L HORMONOTHERAPIE DES CANCERS



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Pascal Thomas, pour la Société Française de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire.

Transcription:

hormonothérapie permet des survies prolongées, mais les tumeurs ant hétérogènes, elles finissent par échapper à un moment ou à un tre à ce traitement L HORMONOTHERAPIE DES CANCERS Cela concerne les tumeurs hormonosensibles, c est à dire celles dont croissance et la différenciation sont contrôlées par les stéroïdes xuelles, comme beaucoup de cancers du sein ou de l endomètre qui mportent des récepteurs hormonaux (oestrogènes, progestérone) et mme la plupart des cancers de la prostate (testostérone). n peut ajouter le cancer de la thyroïde qui est freiné en bloquant la crétion de TSH

n peut traiter soit en supprimant la source d hormones, soit en loquant l utilisation de l hormone au niveau de la cellule. ou deux types de traitements hormonaux: L HORMONOTHERAPIE SUPPRESSIVE L HORMONOTHERAPIE ADDITIVE On peut également utiliser l action de certaines hormones sur le étabolisme (corticoïdes, androgènes)

E CANCER DU SEIN LE CANCER DE L ENDOMETRE LE CANCER DE LA PROSTATE

L HORMONOTHERAPIE SUPPRESSIVE La castration dans le cancer du sein méthode la plus ancienne et la première hormonothérapie effectuée par un chirurgien écossais (Beatson en 1896) elle peut être: - chirurgicale (ovariectomie sous coelioscopie) - radiothérapique (12 Gy), de moins en moins utilisée - chimique au moyen des analogues de la LH-RH (Décapeptyl, Zoladex, Enantone, Eligard) La castration dans le cancer de la prostate - par pulpectomie antérieurement et encore quelque fois (patient âgé) - le plus souvent par analogues LH-RH

HORMONOTHERAPIE ADDITIVE lle utilise les hormones sexuelles et leurs dérivés de synthèse es oestrogènes : e sont plus utilisés dans le cancer du sein et de moins en moins dans e cancer de la prostate évolué du fait de leurs complications cardioasculaires comme le Distilbène ou l Estracyt composé d un strogène qui véhicule un anti-métabolite vers la cellule métastatique es progestatifs : tilisés dans le cancer du sein métastatique pour leur effet anti - estrogénique (3ème ligne), et dans le cancer de l endomètre, mais vec des risques thrombo-emboliques et de prise de poids : Mégace. ans le cancer de la prostate un dérivé de la progestérone est utilisé our son effet anti-androgène et anti-gonadotrope: l Androcur qui st contre indiqué si antécédents hépatiques ou cardio-vasculaires et ui donne des gynécomasties.

es anti-oestrogènes : est initialement le tamoxifène ( Nolvadex, Kessar, Tamofène) qui un effet anti-oestrogénique sur les cellules mammaires mais un effet estrogénique sur l endomètre expliquant l augmentation de incidence de ce cancer sous ce traitement; il a par contre un effet avorable sur le métabolisme du cholestérol et des lipides ainsi qu un ffet positif sur l ostéoporose l est indiqué dans le cancer du sein: - en traitement adjuvant chez les femmes pré-ménopausées u ménopausées avec diminution des rechutes locales et métastases - en phase métastatique avec 60% de rémissions - en prévention du cancer du sein contro-latéral; mais ette indication n est pas retenue en France es anti-oestrogènes purs, sans effets sur l endomètre sont à l étude u utilisés comme le Faslodex dans le cancer du sein métastatique

es anti-aromatases : ouvelles molécules qui bloquent la synthèse des oestrogènes au niveau e la graisse et qui sont indiquées en traitement adjuvant ou en premiè igne métastatique du cancer du sein de la femme ménopausée; on ispose de l Arimidex, du Fémara et de l Aromasine lles supplantent actuellement le tamoxifène, ayant montré des résultat quivalents en réponse et en survie globale,mais avec des effets econdaires différents, notamment sur l os (ostéoporose) et le étabolisme des lipides. hez la femme en pré-ménopause ils,peuvent être utilisés associés à un astration par analogues LH-RH. es indications de chaque molécules commencent à se préciser au vue es études cliniques récentes

Les anti-androgènes Ce sont des molécules utilisées dans les cancers de la prostate dont 80% sont hormono-dépendants; ce sont outre l Androcur,des anti-androgènes non stéroidiens à action périphérique pure comme l Euléxine, l Anandron et le Casodex. Ils sont indiqués à la mise en route d un traitement par analogues pour éviter le «flare-up», (un à deux mois) Sinon seuls ou associés aux analogues en situation métastatique

