Été Hors-série. de la ville d Argenteuil Héros du quotidien

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1 Été 2011 de la ville d Argenteuil Hors-série Héros du quotidien

2 Éditorial D ès son premier numéro, voulu par l actuelle équipe municipale, l hebdomadaire L Argenteuillais était consacré aux talents, nombreux, qui se développent dans notre ville : talents individuels, talents associatifs, petites entreprises et commerces. À l occasion de son 3e anniversaire, voici les portraits, parus chaque semaine, d Argenteuillais remarquables. Petite sélection, en vérité, tant notre ville compte de sportifs, de citoyens engagés, de créateurs, de femmes et d hommes au parcours de vie singulier, qui font d Argenteuil cette ville si attachante et si riche d avenir. Ce numéro hors-série vous accompagnera pendant la période estivale. Je vous souhaite ainsi de passer d agréables moments à lire ou à relire ces portraits. Bon été à toutes et à tous. Philippe Doucet SOMMAIRE Sports 3 Patrimoines vivants 12 Engagés 19 Musiques 27 Arts plastiques 36 Écrivains 40 Arts visuels 45 Métiers 50 Initiatives 56 Passions 59 Maire d Argenteuil Président d Argenteuil-Bezons, l Agglomération Hors-série L Argenteuillais, juillet-août 2011 Dossier préparé par Sandra Prieto Rédacteur en chef : Samuel Degasne Rédactrice en chef adjointe : Claudine Algret Rédaction : Claudine Algret, Sabrina Belaiba, Samuel Photos : Nicolas Messyasz, Marianne Pollastro, Christophe Taamourte, Degasne, Laetitia Delouche, Paula Gonçalves, Stéphane Legras, Sandra Prieto et Arezki Semache. Assistantes : Jean-Michel Thirion et Anthony Voisin Maquette : Sophie Berlioz et Marie Nocher Conseils et relecture : Gérard Brochec, Danièle Carbonnet et Anne-Sophie Honnet. Éditeur : Myriam Lemaire et Annick Amans Anciens membres de la rédaction : Nadia Guerib, Denis Quinqueton, Robin Langlois et Gaëlle Vallet Newsletter : Flavien Testevuide Ville d Argenteuil Imprimeur YD Print Tirage : exemplaires Papier recyclé à 100 % Dépôt légal à parution ISSN : Distribution boîtes aux lettres et gares Directeur de la publication : Philippe Doucet Directeur de la Communication et des Relations publiques : Hervé Marchand Directrice de la d Argenteuil (mercredi matin) : Kepha. Communication et des Relations publiques adjointe : Sophie Keita Responsable des publications d information municipales : Samuel Degasne. Merci à tous ceux qui contribuent semaine après semaine au succès de cet hebdomadaire.

3 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 1 Mercredi 21 mai 2008 Une Argenteuillaise en championnat de France Océane Charoy, 13 ans, a débuté la gymnastique rythmique à l âge de 6 ans au Com d Argenteuil. «C est ma cousine qui m a fait découvrir cette discipline vers l âge de 5 ans. J ai tout de suite aimé, car elle me permet de me défouler», se souvient-elle. Depuis, elle ne décroche plus. Après s être distinguée lors de plusieurs compétitions, elle intègre le centre permanent d entraînement et de formation d Évry où elle évolue actuellement en pôle Espoir national 1. La voilà avec un emploi du temps impressionnant. Océane consacre 25 heures par semaine à l entraînement et 25 heures aux cours scolaires. «Elle vit chez une famille d accueil et nous ne la voyons qu une ou deux fois par semaine», se désolent ses parents. Sa mère est institutrice et son père travaille chez Renault. Mais Océane impressionne. Elle n a pas cessé de collectionner les médailles et les distinctions et ses résultats scolaires sont toujours bons. JMT Après s être distinguée lors de plusieurs compétitions, elle intègre le centre permanent d entraînement et de formation d Évry où elle évolue actuellement en pôle Espoir national 1. Objectif : le championnat de France? En mars dernier, elle est allée en Slovénie où elle a participé à une compétition internationale. Un mois plus tard, elle se distingue aux coupes nationales de gymnastique rythmique qui ont eu lieu à Lyon, en décrochant la 6 e place, sur 24, dans la catégorie Espoir. Qualifiée pour participer au championnat de France qui se déroulera les 7 et 8 juin à Saint-Brieuc, Océane envisage de monter sur le podium. «Je me donne l objectif d être au moins parmi les 5 premières ou de réussir les enchaînements», dit-elle, très déterminée gymnastes représentant 150 clubs y sont attendus. Parmi eux, la jeune Argenteuillaise A.S : naissance à Argenteuil 2000 : découvre la gymnastique rythmique grâce à sa cousine 2001 : ses parents l inscrivent au Com d Argenteuil 2008 : participe aux championnats de France de gymnastique rythmique Article publié dans L Argenteuillais n 6 Mercredi 25 juin 2008 Poids plume, ascension fulgurante Il passe son bac d abord. Il en termine les épreuves ce 24 juin et le voilà qui s envole pour Montréal où il doit participer à la coupe du Québec du 26 au 29 juin. Il y a un mois, il est revenu d Espagne et du Maroc avec deux médailles de bronze obtenues lors de tournois de boxe amateurs. Né à Argenteuil, il y a bientôt 22 ans, Mehdi Boubekeur fait ses débuts au Coma boxe à l âge de 12 ans. À 14 ans, il devient champion de France éducatif. À 15 ans, il est finaliste du championnat de France amateur, à 17 ans, il remporte le championnat de France junior, à 18 ans, atteint les quarts de finale du championnat de France senior, obtient la médaille d or au tournoi d Italie et gagne face au Danemark. Mais cette victoire, il la paie au prix d une fracture de sa main droite. Absent des rings pendant 2 ans, il se rétablit de sa blessure et reprend la compétition en octobre Les obstacles ne manquent pas. Selon son entraîneur, Salvator Toni : «Il a eu du mal à trouver des combats pour la saison 2007, car les clubs d Île-de-France le craignaient du fait qu il était déjà champion de France». Malgré ces embûches, il mène trois combats et les gagne tous. Avec le soutien de son père, lui-même CT Avec le soutien de son père, lui-même ancien boxeur d Algérie et sparring-partner du légendaire Carlos Monzon, Mehdi part l été dernier pour un stage de trois semaines au Québec. ancien boxeur d Algérie et sparring-partner du légendaire Carlos Monzon, Mehdi part l été dernier pour un stage de trois semaines au Québec. Il enchaîne un mois plus tard avec le tournoi Ring side de Chicago et gagne 2 matchs sur 3. Le moral retrouvé, il poursuit son élan dès septembre Mehdi est désormais champion d Île-de-France dans la catégorie plume et cerise sur le gâteau vainqueur de la coupe de France À partir de septembre prochain, il sera le second du championnat français dans sa catégorie. L Argenteuillais du Coma n a qu une envie : «occuper la première place et devenir professionnel». Une fois le bac en poche. A.S : naissance à Argenteuil 2000 : champion de France éducatif 2004 : champion de France junior, blessure à la main 2006 : reprend la boxe 2007 : gagne deux combats sur trois à Chicago 2008 : remporte la coupe de France Juin 2008 : repasse son bac microtechnique et part à Montréal pour la coupe du Québec L Argenteuillais Hors-série

4 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 16 Mercredi 15 octobre 2008 La course du Gnu* kilomètres à pieds... Ça a commencé par un mèl reçu à la rédaction : «J ai pensé que ça pourrait vous intéresser de savoir qu un Argenteuillais était allé faire le zozo à l autre bout de l Europe, pour le plaisir de gagner une couronne faite d un rameau d olivier.» Allons bon! Christian Mauduit, 33 ans, Argenteuillais donc, a participé au 26 e Spartathlon : une course de 246 km entre Athènes et Sparte. Il est arrivé 22 e sur 150 et premier Français en 30 heures, 41 minutes et 51 secondes. C est sa première participation à l épreuve qui vient de la Grèce antique mais ce n était pas son coup d essai dans le domaine de «l ultrafond». Il a pris part en 2004 au grand raid de la Réunion, 142 km en montagne, «une épreuve moins dure, ditil, avec un temps limite plus souple de 60 heures». Pour être considéré comme arrivant au Spartathlon, il faut couvrir en moins de 36 heures le parcours d abord urbain, pour quitter Athènes, puis longeant la mer, traversant les vignes et les montagnes du Péloponnèse. Coureur, musicien, informaticien et père. Mais pourquoi «l ultrafond»? «Pour me distraire du marathon!» répond Christian Mauduit, un brin espiègle. Et comment se prépare-t-on à pareille épreuve physique? «500 heures d entraînement à raison de deux heures par jours» indique-t-il. Bien, et quand on travaille à 30 km d Argenteuil, qu on est marié, père de trois enfants et qu on a d autres occupations, on les trouve quand, les deux heures? «On sous-estime la place qui reste dans un emploi du temps, observe-t-il. J allais au travail en «J allais au travail en vélo, je faisais de la musculation chez moi pour être disponible à tout moment pour ma famille.» 1975 : naissance 1987 : premiers logiciels libres réalisés 1994 : premier marathon 1995 : intègre une fanfare étudiante 2004 : naissance de sa première fille 2004 : participe au Grand raid de la Réunion 2008 : termine le Spartathlon vélo, je faisais de la musculation chez moi pour être disponible à tout moment pour ma famille.» Il n y a guère que les heures passées à la piscine et les randos en roller à Paris qui soient vraiment prenantes. Quand on écoute Christian Mauduit, on comprend un peu mieux ce qu on peut retirer de tels exploits. «Une course est une tranche de vie condensée : il y a des moments de joie, de découragement, des rencontres..» Un rapport complexe s instaure entre les coureurs mêlant compétition, solidarité et respect. Un peu comme entre les artisans des logiciels libres ou les musiciens d une fanfare, deux autres passions de Christian Mauduit. On se distingue mais on fait attention aux autres, car sans les autres, on n est rien. Un condensé de vie, l ultrafond. D.Q. * Le projet Gnu a été lancé par R. Stallman en 1984 afin de créer un système d exploitation informatique libre et complet. Il a permis le développement de ce qu on appelle aujourd hui les logiciels libres. Article publié dans L Argenteuillais n 17 Mercredi 22 octobre 2008 Le paradis du Nord-Pas-de-Calais Un champion qui choisit Argenteuil. Julien Liponne, 25 ans, est devenu un héros de son club. L Avsc (Argenteuil Val-de-Seine cyclisme) l a accueilli en octobre La saison dernière, il s est illustré en terminant 3 e du critérium de Paris XIV e, remporté par son co-équipier Vincent Alonso. Cet été, avec les coureurs de son club, il s est distingué à Bar-sur-Aube (Aube) et à Villemandeur (Loiret), deux courses très prisées par les mordus de la petite reine. En août, il est arrivé 1 er au critérium de La Baule (Loire-Atlantique), lors d une course de 90 km réunissant 60 coureurs. Gardant quelques réserves, Julien en a profité pour démarrer dans le dernier tour, surprenant ses adversaires et allant droit vers la victoire. «J étais content de cette course et de mes vacances dans cette région où se déroulait en même temps un festival de jazz». Une autre passion de Julien Liponne. Début septembre, il récidive en gagnant la cantonale 2008 de Campagne-lès-Hesdin, dans le Nord-Pas-de-Calais. L enfer du Nord fut, pour lui, en quelques sortes, un paradis! 70 cyclistes ont parcouru 110 km et à 25 km du but, la victoire se jouait entre Julien Liponne et Gauthier Cliquot, un autre coureur de la région parisienne. C est finalement CT 70 cyclistes ont parcouru 110 km et à 25 km du but, la victoire se jouait entre Julien Liponne et Gauthier Cliquot, un autre coureur de la région parisienne. l Argenteuillais, très à l aise dans les bosses, qui finit par prendre le large, à l amorce des dix derniers kilomètres, pour l emporter en solo. Quand on l interroge sur le cyclisme argenteuillais, Julien Liponne ne tarit pas d éloges. «Je suis bien tombé en arrivant dans ce club où il y a une ambiance familiale et une structure assez poussée. Grâce à lui, j ai pu participer à de belles épreuves». Quand il n est pas dans son bureau à La Défense où il est ingénieur, il n est pas rare de le croiser en train de s entraîner sur les routes du Val-d Oise ou à la maison des sports Marcel-Cerdan pour se muscler. La saison prochaine se profile déjà à l horizon : naissance à Sainte-Colombe (Rhône) 2000 : club de Pélussin (Loire) 2001 : bac 2006 : club de Tarbes, gagne la 1 re étape du Tour du Piémont pyrénéen 2007 : diplôme d ingénieur pour la pétrochimie 2007 : club d Argenteuil 2008 : vainqueur à Campagne-lès-Hesdin A.S. 4 L Argenteuillais Hors-série 2011

5 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 27 Mercredi 14 janvier 2009 Familier des toits du monde Après le Mont-Blanc et le Kilimandjaro en Afrique, à 43 ans Philippe Le Ber s est mesuré à l Aconcagua dans la Cordillère des Andes, le plus haut sommet du monde après l Himalaya. Un véritable défi pour les alpinistes : seuls 20 % des tentatives aboutissent au sommet à m d altitude. Parti le 6 décembre avec deux autres Français, un Suisse et deux guides argentins, la montée a nécessité deux semaines et la descente seulement trois ou quatre jours. Les conditions de vie en montagne sont très rudes et les alpinistes doivent prendre en compte nombre de critères : le manque d oxygène, la température avoisinant les 30 C et les longues marches de 10 h dans la journée. Malgré toutes les précautions prises pour habituer le corps à ces conditions, l un des membres de la cordée a été victime de graves gelures au nez et aux doigts qui auraient pu, sans une descente et des soins rapides, mener jusqu à l amputation. L équipe a dépassé le col de l Independencia (6 300 m) mais elle a dû renoncer à l Aconcagua. L ascension s est arrêtée à m, soit à quelques centaines de mètres du point culminant. Assuré L équipe a dépassé le col de l Independencia (6 300 m) mais elle a dû renoncer à l Aconcagua. de la bonne santé de son compagnon de cordée, Philippe Le Ber avoue avoir du mal à digérer l «échec» d un voyage qui l a obnubilé pendant un an. Sans se poser la question d un second essai, l alpiniste argenteuillais veut avant tout retrouver sa femme et ses deux enfants. Comme il l avait expliqué à deux classes de CM2, dans le cadre d un projet pédagogique de découverte en partenariat avec la mairie, cela fait partie du jeu. Les élèves, très intéressés, lui ont adressé un cahier d encouragement et la mairie lui a également apporté un soutien financier et moral. Philippe Le Ber remercie toutes les personnes qui l ont encouragé et soutenu. 27 février 1965 : naissance à Argenteuil 1998 : escalade le Mont-Blanc (4 807 m) 2006 : escalade le Kilimandjaro (frontière du Kenya et de la Tanzanie, m) 2008 : gravit des m de l Aconcagua (point culminant de la Cordillère des Andes) A.S. Article publié dans L Argenteuillais n 32 Mercredi 18 février 2009 Glisser sur le risque Sport de glisse, le barefoot, c est du ski nautique, mais sans les skis. Pieds nus, les skieurs sont tractés par un bateau qui peut atteindre les 75 km/h. Lors des derniers championnats du monde, qui se sont déroulés à Otaki, en Nouvelle- Zélande du 25 janvier au 1 er février 2009, Clément Maillard, 17 ans, est arrivé 6 e sur une quarantaine de participants. «J aurais pu être médaillé en saut, ma spécialité, mais le niveau était trop élevé par rapport à ma catégorie junior. Je suis quand même satisfait, car j ai battu mes propres records et j ai participé à la catégorie open qui est au-dessus.» En août dernier, il décroche une médaille d or, en saut, lors des championnats d Europe qui ont eu lieu à Tamworth (Angleterre). Mais les prouesses du jeune Argenteuillais ne datent pas d aujourd hui. 2 e aux championnats de France 2000 et 2001, premier aux championnats de France 2006, 17 e sur 40 aux championnats du monde 2006 à Seattle (États-Unis), 4 e par équipe aux championnats d Europe Un palmarès impressionnant! Quand on l interroge sur sa passion pour ce sport, Clément Maillard raconte qu il a découvert cette discipline dès l âge de 6 ans : «au club de Barefoot Wave, à Boran-sur-Oise (Oise), par le biais d un ami de mon JMT «J ai tout de suite aimé et, à l âge de 8 ans, j ai commencé à faire des compétitions.» père qui gérait le port de plaisance de Conflans- Sainte-Honorine. J ai tout de suite aimé et, à l âge de 8 ans, j ai commencé à faire des compétitions. C est le risque de tomber qui me plaît. Quand on évolue sur l eau, on a une montée d adrénaline et cela procure des sensations fortes de vitesse et d envol.» Élève de terminale ES (économique et social), Clément Maillard ambitionne de devenir kinésithérapeute. En attendant, il continue son entraînement à raison de 4 heures par semaine. «À partir de la saison prochaine, je vais rejoindre le club de ski nautique de Mantes-la-Jolie pour monter une équipe de barefoot et aider au développement de ce sport.» A.S : naissance 1997 : découvre le barefoot 2000 et 2001 : 2 e au championnat de France junior 2002 : participe au championnat d Europe 2006 à 2008 : champion de France junior 2008 : médaille d or en saut au championnat d Europe Février 2009 : participe au championnat du monde en Nouvelle-Zélande L Argenteuillais Hors-série

6 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 34 Mercredi 4 mars 2009 Ella est là Silhouette mince et petit sourire sage sur un visage d enfant, Ella Abdelmoumeni n a rien d une dure. Pourtant, mieux vaut être en bons termes avec elle. Au Judo club Escales d Argenteuil (Jcea), les athlètes savent qu ils comptent parmi eux une judokate prometteuse... et qui en veut. C est à l âge de 4 ans qu Ella découvre le judo sur les traces de sa grande sœur. Avec persévérance, elle acquiert la ceinture marron et se met à la compétition. À 15 ans aujourd hui, Ella cumule déjà plusieurs titres : championne benjamine du Val-d Oise et double championne minime du Vald Oise et d Île-de-France. La jeune athlète confirme son talent en remportant la médaille d argent du championnat de France Unss (Union nationale du sport scolaire) dès son passage, cette saison, dans la catégorie des cadettes. Cette victoire, elle l a obtenue lors du tournoi qui s est déroulé le 24 janvier dernier à Châtellerault, réputé comme le plus difficile circuit de judo en France. Devant 41 athlètes de sa catégorie (cadettes de moins de 52 kg), dont beaucoup appartiennent aux meilleurs clubs des pôles espoirs, Ella Abdelmoumeni a relevé le défi de se classer à la 2 e place du podium. Un véritable challenge qui lui permet désormais de faire partie de l équipe de France des cadettes. Son prochain défi : le championnat de France de judo fédéral qui se tiendra le 20 avril à Paris. Son prochain défi : le championnat de France de judo fédéral qui se tiendra le 20 avril à Paris. En cas de victoire, elle participera au prochain championnat d Europe de judo. En attendant, la jeune Argenteuillaise, qui est aussi élève de 3 e au collège Eugénie-Cotton, s entraîne au gymnase Coubertin à raison de 7 heures par semaine. «Le judo est devenu ma vraie passion. Il me permet de canaliser mon énergie.» En fera-elle son métier? Pour l instant, Ella ne sait pas encore. Mais sa prouesse à Châtellerault n a pas échappé à Ahcène Goudjil, directeur sportif d Escales. «Ella a beaucoup d avenir et sa victoire est une fierté pour notre club qui obtient sa 4 e médaille du championnat de France scolaire» se félicite-t-il. La participation de trois autres filles (Claude Edwige Zengbe, Nawel Boualem et Lucie Perrot) à la finale du championnat de France de judo junior, qui aura lieu en avril prochain à Paris, illustre la politique de formation suivie par ce club et la richesse de son groupe de haut niveau. A.S. 26 mai 1994 : naissance à Argenteuil 1998 : découvre le judo au Jcea 2004 : championne du département (benjamine) 2006 : championne du département et de la région Île-de-France (minime) 2007 : double championne comme en janvier 2009 : vice-championne de France Unss (cadette) Article publié dans L Argenteuillais n 44 Mercredi 13 mai 2009 Le plus jeune n 1 Et de deux! Après avoir remporté en février dernier le championnat de France par équipe aux côtés de Loïc Huraut et Franck Ribeiro, Adrien Tachoire monte à nouveau sur la plus haute marche du podium en individuel. En s imposant lors de la compétition nationale qui s est déroulée les 25 et 26 avril à Soissons, le sociétaire de l Académie de billard d Argenteuil est devenu, à seulement 13 ans, le plus jeune champion de France cadet de billard libre. N 1 l an dernier, Adrien partait favori, mais sans pression. À raison de douze heures d entraînement par semaine, il a beaucoup travaillé pour atteindre son objectif : devenir le n 1. Une détermination qu il a une nouvelle fois mise au service de l équipe cadette d Argenteuil, durant le championnat d Europe qui s est tenu les 8, 9 et 10 mai derniers à Angers. Le trio «Huraut-Ribeiro- Tachoire» s est distingué en décrochant une seconde place amplement méritée. Poursuivant sa lancée, Adrien vise, la saison prochaine, un podium au championnat d Europe cadet individuel qui aura lieu dès novembre en Belgique. En fonction de ses «bons» résultats, il compte également se qualifier pour le championnat de France de billard trois bandes Espoir. N.G. JMT À raison de douze heures d entraînement par semaine, il a beaucoup travaillé pour atteindre son objectif. 6 L Argenteuillais Hors-série 2011

7 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 47 Mercredi 3 juin 2009 Le boss des maths Le regard vif caché derrière les lunettes, Florian est attiré par les mathématiques depuis la maternelle. Un papa facteur et une maman éducatrice, l élève de CM2 a réussi un véritable exploit en se classant, le 19 mars dernier, 14 e sur à la version hexagonale du concours Kangourou. Plus grand jeu-concours du monde, inspiré d un test national australien (d où son nom), celui-ci est organisé chaque année dans 33 pays, réunissant 3 millions de jeunes de 8 à 18 ans. Le but? Vulgariser les mathématiques sous une forme ludique. À Argenteuil, une soixantaine d élèves de l école primaire de la Croix-Duny ont pris part à l épreuve, dont Florian. «C est la première fois, depuis 5 ans, qu un de nos élèves est aussi bien classé. C est une bonne image pour notre école qui est inscrite en zone d éducation prioritaire», explique le directeur de l école, Alain Quilléverez. Le 19 mai, une cérémonie a été organisée pour récompenser les participants. Pour Florian, le concours fut presque un jeu : «J ai de bonnes notes partout, sauf en géographie. C est Florian Pinsard a réussi à se classer parmi les meilleurs élèves français, en atteignant la 14 e place (sur ) au concours de mathématiques. compliqué avec cette matière. Si on n apprend pas la leçon, on ne trouve rien. En maths, il suffit juste de suivre la logique». En 50 minutes, l élève a répondu à 24 questions sur les 26 posées. «Nos enseignants sont gentils et s investissent pour notre réussite», dit-il. En parallèle, et décidemment bon élève, Florian pratique le piano et la natation. Le 12 mai dernier, il a également participé à une comédie musicale avec les deux classes de CM2 de son école, organisée dans le cadre d un projet artistique et culturel avec Argenteuil et l Inspection académique. Et pour son avenir? Florian ne sait pas trop. Il ambitionne d être écrivain, dessinateur ou mathématicien, justement : naissance à La Garenne-Colombes 2003 : sa famille s installe à Argenteuil 2004 : entrée à l école de la Croix-Duny 19 mars 2009 : participe au concours Kangourou 19 mai 2009 : reçoit sa médaille A.S. Article publié dans L Argenteuillais n 56 Mercredi 16 septembre 2009 Foot diabète : 3-0 Walid, jeune sportif diabétique, a participé en août dernier à la Junior cup diabètes, grand tournoi de football européen. Ç a n a rien changé à sa vie, ou presque! Depuis qu il est diabétique, Walid joue toujours autant au foot, voire plus. En effet, grâce à son médecin, ce passionné du ballon rond depuis l âge de six ans, a appris l existence de la Junior cup diabètes et s est tout de suite inscrit à cette mini-coupe d Europe de foot. Pour y participer, Walid a tout d abord dû passer avec succès des sélections en juillet dernier. Enfin dans le onze final, cet Argenteuillais de 12 ans a défendu avec fierté les couleurs de l équipe de France au cœur du magnifique stade du Bout-du-Monde de Genève. «Le lieu est magique et impressionnant», confie Badiha, la maman de Walid, qui l a accompagné dans cette belle aventure. Voyage en Tgv, villa au bord du lac Léman, cérémonies d ouverture et de clôture grandioses, séances d entraînement. Entre le 21 et le 23 août, le jeune garçon a vécu comme ses idoles. Arrivée troisième sur sept, l équipe mixte du milieu de terrain val-d oisien a dû s incliner devant les Italiens, vainqueurs du tournoi pour la deuxième année consécutive. Le regard timide mais déterminé, Walid promet de revenir l an prochain, en catégorie ans, pour prendre sa revanche. Reparti avec des souvenirs impérissables plein la tête, le n 10 d Argenteuil a également beaucoup appris sur sa maladie qu il gère aujourd hui parfaitement, même s il regrette la restriction concernant les crèmes NM Arrivée troisième sur sept, l équipe mixte du milieu de terrain val-d oisien a dû s incliner devant les Italiens, vainqueurs du tournoi pour la deuxième année consécutive. glacées. «Pendant trois jours et dans une ambiance conviviale, on a continuellement parlé du diabète. On a échangé des expériences et des conseils, notamment sur les procédés qui offrent davantage de libertés au malade dans son quotidien, comme la pompe à insuline», atteste Badiha, décidée à en faire bientôt profiter son fils. Tout autant convaincu, Walid incite tout jeune diabétique comme lui à faire du sport, source de plaisir et d hygiène de vie. Un principe que ce garçon sincère et fonceur compte bien appliquer dès la rentrée en s inscrivant à l As Foot de son collège et en «tapant le ballon» aussi souvent que possible avec ses copains du Val-d Argent-Nord. L aîné de trois enfants attend également avec impatience l âge où il pourra suivre les matchs lors des grandes soirées foot organisées par ses nombreux oncles. D ici là, l élève studieux de 5 e travaille dur pour devenir médecin, son deuxième choix après footballeur professionnel. 3 e Junior cup diabètes 160 jeunes diabétiques, garçons et filles, âgés de 6 à 17 ans, venus d une dizaine de pays européens. N.G. L Argenteuillais Hors-série

8 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 60 Mercredi 21 octobre 2009 Métro, judo, dodo Pour Lucie Perrot du Judo club Escales Argenteuil, 2009 est sans aucun doute une année en or. Le souvenir le plus marquant pour Lucie Perrot du Judo club Escales est sa victoire au championnat de France junior de judo le 5 avril dernier. Juste un mois avant qu elle ne fête ses 17 ans. Puis, en septembre, à nouveau un grand moment, elle obtient la 5 e place aux championnats d Europe junior. Les parents de Lucie se sont installés à Argenteuil lorsqu elle n avait que quelques mois. Quant elle eut 5 ans, ils ont souhaité l inscrire à un sport et ont cherché des cours qui avaient lieu le samedi pour pouvoir l emmener. Elle commence donc le judo au club Escales Argenteuil qui vient d être créé la même année. «Au début, j avais peur de monter sur le tapis mais après, j avais toujours envie d aller aux entraînements. Pour moi, faire du judo, c était m amuser, me libérer, m entraîner avec les autres et surtout, faire autre chose que l école!» Très vite, elle se rend compte de l importance du sport pour son équilibre. C est en éducation physique qu elle a les meilleures notes et elle voudra aussi goûter à d autres disciplines comme le tennis et le foot. Mais fidèle à ses premières amours, elle laisse le judo prendre de plus en plus de place dans sa vie. Lorsque vers 12 ans, elle passe en minimes, «cela devient plus sérieux». Le championnat d Île-de-France marque alors le coup d envoi de la période où elle se lance dans la compétition. Il y a deux ans, elle devient ceinture noire. Aujourd hui, sa carrière de jeune Le 20 février dernier, à Vitry-le-François (51), Lucchino Gatti a remporté la coupe de France seniors dans la catégorie des poids coqs (- 54 kg). Dans une salle comble, l Argenteuillais n a pas eu trop de mal à s imposer face à Vincent Lacaze de Plaisance avec un score sans appel de 12 points contre 3. Lucchino a quasiment contrôlé le combat avec sa «boxe en reculant» et avec beaucoup de clairvoyance. Cette habileté de boxe, conjuguée à l efficacité des touches, lui a permis de gagner le match face à un adversaire recherchant la confrontation rapprochée. Pour maîtriser cette technique, Lucchino a accumulé de longs apprentissages durant plus de 8 ans. C est à l âge de 10 ans qu il a fait ses débuts dans ce noble art sur incitation de son père, lui-même boxeur amateur et élève de Prosper Dranguet, ancien entraîneur du Coma boxe, actuellement en retraite et dont la salle de boxe du complexe Marcel-Cerdan porte le nom. «J ai commencé avec le judo, mais il ne m a pas accroché. Mon père m a conseillé la boxe et j ai tout de suite aimé. C était à Villiers-le-Bel», se souvient-il. Après de brillants résultats dans le club de cette ville, Lucchino Gatti rejoint l Académie de boxe de Sannois tout en continuant à s entraîner sous la houlette de son père. En avril 2009, lors d un combat disputé à Troyes (département de l Aube), sportive atteint sa vitesse de croisière. C est Ahcène Goudjil, son entraîneur, qui aide Lucie à gérer un agenda plutôt bien rempli. Les nombreux stages et «compét» s enchaînent avec les entraînements (en moyenne quinze heures hebdomadaires). «Je dois entretenir mon état physique, apprendre les techniques propres au judo et me préparer aux combats.» Elle essaye de tout concilier au mieux même si au final, c est le judo qui l emporte. Côté école, elle refait une 1 re scientifique en suivant des cours par correspondance. Côté vie personnelle, tous ses «potes» font du judo, son petit frère de 15 ans aussi. «Il y a une vraie entraide entre nous» et ses parents l accompagnent le plus possible aux compétitions «Leur soutien est très important, je me sens moins seule.» Toujours prête à enfiler le kimono, elle veut faire du judo son métier, une fois le bac en poche. En attendant, elle se prépare à fond pour monter à nouveau sur le podium et porter les couleurs d Escales Argenteuil aux championnats du monde junior à Paris, le 24 octobre prochain. P.G. Mai 1992 : naissance à Asnières (Hauts-de-Seine) 1997 : adhésion au Judo club Escales Argenteuil Avril 2009 : championne de France junior Septembre 2009 : 5 e aux championnats d Europe junior (catégorie - 70 kg) Article publié dans L Argenteuillais n 72 Mercredi 10 mars 2010 Un nouveau champion sur le ring Lucchino Gatti est la nouvelle étoile montante de la section boxe du Com Argenteuil. Un dur des durs que les clubs de la région redoutent et dont il faudra apprendre à tenir compte. NM AV il devient champion de France junior. Cette victoire lui permet désormais de participer aux sélections de l équipe de France junior et de gagner en été 2009 son premier combat international contre la Suède. Il participe également à deux autres rencontres internationales en Allemagne et en Russie et aux championnats d Europe en août 2009 en Pologne. Depuis septembre dernier, Lucchino Gatti est pensionnaire du club argenteuillais. «Mon objectif est d aller à la finale du championnat de France senior. La boxe est un sport dur qui m apprend à persévérer dans la vie», explique-t-il. Quand il n est pas à la salle de boxe, Lucchino se consacre à ses études. Il est élève en terminale Stg (Sciences et techniques de gestion). Son rêve est de décrocher le bac pour préparer un Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). A.S. 12 janvier 1991 : naissance à Pontoise 2001 : s inscrit dans un club de boxe de Villiers-le-Bel Avril 2009 : gagne le championnat de France junior Septembre 2009 : rejoint le Com Argenteuil Février 2010 : gagne la coupe de France senior (cat kg) 8 L Argenteuillais Hors-série 2011

9 Article publié dans L Argenteuillais n 76 Mercredi 21 avril 2010 Un capitaine sous silence L Union sportive des sourds Argenteuil a remporté en 2009 le championnat de France de football handisport. Cette équipe reste pourtant méconnue. Coup de projecteur sur Moustapha Boumdil, son capitaine. Sports Né le 25 août 1979 à Gennevilliers, Moustapha a perdu son ouïe à l âge de 6 ans. En 2000, il obtient un Bep d électromécanicien et se fait embaucher comme technicien de laboratoire en métallurgie. Depuis, il mène une vie la plus normale possible. «J ai appris vite que pour réussir, il faut se battre constamment et partout.» Issu d une famille de quatre enfants, dont il est l aîné, il est poussé à pratiquer le judo dès son jeune âge. «Pour mon père, il valait mieux faire du sport que de traîner dans la rue. J ai commencé avec le judo que j ai suivi jusqu à 18 ans, puis j ai bifurqué vers le foot.» Une véritable bouffée d oxygène. Avant de faire son entrée dans la sélection des sourds d Argenteuil, Moustapha Boumdil a prouvé ses qualités de footballeur talentueux au sein des formations dites «normales». «J ai joué dans plusieurs clubs franciliens d entendants comme le Racing, Bezons, Vitry-sur-Seine, Épinay-sur-Seine et Puteaux. Dans les vestiaires, mes relations avec les autres joueurs se passaient généralement bien. Mais sur le terrain du jeu, c est un peu plus compliqué. J ai décidé de rejoindre l Uss Argenteuil depuis deux ans. Je suis devenu capitaine d équipe depuis le début de cette saison.» En plus du championnat de France, l équipe de l Uss Argenteuil est arrivée en 2009 finaliste de la coupe de France handisport. «Il y a parmi nous sept joueurs qui évoluent au sein de l équipe de France handisport. Cette année encore, nous sommes sur la bonne voie pour garder le titre de champion de France qui se jouera le 7 juin prochain. Le seul trophée qui nous manque, c est la coupe de France. Nous espérons l avoir le 22 mai.» En attendant, les joueurs de l Uss Argenteuil continuent à mener leurs entraînements ou compétitions, tantôt au stade Auguste-Delaune (Orgemont), tantôt au stade Alain-Mimoun (près du marché Héloïse). Peut-être y connaîtront-ils leur jour de gloire, huit décennies après leurs glorieux prédécesseurs français, qui furent sacrés champions du monde des sourds en A.S : naissance à Gennevilliers 1991 : entre à l école pour sourds et malentendants d Asnières 1999 : obtient le Bep d électromécanicien 2000 : embauché comme technicien de laboratoire : rejoint l Uss Argenteuil : devient capitaine d équipe Article publié dans L Argenteuillais n 83 Mercredi 30 juin 2010 Swing et punch À 18 ans, Anthony Gars décroche le titre de champion du tournoi international du Val-d Oise, dans la catégorie des moins de 69 kg. Portrait. À la fois heureux et soulagé». C est l état d esprit dans lequel se trouvait Anthony Gars, après avoir remporté la ceinture Montana du tournoi international du Val-d Oise de boxe anglaise, le 24 avril dernier. C est devant son public, salle Jean- Vilar, que le jeune boxeur a pu montrer de quoi il était capable. «Je n avais pas le droit de perdre ce tournoi, il était trop important pour moi», confie-til. Ce sport qui lui va si bien lui permet de devenir l un des boxeurs les plus prometteurs de son club. Passionné de sport depuis tout petit, Anthony a essayé de nombreuses disciplines. «J ai fait du football, du basket ou encore du tennis mais j étais à la recherche d un sport dans lequel je pouvais être le meilleur», dit-il. Vers l âge de 12 ans, il commence à s intéresser aux matchs de boxe qu il regarde à la télévision. Son père lui propose alors de l inscrire au Coma boxe anglaise, où il avait lui-même pratiqué étant jeune. «Lors de mon premier entraînement, j ai tout de suite senti que ce sport était fait pour moi», se souvient-il. À 13 ans, il entame deux années de boxe éducative et il devient champion de France à deux reprises. En 2007, il rentre en catégorie amateur en moins de 69 kg et arrive en quarts de finale du championnat de France amateur. Mais son ascension est freinée par des blessures à répétition qui l empêchent de s entraîner et de combattre. «Je me suis senti frustré durant ces deux ans. Ne pas pouvoir défendre mes chances a été très dur à supporter», raconte-t-il. L année 2010 signe son retour puisqu à 18 ans, il décroche la ceinture Montana, malgré une déchirure à l avantbras qui l a fait souffrir pendant le tournoi. Sa fierté et celle de ses entraîneurs sont à la hauteur de sa motivation. «Je m entraîne pour être le meilleur, avec toute la rigueur que demande ce sport», affirme-til. Avec ses dix heures d entraînement par semaine, Anthony Gars ne chôme pas puisqu il se prépare déjà à affronter de nouveaux adversaires lors d un tournoi amical en Italie, cet été. L année prochaine, il entame des études dans le but d obtenir son Bpjes (brevet professionnel de la jeunesse et de l éducation sportive) et ainsi devenir éducateur sportif. 15 juin 1991 : naissance à Argenteuil 2004 : inscription au Coma boxe anglaise 2005 et 2006 : champion de France de boxe éducative 2010 : champion du tournoi international du Val-d Oise, ceinture Montana, cat kg S.B. L Argenteuillais Hors-série

10 Sports Article publié dans L Argenteuillais n 86 Mercredi 15 septembre 2010 Dans la foulée des plus grands À 15 ans, Amanuel Brunel est l un des meilleurs éléments de la section athlétisme de l Union sportive argenteuillaise. Rencontre avec un sportif prometteur. Venir à bout d Usain Bolt, le détenteur du record du monde au 100 m, est déjà dans l esprit d Amanuel. À seulement 15 ans, l adolescent remporte de nombreuses compétitions d athlétisme, toutes disciplines confondues. Doté d un potentiel physique étonnant, le jeune homme espère être intégré en équipe de France. C est en Éthiopie qu Amanuel voit le jour le 4 mai À l âge de sept ans, il est adopté par une famille française vivant à Argenteuil. Il effectue toute sa scolarité ici, jusqu au secondaire. Parallèlement, le jeune homme se laisse tenter par le sport sans trouver celui qui lui plaît : «J ai fait du football, du basket-ball, du tennis et même du karaté, mais aucun de ces sports ne me passionnait», se souvient-il. Jusqu au jour où il s intéresse, par hasard, à l athlétisme. La multitude de disciplines l attire et l incite à s inscrire dans un club, l Union sportive argenteuillaise. Depuis quatre ans, les compétitions et les victoires s enchaînent. Chaque année, Amanuel remporte les 10 km d Argenteuil dans sa catégorie. En 2010, il est champion départemental à l octathlon, en cross (course en forêt) et recordman départemental au javelot avec 53,75 m, catégorie minime. «Mon but est de me donner à fond lors des compétitions JMT et de battre mes adversaires. Lorsque je cours, je mets au point un système qui me permet de mettre en valeur ma vitesse, mon point fort.» Sa polyvalence dans les disciplines ainsi que sa rapidité font de lui un compétiteur redoutable, même si son jeune âge lui joue parfois des tours. «Il a vraiment du potentiel, insiste José Freitas, le président du club, mais il lui manque beaucoup de maturité pour aborder les entraînements et les compétitions avec sérieux. Surtout, il ne doit pas se reposer sur ses acquis! Amanuel a un don pour l athlétisme, mais il doit le travailler», ajoute-t-il. C est avec Saïchi Salem, son coach, que le jeune homme peaufine ses entraînements trois à quatre fois par semaine. Pour cette rentrée, Amanuel compte encore plus s investir et espère remporter d autres compétitions, notamment les 10 km d Argenteuil 2010, le 3 octobre prochain. S.B. 4 mai 1995 : naissance en Éthiopie 2002 : arrivée en France et installation à Argenteuil : trois fois champion départemental de cross (benjamin puis minime) 2010 : recordman départemental au javelot et à l octathlon Article publié dans L Argenteuillais n 87 Mercredi 22 septembre 2010 Objectif Londres 2012 Grâce à sa médaille de bronze décrochée aux championnats d Europe d aviron, Rémi Di Girolamo multiplie ses chances de participer aux prochains Jeux olympiques, en Le 12 septembre Une date qui restera dans l esprit de Rémi Di Girolamo et de son coéquipier Jérémie Azou. Ensemble, ils remportent la médaille de bronze des championnats d Europe d aviron, en deux de couple poids léger. De retour du Portugal, où s est déroulée la compétition, Rémi Di Girolamo a eu le temps de savourer sa belle performance avec ses amis et son entraîneur, Christian Beignon, du Club olympique multisports d Argenteuil (Coma). C est avec beaucoup d incertitudes que le rameur a débuté la course avant de la terminer en troisième position, juste derrière l Allemagne et le Portugal. «J ai fait une contre performance en juillet lors de la dernière coupe du monde, ce qui m a fait perdre un peu confiance en moi, confie-t-il. Mais après cette victoire, j étais satisfait car j ai senti une évolution au fil des courses durant ce week-end.» À 27 ans, l Argenteuillais peut espérer se qualifier pour les prochains Jeux olympiques, son principal objectif. «Je vais tout faire pour y participer, insiste-t- il. Je m entraîne sept à dix fois par semaine durant deux heures. Je fais également attention à ce que je mange et je veille à ne pas me blesser.» Depuis un an, le jeune homme jongle entre son travail d ingénieur chez Areva et ses entraînements de sportif de haut niveau. «Grâce à une convention d insertion professionnelle (Cip), je suis en mesure d adapter mon planning en fonction de mes entraînements, de mes stages de préparation en équipe de France et de mes compétitions», explique-t-il. Une aubaine pour ce passionné d aviron qui, depuis l âge de 12 ans, n a jamais cessé de pratiquer ce sport qu il qualifie de complet. «C est une discipline aux multiples facettes qui incite au dépassement de soi», ajoutet-il. Sa constance, son endurance et sa technique seront, sans nul doute, des atouts majeurs lors des prochains championnats du monde qui se déroulent en Nouvelle-Zélande, dans un mois. S.B. 26 avril 1982 : naissance à Argenteuil 1994 : inscription au Coma aviron 2000 : première intégration en équipe de France : trois médailles aux championnats du monde 2010 : médaillé de bronze aux championnats d Europe 10 L Argenteuillais Hors-série 2011

