Pleyben 1693 UN «TITANIC» DANS LES EAUX DE L AULNE DRAME ET BATEAUX FANTÔMES Maurice CORNEC Le TITANIC était ce magnifique paquebot anglais, qui tout juste sorti des chantiers, fit naufrage au cours de sa traversée inaugurale vers New-York dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, après avoir heurté un iceberg. La catastrophe fit environ 1500 morts et causa beaucoup d émotion tant en Europe qu aux Etats-Unis. Toutes proportions gardées, Pleyben a connu le 25 ou le 26 juillet 1693, un drame nautique qui, à l échelle de sa paroisse a été d une ampleur au moins égale à celui du TITANIC pour le Royaume-Uni : le naufrage d une embarcation aux dimensions inattendues sur la rivière somme toute modeste qu était l Aulne avant qu elle ne soit canalisée. Que l on en juge : «Pevar ugen nemet tri va beuzet e bag Tresigidy» Quatre vingt moins trois furent noyés dans la barque de Trésiguidy C est par ces quelques paroles en forme de comptine que s est transmis à Pleyben le souvenir de la noyade collective qui fit 77 victimes au moulin de Trésiguidy dans les eaux de l Aulne. Sur ces 77, 61 étaient des paroissiens de Pleyben, les autres étaient de St-Ségal ou Lopérec. CIRCONSTANCES DU DRAME Ce que l on sait avec certitude tient en ces deux lignes extraites du registre des sépultures de Pleyben de l an 1693 : «le 27 juillet 1693, les corps de ceux et celles qui ont été noiés dans le bateau du moulin de Trésiguidy par accident retournant de la procession de la mission de Lothey» Suit la liste des 61 victimes. Je l ai copiée et la joins en annexe au présent texte. Certains lecteurs pourront peut-être y découvrir le nom de quelqu un de leur lointaine famille. A partir de ces quelques lignes, essayons de comprendre et de reconstituer ce qui s est passé. Pour faciliter la compréhension de ce qui suit, voici un petit extrait de la carte de Cassini : La mission terminée au bourg de Lothey, la délégation pleybennoise s apprêtait à rentrer à la maison. Comme le montre la carte, il leur fallait franchir l Aulne qui sépare les deux paroisses. Ils auraient pu aller traverser au pont le plus proche : Pont-Coblant mais il leur aurait fallu pour cela, faire un long détour à pied car il n existait pas - il n existe toujours pas - de chemin direct pour s y rendre en venant du vieux bourg de Lothey. Aussi décidèrent-ils de traverser
1 - Le vieux bourg de Lothey où avait lieu la mission. 2 - Le moulin de Trésiguidy, au pied du château où eut lieu le drame Ancienne carte de Lothey (1946) au moulin de Trésiguidy en profitant des installations du meunier qui devaient permettre l accostage d un bateau et le débarquement de ses passagers. A partir de là ils auraient pu poursuivre leur route en empruntant le chemin abrupt que le meunier utilisait pour gravir la bonne cinquantaine de mètres de déclivité qui sépare la rivière du plateau de Pleyben. Que s est-il passé entre le vieux bourg de Lothey et le moulin de Trésiguidy? Un coup d œil sur la carte permet de constater que deux cas sont possibles. Le vieux bourg est situé à la base d une sorte de presqu île longue d un kilomètre et demi environ, dont la rivière fait le tour avant de repartir vers le méandre suivant. Pour rejoindre le moulin de Trésiguidy, les Pleybennois pouvaient : soit remonter la presqu île à pied et traverser sur une embarcation se trouvant là -bas, soit embarquer dans le bateau qui leur a été fatal à hauteur du vieux bourg, d où le batelier, se laissant porter par le courant, les aurait conduits à leur destination. Compte tenu de ce qui s est passé, j ai tendance à penser que c est la seconde solution qui a été choisie. Pourquoi, en effet, un passeur, qu il soit le meunier ou tout autre aurait-il fait embarquer tous les candidats à la traversée en même temps, pour un transbordement de 10 ou 15 mètres, au lieu de faire deux tours, au risque de courir à la catastrophe qui se produisit? D autre part, peut-on envisager que le meunier disposait d une barge assez grande (j y reviendrai) pour embarquer 80 personnes ou plus? Pour que faire? Quels que soient les moyens qu ont utilisés les «pèlerins» pour y parvenir, c est bel et bien tout près du moulin de Trésiguidy que la noyade s est produite. Selon la tradition, le seigneur baron de Trésiguidy, Paul de Kerlec h du Chastel, aurait assisté impuissant au drame. Depuis le belvédère qui surplombe la rivière, tout près de son château. Il se serait époumoné à crier au batelier :
