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PERMIS D ENVIRONNEMENT MAINTIEN ET SANCTIONS 1. Généralités 2. Inspections du permis 3. Mesures de contrainte 4. Sanctions

1. GÉNÉRALITÉS Le décret du 11 mars 1999 relatif au permis d environnement, vise à assurer la protection de l homme et de l environnement contre les dangers, nuisances et inconvénients qu un établissement est susceptible de causer, directement et indirectement, pendant et après l'exploitation. 1 Le décret relatif du 11 mars 1999 relatif au permis d environnement constitue la base de la réglementation en matière d'établissements classés. Les activités de bon nombre d établissements sont encore couvertes par d anciens permis d exploiter délivrés en vertu du Règlement général sur la protection du travail. Les volets surveillance et mesures administratives et sanctions pénales du décret du 11 mars 1999 relatif au permis d environnement sont applicables à ces anciens permis d exploiter. 1 Article 2 DPE.

2. INSPECTION DU PERMIS A. Superviseurs B. Moyens d investigation C. Époque du contrôle A. SUPERVISEURS La surveillance des établissements classés est exercée par : - Le bourgmestre ; - Les fonctionnaires et agents désignés par le gouvernement (fonctionnaire technique de la DPA, les fonctionnaires de la Division de la Police de l environnement, les fonctionnaires de la Division Nature et Forêt, de la Division de l Eau) ; - Les agents de la police judiciaire. En dehors du pouvoir général des officiers de police judiciaire, ceux-ci sont compétentes pour constater des infractions. B. MOYENS D INVESTIGATION Les agents peuvent, dans l'accomplissement de leur mission 2 : 1. procéder à tous examens, contrôles, enquêtes, et recueillir tous renseignements jugés nécessaires pour s'assurer que les dispositions légales, sont respectées et notamment : a. interroger toute personne sur tout fait dont la connaissance est utile à l'exercice de la surveillance; b. se faire produire sans déplacement ou rechercher tout document, pièce ou titre utile à l'accomplissement de leur mission, en prendre copie photographique ou autre, ou l'emporter contre récépissé; c. contrôler l'identité de tout contrevenant; 2. prélever des échantillons; 3. faire procéder à des analyses selon les règles déterminées. En cas de prélèvement en vue d'analyse, le contrevenant est immédiatement informé de la possibilité 2 Article D. 146 du Livre I du Code de l Environnement.

d'effectuer, à ses frais, une contre-analyse. S'il résulte du protocole d'analyse qu'une infraction a été commise, il est dressé procès-verbal; 4. arrêter les véhicules utilisés pour le transport, contrôler leur chargement; 5. prendre toute mesure conservatoire nécessaire en vue de l'administration de la preuve et, notamment, pendant un délai n'excédant pas septante-deux heures : a. interdire de déplacer des objets ou mettre sous scellés les établissements ou installations susceptibles d'avoir servi à commettre une infraction; b. arrêter, immobiliser ou mettre sous scellés les moyens de transport et autres pièces susceptibles d'avoir servi à commettre une infraction; 6. en présence de l'intéressé ou celui-ci dûment appelé, tester ou faire tester par les personnes, les laboratoires ou organismes publics et privés agréés les appareils et dispositifs susceptibles d'être en contravention avec les dispositions légales; 7. se faire accompagner d'experts techniques; 8. procéder à des mesures de police administrative permettant de retirer de la circulation des objets pouvant être source d'une atteinte à l'environnement; 9. suivre les objets jusque dans les lieux où ils auront été transportés, et les placer sous séquestre. C. ÉPOQUE DU CONTRÔLE Dans l exercice de leurs missions et sans préjudice de leurs tâches d inspection établies par ailleurs, les agents peuvent pénétrer, à tout moment (à toute heure du jour ou de la nuit), dans les installations, locaux, terrains et autres lieux sauf s ils constituent un domicile au sens de l article 15 de la Constitution, ces agents peuvent y pénétrer moyennant l autorisation préalable d un juge d instruction. 3 3 Article D.145 du Livre I du Code de l Environnement.