11 Article publié dans L Argenteuillais n 89 Mercredi 6 octobre 2010 Les yeux de l autre Sports John Saccomandi, pilote du tandem qu il partage avec un malvoyant, a épousé la cause du handisport. Médaillé olympique de cyclisme, il est aussi membre du club d Argenteuil. En solo cette fois. Un handicap? Quel handicap? Regardez les photos des JO de Pékin : deux cyclistes parfaitement affutés, les muscles saillants, la rage au visage, moulinant comme des morts de faim sur leur monture profilée. Le second souffre de rétinite pigmentaire : son champ de vision se réduit inexorablement. Devant, c est John Saccomandi, de l Argenteuil Val-de-Seine cyclisme club. À 29 ans, il voit parfaitement bien et aimerait ouvrir les yeux de la société sur le handisport. Qu il pratique donc en tandem avec Olivier Donval. Tout aussi sportif de haut niveau que lui. Un duo de choc qui pourrait bien réitérer aux Jeux de Londres ce qu ils ont fait à Pékin où ils ont été médaillés de bronze. Achevons le palmarès : ils ont remporté cette année une course internationale et terminé 3 e de la coupe du monde. Membres de l équipe de France, ils affichent quelques titres nationaux. «J ai commencé le vélo à quinze ans, avec mon grand-père», se souvient John. Au fil du temps, il se met à la compétition amateur, notamment pour le club réputé d Auber 93, avant de rejoindre Argenteuil en Mais s il s éclate en solo sur son vélo, c est à deux qu il est le roi de la petite reine. Essuyons nos boyaux sur un cliché : les cyclistes seraient aussi intellos que des verres à dents. Et bien, c est à l université que John a découvert le handisport en tandem. JMT Entre deux cours, il rencontre un cycliste malvoyant dont le pilote s est fait porter pâle. John le remplace au pied levé. En 2007, au jeu des selles musicales, il commence à faire équipe avec Olivier Donval. Le vent de la victoire peut se mettre à souffler. «Les deux coureurs sont des athlètes et doivent avoir les mêmes qualités et la même puissance. J aime le fait de partager une victoire. Et c est plus technique», assure l Argenteuillais. Tellement sur la même longueur d ondes, les deux cyclistes deviennent amis. Au point que dans ce couple sportif, John épouse la cause handisport. «Je me donne à fond pour le faire reconnaître. Nous sommes peu médiatisés alors que nous rapportons plein de médailles», insiste John. Outre la tenue d un blog, le tandem intervient dans les écoles pour démontrer qu ils sont sportifs à part entière. Le club d Argenteuil l a bien compris puisqu il devrait bientôt s affilier à la fédération handisport. S.Le : John voit le jour 1996 : premiers coups de pédale 2003 : début du tandem handisport 2008 : médaille de bronze aux Jeux paralympiques de Pékin Article publié dans L Argenteuillais n 91 Mercredi 3 novembre 2010 Un billet pour les JO dans sa poche de kimono Cet espoir du judo français s entraîne depuis un an au Jcea. Avec cinq autres athlètes, elle est soutenue par la Ville dans son projet olympique. Nette, précise, efficace. Elle a certes perdu au deuxième tour des championnats du monde d Agadir fin octobre, mais Clarisse Agbegnenou, qui a rejoint le Judo club escales Argenteuil (Jcea) il y a un an, affiche un palmarès nettement moins vierge que son kimono blanc. Championne d Europe cadette et championne de France junior et senior, cette jeune fille de 18 ans revient sur sa jeune et fulgurante carrière avec un flegme tout britannique. Comme si c était naturel. «J ai commencé le judo à 9 ans. C était au début un loisir pour canaliser mon énergie. Puis j ai commencé à gagner et j ai rejoint le Pôle France en 2007». Elémentaire, mon cher Watson. Malgré sa déconvenue, participer aux mondiaux ne lui a apporté que du bonheur. Véritable dame de fer, elle avoue que c est «dur à encaisser. Mais si tu t arrêtes à chaque défaite» Et si les JO de 2012 à Londres constituaient l objectif rédempteur? Clarisse fait d ailleurs partie des six athlètes que la Ville soutient dans leur préparation aux prochains Jeux. Ils s engagent à porter haut les couleurs d Argenteuil en échange d une subvention pour leur club. Car oui, Clarisse rêve de Londres et d olympisme. «J y songe mais rien n est fait, je dois continuer à me battre», confirme-t-elle, la tête sur les épaules. Se battre donc. «J ai peut-être un don. Mais je JMT 25 octobre 1992 : naissance à Rennes 2008 : championne d Europe cadette 2009 et 2010 : championne de France junior 2010 : championne de France senior bosse énormément.» Cette reine de l entraînement enchaîne les prises quatre heures par jour à l Insep. Attention pas par cupidité comme un trader de la city, non. Parce qu elle aime le judo. Avec la sagesse d un vénérable lord, elle se dit consciente : «Je sais que je fais beaucoup de concessions pour le judo et peutêtre pour rien. Mais je ne peux pas m en passer.» Comme le britannique téléspectateur du cricket Si à l entraînement, Clarisse se marre en «testant tout», elle adore l adrénaline de la compétition. Une compétitrice toujours souriante et dynamique, explosive sur les tatamis, où elle se sent comme chez elle, telle l abeille butinant gaiement dans un jardin anglais. Un mélange de plaisir et d effort. Comme quand elle dit adorer danser et chanter, et s avoue en même temps très attachée au cérémonial, lorsqu elle revêt son kimono. Tout tester? Et si elle lançait le kimono en liberty en 2012, avec une médaille en guise de broche? S.Le. L Argenteuillais Hors-série

12 Patrimoines vivants Article publié dans L Argenteuillais n 9 Mercredi 27 août 2008 Résistant et témoin La Libération, commémorée cette semaine, ne s est pas faite toute seule. Ce sont des femmes et des hommes comme Roger Biéron qui l ont rendue possible par leur courage dans la clandestinité. Né à Argenteuil en 1924, il découvre la Résistance à 16 ans. «J étais à l école pratique d industrie d Argenteuil créée par Victor Dupouy [maire d Argenteuil de 1935 à 1977] et un jour d octobre 1940, un élève m a demandé si je pouvais aider les Jeunesses communistes (Jc). J ai répondu par oui. À cette époque, notre activité se limitait à des tracts antinazis». En décembre 1941, Roger entre à l usine Lorraine-Dietrich où se situe l actuel Dassault, continue ses activités clandestines et devient responsable des Jc d Argenteuil. Membre des Ftp (Francs tireurs partisans), il participe en juin 1942 à l incendie de 300 tonnes de caoutchouc dans une usine utilisée par les Allemands, rue d Épinay. Cet acte de sabotage et bien d autres encore ne tardèrent pas à éveiller les soupçons de la police française qui vient l arrêter dans la nuit du 19 décembre Amené à la préfecture de police de Paris et torturé, il est ensuite transféré à la prison de Fresnes puis au camp de Compiègne. Des centaines de personnes, comme lui, sont envoyées vers une destination inconnue. Roger Biéron est déporté au camp de Sachsenhausen le 24 janvier «Nous étions hommes et 230 femmes à être déportés dans des wagons à bestiaux». Beaucoup ne sont pas revenus. Roger Biéron est, quant à lui, libéré le 25 mai Il travaillera ensuite à la Snecma, puis à la Cem du Bourget et terminera cadre chez Edf à Vitry. Aujourd hui à la retraite, il continue son combat de témoignage dans les écoles du département. Il est également l auteur de «Rue- René-Briand», édité par la Fndirp. Un témoignage émouvant sur René Briand, cet autre Argenteuillais courageux, exécuté par les nazis. A.S : naissance à Argenteuil 1938 : école pratique d industrie 1940 : adhère aux Jeunesses communistes et devient résistant 1941 : ajusteur à la Lorraine-Dietrich Début 1942 : rejoint les Ftp et participe à des actes de sabotages Décembre 1942 : arrêté par la police française Janvier 1943 : déporté au camp de Sachsenhausen Fin avril 1945 : libéré du camp de Sachsenhausen 27 août 2008 : 64 e anniversaire de la Libération d Argenteuil CT Article publié dans L Argenteuillais n 38 Mercredi 1 er avril 2009 Rose berbère Le 7 mars dernier, à la veille de la journée de la femme, Ouardia Belkache recevait de l Aba (Association des Berbères d Argenteuil) le trophée de la «Rose berbère». Son histoire est celle de toutes ces femmes tout à fait «ordinaires», qui affrontent les épreuves de la vie et la précarité de la «famille monoparentale» avec un désir profond de s en sortir. Mariée en 1971, à 18 ans, avec un homme faisant des allers-retours entre la France et l Algérie, elle le rejoint en 1979 et s installe avec lui à Argenteuil. À son arrivée, son mari lui interdit de découvrir le monde par ses propres yeux, faisant en sorte que la jeune femme dépende de lui. «Je ne parlais pas un mot en français et j étais souvent cloitrée dans l appartement». Elle mettra au monde sept enfants et se contentera de les éduquer et d assumer son rôle de femme au foyer pendant 14 ans. En 1992, son époux la quitte pour une autre femme, abandonnant du coup ses enfants, dont l aînée avait 12 ans et le dernier un an seulement. Divorcée, se retrouvant sans rien, elle s arme de courage et décide de se battre pour élever ses enfants. «Je voulais lui démontrer que j étais capable de m en sortir seule, lui qui me disait souvent que je ne servais à rien». Pour équilibrer son maigre budget, elle fait des ménages par-ci par-là. «Je me levais et me lève encore à 4 heures du matin pour travailler jusqu à 13 heures d affilée et quand je rentre, je dois m occuper de toute la famille. Pour Ouardia Belkache a conquis son autonomie et elle a élevé seule ses 7 enfants. AV leurs devoirs, je me suis toujours débrouillée pour les aider avec des copines ou en leur payant des cours du soir». Inquiète de la scolarité de l un de ses enfants, elle le place dans une école privée au prix de «beaucoup de privations». Aujourd hui, les filles comme les garçons ont tous «réussi leur vie». Quatre d entre eux sont déjà mariés. Ouzena, 29 ans, est comptable. Idir, 27 ans, est informaticien, Farès, 26 ans, est ingénieur en informatique. Ferroudja, 25 ans, a fait des études de droit. Saïd, 24 ans, est professeur au Garac, l école nationale des professions de l automobile. Tassadit, 21 ans, est étudiante en Bts techniques industrielles. Nabil, 18 ans, le tout dernier des enfants, prépare un Bep de dessin. Malgré son temps chargé, Ouardia trouve quand même le temps de s investir bénévolement à l Aba. Exemple à suivre 1953 : naissance en Kabylie 1971 : mariage 1979 : quitte son village pour suivre son mari à Argenteuil 1980 : naissance du 1 er enfant 1991 : naissance du 7 e et dernier enfant 1992 : son mari l abandonne seule avec ses enfants 7 mars 2009 : reçoit le trophée de la «Rose berbère» A.S. 12 L Argenteuillais Hors-série 2011

13 Article publié dans L Argenteuillais n 41 Mercredi 22 avril 2009 Indiana Jones des bibliothèques Patrimoines vivants Passionné d histoire et podologue de profession, Pierre Ducourret est le viceprésident de la Société historique et archéologique d Argenteuil et du Parisis. À 56 ans, il est toujours à l affût et apprécie le parcours qui le mènera à LA découverte. Elle éclairera chaque fois un pan ou un détail de l Histoire. «J adore chercher de nouveaux documents. C est une réelle décharge d adrénaline», assure-t-il avant de poursuivre : «La Société historique sauvegarde le patrimoine d Argenteuil. Les premières traces remontent à la Préhistoire, puis au Moyen Âge, la commune rayonne grâce à l abbaye. On assiste ensuite au développement de l agriculture. Au XIX e siècle, la ville s oriente enfin vers l industrie.» Les noms bourgeonnent sur son arbre généalogique : Lorraine Dietrich, Maupassant venant ici faire du canotage vers 1870, Monet et les impressionnistes, les usines Dassault ou bien encore l aviateur Schreck. «Schreck est passionnant. Il est parti de rien, est mort dans la misère et a pourtant construit un avion. J écrirai un roman sur sa vie quand je serai en retraite», promet Pierre Ducourret. Car, comme le temps, l historien est toujours en mouvement. Mais c est surtout le En plus d organiser trois conférences par an, la société historique et archéologique rencontre ses membres tous les lundis de 10h à 12h, à la maison Monet. Moyen Âge que Pierre Ducourret ausculte avec le plus de passion. «C est un temps de mystères où le religieux est très important», explique ce véritable enquêteur. «L époque voit aussi les invasions des Vikings. Plusieurs centaines de drakkars sont passées par Argenteuil! La population devait être terrorisée», imagine-t-il passionné. Et passionnant. Car il est de ces savants chez qui le sérieux ne prend pas le pas sur le plaisir. Si la Seine irrigue la ville, c est Argenteuil qui coule dans les veines de Pierre Ducourret. Pierre y a passé presque toute sa vie. «Enfant, j habitais les Coteaux, entre vignes et vergers. Je descendais à vélo jusqu aux voies de chemin de fer pour admirer les rapides qui filaient vers Le Havre». Pas du tout nostalgique, il accompagne l évolution de la ville. Histoire de 1922 : naissance du Vieil Argenteuil 1925 : ses grands-parents s installent en ville 1955 : Pierre y habite à son tour 1985 : il adhère à la société historique et archéologique 2009 : publication du numéro 39 du Vieil Argenteuil S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 46 Mercredi 27 mai 2009 Papy fait de la résistance Né en 1922 à Clichy, Jean Fumoleau a vécu la Seconde Guerre. Militant, il a connu cette guerre de l intérieur. Pas comme soldat, mais comme prisonnier. En effet, sous le gouvernement de Vichy, les manifestants dits «politiques» étant sévèrement punis, Jean est condamné en 1941, par la cour spéciale de Paris, à un an de prison ferme et francs d amende. Il passe ainsi deux mois à la prison de la Santé, cinq semaines à Fresnes et le reste à la maison centrale de Poissy. Mais sa peine finie, Jean, comme la plupart des prisonniers politiques, n est pas libéré. Et sous le palais de justice de Paris, ce sont 70 personnes qui sont exécutées avant que les autres ne soient conduites à Rouillé. Cette prison - moins dure - aura le seul avantage d offrir un peu plus de liberté. Jean y fait la connaissance de Camille Lombard, un photographe en apparence sans histoire, mais étant en réalité l un des organisateurs de la résistance des Deux-Sèvres (79). Ce que Jean ne sait pas encore, c est qu en plus de devenir son ami, Camille deviendra surtout son beau-frère quelques années plus tard. En 1943, les prisonniers sont transférés à Voves où Jean participe à la Grande évasion. Tentative avortée par La guerre finie, Jean est devenu architecte. C est notamment à lui que l on doit les plans de l actuelle salle Jean-Vilar d Argenteuil. une blessure. Quelques jours après, les prisonniers sont déportés à Neuengamme où ils sont embarqués sur des paquebots allemands (le Cap-Arcona, l Athen, le Thielbek ou encore le Deutschland). Sur le trajet, Jean s écartera du chemin en compagnie d un autre évadé, laissant le cortège s éloigner sans se faire remarquer. Il se réfugie alors dans le bois le plus proche où il attendra les Soviétiques. De son mariage avec Simone en 1946, un an après la Libération, naît sa fille Mireille et la promesse d un avenir plus pacifique. Aujourd hui, le retraité habite le centre-ville. Ce militant au grand cœur écrit des textes à son image, dénonciateurs et plein d humour, prenant ainsi revanche sur l Histoire. Exemple à suivre G.V : naissance à Clichy 1941 : incarcération 1942 : déporté à Rouillé 1943 : manque la Grande évasion 1945 : échappe à «l opération spéciale» 1946 : mariage avec Simone L Argenteuillais Hors-série

14 Patrimoines vivants Article publié dans L Argenteuillais n 48 Mercredi 10 juin 2009 Notre belle famille Elle est là. Toute menue. Semblant frêle comme un grain de sable, mais solide comme un roc. Yvette Dairain, 76 ans, a élevé quinze enfants. Une prouesse qui semble naturelle pour elle. «Je suis née à Paris, mais suis arrivée à Argenteuil trois mois plus tard. Mon père vendait des peaux de lapin avec sa petite charrette, avant de devenir fermier, puis maçon», se rappelle Yvette. C est à seize ans qu elle rencontre Maurice, son futur mari. «Dans les goguettes en face de l école Jean- Jaurès», sourit-elle. Tout un symbole pour Yvette qui adore danser. «J ai fait tous les bals de la ville, comme le Moulin de Sannois!», assure l infatigable grand-mère qui, encore aujourd hui, ne manque jamais l occasion d aller guincher dans les fêtes d Argenteuil. Et ces quinze enfants? «Tous sont de mon mari!», affirme-t-elle, malicieuse. «Nous ne connaissions pas la pilule» Un temps en apprentissage comme modiste, puis employée dans une fabrique de bougies, elle va élever neuf filles et six garçons. Elle qui, après le départ de son père, s était déjà occupée de ses neuf frères et sœurs. En RL Yvette a quinze enfants, quarante-sept petits-enfants et quarante-huit arrières-petitsenfants. 1984, son mari décède et Yvette tombe alors malade. Le roseau plie mais ne rompt pas. De l étendue de sa famille, elle se dit fière, même si elle refuse les honneurs. «J ai fait des enfants pour les élever, pas pour des médailles». Éduquer, transmettre, c est important. À la cité Joliot-Curie, Yvette poursuit son «sacerdoce», sourire aux lèvres. «Je joue au ballon avec les jeunes d ici. Quand je vois que ça se bagarre, je me mets au milieu», assure-t-elle. Son souhait? Que la famille se réunisse. «Mon mari buvait et deux de mes enfants ont été placés. Pour les voir, j allais jusqu à Cormeilles à pied, qu il neige ou qu il vente», explique Yvette. Mais heureusement, preuve que son dynamisme et sa détermination paient, son projet va enfin voir le jour sous peu S.Le : naissance à Paris 1948 : rencontre Maurice 1951 : mariage et naissance du 1 er enfant 1984 : décès de Maurice 2009 : habite avec sa fille, Aline, à la cité Joliot-Curie Article publié dans Le Mag d octobre 2009 La vigne d Argenteuil vue par Jacques Defresne Le dernier vigneron d Argenteuil, a cessé de produire son Clos Mainville Passemay en À 86 ans, cet Argenteuillais, issu d une famille dont les racines viticoles courraient depuis 1342, nous fait partager avec émotion sa mémoire de la vigne locale. Àl époque où la vigne repoussait la ville, Argenteuil s affichait comme la première commune viticole de France. C était il y a 200 ans. Mais l histoire de la production du vin d Argenteuil commence dès la fin du X e siècle. On raconte même que sous Henri IV, il était de bon goût que le breuvage accompagne la fameuse poule au pot. Dès le XIX e siècle, les ha de ce vin blanc, issu d un cépage Sauvignon, faisaient le bonheur des Parisiens qui, les jours de fêtes et dès les premiers rayons de soleil, se pressaient aux portes de la ville. Baignade dans la Seine et piquenique allaient de pair avec la dégustation du Picolo, vin de table léger très réputé. «Mon grand-père vendait le vin à l heure de présence», sourit Jacques. Pour les vendanges d octobre, «nous faisions appel à la main d œuvre bretonne, courageuse et conviviale.» On raconte même que sous Henri IV, il était de bon goût que le breuvage accompagne la fameuse poule au pot. L esprit festif de la vigne revenait le 22 janvier, à la Saint-Vincent, patron des vignerons. Tous les habitants participaient à trois jours de processions, de défilés en costumes, de repas L invasion du puceron phylloxéra et, surtout, l arrivée du chemin de fer en 1870 sonnent le glas du vin d Île-de-France qui ne peut résister à la concurrence des crus rhodaniens ou bordelais. L essor industriel et l urbanisation obligent les vignerons à se reconvertir dans la culture des fruits et des légumes, ou à s installer dans le Vexin. Quand Jacques reprend en 1940 l exploitation de son père, la RL production de son plant Seibel, rival du Muscadet, côtoie celle des cerises, des poires et des prunes. En 1996, alors qu il est le dernier à travailler le raisin, la Ville décide de planter une vigne municipale aux Coteaux pour que perdure ce patrimoine millénaire. N.G. 14 L Argenteuillais Hors-série 2011

15 Patrimoines vivants Article publié dans Le Mag de novembre 2009 Les événements du 17 octobre 1961 Le 17 octobre dernier, la municipalité d Argenteuil organisait, pour la première fois, une cérémonie en hommage aux victimes du 17 octobre Ce jour-là, des centaines d Algériens ont été tués et jetés à la Seine. L Argenteuillais Miloud Bellal, 79 ans, a accepté, 48 ans après les faits, de témoigner sur cette tragédie, sans esprit de haine. Je suis arrivé en France en 1950, là où mon père avait déjà servi comme combattant pendant la guerre contre les Allemands. À cette époque, la main d œuvre manquait, car tout était à reconstruire. Étant lettré, j ai tout de suite été embauché par Câbles de Lyon, à Bezons. J habitais dans un bidonville à Houilles et, en 1957, je suis devenu responsable local du Fln (Front de libération nationale) de la région des Rives-de-Seine, dont Argenteuil, chargé de collecter des fonds. Les nouvelles du pays n étaient guère réjouissantes. L Oas (Organisation de l armée secrète) multipliait les attentats après sa création en février Un couvre-feu a été décrété le 1 er septembre pour les travailleurs nord-africains dans Paris et sa banlieue, de 21h30 à 5h30. Les responsables du Fln, convaincus de retourner l opinion en leur faveur, avaient décidé de le boycotter en appelant à une manifestation pacifique à la Concorde ou à l Étoile les 17, 18 et 19 octobre. Le mot d ordre était «pas une arme, pas un canif.» Le jour J, nous étions de nombreux manifestants à monter dans le bus. Arrivés au pont de Neuilly, nous avons découvert que la police avait dressé un barrage pour nous empêcher de rallier le lieu de la manif. Les policiers montaient dans les bus pour faire descendre les manifestants, avec violence, et les transportaient vers Vincennes et le Parcdes-Princes. (Ndlr : Le préfet de police, Maurice Papon, avait engagé gardiens et Crs pour réprimer cette manifestation). Il y avait des milliers d Algériens qui tentaient de converger vers l Étoile. À l arrivée, le métro était bondé de monde. Ce fut un massacre terrible que je ne suis pas près d oublier, même si je ne ressens, aujourd hui, aucune haine. Je suis donc revenu, en prenant le bus 164 jusqu à Bezons. J ai vu des scènes horribles d Algériens traînés par terre, les visages tuméfiés et ensanglantés. Un jeune habitant du Bidonville du Marais a été jeté dans la Seine, durant la nuit du 18 octobre, à partir du Pont-Neuf d Argenteuil, après avoir été ligoté. L actuel bar Au poussin rouge, rue Henri-Barbusse, a été mitraillé par des brigades spéciales. Les disparitions, les expulsions et perquisitions de nuit étaient monnaie courante et n épargnaient ni Marocains, ni Tunisiens. Des Français qui dénonçaient ces exactions, ont été eux aussi arrêtés et malmenés.» A.S. RL Article publié dans Le Mag de février 2010 Une enfant juive cachée par des Justes Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Français ont risqué leur propre vie et celle de leur famille pour sauver des Juifs. Pour rendre hommage à ces Justes, la municipalité d Argenteuil a organisé, le 4 février, à l école d Orgemont, une cérémonie au cours de laquelle Arthur et Cécile Magnier ont été honorés, à titre posthume, comme Justes parmi les nations, en présence de Charlotte Barillet, enfant juive cachée par ces deux Argenteuillais. Liliane Marton, personnalité engagée dans la ville, faisait également partie de ces enfants juifs cachés et sauvés par des Justes. Charlotte se souvient encore : «Je suis née le 13 mai 1930 à Paris. Mon père a été arrêté le 20 février 1943 par les inspecteurs des Renseignements généraux et des policiers français du Blanc-Mesnil. Il a été déporté le 2 mars 1943 par le convoi n 49 et assassiné trois semaines après. Ma maman a été arrêtée le 22 août 1943 par ce que l on appelait «les missionnaires», c était des juifs que les gardes mobiles prenaient en «otage» pour qu ils dénoncent leurs connaissances juives. Le reste de ma famille, en Hongrie et en France, a également été anéanti. Heureusement nous avions des amis, juifs résistants, faisant partie de la Moi (Main d œuvre immigrée) et ce sont eux qui m ont cachée. Le pasteur Lacheret d Aulnaysous-Bois, avait, avec sa fille, créé une troupe d Éclaireurs unionistes qui m ont trouvé différentes familles où j étais ballottée comme sur un quai de gare, une semaine chez l un, une semaine chez l autre. La solidarité, c était merveilleux, mais rien ne peut remplacer l amour des parents qui continuera à vous manquer toute votre vie. Je m en veux encore maintenant de ne pas avoir fait le nécessaire afin que ce pasteur soit reconnu comme «Juste parmi les nations». Ces personnes ont risqué leur vie, humblement sans forfanterie, ils savaient que s ils étaient pris, ils seraient fusillés ou pour le moins déportés. Merci à tous ces inconnus, car sans eux je ne serais pas là à profiter de mes petits-enfants. Merci à eux, pour leur amitié solidaire, ils m ont appris que le «vivre ensemble» est quelque chose de formidable. Ce qu ils m ont donné, je dois le transmettre humblement aux autres.» A.S. RL L Argenteuillais Hors-série

16 Patrimoines vivants Article publié dans Le Mag de mars 2010 Rino Della Negra Le 21 février dernier, la municipalité d Argenteuil organisait, en coordination avec l Amicale de Châteaubriant, une commémoration en la mémoire de Rino Della Negra qui tomba sous les balles allemandes pour fait de résistance le 21 février Il n hésita pas à 21 ans à sacrifier sa vie pour défendre ses convictions et restera pour les jeunes Argenteuillais un exemple de courage et d engagement», a tenu à rappeler le maire, Philippe Doucet, dans son discours. Inès Tonsi, 90 ans, ancienne résistante, était présente à cette cérémonie. Née en 1920 de parents qui ont fui l Italie de Mussolini et s installent à Argenteuil en 1936, Irène Tonsi adhère très jeune au Parti communiste français. Membre dès 1942 du Ftp-Moi (Francs tireurs et partisans - Main d oeuvre immigrée), elle est chargée d alimenter son réseau en armes. Échappant de justesse à une arrestation le 12 novembre 1943, jour où Rino Della Negra a été capturé à Paris par la police allemande, elle tente, avec trois autres camarades, de le faire évader, mais en vain. À la prison de la Santé, elle lui rendra visite à deux reprises. Elle a accepté de témoigner sur le jeune héros du quartier : «Comme moi, Rino est issu d une famille immigrée originaire du Nord de l Italie. Il voit le jour le 18 août 1923 à Vimy (dans le Pas-de-Calais). Il est arrivé à Argenteuil à l âge de 2 ans. Je l ai connu en 1936, année de mon arrivée, avec mes parents, dans ce même quartier de Volembert où vivait déjà une forte communauté d immigrés italiens. Il avait 13 ans et moi 16 ans. À l époque, je pratiquais le basket et Rino Della Negra était un brillant joueur de football RL Inès Tonsi, 90 ans, ancienne résistante «J étais estafette et j avais un sac avec un double fond qui me servait à dissimuler les armes. Les Allemands étaient galants avec moi et me proposaient même leur aide pour soulever mon sac bourré d armes» au sein du mythique club du Red Star. Je le croisais au stade Henri-Barbusse, boulevard Héloïse. Il a commencé à travailler à 15 ans à l usine Chausson d Asnières. En février 1943, il reçoit l ordre de partir en Allemagne dans le cadre du Sto (service du travail obligatoire). Il refuse et se cache chez un Arménien, puis s engage dans la Résistance en adhérant au 4 e détachement des Ftp-Moi. J en étais membre et mon rôle consistait à transporter les armes de Paris pour les cacher à Argenteuil. Rino Della Negra faisait partie du groupe Manouchian, du nom du poète combattant arménien qui en a pris la direction et qui se livra à des attentats et des sabotages contre l ennemi allemand. Le 12 novembre 1943, Rino est blessé lors d une attaque contre des convoyeurs de fonds allemands, puis capturé comme tout son groupe. Nous avons tenté, avec trois autres camarades, de le faire évader de la prison de la Santé, mais en vain. Après trois mois de tortures, Rino Della Negra et ses vingt-deux compagnons d armes sont jugés les 19, 20 et 21 février Rino est exécuté le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Dans sa dernière lettre écrite à ses parents en signe d adieu, il a dit : «Petit père et petite mère, soyez fort et forte, soyez dignes de votre Rino, soyez aussi courageux que moi J embrasse tout Argenteuil, du commencement à la fin». A.S. Article publié dans Le Mag d avril 2010 Itinéraire d une Chilienne engagée Réfugiée à Argenteuil depuis 1978, cette agrégée de philosophie, devenue femme de ménage, a accepté de témoigner sur ce qu elle a enduré. Une histoire où se mêlent la détresse et la douleur, la solidarité et la tolérance. Âmes sensibles, s abstenir! Je n aime pas raconter ma vie, car je souffre et fais souffrir celui qui m écoute». Pendant plus de 30 ans, Maria-Angelica Valdebenito a appris à vivre dans la tourmente et le silence. Née en 1944 dans une ville du centre du Chili, La Calera, ses parents s installent à Santiago en L unique fille d une fratrie de cinq enfants obtient son agrégation de philosophie. Là, un diplôme supérieur de psychologie et un autre d ethnographie américaine. Elle exerce un temps comme professeure dans un lycée de Santiago, puis intègre une société de cuivre comme coordinatrice de l éducation et de la culture. «Peu avant le coup d État du 11 septembre 1973, j ai créé dans cette usine une école d alphabétisation pour ouvriers ; ce qui me donnait l occasion de rencontrer beaucoup de monde». Ce choix lui sera fatal. Le 28 octobre 1975, Angelica est enlevée par des inconnus qui la conduisent à la Villa Grimaldi. Tristement célèbre pour avoir été, durant la dictature de Pinochet, un des centres les plus durs de détention et de torture. Dans ce bas-fond de l ignominie, la jeune captive va subir la torture. «J ai été enfermée dans ce lieu pendant une dizaine de jours, puis j ai été transférée à la prison de Cuatro Alamos. Je ne comprenais pas pourquoi j étais là. Mon seul péché était d avoir été à l écoute des ouvriers». Libérée par ses tortionnaires, Angelica assiste au décès 16 L Argenteuillais Hors-série 2011 RL «Je suis arrivée à Argenteuil le 29 octobre 1978 et j ai obtenu un logement à la cité des Musiciens au Val-d Argent-Nord». de son père quelques mois plus tard. «Il n avait pas supporté ce qui m était arrivé et ma mère a eu ensuite une dépression nerveuse.» Le 28 octobre 1978, la survivante décide de quitter le Chili, avec sa maman, pour rejoindre l un de ses frères installé à Argenteuil depuis un an. Ses diplômes n étant pas reconnus, l agrégée de philosophie se retrouve femme de ménage pendant 14 ans à Paris. Et comme un malheur ne vient jamais seul, sa mère décède à l hôpital d Argenteuil par défénestration. Elle ne connaîtra jamais la vérité sur ce décès tragique. «Je ne voulais pas porter plainte, car cela ne va pas faire revenir ma mère. J attendais néanmoins que l hôpital participe au rapatriement du corps de ma mère au Chili». En vain. Autre épreuve de la vie, la perte de son emploi en «J ai écrit à tout le monde, y compris au président de la République, mais sans résultat.» Une petite lueur d espoir est arrivée en 1996 par le biais de l ancien ministre de l Intérieur, Charles Pasqua, qui a intimé à l Anpe de se pencher sur son cas. Angelica a été ainsi embauchée pour donner des cours d alphabétisation dans un centre social à Colombes. En juin prochain, elle devra se résigner à sa «maigre retraite». Quand on lui demande si elle est prête à pardonner, elle répond d une voix douce : «Absolument, car le pardon permet de voir la souffrance de l autre.» A.S.

