26 Mai 2011 La Mutuelle des Etudiants 3ème Enquête Nationale sur la Santé des Étudiants Contact Annaïg PIEDERRIERE apiederriere@lmde.com 01 56 20 84 08 Dossier de presse
Sommaire Page 3 Qu est ce que la LMDE? La troisième Enquête Nationale sur la Santé des Etudiants Page 4 Introduction Page 5 Des conditions sociales dégradées Page 6 Les étudiants rencontrent de réelles difficultés pour se soigner Page 8 Près d un tiers des étudiants montrent des signes de mal-être Page 9 Alcool, Sexualité, Tabac : les habitudes de santé des étudiants Page 11 Un regard sévère sur la société Page 12 Santé des étudiants : les 10 propositions de la LMDE 2
Qu est ce que la LMDE? La Mutuelle des Etudiants (LMDE), seule mutuelle étudiante nationale, assure aujourd hui la gestion du régime obligatoire de sécurité sociale pour près de 900 000 étudiants et offre une couverture complémentaire à plus de 330 000 étudiants. La LMDE est gérée pour les étudiants et par des étudiants élus au sein de ses instances : Assemblée Générale, Conseil d Administration et Bureau National. La gestion de la LMDE par ses usagers lui permet d identifier au mieux les besoins des étudiants et d y apporter les réponses les plus adaptées. La LMDE assoit par ailleurs sa démarche mutualiste sur une forte expertise du milieu étudiant par la publication d enquêtes régulières et une politique de prévention à destination des étudiants, fondamentale dans la période d acquisition des gestes de santé. Enfin, la LMDE porte haut et fort les valeurs de la solidarité en défendant le plus haut niveau de protection sociale collective et en appliquant ces principes à l ensemble de ses complémentaires santé. La troisième Enquête Nationale sur la Santé des Étudiants La Mutuelle des Étudiants fait de l expertise du milieu étudiant un pilier fondamental de sa démarche mutualiste. La LMDE a donc créé en 2003 l Observatoire Expertise et Prévention pour la Santé des Étudiants (EPSE) rassemblant de nombreux acteurs de l enseignement supérieur (Fondation Santé des Étudiants de France, UNEF, FCPE, MGEN ) ayant pour objectif de mieux connaître les comportements de santé des étudiants. Cet observatoire s appuie sur l expérience de ses membres et son comité scientifique pour garantir le sérieux de ses études. Avec l observatoire EPSE, la LMDE réalise tous les 3 ans l Enquête Nationale sur la santé des Étudiants. Enquête de référence, l Enquête Nationale sur la Santé des Étudiants de la LMDE est à ce jour l unique enquête de portée nationale et généraliste rassemblant des données sur un large éventail de problématiques de santé des étudiants. Pour la réalisation de l Enquête Nationale sur la Santé des Étudiants 2011, conduite avec l IFOP, près de 8500 étudiants représentant l ensemble des académies ont ainsi répondu à 159 questions autour de 4 grands thèmes : l état des lieux sanitaire de la population étudiante, l état des lieux social, l accès aux soins des étudiants et le regard des étudiants sur la société Cette enquête permet donc de dresser un état des lieux de la santé des jeunes au niveau national mais permet également de mettre en valeur des comparaisons régionales. 3
Introduction Longtemps, la période des études a été perçue par la société comme une véritable «parenthèse enchantée», sorte de sas d insouciance dorée entre l adolescence et l entrée dans la vie active. Aujourd hui, la réalité des conditions de vie étudiante remet très largement en cause ce postulat. L absence de statut protecteur, l inadéquation du système d aides sociales aux besoins des étudiants, les effets de la crise économique impactent lourdement les conditions matérielles des étudiants. La 3 ème enquête nationale sur la santé des étudiants fait clairement état de cette dégradation : plus d un étudiant sur 4 déclarent rencontrer des difficultés à joindre les deux bouts pour leurs dépenses courantes. Population de plus en plus fragile socialement, les étudiants subissent de plein fouet la hausse du coût de la santé. Les reculs successifs de la prise en charge des soins par l assurance maladie, la hausse de la participation des assurés sociaux, le poids des dépassements d honoraires agissent comme des barrières, parfois lourdes, à l accès aux soins des étudiants. 