depuis longtemps l'aire de culture la plus favorable aux diverses espèces et, à côté de certains îlots naturellement privilégiés comme Sefrou, EI-Menzel - véritables oasis où les agrumes se marient aux cerisiers, les pommiers aux grenadiers - certaines zones apparaissent comme nettement qualifiées pour telle ou telle culture. Les délicieuses oranges des Senhadjas, des contrefort,; du Riff, de la vallée de l'ouergha permettent de fonder les plus brillants espoirs sur ces belles régions, alors que d'autres convienàront plus normalement à la culture de la vigne, -de l'amandier ou de J'olivier. Ces directives natureiies doivent éviter aux planteurs de commettre de trop lourdes erreurs, ce qui ne veut pas dire qu'on doive rejeter d'emblée l'exploitation FÈS. - La Roue à aubes FÈS. - Pont dei! Bab-Djedid Un oranger en plein rapport... La poussée végétale s'opère alors avec une remarquable vigueur et agrémente le décor d'où émergent des pierres vénérables dont la tonalité chaude contraste avec les teintes vives de la verdure. (Photo Gurtner) Cette noria ajoute sa chanson au charme du décor et fertilise le jardin enclos dans les'vieux murs. Groupés et unis en Coopérative, les planteurs de la région de Fès entrevoient déjà l'organisation future de leur entreprise: - Classement de la région en zones correspondar:t le mieux à la culture des esp~ces; - Au cœur de chacun de ces centres de culture, une station de triage et de calibrage qui procède à la réception des fruits et à leur acheminement par catégories sur la Centrale de Fès où le frigorifique absorbe les quantités réservées à l'exportation et à la consommation locale, tandis que les fruits affectés spécialement à la conserve ou à l'industrialisation (confitures, jus de fruits) sont dirigés vers les salles de transformation. Tout ceci n'est pas un rêve, mais une résultante des temps modernes. Et nous verrons, un jour que je ne situe pas très loin, de vastes alignements d'arbres remplacer les champs de blé. Nous n'entendrons, sans dou,te plus alors, tourner les vieilles roues à aubes des palais des sultans dont les jardins se seront desséchés - l'eau, source d'or, qui les alimente aujourd'hui, ayant été absorbée en amont. Les grands arbres et les bosquets touffus d'aujourd'hui auront été, eux aussi, recépés sous l'œil vigilant d'un inspecteur de la défense des cultures, afin d'en exterminer-mouches Et cochenilles qui y pullulent en' paix. Le Service des Beaux-Arts se sera insurgé devant tant de vandalisme!... mais les lois économiques qui régissent la vie du pays auront eu le dessus. «Allah Loo ll, diront alors simplement ceux qui, plus sages que nous, viennent chaque soir prier, à l'heure où le soleil disparaît derrière les vieux murs, auprès de l'ancienne séguia, sous les figuiers séculaires. P. GUERY, (Photo Gurtner) La Région de Fès doit son aptitude arboricole au ruissellement continu des Oueds qui la ceinturent et la traversent même en plusieurs endroits, pour aller se perdre dans la campagne environnante... d'espèces nouvelles en dehors de leurs lieux de prédilection; et l'exemple de certaine jeune plantation d'agrumes, dont les fruits font actuellement prime sur le marché, dans le lotissement de la plaine du Saïs, le prouve parfaitement. Notre colonisation, encore trop récente pour avoir pu o.-ganiser des plantations industrielles, a pu juger, par les multiples ssais entrepris dans le verger familial, de 'la puissance végétative et de leur fécondité. Confiante dans l'avenir, elle attend actuellement, pour se lancer avec sécurité le ré [ultat des études entreprises sous l'égide du Gouvernement, études qui doivent confirmer 'la valeur marchande et commerciale des variétés. Président de la Coopérative de Fruits et Primeurs, Vice-Président de la Chambre d'agriculture de Fès.