17 Article publié dans Le Mag de juin 2010 L appel du 18 juin 1940 Patrimoines vivants «J ai entendu une voix grave dire : «À tous les Français ( )». J ai augmenté le son et crié autour de moi : «Écoutez, écoutez!» C était le Général de Gaulle» N é en 1914 dans un train, en Allemagne, de parents inconnus, Roland Del Zappo commence son existence d une manière pour le moins originale. Une assistante sociale du Luxembourg le prend en charge jusqu en décembre 1918, où elle le confie à M. et Mme Louis Avogaro. Le couple s installe à Argenteuil et l enfant obtient un Cep, puis un Cap de dessinateur à l école Sadi-Carnot. Il entre à la société Gardy d Argenteuil comme garçon de courses, sous le nom de Roland Avogaro. Ce n est qu en 1934 que ses parents adoptifs réussissent à lui obtenir ses papiers. Incorporé en 1934, il est nommé brigadier avant d être libéré l année suivante, avec un certificat de bonne conduite, mais avec un livret militaire au nom erroné : Orlando Del Zappo. Au déclenchement de la guerre, il est mobilisé dès 1939 au service géographique des armées (groupe d artillerie auto-nome), puis envoyé pendant deux mois sur la ligne Maginot. Le 18 juin 1940, le soldat argenteuillais se trouvait, avec trois autres de ses camarades, près de Montfort-le-Gesnois, une commune sarthoise. «Nous voulions aller vers Bordeaux mais la circulation sur les routes était pratiquement bloquée». [Ndlr : En juin 1940, l avancée allemande en France entraîne la désintégration de l armée et une gigantesque panique dans la population. Dix millions de personnes partent précipitamment sur les routes avec de maigres bagages. C est l Éxode]. «Avec mes compagnons, nous décidons de bifurquer par un chemin tortueux à la recherche d un coin pour nous reposer. Nous tombons sur une ferme, ses propriétaires nous offrent l hospitalité dans la grange et à souper. Nous bavardons et je remarque que notre hôtesse tempête devant son poste radio, dont les fréquences sont déréglées. Avec un petit tournevis, je revois les réglages. Puis j entends une voix grave : «À tous les Français ( )». J augmente immédiatement le son et crie autour de moi : «Écoutez, écoutez!» C était le Général de Gaulle, qui lisait son discours sur les antennes de la Bbc. Ce sont des choses qu on n oublie pas.» A.S. Article publié dans Le Mag de l été 2010 En mémoire de Maurice Audin Maurice Audin, l un des symboles de la torture pendant la guerre d Algérie, est mort en juin 1957 sous les traitements qui lui ont été infligés. Son épouse, Josette Audin, se souvient : «Maurice était assistant de mathématiques à l université d Alger. Nous étions en pleine bataille d Alger quand les parachutistes français sont venus ce 11 juin 1957, à 23 heures, alors que nos trois enfants, âgés de 3 ans, 20 mois et 1 mois, dormaient. Ces hommes du général Massu avaient les pleins pouvoirs. C était le règne de la torture, du non-droit et des exécutions sommaires contre les Algériens et ceux qui défendaient leur cause. Ils ont pris mon mari et, depuis, je ne l ai plus revu.» En dehors de Josette, le dernier à le voir vivant fut Henri Alleg, son camarade de parti, arrêté et torturé lui aussi, qui réussit à survivre pour témoigner en écrivant «La Question», aux Éditions de Minuit. Depuis plus d un demi-siècle, Josette Audin se bat pour que la France reconnaisse le meurtre, sous la torture, de son mari. En janvier 2009, l affaire a réapparu quand Michèle Audin, fille aînée du disparu, mathématicienne elle aussi, refuse la Légion d honneur que lui proposait le président de la République. Aujourd hui, un prix de mathématiques, une place à Alger et une autre à Paris portent le nom de Maurice Audin. Plus de 200 personnes ont participé le 22 juin à l inauguration du parc Maurice-Audin, face à la gare du Val-d Argent-Nord. Entouré de Josette et Pierre Audin (épouse et fils du disparu), du consul d Algérie à Pontoise, de Pierre Mansat, président de l association Maurice Audin et de plusieurs élus et personnalités locales, le maire a prononcé un discours émouvant où il a rappelé le sort de Maurice Audin, victime d une guerre devenue absurde et où une dizaine de milliers de soldats français et combattants algériens perdirent la vie. «En tant que maire d Argenteuil, j entends que notre ville n oublie ni ses fils tombés de l autre côté de la Méditerranée pour défendre ce qui était alors le sol de la patrie, ni les militants français ou algériens qui s engagèrent pour l indépendance de l Algérie», a-t-il souligné. Stigmatisant l usage de la torture, le maire a conclu «je ne suis pas historien et je suis trop jeune pour me permettre de donner des leçons aux uns ou aux autres ; ce dont par contre je suis sûr, c est qu il n y a pas de «guerre propre» et que les seules que l on gagne, ce sont celles qu on parvient à éviter.» L inauguration de ce parc a été l occasion de dévoiler une stèle en la mémoire de Maurice Audin. Une stèle qui rappelle que la vérité sur sa mort «n est toujours pas reconnue officiellement.» 1966 : la famille Audin quitte l Algérie 1967 : elle s installe à Argenteuil et Josette enseigne les mathématiques au lycée Romain-Rolland (Val-d Argent-Nord) 1991 : Josette prend sa retraite A.S. et G.B. L Argenteuillais Hors-série

18 Patrimoines vivants Article publié dans Le Mag d octobre 2010 La petite française et le géant américain Avec le concours de Lucienne Legrand-Dreher, l historien d art Paul Hayes Tucker a préparé l édition de son livre «Monet à Argenteuil», paru en 1982 aux États-Unis et réédité en français cet automne. Retour sur une amitié nouée en 1976, quand Lucienne accueille l étudiant américain au français hésitant. Je garderai toujours la vision de ce grand jeune homme, très poli, un peu perdu, qui s exprimait difficilement en français C était Paul Tucker, l étudiant américain qui faisait une thèse sur Claude Monet et son passage à Argenteuil entre 1871 et 1878.» Pour mieux connaître la ville du XIX e siècle, le jeune universitaire souhaite accéder aux archives municipales. Et c est dans une improvisation matérielle totale que Lucienne Legrand lui ouvre les portes d un sous-sol humide, froid et très mal rangé, par manque de place. «Avec son 1,96 m et le petit bureau d écolier qui lui servait de table, on aurait dit un œuf sur un coquetier!, décrit la vieille dame. Pendant sept mois, cinq jours par semaine, il a noté, noté et encore noté. Sa patience et sa culture sur le mouvement impressionniste me laissaient admirative, évoque Lucienne avec tendresse. Il avait l âge d être mon fils, et c est vrai que j ai un peu joué le rôle de seconde maman J ai pu par exemple l aider pour améliorer son français.» Devenu professeur historien d art à l université de Boston et éminent spécialiste du mouvement impressionniste, Paul n a jamais oublié Lucienne, la «petite française d Argenteuil». À tel point qu en 2000, lors de l exposition «The Impressionists at Argenteuil», proposée à la National Gallery of art de Washington, le très officiel commissaire Paul Hayes Tucker invite Madame Legrand-Dreher à Boston et Washington. «Dix jours fabuleux, offerts par Paul, du billet d avion à toutes les excursions Reçue comme un coq en pâte chez lui et son épouse, j ai été gâtée avec beaucoup de tendresse et de respect. Et bien sûr, j ai participé au repas officiel, donné à l occasion de l exposition par l Ambassadeur de France à Washington, où Monsieur Ouvrard, le maire d Argenteuil, était invité» Des moments forts que Lucienne n oublie pas, entrée à 19 ans comme simple dactylo à la mairie d Argenteuil qui a terminé sa carrière en 1983 comme directrice administrative. Aujourd hui âgée de 88 ans, maman et grand-mère, Lucienne a eu l immense plaisir de revoir son «grand» Paul le 17 septembre dernier, lors de la présentation du livre «Monet à Argenteuil» en français. «Vous n imaginez pas l émotion qui m a étreinte quand je l ai vu!». C.A. JMT Article publié dans Le Mag de janvier 2011 René Amiot, Compagnon de la Libération Hommage à René Amiot, résistant natif d Argenteuil, qui a tout risqué pour participer à la Libération de la France. L appel du Général de Gaulle en juin 1940 l avait convaincu. Il est né à Argenteuil le 15 janvier Après avoir effectué son service militaire à Alger en 1935, René Amiot devient ingénieur agricole dans le nord-est de la France. Réengagé en 1939, il est détaché comme officier en avril 1940 au Moyen-Congo. Il y entend l appel du 18 juin et rallie la France libre dès le lendemain par l intermédiaire de l ambassade de Grande-Bretagne à Léopoldville. Caché au Congo depuis le 19 juin, il participe le 28 août 1940 au ralliement, sans heurts, de Brazzaville au Général de Gaulle, entraînant de nombreux camarades hésitants. Il participe brillamment à la campagne du Gabon et reçoit une citation. En Syrie, il est grièvement blessé le 19 juin 1941 au cours d une contreattaque mais refuse de se laisser évacuer. Entre 1942 et 1943, il prend part aux campagnes de Libye et de Tunisie, non sans avoir été blessé deux fois. Malade, DR il rejoint la 1 re division française libre en Italie. Affecté au service de santé, il participe activement à l évacuation des blessés lors du bombardement de la division le 13 juin René Amiot débarque en Provence le 15 août 1944 et participe à la campagne de France. Évacué sanitaire fin 1944, il termine la guerre avec le grade de lieutenant et poursuit sa carrière au service de santé des troupes coloniales, notamment à Dakar. En 1955, il sert au titre de la coopération à Madagascar et au Gabon où il dirige un hôpital de lépreux. Il prend sa retraite en 1965 avec le grade de commandant et décède à Lyon le 1 er novembre Officier de la Légion d honneur, René Amiot est aussi, entre autres décorations, Compagnon de la Libération, officier de l Ordre national du Mérite et Croix de Guerre 1939/1945. A.S. Source : Question à Léon Duval, 78 ans, président de la Maison Jean-Moulin et du Comité d entente des anciens combattants et victimes de guerre. Pourquoi est-il important de rappeler les actions et les sacrifices de René Amiot? Il est l un des deux Valdoisiens, avec Pierre-Jean Herbinger (né le 1er décembre 1899 à Beaumont-sur-Oise), à faire partie des Compagnons de la Libération. Créé par le Général de Gaulle, ce titre est décerné pour récompenser les personnes, les unités militaires et les collectivités civiles qui se sont signalées dans l œuvre de libération de la France. Ainsi, personnes, 5 communes et 18 unités combattantes sont honorées de ce titre. Aujourd hui, il ne reste que 37 Compagnons de la Libération. C est le rôle de la Maison Jean-Moulin que de faire connaître les grandes figures locales qui ont marqué l histoire de France. 18 L Argenteuillais Hors-série 2011

19 Article publié dans L Argenteuillais n 15 Mercredi 8 octobre 2008 Réussir... contre les discriminations Engagés C est en avril dernier que Hanane Sellah, 25 ans, est élue présidente de l Atmf, association des Travailleurs maghrébins de France. Elle en était vice-présidente depuis 3 ans. «L Atmf fait partie d un réseau national composé de 15 associations, créé en janvier C est une association laïque et l un de ses objectifs est de lutter contre les discriminations et pour l égalité des droits et la citoyenneté de résidence. Elle est ouverte à tous et ses actions à Argenteuil visent aussi à favoriser la solidarité et l entraide entre les habitants du quartier». En 1986, ses parents, originaires de Kabylie, quittent Courbevoie et s installent à Argenteuil. Hanane n a que quatre ans. «Je suis l aînée de quatre enfants et c est ma mère, soucieuse de notre réussite, qui nous a inscrits à l Atmf pour suivre des cours de soutien scolaire». À l Atmf, quand on y va une fois, on revient souvent. Le bac en poche, Hanane entre à l université mais continue à fréquenter l association. Cette fois-ci en bénévole... Soutien scolaire primaire et secondaire, apprentissage du français et de l arabe, permanences sociale et «L Atmf fait partie d un réseau national composé de 15 associations, créé en janvier CT juridique, organisation de rencontres thématiques ou conviviales l Atmf est une ruche! En plus des réunions du conseil d administration et du suivi de la gestion de l association et de ses quatre salariés, Hanane s investit aussi dans l accompagnement scolaire. En 2007, elle a participé, avec dix jeunes de son quartier, à une action humanitaire au Sénégal pour la construction d une école primaire et d un foyer de jeunes à Kounghull, un village à 300 km de Dakar. Ce 3 octobre, l Atmf organisait sa 6 e fête de la réussite. La présidente a remis une attestation symbolique à chacun des 30 jeunes ayant obtenu un diplôme au cours de l année précédente. A.S : naissance à Courbevoie 1994 : découvre l Atmf 2003 : licence d espagnol 2007 : participe à une action humanitaire au Sénégal, avec dix jeunes Argenteuillais 2008 : prépare le Capes d espagnol 3 octobre 2008 : préside la 6 e fête de la réussite Article publié dans L Argenteuillais n 20 Mercredi 19 novembre 2008 Une autre Histoire F rance Germaine. On voit d ici la tête de l employé de l état civil qui reçut à la mairie l arrière-grand-père d André Lœz, venu en 1915 inscrire la naissance de sa fille. «Prénom? France Germaine.» Le geste de cet aïeul antimilitariste est lourd de sens un an après le début de la Première Guerre mondiale. France, comme son nom l indique, et Germaine, pour Germanie, l Allemagne, alors détestée, haïe. Une manière de s affranchir d une atmosphère qui jeta violemment un peuple contre un autre. Une manière de résister à une trop évidente et simplificatrice haine au cœur de la Première Guerre meurtrière du XX e siècle. Près d un siècle plus tard, son arrière petit-fils compte parmi les historiens qui commencent à écrire une «autre histoire de la Grande Guerre», plus attentive aux acteurs, aux nuances, aux dissonances, moins manichéenne, plus complexe. Mais ce n est pourtant pas ce brin d histoire familiale qui plonge l étudiant André Lœz dans la Première Guerre mondiale. «En 3 e année de Sciences po, j ai rencontré Nicolas Offenstadt, qui y enseignait, et qui m a proposé plusieurs sujets possibles de mémoire. Je me souviens que l un d entre eux portait sur la boxe française...» André Lœz choisit finalement une étude des mutineries de 1917 «sur lesquelles il restait beaucoup de choses à dire». Après les mutineries, ce fut la guerre dans son ensemble. Il fait aujourd hui partie du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de «Cette période et cet «événement total» qui s impose à tous CT «Cette période et cet événement total qui s impose à tous dit beaucoup sur l humain.» dit beaucoup sur l humain. En situation extrême, l homme va vers le pire, le massacre. Mais pas tous, et pas tout le temps. Il conserve son humanité. Quand on fait prisonnier un blessé, on commence par lui donner à boire, par exemple. C est un des moments historiques qui permet d aborder la complexité et de souligner que, même au cœur d un événement extrême, on conserve une capacité de choix.» Dit comme ça, on voit bien la part d universel de cette étude. Et à part ça? Y compris ça, devrait-on écrire, André Lœz est professeur d histoire au lycée Georges-Braque. «J ai des élèves intéressés par cette manière, complexe et nuancée, d aborder l histoire et je travaille dans une équipe soudée, entreprenante. La journée du livre organisée au lycée en témoigne.» En parlant de livres, deux paraissent cette année. L un sous sa signature, «La Vie dans les tranchées de la Guerre », l autre sous sa direction et «Obéir, désobéir : les mutineries de 1917 en perspective». L histoire est parfois une chasse aux trésors. On trouve l humanité au milieu de la barbarie. D.Q : naissance 1998 : premier mémoire sur les mutins de : agrégation d histoire 2003 : nommé au Lycée Georges-Braque 2008 : parution de «La Vie dans les tranchées de la Guerre » (Éditions Cairn) et de «Obéir, désobéir : les mutineries de 1917 en perspective» (La Découverte) L Argenteuillais Hors-série

20 Engagés Article publié dans L Argenteuillais n 22 Mercredi 3 décembre 2008 Artiste engagée... et dévouée Née en 1943 à Espinho (Portugal), Adelina Teixeira entre en 1956 à l École d arts décoratifs de Porto. En 1959, sa famille fuit la dictature militaire de Salazar et émigre au Brésil. La jeune fille se fait embaucher comme secrétaire dans un hôpital de São-Paulo et, parallèlement, continue de pratiquer sa passion : la peinture. Ses œuvres sont même exposées dans sa ville d adoption. En mai 1968, elle rejoint son futur mari à Argenteuil et travaille comme ouvrière à Precicable. Maman de trois garçons, elle fait ses premiers pas dans le bénévolat avec la Fcpe. «J ai voulu m investir pour contribuer à faire avancer l école». À la demande des enseignants, elle se met à donner des cours d arts plastiques à l école Marcel-Cachin, au Vald Argent-Sud où elle vit toujours. Elle a participé à l exposition collective artisanale organisée au début des années 80 par la Ville. La petite touche qu elle injecte à ses objets est un art qui fait toujours sensation. Des joyaux agréables à voir et à revoir sans se lasser. En octobre dernier, ses œuvres exposées au Bij (Bureau information jeunesse) ont eu beaucoup de succès. «J utilise tous les supports, papier, carton, bois, vitraux, pierres... J achète aussi certains objets pour les décorer ensuite.» Adelina CT Entre les cours qu elle donne et ses créations, Adelina Teixeira a remporté le concours d affiche organisé pour le 10 e congrès du réseau de l Atmf, sur le thème : «résistances, droits, justice, dignité». Teixeira s attache également à transmettre son savoir. Depuis 1997, elle intervient pour enseigner l art décoratif et l art plastique aux bambins et aux femmes qui fréquentent l Atmf (Association des travailleurs maghrébins de France). «Les enfants qui suivent ces cours réussissent mieux leur scolarité, car l art développe la sensibilité et la concentration au travail. Ils apprennent à respecter le travail des autres, à se respecter et à être plus responsables. Quant aux femmes, elles apprécient les ateliers d art décoratif, car elles s en servent pour décorer chez elles.» Pour découvrir cette artiste, rendez-vous à la brocante qui se tient le 7 décembre, de 7h à 18h, le long du boulevard du Général-Leclerc. Vous ne serez pas déçus. A.S : naissance à Espinho 1956 : école d arts décoratifs de Porto 1959 : émigre au Brésil 1968 : s installe à Argenteuil 1978 : expose à Argenteuil 1997 : rejoint l Atmf 2008 : expose au Bij et participe à la brocante du 7 décembre au Val-d Argent-Sud Article publié dans L Argenteuillais n 50 Mercredi 24 juin ans au service des autres Salle comble le 12 juin à la Maison pour tous pour la remise de la médaille de Chevalier de l Ordre national du Mérite à Sakina Nhari, la directrice de cette association. Née en 1963 au Maroc, elle arrive en France à l âge de 4 ans et obtient, en 1982, son bac de mathématiques et biologie. Après deux années d études à la faculté de médecine de Bichat à Paris, la jeune femme bifurque pour le secteur animation en intégrant un centre de loisirs à Saint-Gratien. Parallèlement, elle suit une formation et obtient le diplôme de niveau 3 en animation socio-éducative. Repérée pour son sens de la communication et de l organisation, elle se voit confier la responsabilité du service Jeunesse de cette ville. En 1990, elle quitte Saint- Gratien pour un poste de directrice-adjointe du centre social la Maison pour tous, au Val-d Argent- Nord, et devient directrice en Depuis cette date, Sakina assume les mêmes responsabilités dans un esprit d engagement et de passion. «C est une femme de terrain, proche des gens, écoutée et respectée», dit d elle la sous-préfète d Argenteuil «Cette distinction est une reconnaissance à l ensemble des gens qui travaillent avec moi et qui m ont toujours encouragée.» au moment de la remise de l insigne. «Cette distinction est une reconnaissance à l ensemble des gens qui travaillent avec moi et qui m ont toujours encouragée», a tenu à préciser la récipiendaire. Espace familles, accompagnement scolaire, cours d anglais et d informatique, jeux pour jeunes ou autres sorties culturelles sont autant de projets qu elle met en place, avec son équipe, chaque année depuis 20 ans, en faveur de plusieurs centaines de personnes. Mais Sakina Nhari ne s arrête pas là. Elle dispense également d autres structures des cours de communication et de management. Preuve, une fois encore, de son engagement et sa dévotion la plus totale pour les autres. A.S : naissance au Maroc 1982 : obtient son bac 1987 : responsable du service Jeunesse à Saint-Gratien 1990 : intègre la Maison pour tous à Argenteuil 1992 : est nommée directrice. 12 juin 2009 : reçoit la médaille du Chevalier de l Ordre national du Mérite 20 L Argenteuillais Hors-série 2011

21 Engagés Article publié dans L Argenteuillais n 55 Mercredi 9 septembre 2009 Militante humaniste au quotidien Fatiha Ouakli, directrice de la Mij, s inscrit chaque jour dans une démarche visant à l épanouissement de la jeunesse. L a détermination au service des autres, Fatiha Ouakli la met en application déjà depuis longtemps. L aînée d une fratrie puise notamment sa force dans l enfance généreuse qu elle a passée dans le nord de la France. Attachée à la terre et à ses racines, elle affiche un charisme chaleureux qui la guide dès ses débuts professionnels dans l enseignement. Sept ans plus tard, le désir de continuer un travail d accompagnement et de conseil l amène naturellement à pousser les portes de la Permanence d accueil, d information et d orientation, aujourd hui devenue Mission intercommunale jeunesse. Passionnée, elle gravit rapidement les échelons. «J aime le dynamisme», sourit cette mère de trois enfants au regard toujours vif. Conseillère, responsable de l emploi, puis directrice adjointe, Fatiha Ouakli prend en 2000 la direction de la structure argenteuillaise qui dénombre près de inscrits parmi les ans provenant de huit communes du Vald Oise. Ce métier riche et diversifié représente un beau défi qu elle partage avec une équipe de trente collaborateurs, motivée à valoriser au mieux les qualités des jeunes en matière de formation, NM Conseillère, responsable de l emploi, puis directrice adjointe, Fatiha Ouakli prend en 2000 la direction de la structure argenteuillaise qui dénombre près de inscrits. d emploi, de santé, de logement. Encouragée dans sa volonté à poursuivre son engagement au sein de la Mij, cette adepte de justice et de justesse vient d être nommée Chevalier de l Ordre national du Mérite par le Président de la République au titre de ses vingt-quatre années d activités professionnelles. À 48 ans, cette femme d action n a toutefois jamais perdu de vue ses premières amours pour la littérature et la poésie. En écrivant des essais, mais également à travers la pratique de la sculpture, elle se ressource. Définitivement femme de relations, Fatiha Ouakli milite ardemment en faveur de l humanisme. Un état d esprit qu elle compte bien garder en s investissant bénévolement plus tard au cœur d une association humanitaire, cela va de soit : naissance à Villepinte 1992 : conseillère à la Paio 2000 : directrice de la Mij d Argenteuil 2009 : promue au grade de Chevalier de l Ordre national du Mérite, session «promotion du travail» N.G. Article publié dans L Argenteuillais n 57 Mercredi 23 septembre 2009 Voleuse de souffrance Jeanine Noirjean, présidente de l association Icceme, agit pour apporter du bien-être aux malades du cancer de l hôpital d Argenteuil. Dans une première vie, Jeanine Noirjean a connu une jeunesse heureuse en Algérie, s est mariée en France avec Claude et a poursuivi son métier d enseignante à l école Paul-Éluard d Argenteuil. Pendant vingt ans, cette maman de deux enfants s est passionnée pour tous ses élèves de CM2 «beaux dans leur tête». En 1989, le cancer l a obligée à cesser son activité. Vaincue une première fois, la maladie est revenue à la charge treize ans plus tard, tandis qu elle emportait son époux. C est à cet instant que la deuxième vie de cette grandmère courageuse et généreuse commence. «J ai pensé que cette souffrance commune avait un sens, alors je l ai transformée en force que j ai mise au service des autres en créant Icceme», explique la présidente d Inter agir pour le corps, le cœur, l esprit du malade du cancer et son entourage. Fondée en 2003, l association améliore le bien-être physique et psychologique des malades du cancer soignés Chaque année, ses trois socioà l hôpital d Argenteuil. Chaque année, ses trois esthéticiennes interviennent socio-esthéticiennes interviennent auprès de auprès de malades alités, malades alités, leur procurant relaxation et douceur leur procurant relaxation et douceur en musique. en musique. Formés à l écoute, les bénévoles fervents et dynamiques d Icceme offrent également aux malades des moments NM d évasion autour du jeu et de la lecture. «Un quart d heure de distraction est un quart d heure volé à la souffrance», insiste Jeanine, qui espère bientôt grossir les rangs de ses bénévoles face à la demande. Car «rapidement, l action d Icceme est devenue indispensable. Le confort et le soutien apportés au patient l apaisent et facilitent la prise en charge des soins. Icceme est partenaire à part entière de l équipe soignante», confie un cadre hospitalier. En mettant toute son énergie dans l aventure, Jeanine oublie sa maladie toujours en embuscade. Sans cesse en quête de bonnes idées pour l association, cette férue de peinture et d écriture s est découverte à 69 ans, toujours pleine de ressources. Son dernier projet : un atelier théâtre destiné aux malades afin de leur permettre de s exprimer en dehors de l univers hospitalier. Le théâtre-thérapie serait alors un moyen de combattre l anxiété et de se dépasser. Mais aussi une façon de vivre des moments d échanges dans le rire et la convivialité entre malades, ex-malades, familles, personnel soignant et membres d Icceme. Car, Jeanine le sait bien : «Ce que nous partageons nous fait du bien à tous.» N.G. L Argenteuillais Hors-série

22 Engagés Article publié dans L Argenteuillais n 58 Mercredi 30 septembre 2009 «Ma religion, c est l amour» Alain Sandretti, infirmier social au Secours populaire français d Argenteuil, est à l écoute de tous les maux des familles en détresse. Il faut absolument rendre hommage à l énorme travail effectué par les bénévoles du Secours populaire, car c est grâce à eux qu on se relève», insiste très émue Laila, une mère en grande difficulté sociale. C est pour Laila et pour beaucoup d autres anonymes qu Alain Sandretti s investit sans compter depuis près de quarante ans. Tout jeune déjà, il pensait aux autres avant lui-même. Ce besoin d aider l a conduit, dès l âge de 15 ans, à s engager auprès de la Croix-Rouge, puis au sein du Secours aux victimes. La nécessité d être au contact de la souffrance a également vite eu raison de son métier de comptable dans lequel il ne s épanouissait pas. À 28 ans, l homme à la voix douce et au caractère souple retourne donc sur les bancs de l école pour passer un diplôme d aidesoignant, puis d infirmier psychologue et enfin d infirmier d État. Pendant douze ans, ce père de trois filles officie essentiellement aux urgences de l hôpital d Argenteuil et au Smur, avec le réel sentiment d être utile. Aujourd hui, passé le cap de la cinquantaine, il est infirmier dans un foyer pour personnes handicapées la nuit et dans une clinique spécialisée dans les addictions quelques jours de la semaine. Il tient surtout à donner de son temps au service des personnes démunies qui se présentent quotidiennement dans les locaux argenteuillais du Secours populaire français (Spf). L association, qu il a rejointe en 1999, inscrit son action dans le cadre d une solidarité d urgence basée sur la distribution d aliments, de vêtements et de meubles donnés au profit des populations victimes de la précarité et de la pauvreté. Mais aussi sur le long terme, par l insertion professionnelle, l accès aux loisirs, à la santé, aux droits. À travers la permanence Écoute santé, les gens se confient à Alain en matière de santé physique, psychique et sociale, «en toute confidentialité et en toute amitié», confie-t-il. Son seul défaut : «avoir tendance à trop s attacher aux gens». Une qualité, pour les familles en détresse qu il a parfois hébergées chez lui. En 2007, il a même reçu le trophée national du bénévolat qui récompense chaque année sept Français parmi 14 millions de bénévoles. Toujours prêt à combattre les injustices, Alain a suivi un convoi humanitaire en Biélorussie en 2005 et fait la maraude les deux hivers suivants avec le Samu social. Mais c est au sein du Spf, sa deuxième famille, que l infirmier social a trouvé sa place, et pour longtemps encore. N.G. NM Article publié dans L Argenteuillais n 61 Mercredi 4 novembre 2009 Tour du monde en solidaire Jeanne Guignard poursuit 40 ans d activités professionnelles au service d autrui en s engageant aujourd hui auprès du Secours populaire français d Argenteuil en tant qu écrivain public. Aussi loin qu elle s en souvienne, Jeanne Guignard a toujours voulu «aider les autres». Issue d une famille où la notion de partage et les valeurs sociales priment, la Poitevine d origine débute sa carrière professionnelle en tant qu éducatrice spécialisée au chevet de jeunes filles aux prises avec la délinquance et la prostitution. Quelques années plus tard, elle s installe avec son mari à Argenteuil pour s occuper des enfants handicapés mentaux de l Institut médico-éducatif de la ville. Soucieuse d agir progressivement à un niveau plus global qu individuel, cette mère de trois enfants devient responsable du Club de prévention de la commune. Décidée à participer en amont à l élaboration des projets, en partenariat avec les différents acteurs socio-économiques, cette femme «motivée» prend la tête du Grand projet urbain et du contrat de ville de La Courneuve, incluant le quartier des Un challenge qu elle relève et qui la mène, au début des années 90, à occuper le poste de directrice générale adjointe de la localité de Seine-Saint-Denis. La belle et longue aventure lui permet d enrichir ses compétences dans de nouveaux domaines, comme le sport et la culture, et de suivre les premiers pas de la communauté d agglomération. Aujourd hui à la retraite, Jeanne a conservé cette curiosité naturelle «pour tout et pour tous». Inscrite aux cours et aux sorties de l Université inter-âges d Argenteuil depuis trois ans, cette grand-mère de cinq petits-enfants n a de cesse d apprendre et de donner. Deux jours par semaine, l Argenteuillaise de cœur distribue en effet les colis alimentaires au Secours populaire français d Argenteuil, œuvrant continuellement à la valorisation des bénéficiaires. Chaque lundi soir, elle consacre également de son temps en tant qu écrivain public au service des adhérents d une mutuelle du centre-ville. Dans un moment d échange et d écoute, Jeanne apporte à un public très hétéroclite un soutien précieux en matière de démarches relevant de la santé, des droits, du logement. Ravie de favoriser l aboutissement heureux de nombreux dossiers, Jeanne Guignard avoue qu elle n est pas prête à poser la plume de la solidarité. N.G : naissance à Poitiers : éducatrice spécialisée : directrice du Club de prévention d Argenteuil : directrice générale adjointe de la mairie de La Courneuve : bénévole au Secours populaire français d Argenteuil et écrivain public AV 22 L Argenteuillais Hors-série 2011

23 Article publié dans L Argenteuillais n 63 Mercredi 25 novembre 2009 Combattre les clichés Président de l association Force des mixités, Abdellah Boudour dévoile ses moyens pour venir en aide aux jeunes des quartiers d Argenteuil. Engagés Promouvoir la réussite et valoriser les jeunes issus des quartiers», sont les buts que souhaite atteindre Abdellah Boudour. À 24 ans, ce jeune originaire du quartier de la Haie-Normande, secteur situé au Val-d Argent-Nord, a créé il y a quatre ans sa propre association, Force des mixités (Fdm). Depuis, il se bat quotidiennement pour que les jeunes prennent leur avenir en main. Pour ce faire, Abdellah a recours à une technique bien particulière : la vidéo. À l aide de son caméscope, il filme et interviewe des invités de marque issus de la diversité culturelle : les journalistes Aïda Touihri et Harry Roselmak ou encore le rappeur Rat Luciano. «Par le biais de ces vidéos, j ai la volonté de montrer l exemple par le concret, grâce à des personnalités connues ou non, qui incarnent une réussite sociale ou professionnelle», explique-t-il. Lorsque l occasion se présente, il organise des sorties culturelles ou sportives avec des enfants du quartier, «afin de leur faire découvrir autre chose que la cité», ajoute-t-il. Également rappeur à ses heures perdues, Abdellah, NM Il organise des sorties culturelles ou sportives avec des enfants du quartier, «afin de leur faire découvrir autre chose que la cité». dit Don Sano, parle dans ses textes de son quotidien et surtout de sa ville, Argenteuil, qu il affectionne particulièrement. «J aime mon quartier, je m y sens bien», confie-t-il. Dans son premier clip, intitulé «20 ans», réalisé en 2005, Don Sano fait le bilan de sa jeunesse passée à Argenteuil. «Le clip a été tourné dans la ville et les figurants sont des amis, ajoute-t-il. Ils sont mon premier public, je leur dois bien ça!» Il y a quelques semaines, Abdellah a lancé le site internet de son association où les vidéos des célébrités peuvent être visionnées. En attendant des subventions qui lui permettraient de développer son association, il suit une formation d éducateur spécialisé et compte passer un diplôme afin d être reconnu en tant que professionnel du métier : naissance à Villeneuve-la-Garenne (92) 2005 : il tourne son premier clip, intitulé «20 ans» 2006 : il crée l association Force des mixités 2009 : il suit une formation pour devenir animateur S.B. Article publié dans L Argenteuillais n 64 Mercredi 2 décembre 2009 Lutter contre l adversité Inès Slimani est atteinte d une maladie rare. À l occasion du Téléthon, sa mère, Nadia, a accepté que sa fille soit la marraine de cette édition. Le Téléthon s intéresse aux minorités, celles des maladies orphelines, celle de ma fille». C est par ces mots que Nadia Slimani espère sensibiliser les Argenteuillais. Pour cette nouvelle édition, elle a accepté que sa fille, Inès, soit la marraine locale du Téléthon. «Cette manifestation est très importante car elle permet de réunir des dons afin de faire progresser la recherche et de permettre un avenir meilleur aux malades», explique-t-elle. En 2004, elle donne naissance à sa deuxième fille, Inès. La petite pèse plus de quatre kilos, a un angiome à l œil et développe rapidement des problèmes respiratoires graves. «Elle a dû être envoyée en réanimation pour être soignée et y être intubée. Cette séparation entre nous a été très brutale», se souvient Nadia. Par la suite, les médecins craignent que l enfant soit atteinte du syndrome de Wiedemann-Beckwith, une maladie génétique qui se manifeste, entre autres, par une croissance excessive, un poids important à la naissance et qui présente un grand risque de développer des tumeurs abdominales. Mais il faudra attendre près d un an pour que les résultats reviennent et que le diagnostic soit établi. «Les tests sont très longs et lorsque je l ai appris, ça a été comme un coup de massue. Je n y comprenais rien puisque personne dans notre famille n était porteur de cette maladie», Inès Slimani tente de trouver un système scolaire adapté à son handicap. NM insiste-t-elle. En effet, Inès a développé seule ce gène défectueux qui l empêche aujourd hui, à l âge de 5 ans, de marcher correctement à cause d un coté de son corps plus grand que l autre. «En plus de son syndrome, ma fille accumule un retard psychomoteur, des problèmes de langage ainsi que des troubles du comportement qui l empêchent de grandir et de s épanouir», explique Nadia. Pourtant, elle détecte une capacité d apprentissage chez son enfant et tente de l intégrer à l école en «Inès a besoin d un système adapté à son handicap. Du coup, cette école n était pas l endroit approprié. J ai dû la retirer», déplore-t-elle. Aujourd hui, elle espère pouvoir retenter l expérience en trouvant une structure éducative adaptée pour Inès afin qu elle puisse s épanouir comme une enfant ordinaire. 18 janvier 2004 : naissance à Argenteuil 2005 : diagnostic établi du syndrome de Wiedemann-Beckwith 2007 : première tentative d entrée en maternelle 2010 : prochaine tentative d entrée à l école S.B. L Argenteuillais Hors-série

24 Engagés Article publié dans L Argenteuillais n 66 Mercredi 23 décembre 2009 Une vie pour un idéal Claude Vienney développe des échanges culturels avec les peuples de Russie et de la Cei (Communauté des États indépendants). À l occasion de l Année croisée France-Russie, le programme pour 2010 est riche. Claude Vienney est tombée dans le chaudron communiste quand elle était petite. Fille de résistants, dont le père fut déporté à Mauthausen (Autriche), elle est confiée à sa grandmère à Poitiers où elle obtient son brevet élémentaire en À la Libération, elle retourne à Paris et adhère au Pcf (Parti communiste français) en mai 1945 à l occasion de la libération de son père du camp de concentration. Il deviendra journaliste à l Humanité quand sa mère sera élue députée de Paris de 1947 à Claude devient infirmière en Pendant sa formation, elle se marie avec Pierre Vienney (futur secrétaire général de la mairie d Argenteuil à partir de 1971) et de leur couple vont naître trois filles et un garçon. Après avoir été directrice d un centre de Pmi (Protection maternelle et infantile), elle termine sa carrière comme infirmière à domicile. Petitefille d une institutrice, ayant créé une école laïque dans le Poitou, elle s engage à la Fcpe du Val-d Oise pendant toute la scolarité de ses enfants. Puis c est la rencontre «divine» avec l association France-Urss où la militante engagée mène diverses activités pour faire connaître la culture russe (cours de langue russe, voyages, échange de jeunes). «Après l éclatement de l Union soviétique, l association a décidé de poursuivre ses activités en direction des peuples de l ex-urss et c est ainsi qu elle a changé de nom pour devenir Argenteuil-Russie-Cei à partir de Nous avons mené RL Nous avons mené plusieurs activités, dont l accueil à Argenteuil de jeunes de la ville de Samara, au bord de la Volga, pour apprendre le français. plusieurs activités, dont l accueil à Argenteuil de jeunes de la ville de Samara, au bord de la Volga, pour apprendre le français. Nous espérons maintenant obtenir des échanges de coopération entre les élèves de l école de construction automobile de cette ville et ceux du Garac* d Argenteuil», explique Claude Vienney. Pour 2010, l Année croisée France- Russie, un panorama de la culture russe attend les Argenteuillais. L association proposera notamment, avec le soutien de la municipalité, une semaine de cinéma, une exposition et une conférence sur la littérature russe, deux spectacles au Figuier blanc, une exposition de peinture et une table-ronde sur l amitié franco-russe. Douze jeunes russes devraient être reçus, fin mars, à Argenteuil et dialoguer avec les élus du Conseil municipal des jeunes. A.S. * Garac : École nationale des professions de l automobile. Septembre 1928 : naissance à Paris Mai 1945 : adhère au Pcf 1950 : naissance du premier enfant 1951 : obtient son diplôme d infirmière-puéricultrice 1971 : arrive à Argenteuil 1980 : adhère à France-Urss 2010 : propose à la municipalité d Argenteuil un programme sur l Année croisée France-Russie Article publié dans L Argenteuillais n 70 Mercredi 17 février 2010 À la mode de chez nous Une vie à aider les plus pauvres Cécile Pelous a réussi à concilier sa carrière dans la haute couture et ses actions caritatives à l autre bout de la planète. À 70 ans, elle n est pas prête de s arrêter. Elle vient de recevoir la médaille de l Ordre national du Mérite. Et c est mérité! Cécile Pelous, 70 ans, Argenteuillaise depuis vingt ans, a voué sa vie aux démunis et aux créations de mode. Issue d une famille de neuf enfants dont elle est la seule fille, elle suit des cours de couture pour faire plaisir à son père. Très vite remarquée, elle devient modéliste chez Christian Dior, Nina Ricci et Guy Laroche, et travaille avec Yves St Laurent ou John Galliano. Cécile Pelous habille les femmes les plus riches du monde, des comédiennes, Jackie Kennedy ou Christina Onassis. Tout en assouvissant sa passion de la création. «Le sculpteur a la pierre, moi le tissu», confirme-t-elle. La créatrice de modèles uniques évolue dans un luxe extrême fait d hôtels particuliers et de palaces. «J aurais pu y céder mais, pour mon équilibre, je devais aider ceux qui n ont rien», se souvient-elle. Sa lettre écrite à Mère Teresa en 1985 obtient une réponse aussi claire que sibylline : «Venez, ici on a besoin de tous les bras!». Illico, Cécile part à Calcutta. Où elle aide 24 L Argenteuillais Hors-série 2011 La créatrice de modèles uniques évoluait dans un luxe extrême fait d hôtels particuliers et de palaces. les nécessiteux, les malades et lave les mourants. L année suivante, elle permet à un orphelinat de cent enfants de vivre en autonomie, grâce notamment à la création d un poulailler. Le rythme se ritualise : Cécile part deux fois six semaines chaque année à Calcutta. Vient ensuite la construction d une école à la frontière du Bengladesh. Et quand il s agit d ériger un orphelinat au Népal, elle n hésite pas à engager son argent personnel. Toutes les personnes qu elle a aidées, elle en parle comme de «ses» enfants et a toujours voulu les rendre autonomes. Et cela marche, l un d eux est maintenant prof dans une université de Sydney. Parallèlement, Cécile crée une association : Action Autonomie Avenir. Évidemment. En ce début d année c est une médaille qui vient saluer ce parcours hors-normes. «Cela me touche beaucoup, d autant que j ai été faite citoyenne d honneur de la ville d Argenteuil», assure-t-elle. Maintenant retraitée depuis trois ans, serait-ce temps de lever le pied? «Oh non!», répond malicieusement Cécile entre deux avions. S.Le.