34% des étudiants déclarent avoir renoncé à une consultation médicale et 20% d entre eux ont renoncé à un traitement pour des raisons financières. Le niveau de remboursement des soins dits «ambulatoires» (les plus pratiqués par les étudiants) est tombé à presque 50%. Pour 80% des assurés sociaux, dont les étudiants, seul sur 2 est pris en charge par la sécurité sociale. La souscription d une complémentaire santé est donc de plus en plus nécessaire pour bénéficier d un haut niveau de protection sociale. Pourtant, 19% des étudiants n ont pas de complémentaire santé (6% pour la population générale). Ces constats ne sont pas nouveaux. Les précédentes enquêtes de la LMDE avaient déjà pointé ces tendances. Cependant, les rares mesures prises par les pouvoirs publics se sont révélées bien insuffisantes. Alors que le rapport sur la santé et la protection sociale des étudiants de 2006 du député Laurent WAUQUIEZ pointaient une absence de réflexion sur la santé des étudiants, ses propositions n ont, pour la plupart, pas été suivies d effet. La possibilité de créer de véritables centres de santé sur les campus n a pu devenir une réalité faute de moyens. La création d une aide nationale à la souscription d une complémentaire santé, promise par le candidat Nicolas Sarkozy, est restée lettre morte. En conséquence, la politique sanitaire est aujourd hui bien souvent absente des campus et l action des pouvoirs publics pour favoriser l accès aux soins des étudiants reste très inégale. Cette 3 ème enquête sur la santé des étudiants révèle par ailleurs un accès trop limité à la prévention. Alors qu une visite médicale est obligatoire en licence, seuls 32% des étudiants déclarent en avoir bénéficié. Le manque de moyens des structures de Médecine Préventive Universitaire ne leur permet pas d assurer leurs missions. Les mutuelles étudiantes souffrent également d un manque de moyens pour mener à bien leur politique de prévention. L enquête pointe par ailleurs de nouvelles problématiques de santé publique et de prévention comme le trop faible recours au test de dépistage du VIH/SIDA. La mise en œuvre d une politique de prévention ambitieuse à destination des jeunes et des étudiants est pourtant nécessaire en termes de prévention des risques dans une période où les bons gestes de santé s acquièrent. Si les étudiants, parce que jeunes, sont globalement en bonne santé, cette 3 ème enquête sur la santé des étudiants révèlent ainsi des tendances lourdes de dégradation des conditions de vie et de l accès aux soins des étudiants. Les pratiques et habitudes de santé prises pendant la jeunesse seront le socle de son futur état de santé. Pourtant, les ressources et les moyens mis à disposition de notre génération semblent ne pas lui permettre de maîtriser suffisamment le système de santé ou encore de prendre les bonnes habitudes de santé. Le niveau de renoncement aux soins des étudiants est quant à lui inacceptable. Une action ambitieuse de pouvoirs publics est donc plus que jamais nécessaire pour favoriser l accès aux soins et à l éducation pour la santé des étudiants. La LMDE, à l appui de son enquête, demande aux pouvoirs publics de prendre des mesures immédiates et formule à ce titre 10 propositions pour favoriser l accès aux soins des étudiants. Gabriel SZEFTEL, président de la Mutuelle des Étudiants 4
Des conditions sociales dégradées Cette 3 ème enquête nationale sur la santé des étudiants révèle une dégradation des conditions de vie des étudiants marquée par trois enseignements principaux : > De plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts La précarité sociale des étudiants est aujourd hui un véritable fait de société. Ainsi, près du quart des étudiants jugent leurs revenus insuffisants (24%) Alimentation, loyer ou encore factures d électricité sont sources de difficultés financières pour de nombreux étudiants. Ainsi, ils sont 26% à déclarer avoir rencontré de réelles difficultés pour faire face aux dépenses courantes. > Un accès à l autonomie entravé Les étudiants sont enfermés dans une double dépendance. D une part, la dépendance familiale reste particulièrement élevée puisque pour 73% des étudiants, la cellule familiale constitue la principale source de revenus loin devant les aides sociales. Ainsi, seulement 38% des étudiants bénéficient d aides sociales (bourses sur critères sociaux, aide au logement, allocations familiales). D autre part, la dépendance au salariat étudiant est également très marquée. 