41 Numéro 6 NORD-SUD La Coopération Agricole " a Fès Les organismes agricoles de Fès ont Imposé à leurs adhérents une méthode et une discipline collective dont on peut juger des résultats en parcourant cette belle région. L'expérimentation est poursuivie et contrôlée d'une leçon rigoureuse à la ferme Expérimentale dont on voit, sur notre gravure, une moissonneuse-lieuse au travail. L'essor magnifique pris par la colonisation dans la région de Fès est né sous le sigm! de la coopération. Depuis 1922, la création de lotissements nouveaux augmentait chaque année la phalange des jeunes colons. Pendant longtemps les achats imprudents, les ventes hâtives, les initiatives un peu dispersées des nouveaux venus ont été contrebalancés par le pouvoir d'achat du pays et par une heureuse élévation des cours. Brutalement, en 1928, l'accroissement considérable de la production agricole créa entre les agriculteurs une certaine concurrence. Le malaise se manifestait avec plus d'acuité dans ce pays neuf où le jeu des lois économiques est mal connu. Très rapidement, les colons ont compris le péril de cette production désordonnée; ils ont reconnu que le seul remède au mal était la discipline sous l'autorité d'organisations régulatrices pui3 samment armées pour la lutte commerciale. De même les colons se sont groupés et. au sein de la coopération et de la mutualité, se sont imposé des cadres. Dans chacune des branches de l'activité agricole, un organisme coopératif a apporté une armature nouvelle. Les céréalistes ont constitué la SDciét2 Coopérative des Docks-Silos, dont le but immédiat est le magasinage de céréales pures et nettoyées, le warrantage, la vente aux meilleurs cours de l'année. Les viticulteurs se sont unis pour former la Société Coopérative Viti-Vimcole et fabriquer, dans les meilleures conditions économiques, des vins de qualité. Pour satisfaire la demande des acheteurs, des frigorifiques, des importateurs français, l'amélioration du bétail et des méthodes de sélection s'imposait; les éleveurs se sont constitués en Syndicat Coopératif d'elevage. L'abondance des produits maraîche"s encombrant la place, on songea à l'expol-tation; les producteurs se sont unis pour constituer une Société Coopérative des Fruits et Primeurs susceptible d'étudier des débouchés nouveaux et d'entreprendre la fabricatijn des conserves. Enfin, tous les agriculteurs ont ~dhéré à l'idée d'effectuer en commun leurs achats et ils ont constitué la Société Coopérative Agricole de Ventes et d'achats. Dès leur éveil, toutes ces sociétés coopératives, rivalisant d'activité, sont passées aux réalisations. Les docks-silos, prévus pour quintaux, ont réalisé une première tranche de quintaux; un deuxième dock de même capacité va être mis en chantier; il sera suivi, dans les années suivantes, par un troisième, puis un quatrième. Chacun de ces bâtiments, à l'instar du premier, sera POUl' vu d'un matériel d'avant-nettoyage et de nettoyage perfectionné. La puissance que représente un pareil organisme lui donne toute l'autorité nécessaire pour imposer à tous ses sociétaires la politique de qualité qui le sauvera. Grâce à la distribution de semences d2 va- riétés de premier ordre, au contrôle de la pureté botanique au cours des cultures, à la classification des récoltes suivant variétés et valeurs boulangères, nos docks sont en mesure d'apporter à la métropole qui doit les accepter des blés de qualités supérieures aux Canadiens. Les projets de la Cave Coopérative se sont fixés au chiffre de hectolitres qui représentent la quantité annuellement consommée par la ville de Fès. Une première réalisation de hectolitres a été faite et a fonctionné cette année à la satisfaction de tous, viticulteurs et consommateurs. A côté de la cave, vont s'élever sous peu les bâtiments destinés à une usine de concentration de moûts de raisin. Deux hangars de mètres carrés, bientôt complétés par deux autres de même surface couverte, abritent les stocks de la Coopérative de Ventes et d'achats : machines agricoles, matériel de ferme, instruments de labour et de récolte, engrais, produits