25 Article publié dans L Argenteuillais n 90 Mercredi 20 octobre 2010 L X et la croix Engagés À 57 ans, Jean-Marie Petitclerc, prêtre et ancien polytechnicien, est le créateur de l association Valdocco. Des actions de prévention et d éducation pour la jeunesse y sont développées. Convaincu, révolté, réfléchi. Il impressionne, Jean-Marie Petitclerc. Fondateur, il y a 15 ans, du Valdocco à Argenteuil avec un groupe d habitants du Val-Nord inquiets pour le devenir de leurs enfants, il va développer l association jusqu à l inscrire dans la politique de la ville. «Nous luttons contre le désœuvrement des jeunes grâce à l animation que nous voulons de proximité sans nier les dimensions affectives, luttons contre le décrochage scolaire et soutenons les parents. Pour moi, rien ne vaut la médiation, nous avons donc fondé un institut de formation», retrace ce prêtre polytechnicien. Né dans une famille catholique normande en 1953, Jean-Marie Petitclerc s éloigne du chemin de foi pour intégrer l X. Entrer à Polytechnique avec des rêves de carrière politique à seulement 18 ans n est pas banal. Comme la suite de son parcours. «Lors d une compétition de demifond, ma jambe s est brisée. Ce grave accident m a fait réfléchir», se remémore celui qui va se tourner vers Dieu et les jeunes. «J ai passé mon diplôme d éducateur spécialisé et suis devenu prêtre salésien», poursuit-il. Ne se voilant jamais la face, les problèmes, il les pointe. «La jeunesse française souffre, surtout dans les quartiers», s indigne cet adepte de Jean Bosco, le créateur de sa congrégation. «Pour lui, la violence témoignait de la faillite de l accompagnement SLe «J ai passé mon diplôme d éducateur spécialisé et suis devenu prêtre salésien» 2 février 1953 : naissance à Thiberville 1971 : entrée à l École polytechnique 1978 : diplôme d éducateur spécialisé 1995 : fondation du Valdocco éducatif. Avec le Valdocco, nous refaisons le lien entre école, quartier et famille», poursuit celui qui théorise pour agir. Ainsi, prônant la mixité, «pour sortir des codes très violents du quartier», il accueille des polytechniciens au sein de l association où ils assurent du soutien scolaire. «Logés sur la dalle d Argenteuil, ils découvrent la réalité de la banlieue, diversifiée, loin de l image renvoyée par les médias. Quant aux jeunes, ils se projettent en rencontrant, par exemple, un maghrébin polytechnicien», s enflamme Jean-Marie Petitclerc avec le débit de Jacques Attali, qu il admire. D ailleurs, il fait profiter les politiques de droite comme de gauche de son expérience, de Boutin à Borloo en passant par Royal et a écrit de nombreux ouvrages. Depuis six ans, il partage son temps entre Argenteuil et Lyon, où il a monté une antenne du Valdocco. De religion, il ne parle jamais mais tente simplement de rendre la société plus fraternelle. S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 97 Mercredi 12 janvier 2011 Enfant de la balle Avec son carnet d adresses bien rempli, il n avait plus qu à passer quelques coups de fil Mokhtar Zemali n a pas hésité longtemps pour organiser un match de bienfaisance à l automne dernier, au stade du Marais. Il est du genre à préférer l accolade d un Sdf ému à l ouverture larmoyante d un journal télévisé. «Discret, je ne veux pas me mettre en avant», raconte Mokhtar Zemali. Pourtant, les chevilles de cet ancien footballeur amateur pourraient légitimement se sentir à l étroit dans ses crampons. Le 24 octobre dernier, grâce à son carnet d adresses et à sa générosité, d anciennes gloires de l équipe de France de football ont affronté une sélection argenteuillaise au stade du Marais. L entrée des spectateurs, la buvette et des tickets restos offerts par des commerçants locaux ont permis de récolter presque euros pour le foyer des Sdf d Argenteuil. Mais comment diable cet Argenteuillais de 39 ans a-t-il pu noircir si prestigieusement son carnet à spirales? Chauffeur bénévole de l équipe de football des Pays-Bas, lors de la Coupe du monde 98 disputée en France, il conduit le bus des Bleus lors du championnat d Europe des Nations. Une compétition disputée deux ans plus tard en Belgique et aux Pays-Bas. «Des moments formidables et des souvenirs plein la tête.» Des numéros de téléphone aussi. Si l on a retrouvé sur le pré argenteuillais Luc JMT Chauffeur bénévole de l équipe de football des Pays-Bas, lors de la Coupe du monde 98 disputée en France, il conduit le bus des Bleus lors du championnat d Europe des Nations. Sonor, Youri Djorkaeff ou Laurent Robert, c est aussi grâce à Habib, l un des deux fils de Mokhtar. Du haut de ses cinq ans, le fiston s étonne : «Pourquoi des gens dorment dans des tentes sur les bords de Seine?». Remué, le père répond à sa manière. Il décide alors, avec notamment l aide de la Ville, de monter le fameux match de bienfaisance devenu d ailleurs Trophée Habib. Qui devrait avoir une seconde édition, avant l été. Cette fois, Christian Karembeu et Bernard Diomède pourraient bien être de la fête, après avoir raté la première, bloqués loin d Argenteuil. Une nouvelle action, toute naturelle. «C est normal de partager avec les plus nécessiteux, souligne Mokhtar. Tout le monde peut se retrouver dans une situation d extrême précarité. J ai discuté avec des Sdf. Certains étaient par le passé prof d université ou banquier. Ce n est pas grand chose ce que je fais, juste une main tendue, mais si tout le monde fait pareil» Pas grand chose, faut voir Gageons qu il n oubliera pas de sitôt les larmes de fierté de sa maman, gravement malade, venue assister au match. S.Le. L Argenteuillais Hors-série

26 Engagés Article publié dans L Argenteuillais n 103 Mercredi 23 mars 2011 Prix Nobel de la Paix Océanographe, l Argenteuillaise a partagé le prix Nobel de la Paix 2007 avec Al Gore et autres chercheurs. À cinquante ans, sa passion pour les sciences se double d une curiosité artistique sans fond. Elle explore l immensité des océans et c est celle de la connaissance et de la curiosité qu elle tutoie. Diana Ruiz Pino est aussi passionnante qu accessible. Scientifique, la dame a tout de même reçu, avec les autres membres du Groupe intergouvernemental d experts sur l évolution du climat (Giec), le prix Nobel de la paix en Un prix partagé avec Al Gore, l ancien candidat à la présidence des États-Unis qui a popularisé les conclusions du groupe dans le film «Une vérité qui dérange». «Nous avons mis en évidence que le réchauffement climatique était dû aux activités humaines», explique Diana Ruiz Pino. L experte s est concentrée sur la mesure des taux de CO 2 dans les océans, les régulateurs du climat. Physicienne de formation, elle s est ensuite tournée vers la géophysique et sa partie océanographique et a également été à l origine de l essence sans plomb. Mais revenons au Nobel. «Je n y croyais pas! Il récompensait la recherche fondamentale. Une façon de saluer l importance de nos conclusions pour l humanité qui devait modifier ses comportements.» Diana ne donne crédit qu à une science éthique. Qui ne serait pas orientée par l argent ou la quête de rentabilité. Attention elle ne se veut pas militante. Simplement humaniste. Doublée du courage de la remise en cause, de la prise de risque. En tout domaine. Aussi, pour décompresser, sort-elle «tout le temps». Théâtre ou danse : plus c est inconnu et contemporain, plus elle s emballe. «Les vrais scientifiques sont des poètes», justifie-t-elle. «Les spectacles nourrissent mon âme. Les artistes sont lucides et nous donnent à voir le monde.» Un peu comme elle, lorsqu avec quelques mots, elle construit une phrase lourde de sens. Comme si elle desserrait les vannes pour nous engloutir d un flot de savoirs. Née en Colombie, parlant six langues et apprenant le chinois, l océanographe nage dans la mixité argenteuillaise comme un poisson dans l eau. «Cette ville a une âme!», lance-t-elle. Palabrer avec cette pédagogue, c est en effet ouvrir une encyclopédie. Mais une encyclopédie pleine d humour, pétillante, où les concepts les plus ardus se font limpides comme l eau des plages corses. Pour alors plonger dans les abysses de l âme humaine et les mécanismes du climat. Pour tenter de comprendre. Car comprendre, c est déjà tendre à l action JMT 1961 : naissance en Colombie 1982 : arrivée en France 2000 : installation à Argenteuil 2007 : prix Nobel de la Paix S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 108 Mercredi 11 mai 2011 L humaniste À 82 ans, l ancien directeur de la Mjc et de la Maison pour tous du Val-d Argent-Nord, ancien conseiller municipal, vient de s éteindre. C est l un des plus importants acteurs du monde associatif, culturel, civique et social d Argenteuil qui disparaît. Les gorges se nouent, les yeux se voilent René Chausson a rendu les armes. Face à une longue maladie contre laquelle il aura lutté pendant de longs mois. Avec son courage et sa ténacité habituels, lui qui aura forcé l admiration de ceux qui ont croisé sa route. Une route dont les premiers lacets serpentent en Corrèze, où son père, résistant, est élu député et maire de Tulle à la Libération. Étudiant à l École normale, René quitte pourtant la campagne limousine pour rejoindre l Îlede-France et enseigner à Argenteuil. Se sentant peutêtre à l étroit dans les blouses grises de l Éducation nationale, il se tourne vers les centres de vacances, notamment à Argentière, en Haute-Savoie. Logique pour ce passionné des hauts sommets dont les choix de vie sont d une impressionnante cohérence. L éducation, l honnête homme aux fortes convictions la conçoit également populaire. Directeur de la Mjc d Argenteuil en 1966, il n aura de cesse de briser les murs pour éclairer les consciences, développer la liberté de jugement de chacun, notamment celle des jeunes. Quand un drame familial remet tout en cause. Son fils Alain, très impliqué au sein de la Mjc, se tue en deltaplane. Il n a pas trente ans. Plaie béante que René tente de cautériser en quittant Argenteuil, pour rejoindre la Haute-Savoie. De ses montagnes, il supporte mal la séparation avec sa famille restée dans le Val-d Oise. Il retraverse la France et prend cette fois la direction de la Maison pour tous du Val-Nord. Il y reprend bien sûr son bâton de pèlerin de l éducation populaire, à coups de ciné-clubs et d ascensions. Certains notent en effet chez lui un petit côté mystique et assurent avoir croisé des jeunes des quartiers transformés grâce à leur expérience sur le Mont- Blanc. Convaincu, il l est aussi dans son engagement communiste. Infatigable militant, il sera conseiller municipal par deux fois, notamment de 1995 à 2001, aux côtés de Roger Ouvrard. Cette personnalité qui ne se mettait jamais en colère a marqué de nombreux esprits. Et impressionné par son sens de l écoute, son exigence et son intégrité. Inhumé le 4 mai, René repose maintenant en sa terre natale de Corrèze. S.Le : naissance en Corrèze 1966 : direction de la Mjc d Argenteuil 1982 (à partir de) : direction de la Maison pour tous du Val-Nord : conseiller municipal, pour la seconde fois RB 26 L Argenteuillais Hors-série 2011

27 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 23 Mercredi 10 décembre 2008 Sans arrêt(s) Julien Lamassonne est auteur-compositeur interprète et Argenteuillais. Né en 1976, il débute la musique à l âge de 5 ans. Après son bac littéraire en 1997, il s inscrit en cinéma à l université de Censier à Paris. «C est en chantant dans les bars, parallèlement à mes études, que j ai découvert ce que c est que jouer du rock, mais je ne me considère pas comme quelqu un de rock n roll.» Il s est fait connaître en interprétant le générique d un dessin animé diffusé par France 3. En mars 2006, il participe à l émission «Et si c était vous?» de la même chaîne et arrive 3 e sur les candidats du casting. «Mon objectif n était pas de gagner la finale, c était plutôt pour me faire connaître.» Six mois plus tard, il enregistre un album du dessin animé «Code Lyoko» et joue le rôle du zèbre dans le spectacle «Sol en cirque» de l association Solidarité Enfants Sida. Travaillant chez lui, au Val- Notre-Dame, il a participé récemment, avec Emma Piettre, la violoncelliste avec laquelle il forme un duo nommé Arthélie, à un casting de la Ratp. «Ça nous permet d avoir un badge pour jouer dans le métro et passer dans l émission Music Station sur W9.» Le métro parisien recèle de nombreux talents qui ne demandent qu à remonter à la surface. Pour les dénicher, la chaîne W9 s est associée à l opération réunissant plus de musiciens de toute la France. Sélectionnés par un jury, les onze finalistes auront à prouver Une carrière de chanteur commencée pour financer des études de cinéma mène Julien Lamassonne jusque sur W9 pour le casting Ratp. AV leur talent en direct le samedi 13 décembre à 20h45. Lors de cette soirée, ce sont les téléspectateurs qui désigneront le vainqueur de ce grand concours. Le clip du gagnant sera diffusé sur W9 quotidiennement pendant un mois. «Il y aura onze candidats et les téléspectateurs vont pouvoir voter par sms ou par téléphone. Ils peuvent déjà commencer à le faire, et voter pour moi, par téléphone au 3660* en tapant le chiffre 5 ou par sms** en indiquant le même chiffre 5 au Si on arrive parmi les trois premiers, notre duo Arthélie va interpréter une de mes chansons. Les téléspectateurs seront appelés à voter une nouvelle fois pour l un des trois candidats restants.» Vous l avez bien compris : les Argenteuillais sont invités à soutenir l enfant de la ville et son duo Arthélie. Soyez donc au rendez-vous! A.S. * 0,56 par appel / ** 0,50 + prix du Sms : naissance 1997 : obtient son bac littéraire 1998 : commence à jouer dans les bars 1999 : obtient le statut d intermittent du spectacle 2007 : arrive 3 e à la finale en vue de participer à l Eurovision 13 décembre 2008 à 20h45 : participe à la finale du casting de la Ratp sur W9 Article publié dans L Argenteuillais n 31 Mercredi 11 février 2009 Conteuse de belles aventures C est un moyen de faire voyager les gens qui vous écoutent, de les faire entrer dans votre univers» Vanessa Briot est passionnée de contes depuis plusieurs années. Après des études de lettres et deux mémoires sur la transmission, de l oralité aux écrits, Vanessa a été accueillie à la bibliothèque Elsa-Triolet et Aragon où elle a mis en place avec l équipe présente, «L heure du conte». Très fidèle, à ses débuts, aux textes écrits, les «Toqués du conte», une association de conteurs amateurs, lui a appris à adapter le conte pour le faire vivre. Elle explique cette façon de voir grâce à une métaphore d Henri Gougaud : un couteau se transmettait dans sa famille depuis longtemps, le manche avait été changé, puis la lame, mais il s agissait toujours du même couteau. C est avec cette association qu elle a connu ses premières émotions «sur scène». Alors qu elle contait, une petite fille se levait, se recoiffait, autant d attitudes qui perturbaient notre conteuse en herbe persuadée que la petite s ennuyait. La grand-mère de la fillette lui demande en arrivant : «Tu peux me raconter?» et la petite raconta toute l histoire. Première révélation, l attitude des enfants ne reflète pas forcément l intensité de leur attention. Changement de public : les «Toqués du conte» lui ont offert de se produire dans une maison TM d arrêt où Vanessa prend conscience du fait que beaucoup n ont jamais eu l occasion de se laisser porter par ces histoires. Dans ce monde très matériel et réaliste, c était l occasion de leur montrer un autre univers. Toujours avec le souci de s améliorer, Vanessa se lance dans une école de clown. Un art à mi-chemin entre le spectacle et l improvisation, et surtout un métier en contact direct avec le public. Elle y apprend l accordéon, instrument dont elle aime se servir pour emmener doucement le spectateur dans un monde où il oublie ses soucis. Et d où il rapporte quelques rêves où il fait bon se plonger de temps à autre. Toutes ces formations l ont faite avancer dans sa façon d envisager le rapport du conteur au conte. Reste à trouver comment marier la conteuse au clown. A.S. 27 Février 1980 : naissance 2004 : Dea métiers du livre : travaille à la médiathèque Elsa-Triolet et Aragon pour «l heure du conte». Se produit également dans une maison d arrêt 2009 : école de clown L Argenteuillais Hors-série

28 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 37 Mercredi 25 mars 2009 Âme de musicien Olivier Raymond, né à Bois-Colombes le 20 septembre 1958, est un artiste à multiple facettes, auteur, compositeur, pianiste et chanteur. Ses premier pas sur scène se déroulent à la Maison des Jeunes de Colombes. Seul face à un public d inconnus, il comprend qu il est entendu et sait ce qu il a envie de dire. Le tout est de savoir comment. La vingtaine arrivant, il prend place dans un groupe de rock progressif nommé «Vertige» et sous lequel il présentera ses premières compositions. Dans les années 90, de nouveau en solo, il se produit dans des piano-bars où il élargit son répertoire musical en s essayant au jazz et interprète classique et variété française. Il enseigne le piano pendant plusieurs années et suit les cours de chant d Yvan Barthélémy. Acquérant expérience et maturité, il commence à dénoncer ce que l humain fait subir à son environnement, à sa planète. Les années 2000 voient Olivier se produire au conservatoire du 10 e arrondissement de Paris et commencer ses premières réalisations de fictions radiophoniques dont il écrit souvent musique et histoire. Néanmoins, il laisse parfois le soin de l écriture à d autres pour ne se concentrer que sur la partition. Ses messages sont parfois moins métaphoriques qu il n y paraît : «La main de l homme peut donner, la main de l homme peut tuer». L artiste se révolte aussi contre les excès des hommes en général. Mais, ainsi qu il le dit lui-même non sans une certaine tristesse, dans la comédie musicale «Allô, la Terre?» : «Planète bleue c est difficile de t aider». Il fait ce qu il peut à son niveau, comme chacun. Il fait le tri mais a besoin de sa voiture. Et malgré sa sensibilité Olivier Raymond traduit sa sensibilité en inspiration devant son piano. sur le sujet, il estime que nous ne sommes pas tous autant responsables de la dégradation de notre planète. Selon lui, c est ce système dans lequel nous vivons qui pousse ceux qui en ont le pouvoir à créer trois usines de plus sans autre raison que le profit. S il aimerait évidemment sensibiliser un maximum de personnes avec ses chansons, Olivier Raymond écrit avant tout pour dire ce qui lui tient à cœur. Ses réalisations radiophoniques consistent à jouer une histoire comme au théâtre avec un décor fait de musique. En ce moment, Olivier rend hommage à Gilbert Bécaud en interprétant des incontournables comme «L Indifférence», et des morceaux méconnus mais cependant tout aussi beaux : «Ma Petite Lumière» ou «Ma copine et son enfant». Entre la radio et l hommage à Bécaud, Olivier Raymond trouve le temps d élaborer de nouveaux projets. Il aimerait notamment remonter sa comédie musicale et écologique «Allô? La Terre!». Il a publié deux albums : «Je Ronfle», composé de chansons écrites avec humour et réalisme, «Destin», une sélection de morceaux de musique seuls : naissance 70 s : rencontre avec un piano 80 s : «Vertige» 90 s : piano bar 2000 s : fictions radiophoniques 2007 : «Allô, la Terre?» G.V. Article publié dans L Argenteuillais n 42 Mercredi 29 avril 2009 Melting-potes musical Généralement les chats ne font pas des poissons rouges. Mais des chats. Les poissons, ils les préfèrent dans leur assiette. Alors quand on a un père et un oncle musiciens, on risque de finir avec une guitare entre les mains. Félix Kazablanca baigne dans les notes depuis son plus jeune âge. À 21 ans, l Argenteuillais s apprête à sortir son deuxième album. «J ai participé à mon premier concert à 8 ans. J ai ensuite pris des cours de guitare», se souvient-il. Il fonde quelques groupes mais à chaque fois, les aspirations des membres diffèrent. Une seule solution : se lancer en solo. «J étais déjà chanteur, compositeur et guitariste», rappelle Félix. Cela a dû l aider à passer le pas qui l a mené vers un projet plus dépouillé. Son premier album : Frenchy pop acoustik. «Avec un K, comme Kazablanca», précise l homme au chapeau noir. Ce musicien infatigable multiplie les projets. «Je joue avec un groupe de hip-hop, Arlez concept, qui mélange machines et instruments. Je donne des cours de guitare, à domicile et dans une école parisienne, ce qui me permet de vivre de la musique», détaille-t-il. Et de plancher sérieusement sur un deuxième opus. «Le premier était fait avec les moyens du bord pour démarcher des salles pour des concerts», détaille-t-il. Le suivant sera plus étoffé. Adepte du mélange, il cite comme influences le rythm n blues, le rock n roll, ou le funk et dit admirer Hendrix, Keziah Jones ou Gene Vincent. «Bee bop a lula» a été mon premier 45 tours. Il était rose, je m en rappelle». Quelle mémoire! Évidemment, quand c était Stéphanie de Monaco, on a eu tendance à oublier... «Je joue et écoute tout le temps de la musique. C est une échappatoire. Cela me donne le sourire, alors que l école beaucoup moins», rigole Félix. Il aime développer ses textes en fonction des ambiances de ses compositions. Et les nourrit de lectures d œuvres littéraires et de journaux, comme de ses voyages. «Je suis très attaché aux mots qui ne doivent pas être trop explicites». Félix préfère qu un voile les préserve et intrigue. Pour mieux toucher. S.Le : naissance 1996 : premier concert à la Cave dîmière à Argenteuil 2005 : se lance en solo 2008 : Félix sort son premier album «Frenchy pop acoustik» en septembre 2009 : résidence à l Espace Michel Berger de Sannois Fin 2009 : sortie de son deuxième album 28 L Argenteuillais Hors-série 2011

29 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 44 Mercredi 13 mai 2009 Des racines et des zèles La glace et le feu ou l ombre et la lumière, vous situez? La comparaison colle parfaitement au duo argenteuillais qui vient tout juste de sortir son premier album «Les drôles de p tites choses simples de la vie de famille qui fâchent». Excusez du peu. L aventure? Elle commence en Suisse, il y a trois ans. Comme une nécessité. «Je n avais pas le choix, je devais tenter l aventure», se rappelle Bénédicte Ferber. Rapidement, elle rencontre Laurent Attali, puis monte avec lui un tour de chant d une vingtaine de chansons originales. Elle est directe et franche, expansive comme un cardigan à cerises. Lui est calme, introverti et timide comme une veste en tweed. Et pourtant... «J arrive avec des phrases et des mélodies, souligne Bénédicte, Laurent, lui, compose les arrangements». Car le duo est un réel yin et yang créatif. Un miroir complémentaire qui puise de ses différences. Au final, cela ne donne pas un pull jersey, mais un joli cachemire. Mix improbable de fonds et de formes que seul un lord anglais s aventurerait à essayer. Sur scène, le duo est rejoint par cinq musiciens qui vont tisser les ambiances des chansons : bossa, rock en passant par le blues... Histoire de porter ailleurs la AV Sur scène, le duo est rejoint par cinq musiciens qui vont tisser les ambiances des chansons : bossa, rock en passant par le blues... chanson française. Car Bénédicte tricote des textes à histoire, ourlés sur des sujets soyeux et drôles (les discussions de filles) ou rugueux comme de la toile de jute (la maladie). Côté influences? La chanteuse se dit grande fan d Anne Sylvestre, Jacques Brel et Georges Brassens. Des textes chargés d émotion : «Quand quelqu un chante ce que j ai envie de clamer, c est comme une rencontre amoureuse», confirme celle qui assure se sentir vivante lorsqu elle écrit. Quant à Laurent, il multiplie les costumes : pianiste passionné de jazz, musicien professionnel depuis vingt-cinq ans, vénérant Serge Gainsbourg ou encore Claude Nougaro. Mieux, il est même passé par le «nouveau cirque». C est dire... Rien d étonnant, au fond, au vu du numéro d équilibriste auquel se livre le duo. S.Le : naissance de Laurent 1978 : naissance de Bénédicte 1984 : Laurent devient musicien professionnel 1993 : il s installe à Argenteuil 2006 : création du duo Mai 2009 : sortie du 1 er album Pour écouter ou se procurer leur album : ; Article publié dans L Argenteuillais n 49 Mercredi 17 juin 2009 La République de la musique Un jour sur scène avec Pierre Boulez à New- York. Le lendemain sur l estrade de l école Marcel-Cachin. La vie de Florentino Calvo, Argenteuillais de toujours, est parsemée de figures et de crédos. Lorsqu enfant, il commence à apprendre la mandoline au conservatoire d Argenteuil, ce n est pourtant pas le coup de foudre. Plutôt une mélodie. Une mélodie qui va insidieusement se glisser dans sa tête, lentement, pour ne plus en sortir ensuite. «J ai eu un groupe de rock et ai longtemps pratiqué le football», sourit Florentino. Cocasse : les terrains étaient à l époque situés juste en face de l école de musique... Preuve que le musicien a plus d une corde à son manche. Pour cela, des figures vont être déterminantes : Mario Monti, le créateur de l Estudiantina, et Alberto Ponce, avec qui il fait son apprentissage. Maintenant membre du trio Polycordes, Florentino collabore avec l Opéra de Paris ou l Ensemble inter-contemporain. Côté enseignement, il a même succédé à Mario Monti à la tête de l Estudiantina. Des crédos aussi, comme celui de l éducation populaire. «Mario Monti a créé sa société en 1950 pour permettre à des milieux RL Professeur au conservatoire d Argenteuil, Florentino fête en 2010 les 60 ans de l Estudiantina, l école et orchestre de mandolines qu il dirige depuis 18 ans. défavorisés d apprendre la musique, réservée alors à une élite», insiste Florentino. «On travaille avec des amateurs de manière professionnelle, comme le voulaient André Malraux et Jean Vilar». Au fil des ans, l orchestre est devenu une référence nationale, accueillant soixante mandolinistes et guitaristes. Quarante-deux ans de vie commune, cela crée forcément des liens... «La ville m a permis de côtoyer des enseignants d exception. À mon tour de transmettre cette richesse», estime Florentino. Le professeur se veut aussi militant de la cause mandoline, «un instrument un peu délaissé». Alors l association intervient depuis trois ans dans les écoles. «Nous apprenons à écouter de la musique et non à la consommer», explique-t-il en évoquant des valeurs... républicaines, évidemment. S.Le : naissance à Argenteuil 1975 : découvre la mandoline 1988 : reprend la classe de Mario Monti 1991 : dirige l orchestre de l Estudiantina L Argenteuillais Hors-série

30 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 53 Mercredi 26 août 2009 Chef de chœur au grand cœur Kamel Bendriss emmène dix-huit élèves du collège Paul-Vaillant-Couturier au Brésil pour une tournée musicale de dix jours. A vec une centaine de jeunes cho-ristes d Îlede-France, les dix-huit collégiens d Argenteuil embarqueront ce 4 septembre pour une destination de rêve. Ils prendront part, aux côtés de choristes français et brésiliens, au grand concert qui se déroulera à Brasilia le 7 septembre, jour de l indépendance du pays, avec le chanteur brésilien Lenine et le chef d orchestre américain David Lévi. Le chef de l État français, Nicolas Sarkozy, en sera le premier spectateur, à l occasion de l année de la France au Brésil. Les élèves devront ensuite participer à deux autres concerts du même type : le 10 septembre à Récife et le 13 septembre à Sao-Polo. Pour cela, il a fallu se préparer depuis plusieurs mois avec leur professeurs et chef de chœur, Kamel Bendriss. Il a fait ses études musicales au conservatoire d Aulnay-sous-Bois et c est dans cet établissement qu il obtient le Prix de la contrebasse en Après une dizaine d années passées au sein d un ensemble de jazz en tant qu accompagnateur et chanteur, il passe des concours et devient en 1987 professeur d éducation musicale ; ce qui lui permet de diriger des ensembles choraux et instrumentaux dans différents établissements scolaires de la banlieue parisienne. En 2003, il intègre le collège Paul-Vaillant-Couturier d Argenteuil avec l idée d insuffler chez les élèves l envie de faire de la musique dès la 6 e. «La pratique de la musique dès le jeune âge permet d exprimer et de s exprimer. Mon objectif est d arriver à ce qu ils parlent comme ils devraient chanter et à chanter comme ils devraient parler. La musique résout finalement pas mal de problèmes. J essaie de créer des spectacles étonnants qui donnent de l adrénaline à mes élèves». En juin 2005, plusieurs de ses élèves ont participé au grand spectacle de l Orchestre national d Île-de-France qui s est produit avec Lenine et collégiens et lycéens d Île-de- France au Zénith de Paris dans le cadre de l Année du Brésil en France. «Mon but est d arriver à ce que cette pratique artistique perdure au collège. C est pour cette raison que plusieurs de mes anciens élèves reviennent me voir pour participer à nos activités musicales». A.S. Janvier 1956 : naissance à Batna (Algérie) 1989 : Capes d éducation musicale 2005 : chef de chœur «Année du Brésil en France» 2009 : chef de chœur «Année de la France au Brésil» Article publié dans L Argenteuillais n 59 Mercredi 7 octobre 2009 Le silence est d orgue Thierry Guffroy, l organiste titulaire de la basilique Saint-Denys d Argenteuil, a dédié sa vie à la musique d orgue. Bercé, dès son premier âge, par la musique, Thierry Guffroy ne l a plus jamais quittée. «Seul Bach apaisait ses pleurs», répétait l oncle mélomane qui l a initié à l art lyrique. Si Jean- Sébastien Bach est resté son compositeur favori, l organiste d Argenteuil a su se diversifier au fil des expériences. À cinq ans, l enfant prend des cours de piano. Quelques années plus tard, le hasard veut que son pensionnat jouxte la cathédrale de Chartres. Abreuvé de récitals, l autodidacte exigeant se paye ses propres leçons d orgue auprès du titulaire, grâce à ses pourboires de pompiste. À quatorze ans, il fait ses premières armes chaque samedi soir au clavier de l église de Nogent-le-Roi et l orgue de chœur de la cathédrale de Chartres. Toujours à contre-courant des inquiétudes familiales, Thierry s inscrit à la Schola Cantorum de Paris pour apprendre auprès de professeurs renommés, tels André Fleury. L élève suit ensuite son maître de clavecin, Huguette Dreyfus, au conservatoire de Rueil-Malmaison où il côtoie d autres monuments de la scène musicale internationale, comme Suzan Landale, Marie-Claire Alain et William Christie. Tandis qu il approfondit ses connaissances au conservatoire de Paris, le jeune assistant à Europe 1 découvre l universfascinant de la radio, qu il ne quittera quasiment plus. Entre temps, ce passionné de lecture et de voyages s éprend des États-Unis, puis du Canada, le pays qui change radicalement sa vie. Il y habite sept ans et se révèle aux côtés de Bernard Lagacé. Le maître va définitivement libérer l approche et la sensibilité du Franco-canadien. De retour en France en 1995, l auteur de quatre pièces pour piano, qui préfère toutefois interpréter un répertoire riche de cinq siècles de musique écrite, officie dans deux communautés parisiennes. En 2006, après un concours, cet amoureux des belles choses retrouve le grand orgue d Argenteuil, sur lequel il avait joué et étudié vingt ans plus tôt. Désormais titulaire, cet adepte du registre baroque ne cache pas son plaisir d illustrer les messes aux claviers d un bel instrument, tout juste restauré. Impatient des concerts à venir en ce lieu, le réalisateur à France Musique a également pour projet l enregistrement, à la basilique, d un cd d œuvres composées par Alexandre Guilmant à Argenteuil dans les années Pour cela, il devra pourtant attendre l éventuelle prochaine rénovation des «trompettes» de l orgue, pour laquelle il milite déjà, avec d autres mordus. N.G. AV 1965 : naissance à Paris 13 e : Conservatoire de Paris 1992 : diplômé de Concordia University à Montréal 2006 : organiste titulaire de la basilique Saint-Denys d Argenteuil 30 L Argenteuillais Hors-série 2011

31 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 68 Mercredi 27 janvier 2010 Métal hurlant? Le groupe argenteuillais The Cleaner sort un nouvel opus et compte mettre un terme aux préjugés. The Cleaner, en français le «nettoyeur», a tout d un groupe de métal pur et dur. Cheveux longs, piercing, tatouages, les quatre membres du groupe cultivent leur appartenance au mouvement. À l image des mythiques AC/DC ou Iron Maiden, The Cleaner revendique un son rebelle, dynamique et énervé. Ray (le guitariste) et Florent (le batteur), les membres fondateurs du groupe, ont débuté la musique dans les années 80, l âge d or du métal. Après s être perdu de vue durant une dizaine d années, ils se retrouvent et décident de créer en 2000 leur propre groupe de métal, The Cleaner, auquel viennent se greffer deux autres musiciens. Dans la foulée, ils trouvent un local de répétition à Argenteuil, proche du centre-ville, et composent leur premier album intitulé «The Cleaner» sorti en S en suit un second, «Proximity to death». Après cette période productive, The Cleaner doit faire face à un manque de stabilité au sein du groupe. Un passage à vide qui ne démotive pas Ray (guitariste) et Florent (batteur) déterminés à ne pas voir l aventure s arrêter là. C est en 2009 que le groupe retrouve un second souffle avec l arrivée de Sam (le chanteur) puis Gilles (bassiste) et Pascal (guitare). The Cleaner repart sur de nouvelles bases, plus solides, qui leur permettent d enchaîner les concerts à Argenteuil mais aussi dans la France entière. Aujourd hui, l équipe compte mettre un terme aux préjugés et démontrer que «le métal n est pas que du bruit», comme l assure Ray en proposant un nouvel opus «Would you like to be blasted?» qui vient de sortir. Partager des émotions, parler de l actualité et du quotidien sans jamais inciter à la haine ou à la violence sont les thèmes abordés dans leurs chansons. Entre 29 et 42 ans, ils sont pour la plupart pères de famille. «Le métal c est aussi la tolérance», ajoute Sam. Leur manager, Denis, en est la preuve. «Je ne connaissais pas grand chose du métal au début. Le groupe m a initié et continue à le faire», dit-il. En restant dans cet état d esprit, The Cleaner projette de créer une compilation réunissant des artistes argenteuillais, tous styles confondus. Une belle preuve de mixité artistique : création du groupe The Cleaner 2001 : premier album éponyme 2002 : second cd «Proximity to death» 2010 : troisième opus «Would you like to be blasted?» S.B. Article publié dans L Argenteuillais n 74 Mercredi 31 mars 2010 À nos vingt ans Le groupe argenteuillais de chanson rock/folk Pourquoi pas? fait découvrir son univers musical à travers la sortie de son premier album mâtiné de flamenco. C est dans un style folk-rock que le groupe Pourquoi pas? a enregistré son premier album intitulé «Vai menina», qui signifie «va petite» en portugais. Les quatre membres, Sabrina (chant/mélodica), Fabrice (chant et guitare), Youenn (batterie) et Daniel (basse) ont réuni leurs différentes influences musicales afin d obtenir le mélange parfait à leurs yeux. «Notre son est un mélange de sonorités flamenco, valse, rock ou reggae. Nos chansons sont comme un plat qu on assaisonne à son goût», expliquent-ils. À l origine du groupe, il y a Sabrina et Fabrice. Âgés d à peine 18 ans, les deux artistes se rencontrent dans le pôle musical d Orgemont, à Épinay-sur- Seine. Depuis, ils ne se quittent plus! En couple sur scène comme dans la vie depuis presque dix ans, ils construisent ensemble leur projet musical. «Nous avons eu l occasion de nous produire plusieurs fois à Argenteuil, comme à la Cave dîmière lors des scènes ouvertes, lors de la Fête de la musique ou encore à l espace Jean-Vilar. Cela nous a permis de perfectionner notre style et d être confrontés à un public», se souvient Fabrice. Originaux, créatifs, parfois même décalés, les textes de Pourquoi pas? parlent du quotidien avec une touche d absurde, d humour ou d émotion. «Les thèmes sont un peu en rapport avec le nom du groupe qui est tiré d un film un peu loufoque «Las Vegas Parano» de Terry Gilliam, dans lequel l acteur Johnny Depp dit souvent Pourquoi pas?», précise Sabrina. Depuis l enregistrement de leur album, le groupe a fait du chemin puisque le clip vidéo du titre «Petit chagrin» a été diffusé sur la chaîne Mtv Idol, en janvier dernier. «Nous avons pu enregistrer cet album grâce à une bourse de décernée par le programme Envie d Agir ainsi qu à un soutien du Conseil général du Val-d Oise», ajoute Fabrice. Sorti il y a deux mois, l album est disponible à la Fnac des Champs-Élysées (bientôt à la Fnac de la Défense). En attendant de trouver une maison de disques, Pourquoi pas? enchaîne les concerts et prépare une tournée nationale pour cet été ainsi que des projets associatifs à Argenteuil. S.B : création du groupe par Sabrina et Fabrice 2008 : arrivée de Youenn et Daniel, les deux musiciens du groupe Janvier 2010 : diffusion de leur premier clip «Petit chagrin» sur Mtv Idol Février 2010 : 1 er album «Vai menina» NM L Argenteuillais Hors-série

32 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 75 Mercredi 14 avril 2010 L électrique éclectique Percussionniste, chanteur et comédien, Gonzalo Campo est un artiste complet. Sollicité à travers le monde, c est dans sa maison située à Argenteuil qu il puise son inspiration pour ses créations. États-Unis, Mexique, Maroc ou encore Japon. À 36 ans, Gonzalo Campo peut se vanter d avoir fait le tour du monde. Batteur et percussionniste de formation, il est également comédien dans différentes compagnies de théâtre de rue comme Oposito ou Les Piétons. Son éclectisme et son talent ont fait de lui, aujourd hui, un artiste hors pair, sollicité par de nombreux chanteurs nationaux et internationaux. «J ai travaillé sur l album de Tomuya, un chanteur japonais qui reprend des chansons françaises, dans lequel Lio ou encore Pierpoljak interviennent. J ai également joué avec Alison Young, avec qui j ai fait la première partie de Hugh Coltman à la Cave dîmière l année dernière», explique-t-il. Originaire du Chili, il emménage avec ses parents à Argenteuil à l âge de 12 ans. Déjà doté d une fibre artistique, il s intéresse rapidement à la musique : «Je me souviens être resté des heures l oreille collée à une raquette de tennis pour entendre les vibrations des cordes jusqu au jour où j ai pu avoir mon premier vrai instrument de musique!», se souvient-il. Un an plus tard, il décide de s inscrire à l École nationale de musique d Argenteuil et se dirige vers les cours de percussions afro-cubaines, délaissant parfois ses cours de solfège : «J étais plus attiré par les partitions modernes que classiques.» Pendant longtemps, l artiste enchaîne les petits concerts. En 1998, sa carrière prend un véritable tournant puisqu il obtient le statut d intermittent du spectacle qui lui permet enfin de vivre de sa passion. Toujours la même année, il joue lors de la finale de la Coupe du Monde de football, lors d un défilé d Yves-Saint-Laurent, puis au sein de l équipe des Tambours du Bronx. «Un pur moment!», confie-t-il. Gonzalo possède une cinquantaine d instruments dans son studio d enregistrement, installé dans l une des pièces de sa maison à Argenteuil. Investi dans sa ville, il a donné des cours de percussions à l École de musique ainsi que dans différentes écoles primaires d Argenteuil et s est déjà produit à l espace Jean-Vilar. Prochainement, l artiste prévoit une tournée nationale avec la compagnie Les Piétons ainsi que de nombreux concerts en Île-de-France, et notamment à Argenteuil. S.B. 29 mars 1974 : naissance au Chili 1979 : arrivée en France 1987 : inscription à l École nationale de musique d Argenteuil 1998 : entrée dans le métier de musicien professionnel AV Article publié dans L Argenteuillais n 85 Mercredi 1 er septembre 2010 Élevé en fûts À 21 ans, Martin Gautheron-Fort décide de se consacrer à sa passion, la batterie. Rencontre avec un jeune homme déterminé à réussir dans le circuit professionnel. Devenir batteur professionnel est l objectif que s est donné Martin Gautheron-Fort. Mettre entre parenthèses ses études - économie et mathématiques à l université de Cergy-Pontoise a été une décision mûrement réfléchie, discutée sereinement avec son entourage. Depuis, le jeune homme peaufine ses compositions et planifie ses prochains concerts avec son groupe de rock The Out. Enfant, Martin suit des cours à l École nationale de musique d Argenteuil : «Mes parents voulaient absolument que j apprenne à jouer d un instrument», se souvient-il. Après plusieurs initiations à la trompette puis à la guitare, c est finalement la batterie qui retient son attention : «La rythmique, c est le cœur de la musique». S en suit l apprentissage du solfège et des percussions classiques, un passage obligé avant de pouvoir se spécialiser. «À 17 ans, j ai pu participer à des ateliers rock et musiques actuelles à Argenteuil et j ai suivi des cours intensifs de batterie pour me perfectionner». Parallèlement, il continue ses études au lycée Georges-Braque, à Argenteuil où il passe son baccalauréat scientifique. «J arrivais à jongler entre mes études et ma passion pour la musique», dit-il. Son diplôme en poche, il intègre l université de Cergy-Pontoise en section maths-physique-informatique puis en économie jusqu au NM jour où sa passion de la musique prend le dessus : «J avais besoin d autre chose que les études. Le fait d avoir trouvé un groupe, The Out, avec lequel je me produis, m a conforté dans l idée de me lancer en tant que musicien professionnel», explique-t-il. Dernièrement, Martin a obtenu son certificat d études musicales et il a déjà eu l occasion de se produire sur scène avec son groupe, à la Cave dîmière, en mai dernier. «Je ne m épanouissais pas trop dans les études... Alors j ai fait un choix, parce que la musique m apporte un équilibre que je ne trouve pas ailleurs. Je compte tout faire pour vivre grâce à cette passion!», insiste-t-il. Depuis, répétition trois fois par semaine, organisation des prochains concerts et préparation d un album. «Je fais du rock, c est ce qu il me plaît, mais je reste ouvert à d autres styles musicaux. Mon univers artistique est vaste.» 23 juin 1989 : naissance à Maisons-Laffitte (78) 1996 : inscription à l École nationale de musique d Argenteuil 2003 : spécialisation vers la batterie 2010 : lancement dans le circuit pro S.B. 32 L Argenteuillais Hors-série 2011