28% des étudiants interrogés déclarent exercer une activité rémunérée. Si ce chiffre peut paraître faible, il est en réalité particulièrement élevé. En effet, de nombreux étudiants (29%) sont exclus de notre panel car ils ne sont pas affiliés au régime étudiant de sécurité sociale. Parmi eux, les étudiants qui travaillent plus de 20h00 par semaine. La population étudiante salariée globale semble donc être très importante. Les étudiants autonomes sont également ceux qui déclarent le plus de difficultés financières. Ainsi, l expérience de difficultés financières pour faire face aux dépenses courantes s aggrave pour les étudiants les plus âgés, vivant dans un logement autonome ou encore en couple. L accès à l autonomie reste donc particulièrement difficile du fait du manque de moyens mais également des difficultés financières induites par l exercice de cette autonomie. L autonomie étudiante rime ainsi souvent avec précarité sociale. > Le salariat étudiant ne permet pas d éviter la précarité Près de la moitié des étudiants vit avec moins de 400 par mois. 54% des étudiants salariés sont concernés par ce faible niveau de revenus et 31% d entre eux déclarent rencontrer des difficultés financières. Les étudiants contraints de se salarier pour financer leurs études connaissent donc des difficultés financières importantes. Le salariat étudiant n est donc pas un levier pour sortir d une situation de précarité sociale Alors que certains acteurs de l enseignement supérieur considèrent que le salariat étudiant serait complémentaire et utile aux études, l enquête démontre que 20% des étudiants salariés considèrent leur activité comme pénalisante pour leurs études. Jugement des étudiants sur leurs revenus Etudiants déclarant rencontrer des difficultés à faire face aux dépenses courantes Non 74% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% Oui 26% 0% Suffisants Acceptables Insuffisants NSP 5
Les étudiants rencontrent de réelles difficultés pour se soigner L enquête nationale sur la santé des étudiants témoigne d un accès aux soins des étudiants en recul et d un niveau de protection sociale insuffisant. > 1 étudiant sur 5 renonce à se soigner Etudiants ayant renoncé à des soins ces 12 derniers mois Non 66% Le phénomène du renoncement aux soins des étudiants avait déjà été pointé par nos précédentes enquêtes de 2005 et 2008. L enquête 2011 le confirme à nouveau et témoigne même d une tendance forte à l amplification de ce phénomène chez les étudiants. Ainsi, 34% des étudiants déclarent avoir renoncé à consulter un médecin au cours des douze derniers mois. Plusieurs facteurs favorisent ce phénomène et notamment la question financière. La précarité des conditions de vie matérielles des étudiants s ajoute aux reculs successifs du niveau de prise en charge de l assurance maladie. Le niveau de remboursement des soins dits «ambulatoires» est tom- Oui 34% bé à près de 50%. De plus, le poids des dépassements d honoraires agit comme une barrière supplémentaire à l accès aux soins. Le reste à charge des étudiants est donc de plus en plus important et pèse lourdement dans leurs budgets souvent très faibles. Dans ce contexte, les dépenses de santé sont une variable d ajustement des budgets étudiants. En témoignent les 8% d étudiants déclarant avoir renoncé à d autres postes de dépenses pour pouvoir se soigner. Par ailleurs, 1 étudiant sur 5 explique avoir renoncé à des soins ou traitements médicaux pour des raisons financières. On observe donc que les étudiants n ont pas toujours les moyens de suivre les traitements prescrits par les médecins. Le coût de la santé désorganise donc l ensemble du système de santé, de la consultation à la prise d un traitement. Les étudiants sont ainsi nombreux à déclarer reporter leurs consultations et leurs soins en préférant se soigner seuls par le biais de l automédication. Le renoncement aux soins des étudiants est aujourd hui une réalité pour un nombre croissant d entre eux. Une action des pouvoirs publics est donc plus que jamais nécessaire et urgente pour endiguer ce phénomène et favoriser l accès aux soins des étudiants. > De nombreux étudiants ne bénéficient pas d un niveau de protection sociale suffisant Le transfert continu de la prise en charge des dépenses de santé de l assurance maladie vers les assurés sociaux impose plus que jamais de bénéficier d une complémentaire santé. Or près d un étudiant sur 5 (19%) déclare ne pas avoir de complémentaire santé. A titre de comparaison, ce chiffre était de 13% dans notre étude de 2005. Part d'étudiants ne bénéficiant pas d'une complémentaire santé Cette absence de couverture complémentaire a des conséquences immédiates sur les étudiants. Ainsi, le renoncement aux soins pour raisons financières augmente de 10 points chez les étudiants ne bénéficiant pas d une complémentaire santé. L absence de couverture complémentaire présente également un risque financier important, notamment en cas d accident ou d hospitalisation imprévue, l étudiant devant alors financer la part non prise en charge par la sécurité sociale. 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Oui Non 6