divers. La porcherie coopérative qui vient d'être achevée pourra contenir cinq cents porcs; ces animaux, fournis par les coopérateurs, seront engraissés et dirigés sur la côte, en vue de l'exportation. Désormais, les animaux classés et nourris par lots homogènes donneront satisfaction à nos acheteurs français. La Coopérative des Fruits et Primeurs a organisé cette année des cultures de tomates et de piments. Ces légumes seront travaillés et mis en conserves dans une usine en voie de réalisation. Toutes ces constructions seront groupées sur un terrain de 9 hectares, propriété de tous les organismes coopératifs, qui, dans quelques années, méritera bien le nom de «Cité- Colon» La Cité-Colon est la capitale agricole de notre région; canalisées par elle, les productions diverses de l'agriculture et de l'élevage trouveront des débouchés certains; et d'elle, enfin, rayonneront la discipline et l'ordre, conditions essentielles du succès dans la coopération. COMBETTES, Président de la Chambre d'agriculture de Fès. Le succès des récoltes conditionne la vie d'une population d'ouvriers indigènes qui ne sont pas les derniers à se réjouir des brillants résultats obtenus. C'est ainsi qu'au cours de cette période active, ils amassent un petit pécule qui leur vaudra des jours meilleurs. Au demeurant, le travail s'effectue dans la joie comme en témoigne le sourire de tous ces manoeuvres réunis à l'occasion de la Fête des Vendanges..
42 NORD-SUD Numéro 6 DU NORD AU SUD MEKNÈS Les Capitaux Fl'ançais au Maroc Jadis, l'étranger s'étonnait du peu d'empressement que mettaient les Français à visiter leurs colonies. Le Français n'aimait pas à voyager, disait-on, et encore moins traverser les mers. Il quittait difficilement sa ville ou son village pour s'expatrier, et s'en aller tenter la réussite hors la vue de son clocher. La guerre avec son cortège de misères et tous les malheurs qu'elle a pu engendrer, a malheureusement été un désastre pour beaucoup, mais elle aura au moins eu un résultat, celui d'avoir excité la curiosité de nos compatriotes, et favorisé l'exode d'un grand nombre d'entre eux vers les colonies et les pays de protectorat les plus proches. Parmi ces derniers, le Maroc a connu pendant ces quinze dernières années, un essor particulièrement grand, grâce à l'apport des importants capitaux que de nombreux français n'ont pas hésité à y investir, tellement se révélaient évidents les signes de prospérité que recèle cet Empire fortuné, et les possibilités énormes de développement qu'il présente. Chacun apporta sa pierre à l'édiffice marccain. L'industriel en construisant d'importantes usines ; le négociant et le commerçant en installant de nombreuses succursales des vieilles maisons françaises et des magasins de vente de toutes sortes ; le colon en achetant de grandes surfaces de terrains incultes mis aussitôt en valeur ; les banques en faisant apport d'importants capitaux ; les fonctionnaireo en créant la machine administrative indispensable à la mise en valeur et l'organisation du pays; les militaires enfin, En éloignant chaque jour davantage la limite de la dissidence. Ainsi dirigé avec une rare maîtrise et une grande clairvoyance, ce pays neuf est rapidement devenu le pays re'cherché Dar ks capitalistes du monde entier, parce que' présentant le maximum de ressources et de sécurité, à l'investissement des importants capitaux en attente de placements fructueux et honorables. Enfin, la période d'organisation passée, les affaires saines se sont consolidées pendant que certaines affaires douteuses, (fort bieu' reusement peu nombreuses) créées souvent par des personnages plus ou moins scrupuleux, s'écroulaient d'elles-mêmes, laissant la place à d;~. nouvelles plus sainement dirigées par des personnes compétentes qui, avec des c<:pitaux nouveaux, ont fait enfin du Maroc c.: qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire un pays de grande production et de