«Paour kez, paour kez, den fall, re a dud lakezet em bag!» «Pauvre malheureux, pauvre malheureux, mauvais homme, trop de gens vous amenez dans votre bateau!» Je ne jurerais pas que ces paroles ont été réellement prononcées. Ce dont on est certain, par contre, c est que soixante et un cadavres 1 ont été sortis de l eau au moulin de Trésiguidy et ramenés au bourg de Pleyben pour être inhumés en urgence. C est qu il fait chaud généralement au mois de juillet. On imagine l émotion de toute la population de Pleyben à la vue de tous ces cadavres arrivant par charretées entières, semant le deuil dans de nombreuses familles, certaines ayant plusieurs membres parmi les victimes. L inhumation des soixante et un malheureux a été faite dans une grande fosse creusée au pied du calvaire qui se trouvait à l époque près du porche sud, au pied de la grande tour 2. NOYADE COLLECTIVE DANS L AULNE LE 27 JUILLET 1693-61 MORTS 3 Le vingt septième juillet (1693) les corps de ceux et celles qui ont été noyés dans le bateau du moulin de Trésiguidy par accident retournant de la procession et mission de Lothey. Premièrement les corps de missire Yves SALAÜN prêtre âgé d environ 50 ans, de François SÉACH de 19 ans ou environ, de Guillaume SEACH âgé de 13 ans, Jeanne MOU- LIN âgée de treize ans, d Alain LE MENEZ âgé de huit, Catherine MINGAM de treize ans, Mathieu RANNOU d environ 7 ans, Paul PICHON âgé de 25 ans, Anne URVOAS âgée de 15 ans, Jean COZIEN âgé d environ 30 ans, Marie COZVAS âgée d environ 24, Nicolas LE GUILLOU âgé d environ huit, guillaume YVENAT âgé d environ 21 ans, Louis KERHOAS âgé d environ 16, Anne KERBRAT âgée d environ 16, Marie PRIGENT âgée d environ 18, Marguerite PRIGENT âgée d environ 17, François LE DRÉAU âgé d environ 14 ans, Marie MAGUET âgée de 19 ans, Guillou PAOU âgé de 14, Marguerite CRAVEC âgée d environ 17, René LE CUZIAT âgé de 18, Françoise LE GALL âgée de 12, Jacques LE GALLOU âgé de 18, Nouel KERGUELEN âgé de 16 ans, Urbain RANNOU 12 ans, Pierre LE GOFF âgé de 20 ans, Jeanne LE BORGNE âgée de 15 ans, Marie LE BORGNE âgée de 17, Françoise PERRON de 20, Jeanne LE MINGAM agée de douze, Marie LE GUERN âgée de 30, Catherine LE BOUR âgée de 20, Jean LE MOING âgé de 13, Marie LAGADEC âgée de 16 ans, Urbaine LE GUILLOU âgée de 14, Françoise STERGOAT âgée de 23, ANNE BRENNER âgée de 31 ans, Marguerite LE GUILLOU âgée de 11, Marguerite LE GUILLOU âgée de 13, Marie LE GUILLOU âgée de 16, Michel LE NORMAND âgé de 16, Françoise HÉLOU âgée de 28, Marie LE PAIGE âgée de 38 ans, Louise LE PAIGE âgée de 9 ans, René LE BRIS âgé de 30, Thomas LE PAIGE âgé de 28 ans, François POULIQUEN âgé de 12 ans, Marie Anne POULIQUEN environ 14, Urbaine FAVENNEC âgée de 19, Catherine COZ âgée d environ 30, Marguerite LE GUILLOU âgée d environ 12, Jacques CORAN environ 1?, Marguerite RANNOU âgée d environ 28 ans, Jean RANNOU âgé d environ 8 ans, Anne LE COZ âgée d environ 24 ans, Michel COADOUT âgé d environ 22 ans, Yves MOCAËR âgé d environ 14 ans, Jeanne MOCAËR âgée d environ 17 ans, Yves PAIGE âgé d environ 12 ans. Ont été tous enterrés dans le cimetière de Pleiben alentour de la croix, par nous soussignés prêtres et ont assisté au convoi tous leurs parents et beaucoup de paroissiens. Jean Le Borgne - Prêtre P. Cozien - Prêtre curé de Pleiben Ph. Rivoal prêtre 1 Pour les 16 autres noyés appartenant à d autres paroisses, je ne dispose d aucun renseignement. 2 Le calvaire de Pleyben a été déplacé à l endroit actuel vers 1740. Trop près de la grande tour, il gênait la circulation des piétons. 3 Recopié dans les registres BMS conservés en mairie de Pleyben le 17/09/1998.