Les étudiants rencontrent de réelles difficultés pour se soigner La question financière est un facteur majeur de cette absence de couverture complémentaire. L impossibilité financière de souscrire une complémentaire santé est l une des principales raisons évoquées par les étudiants. La faiblesse des budgets étudiants les contraint donc à procéder à des arbitrages dans leurs dépenses et à renoncer notamment à un haut niveau de protection sociale. Le renoncement aux soins pour raisons financières augmente lorsque les étudiants n'ont pas de complémentaire santé 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% Renoncement aux soins pour raisons financières des étudiants AVEC complémentaire santé Renoncement aux soins pour raisons financières des étudiants SANS complémentaire santé > La faiblesse du recours au système de santé devient préoccupante Les habitudes de consultation médicale des étudiants sont également préoccupantes à long terme, notamment dans un souci de prévention. Ainsi, 12% des étudiants n ont fait aucune visite chez le médecin généraliste dans les 12 derniers mois. La non-consultation de spécialiste est encore beaucoup plus marquée. Ainsi, 57% des étudiantes n ont pas consulté de gynécologues dans l année alors que les recommandations sanitaires préconisent une consultation annuelle de prévention. La consultation de spécialistes est souvent rendue difficile pour les étudiants. La pratique de dépassements d honoraire parfois particulièrement élevés agit comme la première barrière pour les étudiants. Ainsi, selon la CNAMTS, le niveau de dépassement d honoraires chez les spécialistes était en moyenne de 54% en 2010. Le manque criant de praticiens dans certaines spécialités (gynécologie par exemple) provoque parfois de fortes difficultés à obtenir une consultation. Si ces problématiques impactent l ensemble des assurés sociaux, leur impact sur les étudiants doit interpeller les pouvoirs publics. En effet, la période de la jeunesse est celle de l acquisition des futures habitudes de santé. > La prévention au sein des établissements en recul 70% 60% 50% 40% Part d'étudiant ayant effectué une visite médicale à l'université La mise en œuvre d une visite médicale par les établissements d enseignement supérieur est une obligation légale pour les étudiants en licence. Or notre enquête démontre que seuls 32% des étudiants déclarent avoir bénéficié d une visite médicale obligatoire. Un recul puisqu en 2008, ils étaient 59%. Cet affaiblissement du suivi sanitaire à l université se retrouve aussi dans l enseignement secondaire. 30% 20% 10% 0% 2008 2011 Cette visite médicale constitue pour certains étudiants l unique consultation d un praticien dans l année. De ce fait, des moyens humains et matériels supplémentaires doivent être donnés aux médecines préventives universitaires afin qu elles puissent remplir leur mission. 7
Près d un tiers des étudiants montre des signes de mal-être Existence d'un sentiment constant de tristesse et de déprime d'au moins deux semaines au cours des 12 derniers mois Les étudiants interrogés déclarent être dans un état d esprit plutôt bon. Toutefois près de 4 étudiants sur 10 (38%) ont ressenti un sentiment constant de tristesse ou de déprime dans les 12 derniers mois. Perte d intérêt pour tout, sentiment de tristesse durant toute la journée Le mal-être étudiant est une réalité. Par ailleurs, 12% des étudiants déclarent avoir eu des idées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Non 62% Oui 38% La connaissance des Bureaux d'aide Pychologique Universitaire par les étudiants 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Oui 8% Non 90% Nsp 1% Alors que la problématique du mal-être chez les adolescents est régulièrement traitée et analysée par les pouvoirs publics, le mal-être chez les étudiants semble moins connu et surtout moins pris en charge. Ainsi, seuls 16 % des étudiants en situation de mal-être (troubles émotifs, nerveux) ont consulté un professionnel de santé. Le médecin généraliste reste le premier recours des étudiants devant le psychiatre ou le psychologue. La prise en charge par la sécurité sociale des consultations liées au mal-être reste faible. Seuls 30% des étudiants ayant consulté un professionnel de santé ont bénéficié d un remboursement par la sécurité sociale. Ce faible niveau de remboursement agit comme une barrière dans l accès à un professionnel. Alors que le phénomène du mal-être étudiant est connu depuis plusieurs années, la prise en charge de celui-ci au sein des établissements d enseignement supérieur reste particulièrement faible. L existence de Bureaux d Aide Psychologiques Universitaires (BAPU), structures dédiées à la prise en charge des troubles psychologiques des étudiants, reste inégale et ceux-ci sont