très grand avenir où la réussite ne pourra que sourire à l'audacieux, pourvu qu'il soit ordonné, travailleur et économe. Le Maroc s'est développé ces quinze dernièr2s années d'une façon prodigieuse, ce qui l'a fait maintes fois comparer au développement américain ; la vérité est que cettaines villes marocaines ont prospéré avec une rapidité sans précédent dans l'histoire coloniale Française, et alors que, chose remarquable, simultanément tout contribuait à parfaire ce développement : consolidation de l'industrie, du commerce, extension de la colonisation, etc... Les dernières opérations militaires n'ont pas été sans avoir une heureuse influence sur la bonne marche des affaires au Maroc, lesquelles, aujourd'hui, peuvent prospérer à l'abri des soucis politiques, du fait de la réduction à peu près complète de la dissidence. L'année 1933 ne s'achèvera pas sans amener les quelques dernières tribus turbulentes qui résistent encore sur la rive saharienne à faire leur soumission définitive. Parmi les grandes villes européennes au Maroc qui sont, dans l'ordre : Casablanca, Rabat, Meknès, Fez, Marrakech, et Port Lyautey (ex-kénitra) il en est une qui se distingue d'une façon toute spéciale, c'est Meknès. Meknès, était, il y a encore quelques années, une toute petite ville avec ses 30,000 habitants au total en 1926, dont israélites et indigènes. Mais en 1931, quelle surprise de constater, au rècensement, la progression formidable de la population qui. s'établiseait à habitants, dont 12,600 Européens. Cette progression était la plus forte de toutes les villes du Maroc, car pendant que la population totale de Meknès avait doublé, la population européenne seule avait presque triplé, et ce dans un espace de 5 années. Depuis, cette progression s'est accentuée encore, si bien qu'actuellement on estime la population indigène et israélite à E'l1viron habitants, et la population européenne à Il ne serait pas surpr ê nant, au surplus, de voir Meknès prendre d'ici qudques années le deuxième rang des vm~s européennes du Maroc, immédiatement apres Casablanca. Dans cette vi1le, de tous les côtés les constructions s'élèvent, et magasins et appartements sont loués à l'avance. Du côté indigène l'accroissement d~ la population est si fort que l'administration des Habous se voit dans la nécessité de construire une nouvelle Médina qui ne comprendra pas moins de logements, et dont les travaux d'exécution sont actuellement commencés. Avec ses 450 fermes européennes en plein rendement munies du matériel le plus puissant et ultra-moderne, la région de Meknès est la plus riche de tout le Maroc du point de vue de la colonisation. Les colonseuropé~ns cultivent plus de hectares des terres les plus fertiles, parmi lesquels hectares environ peuvent être irrigués, alors que les indigènes disposent eux-mêmes de plus de hectares de terres non moins bonnes. Nous nous trouvons là en face de la Beauce Marocaine, ou mêm2 mieux de la Californie Marocaine. Les plantations en arbres fruitiers de toutes espèces sont coneidérables, et s'entendent chaque jour davantage. Les vignobles couvrent plus de 4,200 hectares. L'élevage comporte un énorme cheptel d'environ 1, de têtes. De plus, les récents forages exécutés dans la région ne permettent-ils pas de grands espoirs sur l'exploitation peut-être prochaine du pétrole? En tout cas, un certain nombre de puits ont déjà donné des résultats très encourageants, et les recherches se poursuivent activement. A Meknès, le commerce est très florissant; l'industrie s'organise ; des usines ultra-modernes se créent, et l'hôtellerie travaille à plein rendement. A 550 mètres d'altitude, et entourée de montagnes de tous côtés, Meknès jouit du climat le plus salubre de tout le Maroc. Aussi le corps médical recommande-t-il vivement cette ville aux personnes anémiées, surmenées ou déprimées par le climat humide de la côte. Du point de vue touristique, la région offre un attrait absolument unique. La proximité du Moyen Atlas avec ses splendides forêts de chênes et de cèdres géants, les curieux villages berbères d'azrou et Aïn Leuh, la verdoyante station estivale d'lfrane, tout nouvellement créée par le Protectorat, la ville Sainte de Moulay Idriss et les ruines de Volubilis, les montagnes de Zerhoun, etc..., sont des choses que les touristes ne se lassent pas. d'admirer. Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que la ville indigène elle-même présente, du point d? vue artistique, un intérêt certain, et ses souks permettent aux touristes de réaliser d'excellentes acquisitions en tapis berbères et objets marocains de toutes sortes. La chasse et la pêche font le bonheur des chasseurs et des pêcheurs qui sont assurés de trouver des quantités considérables de gibhrs et de truites dans les environs. Les spjrts d'hiver dans l'atlas sont déjà largimmt pratiqués et Meknès compte à l'heure actuelle une société dont' les membres pratiquent le ski avec grandes facilités, à une heure d'auto par une excellente route. A toute cette énumération qui est déjà fort élogieuse, djoutez que Meknès est devenue le siège administratif de la Compagnie Franco-Espagnole des Chemins de Fer Tanger-Fez, qui dispose de nombreuses installations et d'un personnel important, pour lequel 200 logements ont été construits, et que l'autorité Militaire y a fixé, après avoir décidé du choix de cette ville pour en faire la place forte' du Maroc, tous ses services, magasins Le)otissement des villas du Tanger-Fès à Meknès
43 Numéro 6 NORD-SUD et manutentions, y construisant en outre des casernements très importants. Meknès se trouve donc assuré à l'heure actuelle d'une forte densité de population militaire, stable, pour le plus grand profit du commerce local. Il nous faudrait un tout autre espace que le cadre de cet article pour détailler et apprécier à leur juste valeur les raisons impératives qui font de Meknès une ville de très grand avenir, celle qui, après Casablanca, aura, avant peu de temps, le plus surpris par la rapidité de son développement. Mais fort heureusement, l'administration Municipale et l'autorité Régionale qui ont la chance d'avoir à leur tête des hommes de grande valeur, avaient prévu depuis plusieurs années déjà l'heure prochaine où sous une poussée irrésistible, devrait se produire ce phénomène, et pris, en complet accord avec l'administration supérieure du 'Protect_ torat liés mesures préalables s'imposant, par l'étude d'un lotissement de 25 hectares en plein centre de la ville européenne qui serait destiné à la centralisation du commerce et des grands immeubles. Grâce à la bienveillance de l'autorité Militaire, l'évacuation d'urgence de ce vaste espace occupé par un camp militaire fut décidée, et le terrain remis à la ville de Meknès sous certaines conditions, parmi lesquelles le versement d'une indemnité représentant une contribution au transfert des caeernements sur une autre point de la ville plus éloigné du centre, dit Camp Mézergues. La ville pria aussitôt le service central des plans de ville du Protectorat de la mise au point définitive de cette étude d 2 lotiss2ment. Il en résulta un plan d'une conception splendide faisant honneur aux.servic2s officiels qui l'ont conçu et dont la réalisation doit faire du centre de Meknès le plus bel ensemble architectural de toute l'afrique du Nord. Les dégagements considérables qui ont été réservés, des vastes esplanades ayant ju3 qu'à 90 mètres de largeur, une avenue splendide de 700 mètres en ligne droite, et les nombreuses voies à arcades ménagées ccnstituaont après leur exécution un ensemble digne des plus belles villes du monde. Enfin, après mise àu concours, la ville de Meknès céda le tout à une Société Immobilière locale présentant toutes garanties, d:mt l'eprit entreprenant est connu, et qui s'attaqua résolument à la valorisation de cet ensemble. On peut dire dès maintenant que ECS efforts ont été