LES MISSIONS DU 17 e SIÈCLE Les «missions» ont été inventées au 16 ème siècle par Michel de Nobletz, un prêtre léonard, auquel succéda au 17 ème siècle, Julien Maunoir, un Rennais, qui aurait appris le breton en une seule nuit. Elles avaient pour but de remettre sur le droit chemin la pratique religieuse en Basse Bretagne en proie aux dérives causées par un clergé mal formé, plus ou moins corrompu et débauché, et à la superstition. Le père Michel Le Nobletz (1577-1652) La carte de la Croix, l une des «taolennou» de Michel Le Nobletz Photo Le Doaré Le père Julien Maunoir Les pères Nobletz et Maunoir avaient mis au point une pédagogie particulière en utilisant des images (taolennou) représentant ce qui attendait leurs auditeurs après leur mort : les affres de l enfer ou le bonheur éternerl, suivant leur conduite en ce monde. Ces images étaient présentées et commentées en des termes choisis, destinés à terrifier l auditoire. Les missions duraient plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Durant tout ce temps, les paroissiens rassemblés étaient soumis sans discontinuer à ce qu il faut bien appeler un bourrage de crâne intensif, à longueur de journée : messes, sermons, commentaires des taolennou, suivi de confessions, cantiques etc. On imagine dans quel état mental se trouvaient les malheureux à la fin de la mission après un pareil traitement. Avant de se séparer, les «missionnés» devaient participer à une procession «agrémentée» d une sorte de représentation théâtrale dont le but était de renforcer encore un peu plus la terreur que leur avait inspiré l éloquence des prédicateurs et leurs taolennou. Dans «l âge d or de la Bretagne 1532-1675» que je cite par ailleurs, Alain Croix a placé (p.508) une longue citation d un témoin d une de ces représentations. En voici un extrait :
«A la fin de la procession générale... il (Maunoir) fit monter sur un théâtre dressé exprès... les enfants qui devaient faire les interrogations au nom des vivans et il plaça sous le théâtre ceux qui devaient faire les réponses des damnez. Quand la procession fut venue en cet endroitlà, les vivans commencèrent à interroger les morts réprouvez : tout l auditoire fut émeu de leurs demandes... mais les voix lugubres qui exprimaient les supplices des damnez, sortant du dessous du théâtre comme du fond de l abyme effrayèrent tellement ce grang peuple... que chacun se frappa la poitrine et forma de nouvelles résolutions de faire pénitence et éviter le péché.» Maunoir, encore lui, une autre fois : «prêcha sur les tourmens de l enfer avec une si grande véhémence que tout l auditoire effrayé se mit à crier miséricorde...» Maunoir, mort en 1683, n était plus de ce monde pour conduire la mission de Lothey en 1693, mais ses méthodes à n en pas douter, avaient été reprises par ses élèves successeurs : prédication terrorisante, endoctrinement intensif et mise en scène d un théâtre déstiné à en «remettre une couche» sur l effet subi par les malheureux auditeurs durant toute la mission. Dans le cas présent je me demande si Lothey, au bourg peu accessible, n avait pas été choisi pour la rivière toute proche. Celle-ci aurait alors eu un rôle à jouer dans la mise en scène prévu pour clore la mission comme, par exemple, quelque terrifiant simulacre de noyade. Si c était le cas, la réalité aura largement dépassé la fiction. SOUVENIRS Pour commémorer ce tragique événement une croix de bois peinte en rouge fut dressé un peu au sud de la route allant de Pleyben à Châteaulin à l entrée de l allée du château de Trésiguidy. Le souvenir de cette croix demeure dans la toponymie de Pleyben : le petit hameau de quelques maisons qui s est construit à proximité, à la croisée de l ancienne route de Châteaulin et du chemin qui relie Saint-Ségal à Pont-Coblant, porte le nom de «CROAZ RU». L actuelle voie rapide RN 164 est equipée à cet endroit d une sortie dans le sens Châteaulin-Pleyben, indiquée comme il se doit «CROAZ RU». Que les lecteurs de ces lignes le sachent, cette «CROIX ROUGE» n a rien à voir avec l organisation internationale du même nom. Un autre souvenir de la noyade de Trésiguidy est visible dans la chapelle de Guénily dont les seigneurs de Trésiguidy étaient prééminenciers. Il s agit d un vitrail (cf. photo ci-contre). Pleyben - Chapelle de Guénily. Vitrail se trouvant dans le pignon du transept sud évoquant la noyade collective de trésiguidy, interprétée à sa façon par l artiste.