33 Article publié dans L Argenteuillais n 88 Mercredi 29 septembre 2010 L ombre lui va si bien Musiques Le parolier du tube de l été est né à Argenteuil. Auteur, compositeur et producteur, Kerredine Soltani ne se laisse pas griser par le succès. Une mélodie implacable qui se colle dans votre cerveau et ne vous quitte plus. Au point de vous retrouver béat au bord d un quai du Rer fredonnant «Je veux»? Élu tube de l été par TF1, le titre de Zaz a été écrit et composé par Kerredine Soltani. Argenteuillais de 33 ans, il dirige également It s ma prod, une société de production qui travaille avec Élisa Tovati, Faudel, Sniper ou Natasha Saint- Pier. «Je cherchais une chanteuse de jazz il y a trois ans et Zaz a répondu à mon annonce. J ai tout de suite craqué pour le timbre de sa voix. Elle me faisait penser à Édith Piaf chantant du rap.» Sacrilège de lèse-légende à robe noire. Pourtant, le succès est retentissant : albums écoulés depuis mai. La tête de Kerredine n enfle pas pour autant. L homme préfère même l ombre : «J ai besoin de pouvoir me promener incognito dans la rue», reconnaît-il. De la modestie? «Non! C est que j ai envie d être tranquille», rectifie-t-il dans un éclat de rire. Pourtant, à sa place de producteur d un album en tête des ventes en France, au Québec, en Suisse et en Belgique, on se la pèterait grave. Non. Lui, il enfile les tubes comme les touristes pressés les visites de cathédrales et aide les autres. Son dernier projet? «Une association pour les jeunes étudiants manquant d argent. Nous leur financerions un caddie de courses par mois en échange de services», projette Kerredine qui distribue aussi des repas avec le Secours populaire. Il reste très attaché à Argenteuil. «Le quartier Joliot-Curie où j ai grandi est ancré en moi. C était le bonheur. Ce fut un déchirement quand j ai rejoint JMT Paris il y a six ans. À mon époque, c était calme. D ailleurs, j aimerais dédier mon succès à Yassin*, dont je connais bien la famille.» Modeste mais pas niaiseux. «Dans mes chansons, qui ont l air légères, j essaie de toujours placer en douce un message.» Par exemple, sur la société de consommation dans «Je veux». Et de poursuivre : «Moi, j aime le défi personnel. J ai toujours cherché à être le meilleur mais sans écraser les autres», explique-t-il. Tout simplement en bossant. Une vision qu il transmet dans les lycées. Et pourquoi pas ceux d Argenteuil? Comme un symbole : c est quand il était au collège qu il a débuté la musique. Simplicité toujours, il glisse une dernière requête : «Est-ce que vous pourriez préciser dans l article que mes copains du lycée peuvent me contacter sur mon Facebook? Ça me ferait hyper plaisir...». S.Le. * Agé de 20 ans, il a été tué de trois coups de couteau en août dernier à la cité Joliot-Curie : naît à Argenteuil 1995 : chanteur du single «La Mélodie t entraîne» 1999 : chef de projet au ministère de la Culture 2000 : chargé de mission événementiel pour l Élysée 2004 : directeur de l agence It s ma prod 2010 : sortie de l album de Zaz Article publié dans L Argenteuillais n 94 Mercredi 1 er décembre 2010 Un cri venu de l intérieur Groupe de métalcore du Val-d Oise, KhaOraH a fait de la Cave dîmière sa seconde maison. Le 29 janvier, retrouvez-le toutes guitares dehors. Pourquoi diable des gens aussi calmes font-ils une musique si violente? «Non, non, pas violente, juste intense», corrige, forcément calmement, Mathieu Gueguen, guitariste et fondateur du groupe KhaOraH. Car ces jeunes gens donnent dans le métalcore. Musique où le batteur frappe ses fûts comme un possédé, où les guitaristes enchaînent les notes comme des dératés et où le chanteur eh bien justement ne chante pas vraiment. «Nous poussons la voix à l extrême pour communiquer et revendiquer», explique cet Argenteuillais de 24 ans qui dit donner dans le métal conscient. «Nous sommes tous très concernés par l écologie et le triste état de la planète», assure-t-il. Un cri pour lancer leur contestation à la face des conservatismes. «Notre musique est anti-commerciale, pas conventionnelle ni formatée, mais sincère et authentique.» Le groupe a poussé ses premiers rifs en 2008 et sorti l album «Maelström» en mai Si Mathieu et Evi, guitaristes, composent dans leur mini home-studio, la bande répète à la Cave dîmière. Au fil du temps, elle est devenue leur maison où ils peuvent «travailler dans des conditions optimales.» C est d ailleurs là-bas qu on leur a conseillé de postuler à Starter, un dispositif de soutien aux talents émergeants de l Adiam 95 et de Combo 95. «Du coup, nous avons joué devant des programmateurs et fait une résidence avec Stéphane Buriez, une des légendes du genre en France», insiste Mathieu. Si le métal les unit, chacun a sa petite musique secrète. Le trip-hop, mais surtout l électro et le post-rock pour Mathieu. Des teintes que l on devrait retrouver sur l album attendu pour l été prochain. Mais la question reste entière : pourquoi diable aller écouter ce métal un peu «intense»? «Nous sommes simplement des passionnés qui ont monté un groupe pour vivre à 100 % leur passion le plus professionnellement possible. Et monter sur scène, ce qu il y a de plus jouissif», s enflamme Mathieu. Vérification le 29 janvier... DR 2008 : lancement de KhaOraH 2010 : 1 er album et concert Starter à la Cave dîmière 29 janvier 2011 : première partie de Dagoba à la Cave dîmière Été 2011 : deuxième opus S.Le. L Argenteuillais Hors-série

34 Musiques Article publié dans L Argenteuillais n 98 Mercredi 26 janvier 2011 Folk urbain Jim Rosemberg, Argenteuillais de 24 ans, s apprête à sortir son premier album. Musicien, compositeur, chanteur : ses veines palpitent de notes de musique. Par souci d indépendance, il a même créé son propre label. S il n avait la musique, il serait aphone. C est dans ses gènes. Prenons un exemple : son attachement à Argenteuil, à la diversité des origines, aux mélanges, à ce petit rien qui fait tout, quand il se promène dans les rues anonymes de Paris. Ce sentiment d appartenance, indicible, s époumone dans ses chansons, dans ses textes ou dans son attitude. C est un tout. Ses parents, «qui écoutaient tout le temps de la musique», se sont installés dans la commune quand il avait un an. Et très rapidement, Jim rejoint son école de musique. «J y ai appris le piano, la guitare, le chant et le solfège. Que je n aimais pas trop», se souvient-il. Au point de l abandonner et de mettre en sourdine les mélodies et même la chorale du collège Sadi-Carnot. Pourtant, après cette pause adolescente, il ressort sa guitare de son étui avant même que la poussière n y ait pris ses aises. «J ai commencé par des reprises», rappelle-t-il. Et les confronte alors au public, chaque dimanche. Dans ces scènes résonne déjà sa puissante voix ténébreuse. Peut-être un héritage de ses origines sud-américaines. Puis il se met à composer, créant un univers très écrit, lui le grand fan de poésie, notamment Rimbaud et son pendant belge, Émile Verhaeren. Jim Rosemberg parle de musique urbaine, presque paradoxalement, tant ses compositions entre pop et folk enserrent tel un cocon, loin de la JMT 1986 : naissance 2008 : premier maxi de Jim Rose Expedition 2009 : tournée à New-York 2010 : création d un label indépendant froideur d une tour de béton. Admirateur de Leonard Cohen, Jeff Buckley, Brel et Brassens, il goûte aussi régulièrement au hip-hop et à la soul. Ayant rejoint l Atla, école des métiers des musiques actuelles située du côté de Pigalle, il croise les futurs membres de ses groupes Jim et les Magic Beans et maintenant Jim Rose Expedition. Au fil des concerts, ils se taillent une solide réputation et retiennent l attention de labels. Qu ils fuient rapidement, pas du genre à aller voir les petites femmes de Pigalle de l industrie musicale. Si l art n est que libre et indépendant, Jim désire simplement que ses chemins de traverse le mènent à vivre de la musique en la faisant partager, laissant les millions et la célébrité aux stars aseptisées. Et vient de créer son propre label. Pour y sortir le premier album de Jim Rose Expedition qu il peaufine actuellement. Et de conclure : «La musique me permet d exprimer tout ce que j ai en moi». Et cela fait 24 ans que ça dure... S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 100 Mercredi 9 février 2011 Soul ou «la musique de l âme» Hams s apprête à sortir son premier album. Un cap important pour celui que la musique libère. Auteur, compositeur et interprète, c est notamment dans sa ville qu il plonge la plume de son inspiration. Un filet de voix velours qui part du tréfonds de l âme et gagne des cimes insoupçonnées. Auteur, compositeur et interprète pop folk avec une pincée de soul, Hams a plongé dans la musique il y a une vingtaine d années et s y consacre plus professionnellement depuis dix ans. À la barre de son groupe collaborant avec Ménélik ou Pascal Obispo, son job dans l informatique l aide alors à vivre. Comme souvent, la formation a coulé et c est en solo qu il est remarqué par Big Ali qui l a signé sur son label Madison Music. Son premier album devrait bientôt lever l ancre vers les bacs des disquaires. Comme beaucoup, c est dans la solitude adolescente de sa chambre qu Hams a commencé à fredonner les tubes de l époque. Mais quand la carrière de la plupart se noie dans le reflet de la glace de la penderie, Hams a saisi la bouée. «Il se dégage de la musique une énergie positive qui m offre du bienêtre et répond aux attentes de ma solitude intérieure. C est ce qui m a motivé : pousser la chansonnette est une délivrance pour moi», explique-t-il. Plus qu une passion, un exutoire, une addiction indispensable à son équilibre, et pourquoi pas, tentons le mot : une thérapie... Au fil du temps, elle va devenir le navire amiral de sa vie. Côté textes, Hams est seul maître à bord. Et c est Argenteuil, où il est installé avec JMT sa famille depuis plusieurs années, qui constitue une de ses principales sources d inspiration. «J apprécie son brassage ethnique et culturel, son héritage artistique, avec Monet, Manet ou Braque, sans oublier les diverses structures mises en place pour les jeunes. Du coup, je me nourris des expériences des uns et des autres.» D ailleurs, n a-t-il pas tourné dans la cité le clip de son titre Musique? Ses compositions débordent de messages positifs, comme les petits riens qui embellissent la vie ou le bonheur de rentrer au port auprès de ceux que l on aime. Vous avez déjà pu apprécier son chant si marquant sur la scène de la Cave dîmière en décembre dernier. «C est mon instrument. Et c est le plus beau puisqu il s échappe de notre for intérieur», souligne-t-il. Et évoque ses influences : Maxwell, Sade, Zazie, Aznavour ou Kool and the gang. Vers leurs exemples, mettre le cap pour surfer de tube en tube et réaliser ses rêves les plus fous... «un Taratata ou un Stade de France»? S.Le : naissance 2000 : métier, musicien 2011 : courant d année, sortie du premier album 34 L Argenteuillais Hors-série 2011

35 Article publié dans L Argenteuillais n 104 Mercredi 30 mars 2011 «Composer, c est consoler» Musiques Argenteuillais d adoption, originaire du Japon, le compositeur Susumu Yoshida court le monde et les scènes. À 63 ans, ce perpétuel émerveillé transmet sa passion de la musique classique et... d Édith Piaf. C est par l épure des mots que les haïkus* embrassent des univers entiers. Susumu Yoshida, compositeur japonais installé à Argenteuil, les met parfois en musique. Arrivé en France en 1972 pour étudier au conservatoire de Paris, il y est notamment l élève du grand Messiaen. «Les Occidentaux n ont pas la même sensibilité. J ai ainsi trouvé mon propre chemin, par contraste», se souvient- il. Ici, ce sont les sons qui sont importants et chez nous, les silences». Pour lui, une sorte de négatif où noir et blanc se complètent comme sur le clavier d un piano. Sa carrière lancée, il répond aux sollicitations de Radio France, de l Opéra de Paris ou du conservatoire d Argenteuil. Et dire que ce dompteur de notes aurait pu finir dans le cirque de la finance. «Au Japon, la réussite scolaire est très importante. J ai donc étudié dans une université réputée en économie politique. Mais enfant, je suis un jour entré dans le salon où ma famille regardait la télévision. Moi je devais travailler, se souvient-il. C était le hit-parade, j ai tout de suite voulu être chanteur», poursuit Susumu. Puis il découvre que Paul Anka chante et compose. Seconde révélation. «Je croyais jusqu à présent que les compositeurs étaient des dieux». La partition de sa vie continue de se dérouler : elle sera faite de croches et rondes. Et ce tapis devient rouge quand l amour d une jeune fille l enflamme et lui susurre des mélodies. Quant au virage vers la musique classique, il s y engouffre grâce à la musique de West Side Story, signée Leonard Bernstein. Fleurit l envie de composer des œuvres dites savantes. Sans lâcher ses premières amours. «Les Beatles font partie des génies du XX e siècle et je donne des conférences sur Édith Piaf». Depuis vingt ans, il transcrit les mélodies de son for intérieur à l ombre du cerisier en fleur de son jardin, au calme, comme à la campagne. Et assure avoir la chance de mener une existence qui lui correspond et le fait devenir chaque jour meilleur. Tout en transmettant le flambeau, lors de master classes. Au fil de la mélodie mémorielle vient alors un refrain. Soufflé un jour par Messiaen et qu il n oubliera jamais : «le musicien est là pour consoler les gens». S.Le. * Poèmes traditionnels japonais, composés de trois vers en dix-sept syllabes : naissance à Tokyo 1972 : arrivée en France 1990 : installation à Argenteuil 2011 : «Inori» (prière), dernière création pour cornemuse écossaise Article publié dans L Argenteuillais n 111 Mercredi 8 juin 2011 La mélodie du bonheur À 33 ans, Fabrice Rama, auteur-compositeur-interprète, voue sa vie à la musique. Qu il enseigne ou livre ses compositions sur scène, pas une seconde sans note. Argenteuil, la ville qu il adore, est le cadre de son dernier clip. Les chiens ne font pas des chats mais les plasticiens parfois des musiciens. Dans la famille de Fabrice Rama, on donne plutôt dans le dessin et la peinture. Pourtant, vers 18 ans, il remise ses feuilles de papier Canson pour faire courir sa plume sur des partitions. Depuis, musical est chaque instant de sa vie. «J ai un diplôme de troisième cycle au conservatoire d Argenteuil et donne des cours de chant et de piano. J ai également joué dans des piano bars, dans différents groupes et même dans le métro», précise-t-il. En parallèle, il est auteurcompositeur-interprète. «La formule actuelle est en place depuis Cinq musiciens m accompagnent», détaille Fabrice. La scène, c est sa seconde maison. «Partager avec le public, en toute simplicité, est primordial. C est aussi ce qui me manquait dans les arts plastiques, où l on est replié sur soi.» Alors quand, fin mai, il tourne un clip, c est à Argenteuil, sa ville, en compagnie d une joyeuse troupe costumée. «Je me balade dans la rue et tombe sur des situations absurdes et des personnages loufoques. Une amie y tabasse un voyou, ma guitare se coupe en deux mais un magicien la ressuscite... C est plein de folie.» Ici est son ressort. «J ai pu me donner les moyens de m exprimer en créant. Tenter des choses, c est s épanouir. Ne pas se brimer, s enfermer dans nos conformismes car je suis persuadé que tout le monde peut créer. Et c est ce qui rend libre.» Rien d étonnant alors à voir voguer les thèmes de l amour, de la tolérance et de la joie, au gré de ses mélodies folk-blues. Qui font le lit douillet de ses chansons en français, nées d un mariage imaginaire entre Tété et Camille Bazbaz. Réussir à vivre de ses compositions est bien sûr l objectif de Fabrice. «Après avoir enregistré un premier quatre titres, nous rentrons bientôt en studio pour en enregistrer cinq autres». Sans perdre de vue que «réussir est tellement dur, je reste raisonnable.» Sa voix douce prend le temps de choisir chaque mot, déborde d énergie. Avec toujours le souci de ce qui va être dit et comment. On le quitte là-dessus, sachant beaucoup de choses et certain qu on ne sait rien. Ainsi faudra-t-il se revoir pour partager, cette fois, sa passion pour les arts de la fin du XIX e siècle et du début du suivant... Un grand curieux, ce Fabrice... S.Le : naissance 1996 : arrêt du dessin pour la musique 2002 : entrée au conservatoire d Argenteuil 2011 : tournage du clip «Garde espoir» L Argenteuillais Hors-série

36 Arts plastiques Article publié dans L Argenteuillais n 11 Mercredi 10 septembre 2008 Tranches de vie Catherine Vieu, Cath pour les intimes, réjouit avec son art qui véhicule le partage et se met à la portée de tous. Ses peintures sont des mosaïques d atmosphères et de tranches de vie de tous les jours. Inspirés de ses voyages en Europe, New York, Maroc ou tout simplement de ses promenades à Paris ou à Argenteuil où elle est installée depuis 1995, ses carnets évoquent d une manière jubilatoire l amour de cette artiste pour les gens qu elle croise et les lieux qu elle visite. Catherine Vieu est née en 1962 à Palaiseau et grandit à Albi, dans le Languedoc. Elle fait ses débuts avec la peinture à 8 ans. «J ai commencé à vendre mes dessins aux copains de mon père dès l âge de 11 ans», se rappelle-t-elle. Ses parents quittent le pays albigeois en 1978 pour Paris et Catherine obtient son bac de dessin et histoire de l art en Elle entre d abord à la célèbre Académie Julian pour une prépa puis rejoint l École nationale supérieure des arts appliqués d où elle sort diplômée. C est Speedy Graphito, assimilé à la Figuration libre et à la scène Street art française des années 80, qui la propulse dans la peinture. Elle participe ainsi à l Usine puis à l Hôpital éphémères avec des artistes connus et réalise de nombreux décors. À New York, elle s amuse en faisant des graffitis dans les gares et les parkings. À son retour, elle expose au Bar CT «J ai commencé à vendre mes dessins aux copains de mon père dès l âge de 11 ans» Fly à Paris et se fait connaître en peignant en direct au cours d une émission télévisée de MCM. Dans ses créations, Catherine excelle aussi bien dans des petits comme dans des grands formats et son coup de crayon rapide est à lui seul un véritable bijou de finesse et de rigueur. Pour vivre, elle travaille pour la société «l Art en Direct» et intervient dans les écoles des ateliers interactifs. En juillet dernier, elle a exposé pendant deux semaines au théâtre de l Homme. Elle prépare actuellement la série des douze stations du «Chemin de Croix», en espérant trouver un lieu une église pour faire découvrir son travail aux Argenteuillais. A.S [email protected] 1962 : naissance à Palaiseau 1984 : diplôme de l École nationale supérieure des arts appliqués 1985 : décoration avec Speedy Graphito du théâtre du Ranelagh 1995 : s installe à Argenteuil 1996 : expose au Bar Fly : expose à A Propos d Art et fait des voyages pour peindre au Maroc 2008 : exposition au Théâtre de L Homme et prépare une expo sur le «Chemin de Croix» Article publié dans L Argenteuillais n 77 Mercredi 5 mai 2010 L Afrik démasquée Si vous entendez le nom de Kambach, annulez tous vos rendez-vous et courez à la Cave Dîmière pour voir son installation. Émerveillements garantis. Discret et rigoureux. Moshgelan Kambach ne laisse pas indifférent. Rencontré dans son atelier du centre-ville d Argenteuil, il mettait la dernière touche à son installation. Une étrange création sur le thème de l Afrique de l Ouest, imposé par le cahier des charges de la Ville pour le Mai des artistes Le visiteur se trouve en présence d une forme cubique noire, qui ressemble étrangement à un monument religieux universellement connu. Des sculptures et des masques en ornent les quatre côtés perpendiculaires. Une face intitulée «La magie de l Afrik», avec un k, représente une fresque sur la nature africaine où les animaux et les végétaux s entrelacent dans une parfaite harmonie. Un fond de végétation sauvage laisse imaginer ce que serait le berceau de l humanité. Sur la deuxième face dénommée «L Afrik des masques», on y voit différents modèles de masques où l artiste s efforce de rendre visible «l invisible» et d exprimer des idées de grandeur «supraterrestre» dont le mystère du masque est l élément central. Quant au troisième côté du cube, «Le malheur de l Afrik», le visiteur est devant la face la plus sombre. Mais paradoxalement, son traitement n est pas le plus noir, comme s il s agissait de conjurer les mauvais A V Il utilise des techniques mixtes pour un travail in situ. esprits. Sur la quatrième et dernière face, une porte incite le visiteur à pénétrer le mystère de l Afrique. C est le symbole de l ouverture de ce continent sur le monde. Bref, un beau voyage dans un monde irréel et abstrait à symétrie cubique. «Kambach n a pas choisi l ordre de réalisation de ces quatre faces. Elles se sont imposées progressivement, dans une construction harmonieuse et esthétique. Pour cela, il utilise des morceaux de bois, des cartons, des branchages, des enduits, du goudron, des grillages, de la peinture acrylique ou à l huile. Bref, des techniques mixtes pour un travail in situ», explique Corinne Lafosse, coconceptrice du cube. A.S : naissance à Téhéran 1973 : s installe aux États-Unis pour des études artistiques 1976 : arrive en France et s inscrit à l université de Vincennes, puis à l école des Beaux-Arts de Paris : réalise une vingtaine d expositions individuelles et participe à une quarantaine d autres collectives Mai 2010 : participe au Mai des artistes à Argenteuil 36 L Argenteuillais Hors-série 2011

37 Arts plastiques Article publié dans L Argenteuillais n 78 Mercredi 19 mai 2010 L Afrique, continent imaginé Installées face à face, sur le gazon du parc de l Hôtel de Ville, les sculptures de Tâm et Roman Gorski intriguent le passant. Un travail sur l Afrique conduit avec enthousiasme, raconté par les deux plasticiens. Une rencontre, un travail commun? Tâm : J ai fait la connaissance de Roman en visitant son atelier du boulevard Vercingétorix, où il y en avait pleins d autres ouverts. Je venais d arriver à Argenteuil, au début des années Roman agençait déjà des éléments végétaux, en grand format. J aimais bien son travail. Depuis, on est devenus amis, en échangeant souvent sur notre pratique, même si nous ne travaillons pas de la même manière. Roman : On discute beaucoup, pour se conseiller, se critiquer, s apporter des «combines» pour trouver des matériaux, les fixer J ai besoin de l avis de Tâm et lui du mien avant de montrer notre travail à un cercle plus large, ensuite au public. Avec quoi travaillez-vous et comment? Tâm : Des matériaux déjà transformés pour faire mes sculptures, planches de bois, acier et je continue de peindre aussi. Je construis beaucoup et je déconstruis aussi énormément, parce que les idées viennent comme ça. Avec la peinture, c est facile. On peut reprendre la toile à l infini, la modifier légèrement ou la chambouler entièrement! En sculpture, c est plus compliqué bien sûr. Roman : Que des végétaux bruts, peu transformés. Ma sensibilité va A V Tâm, 36 ans. D origine vietnamienne, venu très jeune en France et formé aux Beaux-arts de Bourges, puis à ceux d Ho-Chi-Minh-Ville. Roman Gorski, 48 ans. Formé aux écoles réputées de peinture et d arts graphiques de Cracovie, en Pologne, installé en France depuis plus vers le naturel, mon travail le traduit aussi. Je joue beaucoup sur les assemblages de grandes dimensions, monumentaux et aériens. Ma meilleure inspiratrice reste la nature! Tâm : Autant s appuyer sur elle pour montrer ce que nous avons créé. C est pour cela que nos propositions à Argenteuil se sont tout de suite tournées sur une exposition en plein air, éphémère, avec l avantage supplémentaire d être visible de tous les publics. C est une dimension qui nous plaît, à tous les deux. Le thème de l Afrique, proposé par la Ville, vous a visiblement inspirés. Roman : Fasciné par cet immense continent, je n y ai pourtant jamais mis les pieds Il renferme des trésors pour un artiste : couleurs, animaux, déserts ou forêts, masques. Vous n avez plus qu à imaginer! Tâm : Mukuna Kashala, un ami comédien congolais, a relié nos sculptures à l Afrique, en créant autour d elles deux contes. Son intervention compte beaucoup, pour confi rmer l universalité de la création, plastique, musicale, orale ou écrite, alors que nous sommes issus tous les trois de continents différents. Propos recueillis par C.A. Article publié dans L Argenteuillais n 79 Mercredi 26 mai 2010 Défi d artiste Pourtant grand voyageur, William Castaño n est jamais allé en Afrique. En attendant d y partir un jour quelques mois, pinceaux et toiles sous le bras, il a tout de suite accepté le projet municipal, pour peintre et sculpter sur l Afrique de l Ouest. «Quand j étais étudiant aux Beaux-Arts de Cali (Colombie), on parlait de Monet, des Impressionnistes bien sûr, et aussi d Argenteuil. Jamais je n aurais imaginé connaître un jour cette ville, encore moins m y installer comme artiste moi-même!», s étonne encore William Castaño. Aujourd hui, la boucle est bouclée : M. Castaño s est installé place Georges-Braque un nouveau clin d œil du destin?, adore Argenteuil et tout ce qui s y passe, participe aux portes ouvertes d ateliers et en propose lui-même une ou deux fois par an. Il aime parler de son travail, expliquer ses techniques, transmettre aussi, à ceux qui sont intéressés par les arts plastiques. «Quelques élèves, débutants ou confirmés, passent dans mon atelier. Jeunes ou vieux, ils ont tous envie d apprendre. C est comme ça que j aime avancer avec eux.» Ses cinq années de formation aux Beaux-Arts de Cali l ont profondément marqué. L artiste évoque avec respect la qualité d enseignement de l école, et certains de ses professeurs, devenus ses maîtres. «Aujourd hui, grâce à eux, je peux me lancer dans différentes formes de peinture ou de sculpture, même nouvelles pour moi, parce que je connais les techniques de base, le travail sur plein de matières différentes. C est pour ça que j ai accepté de participer au Mai des artistes.» Travailler dans un cadre, s intégrer au lieu d exposition, NM respecter un nombre d œuvres précis, des formats aussi et enfin, le temps. C était pas trop son truc, à William. «J ai pris cette commande comme un défi, un projet à empoigner, pour peut-être me prouver que je pouvais le faire?». À voir le résultat*, pari réussi C.A. * Pendant le Mai des artistes À la chapelle Saint- Jean-Baptiste, «Implo ration», sculpture monumentale de 2,70 m, toute blanche : idéalement placée au cœur d une petite abside, dont les lignes rondes contrastaient avec la verticalité de l œuvre. Suspendues le long des murs clairs, dix peintures évoquaient l Afrique colorée et vivante, imaginée par l artiste colombien. Enfin, sur des trépieds de bois, des masques en papier mâché étaient fixés, les créations d enfants de l association Cadis, guidés par William : naissance en Colombie. Enfance et adolescence à Cali, 3 e plus grande ville du pays 1979 : voyage à travers l Europe, en complétant sa formation artistique. Préférence marquée pour les pays latins, encore plus pour la France 1981 : exposition au Grand Palais, à Paris : atelier à Montmartre 1990 : passage à Argenteuil et installation «coup de cœur». Expose régulièrement en France ; donne des cours d art plastiques L Argenteuillais Hors-série

38 Arts plastiques Article publié dans L Argenteuillais n 95 Mercredi 8 décembre 2010 Histoire d harmonie Catherine Rebeyre, artiste argenteuillaise, s est vue confier les illustrations du programme de Noël de la Ville. Dessinatrice prolixe, elle interpelle l imaginaire de chacun. Sa dernière création fleurit dans la ville. Catherine Rebeyre a créé le visuel de la campagne de communication de Noël de la Ville. Aujourd hui peintre et illustratrice, elle a débuté sa carrière en dessinant des lignes de vêtements, notamment pour Etam, après avoir fait une école de couture et de stylisme à Paris. Mais son jardin secret a toujours été le dessin. Ou plutôt son verger de cerisiers en fleurs. Car le Japon et ses haïkus (poème court en trois vers) la passionnent. Les créations de Catherine s en nourrissent, comme de son amour pour la danse, qu elle a pratiquée. Les mouvements dynamisent ainsi ses peintures et ses illustrations de livres pour enfants. Car pour être libre et au plus près de ses émotions, l Argenteuillaise a laissé tomber le stylisme pour se mettre à son compte. Quoique, pas totalement. «Il m arrive de coudre ou de broder mes toiles», confirme-t-elle. Ses œuvres germent après un long travail de préparation. Comme le cultivateur qui prépare sa terre, elle se documente longuement pour nourrir son imaginaire. Un humus de connaissances et d éléments de récupération. «Mais une fois que je crée, je suis une adepte de l instant», explique-t-elle. Ses mots, ses coups de pinceau et d aiguille sont alors des jets, presque des fulgurances. Malicieuse, Catherine apprécie le mystère, brouiller les pistes, mélanger peinture JMT et textile, plus adepte du jardin à l anglaise qu à la française. «J aime aussi qu il y ait plusieurs niveaux de lecture», renchérit-elle. Que le spectateur s approche et vienne butiner la toile pour y puiser la surprise de nouveaux sens. Ainsi, si l on regarde bien le pantalon du personnage de l affiche de Noël, on remarquera que s il est rayé, c est de phrases. Pour offrir au spectateur un moment de douceur, de rêve et d harmonie. Comme une pause alanguie sur un banc d un jardin public. Très attachée à la transmission, Catherine anime des ateliers pendant les vacances scolaires pour les enfants (renseignements au ) ou intervient dans les écoles d Argenteuil. Ville où s ancrent maintenant solidement ses racines. «Je suis très attachée à la commune, où j habite depuis vingt ans. Je m y sens à l aise avec sa diversité de cultures.» En botanique notamment, l on parle de symbiose. S.Le : naissance à Paris 1990 : installation à Argenteuil 1995 : première illustration d album pour enfants, «La Pirogue d Iko» Depuis 2000 : peinture à plein temps 2010 : création de la campagne «Noël pour tous» Article publié dans L Argenteuillais n 102 Mercredi 9 mars 2011 Sculpteuse d âmes Installée depuis trois ans aux Ateliers d Argenteuil, Acuti n a de cesse de sculpter l homme dans ses plus terribles travers. Pour s indigner et réveiller les consciences. Exposer la monstruosité pour mieux faire éclore la beauté. Dans son atelier, la sculptrice Acuti appuie là où ça fait mal et fait gicler le pus de l humanité. Depuis 1992, elle «témoigne, donne à voir pour ne pas oublier ce qui me révolte, comme un génocide», confirme-t-elle. Pour ses œuvres, elle malaxe la glaise et accumule dents, cheveux, os ou fils barbelés. Des œuvres qui frappent. Fort. Ebranlent à coups de corps décharnés ou maltraités. Ici, point d art décoratif mais la défiguration, le mouvement qu elle a imaginé et décrit dans une thèse, reprise dans «Les Défiguratifs ou le Monstre dans l Art» (éditions L Art dit), sortie en décembre. «De nombreux artistes se situent entre la figuration et l abstraction, à commencer par Francis Bacon, détaille-t-elle. Leurs travaux sont souvent centrés sur l homme, dans tous ses états. Nos zones d ombres sont crachées sur la toile. L autre côté du miroir éclate à la gueule du spectateur». Comme chez Acuti. Ces créateurs écoutent leurs tripes pour tisser le portrait de la dualité de l homme. Loin des préoccupations instantanées de notre société médiatique où le Kleenex se fait linceul de la réflexion et de l analyse. «Mais attention, je ne suis gardienne d aucune vérité, tempère-elle, je ne fais que des propositions.» Qui souvent choquent et secouent le Landerneau ultra codé de l art contemporain. «Ma première exposition fut très difficile mais enrichissante. J ai été censurée et insultée. On m a reproché la violence de mon travail. Alors que c est une violence que je dénonce», déplore-t-elle. Et pour faire exploser ces codes, elle s est invitée en 2007 à des expositions du Plateau, du Palais de Tokyo et de Beaubourg. «Un artiste qui vient de nulle part doit franchir des murailles pour pénétrer ce milieu très fermé.» Et pourtant l art, «dernier espace de liberté», lui est vital. Depuis quand? Mystère. «Je sais juste qu il existe une photo de moi quand j étais à la maternelle avec de la terre dans les mains! Après des études d arts plastiques et d histoire de l art, je me suis mise à la sculpture en 1992 et ai commencé à exposer deux ans plus tard». Depuis, elle n a plus arrêté et s est installée il y a trois ans dans les Ateliers d Argenteuil. Qui proposent aussi des ateliers individuels. «C est très important», insiste Acuti, très attachée à la transmission de la culture artistique. Pour que l on distingue enfin la beauté derrière la monstruosité. S.Le : naissance 1992 : débuts en sculpture 1994 : première exposition 2007 : ateliers d Argenteuil Mai 2011 : sculptures visibles pendant le Mai des Artistes JMT 38 L Argenteuillais Hors-série 2011

39 Arts plastiques Article publié dans L Argenteuillais n 107 Mercredi 4 mai 2011 Chercheur d art Le plasticien argenteuillais Frank Chicheportiche expose «Le Christ lazer», dans le cadre du Mai des artistes. Décorateur pour le cinéma et la télévision, il semble en perpétuelle quête d une vérité, cachée par les carcans sociaux. Démiurge. Voilà un métier sympathique, Môssieur! Un métier où l on ne fait pas du chiffre mais son numéro de créateur d univers. Un pied sur les plateaux, l autre dans son atelier, Frank Chicheportiche a deux casquettes : décorateur pour le cinéma et la télévision et aussi plasticien. À chaque fois, il aiguise son imaginaire en mettant en scène des éléments. «Tout objet raconte une histoire, c est une nourriture infi nie que j essaie de manipuler d une manière singulière en essayant d exalter son sens premier, de l emmener ailleurs, explique-t-il. Fouler les chemins de traverse du rêve pour mettre le cap sur la réalité. L art permet de savoir ce qu il y a dans l épaisseur de chaque chose et de parvenir à effacer sa présentation, le premier contact qui se dresse face à nos yeux, le sens qui y a été mis par d autres», confi rme-t-il. Argenteuillais depuis dix ans, ce «mode d expression» ne lui est pas tombé dessus par hasard, grâce à un père artisan décorateur. «L art était très important dans ma famille.» Mais c est surtout son passage à l école Boulle qui s avère crucial. Frank y engrange les techniques et apprend «à développer un imaginaire, à le saisir et le ramener pour le mettre en forme, à tenter de «cristalliser» un temps donné, NM «Fouler les chemins de traverse du rêve pour mettre le cap sur la réalité» à le traduire d une manière personnelle.» Un exemple pour mieux comprendre? Alors courez admirer son «Christ lazer», exposé dans le cadre du Mai des artistes. «Ce travail a été pensé en association avec Kambach (ndlr : lui aussi artiste argenteuillais, un «régulier» du Mai des artistes). Nous avons proposé de nous inscrire dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste, entourée d immeubles qui ne sont pas de son temps.» Une démarche mue par un souci de liberté poussé jusqu à l exaltation, déboulant à tombeau ouvert sur les sentiers caillouteux de l inspiration. «Je ne bosse pas tous les jours, mais pense à mon travail en permanence. Un travail où la notion de liberté s impose, c est vrai», appuie l artiste. Pour alors échapper à tous les carcans du quotidien, et fi nalement se trouver, débusquer le plus précieux. Pour mettre au jour LE chemin. «Celui de l expression libre» S.Le : habilleur de plateau pour le fi lm «Zonzon» 2004 : assistant-directeur artistique sur le fi lm «Comme une image» 2011 : exposant au Mai des artistes Article publié dans L Argenteuillais n 107 Mercredi 4 mai 2011 Métal, maestro! Dans le cadre du Mai des artistes, Stéphane Rozand propose un chef d orchestre, sculpté de pièces de métal de récupération. Il tient délicatement mais fermement la baguette entre pouce et index. Figure symphonique mais aussi symbolique du chef d orchestre, dirigeant les musiciens ou le monde Stéphane Rozand s en est emparé. Pour le rendez-vous de mai, le plasticien argenteuillais offre une représentation de plus de deux mètres de cette incontournable fi gure de l orchestre. Certes immobile, elle vous remettra en mémoire les prestations très physi ques d un Toscanini ou d un Karajan, littéralement habités par la partition du compositeur. Pour Stéphane Rozand, le Mai des artistes est l occasion d aller à la rencontre du public. Geste un rien pédago pour cet ancien prof de maths et de physique qui a posé ses arcs électriques aux Ateliers d Argenteuil. Le plasticien ne modifie pas JMT «Je donne ainsi une seconde vie à ces vieilles carcasses de vélo ou d autos.» ici sa démarche. Un assemblage de pièces de récupération métalliques, découpées et soudées. «Je donne ainsi une seconde vie à ces vieilles carcasses de vélo ou d autos.» Et surtout, quand ses œuvres se font fi guratives, même métalliques, elles profilent un avenir possible où l humain se ferait plus humanoïde, quasi mécanique. Entrée dans une nouvelle dimension S.Le. Les ateliers d Argenteuil Collectif d artistes-centre de formation 111 bd du Général-Delambre [email protected] L Argenteuillais Hors-série

40 Écrivains Article publié dans L Argenteuillais n 33 Mercredi 25 février 2009 Un auteur sur le ring Paul Cordurié, dit Paulo, a connu une enfance tumultueuse en plus d un parcours des plus cabossés. Envoyé dans une maison de correction à 14 ans, c est à sa sortie un an plus tard que le titi découvre la boxe dans une salle du 18 e arrondissement parisien. Le sport devient vite une vraie passion et canalise ainsi sa rage adolescente. Jusqu en 1955, date de son service militaire, Paulo remporte une centaine de victoires sur 140 en poids léger, puis mimoyen (welters). Au Maroc, le boxeur remporte les championnats interarmées grâce à un KO provoqué dès le 1 er round. De retour en France, Paulo met fin à sa carrière sportive quelques années plus tard et devient photographe, comme son père. Celui qui connut les coups et la sueur est ainsi passé du côté des spectateurs, approchant ses idoles (notamment Mohamed Ali) pendant une trentaine d années pour le compte du journal sportif L Équipe. L éternel cigare aux lèvres et l œil continuellement rivé à l appareil, le photographe n a aucun mal à pénétrer et comprendre un milieu qu il a lui-même fréquenté plus jeune. Parti à la retraite en 1991, l homme met à profit l énergie qui caractérise son parcours JMT Paul Cordurié publie actuellement son troisième livre, «Jeux meurtriers», un roman policier avec pour toile de fond un Paris en prise avec un tueur en série. en entamant un nouveau combat : l écriture. Il faudra attendre quatre ans pour que son premier roman sorte. Résultat : un recueil de souvenirs de ses expériences pugilistiques et d ambiances d avant-matchs. En 2004, son deuxième livre narre l enfance d un gamin qui rend les coups à une société et à un père qui ne l ont pas épargné. Aujourd hui, à 75 ans tout de même, Paul Cordurié sort son troisième livre pour s essayer avec succès au polar. Une étape de plus et un second souffle salvateur dans une vie déjà bien remplie. En attendant le prochain round? A.S. Son livre est disponible à la librairie Le Presse-Papier 28 avenue Gabriel-Péri : naissance (Paris) 1949 : devient boxeur 1960 : engagé au journal L Equipe 1965 : entre au Coma boxe (pour en devenir ensuite vice-président pendant dix ans) 1995 : premier livre «Sauvé par le gong» 2004 : «C est la faute à mon vieux» (Bénévent) 2009 : «Jeux meurtriers» Article publié dans L Argenteuillais n 45 Mercredi 20 mai 2009 La tête et les jambes Un crayon dans une main, un ballon dans l autre. Petit, le ballon : celui du handball. À seulement 20 ans, Manon Beauvillain vient de publier sa première pièce de théâtre et est une figure du Coma handball... Argenteuil : une ville dans laquelle ses parents ont toujours vécu. Et elle avec. Des racines, autant qu un attachement profond, qui ont su développer sa curiosité et sa polyvalence. Un premier envoi à des éditeurs, et boom, but, trois qui répondent. Ce sera le plus rapide qui remportera la mise : les éditions Elzévir. «J écris depuis que j ai quatorze ans, mais je ne songeais pas être publiée. Je n y crois toujours pas!», assure-t-elle. Car c est son entourage qui l a fortement encouragée, sûr de son talent. Pour Manon, l écriture est surtout un moyen d expression. «Ma pièce parle d écologie et de la responsabilité de l Homme. Il nous faut réagir.» Étudiante en licence de lettres, elle tenait à se rapprocher de la tragédie. «Je lis le théâtre classique, de Virgile et d Ovide, depuis que je suis toute petite», rappelle-t-elle. Et pas seulement eux, car Manon lit tout le temps, sorte d exutoire intime : «C est vital. Autant que l écriture. J aime donner vie à mes personnages, puis diriger les acteurs qui vont endosser le costume que je leur ai tissé.» Et le hand, dans tout ça? «À douze ans, le sport avait beaucoup d importance dans ma vie. Maintenant, un peu moins, bien qu être arbitre, c est également «Dommages et intérêts» d Abie Stens (Editions Elzévir) peut être commandé dans toutes les librairies. orchestrer les autres» Le voilà donc le lien, sorte de coryphée moderne. Et si sa pièce de théâtre a été publiée sous le pseudonyme d Abie Stens, c est pour rendre hommage à son frère, Sébastien, dont l auteure utilise l anagramme. Car chez les Beauvillain, la famille, ça compte. En effet, sa passion des lettres vient de sa mère (institutrice à l école des Coteaux), puis de sa tante, professeure d italien : «Ensemble, on court les musées et les expositions. On s échange conseils de lecture et bouquins. Tout a commencé là.» Sport et lettres : les deux la défoulent. Mais le hand, ce sont aussi les amies, quand l écriture offre la solitude, face à soi-même. Et avec son rythme de sprinteuse, la voilà déjà plongée dans un prochain ouvrage. Un roman, cette fois. En attendant le prochain match S.Le. 29 mars 1989 : naissance à Argenteuil Depuis 1998 : inscrite au Coma handball Octobre 2004 : premier stage d arbitrage Juin 2007 : décroche son bac L Octobre 2007 : inscription en licence de lettres modernes à la Sorbonne 5 janvier 2009 : publication «Dommages et intérêts» 40 L Argenteuillais Hors-série 2011