totalement absents de nombreuses villes universitaires. Quand ces structures existent, elles sont souvent méconnues des étudiants. Seuls 8% des étudiants interrogés connaissent ainsi l existence des Bureaux d Aide Psychologique Universitaire. Pourtant, si certains facteurs de mal-être chez les étudiants sont proches de ceux observés chez les adolescents, des facteurs propres à la condition étudiante doivent trouver une réponse spécifique. Manque d encadrement universitaire, difficultés d orientation, stress lié à l organisation des emplois du temps s ajoutent aux facteurs individuels et comportementaux. La prise en charge du mal-être des étudiants doit donc être considérablement améliorée. Il devient notamment urgent pour la communauté universitaire d inverser la tendance de réduction des moyens et de fermeture des Bureaux d Aide Psychologiques Universitaires. Les BAPU doivent au contraire être développés, accessibles dans l ensemble des villes universitaires et suffisamment dotés pour pouvoir recevoir un maximum d étudiants. 8
Les habitudes de santé des étudiants > SIDA/IST : un recours au dépistage insuffisant L utilisation du préservatif par les étudiants est correct puisque près de 80% d entre eux déclarent l utiliser systématiquement avec un nouveau partenaire et seuls 3% des étudiants déclarent ne jamais en utiliser. Toutefois, les efforts d information et de prévention doivent se poursuivre. Ainsi, si 84% des étudiants s estiment bien informés sur les risques liés au VIH/SIDA, 41% d entre eux s estiment mal informés sur les autres Infections Sexuellement Transmissibles. Expérience du dépistage VIH/SIDA chez les étudiants Etudiants ayant effectué au moins un test de dépistage au cours de leur vie 44% Etudiants n'ayant jamais effectué de test de dépistage au cours de leur vie 66% L information sur le VIH/SIDA semble donc être satisfaisante et doit se poursuivre. Toutefois, l absence du réflexe de dépistage est aujourd hui une problématique de santé préoccupante chez les étudiants. En effet, 66% des étudiants n ont jamais pratiqué de test de dépistage alors même que les recommandations sanitaires préconisent la réalisation d un test tous les 6 mois en l absence de partenaire régulier. Alors que l INPES estime que 50 000 personnes vivent avec le VIH sans le savoir, le manque d information, les difficultés d accès au dépistage ou encore la stigmatisation de celui-ci sont autant de freins à l acquisition de ce qui doit devenir une habitude. Alors que le Plan VIH/SIDA 2010-2014 entend faciliter la pratique du dépistage, il est important que la population étudiante soit prise en compte dans les politiques qui seront menées et que les tests de dépistage d urgence soient accessibles dans les Médecine Préventive Universitaire. > Alcool : une consommation occasionnelle et festive 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Fréquence de la consommation d'alcool chez les étudiants Consommation occasionnelle (1 fois/ mois ou moins) Fréquences plus importantes (de 2 fois par mois à tous les jours) Alors que la consommation d alcool par les jeunes a fait l objet de nombreux débats ces derniers mois, les chiffres de notre étude démontrent que la consommation d alcool des jeunes est similaire à celle de l ensemble de la société. La place de l alcool dans la société française en fait un fait social chez les étudiants comme dans le reste de la population. 80% des étudiants ont une consommation d alcool occasionnelle (1 fois par mois ou moins) et majoritairement festive. 73% des jeunes consomment de l alcool pour faire la fête. Nous sommes donc bien loin de l emballement médiatique qui a notamment entouré le phénomène des apéros Facebook. Ainsi, contrairement aux idées reçues, seuls 13% des étudiants déclarent boire pour rechercher l ivresse. La recherche d alcoolisation maximale et rapide en France (que certains ont voulu rapprocher du «Binge Drinking» anglo-saxons), reste minoritaire. 9
Les habitudes de santé des étudiants Les récentes mesures prises par les pouvoirs publics sont inadaptées à la réalité de la consommation étudiante. Ainsi, la répression à l égard de la consommation d alcool des jeunes sur les lieux publics a pour effet de déplacer les lieux de consommation vers la sphère privée. 