UN SURPRENANT BATEAU Je reviens sur cet étonnant bateau du «TITANIC à l échelle de Pleyben» qui fut l instrument du drame que l on vient d évoquer. A quoi pouvait-il ressembler? On l a vu,77 personnes qui étaient à son bord périrent noyées. Comme on peut tout de même avancer que tous ces passagers ne furent pas tous noyés jusqu au dernier; que quelques uns purent en réchapper, sortis de l eau par le meunier et son commis ou cramponnés à ce qui restait du bateau hors de l eau, c est sûrement plus de 80 personnes qui étaient montés à bord. Or 80 personnes, même installée sans aucun confort, cela prend de la place. A raison de quatre ou cinq au m 2, comme dans le métro parisien aux heures de pointe, il faut tout de même une surface de l ordre de 20 m 2. II fallait donc que la «barque TITANIC» de Trésiguidy soit longue de plus de 10 mètres et large de plus de deux. Ce sont les dimensions d une petite péniche. A quoi donc pouvait bien servir une pareille embarcation? D abord on imagine mal une péniche évoluant sur l Aulne qui n est jamais ni très large ni très profonde naturellement, au mois de juillet de surcroît, à une époque de l année où l eau n est pas au plus haut. Appartenait-elle au meunier? Qu en aurait-il fait? Une coque de noix pour les nécessités de son métier devait lui suffire. Alors, à un passeur pour faire passer d un bord à l autre de la rivière des voyageurs voulant faire l économie d un détour par Pont-Coblant? Ces voyageurs-là ne devaient pas être si nombreux. Pas assez sûrement pour mobiliser une si grande «barque». Reste à envisager l existence inattendue d une navigation marchande sur l Aulne un siècle et demi avant son aménagement en canal de Nantes A Brest, au moyen de bateaux dont certains, comme celui dont il est question ici, avaient les dimensions d un gros autobus ou d une petite péniche. Dans toutes les archives qu il m a été donné de consulter, je n ai jamais trouvé trace d une telle navigation. Et pourtant... le bateau de Trésiguidy a bel et bien existé. A défaut d archives, J ai tout de même trouvé quelque chose évoquant la navigation sur les rivières de Bretagne dans l ouvrage d Alain CROIX, historien, expert s il en est de l Histoire de Bretagne. L ouvrage s appelle : «Age d or de la Bretagne 1532-1675» L auteur y fait état d un rapport au roi Louis XIV de Charles Colbert, envoyé spécial chargé d une mission d inspection approfondie en Bretagne, dans laquelle il apparaît qu à défaut de routes généralement en mauvais état, la Bretagne disposait de tout un réseau de cours d eau, petits et grands, par lesquels on pouvait transporter des marchandises jusque loin à l intérieur au moyen d embarcations appropriées. Je lui emprunte ce petit extrait : «Le lecteur est peut-être surpris que l Oust, le Blavet, l Aulne, I EIorn... soient évoqués comme outils économiques, voies de transport de marchandises et de passagers, jusque loin dans les terres, qui plus est...» Lesquels transports pouvaient occasionner des naufrages, il cite 102 victimes sur la Rance en 1632, 40 ou 50 sur l Erdre en 1659. Il aurait peut-être pu rajouter les 77 de Pleyben en 1693. Alors, existait-il sur l Aulne au 17 ème siècle une navigation marchande transportant passagers et marchandises entre Port-Launay, le débouché maritime du centre- ouest Bretagne et les paroisses de l intérieur jusqu à Châteauneuf-du- Faou, voire au-delà? Faute de preuves tangibles, je me garderai de l affirmer trop fort, même si l ensemble des éléments dont je viens de faire état en constituent d assez fortes présomptions.