3. MESURES DE CONTRAINTE En cas d infraction, les agents peuvent adresser un avertissement à l auteur présumé de l infraction ou au propriétaire du bien où elle a été commise ou d où provient le fait constitutif de l infraction et fixer un délai de régularisation. Lorsqu il est donné verbalement, l avertissement est confirmé par écrit dans les quinze jours par l agent auteur de l avertissement. Les agents se tiennent mutuellement informés sans délai des avertissements dont ils sont auteurs et établissent un rapport à l issue du délai de régularisation. 4 Lorsqu'il a été dressé un procès-verbal d'une infraction, le bourgmestre, sur rapport de l'agent, peut 5 : 1. ordonner la cessation totale ou partielle d'une exploitation ou d'une activité; 2. mettre les appareils sous scellés et, au besoin, procéder à la fermeture provisoire immédiate de l'installation; 3. imposer au responsable de l'installation, exploitation ou activité précitée un plan d'intervention ou l'introduction d'un plan de remise en état ou de réhabilitation dans un délai déterminé et, le cas échéant, la fourniture au bénéfice de la Région, d'une sûreté afin de garantir la remise en état; 4. prendre toute autre mesure utile pour faire cesser un danger pour l'environnement, en ce compris la santé humaine; 5. informer l'administration. Le bourgmestre communique au contrevenant sa décision prise, soit par remise contre récépissé, soit par envoi recommandé avec accusé de réception. Le bourgmestre envoie en même temps la copie de cette décision à l'agent qui a rédigé le rapport. En cas d'inaction du bourgmestre durant quinze jours à dater de l'envoi du rapport ou lorsque l'imminence d'un danger est telle que le moindre retard provoque un risque pour l'environnement, en ce compris la santé humaine, les agents, disposent des mêmes prérogatives que celui-ci. Lorsque le contrevenant reste en défaut d'introduire un plan de remise en état ou de réhabilitation dans le délai fixé ou n'en respecte pas les conditions, le bourgmestre ou, à défaut, le Gouvernement peut procéder d'office à la remise en état aux frais du contrevenant. A défaut pour le contrevenant de prendre les mesures imposées dans le délai fixé, le Gouvernement ou son délégué, d'office ou à la demande du bourgmestre, peut confier à la 4 Article D.148 du Livre I du Code de l Environnement. 5 Article D.149 du Livre I du Code de l Environnement.

Société publique d'aide à la qualité de l'environnement l'exécution de la remise en état d'office, laquelle s'effectue à charge du contrevenant. En outre, le Gouvernement ou son délégué peut imposer à ce dernier qu'il fournisse une sûreté. 6 Le Gouvernement ou son délégué avise par recommandé la ou les personnes devant fournir la sûreté en précisant le montant et les modes de constitution possibles. Si aucune sûreté n'a été fournie dans les huit jours, le Gouvernement ou son délégué fait signifier au contrevenant un commandement de payer dans les vingt-quatre heures à peine d'exécution par voie de saisie. La fourniture d'une sûreté ne fait pas obstacle à la continuation des poursuites. Le délai du commandement de payer étant expiré, le Gouvernement ou son délégué peut faire pratiquer une saisie, laquelle s'effectue de la manière établie par le Code judiciaire. 6 Article 55 DPE.

4. SANCTIONS A. Sanctions pénales B. Sanctions administratives C. Exemples d infractions visées A. SANCTIONS PÉNALES Les infractions, sont réparties en quatre catégories 7 : Catégorie Sanctions pénales Crime/infraction première une réclusion à temps de 10 ans à 15 ans et d'une amende d'au moins 100.000 euros et au maximum de 10.000.000 euro ou d'une de ces peines seulement deuxième un emprisonnement de 8 jours à 3 ans et d'une amende d'au moins 100 euros et au maximum de 1.000.000 euros ou d'une de ces peines seulement Crimes environnementaux qui requièrent: 1. un élément matériel qui aurait été constitutif d une infraction de deuxième catégorie; 2. un élément moral par lequel l infraction a été commise sciemment et avec intention de nuire; 3. un élément matériel qui consiste dans la circonstance que la santé humaine a été ou est susceptible d être mise en danger. Infractions de deuxième catégorie, reprises au sein des diverses législations particulières. Commet, par ailleurs, également une infraction de deuxième catégorie: 1. celui qui s oppose ou enfreint les mesures de contraintes qui peuvent être prises par le bourgmestre ou par les agents du Gouvernement en cas d infraction ou qui s y oppose (à savoir, la cessation totale/partielle d une exploitation/activité; la mise sous scellés et la fermeture provisoire immédiate de l installation; ou encore l imposition d un plan d intervention ou l introduction d un plan de remise en état) ; 2. celui qui s oppose ou entrave les missions des agents; 3. celui qui s oppose ou entrave les mesures de restitution prononcées par le juge ; 4. celui qui s'oppose ou entrave les mesures de remise en état imposées par un fonctionnaire sanctionnateur troisième un emprisonnement de 8 jours à 6 mois Infractions de troisième catégorie, reprises dans les différentes législations particulières 7 Articles D.151 à 154 du Livre I du Code de l Environnement.