HORMONOTHERAPIE ADJUVANTE DANS LES CANCERS DU SEIN : - Avant la ménopause -Après la ménopause

Bénéfices de l hormonothérapie adjuvante Avant la ménopause: - la suppression ovarienne : définitive (chirurgicale ou radiothérapique) réduit le risque de rechute de 17% et le risque de décès de 14% - la suppression ovarienne réversible par agonistes LH-RH réduit le risque de rechute de 17% et de décès de 11%. (métaanalyse) - 5 ans de tamoxifène réduit le risque de rechute de 29% et décès de24% (femmes de 40 à 49 ans). - Pas de données disponibles sur le bénéfice que pourrait donner l association tamoxifène + suppression ovarienne en adjuvant

Bénéfices de l hormonothérapie Femmes ménopausées adjuvante - le tamoxifène réduit le risque de rechute et de décès (surtout pour les N+); la durée recommandée est de 5ans; - les anti aromatases augmentent la survie sans rechute ( du risque de récidive et de métastases) et la survie globale (de 14%, mais NS ) par rapport au tamoxifène; - pas d intérêt à associer le tamoxifène et une anti-aromatase - moins d effets secondaires avec les AA sur l endomètre, le vagin, le risque thrombo-embolique et les bouffées vasomotrices, mais plus de troubles musculo-squelettiques, avec ostéoporose et risque fracturaire, plus perturbation du bilan lipidique

ATAC Recruitment July 1996 March 2000 Median follow up 68 months (data cut 31 st March 2004) 8% of patients remain on trial therapy Tamoxifen (n=3,116) Surgery +/- RT +/- Chemo 84% HR positive Arimidex (n=3,125) Arimidex + Tamoxifen (n=3,125)

Pre-specified adverse events A T p-value Hot flashes Vaginal bleeding Vaginal discharge Endometrial cancer* Venous thromboembolic events Joint symptoms Fractures 35.7 5.4 3.5 0.2 2.8 35.6 11.0 40.9 10.2 13.2 0.8 4.5 29.4 7.7 <0.0001 <0.0001 <0.0001 0.02 0.0004 <0.0001 <0.0001

Overall survival (ITT population) Patients25 (%) 20 15 10 A vs T HR 0.97 95% CI (0.85 1.12) Anastrozole (A) Tamoxifen (T) p-value 0.7 5 0 0 1 2 3 4 5 6 Follow-up time (years) At risk: A 3125 3051 2956 2865 2784 2479 1037 T 3116 3048 2972 2872 2747 2461 1037

DFS estimée à 5 ans: Bénéfice absolu de % ptes vivantes sans maladie DFS % 100 80 60 40 20 0 97.7 97.6 2.6% 95.1 93.4 90.5 89.0 N HR (95% CI) p 86.8 84.6 8010 0.81 (.70-.93) 0.003 84.0 81.4 0 1 2 3 4 5 Années/random No. à 4003 3892 2964 1261 892 567 L T

Proportion de rechutes (%) 20 15 10 5 Incidence cumulative des rechutes par cancer du sein Différence à 5 ans(l-t) = -3.4% (S.E. 1.2) P=0.0002 8.1% 6.2% 13.6% T L 10.2% 0 0 1 2 3 4 5

Résultats : Survie sans récidive

Courbe de survie globale

Niveaux de preuve scientifique et gradation des recommandations d après ANAES 2000 iveau de preuve scientifique fourni par la ittérature iveau 1 ssais comparatifs randomisés de forte puissance éta-analyse d essais comparatifs randomisés établie nalyse de décision basée sur des études bien menées iveau 2 ssais comparatifs randomisés de faible puissance tudes comparatives non randomisées bien menées tudes de cohorte iveau 3 tudes cas-témoins ssais comparatifs avec série historique Grade des recommandations Grade A Preuve scientifique Grade B Présomption scientifique Grade C Faible niveau de preuve scientifique

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme non ménopausée Utilisation des agonistes de la LHRH Malgré l absence de données en traitement adjuvant, la suppression ovarienne transitoire par analogues de LH-RH peut être considérée comme une alternative à la suppression ovarienne définitive (accord d experts). La durée de prescription des analogues de LH-RH n est pas définie (accord d experts).chez une femme présentant une aménorrhée chimio-induite, il n y a pas d indication à instituer un analogue de LH-RH (accord d experts).