Voilà au moins un lièvre qui n aurait jamais été soulevé s il n y avait eu le naufrage d un TITANIC de l Aulne et ses 77 victimes d un sinistre bateau fantôme. Un lièvre qui n est sans doute pas prêt d être rattrapé. Coche d eau sur le Rhône au 17è siècle. Était-ce ce genre d embarcation qui naviguait sur l Aulne? LE MOULIN DE TRESIGUIDY Le moulin de Trésiguidy, propriété du baron du même lieu, n aurait rien de particulier s il n avait été en juillet 1693, le théàtre de cette noyade. C était un moulin à eau construit sur le bord de l Aulne, juste sous le château de Trésiguidy. Il semble que la partie active du moulin a été détruite au cours du 19 e siècle à l occasion des travaux d aménagement de la rivière Aulne en canal de Nantes à Brest. Les dépendances du 8 thermidor an 4 (26 juillet 1796) - Moulin de Trésiguidy Acte de vente comme bien national au citoyen THARO pour 9 409 L. 15 S
moulin, dont la maison d habitation, ont été conservées. La maison a été habitée au moins jusqu à la fin de la seconde guerre mondiale. II en resterait, d après les voisins, quelques vestiges enfouis sous la végétation. Le moulin et ses dépendances ont été vendus pendant la Révolution comme bien national, confisqués sur le baron Kergariou de Kervégant, noble émigré, le 8 thermidor an 4 (26 juillet 1796) pour la somme de 9409 livres 15 sols (voir cicontre). Lorsqu il a été vendu, le moulin était tenu par un fermier qui l exploitait depuis 1769 au terme d un bail du 12 avril de cette année-là. Le fermier s appelait Jean Le Velly ; il succédait à un homonyme, Michel Le Velly, un proche parent vraisemblablement, décédé laissant une veuve sans doute incapable de faire fonctionner seule le moulin. Le bail accordé à Jean Le Velly par dame Anne-Marguerite de Tréanna épouse de messire Jonatas de Kergariou, portait les conditions ci-après : - un loyer de 360 livres annuel, payable à chaque St-Michel, pour 9 années consécutives, - deux boisseaux d avoine, rendus au château de Trésiguidy Le bail a été reconduit en 1777 et 1783, mais à des conditions moins avantageuses pour le meunier : - 420 livres de loyer annuel - 600 livres de commission (droit au bail) - 4 boisseaux d avoine. Lorsque la vente sous la révolution a été faite au citoyen THARO, le bail du meunier était arrivé à son terme depuis 2 ou 3 ans déjà. Je ne sais pas si le nouveau propriétaire a conservé ou non l ancien fermier ou son fils, autre Jean Le Velly qui apparaît sur le dernier bail souscrit le 18 septembre 1783. Maurice CORNEC Novembre 2004 Moulin de Trésiguidy Bail à ferme du 2 avril 1769 Le velly, preneur