couronnés de succès, car de nombreux particuliers et sociétés n'ont pas hésité à acquérir de magnifiques terrains sur lesquels s'élèvent déjà de splendid2s immeubles à 2, 3, 4 et 5 étages, où déjà Se concentre le commerce local au détriment dss magasins plus éloignés qui, peu à peu, se vident de leurs occupants. L'Administration officielle, prêchant el1emême l'exemple, vient d'acquérir les terrains nécessaires à la construction du futur Hôtel des Postes qui remplacera celui actuel trop petit et destiné à disparaître, et à la construction des Bâtiments des SSrvices Financiers (Demaines, EnrEgîstrement, Impôts et Con tributions, etc... ). Des pourparlers sont actuellement en cours pour le transf2rt prochain du Palais de Justice sur un emplacement de m2, et il'est à noter que la «Sifiche» a fait remise gratuite à la ville de l'emplacement destiné au futur «Hôtel de Ville» (dont le projet d'une valeur de six à sept milions de francs est actuellement al: ccncours entre les architectes), et pour la construction duquel la «Sifiche» fait encore don d'une première somme d= francs. S'il est indéniable que le Maroc jouit d'une telle vitalité et est digne d'inspirer la plus grande confiance à chacun, ce qui est fort rare par les temps actuels, on peut aussi La Vm2 de Meknès, comme toutes les villes du Maroc, continue à s'équiper pour le 1:uri.sme afin d'offrir un confort plus grand à ses viüteurs. Deux marocains de la première heure, connaissant les besoins du pays et les goûts de notre clientèle touristique, viennent d'y installer l'hôtel Excelsior. Ses quarante chambres munies du chauffage central, comportent des cabinets de toidire qu'aucun pays n'offre autant de sécurité dans le placement des capitaux. Son caractère international garanti par l'acte d'algésiras le met à l'abri des fantaisies financiè. les de nos gouvernements, et en fait un refuge idéal pour les nombreux capitaux actuellement improductifs qui sont entreposés âans les banques ou les coffres-forts. Il faut el~core préciser que le taux d'in. térêts moyens en usage pour les prêts hypothécaires évolue entre 7 et 10 % net suivant, l'importance d2s opérations réalisées et que le revenu des immeubles n'est jamais inférieur à 10 %, atteignant souvent davantage. D'ailleurs, les impôts et charges sont loin d'être comparables à ce qu'ils sont en France. Nous pouvons donc recommander chaleureusement les placements immobiliers au Ma roc, mais tout particulièrement à Meknès, où les terrains sont appelés à prendre une très grosse et rapide plus-value. Qu'il s'agisse d'un placement spéculatif ou d'un placement sur immeubles à revenus immédiats, faites-le à Meknès.Vous aurez là le maximum de garanties pour la sécurité et la fructification de vos capitaux. Ecrîvez de notre part à la Société ImmobL lière et Financière Chérifienne pour favoriser le développement de la construction au Maroc (Sifiche) à Meknès, qui vous renseignera gratuitement, et vous adressera par retour du courrier une documentation complète sur le Grand Lotissement Central du Camp Poublan. dont elle est la seule et unique propriétaire. Cette Société accepte d'ailleurs d'étudier toutes combinaisons ou propositions de participation pourvu qu'elles émanent de capitalistes sérieux. Elle vous conseillera et vous aidera dans vos réalisations. N'hésitez pas à vous renseigner sur son compte auprès de toutes les banques du Maroc et les autorités locales, sa meilleure garantie est sa réputation. La «Sifiche» est une Société sérieuse, ses conseils font autorité, et en les suivant comme tant d'autres vous vous en féliciterez. Un llolwel lzôiel lette avec douches. Elles présentent un choix de coloris qui ravissent les yeux. Tentures et tapis sont assortis à la peinture murale pour créer une harmonie coquette et gaie. Un téléphone particulier relié au standard permet au voyageur de communiquer, sans se déranger, :wec la ville et même - s'il le désire - avec d'autres