ou d'une amende d'au moins 100 euros et au maximum 100.000 euros ou d'une de ces peines seulement quatrième une amende d'au moins 1 euro et au maximum 1.000 euros Infractions de quatrième catégorie sont, quant à elles, reprises dans les différentes législations particulières B. SANCTIONS ADMINISTRATIVES Le législateur wallon introduit la possibilité d imposer une amende administrative pour les infractions de la deuxième, la troisième et la quatrième catégorie. 8 Le montant de l'amende administrative encourue est 9 : 1. de 50 euros à 100.000 euros pour une infraction de deuxième catégorie ; 2. de 50 euros à 10.000 euros pour une infraction de troisième catégorie ; 3. de 1 euro à 1.000 euros pour une infraction de quatrième catégorie. Le procureur du Roi dispose d'un délai de trente jours pour les infractions de quatrième catégorie ou de soixante jours pour les infractions de troisième ou de deuxième catégorie, à compter de la réception du procès-verbal, pour informer l'administration régionale de l'environnement ou, le cas échéant, le fonctionnaire sanctionnateur communal qu'une information ou une instruction a été ouverte ou que des poursuites ont été entamées, ou qu'il estime devoir classer le dossier à défaut de charges suffisantes. Aucune amende administrative ne peut, en principe, être infligée avant l'échéance de ce délai, sauf si le procureur du Roi a fait savoir qu'il ne réserverait pas de suite aux faits. Passé ce délai de trente, soixante jours, les faits spécifiés dans le procès-verbal ne pourront être sanctionnés que de manière administrative. 10 Dans le cas où le procureur du Roi renonce à poursuivre ou omet de notifier sa décision dans le délai fixé, le fonctionnaire sanctionnateur décide s'il y a lieu d'entamer la procédure administrative. 11 8 Article D.160 du Livre I du Code de l Environnement. 9 Article D.160 du Livre I du Code de l Environnement. 10 Article D.162 du Livre I du Code de l Environnement. 11 Article D.163 du Livre I du Code de l Environnement.

Cette amende administrative (régionale ou communale), devra respecter une procédure particulière visant notamment à préserver les droits de la défense. Il communique au contrevenant, par lettre recommandée à la poste 12 : 1. les faits à propos desquels la procédure a été entamée; 2. que le contrevenant a la possibilité d'exposer par écrit, par lettre recommandée à la poste ou par toute autre modalité déterminée par le Gouvernement, conférant une date certaine à l'envoi, ses moyens de défense dans un délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la lettre recommandée, et qu'il a, à cette occasion, le droit de demander au fonctionnaire la présentation orale de sa défense; 3. que le contrevenant a le droit de se faire assister ou représenter par un conseil; 4. que le contrevenant a le droit de consulter son dossier; 5. une copie en annexe du procès-verbal; 6. un extrait de la législation transgressée ainsi que, le cas échéant, un extrait du règlement communal transgressé. Le fonctionnaire détermine, le cas échéant, le jour où le contrevenant est invité à exposer oralement sa défense. Si le fonctionnaire estime qu'une amende n'excédant pas les 62,50 euro doit être imposée, le contrevenant n'a pas le droit de demander la présentation orale de sa défense. À l'échéance du délai de quinze jours, ou avant l'échéance de ce délai, lorsque le contrevenant signifie ne pas contester les faits ou, le cas échéant, après la défense orale de l'affaire par le contrevenant ou son conseil, le fonctionnaire peut imposer l'amende administrative prévue par le présent décret, ainsi que, le cas échéant, le règlement communal. En outre, il peut imposer la remise en état des lieux. La décision est notifiée au contrevenant par lettre recommandée et doit être portée à la connaissance du fonctionnaire sanctionnateur et de la commune concernée dans un délai de cent quatre-vingts jours. Toutefois, ce délai est porté à trois cents soixante-cinq jours lorsque le fonctionnaire impose uniquement une remise en état. Ce délai prend cours à compter du jour de la réception de la copie du procès-verbal. Cette décision mentionne les possibilités de recours. Aucune amende administrative ne peut être infligée plus de cent quatre-vingts jours après le procès-verbal de constat de l'infraction. Aucune remise en état ne peut être imposée plus de trois cents soixante-cinq jours après le procès-verbal de constat de l'infraction. 12 Article D.163, alinéa 2, du Livre I du Code de l Environnement.