41 Écrivains Article publié dans L Argenteuillais n 51 Mercredi 1 er juillet 2009 Dévoreuse d encre À 7 ans, Aude écrit les premières lignes de son journal et invente des histoires qu elle présente à des concours d écriture pour enfants. Sans succès. Les mois s émoussent, mais pas sa motivation. «J ai appris à lire très jeune», se rappelle-t-elle. Sa passion pour la lecture et l écriture éclôt alors. «Je dévorais les livres de la bibliothèque, même ceux auxquels je ne comprenais rien!», confirme-t-elle. Et à 13 ans, Aude remporte l épreuve de poésie Canard à vos plumes. Elle est lancée, sur orbite littéraire, et ne redescendra plus des cimes où elle papote avec les muses. Car Aude est du genre souriante, enthousiaste et à ne pas se prendre la tête. Du moins en apparence. «Là, j ai passé le bac, et je flippe», avoue-t-elle rayonnante. Sans oublier de se lancer dans un récit au long cours. «J ai envoyé des manuscrits à des maisons d édition mais pour l instant sans succès». Pour l instant... Pas le genre à se décourager. Et elle fait bien! Puisqu à seulement 18 ans, elle vient de voir une première nouvelle publiée par les Éditions Grimal. «Je ne pourrais pas vivre sans écrire, c est ma façon de m exprimer, d apprendre plus sur le monde et donc sur moi, de dénoncer ce «Little Rock Nine» est publié par les Éditions Grimal dans le recueil Noir et Blanc. Aude est aussi sur Internet : qui m indigne tout en procurant une émotion au lecteur», assure Aude Konan. Pas du genre à jouer les écrivains maudits pour faire genre. Non. Aude participe également à un fanzine sur les mangas. Musique et arts plastiques l intéressent aussi. Elle dessine, fait du théâtre, court les expositions et les spectacles de danse. Ce qui la transporte? La littérature afro-caribéenne, l afro-punk, le rock de Bloc Party et «À la Recherche du Temps perdu» de Marcel Proust ou le «Boléro» de Maurice Ravel... Aude imagine son avenir entre écriture et dessin, réécrit un roman et en termine un autre tout en travaillant sur un scénario. «Et puis il y a une nouvelle qui me tient à cœur aussi!»... Et vous dormez quand, Aude? Elle rit. «Je suis insomniaque...» S.Le : naissance à Argenteuil 1998 : commence à écrire 2004 : remporte ses premiers concours 2009 : première publication 2009 : Aude passe un bac ES Article publié dans L Argenteuillais n 71 Mercredi 3 mars 2010 Écrire pour partager À 63 ans, Christiane Marques publie son premier roman «Le Miel et l Amer ou l amour qui fait mal». Avec le sentiment d une carrière bien remplie après trente années passées dans les coulisses de la radio Rtl, Christiane Marques décide de s attaquer au domaine de l écriture. Elle publie, en septembre dernier, son premier roman intitulé «Le Miel et l Amer ou l amour qui fait mal», édité chez Publibook. «Un roman qui aborde différents thèmes comme l amour, l adultère, la dépression ou encore l homosexualité. J y intègre des éléments de ma vie personnelle sans pour autant le rendre autobiographie», précise-t-elle. Durant son enfance passée en Algérie, Christiane Marques présentait déjà un vif intérêt pour l écriture. «J étais fille unique et l écriture était mon seul moyen d expression en quelque sorte. Je notais tout ce qui me passait par la tête dans des carnets», expliquet-elle. Adolescente, elle aime son quotidien, sa vie et ses amis. Jusqu à son départ soudain d Algérie en «J y ai vécu jusqu à l âge de 15 ans. Lorsque mes parents, qui étaient français, ont décidé de partir au moment de l indépendance, ça a été un véritable déchirement», se souvient-elle. Après son arrivée en France, elle se rappelle les difficultés qu elle a pu rencontrer en étant «pied-noir». Après Vittel puis Cavaillon, c est dans le centre-ville NM «J étais fille unique et l écriture était mon seul moyen d expression en quelque sorte. Je notais tout ce qui me passait par la tête dans des carnets», d Argenteuil que Christiane décide de déposer ses valises dans les années 70. À 29 ans, elle intègre la rédaction de Rtl et «passe les plus belles de ma vie», dit-elle. Au sein du service artistique, elle est l assistante de Laurent Petit-Guillaume ou encore de Julien Lepers et elle se charge de la célèbre «valise Rtl». Peu de temps avant son départ en retraite, Christiane Marques réussit à achever son premier roman, dans lequel elle parle du foyer des jeunes travailleurs d Argenteuil ou encore de l immeuble dans lequel elle réside, et elle se sent prête à partager sa passion avec les lecteurs. «Le trajet de ce livre a été si aléatoire que j ai longtemps hésité avant de partager cette vulnérabilité. L idée qu il trouve un aboutissement dans la publication est pour moi très fort», ajoute-t-elle. En attendant, Christiane Marques prépare la suite de son roman ainsi qu un ouvrage sur le thème de l adoption. S.B. 4 avril 1947 : naissance en Algérie 1970 : s installe à Argenteuil 1976 : intègre la rédaction de Rtl 2009 : premier roman (800 pages, à compte d auteur) L Argenteuillais Hors-série

42 Écrivains Article publié dans Le Mag de mai 2010 L Occitan de langue française Le romancier, poète et militant, s est éteint il y a un an, à Argenteuil. Pierre Gamarra avait 90 ans. L hommage s impose pour ce grand homme de lettres, dont le nom évoque une bibliothèque et un travail sans relâche au service de la littérature. Novembre 2008, dernière rencontre avec le poète, dans son modeste pavillon à Orgemont : «J aime beaucoup Argenteuil car son universalité n est plus à démontrer. C est la ville de Monet et de Guy de Maupassant et c est dans ses usines qu a été fabriquée la tour Eiffel.» Son œuvre abondante et foncièrement humaniste restera dans l histoire de la littérature universelle. Né en 1919 à Toulouse, dans une famille basque et languedocienne, d abord enseignant, puis journa liste, il devient directeur de revue littéraire, poète, dramaturge et romancier. Au lendemain de la libération de Toulouse, il participe avec un groupe d anciens résistants à la création de la Librairie de la Renaissance. En 1948, il reçoit à Lausanne le Prix international Charles Veillon pour son roman «La Maison de feu». En 1951, il est sollicité par Jean Cassou, André Chamson et Louis Aragon pour prendre la responsabilité de la revue littéraire Europe. Il a également été viceprésident du Pen club français, sous la présidence de Jean Blot et membre honoraire de l Académie des sciences, belles-lettres et arts du département de Tarn-et- Garonne. Ses fables et poèmes (dont le célèbre Mon cartable) sont CT Au lendemain de la libération de Toulouse, il participe avec un groupe d anciens résistants à la création de la Librairie de la Renaissance. particulièrement connus dans les écoles. Dans son œuvre romanesque, Pierre Gamarra a l art de restituer les couleurs, les atmosphères et de créer le suspense comme dans «L Assassin a le Prix Goncourt» et «Capitaine Printemps». En 1955, il s installe à Argenteuil, ville qu il ne quittera plus. C est aussi l année où paraît ce qui sera l un de ses romans les plus connus, «Le Maître d école». Il est également l auteur d une trilogie romanesque sur Toulouse («Les Mystères de Toulouse», «L Or et le Sang», «72 soleils»). En 1985, Il reçoit le prix de la Société des gens de lettres pour «le Fleuve palimpseste» et son œuvre est adaptée pour la télévision, notamment «Les Coqs de minuit». A.S. Hommage rendu le jeudi 20 mai (19h). L école d Orgemont, dont la bibliothèque-centre de docu mentation porte le nom du poète argenteuillais, va dévoiler une plaque commémorative en présence de membres de la famille de Pierre Gamarra. Cette cérémonie sera suivie du spectacle «Voyage en Espagne» (35 min) que l auteur avait écrit. Un spectacle proposé il y a 10 ans par un trio polycorde et des élèves de l école, et rejoué ici par la classe de CE2/CM1. Article publié dans L Argenteuillais n 80 Mercredi 2 juin 2010 L émoi des mots À 15 ans, Maeva Coureux remporte le Prix littéraire national de la Cité des mots grâce à sa nouvelle «Patience». Rencontre. Devenir auteure, réalisatrice et comédienne sont les rêves de Maeva Coureux. En attendant de devenir star, l adolescente peut se féliciter d avoir remporté le Prix littéraire de la Cité des mots qui récompense les jeunes écrivains en herbe. «C est une victoire à laquelle je ne m attendais pas», a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de remise des prix qui s est tenue le 21 mai dernier, à Paris. Celle qui, il y a un an, disait détester la lecture et l écriture, remporte la première place dans la catégorie Jeunesse avec son texte intitulé «Patience», face aux deux autres Argenteuillais finalistes du concours : Waël Kerkeni et Olivier Bitoo. Son aventure débute en 2009 lorsqu elle commence à s intéresser aux romans de Stephenie Meyer, rendus célèbres au cinéma dans la saga «Twilight». «Après ces lectures, j ai eu envie d écrire. J ai commencé par tenir un journal intime où j aborde l amour chez les adolescents par exemple. Puis, j y ai ajouté quelques éléments de fiction», raconte-t-elle. Durant plusieurs mois, Maeva écrit des pages et des pages «pour ne pas oublier ce qui s était passé durant la journée», dit-elle. L année suivante, son camarade de classe Dany l invite à s inscrire à des ateliers d écriture au centre de quartier Gainsbourg à Argenteuil, dirigés par Catherine Zoungrana, auteure et fondatrice «J ai commencé par tenir un journal intime où j aborde l amour chez les adolescents par exemple.» NM du Prix littéraire de la Cité des mots. «C est lui qui m a encouragée à participer au concours. J ai hésité jusqu au dernier jour des inscriptions avant de lui transmettre mon manuscrit», se souvient l adolescente. Aujourd hui, Maeva ne réalise toujours pas que son rêve, celui d être lue, est sur le point de se concrétiser. «Un extrait de mon manuscrit sera publié dans Juniors Magazine et l intégralité sera publiée par Édilivre très prochainement», se réjouit la jeune fille. Actuellement en classe de 3 e au collège Irène- Joliot-Curie à Argenteuil, Maeva souhaite intégrer le lycée Gustave-Monod, à Enghien-les-Bains afin d y suivre des cours de cinéma/audiovisuel. «J ai comme projet d écrire un second tome et pourquoi pas en faire des films», conclut-elle. S.B. Informations et inscriptions aux ateliers d écriture ou au Prix de la Cité des mots sur 20 mars 1995 : naissance à Argenteuil 2009 : participation à des ateliers d écriture à Argenteuil 2010 : lauréate du Prix littéraire de la Cité des mots, catégorie Jeunesse 2011 : publication de son manuscrit «Patience» par Édilivre 42 L Argenteuillais Hors-série 2011

43 Écrivains Article publié dans L Argenteuillais n 93 Mercredi 24 novembre 2010 Une enfance dans la guerre Le 17 novembre, la librairie Le Presse-Papier organisait une séance de dédicace avec Geneviève Buono, pour la sortie de son livre «Le Crapaud de Makouda». Professeur de mathématiques au lycée Romain-Rolland depuis 1975, tout en y animant un atelier de poésie, Geneviève Buono a décidé de prendre une année sabbatique pour se consacrer à l écriture, sa grande passion. Un an après, pas de regrets Les éditions L Harmattan viennent de publier deux textes d elle : «Le Crapaud de Makouda» et «Un voyage de Django». Le premier raconte l histoire d une petite fille, Hélène, qui passe son temps à jouer avec ses amis kabyles dans le village de Makouda. La petite fille joyeuse rêve d écrire des contes. Ses parents instituteurs s engagent pour l indépendance de l Algérie et le père ne tarde pas à être arrêté. Hélène lui envoie ses contes. Arriveront-ils à destination? On ne le saura jamais. Bien que ce soit une fiction, l auteure s inspire de faits réels. Elle a en effet grandi dans cette Algérie en guerre. Ses parents étaient enseignants, militants du Parti communiste algérien et partisans de l Algérie indépendante. Maurice Audin, l une des figures de cet engagement de Français pour l indépendance de l Algérie, n est autre que l oncle maternel de Geneviève. Engagement qu il a d ailleurs payé de sa vie, porté disparu en juin Par le truchement des dialogues, la narratrice invite à un voyage dans cette Kabylie de Un passé déjà lointain mais JMT Livre en vente à la librairie Le Presse-Papier 28 avenue Gabriel-Péri toujours présent dans les cœurs. Quand il remonte à la surface, il se décline comme la musique d une flûte, triste, car elle inspire les nostalgies du roseau coupé. À travers ce texte, elle rend hommage à ses proches et à ceux qui portent la mémoire de cette guerre qui ne disait pas son nom. «L écriture m a toujours habitée. La littérature et les mathématiques se côtoient et parfois se rejoignent dans la création. C est un monde surréel où l on peut inventer sans cesse, d où la jubilation que l on peut ressentir à chaque création». Pour faire vivre le texte, son compagnon, Claude Chevallier, a mis en musique cette pièce de théâtre, pleine de sensibilité et facile à lire. Le couple a déjà interprété dans le passé une version des contes des «Mille et une Nuits», avec une Shéhérazade qui chante en arabe et mathématicienne. Tout simplement magnifique! A.S : naissance en Algérie 1960 : entrée au lycée de jeunes fi lles de Kouba 1966 : installation à Argenteuil 1972 : maîtrise de maths 1975 : nomination au lycée Romain-Rolland d Argenteuil 2010 : écriture à plein temps Article publié dans L Argenteuillais n 99 Mercredi 2 février 2011 Cracher ses maux par la plume Il veut devenir écrivain depuis qu il est gamin. En publiant son premier roman, Romain Bédier signe le premier chapitre de son voyage littéraire. Si tu n arrives pas à le dire, écris-le! C est ce que Romain Bédier pourrait graver au fronton de son panthéon littéraire. À 23 ans, cet Argenteuillais de toujours, qui écrit depuis l école, vient de publier son premier roman. Comme une thérapie, un exutoire, les mots couchés sur le papier sont le repère de ce grand timide. «Je m exprime et fais passer des messages ainsi», reconnaît-il. Pour lever un voile sur ce qui pollue ou aère l esprit de ce type pas bien bavard. Ado, il se braquait, se «plaçait souvent sur la défensive, notamment par rapport à l autorité», mais il n en dit pas plus. Ses maux hantent les nervures du papier au lieu d être jetés à la face de l interlocuteur. Au fil du temps, des centaines de pages se noircissent, au gré de son humeur, de ses frustrations ou contrariétés. Romain Bédier évacue sans être du genre à se mettre quotidiennement à sa table de travail, de 2h à 4h, tel un moine de la prose. «Cela peut venir en rentrant de soirée, quand je n arrive pas à dormir», confirme-t-il. Jusqu à ce que ses proches lui conseillent de se tourner vers des éditeurs. Six petites maisons reçoivent donc le manuscrit des Chroniques du «walk man» et toutes répondent positivement. En septembre 2010, les Éditions Velours sortent l ouvrage. Ou l histoire d un Les Chroniques du «Walk Man : your dress before leaving», please adjust your dress before leaving, sont disponibles sur et peuvent être commandées chez tous les (bons) libraires. jeune homme parti faire un tour du monde pour casser ce que les gens veulent qu il devienne. Il doit adresser ses pensées à quelques correspondants, sur ce qu il vit, les personnes qu il rencontre, ses états d âme. Comme vingt-sept lettres persanes de l introversion. Quand certains rêvent d éteindre des incendies et de poser pour le calendrier olé olé de la compagnie, de propulser un Airbus dans les airs comme une canette de soda géante, de se lancer dans l art du râtelier, de soigner la rage de Médor ou d accoucher Marguerite, Romain, lui, veut simplement promener sa plume sur le papier. Et devenir écrivain. Oh pas pour en vendre des palettes comme Marc Lévy. Non, pour en vivre tout simplement, quitte à accepter un boulot alimentaire. Et continuer son voyage vers l apaisement en mariant dans des noces littéraires le style et l histoire. Comme si Coelho enfantait Céline. Qu il adore, avec Bukowski, Wilde et Baudelaire. Ce qui s appelle voyager en bonne compagnie, non? S.Le : naissance 2008 : début de l écriture des Chroniques du «Walk Man : your dress before leaving» 2009 : études de psychologie 2010 : publication de son premier roman L Argenteuillais Hors-série

44 Écrivains Article publié dans Le Mag de février 2011 L encyclopédiste À 87 ans, cette figure d Argenteuil fourmille d anecdotes sur le passé de la commune. Ce passionné de plantes médicinales est aussi un adversaire acharné des nuisances sonores. Rencontre avec André Brunel. Intarissable et un brin nostalgique. Écouter André Brunel, c est partir en balade dans le passé d Argenteuil. Cheminer dans ses anciennes rues et s attarder devant la devanture de commerces d un passé révolu. «Je suis né en 1923, au 130 Grande-Rue, maintenant rue Paul- Vaillant-Couturier, à l angle de la rue de Calais», introduit-il. Maison natale où sa grand-mère avait ouvert l herboristerie Minard en 1905, bientôt rejointe par sa mère et sa tante. André Brunel a la précision méticuleuse des horlogers suisses quand il égrène les minutes de son passé. Un passé où il a donc rapidement baigné dans les plantes. «Vous ne pouvez pas mieux dire!», lance-t-il malicieux. «Dès la naissance, j étais d une nature assez nerveuse. Ma mère me donnait donc des bains de tilleul faits avec les restes de plantes invendables.» Tombé dedans quand il était petit, les plantes vont devenir une passion : «L herboristerie est l antichambre de la pharmacie. Pour décrocher l examen, il fallait savoir reconnaître quantités de plantes fraîches et sèches. Ce diplôme d État a d ailleurs été torpillé par le gouvernement de Vichy», détaille André. Pourtant, il ne reprend pas l officine, mais publie plusieurs articles dans différentes revues spécialisées, notamment sur la face cachée des plantes médicinales. «Peu chères par rapport aux médicaments du pharmacien, c était à la JMT portée des travailleurs», ajoute André Brunel. Ce chercheur fou, théoricien pas zinzin du tout, sait garder les pieds sur terre. «J ai commencé une carrière technique, qui n était pas inutile puisque ma famille distribuait également du matériel orthopédique qui réclamait des connaissances en mécanique et en ajustage», explique-t-il. Débutée aux chemins de fer, sa carrière le mènera notamment chez Jeumont-Schneider. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se pique également d apiculture, «moyen de produire du sucre malgré les restrictions». À la Libération, il épouse Andrée, une amie d enfance, qui donne naissance à Rémy trois ans plus tard. Cette mémoire d Argenteuil se veut aussi active dans la cité que l on vient d arpenter. Notamment après son départ en retraite en «Je milite contre le bruit et les troubles de voisinage, par exemple en participant à une commission municipale sur les nuisances de Roissy», confirme-t-il. Avant de s avouer nostalgique du temps où Argenteuil ne comptait que habitants et où les Coteaux étaient plus vignes et maraîchages qu habitations. Pourtant, au fil des anecdotes, on sait que l on n a pas abordé le dixième de sa vie. Mais au diable les statistiques, quand on a rencontré un homme riche, qui a offert le plus précieux en déliant les cordons de sa bourse d humanité. S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 101 Mercredi 2 mars 2011 L émoi des maux Le médecin Giovanni-Michel Del Franco ne pourrait se passer d écrire. Au point de créer sa propre maison d édition, pour honorer des destins oubliés. «Nul ne meurt tant qu il reste quelqu un pour prononcer son nom.» Giovanni-Michel Del Franco, médecin, Argenteuillais de toujours, a le sens de la formule. Logique alors de le voir s aérer l esprit en écrivant. Documentaliste passionné, ne lui évoquez pas la toponymie des villages du canton de Vaud. Il s enfermerait alors à double tour dans son bureau, amasserait des kilomètres d informations et ressortirait, six mois plus tard, le sourire aux lèvres et son bouquin au creux des mains. Il est même devenu son propre éditeur en créant «Le Chant des hommes» voilà dix ans. Et court les salons, démarche et tente de se faire connaître, tâche ô combien colossale quand on ne dispose pas de la force de frappe de Gallimard ou Calmann-Lévy. Ce rêve de plume, vitale fenêtre ouverte vers un ailleurs, a germé à l enfance. Poésies, nouvelles, livres ethnologiques ou historiques naissent maintenant en parallèle de son métier. «Une profession choisie par hasard, en faisant comme les copains», expliquet-il avec humour. «La liberté dans le travail et être utile l ont emporté». Une liberté qui lui permet d honorer par livres interposés la mémoire de ceux dont la petite histoire a forgé la grande. Après Accadia, le village italien d où était originaire son JMT Livres disponibles au Presse-papier 28 avenue Gabriel-Péri père, il aborde la résistance des Indiens sioux ou le loup, prédateur à travers les siècles. Pour le dernier né, consacré aux violences conjugales, il s est concentré sur son rôle d éditeur. «L histoire des gens m intéresse. Des parcours ici fracassés par l amour anéanti dans la violence. J ai été choqué par l inertie et le silence qui entourent des phénomènes assez communs. C est ce qui m a poussé à publier le livre de Sébastien Di Sabato». Où, à travers l expérience de Sarah, se dévoilent les sempiternels mécanismes animant le bourreau. Emprise, destruction de l autre dans tous les domaines. Le dénigrement psychologique laisse place à la violence sociale, puis aux coups. «Seule la victime peut déposer plainte, pas un tiers désirant l aider. Il devra contacter directement le procureur», s indigne Giovanni-Michel Del Franco. S.Le : naissance à Argenteuil 1996 : exercice de la médecine (débuts) 2000 : première édition : «Accadia, vie et mort d un village du sud de l Italie» 2010 : édition de «Je ne suis pas morte - Survivre à la violence conjugale» de Sébastien Di Sabato 44 L Argenteuillais Hors-série 2011

45 Arts visuels Article publié dans L Argenteuillais n 5 Mercredi 18 juin 2008 Elle est artiste, c est mathématique! «Le Nombre est dans tout». Evelyne est artiste, Fort est mathématicienne. C est pourtant le même personnage avec un parcours atypique. Maman de deux garçons, elle est née à Argenteuil en 1954, entre au lycée Romain- Rolland et obtient en 1972 son baccalauréat avec mention très bien et une note de 19,5 sur 20 en mathématiques. Sa maîtrise de maths pures en poche en 1976, elle choisit l expression artistique comme métier. Pas si étrange, si l on sait que Pythagore disait que «le Nombre est dans tout». Cette complicité des maths et de l art se projetait déjà chez Evelyne. «Construire des ponts ou des automobiles ne me faisait pas vibrer. J ai donc choisi la danse contemporaine grâce notamment aux cours que j ai suivis à la Mjc d Argenteuil», se souvient-elle. Attirée par les expressions artistiques multiformes, elle complète la danse par le théâtre et le chant. En 1985, elle entre dans la compagnie Turbulence, que dirigeait Michèle Berg, comme danseuse puis comédienne et joue dans différents spectacles de rue, notamment au festival d Aurillac. Avec Gérard Noiret, un autre Argenteuillais poète qu elle rencontre en 1987, elle découvre la litté- «Construire des ponts ou des automobiles ne me faisait pas vibrer. J ai donc choisi la danse contemporaine grâce notamment aux cours que j ai suivis à la Mjc d Argenteuil» JMT rature et la poésie. Cumulant ces expériences, elle passe à la conception chorégraphique et théâtrale et multiplie les spectacles. La pratique artistique dans la Cité. Après un séjour d un an à Montréal, elle revient à Argenteuil en 1993 et présente plusieurs fois avec succès «You You», un monologue d une femme écrit par un réalisateur yougoslave. En 1998, elle crée la compagnie Willy-Danse-Théâtre et dirige depuis des ateliers d insertion par la pratique artistique en direction des femmes des quartiers et des enfants et adolescents des écoles et des collèges. A.S [email protected] : naissance à Argenteuil 1976 : maîtrise en mathématiques pures 1985 : rencontre Michèle Berg 1987 : rencontre Gérard Noiret 1993 : revient de Montréal et présente «You You» 1998 : crée Willy-Danse-Théâtre 2008 : expose «Aqua rêvent-elles» Article publié dans L Argenteuillais n 18 Mercredi 29 octobre 2008 La comédie de l humanité André Salzet est né en 1957 de parents agriculteurs normands. Il obtient son diplôme d ingénieur informatique en Mais c est dans le théâtre qu il découvre sa vocation et exerce son talent. Il entre en 1984 à l école Dullin, travaille aux côtés d Antonio Diaz Florian et joue dans le film d Ariane Mnouchkine, «La Nuit miraculeuse». En 1990, il crée Populart Théâtre où ses activités de comédien et de metteur en scène Havel, Cocteau, Marivaux, Tchekhov... et d adaptateur Vian, Maupassant, Zweig l amènent à côtoyer les textes et les auteurs les plus divers. Installé à Argenteuil en 1998, André Salzet continue la création avec le théâtre Carpe Diem depuis Conçue comme «un lieu populaire au service de l écrit et du jeu», sa compagnie anime des ateliersthéâtre notamment avec les élèves du collège Paul-Vaillant-Couturier, en collaboration avec Sine Mitransky, la professeure d allemand. «Avec Carpe Diem, nous essayons d amener le plus de gens à la pratique théâtrale, car la société ne peut s élever que par la culture», dit-il. Et de préciser «qu un chantier théâtral est en cours de préparation et permettra à 45 habitants, divisés en trois groupes, de s exprimer sur le théâtre et leurs attentes du futur centre culturel d Argenteuil». Mais on ne peut CT «Avec Carpe Diem, nous essayons d amener le plus de gens à la pratique théâtrale, car la société ne peut s élever que par la culture» parler d André Salzet sans évoquer sa remarquable adaptation du «Joueur d échecs» de Zweig. Ce texte, écrit en 1941, a fait les beaux soirs des théâtres parisiens, de province et même du Maroc, du Liban, d Allemagne, du Nigeria et de Nouvelle- Calédonie. Pour fêter la e représentation, le comédien argenteuillais sera, du 14 janvier au 22 février 2009, au Théâtre du Petit-Saint-Martin à Paris. Il associera au texte de Zweig une nouvelle création : l adaptation d «Effroyables Jardins» de Michel Quint. Le voilà peut-être bien loin du métier d ingénieur, mais si près, tout près de l humanité... A.S. [email protected] Théâtre du Petit-Saint-Martin : naissance à Notre-Dame d Aliermont (76) 1984 : école de théâtre Charles-Dullin (Paris) 1988 : cartoucherie de Vincennes 1989 : «La Nuit miraculeuse», d Ariane Mnouchkine 1990 : crée Populart Théâtre 1998 : s installe à Argenteuil 2003 : crée Carpe Diem 2008 : e du «Joueur d échecs» L Argenteuillais Hors-série

46 Arts visuels Article publié dans L Argenteuillais n 24 Mercredi 17 décembre 2008 Artiste dans sa ville C est toujours pareil avec les artistes, on les prend facilement pour des rêveurs en apesanteur. Et puis il y a ce rapport au public, la notoriété, qui fascine tant, qu on jalouserait presque. Pour faire connaissance avec Robert Valbon, mieux vaut ranger ses clichés. Voilà plus de dix ans, Robert Valbon, artiste et citoyen, s installe à Argenteuil. Depuis, il y vit, donc, il y agit. En 2000, il crée la compagnie Argenteuil Théâtre Public. C est cette compagnie dont nous avons parlé tout récemment et brièvement pour annoncer les cours de théâtre qu elle reprend pour les adultes le vendredi soir et pour les enfants le samedi matin. C est que Robert Valbon pratique le spectacle vivant et la pédagogie depuis une trentaine d années. Il fait ses études à Bobigny et c est par le chant qu il découvre le théâtre. Avec l aide de la municipalité, il transforme la salle Maurice-Sochon en une scène de théâtre ouverte aux artistes «de proximité». Chanteur, comédien, metteur en scène, il est pleinement engagé dans la vie de sa ville. Père de deux filles, il s engage à la Fcpe pour défendre l école publique et le droit des familles à intervenir dans la scolarité des enfants. Il participe aux quarante ans puis, cette année, au cinquantenaire de la cité Joliot-Curie. Il s engage encore, pour faire entendre l avis des habitants de la rue d Épinay. Alors qu Argenteuil CT «Des lieux dédiés au spectacle vivant doivent rassembler le public autour des artistes argenteuillais. De nombreux artistes vivent ici, mais nous n avons toujours pas d orchestre symphonique, de grand chœur, d harmonie ; l orgue de la basilique attend toujours les élèves du conservatoire» fignole son futur centre culturel, il s engage, toujours. «Des lieux dédiés au spectacle vivant doivent rassembler le public autour des artistes argenteuillais. De nombreux artistes vivent ici, mais nous n avons toujours pas d orchestre symphonique, de grand chœur, d harmonie ; l orgue de la basilique attend toujours les élèves du conservatoire». Comme artiste et citoyen, il défend les compagnies indépendantes «qui survivent dans l indigence à côté du théâtre officiel subventionné. Or, ce sont ces artistes-là qui, par leur travail de création, leur ancrage dans le tissu urbain, nourrissent le spectacle vivant.» il crée, transmet, s oppose, en cette fin d année, à la menace qui pèse sur les intermittents du spectacle et construit : Robert Valbon, un artiste dans sa ville. A.S. Argenteuil Théâtre Public : naissance à Saint-Denis 1983 : altiste orchestre Montpellier 1985 : journaliste radio 1992 : création de la compagnie «Histoire d E» 1996 : installation à Argenteuil 2000 : création de la compagnie Atp, Argenteuil Théâtre Public 2008 : prépare la mise en scène à l opéra de «La Passion selon Saint-Jean» de Bach Article publié dans L Argenteuillais n 28 Mercredi 21 janvier 2009 Images de marque «Commissaire Moulin», «Les Cordier juge et flic», «Châteauvallon»... ces séries ont été écrites et/ou réalisées par Paul Planchon. Né le 27 janvier 1939 à Lyon, Paul Planchon concentre d abord sa carrière sur l audiovisuel, en réalisant dès 1971, des émissions pour la télévision (variétés, documentaires...). Réalisateur et écrivain de beau coup de séries télévisées, il s est vu confier plusieurs films comme «L homme en rouge» ou «Le cheval dans le béton». En 1973, cet homme de télévision réalise sa première fiction tirée du roman «Hugues-le-loups» d Erckmann et Chatrian. Viennent ensuite «Marion Jourdan» et «Carmilla, le cœur pétrifié». De 1978 à 1982, son talent est mis au service du théâtre, en dirigeant les acteurs de trois épisodes du «Petit théâtre d Antenne 2» (ancienne appellation de France 2) : «L Armoire», «Le Bon Exemple», et «Poivre de Cayenne». Sa collaboration avec Michel Mintrot en octobre 1998 décidera de son installation à Argenteuil. Depuis une dizaine d année donc, Paul Planchon rédige et réalise ses téléfilms à Argenteuil. Cette tendresse pour sa ville d adoption s exprime dans son roman : «L Anagramme du diable», à paraître d ici un mois tout au plus. Promis, on vous tient au courant. Scénariste et réalisateur, le premier roman de Paul Planchon paraît dans quelques semaines. JMT Pour sa première œuvre d écrivain, Paul Planchon se soumet très humblement à l œil critique de ses lecteurs avec une pointe d appréhension et d impatience. Cette impétuosité l a poussé à transformer en roman une histoire écrite à l origine comme un scénario. Dans l audiovisuel, les acteurs apportent de leur substance, tandis qu à l écrit, toute information doit être donnée au lecteur d une façon claire et fluide. Ce «roman d aventure au parfum de mystère» se déroule en partie à Argenteuil et recèle l ambition de l auteur de séduire sans image, juste avec les mots. En espérant que la passion avec laquelle il a pétri les mots de ce livre se transmette aux lecteurs, Paul Planchon ne peut s empêcher de penser au prochain dont il aimerait que l action se déroule entièrement à Argenteuil. A.S : naissance 1971 : débuts dans la réalisation 1973 : débuts en tant que scénariste 1998 : installation à Argenteuil 2009 : parution de son premier roman, «L Anagramme du diable», écrit avec Patrick Burgel (Édilivre Édition Coup de cœur) 46 L Argenteuillais Hors-série 2011

47 Arts visuels Article publié dans L Argenteuillais n 54 Mercredi 2 septembre 2009 Passer le mur du son Joël Chalude, comédien et metteur en scène, transforme sa surdité en une force. Dans «Arsenic et vieilles oreilles», son premier long métrage de fiction, qu il tourne actuellement à Argenteuil, Joël Chalude tente encore une fois de valoriser la thématique de la surdité. Il s agit, en fait, d une adaptation du film américain de Frank Capra, «Arsenic et vieilles dentelles», sorti en C est l histoire de deux charmantes vieilles dames sourdes qui passent leur temps à «mijoter des recettes» pour empoisonner tous les médecins qui ont mal soigné leur neveu lui-même sourd. Le film est tourné presque exclusivement en intérieur dans un pavillon de la rue Védrine (quartier des Coteaux), mis à disposition gracieusement par la Ville. Ce choix d intérieur s explique aussi par les conditions financières minimales allouées à cette production, avec seulement un budget de euros, dont en fonds propres. Pourtant, on retrouve dans ce film burlesque, jamais réalisé par un sourd dans l histoire de l audio-visuel français, des célébrités comme Annie Cordy, Jean-Claude Dreyfus, Bruno Solo et Patrick Préjean. Sa particularité est aussi la diversité des personnes qui y participent grâce à un casting d une quinzaine de comédiens, tous d Argenteuil, dont la radieuse Héléna Mogelan, 22 ans, qui joue le rôle de Mademoiselle Brun. «Ce film n aurait pas pu se monter sans la générosité des techniciens et comédiens qui ont accepté de travailler gracieusement. J essaie d intéresser les producteurs et les chaînes de télévision sur le problème de la surdité, mais je m aperçois que le sujet ne les intéresse pas parce qu ils considèrent qu il n y a pas de public pour ce genre de films. Or, mon propre spectacle «Né 2 fois», qui est un one-man-show burlesque sur la surdité, a toujours fait salle comble». Le nouveau né, qui devrait être fin prêt en décembre prochain, est appelé à faire évoluer les mentalités, non seulement sur la problématique de la surdité, mais aussi sur l inaptitude chronique des «entendants» à communiquer et à s ouvrir aux sourds. «Dans mes travaux, j évoque souvent cette thématique avec mon approche qui consiste à dire : ne vous enfermez pas dans votre surdité, puisque vous êtes vous-même sourd, car n est sourd que celui qui ne veut pas entendre. Le choix du burlesque est justement pour casser le mur du compassionnel», explique Joël Chalude. A.S : naissance à Paris 18 e 1971 : 1 er prix de l Ecole internationale du Mime Marceau 1983 : crée «Symbioses pour la création chez les sourds» 1986 : arrive à Argenteuil 1993 : participe à l aventure des «Enfants du silence» qui a reçu deux Molière Article publié dans L Argenteuillais n 69 Mercredi 3 février 2010 Silence, ça tourne! La jeune actrice argenteuillaise, Héléna Mogelan, s apprête à faire ses premiers pas à la télévision. Devenir comédien et fouler le tapis rouge du Festival de Cannes en font rêver plus d un! Mais le chemin qui mène à la reconnaissance peut être long et difficile. Parcourir les castings et enchaîner les petits rôles sont le quotidien de nombreux apprentis acteurs. Alors que certains se découragent, d autres persévèrent dans l optique de décrocher LE rôle qui fera décoller leur carrière. C est le cas d Héléna Mogelan, une jeune actrice argenteuillaise de 24 ans. Elle vient d obtenir son premier rôle important à la télévision dans la série «Mickey Boom», créé par Mason Ewing. Alors que le tournage n a pas encore débuté, le pilote de la série fait déjà le buzz sur Internet. «J ai participé à un grand casting qui s est déroulé à Meaux (77). Mason, le créateur de la série, a apprécié ma performance et m a offert le rôle de Belette Chou, un personnage mystique très introverti, explique Héléna. J ai tout de suite accroché au scénario de «Mickey Boom» car il s inscrit dans un univers proche de la série américaine «Malcolm» avec des aventures basées sur le caractère des personnages», ajoute-t-elle. Pour Mason Ewing, le choix d Héléna lui est apparu comme une évidence. «J ai eu un véritable coup de foudre artistique pour Héléna. Je ne compte pas la laisser filer car j ai de grands projets avec elle», assure-t-il. Son talent, AV Héléna le doit avant tout à sa persévérance et sa combativité. Adolescente, elle se découvre une passion pour le théâtre et la comédie. «J ai pris mes premiers cours de théâtre à la Mjc d Argenteuil. Par la suite, j ai suivi des formations professionnelles à Paris et à New-York qui m ont permis de me trouver, artistiquement parlant», explique-t-elle. Alors que la jeune fille continue ses études, elle se produit sur scène dans de nombreuses salles parisiennes. L année 2009 est sans doute la période la plus chargée pour Héléna puisqu elle se produit au théâtre dans la pièce «Tango panache» puis décroche un rôle dans le long métrage «Arsenic et Vieilles Oreilles», du réalisateur argenteuillais Joël Chalude. En attendant le début du tournage de la série, Héléna Mogelan anime des ateliers de théâtre au sein de différents collèges et lycées du Val-d Oise et compte bien transmettre sa passion du métier. S.B. 1 er février 1986 : naissance à Maisons-Laffi tte (78) : formations professionnelles de théâtre 2009 : 1 er rôle au cinéma dans «Arsenic et vieilles oreilles» 2010 : 1 er rôle à la télévision dans la série «Mickey Boom» L Argenteuillais Hors-série