centres du Maroc. Un mobilier d'une sobre élégance et d'un style tout moderne agrémente chacune de3 chambres. Tel qu'il est conçu, l'hôtel Excelsior doit satisfaire la clientèle locale des voyageurs et les touristes qui y trouveront un logement aussi confortable qu'agréable. Signalons encore qu'une entente avec un des meilleurs restaurants de la ville permel à la direction de l'hôtel Excelsior d'offrj; des arrangements pour séjours d'une certaine durée. A la SAFI de François Un guide " JnenlOlre Le Syndicat d'initiative et de Tourisme, vient de prendre une pieuse initiative. A celui qui aima tant notre ville ; à celui qui s'est donné tout entier à cette région' qu.'il chérissait comme le sol natal ; à celui qui fut un véritable animateur et dont la disparition est un deuil général, il a été décidé d'élever une stèle, témoignage tangible de l'affection que chacun éprouvait à l'égard de François Berger. Une li~te de souscription est déposée au Siège même du Syndicat d'initiative et de Tourisme et une seconde liste est à la dis position des souscripteurs chez M. Martill, libraire, place du R'Bat à Safi... toutzstzque Le Syndicat d'initiative de Safi a confié à l'organisme «Inter-Presse» l'édition d'un guide dôstiné à la propagande touristique. Conçu avec beaucoup de méthode, cet opw.culc: absolument remarquable donne une foule de renseignements de première utilité susceptibles non seulement d'intéresser nos visiteurs, mais encore de les retenir dans le pays. Rédigé par les membres notoires de ce 11l1l1111J11l1l11I\1Il11l l111111ll1ll1ll1II La fédération des Syndicats d'initiatives dispose, dans le parc de la Foire de Marrakech, d'un stand dans lequel sont exposés tous documents concernant ie Tourisme au Maroc. Ce pavillon n'est pas l'un des moins visités..\\lllllllllllllllllllllltllllllllllllllllllllllllll TOUT LE MAROC, DU NORD AU SUD Par les Cars ((PULLMAN-LUXE.. de la
44 NORD-SUD Numéro 6 Illlflflllf11I1(J1Uflllllll,mflllflUIlfIllJIIlll La plage de Mazagan au cours d'une fête nautique pendant J'été dernier. Une foule d'estiveurs venus de tous les points du Maroc ~Ies évolutionsâes nageurs avec un intérêt évident. 1I111!11111lllllllllllllllllllllllllllllllllllllun groupement, ce guide qui est rehaussé de nombreuses illustrations dont seize héliogravures en hors-texte, a été honoré d'une préface de M. le Résident Général Lucien Saint qui exprime très aimablement, son affection pour la ville de Safi.. Le sommaire ci-dessous, donnera une idée de l'esprit qui a présidé à sa création. - Liminaire, François Berger ; - Introduction ; - Quelques lignes d'histoire - Safi-Ville ; - Comment on vient à Safi ; - Hôtels, Pensions et Banques - Le Climat; - Safi-Médical ; - Plans et notes générales pour promena~ des et excursions ; - La vie sportive. - La vie artistique et intellectuelle - Renseignements divers - Annuaire de Safi ; - Renseignements pour les industriels, Commerçants et Agriculteurs en voyage d'études à Safi. On peut donc voir que les auteurs n'ont négligé aucune des ressources touristiques ou économiques de cette coquette petite ville qui vaut bien qu'on lui consacre quelques journéer. de visite. MARRAKECH La Foire de MalTakech La Foire de Marrakech se tiendra, cette année, du 8 au 17 Avril prochain. Le succès d:::. cette manifestation printanière va san;; cesse grandissant. Il est dû, pour une bonne part, à l'activité intelligente et dévouée d'animateurs tels que M. Dorée et M. Loui., Fauré, le distingué Commissaire Général. Tourisme, Industrie, Commerce et Agriculture y ~'uront des stands spéciaux. La ville verra se succèder, pendant cette période, des fêtes pittoresques comportant une grosse figuration indigène. Un concours de golf aura lieu les 14, 15 et 17 Avril. De nombn;ux objets d'art récompenseront les vainqueurs de ce tournoi qui connaîtra la'grande affluence élégante. En appliquant une réduction de 50 % sur leurs tarifs habituels, les Compagnies de