60% des cas d ivresse se déroule dans un cadre privé (contre 17% en soirée étudiante et 8% en discothèque). Ce phénomène rend impossible une politique de prévention efficace. Par exemple, LMDE développe des modes d intervention adaptés aux lieux publics et visant à aller à la rencontre des jeunes (déambulation, interventions en milieu festif ). Les campagnes de prévention doivent donc cibler les surconsommations sans pour autant stigmatiser les consommations et opérer une répression systématique. > Tabac : un recul net de la consommation des étudiants La représentation sociale du tabac a nettement évolué chez les jeunes. Alors qu il y a quelques années, le fait de fumer était perçu comme un facteur d intégration au groupe social et véhiculait une image positive chez les jeunes, la consommation de tabac est aujourd hui en forte baisse chez les étudiants. 21% des étudiants déclarent fumer (soit une baisse de 12 points par rapport à 2005) et seuls 13% des étudiants fument tous les jours. La baisse du nombre de fumeurs réguliers est une donnée encourageante. Toutefois, les mesures actuellement prises pour réduire la part de fumeurs dans la société semblent très peu impacter les étudiants. Ainsi, seuls 17% des étudiants fumeurs ont baissé leur consommation suite aux différentes mesures de hausse du prix du tabac. > Cannabis, une expérimentation plutôt qu une réelle consommation Si 34% des étudiants a déjà consommé du cannabis au cours de sa vie, seuls 3 % des étudiants déclarent une consommation régulière (1 fois par semaine) et le nombre d étudiants en consommant quotidiennement est très faible (1,3%) La consommation du cannabis correspond principalement à une expérimentation plutôt qu à une réelle consommation. La consommation du cannabis est majoritairement collective et festive. Cependant, 21% des étudiants se déclarent mal informés sur les risques liés à la consommation de cannabis. Ces données démontrent la nécessité d une réorientation des politiques de prévention à destination des jeunes. Une meilleure prise en charge des traitements pour l arrêt du tabac serait plus efficace. La consommation de tabac chez les étudiants La consommation de tabac en baisse chez les étudiants Non fumeurs 79% 35% 30% 25% Fumeurs occasionnels 8% Fumeurs quotidiens 13% 20% 15% 10% 5% 0% 2005 2011 10
Un regard sévère sur la société Le regard des étudiants sur la société qui les entoure est un fait marquant de cette 3 ème enquête nationale sur la santé des étudiants. En effet, une majorité d étudiants expriment un malaise quant à la société. > Le sentiment d être une génération sacrifiée Ainsi 72% des étudiants estiment que la société qui les entourent n est pas favorable à leur génération. Alors que ces dernières années, de nombreuses politiques publiques et réformes ont été menées au nom des jeunes et des étudiants, ceux-ci se sentent toujours mis au ban de la société. Un fort sentiment d exclusion s exprime chez les étudiants. Plus que leur propre regard sur la société, c est bien le regard de la société sur les jeunes qui leur apparait défavorable. Les mobilisations récentes de la jeunesse, leur implication importante dans la vie associative et culturelle démontre pourtant leur envie d être pleinement acteurs de la société. Le regard sur la société La société est favorable à ma génération La société est défavorable à ma génération 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% > De fortes craintes quant à l avenir 63% des jeunes pensent que la société actuelle ne leur permet pas de réussir dans la vie. La crise économique et le fort taux de chômage des jeunes impactent la confiance des étudiants dans l avenir. Alors que 50% des étudiants déclarent avoir confiance dans l avenir, ils ne sont pourtant que 5 % à déclarer avoir tout à fait confiance dans l avenir. La problématique de l emploi des jeunes pèse lourdement sur l état d esprit des étudiants. La période des études est synonyme de précarité pour de nombreux étudiants. L allongement de la période d insertion professionnelle, l absence de protection sociale pendant celle-ci et les craintes quant au déclassement sont aujourd hui une réalité et un facteur d angoisse pour les étudiants. Ces éléments démontrent la nécessité de mener une politique ambitieuse pour l emploi des jeunes. 11
Santé des étudiants : 10 propositions de la LMDE 1 Un chèque santé pour tous les étudiants Alors que de nombreux étudiants renoncent à souscrire une complémentaire santé faute de moyen, il est nécessaire de leur permettre de bénéficier du plus haut niveau de protection sociale. La LMDE demande donc la création d une aide à l acquisition d une complémentaire santé à destination des étudiants d un montant de 200 euros. Déjà mis en œuvre dans certaines collectivités, cette aide doit permettre aux étudiants de couvrir globalement leurs dépenses de santé et favoriser leur autonomie sanitaire. 