48 Arts visuels Article publié dans L Argenteuillais n 73 Mercredi 24 mars 2010 Au théâtre de la vie Révélé au grand public dans «La Cage aux folles», Maurice Bray a côtoyé les plus grands du théâtre français. Il met aujourd hui son expérience de la scène au service d amateurs motivés, après 63 ans d une étonnante carrière. Charmeur et original. Maurice Bray a tout pour séduire l interlocuteur. Parcours, allure, culture Impeccable dans son costume et ses chaussures de cuir, l octogénaire impressionne, resté mince comme au temps de ses rôles de jeune premier. Pour ne rien gâcher, il cultive l art de raconter sa vie avec humour, à la façon de Jean-Claude Brialy, son ami qui a préfacé son livre de souvenirs. Il aurait pu prendre la succession familiale, à la boutique de marchands de couleurs, installée rue Paul- Vaillant-Couturier depuis Maurice choisit un autre chemin. «À l école de l Abbé-Fleury (ndlr : l école Paul-Vaillant-Couturier n existait pas encore), je préparais le brevet. Avec une vingtaine de copains, on jouait les personnages dont nous apprenions la vie. Mousquetaires, rois et reines de France bref, de l histoire appliquée! Des drapés avec des chutes de rideaux, des perruques XVIII e en cordage de chanvre que mon père vendait à la boutique, notre imagination n avait pas de limites!» La vocation du jeune Maurice est sans doute née sur ces tréteaux improvisés. Conseillés par un ami, qui décèle chez Maurice un vrai talent d acteur, M. et Mme Bray inscrivent le fi ston dans l un des meilleurs cours de la place parisienne. Maurice salue d ailleurs la NM Atelier-théâtre du vendredi 19h30, 10 bis rue de l Abbé-Fleury Pour débutants ou confirmés ou grande ouverture d esprit de ses parents sur ce métier très incertain. L apprentissage démarre avant-guerre, chez Maurice Escande, sociétaire de la Comédie française. Un pédagogue hors pair, l un des maîtres de Maurice, qui le marquera aussi pour le plaisir à transmettre sa passion du théâtre. C est palpable lorsqu on assiste au cours hebdomadaire, animé par Monsieur Bray et son vieux complice Léon Lesacq, partenaire de Francis Blanche et de Bernard Blier. Six à sept apprentis-comédiens se frottent aux fables de La Fontaine ou au répertoire de Molière, face à un Maurice très pro, jamais pédant, toujours calme. Le professeur donne parfois la réplique, suggère un placement, reprend une tirade sans regarder son texte. Respect. C.A. Avril 1926 : naissance à Argenteuil : crée le personnage du travesti Mercedes, dans «La Cage aux folles», aux côtés de Poiret et Serrault représentations : reprend le rôle de Lord Mewill dans «Kean», aux côtés de Jean-Paul Belmondo. 120 représentations 2006 : publie «Le Baladin d Argenteuil, parcours d un comédien» chez Thélès Article publié dans L Argenteuillais n 82 Mercredi 23 juin 2010 Lire, enseigner et jouer Le samedi 26 juin, la compagnie Tamuse présente un florilège de pièces théâtrales, salle de l Abbé-Fleury. Portrait de l une des comédiennes. Née en 1966 à Reims, Hélène Halbin a le goût de la lecture dès l enfance. «Je m isolais pour lire et maman m emmenait souvent à la bibliothèque municipale». À 18 ans, elle obtient son concours d institutrice. «En 1985, j ai pris contact avec Les Chrysalides d Épernay, une troupe de théâtre amateur qui m a permise d acquérir une solide formation pendant cinq ans». C est à l Ageasse de Reims que la jeune institutrice se voit proposer en 1990 un rôle de chanteuse de cabaret dans «Berlin ton danseur est la mort» d Enzo Cormann. Une création qui raconte ces années de peste brune, prélude cauchemardesque à l embrasement de C est pendant les représentations qu elle rencontre Christian Schiaretti, actuel directeur du Tnp (Ndlr : théâtre national populaire, fondé par Jean Vilar) de Villeurbanne, qui, en 1992, créait la troupe permanente de la Comédie de Reims. «Il avait sélectionné douze comédiens professionnels dont moi. Je n en revenais pas». C est le début d une aventure de treize ans, bien chargée en spectacles et en émotions. «Nous avons monté une dizaine de pièces et donné 220 représentations dès la 2 e année, en France et à l étranger». Hélène décide ensuite de reprendre son métier initial d institutrice. Arrivée à Argenteuil en 2005, elle est affectée dans une école élémentaire d Épinay-sur-Seine. Enseigner n est-il pas un art de la scène? Hélène Halbin se sent toujours comédienne. Quand elle n est pas en classe, c est avec la C ie Tamuse qu elle vient partager sa passion. Ce 26 juin, elle joue dans «Les Vacances» de Jean-Claude Grumberg. Venez la voir, vous serez conquis! A.S : obtient son concours d institutrice 1992 : sélectionnée à la Comédie de Reims comme comédienne professionnelle 2003 : adhère au mouvement des intermittents du spectacle et devient son porte-parole 2005 : arrive à Argenteuil et reprend son métier d institutrice 48 L Argenteuillais Hors-série 2011

49 Arts visuels Article publié dans L Argenteuillais n 92 Mercredi 10 novembre 2010 Une mamie très cathodique Groland, Petit Journal et même cinéma. Voilà dix ans que Lucienne Moreau s est lancée dans les tournages. Et se marre, un jour mamie anar, le lendemain vantant une société de crédit. «Mamie, c est quand qu tu passes à la télé?». Tout le monde n a pas la chance d avoir une mamie comédienne. Et bien, les dix-huit petits-enfants de Lucienne Moreau, si. Cette Argenteuillaise de 77 ans, qui fut veilleuse de nuit, s est lancée dans la comédie il y a une dizaine d années. Originaire de la Mayenne, elle a rejoint Argenteuil en 1992 et elle s y sent bien, comme à Groland. Car oui, Lucienne est une comédienne un peu particulière puisqu elle a longtemps tourné pour l émission satirique de Canal +. «J ai répondu à une annonce dans un journal gratuit. On cherchait des gens pour des photos. Et de fil en aiguille, j ai continué en faisant de la figuration puis des choses plus importantes», relate-t-elle. Et si nous osions, nous dirions qu elle est désormais une vraie femme d affaires! Ciné, télé, publicité, téléfilms Bon alors Lucienne, soyons sérieux cinq minutes : cette boulimie de tournages, c est pour l argent? «Financièrement, évidemment, cela donne de beaux suppléments», reconnaît-elle pudique. En fait, c est surtout qu elle adore ça! Et lui permet de faire ce qu elle n oserait jamais. Par exemple avec Groland ou maintenant dans le Petit Journal, toujours sur Canal +. On l a récemment vue en mamie anarchiste. Parfaite. Avec une impeccable mise en plis et un cabas au bout des bras, «je suis anarchiste et je voudrais foutre en l air toute la société capitaliste!» Comme une sorte d exutoire, elle poursuit : «Ce que je préfère, c est afficher un grand sourire à quelqu un et dire par derrière : qu est-ce qu elle est moche!» Avec sa pêche impressionnante, on se dit que faire le pitre à la télé est un baume de jouvence. Quant au cinéma, elle a été extrêmement marquée par le tournage de «Qui a tué Bambi?», le film de Gilles Marchand avec Emmanuel Lucas. «Vous vous souvenez la dame, dans l hôpital, qui voyait tout. Eh bien, c était moi!» Au fil des réponses de cette mamie cathodique qui raffole aussi des castings eux-mêmes, on sent un petit grain de folie. Mais le bon grain plein d originalité, à mille lieux de l ivraie destructrice. Ainsi, quand on fait remarquer à Lucienne Moreau qu elle a un nom prédestiné pour marcher dans les pas de la Jeanne du même nom, elle n en démord pas : «C est ma lointaine cousine!» À quel degré? Joker S.Le. sur une idée de S.K : naissance près de Laval 1992 : installation à Argenteuil 2000 : début d une nouvelle carrière 2003 : tournage de «Qui a tué Bambi?» de Gilles Marchand Article publié dans L Argenteuillais n 105 Mercredi 6 avril 2011 Les trucs du métier La bande-annonce du cinéma d Argenteuil, c est lui. À 33 ans, François Chatelain mêle techniques simplissimes et technologies avancées dans ses vidéos. Les vidéos de François Chatelain sont celles d un doux rêveur passionné de films d animation et de trucages des séries B aux visibles ficelles. Il vous ferait croire dur comme fer que l émerveillement est capable de déplacer des montagnes. Cet Argenteuillais, exilé à Paris depuis 2005, a créé sa première vidéo en 2004 pour présenter ses vœux. Trois ans plus tard, il y intègre la technique du flip-book*. Aussi géniales que tendres, les vidéos affolent le net. «Cela m a ouvert des portes», se souvient-t-il. Notamment celle de Canal + dont il devient le directeur artistique de l «Édition spéciale». Passé indépendant, il a créé l habillage de plusieurs émissions de Cuisine Tv, réalisé le best of d Omar et Fred ou une campagne pour le Téléthon. Il vient même de concevoir la bande-annonce du cinéma d Argenteuil, à la demande de la salle municipale. «Elle sera dévoilée le 12 avril à 20h30 en avantpremière de «Scream 4» et projetée ensuite avant chaque film», annonce-t-il. Ici, son imagination sans frein a encore mélangé les techniques, utilisant des effets de papier très simples aux possibilités offertes par la technologie. Tout en s appuyant sur les propos de jeunes argenteuillais récoltés lors d ateliers sur le cinéma. Le rêveur est celui qui prend son temps, musarde, le nez pointé vers les nuages. François est de ceux-là. «Après mon bac de sciences éco, je ne savais trop comment m orienter. Avant de repérer la filière audiovisuelle de la fac de Saint-Denis, explique-til. Je suis très timide et sentais que les images me conviendraient mieux pour communiquer.» François va prendre six années supplémentaires pour compléter cette formation très théorique et maîtriser les logiciels de montage et d effets spéciaux. La technologie emprisonne certains, elle en libère d autres. Jusqu à déchaîner les envies. «Je songe à un film d ados, une période qui me passionne. Celle des possibles.» On revient au rêve et à l émerveillement : «Mes deux filles sont mes premières spectatrices et elles adorent. Les enfants ont besoin de choses universelles», assure François. S.Le. * Livret de dessins qui, feuilleté rapidement, permet la synthèse du mouvement par la persistance rétinienne. On appelle ce livret «le cinématographe de poche» : naissance à Argenteuil 2004 : premières vidéos 2011 : bande-annonce du cinéma d Argenteuil L Argenteuillais Hors-série

50 Métiers Article publié dans L Argenteuillais n 8 Mercredi 9 juillet 2008 Argenteuil-Tokyo, via Barcelone! Etudes à Argenteuil et bac pro à Saint- Quentin. Si vous croisez ce jeune homme malicieux et souriant dans les rues d Argenteuil, vous ne devinerez sans doute pas qu il s agit d un exceptionnel cuisinier, dont le talent vient d être récompensé par deux étoiles au prestigieux Guide Michelin dans sa première édition japonaise de novembre dernier. Car bien qu enfant de la cité Champagne, où il est né le 13 septembre 1977, Jérôme Quilbeuf dont la maman, Martine, travaille à l Hôtel de Ville exerce son talent à Tokyo, comme «Executive Chef» d un restaurant catalan! Il s agit d une véritable vocation, peut-être due à son grandpère boucher. Dès la 3 e, Jérôme souhaitait être cuisinier et s est dirigé vers un Bac professionnel au lycée hôtelier de Saint-Quentin, après être passé par l école Georges-Lapierre et le collège Saint-Joseph d Argenteuil. Après une première incursion à Barcelone en 1997 «je suis allé travailler comme serveur à l hôtel Méridien pour suivre une petite amie», confi e-t-il, il y retourne en 2001 et est embauché au Hilton, mais cette fois-ci aux fourneaux. Poussé par son chef, Jérôme s inscrit au concours du meilleur jeune cuisinier catalan. «Le jury était présidé par Carme Ruscalleda, Becky Lawton Jérôme Quilbeuf exerce son talent à Tokyo comme «Executive Chef» d un restaurant catalan. dont le restaurant Sant Pau à Sant-Pol-de-Mar, possédait déjà deux étoiles au Michelin et allait par la suite en obtenir une troisième. J ai gagné le concours il fallait faire un plat sur le thème de l artichaut et j ai sympathisé avec Carme. Elle m a embauché en 2004, dans l optique de me voir ensuite tenir le restaurant qu elle venait d ouvrir à Tokyo.». Car entre-temps, Jérôme est tombé sous le charme d une jeune femme japonaise, Rie Yasui, rencontrée à Barcelone. Et c est donc avec plaisir que le 1 er juillet 2005, il est devenu le chef du prestigieux restaurant Sant Pau de Tokyo, où il développe une superbe et délicate cuisine catalane, traduction de celle de Carme Ruscalleda, et qui n a donc pas laissé insensibles les inspecteurs du «Michelin». A.S : naissance à Argenteuil 1997 : serveur à Barcelone 2001 : cuisinier à Barcelone 2002 : meilleur jeune cuisinier catalan 2005 : chef du restaurant Sant Pau à Tokyo Article publié dans L Argenteuillais n 12 Mercredi 17 septembre 2008 Un bon développement Commentant le livre de photos d Anthony Voisin sur le groupe Tri Yann, un journaliste écrivit qu il portait «un regard simple et vrai» sur les célèbres bretons. «J ai un peu de mal avec cette formule, commente l intéressé, car cela n évoque pas grand chose du travail de photographe. Je ne trouve pas que mon boulot soit simple et vrai n est peut être pas le terme approprié.» La photo affaire de sensibilité, de l œil, puisqu il n y a plus de pellicule. Le travail de photographe est difficile à exprimer. Il se vit, il se ressent... Et finalement, il se voit! Anthony Voisin est né à Ermont en Il n a pas attendu bien longtemps pour commencer à découvrir tout ce qu on pouvait faire avec un appareil photo. «Mon père faisait de la photo et, vers l âge de dix ans, il m a offert un appareil Foca. C est ainsi que j ai fait mes débuts avec le métier.» Étudiant, il fi nance ses études en étant assistant d un photographe. Là c est sûr, c est soit une manie, soit une passion! Peu de temps après son installation à Argenteuil si près de la ville natale de Daguerre, un hasard, il signe avec le magazine Vibrations pour des photos de musiciens. En 2004, il publie «Minor Swing». Sur des textes de Sébastien Vidal, «il saisit en images l esprit d une musique et d un peuple tout à fait à part» selon Nick Tosches. «Minor Swing», CT «Mon père faisait de la photo et, vers l âge de dix ans, il m a offert un appareil Foca. C est ainsi que j ai fait mes débuts avec le métier.» c est le nom d une chanson de Django Reinhardt. Il publie «Tri Yann, histoire de Jean(s)», accompagné par Jean Théfaine au stylo. En 2006, il laisse planer son regard sur le Cirque Plume et illustre le livre écrit par Bernard Kudlak, «Cirque Plume : carnets de création de Plic Ploc». Pigiste entre les livres, notamment pour les collectivités, Anthony a l idée de suivre la campagne pour les municipales de mars 2008 dans sa ville : Argenteuil. Publiées dans «Le Monde 2», ces photos de campagne ont été projetées aux célèbres «Rencontres photographiques d Arles» cet été. C est sans doute aussi pour ça qu on voulait vous le présenter, Anthony Voisin. A.S : naissance à Ermont 1988 : bac de sciences économiques 1993 : licence en sciences de l éducation à Paris 8 et travaille chez un photographe 1999 : s installe à Argenteuil 2004 : publie «Minor Swing» 2005 : publie «Tri Yann, histoire de jean(s)» 2006 : publie «Carnet de création de Plic Ploc» 2008 : participe aux Rencontres d Arles de la photographie 50 L Argenteuillais Hors-série 2011

51 Métiers Article publié dans L Argenteuillais n 13 Mercredi 24 septembre 2008 Pour des gares à la hauteur Dix heures quarante cinq! Il fait froid et il pleut, ce dimanche 27 avril 1851 sur le quai de la gare Saint-Lazare. Deux préfets emmitouflés s apprêtent à prendre le train inaugural du tronçon de quatre kilomètres reliant Asnières à Argenteuil. Le convoi s ébranle doucement à 10h45. Un peu plus de 157 ans après, à la même heure, nous retrouvons Anne Parnaudeau, 29 ans, chef de gare. Son titre exact est «dirigeante de proximité», sur le quai A. Ce qui l occupe en ce moment, ce sont les travaux en cours aux gares d Argenteuil-centre et du Vald Argenteuil. «En réalisant ces travaux d accessibilité, nous souhaitons permettre aux personnes qui avaient délaissées le train par manque d accessibilité d utiliser de nouveau ce type de transport en commun». Il y aura des ascenseurs pour chaque quai, des automates de vente et des guichets à la bonne hauteur, des «boucles audio» pour amplifi er la voix de l agent au guichet, des bandes podotactiles pour signaler la zone dangereuse au bord des quais qui seront rehaussés. La partie basse de la gare du centre verra disparaître les marches qui en compliquent la traversée. «Les agents en poste à la gare seront formés pour prendre en charge les personnes à mobilité réduite» ajoute Anne Parnaudeau. CT «En réalisant ces travaux d accessibilité, nous souhaitons permettre aux personnes qui avaient délaissées le train par manque d accessibilité d utiliser de nouveau ce type de transport en commun.» «Une fois les travaux terminés, poursuit-elle, les gares d Argenteuil pourront proposer le service Accès Plus Transilien, pour assister ces personnes. Nous voulons que les choses soient organisées pour permettre la plus grande autonomie possible.» Le chantier est long et important. Il s achèvera début Anne Parnaudeau est à son aise pour le suivre attentivement. Une fois le bac en poche, elle a fait des études supérieures et a obtenu un Dess Architecture et Patrimoine. Elle a travaillé au sein de l association «Rempart» (restauration du patrimoine architectural), avant d entrer, l année dernière, à la Sncf. Cette fois, elle a à cœur de faire tomber des barrières. D.Q : naissance d Anne Parnaudeau à Clermont-Ferrand 1997 : baccalauréat 2003 : Dess Architecture et Patrimoine 2004 : travaille pour l association Rempart (restauration de bâtiments anciens) 2007 : entre à la Sncf comme adjointe commerciale Transilien. Début des travaux à Argenteuil : dirigeante de proximité à Argenteuil Article publié dans L Argenteuillais n 52 Mercredi 8 juillet 2009 La mer rigueur Se tourner vers les autres. Voilà le credo de Laurent Dulud. S il n est arrivé à Argenteuil qu à l aube de ses vingt ans il en aura bientôt 47, Laurent s est attaché à la commune. Commune où il s est énormément investi dans le monde associatif. Introverti, il faut presque lui tirer les vers du nez. «J ai été bénévole pour l Atelier des Courlis ou le Téléthon, référent médiateur pour la ville et l offi ce d Hlm et j ai intégré le conseil de quartier d Orgemont. Le don de soi, c est inné en moi, dans la vie il est tellement plus important d être gentil et agréable», assure Laurent. Sans jamais attendre quoi que ce soit en retour. Un sourire lui suffi t. Laurent Dulud a rejoint Argenteuil pour travailler à la compagnie Générale électrique puis il s est tourné vers la finance. Il est maintenant en passe de créer sa société. Au fi l des années, il a assisté, pas forcément de gaité de cœur, à la disparition de petits commerces, et à certaines évolutions urbanistiques de la commune. Ce père de deux enfants vient de rejoindre le Comité d entente des anciens combattants, victimes de guerre et associations amies d Argenteuil. «J ai été particulièrement touché par l accueil de son président, Léon Duval, par ses membres et leurs familles», tient-il à souligner. Le monde de l armée est d ailleurs un point d ancrage puisque Laurent a effectué son service militaire chez les fusiliers marins commandos, RL Laurent Dulud, Argenteuillais depuis 27 ans, a été engagé volontaire chez les fusiliers marins commandos, l équivalent des Marines aux États-Unis. l équivalent des Marines aux Etats-Unis. À Laurent d ajouter : «Il nous fallait, entre autres, parcourir cinquante kilomètres en courant en moins de six heures avec notre paquetage sur le dos. Cela nous poussait dans nos derniers retranchements. J ai été marqué par l honnêteté, l humilité et l esprit d équipe qui y régnaient, comme le sens du sacrifi ce, du devoir et de la rigueur dans le travail». Idéal au vu de son caractère. «Je suis aussi très fi dèle en amitié», confie-t-il dans son impeccable costume crème. Assister les autres, voilà sa priorité. Laurent est toujours officier marinier de réserve et s est même porté volontaire. Il est donc susceptible de partir à tout moment pour une mission humanitaire. Attiré par l esprit du monde maritime et de la Bretagne, Laurent y file dès qu il le peut. Mais il n en dira pas plus et gardera ses mystères. Tout juste aura-t-on survolé quelques petits îlots dans l océan de sa vie. On parle de Laurent Dulud en sage, d un «cœur blanc»... S.Le : naissance de Laurent Dulud 1980 : service militaire chez les fusiliers marins commandos 1982 : arrive à Argenteuil 2005 : demande sa réintégration comme offi cier de réserve L Argenteuillais Hors-série

52 Métiers Article publié dans L Argenteuillais n 81 Mercredi 9 juin 2010 L Homme qui murmurait à l oreille des animaux Passionné par les animaux depuis son enfance, l Argenteuillais Namir Glif fait découvrir son métier d éducateur-comportementaliste animalier. Dromadaire, lion, singe ou encore sanglier, Namir Glif éduque tous les animaux jusqu au plus dangereux. «C est un métier qui comporte beaucoup de risques mais qui me procure énormément de bonheur», confie-t-il. À 29 ans, cet éducateur comportementaliste animalier peut se réjouir d avoir fait sa place dans le monde très fermé du cirque puisque depuis 2004, il travaille en collaboration avec le cirque Lydia Zavatta, présent à Argenteuil en avril dernier. «Nous avons mis en place une École du cirque avec plus de 70 enfants. Ils ont tous créé un numéro qu ils ont présenté devant le public argenteuillais. C était un grand moment», se souvient-il. C est d ailleurs lorsqu il était lui-même enfant que Namir Glif commence à se passionner pour les animaux et le monde du cirque. À l âge de 12 ans, il devient bénévole dans une ferme pédagogique située à Argenteuil. Il y apprend à les nourrir et à soigner. «Je faisais souvent l école buissonnière, pas pour aller traîner avec mes amis, mais pour aller m occuper des animaux!», se souvient-il. À 16 ans, l adolescent décide de quitter l école pour se consacrer entièrement à sa passion. Un an plus tard, il suit une formation de cascadeur équestre. Durant plusieurs années, il se produit sous les chapiteaux et continue à développer NM parallèlement ses connaissances dans le dressage d animaux parfois originaux. «J ai déjà eu l occasion de m occuper de cochons et de moutons pour une publicité», dit-il. Cet autodidacte ne cache pas son attachement pour l espèce animale, ce lien qu il qualifie de «particulier» lui permet de s épanouir chaque jour à leur contact. «Lorsque j étais petit, je voulais devenir vétérinaire. Au final, je suis devenu éducateur comportementaliste animalier et c est encore mieux!», affirme-t-il. Aujourd hui, Namir Glif s est spécialisé dans la négociation de vente et d achat d animaux pour les professionnels. Il a également le projet de créer prochainement une ferme pédagogique ainsi qu une École du cirque à Argenteuil dans le but de transmettre sa passion aux enfants et peut-être susciter de nouvelles vocations. S.B. 11 avril 1981 : naissance à Argenteuil 1993 : bénévole dans une ferme pédagogique à Argenteuil 1997 : Namir quitte l école et se consacre à l animation animalière 2004 : il devient coordinateur de projet pour le cirque Zavatta 2006 : l Argenteuillais crée sa propre structure de dressage d animaux Article publié dans Le Mag de novembre 2010 Tout feu, tout flamme Il est sapeur-pompier professionnel depuis 35 ans. Voici Thierry Langlais, passionné par son métier, malgré le danger et les contraintes. Le feu avait pris dans un poêle à mazout. C est moi qui ai réveillé ma famille en pleine nuit et lui ai ainsi évité le pire», raconte Thierry Langlais. «Le pire, c était d être intoxiqué par le monoxyde de carbone, qu on ne sent pas mais qui peut être fatal», précise le pompier argenteuillais. L envie de devenir pompier s est sans doute affirmée à la lumière de cet événement, alors qu il avait tout juste sept ans en À 16 ans, il décide d intégrer le Centre de secours d Argenteuil, comme volontaire. Il rejoint ensuite la brigade des sapeurs-pompiers de Paris où il acquiert une solide formation. En 1979, il revient dans sa ville natale et devient professionnel. C est là qu il accomplit l essentiel de sa carrière jusqu à son affectation, en 1997, à la caserne d Eaubonne comme responsable du centre de réception des appels du groupement n 2. Après d autres responsabilités à Bessancourt-Frépillon et Cormeilles-en-Parisis, il réintègre en 2008 le Centre de secours d Argenteuil. Aujourd hui, le lieutenant Thierry Langlais est le n 2 du centre, aux côtés du commandant Sylvain Château, le responsable du site. L établissement (9 200 interventions par an) compte une centaine de sapeurs-pompiers, dont 65 professionnels et 33 volontaires. Sa superficie et ses nombreux véhicules, dont un camion bras élévateur acquis récemment, lui confèrent un statut de premier ordre dans le département. Sauvetage des personnes, lutte contre les incendies, protection des biens, accidents de la route, malaises, noyades, blessés graves sont autant de missions que les soldats du feu assurent avec dévouement 24h/24. «C est un métier très prenant, risqué, avec des horaires décalés et des absences répétées. Je suis marié avec la même femme depuis trente ans. Si j ai tenu autant d années, c est parce qu elle m a beaucoup soutenu et parce que je suis attaché au service public, au service des autres», expliquet-il. Quand il n est pas à son poste de travail, Thierry Langlais s aère la tête en restaurant les anciens véhicules de secours ou en pratiquant la plongée sous-marine. Le 4 décembre prochain, il sera bien sûr présent, aux côtés de tous ses collègues d Argenteuil, pour fêter Sainte Barbe, leur patronne. A.S. Explosion dans la Tour ronde 21 décembre 1971, une date gravée dans les mémoires. Ce jour-là, une explosion de gaz souffle un immeuble de quatorze étages, rue du Coudray. Bilan : 13 morts et 122 blessés, dont 2 pompiers décédés et 9 autres blessés. Depuis, une cérémonie est organisée chaque année, en hommage aux victimes. JMT 52 L Argenteuillais Hors-série 2011

53 Métiers Article publié dans Le Mag de mars 2011 Travailleur de la terre Il voulait être arboriculteur. Par amour de la nature? Il voulait être marchand itinérant. Attiré par la foule des marchés? Sa famille vigneronne y est peut-être aussi pour quelque chose, elle que l on retrouve à Argenteuil au XVII e siècle. Dès 15 ans, Denis Guédon commençait à travailler. Ses parents cultivaient des vergers au Val-d Argent-Nord. Ils y récoltaient fruits et légumes, qu ils vendaient sur les marchés de la région. Après l expropriation des terres familiales, en raison de la construction de la Zup dans les années soixante, les Guédon achètent des terrains à Cergy puis dans le Vexin pour cultiver des pommes et des poires. «Avec mes deux autres frères, nous avons constitué un Gaec (Groupement agricole d exploi tation en commun) et on vendait nos produits sur les marchés de la région, dont ceux d Argenteuil. J ai commencé au marché Héloïse à partir de À cette époque, il s étendait du parking Jean-Vilar jusqu au niveau de la place du 11-Novembre (Ndlr : qui jouxte l actuelle zone d activités des «Avec mes deux autres frères, on vendait nos produits sur les marchés de la région, dont ceux d Argenteuil.» Berges de Seine). Il n y avait pas encore l actuelle halle et la volaille vivante était encore permise. «Il y avait aussi un marché d automobiles d occasion. On estimait à le nombre de visiteurs chaque dimanche. Les commerçants écoulaient le double de la quantité de fruits et légumes qu ils vendent aujourd hui. L arrivée des grandes surfaces et l ouverture du marché du Val-d Argent-Nord ont sans doute pénalisé celui d Héloïse. Mais il reste toujours l un des plus importants de la région. «C est un lieu bien vivant, riche de toutes ses communautés. Depuis juin dernier, j ai pris ma retraite. Je suis heureux que ma place ait été attribuée à un jeune arboriculteur, qui continue à exercer ce métier difficile mais auquel je suis très attaché.» A.S. Article publié dans Le Mag de mars 2011 L amoureux des fruits Pommes, poires, prunes et nectarines À 25 ans, Grégory Gillet les produit et les vend ici, sur les marchés Héloïse et Champioux. Propriétaire de sept hectares de vergers à Attainville, à l Est du Val-d Oise, Grégory vient à Argenteuil quatre fois par semaine. «Je reprends la place de M. Guédon, depuis son départ en retraite. La relève est ainsi assurée! Je connais bien le marché Héloïse pour y avoir travaillé pendant de nombreuses années aux côtés de mes parents, arboriculteurs également. Je me suis mis à mon compte depuis le mois de juillet dernier, en créant ma propre boîte, Les Vergers du soleil. J espère bien pouvoir me payer un peu de vacances au soleil!», dit-il avec ironie. Le métier, il l exerce essentiellement en plein air, avec des variations de rythme selon les saisons. «Quand je viens au marché, je suis debout à 4h «Je reprends la place de M. Guédon, depuis son départ en retraite. La relève est ainsi assurée!» pour être sur place vers 5h15. On décharge à cinq (4 salariés temporaires et 1 permanent) et on s occupe de la présentation de l étal. Tout doit être impeccable pour attirer le client. «Clôture du marché vers 14h mais la journée est loin d être fi nie! Retour sur l exploitation, où je range la marchandise et recharge le camion pour le marché du lendemain. «Après le déjeuner, je vais travailler dans les champs pour tailler et traiter les arbres. En période de récolte, retour à la maison vers 21h pour être debout le lendemain à 4h. C est un métier dur mais je l aime! Je suis d ailleurs le seul jeune arboriculteur à m être installé dans le Val-d Oise en 2010.» A.S. L Argenteuillais Hors-série

54 Métiers Article publié dans Le Mag d avril 2011 Dame de cœur Face à la gare centrale, Le Terminus. Un bistrot de quartier serti d une perle rare : Florence Dozet. Portrait. De quoi parle-t-on aujourd hui?» De vous. «Moi?» Oui. Les habitués acquiescent, avec des grognements de soutien, quelques mots d encouragement Florence, c est la mascotte de l établissement. Elle y travaille depuis dix ans, «un peu plus, en fait». Tous les jours, elle accueille les habitués comme les nouveaux avec un sourire à faire fondre toutes les mauvaises humeurs. Attentionnée, elle plaisante avec les uns, s attarde avec les autres De quoi juste ensoleiller votre journée! Levée à trois heures, elle prend son service à cinq, «la tête dans le pâté» comme elle dit. Les deux premières heures, c est calme. «Les clients qui travaillent la nuit boivent ici une dernière bière avant de rentrer se coucher et ceux qui partent travailler tôt ont plaisir à venir déguster leur petit café plutôt que seuls chez eux.» Des habitués qui apprécient le contact affectueux et maternel de Florence. Tout s accélère vers 7h, avec les clients plus pressés. Mais ces derniers n empêchent pas les habitués de se retrouver et discuter tranquillement, autour de Florence qui s affaire avec dextérité et concocte chaque café sans se départir de sa bonne humeur. «J aime mon travail : c est essentiel, les clients m attendent.» Elle avoue s inquiéter lorsqu un habitué ne vient pas. «C est un métier que l on doit exercer avec le cœur.» Entre elle et le client, la confiance s est tissée. Un bien précieux. «J ai gagné 800 grâce à un client qui a joué au tiercé pour moi. Et comme lui a parié deux fois les mêmes chiffres que moi, il est reparti avec » Dans l excitation, Florence en perd son ticket, qu elle retrouve sous un pot de fromage blanc dans son frigidaire! «Les vrais Argenteuillais, ceux qui sont là depuis longtemps, sont des gens passionnants. Je les aime et les respecte pour cette connaissance qu ils peuvent transmettre. J ai vu Argenteuil s embellir au fil des années. Le Val-d Argent était loin d être aussi sympa qu aujourd hui! Maintenant, on y trouve de petites boutiques, une aire de jeux». Côté people, Claude Zidi a réalisé une partie de son film «Les Ripoux 3» au Terminus. «C était en 2003, le tournage a duré une bonne semaine. C était un événement! Les habitants du quartier suivaient tout.» Et côtoyer les acteurs? «En fait, ce sont des gens comme nous mais avec la célébrité en plus!» Florence, la charmante trentenaire, n a rien à leur envier. La reconnaissance de celui ou celle qui passe au Terminus lui suffit. S.P. JMT Article publié dans L Argenteuillais n 112 Mercredi 22 juin 2011 Le hip-hop l a choppé Animateur de l émission culte H.I.P.H.O.P., il était un précurseur. Avec lui, les arts issus de la rue entraient pour la première fois dans les foyers. Quand la petite lucarne ne regardait pas encore la banlieue par le petit bout de la lorgnette. Époque bénie : le pompon de l audace n était pas décroché avec l émission VIIIIIIP et Harry Roselmack la caution diversité : TF1 n est pas encore privatisée et accueille chaque semaine, dans la torpeur dominicale, la première émission mondiale consacrée à la culture hip-hop. À sa tête, le cultissime Sidney à la peau aussi bronzée que ses lunettes argentées. Révolution culturelle. Pendant un an, il va ouvrir au public le petit livre rouge des battles, scratchs et autres graffs. «Cela s est fait sur un coup de chance. Dans l effervescence de l arrivée des radios libres et de Mitterrand», explique le danseur. Dj, notamment sur Radio 7, sa directrice Marie-France Brière, recrutée par TF1, lui propose d animer une émission sur le hip-hop et la breakdance. Comment refuser? Pendant douze mois, on va y bosser sa danse, jouant les scoubidous ou en tournant sur la tête. Oui, la tête Avec Sidney, ce sont aussi les looks improbables et flashy des années quatrevingts. Une audace sociale également : «Pour la première fois, on voyait à la télévision des gens de toutes les couleurs», rappelle-til. Artiste passionné, la télévision «était surtout le moyen de faire exister ce qui m emballe. Les musiques marginales et les talents venus de l underground et de la banlieue». Ayant vécu dix-sept ans à Argenteuil, puis à Épinay ou La Courneuve, il prêche pour les bonnes valeurs de la rue et tient à rester authentique. «Maintenant, la télévision assimile banlieue à délinquance et violence. Qu il ne faut pas nier mais on ne montre jamais que des gens y réussissent. Pas étonnant ensuite que les jeunes soient persuadés qu il faut tout casser pour que l on parle d eux», s agace l artiste. Nostalgique d Argenteuil, de l école Carnot, des escapades à vélo et des champs d asperges où ont poussé les immeubles de la Zup, il revient régulièrement ici, comme en pèlerinage. «Ma mère y est enterrée», précise-t-il. Si le Dj a délaissé radio et télé, sa passion pour le hip-hop ne s est pas émoussée. Poursuivant sa vie de musicien et de producteur, puis directeur artistique de compilations de rap, il anime régulièrement des battles. Mais les amours de jeunesse, ça vous rattrape toujours À l heure de sortir son album, Sidney lance : «j ai deux projets d émissions pour faire revenir le hip-hop à la télé!» L audace de toujours prôner la diversité S.Le : naissance à Argenteuil 1984 : lance H.I.P.H.O.P. sur TF : sortie du premier album et préparation du retour à la télévision 54 L Argenteuillais Hors-série 2011

55 Métiers Article publié dans L Argenteuillais n 109 Mercredi 18 mai 2011 «Cette ville qui m a tant donné» Victor Dupouy, l école Ambroise-Thomas, la Mjc de Joliot, la Dalle À l occasion des trois ans de l hebdomadaire, le chroniqueur Guy Carlier revient sur plus de quarante ans passés à Argenteuil. Un matin ensoleillé, avenue Montaigne. Les cafetiers nettoient les terrasses et les scooters jouent les chassés-croisés le long de cette arcade parisienne, non loin des Champs- Elysées. L ambiance transige avec les souvenirs de Guy Carlier. Des souvenirs intacts, vivaces et auxquels, à 62 ans, se rattache sans cesse le chroniqueur. Une sorte de bouée affective et nostalgique qui ne nécessite ni relance, ni rafraîchissement de mémoire. «L Argenteuillais? Ah! Moi, j ai bien connu L Avenir du Val-d Oise Je me rappelle même les titres de La Renaissance : nouveau record d inscriptions au parti! (Rires) C était un peu L Huma local.» Posé au milieu de la rédaction grouillante d Europe 1, Guy commande un café. Son corps, hors norme, rond et massif, contraste avec sa timidité, sa pudeur. Son extrême sensibilité. Seuls ses yeux fatigués s illuminent à chaque évocation du passé, dans un flot ininterrompu d anecdotes qui l ont construit : «Victor Dupouy m a emmené en colonie dans sa traction! Incroyable, hein! Nous étions ses voisins, rue de Barentin. Ce type, ajusteur de formation, avait une vie spartiate : habitant avec sa sœur qui lui ouvrait le portail à 7h et lui refermait à 19h après son retour. Une vie réglée, monastique. Bref Les colonies à Saint-Hilaire-de-Riez, c était génial! J y ai vu mon premier sein En plus, nous étions en uniforme : short bleu et chemise Madras.» Il s interrompt. Bois une gorgée, avec un sourire en coin. Soupirant de bonheur. «J ai été à l école Ambroise-Thomas. Nous ne voyions les filles que pour les vaccins. J ai enchaîné sur le collège Paul-Vaillant-Couturier (encore que des garçons!) qui m a donné l envie d écrire, puis la fac et le métier d expert-comptable. Je travaillais à l emplacement actuel de la mosquée (ancienne usine Renault), mais je regardais surtout les trains» Côté urbanisme, Guy a justement connu la transformation progressive de la ville : «Je me souviens que l on disait que Sacha Distel allait acheter un appartement dans le gros bâtiment sur Gabriel-Péri! Hé oui, on a les stars de son époque Et puis ce Breton qui construisait une barque sur son balcon des Champioux, cette famille de roux, comme dans le fi lm «Le Petit Baigneur», qui écoutait très fort la radio, ou bien mon pote Ahmed qui jouait du JMT «Victor Dupouy m a emmené en colonie dans sa traction! Incroyable, hein! Nous étions ses voisins, rue de Barentin.» rock avec son groupe Dany Logan et Les Pirates et que j allais voir le mercredi au Cirque Pinder, les répétitions à la Mjc de Joliot, la boîte de ma mère qui est devenu un hôtel Argenteuil, c est vraiment une multitude de visages, de sensations.» Pause. Reprise de respiration. «Et cette boîte de jour à la Porte Saint-Germain! On y croisait souvent les Murators, dont le clavier était Alain Chamfort... J avais emballé la chanteuse! (Ndla : qui, depuis, a gagné l Eurovision) À l époque, rien qu au Puiseux, il y avait trois groupes de rock C est l époque, où on disait «Aller aux lignes», c est-à-dire aller audelà de la ligne de chemins de fer voler des cerises dans les potagers.» Et la Dalle? «On y mangeait des glaces le samedi après-midi. J étais jaloux! Je voulais, moi aussi, vivre avec des baies vitrées en alu, alors que j avais connu les toilettes dans la cour Par contre, j ai eu l occasion de dire personnellement à Sarkozy que son discours ne suscitait aucun espoir» Marché Héloïse? «Je me souviens surtout des clients qui remontaient jusqu à Jean-Jaurès avec des poulets dans les mains et de l excellent couscous rue de l Abbé- Fleury. Et aussi de Claude François à Jean-Vilar, des films de guerre au cinéma Le Gamma et d un trou dans la chaussée resté intact pendant des années que j avais créé après une expérience de physique-chimie» Mais l heure tourne, nous devons partir. À regret, tant le personnage est attendrissant. On remercie. Au loin, Guy nous lance : «Vous savez Je ne suis pas démago quand je dis que j aime Argenteuil. Je vous le prouverai en y venant faire mon one-man show l année prochaine C est la moindre des choses pour cette ville qui m a tant donné.» Pari tenu. S.D. 5 juin 1949 : naissance à l hôpital d Argenteuil 1989 : écrit «Y a pas que les grands qui rêvent» pour Melody 1997 : arrivée à France Inter : chroniqueur sur France : écrit «Ce qui ne tue pas nous rend plus fort» pour Johnny Hallyday 2006 : lancement de son one-man show L Argenteuillais Hors-série