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme non ménopausée Utilisation des inhibiteurs d aromatase Les inhibiteurs de l aromatase seuls ne sont pas indiqués (grade A). En l absence de données, l association inhibiteurs de l aromatase et suppression ovarienne n est pas indiquée (accord d experts). experts).). Utilisation du tamoxifène Le tamoxifène seul (grade A) ou associé à une suppression ovarienne reste l hormonothérapie rapie de référence rence chez la femme non ménopausée (grade B).

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme ménopausée Instauration du traitement Il n est pas possible d individualiser une population de malades qui ne bénéficie pas des inhibiteurs de l aromatase (accord d experts). Un inhibiteur de l aromatase est recommandé, soit d emblée, e, anastrozole (grade A) ou létrozole (grade B), soit après 2 ou 3 ans de tamoxifène, exemestane (grade A) ou anastrozole (grade B).

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme ménopausée stauration du traitement a durée optimale de traitement du tamoxifène est de 5 ans (grade A). La durée optimale de traitement retenue pour les inhibiteurs seuls ou ilisés s en schéma séquentiel est de 5 ans (accord d experts). La surexpression d HER2 est un argument supplémentaire pour escrire un inhibiteur de l aromatase en traitement adjuvant chez la mme ménopausée (grade C).

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme ménopausée stauration du traitement La surexpression d HER2 est un argument supplémentaire pour escrire un inhibiteur de l aromatase en traitement adjuvant chez la mme ménopausée (grade C). L association inhibiteur de l aromatase et tamoxifène n est pas diquée (grade A). L administration d inhibiteurs de l aromatase est un facteur de risque ostéoporoseoporose qui justifie une prise en charge spécifique comprenant au oins une densitométrietrie osseuse de référence rence à l instauration du aitement (accord d experts).

Recommandations. Traitements antihormonaux situation adjuvante chez la femme ménopausé Après un traitement par inhibiteurs de l aromatase pendant 5 ans ou 2 à 3 ans dans lecadre d un traiteme séquentiel Il n y a pas d indication à poursuivre de traitement antihormonal au-delà de 5 ans si elle a comporté un inhibiteur pendant au moins deux ans (accord d expe Choix de l inhibiteur de l aromatase Il n y a pas de critère re de choix entre les IA de 3e génération (accord d experts). Il est recommandé d utiliser les molécules dans les conditions des essais (accord d experts).

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme ménopausée Instauration du traitement L incertitude concernant les effets secondaires à moyen et long terme, l absence l de bénéfice sur la survie, peuvent inciter à proposer du tamoxifène pou tout ou partie du traitement chez certaines patientes e fonction du pronostic ou de certains facteurs de risqu particuliers (accord d experts). d

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme ménopausée près 2 à 3 ans de traitement par tamoxifène Il est recommandé de l interrompre et de le remplacer par un inhibiteu l aromatase,exemestane (grade A) ou anastrozole (grade B). L incertitude concernant les effets secondaires à moyen et long terme, absence de bénéfice sur la survie, peuvent inciter à proposer du moxifène pour tout ou partie du traitement chez certaines patientes en nction du pronostic ou de certains facteurs de risque particuliers ccord d experts).

Recommandations. Traitements antihormonaux en situation adjuvante chez la femme ménopausée Après 5 ans de traitement par tamoxifène Il n y a pas d indication à poursuivre le tamoxifène au-del de 5 ans (grade C). La poursuite de l hormonothérapie rapie par un inhibiteur de l aromatase (létrozole), pendant au moins deux ans peut être proposée selon le pronostic (grade A).

PLACE DE L HORMONOTHERAPIE DANS LE CANCER DE LA PROSTATE Cancer localisé : l hormonothérapie n y a pas sa place, le traitement reposant sur la chirurgie, la radiothérapie et la curiethérapie. Cancer localement avancé (T3, T4) : - analogue associé à la radiothérapie en néo-adjuvant ou concomitant adjuvant pendant 2 ans si bonne espérance de vie, sinon hormonothérapie seule. - associée à la radiothérapie après chirurgie si haut risque, si le PSA reste élevé,sinon seule si N+ - en traitement isolé pour les T3,T4,N+, symptomatiques récusés pour un traitement curateur - en traitement à la progression s espérance de vie courte,asymptomatique et peu évolutif