2 Le renforcement du Régime étudiant de Sécurité sociale L information, l orientation dans le système de santé, l éducation à la protection sociale mais également la prévention font partie intégrante des missions des mutuelles étudiantes. Celles-ci doivent pouvoir bénéficier des moyens financiers nécessaire à la réalisation de ces missions. C est pourquoi la LMDE demande un plan pluriannuel de financement des mutuelles ainsi que l extension du régime étudiant de sécurité sociale aux étudiants qui en sont actuellement exclus (étudiants salariés, apprentis ). Ces étudiants doivent pouvoir bénéficier de l expertise santé des mutuelles étudiantes. 3 La création de «Maisons de santé» de proximité dans chaque ville universitaire Afin de garantir le droit à l accès aux soins de tous les étudiants quelque soit leur situation financière, la LMDE demande la création de maisons de la santé dans chaque campus proposant une offre de santé adaptée aux besoins des étudiants (médecine généraliste, gynécologie, nutritionniste ), sans dépassements d honoraires et pratiquant le tiers-payant systématique et intégral. 4 Le rétablissement de la visite médicale obligatoire dès la 1 ère année et à l entrée du 2 ème cycle universitaire. Il est nécessaire de mettre en œuvre un suivi de l état de santé des étudiants pour établir un véritable bilan de santé régulier. Ces visites médicales à vocation prévention doivent permettre par ailleurs l identification d affections éventuelles. 5 Le développement des services de Médecine préventive universitaire Les services de médecine préventive universitaire souffrent d un sous- financement chronique. En conséquence, elles n ont pas les moyens d assurer leurs missions d information, de prévention et d éducation à la santé. La LMDE demande donc un plan de financement et de recrutement pluriannuel dans les médecines préventives universitaires. 12
Santé des étudiants : 10 propositions de la LMDE 6 Améliorer la santé mentale des étudiants par la création d un Bureau d aide psychologique universitaire (BAPU) dans chaque ville universitaire Adossé aux services de Médecine Préventive Universitaire, les BAPU doivent permettre de proposer un service de proximité aux étudiants en situation de mal-être. Les personnels de l enseignement supérieur doivent également être formés à la détection du mal-être et à l orientation des étudiants vers les professionnels compétents. 7 Améliorer le rythme de vie des étudiants et lutter contre le stress Transports, emplois du temps décousus, temps de vacances non sanctuarisés Les rythmes étudiants actuels sont source de stress et ont des conséquences sur la santé physique et mentale des étudiants. La LMDE demande la création d un Bureau des temps chargé de faire des propositions d amélioration des emplois du temps ainsi que la mise en place d un véritable cadrage national des emplois du temps et des calendriers universitaires. Une pause méridienne de 2h00 et des plages horaires dédiées à la pratique sportive doivent être créées. 8 Surconsommation d alcool des jeunes, agir sur l industrie alcoolière Les jeunes sont devenus l une des principales cibles marketing de l industrie de l alcool qui n a de cesse de créer de nouvelles boissons spécifiques et sponsorise de nombreuses soirées étudiantes. Les jeunes ne peuvent être tenus seuls responsables des cas de surconsommation d alcool. La LMDE demande donc l interdiction de la publicité des alcooliers sur internet et que l interdiction du financement des soirées étudiantes par les alcooliers soit garanti par l instauration de sanctions financières. 9 Agir sur les études de santé L évolution du système de santé passera par celle des études de santé. La LMDE demande la mise en place de modules spécifiques d éducation à la santé et des déterminants sociaux de l état de santé dans les formations afin de former les futurs médecins à la prévention des risques. Une formation obligatoire aux méthodes contraceptives et à l IVG doit être instaurée pour garantir le droit des femmes à la libre contraception et à l IVG. 10 Renforcer la prise en charge solidaire des dépenses de santé par l assurance maladie Les reculs successifs de l assurance maladie et l augmentation continue de la prise en charge des dépenses de santé par les individus a pour conséquence de voir augmenter le renoncement aux soins. La LMDE demande donc la suppression des participations forfaitaires (franchises médicales, forfait hospitalier ), l accroissement du niveau de prise en charge sur les soins dentaires et optiques et le renforcement du niveau de remboursement des médicaments jugés utiles. La LMDE exige l arrêt des politiques de désengagement de l assurance maladie et la recherche de nouvelles recettes pour financer notre système de protection sociale solidaire 13