56 Initiatives Article publié dans L Argenteuillais n 2 Mercredi 28 mai 2008 Elle fait pétiller le tourisme Nathalie Marestaing est née à Argenteuil, il y a 29 ans. Passionnée d histoire dès le plus jeune âge, elle entre à l université de Nanterre et décroche, en 1999, sa licence en histoire grecque et archéologie. Après plusieurs Cdd comme agent du patrimoine et hôtesse d accueil dans divers musées et organismes de tourisme, elle décide, une fois son troisième cycle en conduite de projets culturels en main, de créer son propre cabinet pour vivre de sa passion. Elle le dénomme Pchit (Patrimoine culturel historique immatériel et touristique). Pour se faire aider, elle se rapproche en avril 2007 de la Couveuse des Rives-de-Seine, un dispositif qui permet à des porteurs de projets de tester leur activité avant de procéder à une création d entreprise. La mayonnaise a pris et Nathalie est déclarée tout récemment lauréate du «Défi jeunes envie d agir», lauréate du concours «You Big Boss» et enfi n finaliste du concours «Ta Boîte en Pack». Comment valoriser un château? Quelles sont les installations à prévoir? Comment faire venir les touristes? Toutes ces questions sont la spécialité de Nathalie. CT La mayonnaise a pris et Nathalie est déclarée tout récemment lauréate du «Défi jeunes envie d agir», lauréate du concours «You Big Boss» et enfin finaliste du concours «Ta Boîte en Pack». Silhouette mince, le regard vif derrière des lunettes, elle parle de son métier avec passion et un léger sourire aux lèvres. Les premières commandes commencent déjà à affluer. Nathalie cherche actuellement à trouver des acheteurs pour, entre autres, la Maison du forgeron et du maréchal-ferrant, un musée consacré aux métiers du fer situé à Cornusse dans le Cher et comprenant près de outils. Si vous êtes amateur de la taillanderie, de la maréchalerie et du charronnage, vous trouverez certainement chez Nathalie de quoi satisfaire votre curiosité. Contactez- là! A.S [email protected] 1978 : naissance à Argenteuil 1999 : licence en histoire et archéologie 2007 : 3 e cycle en conduite de projets culturels 2008 : lauréate du Défi jeunes envie d agir, du concours You Big Boss et fi naliste du concours ta Boîte en Pack Article publié dans L Argenteuillais n 4 Mercredi 11 juin 2008 Un Argenteuillais en Écosse Faire un stage ou étudier à l étranger sont des opportunités extraordinaires pour découvrir d autres cultures, apprendre de nouvelles langues et acquérir de l expérience dans des domaines précis. C est ce que Steven Delsarte, étudiant en 1 re année Bts au lycée Jean-Jaurès, a choisi en s envolant la semaine dernière pour l Écosse. Il suit actuellement un stage de six semaines dans une entreprise prestigieuse d électronique à Clydebank, une ville jumelée avec Argenteuil. C est grâce à une bourse Erasmus, un programme européen destiné à favoriser la mobilité étudiante entre les universités européennes, que Steven a pu s offrir ce stage. «Ce voyage me permet aussi de découvrir l Écosse et de perfectionner mon anglais au sein d une famille d accueil». Mordu d électronique, Steven a voulu aller jus qu au bout de ses rêves. «Quand j étais enfant, ma curiosité insatiable pour les produits électroniques me poussait souvent à les ouvrir pour regarder de près leurs composants», se souvient-il, et de préciser que son souhait est de «continuer ses études pour devenir CT «Quand j étais enfant, ma curiosité insatiable pour les produits électroniques me poussait souvent à les ouvrir pour regarder de près leurs composants» ingénieur en électronique». À cœur vaillant, rien d impossible! «Au lycée Jean-Jaurès, nous avons de la chance d avoir de bons professeurs qui s investissent pour nous aider. De plus, nous avons des équipements performants qui nous permettent de faire des études plus poussées sur certains systèmes électroniques. Un ancien élève de notre lycée, actuellement chercheur au Cnrs, vient même nous donner des conseils pour la création d un projet ambitieux d interface entre l homme et la machine. C est vraiment génial!», précise-t-il, plein de bonheur. Onze étudiants de ce lycée devraient, comme Steven, partir l an prochain en stage à l étranger. A.S : naissance à Neuilly-sur-Seine 2007 : bac Sti électronique au lycée Jean-Jaurès 2008 : s inscrit en 1 re année de Bts électronique dans le même lycée Mars 2008 : obtient la bourse Erasmus 30 mai 2008 : s envole pour un stage en Écosse 56 L Argenteuillais Hors-série 2011

57 Initiatives Article publié dans L Argenteuillais n 29 Mercredi 28 janvier 2009 Quatre pour le «Raid 4L Trophy» Le 19 février prochain, mille 4L quitteront Paris ou Bordeaux pour une course de 10 jours à destination de Marrakech (Maroc), dans le cadre de la 12 e édition du «Raid 4L Trophy», le premier événement étudiant sportif et humanitaire d Europe. Organisée depuis 1996, cette manifestation réunit, autour de la mythique Renault 4L, les étudiants de grandes écoles, d universités et de lycées professionnels de plusieurs pays d Europe. Les participants vont parcourir km avant d atteindre Marrakech. C est dans les célèbres dunes de Merzouga que seront distribuées les fournitures scolaires collectées. L an dernier, près de 58 tonnes de matériel scolaire et sportif ont été réparties auprès des enfants du Sud marocain grâce à ce raid humanitaire. Quatre étudiants du Garac d Argenteuil, l école nationale des professionnels de l automobile, seront de la partie, formant deux équipages. Le premier est formé d Aurèle Gillet et de Vincent Delhomelle, à bord d une 4L berline orange portant le n 628. Le second est constitué de Benoît Montenot et Vincent Gilbert, à bord d une 4L fourgonnette bleue enregistrée sous le n 627. «Ce projet que «Toute notion de vitesse est exclue dans cette compétition Quant au classement, il sera établi en fonction des capacités de franchissement et d orientation de chaque équipage» nous préparons depuis deux ans est surtout un dépassement de soi», souligne Aurèle Gillet, qui remercie, au passage, tous les sponsors qui ont participé au financement de leur expédition. «Notre 4L, prêtée par l école, a déjà participé à l édition 2008 de ce raid. Grâce à l aide de l équipe pédagogique, nous avons remplacé toutes les pièces usées, changé les amortisseurs et le train arrière, refait toute l électricité et rénové tout l intérieur» explique Vincent Delhomelle. «Toute notion de vitesse est exclue dans cette compétition. Quant au classement, il sera établi en fonction des capacités de franchissement et d orientation de chaque équipage», ajoute-t-il. Pour Paris, le regroupement des participants est prévu le 18 février au Stade de France et le départ le 19 à 14h. A.S. L édition L 15 nationalités étudiants (dont plus de 500 étudiantes) 58 tonnes de matériel scolaire et sportif ont été réparties auprès des enfants du Sud marocain par l association Enfants du désert Article publié dans L Argenteuillais n 36 Mercredi 18 mars 2009 Un rallye pour la solidarité Patricia Ciciliani et Irène Elharar, deux épouses et mères de familles se lancent dans l aventure «Rallye Aïcha des Gazelles», au Maroc. Cette 19 e édition célèbre les dix ans de règne du roi, Mohamed VI. Réservé à toute femme sachant conduire un 4X4, une moto, un quad, un camion ( ), âgée de 18 à 65 ans, ce défi est de taille : km dans le désert en hors piste. L objectif de cette course d orientation est de parcourir le moins de kilomètres possible d une étape à l autre sans Gps. Depuis la première édition, Patricia avait décidé d y participer. L équipe «Gaz forelles» doit venir à bout de six étapes. Les deux dernières dites «marathon» seront les plus dures parce que les équipes passent deux jours et une nuit sans contact avec les organisateurs, sauf urgence. Les euros nécessaires, qu elles ont obtenu auprès des sponsors grâce au soutien de maris dévoués et à la création du site www. gazforelles.fr, ont été investis avant tout dans la sécurité des concurrentes. Les moyens déplacés pour le déroulement de ce rallye profi tent à la population locale. L association Cœur de gazelles créée par les organisateurs profi te de ce tour du Patricia et Irène s appuient sur la visibilité de cet événement pour promouvoir l Alliance maladies rares, un collectif de 188 associations représentant pathologies touchant deux millions de malades JMT désert où treize nations sont représentées cette année, pour apporter aux populations un soutien annuel médical et scolaire ainsi que de l aide aux orphelins. Les équipes apportent pour cette association des jouets et livres qu elles confi ent à la caravane dès la première étape. De leur coté, Patricia et Irène s appuient sur la visibilité de cet événement pour promouvoir l Alliance maladies rares (alliancemaladies-rares. org), un collectif de 188 associations représentant pathologies touchant deux millions de malades. Il est possible de les suivre en tapant le numéro de l équipe (162) sur le site www. rallyeaichadesgazelles.com. Souhaitons bonne chance aux 119 équipages et longue vie au Rallye Aïcha des Gazelles. G.V. Le rallye jour pour jour 15 mars : Paris - Casablanca 17 mars : Casablanca - Meknès en voiture 18 mars : 2 heures d essai en condition réelle 19 mars : départ de Meknès 26 mars : arrivée à Essaouara 27 mars : bivouac avec toutes les participantes 28 mars : arrivée en ligne sur la plage L Argenteuillais Hors-série

58 Initiatives Article publié dans L Argenteuillais n 40 Mercredi 15 avril 2009 Bd : une case en plus «Nous soutenons les jeunes talents de la bande dessinée». Karine Laca et son mari Shuky Medina ont un but précis, guidés par leur amour des bulles, et se sont donnés les moyens de l atteindre. En septembre 2007, ils ont fondé leur maison d édition : Makaka. Ce mois d avril, ils auront déjà sorti neuf albums, dont quatre compilations de planches précédemment publiées sur leur site Internet. «C est avec 30joursdebd.com que tout a débuté, en juin 2007», rappelle Karine. Ce site est alimenté par un collectif de soixante dessinateurs et cinq scénaristes, dont Shuky, diffusant gratuitement une planche par jour. «Il fallait pourtant leur offrir le réseau traditionnel de diffusion», assure-t-elle. L album, l objet tangible. Nous y voilà. Makaka Editions était née... Alors que Karine consacre tout son temps à la maison d édition, Shuky a conservé son travail. Pourtant à l origine, c est lui le fou de bd. Leurs albums peuvent être commandés en librairie, sur leur site Internet et dans les salons. Car des salons, ils en font! Quasiment chaque week-end sur les routes avec leurs albums sous un bras, et si possible un auteur sous l autre. Angoulême bien sûr, mais aussi Saint-Malo, Aix-en-Provence ou Puteaux (du 15 au Tous les ouvrages de Makaka sont disponibles sur JMT 17 mai). À 27 et 29 ans, détermination et volonté d entreprendre en toute liberté chevillées au corps, ils veulent «développer des collections. Notamment «Sérieusement drôle» qui se sert de la bd comme d un puissant outil pédagogique». L équipe anime déjà des ateliers dans des écoles et aimerait développer des partenariats avec l Éducation nationale. Le premier tome, «Écolo attitude», a reçu un très bon accueil et devrait être rapidement épuisé. Ces Argenteuillais ont du coup logiquement participé à la semaine du développement durable. Enfin, Karine et Shuky tiennent à l esprit familial de leur maison. Tout le monde doit publier sur le site avant d être édité. Ils se déplacent en groupe sur les salons et logent les uns chez les autres. Le système (B)D, quoi! S.Le. Juin 2007 : mise en ligne de Septembre 2007 : naissance de Makaka avec la publication des «Contes à dormir debout» tome 1 Printemps 2008 : le couple s installe à Argenteuil Juin 2008 : sortie d «Écolo attitude» Avril 2009 : publication de six bandes dessinées Article publié dans Le Mag de septembre 2010 Mission santé Depuis quinze ans, la Maison du médical propose du matériel aux professionnels et aux particuliers. Patrick Voisin, le responsable du magasin, raconte son parcours. Des chaises roulantes, des béquilles ou encore des tensiomètres, c est ce qu on aperçoit lorsqu on passe devant la vitrine de la Maison du médical. Située dans le quartier du centre-ville, rue Defresne-Bast, la société y est implantée depuis Patrick Voisin, le gérant, se félicite de sa petite entreprise de vente en matériel médical qui compte de fi dèles clients. C est en 1952 que Patrick Voisin voit le jour à Argenteuil. Il y habite avec ses parents, Marc et Jeanine, et y fait ses études, tout d abord au collège Sadi-Carnot, puis au lycée Jean-Jaurès. «J ai toujours été attiré par tout ce qui touchait au domaine de la santé et du médical», dit-il. Son baccalauréat en poche, il est appelé à effectuer son service militaire, obligatoire à cette époque. À 26 ans, il décide de prendre des cours du soir au sein du Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) et il obtient un diplôme d État de technicien de laboratoire. Grâce à la qualité de son profil, il devient chef de produit dans un laboratoire. C est en 1995 qu il décide de lancer sa propre entreprise de vente de matériel médical pour les professionnels et les particuliers, avec le soutien de ses parents. Avec un magasin de 60 m² ainsi qu un entrepôt de JMT «Avant de devenir la Maison du médical, le local était occupé par un toilettage. Et avant ça, c était un tapissier.» 600 m², Patrick est en mesure de répondre aux grosses commandes des professionnels. «Avant de devenir la Maison du médical, le local était occupé par un toilettage qui vendait également des poissons, se souvient Patrick. Et avant ça, c était un tapissier dont le magasin était si sombre que j avais peur de passer devant lorsque j étais enfant. Jamais je n aurai cru m y installer», plaisante-t-il. Grâce à son expérience et à son réseau dans le milieu médical, Patrick décroche de nombreux contrats, principalement dans les hôpitaux. «Lorsque je suis en déplacement chez les clients, mon père s occupe de la comptabilité clients et fournisseurs alors que ma mère prend en charge le standard téléphonique et l accueil. C est une véritable affaire de famille qui continuera de nous combler encore longtemps, je l espère!» S.B. La Maison du médical 4 rue Defresne-Bast [email protected] Tous les ouvrages de Makaka sont disponibles sur 58 L Argenteuillais Hors-série 2011

59 Passions Article publié dans L Argenteuillais n 35 Mercredi 11 mars 2009 Il plane pour le Concorde Pour fêter les 40 ans d un vieil ami (le Concorde), Michel Rolland n a pas hésité le 2 mars dernier à faire km dans la journée au volant de sa «concorde-mobile» (en photo). En effet, Michel a suivi la carrière de ce fameux supersonique depuis sa première apparition télévisée en Déjà l adolescent apprécie les courbes de l appareil et ses capacités hors normes : km/h, Paris-New York en 3h45. En 1976, Michel est chauffeur de bus sur des longs trajets. Grâce à un poste dans son département, il se rapproche de sa famille. Cette même année, il assiste au premier vol commercial du Concorde et entend sa vibrante mélodie qui accompagnera ses trajets en bus d abord, puis en camion pour la société Bourcier où il travaille depuis l année Dès qu il peut, il s installe non loin de l aéroport pour contempler le décollage et sentir ces vibrations si intenses qu elles déclenchent les alarmes de voitures. Pendant des années, le Concorde décollait de Roissy à 11h15 chaque jour, on disait même qu il donnait l heure. Cette passion pour un avion exceptionnel est si contagieuse qu à 11h15, on criait : «Michel, il y a ton Concorde Gaëlle Valet Cette passion pour un avion exceptionnel est si contagieuse qu à 11h15, on criait : «Michel, il y a ton Concorde qui décolle» qui décolle». Pour réaliser son rêve, il vend sa vieille Ax euros, et se paye une boucle le 28 septembre 2002, veille de la Saint-Michel. «Quand il décolle, tu es plaqué contre le siège. J ai pu aller dans le cockpit : on a l impression de faire du surplace alors qu il fait du km/h, Mach 2.2.!». 2000, c est l accident : 113 morts. En 2003, année de naissance de sa petite fi lle, Michel a une nouvelle occasion de monter à bord, «j espérais pouvoir l y emmener. On savait qu ils arrêteraient les vols, mais on pensait que ce serait vers 2010.». L annonce fut faite fin mars 2003, une nouvelle terrible pour Michel qui gardera un souvenir impérissable de cet appareil d où l on pouvait voir, à km d altitude, la courbure de la Terre. G.V : assiste au premier décollage commercial du Concorde 2002 : vol en Concorde 2003 : annonce de l arrêt de l exploitation commerciale, à la suite du grave accident de Roissy Article publié dans L Argenteuillais n 39 Mercredi 8 avril 2009 Une liste à la Prévert Vous avez mis le pied à Argenteuil? Paul Rivet en a la trace. Cet Argenteuillais de toujours a un joli défaut : il garde tout. Et collectionne tout ce qui se rapporte à sa ville. Avec presque pièces, c est plus d un siècle d Argenteuil qui se raconte dans ses boîtes et classeurs qui déborderaient presque de son pavillon. Les collections? Un doux virus né durant l enfance. «Mon père m avait emmené à un concours de pêche à Rambouillet. J ai immédiatement recherché toutes sortes de cannes, de hameçons ou de moulinets», se souvient-il. On n ose imaginer le résultat si le concours avait été de moissonneuses-batteuses... Non, c est plutôt Argenteuil qui lui a tapé dans l œil. «À la fin des années 70, on m a offert une gravure de la ville. Depuis, je n arrête plus : des cartes, des porteclefs, des pin s, des factures ou une poupée, je garde tout», rappelle-t-il. À 69 ans, il possède une impressionnante série de photos, mais aussi des assiettes, des actes de propriété, des actions d entreprises ou des pots de moutarde «d un moutardier de l avenue de Verdun». Il détient aussi une plaque de prix d un concours d aviculture datant de «Une pièce unique», estime Paul, sans fierté déplacée, non, juste heureux de Chinant les marchés et les brocantes depuis plus de 40 ans, Paul Rivet s est constitué chez lui un véritable musée personnel sur l histoire de la ville. ses découvertes. Sa passion de la collection n a rien d une manie compulsive. Non. C est sérieux. «Je veux laisser une trace, notamment à mon fils.» Une trace de l histoire d Argenteuil qu à force d amasser les documents, il connaît par cœur. «La ville a changé. Quand j étais gamin, on y trouvait encore des tonneliers, un lavoir et on y croisait des voitures à chevaux», assure-t-il. «Je suis né rue des Rosiers, derrière la basilique. Elle a maintenant disparu», regrette-t-il, ému comme à chaque fois qu il évoque cette voie. Ou l épicerie de ses grands-parents, rue de la Liberté. Pour constituer son trésor, Paul Rivet compte sur sa famille et court chaque dimanche les salons et les brocantes. Un trésor pour transmettre donc : Rémi, son fils, est incollable sur la Libération d Argenteuil. Mais surtout, sur les voitures de pompier miniatures... Il les collectionne. S.Le : Paul Rivet voit le jour à Argenteuil 1946 : il débute sa première collection, sur la pêche 1968 : on lui offre une gravure d Argenteuil. Premier élément d une longue liste : chaque dimanche, il court encore les brocantes et salons pour compléter sa collection L Argenteuillais Hors-série

60 Passions Article publié dans L Argenteuillais n 43 Mercredi 6 mai 2009 La vie des autres Elle se balade dans les rues, le cœur ouvert à l inconnu, le nez en l air et le carnet de notes à la main. Mireille Dar (et non Darc, la comédienne) assouvit sa passion communicative de l Histoire en empruntant des chemins de traverse et en recopiant épitaphes et inscriptions. «À Argenteuil, je retiendrais notamment celle de la basilique Saint-Denys et qui concerne la grandmère et le père du révolutionnaire Mirabeau». Sa voix est calme, ses termes parfaitement choisis et pesés. Parfois, la passion transparaît dans le timbre de la voix. C est ici le cas. Par exemple, quand l Argenteuillaise évoque la plaque du boulevard Karl-Marx signalant le passage de l auteur barbu du «Capital» en 1882 ou l inscription à la chapelle Saint-Jean-Baptiste où est enseveli Addalalde, un diacre très humble qui excellait dans l art de la musique. «Je fais ensuite des recherches sur ce qui est inscrit et en parle dans mes correspondances», explique cette inconditionnelle de l écrit, sous toutes ses formes. Les livres, bien sûr, pour tout savoir, ou presque, de l histoire des gens dont elle a conservé un fragment de vie. «J ai commencé en 1992», se rappelle-t-elle. «Et je le fais dans le monde entier, comme en Angleterre et en Inde, dont mon mari est originaire» inscriptions ont été ainsi répertoriées Le poids des mots et le choc des bios sont la passion de cette amoureuse du verbe depuis bientôt 20 ans : Mireille Dar voit le jour à Pau 1989 : installation à Argenteuil avec son mari 1992 : début de la collection d épitaphes par ses soins. Sa préférée? Une d Héloïse, un véritable modèle de vie pour Mireille. «L héroïne d Argenteuil était très connue au XII e siècle pour sa grande culture. Elle connaissait déjà le latin, le grec et un peu d hébreu à seulement 17 ans, c est exceptionnel. Son oncle, Fulbert, a voulu la pousser dans ses études en engageant Pierre Abélard, un théologien. Mais ils sont tombés amoureux. Héloïse étant enceinte, Pierre a été chassé et émasculé», raconte la collectionneuse. Il est entré dans les ordres et a envoyé sa femme au couvent d Argenteuil. Dont elle est devenue prieure. «Toute leur vie, ils se sont échangés des lettres d une extrême richesse. Un régal.» Autodidacte, Mireille profite de sa retraite pour assouvir sa grande curiosité intellectuelle. «La culture est une ouverture essentielle sur le monde», assure-t-elle, en guise de maxime personnelle. Quand elle est arrivée à Argenteuil, elle s est tout de suite inscrite à la bibliothèque. Car parfois Mireille baisse le nez, oui, mais c est seulement pour se plonger dans les livres... S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 67 Mercredi 13 janvier 2010 Maya, la belle Passionné par les civilisations anciennes et la mythologie, Guillaume Thuillet, un écrivain argenteuillais, propose une enquête poussée sur la date du 21 décembre C est le buzz du moment! La date du 21 décembre 2012 fascine de plus en plus. Romans, films, émissions... Tout est bon pour alimenter le sujet. Il y a deux ans, Guillaume Thuillet, un Argenteuillais d une trentaine d années, s y est intéressé en publiant sur son site Internet un e-book (un livre sous forme de fi chier informatique) intitulé «Edeners Age du Bronze», un roman d heroic fantasy/manga dans lequel il présente, entre autre, des informations cachées sur Trois mois plus tard, il sort son deuxième e-book, intitulé «Enquête sur le 21 décembre 2012», ce qui lui vaut d être repéré par les média et ainsi enchaîner les interviews pour la télévision et la radio. «Ce sujet touche un public plus large que mon précédent ouvrage. Tout ce qui se rapporte à 2012 me passionne au point que j ai écrit mon livre (152 pages) en l espace d un mois», indique l auteur. Dans ses écrits, il explique notamment la signifi cation du 21 décembre 2012 pour la civilisation maya. «Le calendrier maya est divisé en treize périodes, qu on appelle des baktuns. Cette date représente simplement la fi n du treizième baktun. C est un cycle qui se termine AV «Tout ce qui se rapporte à 2012 me passionne au point que j ai écrit mon livre (152 pages) en l espace d un mois» et un autre qui recommence», rassure-t-il. Avant de devenir un spécialiste du 21 décembre 2012, Guillaume Thuillet a suivi des études de commerce à Argenteuil. Par la suite, il a travaillé dans l informatique, puis a créé en 2003, sa propre société Internet. Depuis deux ans, il se consacre à sa passion pour l écriture et continue de publier des vidéos sur les rapports Webbot, un programme informatique américain qui, selon ses créateurs, serait en mesure de traduire la pensée collective et ainsi prévoir des événements. Actuellement, Guillaume Thuillet prépare, dans un autre registre, deux nouveaux ouvrages intitulés «Vacances politiques» ainsi qu un thriller et recherche toujours un éditeur. S.B : naissance à Montpellier 2003 : création d une société Internet Septembre 2008 : premier e-book intitulé «Edeners Age du Bronze» Décembre 2008 : réalisation d une «Enquête sur le 21 décembre 2012» 60 L Argenteuillais Hors-série 2011

61 Passions Article publié dans Le Mag de janvier 2010 Mamie blogueuse & globe-trotteuse À 75 ans, Internet n a plus de secret pour elle. Julie anime de nombreux blogs où elle y raconte sa passion pour Argenteuil. «Vous pouvez aller voir mes photos du Flickr!» «Où ça?» Julie Kertesz a 75 ans et parle un langage que les plus de 30 ans ne peuvent pas connaître. Enfin, pour certains. Celui d Internet, du réseau mondial qui relie des millions de terriens pour qui souris et onglets n ont rien à voir avec les étals des bouchers. «Je l utilise beaucoup depuis 2004, mais je l ai découvert dans les années 1990 au Cnam (Conservatoire national des arts et métiers). En plus de mes différents blogs en français et en anglais, je mets des vidéos sur Dailymotion, des récits sur Box.com et depuis cinq ans des images sur Flickr.com. J en ai plus de , vues par des milliers de personnes chaque jour. Sans compter les groupes de discussion auxquels je participe et ceux que j ai créés», explique-t-elle. Sur ses pages, l on retrouve souvent Argenteuil, où elle est arrivée en 2001 au fil de son histoire familiale, et où elle est restée sept ans. Julie était alors une figure du monde bien réel de la commune. «Je me suis investie dans diverses associations, comme Agora, Argenteuil sans frontières ou celle des travailleurs maghrébins». Native de Transylvanie en Roumanie et de langue maternelle hongroise, elle s est fondue dans la diversité argenteuillaise comme un poisson dans l eau. Arrivée en DR France à l âge de 30 ans, Julie a maintenant posé ses claviers à Londres. Fatalement, elle a créé un nouveau blog sur ses aventures dans la capitale anglaise. «J ai suivi mon fils», détaille-t-elle. Son utilisation de l outil Internet ressemble comme deux pixels à celle des férus du net, pour qui la toile est devenue un monde à part entière, une place publique où ils s expriment, partagent leurs enthousiasmes ou énervements. «Sur la toile, je me connecte, me socialise et apprends beaucoup. J ai des amis photographes en Australie, Japon, Norvège, France ou Californie», s émerveille Julie. Incongru pour son âge? Elle en rigolerait presque. «On croise beaucoup de retraités sur le net. On peut surfer après 70 ans. J ai une amie de 86 ans qui vient de s y mettre», assure-t-elle. Le web est aussi un moyen de maintenir un lien avec la France et Argenteuil, auxquelles elle reste très attachée. Julie a par exemple participé à la fête sur les bords de Seine en mai dernier. Tournée vers le monde mais aussi sa famille et ses petits-enfants, ils seront sa «priorité pour 2010». Dis mamie, c est quoi un «geek»? S.Le. Article publié dans L Argenteuillais n 84 Mercredi 14 juillet 2010 J aurais voulu être une artiste Passionnée d art, Hélène Louis-Bert s est lancée dans la décoration personnalisée d objets neufs et anciens. Rencontre dans son atelier. Peindre, rénover ou encore décorer sont devenus le quotidien d Hélène Louis-Bert. À 61 ans, elle met en pratique ses talents artistiques pour son plus grand plaisir et celui des autres. En juin dernier, ses créations ont remporté un vif succès lors du marché des curiosités, avenue Gabriel-Péri. «Je peins sur des objets du quotidien tels qu une boîte à bijoux, une table ou encore un arrosoir», explique-t-elle. Fille d instituteurs d un quartier de Montrouge (Hauts-de-Seine), elle est élevée dans la rigueur imposée par ses parents. «J aime l art depuis que je suis enfant car j ai toujours été intéressée par tout ce qui était beau. Je créais même mes propres broderies», dit-elle. Adolescente, elle suit des cours de théâtre et se passionne pour les collections d art grec et égyptien exposées au musée du Louvre. «L art était mon seul refuge», confie-t-elle. Une fois son baccalauréat en poche, elle se lance dans des études d orthophonie et de psychologie à l université Paris V. «Mes parents voulaient absolument que je sois médecin», se souvient-elle. Ce n est pas pour autant que la jeune femme abandonne l art puisqu elle donne des cours de techniques artistiques et manuelles dans un collège de Vitry-sur- Seine afin de financer ses études. Après avoir décroché son diplôme, elle commence à travailler en tant qu éducatrice-psychologue dans NM des structures sociales d hébergement. «C est un monde très sombre qui ne va pas avec mon côté créatif et artistique mais j aime écouter les gens et aller au fond des choses pour leur venir en aide», précise-t-elle. En 1982, elle s installe à Argenteuil avec sa famille et consacre ses loisirs à chiner dans les brocantes de vieux objets à décorer. Depuis 2003, elle organise des expositions dans son jardin et se réjouit de leur impact : «J ai été surprise qu autant d Argenteuillais soient intéressés par ce que je fais. C est une grande satisfaction.» Grâce à sa passion, Hélène Louis- Bert se sent épanouie. Elle continue de créer et de décorer ses objets dans son atelier et prépare de nombreuses expositions dans toute la France. Dans un futur proche, elle espère même pouvoir mettre en vente ses créations sur Internet. S.B. [email protected] juin 1949 : naissance à Montrouge (Hauts-de-Seine) 1977 : diplôme de psychologie à l université Paris V 1982 : installation à Argenteuil 2003 : lancement de l activité «décoration d objets» L Argenteuillais Hors-série

62 Passions Article publié dans L Argenteuillais n 96 Mercredi 22 décembre 2010 Je passe à la télé Dans Questions pour un champion, Richard Vadé sera l un des favoris de l émission, diffusée le 7 janvier prochain sur France 3. Serveur au bar-tabac-brasserie Le Brazza, Richard Vadé a participé, le 30 novembre dernier, à l enregistrement de Questions pour un champion sur la chaîne France 3. C est en août qu il s est inscrit par Internet à ce jeu de questions-réponses, pour tenter sa chance. En octobre, l agence Fremantel-Media, qui produit ce programme, l invite à prendre part aux premières sélections. «Nous étions 120 candidats au départ, 83 ont été éliminés à la phase des questions sans enregistrement et 28 autres à celle des questions avec enregistrement. Je fais partie des candidats retenus pour passer le 7 janvier prochain à 18h sur France 3. J ai dignement représenté notre ville, mais je préfère laisser aux Argenteuillais le plaisir de découvrir eux-mêmes la surprise», expliquet-il sans se départir de son sourire. À 48 ans, ce passionné des questions-réponses ne rate jamais une occasion d enrichir sa culture. «J arrive à 6h au Brazza pour recevoir la presse et la ranger sur les étals. Mon premier réflexe : feuilleter les pages des journaux. Je survole rapidement les titres mais ça me suffi t pour mémoriser pas mal de choses». Richard a découvert le métier de serveur, à l âge de 18 ans, au Café de Paris, en centre-ville. «Je voulais exercer dans la JMT comptabilité, mais comme il fallait vivre, j ai pris ce qui s offrait à moi. Ici au Brazza, j entame ma dixième année d exercice. Je m y sens bien L endroit est calme et les clients sympas. Notre chiffre d affaires a baissé depuis l application de la loi interdisant de fumer dans les lieux publics. Mais cela ne dérange pas car nous avons gagné en qualité de vie. J aime bien évoluer dans ce milieu qui permet le contact et l échange avec des gens de différents milieux. Je trouve cela enrichissant, les journées ne sont pas routinières.» Richard se passionne également pour les spectacles vivants et le jazz. «Je fréquente souvent la Cave dîmière et le Figuier blanc : ces deux lieux culturels de la ville proposent une bonne programmation». A.S. Le Brazza 41 rue Antonin-Georges-Belin : naissance à Argenteuil 1979 : obtention du bac (comptabilité) 1980 : embauche comme serveur au Café de Paris à Argenteuil 2000 : embauche au Brazza à Argenteuil Article publié dans L Argenteuillais n 106 Mercredi 27 avril 2011 Il n y a que maille qui m aille Jacqueline Ornet, 74 ans, est une enfant de la maille. Déjà passionnée de tricot quand elle était gamine, elle en a fait son métier et multiplie les prix dans les concours de rapidité. De son enfance en Belgique aux podiums de ces fameuses compétitions de vitesse de tricot, Jacqueline a sacrifié un bon nombre de pelotes de laine pour le plaisir, tout d abord, mais également pour le sport «C est ma grandmère qui m a appris», se souvient Jacqueline. À six ans, elle confectionne les habits de ses poupées. Plus qu une passion, une vocation puisqu après son école de tricot et de couture en Belgique, elle va travailler pour différentes maisons du Sentier, à Paris. C est qu entretemps, elle s est mariée et a rejoint Argenteuil. Ce n est qu à la retraite, il y a quelques années, que Jacqueline s est piquée de vitesse. La curiosité la pousse alors à tester les concours de rapidité. «Maintenant, je ne peux plus m en passer!», avoue-t-elle. Sorte de Coubertin de la maille, Jacqueline y cherche les rencontres, «avec des gens venus de toute l Europe», les échanges et se «marrer». Pas forcément pour la victoire, même si les coupes s accumulent sur ses étagères. Le principe des compétitions est simple : faire un maximum de points en trois minutes. Précisons pour les spécialistes qu il s agit de point mousse. En vitesse de croisière, Jacqueline flirte avec les 210 points. Ayez 1936 : naissance 1961 : mariage à Argenteuil 2006 : lancement dans les concours de tricot conscience de la performance : plus d un point par seconde! Un jour à Dax, l autre en Belgique, elle rentre souvent un trophée sous le bras. De quoi éviter de se mettre les nerfs en pelote. «Je dors peu, et si j ai décidé de finir un tricot, je ne vais pas me coucher!», confirme Jacqueline, qui crée ses propres modèles, et même ses propres points. Cette Lucky Luke de la torsade est loin de la jouer cow-girl solitaire. Quand elle ne tricote pas pour la famille, c est pour l association Femmes solidaires ou les jeunes malades des hôpitaux de Paris. Pour Festiv Centre-ville, elle a même aidé les enfants de son quartier à confectionner pour Pâques des poussins en laine, bien sûr. Énergique, décidée et dynamique, elle projette même de monter un concours à Argenteuil dans les prochaines années. Comme une suite logique. Quoi de plus normal, finalement, pour une femme qui a mené sa vie de fil en aiguille. S.Le. 62 L Argenteuillais Hors-série 2011

63 Passions Article publié dans L Argenteuillais n 110 Mercredi 1 er juin 2011 En terres inconnues Relever un nouveau défi à deux. Un projet qui sort du cadre, qui transporte dans une autre dimension Puis reprendre le cours de la vie. Karim et Leïla, tous deux Argenteuillais, l ont imaginé avec «Pékin Express, la route des grands fauves», l émission actuellement diffusée sur la chaîne de télé M6. Lui lance les idées, élabore les projets et amorce l étincelle. Elle transforme l essai, concrétise les rêves et pilote le duo. C est comme cela qu est lancé le projet «Pékin Express». Il faudra neuf mois entre l envoi de la candidature et le début de l aventure, entre castings, tests et autres questionnaires. Mais dès le début, Leïla est confiante. Aujourd hui rentré à Argenteuil, le couple suit les épisodes d un œil amusé. «Ça fait bizarre de voir le parcours des autres parce qu on en parlait et là, on a les images», raconte Karim. Dans leur entourage, personne ne sait jusqu où ils sont allés. Chut! Pour lui, le jeu, c est 10 kg de perdus, pour elle, 200 g de pris. Chacun a vécu l expérience à sa façon. Karim, sportif, menait le binôme dans une énergie débordante un peu râleur? tandis que Leïla apportait sa tchatche et sa débrouille et une bonne dose de féminité. À la troisième étape, leurs plus redoutables concurrentes, Julie et Nathalie, sont éliminées. L espoir renaît. Leïla avoue avoir un temps vécu l expérience comme une unique compétition, sans trop se préoccuper des habitants. Ça ne durera pas. Au Kenya, ils frappent à la porte de la famille du pasteur Paul et de sa femme Sophie, «parce qu ils avaient une voiture JMT garée devant la maison, une donnée utile pour faire de la route le lendemain», explique-t-elle. Mais la rencontre est dense et émouvante. Leïla repart chamboulée. Un papy égyptien ressemble à son grand-père : la poignée de main avec le vieil homme émeut Karim. L épreuve sportive passe à la dimension humaine. Même pour les deux époux. Habituellement très autonomes, avancer 24h/24 ensemble recèle de petites diffi cultés, surmontées au fil de l aventure. Finalement, vivre avec 1 par jour est loin de les effrayer. «On ne le dépensait presque jamais!» Le retour? Plus laborieux. Reprendre la vie d avant, accepter les imperfections du quotidien. «Pendant le jeu, on ne pensait qu à l étape à réaliser avec son lot de surprises. Cette expérience nous a bousculés. Et j ai fait ce que je n aurais jamais osé faire avant : démissionner de mon travail», confie Leïla. S.P : naissance de Leïla à Argenteuil et Karim à Paris 2009 : mariage à la mairie d Argenteuil Janvier 2011 : début de l aventure «Pékin Express» L Argenteuillais, c est : près de articles environ 680 personnes interviewées dans le cadre du micro-trottoir 114 numéros de l hebdomadaire et 20 numéros du mensuel Le Mag la 4 e année (création le 21 mai 2008) Une suggestion? Contactez la rédaction [email protected] boulevard Léon-Feix En cas de problème de distribution L Argenteuillais Hors-série

64 Lexique Sports Engagés Patrimoines vivants Musiques Arts plastiques Écrivains Arts visuels Métiers Initiatives Passions A Abdelmoumeni Ella p. 6 Acuti p. 38 Agbegnenou Clarisse p. 11 Amiot René p. 18 Attali Laurent p. 29 Audin Josette p. 17 B Barillet Charlotte p. 15 Beauvillain Manon p. 40 Bédier Romain p. 43 Belkache Ouardia p. 12 Bellal Miloud p. 15 Bendriss Kamel p. 30 Biéron Roger p. 12 Boubekeur Mehdi p. 3 Boudour Abdellah p. 23 Boumdil Moustapha p. 9 Briot Vanessa p. 27 Brunel Amanuel p. 10 Brunel André p. 44 Buono Geneviève p. 43 C Calvo Florentino p. 29 Campo Gonzalo p. 32 Carlier Guy p. 55 Castaño William p. 37 Chalude Joël p. 47 Charoy Océane p. 3 Chatelain François p. 49 Chausson René p. 26 Chicheportiche Frank p. 39 Ciciliani Patricia p. 57 Cordurié Paul p. 40 Coureux Maéva p. 42 D Dairain Yvette p. 14 Dar Mireille p. 60 Defresne Jacques p. 14 Del Franco Giovanni-Michel p. 44 Delhomelle Vincent p. 57 Delsarte Steven p. 56 Del Zappo Roland p. 17 Di Girolamo Rémi p. 10 Dozet Florence p. 54 Ducourret Pierre p. 13 Dulud Laurent p. 51 Duval Léon p. 18 E Elharar Irène p. 57 F Ferber Bénédicte p. 29 Fort Evelyne p. 45 Fumoleau Jean p. 13 G Gamarra Pierre p. 42 Gars Anthony p. 9 Gatti Lucchino p. 8 Gautheron-Fort Martin p. 32 Ghania Walid p. 7 Gilbert Vincent p. 57 Gillet Aurèle p. 57 Gillet Grégory p. 53 Glif Namir p. 52 Gorski Roman p. 37 Guédon Denis p. 53 Guffroy Thierry p. 30 Guignard Jeanne p. 22 H Halbin Hélène p. 48 Hams p. 34 Harbili Karim p. 63 Harbili Leïla p. 63 K Kambach Moshgelan p. 36 Kazablanca Félix p. 28 Kertesz Julie p. 61 KhaOraH p. 33 Konan Aude p. 41 L Laca Karine p. 58 Lamassonne Julien p. 27 Langlais Thierry p. 51 Le Ber Philippe p. 5 Legrand-Dreher Lucienne p. 18 Liponne Julien p. 4 Loez André p. 19 Louis-Bert Hélène p. 61 M Maillard Clément p. 5 Marestaing Nathalie p. 56 Marques Christiane p. 41 Marton Liliane p. 15 Medina Shuky p. 58 Mogelan Héléna p. 47 Montenot Benoît p. 57 Moreau Lucienne p. 49 Mauduit Christian p. 4 N Nhari Sakina p. 20 Noirjean Jeanine p. 21 O Ornet Jacqueline p. 62 Ouakli Fatiha p. 21 P Parnaudeau Anne p. 51 Pelous Cécile p. 24 Perrot Lucie p. 8 Petitclerc Jean-Marie p. 25 Pinsard Florian p. 7 Planchon Paul p. 46 Pourquoi pas? p. 31 Q Quilbeuf Jérôme p. 50 R Rama Fabrice p. 35 Raymond Olivier p. 28 Rebeyre Catherine p. 38 Rivet Paul p. 59 Rolland Michel p. 59 Rosemberg Jim p. 34 Rozand Stéphane p. 39 Ruiz Pino Diana p. 26 S Saccomandi John p. 11 Salzet André p. 45 Sandretti Alain p. 22 Sellah Hanane p. 19 Sidney p. 54 Slimani Inès p. 23 Soltani Kerredine p. 33 T Tachoire Adrien p. 6 Tâm p. 37 Teixeira Adelina p. 20 The Cleaner p. 31 Thuillet Guillaume p. 60 Tonsi Inès p. 16 V Vadé Richard p. 62 Valbon Robert p. 46 Valdebenito Maria-Angelica p. 16 Vienney Claude p. 24 Vieu Catherine p. 36 Voisin Anthony p. 50 Voisin Patrick p. 58 Y Yoshida Susumu p. 35 Z Zemali Mokhtar p. 25 L Argenteuillais Hors-série 2011

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