Le fonctionnaire sanctionnateur peut transmettre une copie du procès-verbal constatant l'infraction ainsi qu'une copie de sa décision à toute partie y ayant un intérêt et qui lui a adressé au préalable une demande écrite et motivée. Le contrevenant, le Directeur général de l'administration régionale de l'environnement à l'encontre de la décision du fonctionnaire sanctionnateur ou la commune soit à l'encontre de la décision du fonctionnaire sanctionnateur régional, soit à l'encontre de la décision du fonctionnaire provincial, et qui vise des infractions qui ont fait l'objet d'un règlement communal, peuvent introduire un recours dans un délai de trente jours, à peine de forclusion, prenant cours à compter de la notification de la décision, ou de l'écoulement du délai, en cas d'absence de décision. Ce recours suspend l'exécution de la décision. Le recours est introduit par voie de requête devant le tribunal de police en cas d'infractions de troisième ou quatrième catégorie. Le recours est introduit par voie de requête devant le tribunal correctionnel en cas d'infractions de deuxième catégorie. La requête contient l'identité et l'adresse du contrevenant, la désignation de la décision attaquée, les motifs de contestation de cette décision. Les décisions du tribunal de police et du tribunal correctionnel ne sont pas susceptibles d'appel. Les fonctionnaires chargés d'infliger une amende administrative peuvent accorder aux auteurs de l'infraction des mesures de sursis à exécution. Ils peuvent réduire la peine au-dessous du minimum légal en cas de circonstances atténuantes. Le Code d'instruction criminelle est applicable aux procédures et décisions du présent article. 13 C. EXEMPLES D INFRACTIONS VISÉES i. Exploitation sans permis ou sans déclaration ii. Irrespect des conditions d exploitation i. Exploitation sans permis ou sans déclaration Nul ne peut exploiter sans permis d environnement un établissement de classe 1 ou de classe 2. 14 Nul ne peut exploiter un établissement de troisième classe sans avoir fait une déclaration préalable. 15 Toute personne qui contrevient à ces articles commet une infraction de deuxième catégorie, sanctionnée soit de manière pénale, soit par le biais d une amende administrative. Par ailleurs, dans la mesure où l infraction a été commise sciemment et avec intention de nuire, et a mis ou a été susceptible de mettre en danger la santé humaine, celle-ci constitue une infraction de catégorie 1. ii. Irrespect des conditions d exploitation L exploitant d un établissement observe les conditions d exploitation générales, sectorielles ou particulières dans le cas d un établissement de classe 1 ou de classe 2 ou, dans le cas d un établissement de classe 3, les conditions générales, sectorielles ou intégrales, applicables à son établissement et les conditions complémentaires éventuellement 13 Article D. 164 du Livre I du Code de l Environnement. 14 Article 10 DPE. 15 Article 11 DPE.

prescrites par l autorité compétente. 16 Le non-respect de cette disposition est une infraction de deuxième catégorie. Celle-ci peut donner lieu à une sanction pénale ou à une amende administrative. Par ailleurs, dans la mesure où l infraction a été commise sciemment et avec intention de nuire, et a mis ou a été susceptible de mettre en danger la santé humaine, celle-ci constitue une infraction de première catégorie. 16 Article 58 DPE.