Chemins de.fer du Maroc prouvent l'intérêt qu'elles prennent à ]a Foire de Marrakech, Ul même temps qu'elles encouragent les habitants des autres villes de notre Protectoraé à r,'y rendre ll foule. La MAZAGAN sazson Mazagan Mazagan qui déplore d'avoir vu rejeter la dsmande qu'elle avait faite de devenir Maza, gan-plage, n'en continue pas moins à prérarer sa saison de fêtes estivales. On sait tout le succès remporté, l'an der nier par la série des réjouissances domininkales. EUes reprendront, cette année, plus belles encore et plus courues. M. Pasquet, le dévoué président du Comité des Fêtes va se consacrer à leur organisation et on sait combien il y excelle., Cette coquette station deviendra donc, l'été prochain, le but de nos promenades et nous reverrons la file interminable des voiture'> fuyant, de tous les points du Maroc, vers sa bdk plage ensoleillée toute grouillante de baigneurs. "a S 0 (C ft lé 1flÉ JI))IES (COlUIRSIES DIE IFÈS La Société des Courses de Fez a été autorisée par décision du 24 novembre 1919 de M. le' Délégué à la Résidence, Secrétaire Général. Pendant la période allant jusqu'en 1927, faute de ressources la Société ne put donner que de rares et très modestes réunions. Au commencement de 1927, sous l'active impulsion d'organisateurs comme le Général de Chambrun, Commandant la région et comme M. le contrôleur Civil Courtin, Chef des Services Municipaux, le Comité put envisager l'avenir et songer à créer le champ de courses de' Fez. Assuré de concours pécuniaires certains, le comité fit édifier les Tribunes en ciment armé, fit construire des salles des balances, des vestiaires, des boxes et des stalles et transforma rapidement le terrain de Moulay Kamel en un hippodrome digne de ce nom. Les promesses faites en 1927 aux dirigeants de la Société ont été tenues par les succe,seurs du Général de Chambrun et de M. Courtin ; La commission Municipale a maintenu son aide annuelle et c'est ainsi que la société a pu distribuer en prix En fr. En () fr. En fr. En fr. En fr. En fr. La Société applique stricteme'nt les codes des courses des Sociétés mères de France dont chaque année elle reçoit des subventions. C'est ainsi que' la Société d'encouragement lui donne une subvention de francs : la Société des Steeple chase de France et la Société Sportive francs. Le Grand Prix a lieu chaque' année en mai ; il est doté de francs. Cette réunion annuelle est le great event àe la saison de Fez. Les compagnies de chemin de fer orgar.isent un train spécial qui déverse dans Fez une' foule de sportmen venant de la côte. Cette belle manifestation est toujours rehamsée par la présence de S.M. le Sultan et de son Excelle'nce M. le Résident Général. Le Comité actuel comprend : Mr. Bellot des Minières : Président. Monsieur Chaulet : Vice-président. Mr. d'abzac: secrétaire Mr. Fuentes : TrésorieT. M;:msieur Destrez : secrétaire adjoint. Messieurs Que~iaud, Bassibey, de Caprera, Moïse Lévy, Politi, Sollier, Marc Antoine Verdier, Benyounes et Ruelle complètent le Comité. LISEZ ~ ~-~ BATIR Revue Illustrée d'arcllitectme Marocaine
45 Rétrospective LES MEUBLES D'ART c. DŒRFLER & FILS Salle à manger...à l'occasion de la dernière Exposition de l'art Décoratif Mobilier de Rabat, les ateliers Dœrfler fils avaient créé cette belle salle à manger qui fit l'admiration des nombreux visiteurs de cette manifestation. la simplicité des lignes donne un air de noblesse à cet ensemble conçu pour une demeure où doit régner le plus grand confort. les meubles son1 en ronce d'acajou flamboyant montés sur soeie d'aluminium, garnitures chromées avec poignées dissimulant les serrures i les sièges, avec dossiers en bois massif, sont garnis de cuir rouge i dessus de meubles en marbre de Portugal i table à rallonges. Cette création donne un aperçu des possibilités de la Maison DCERFlER, spécialisée dans le meuble d'art, quoique de prix raisonnable.
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