Marthe Flandrin (1904-1987) Peintre muraliste voyageur



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Transcription:

DOSSIER DE PRESSE Marthe Flandrin (1904-1987) Peintre muraliste voyageur au Musée départemental de l Oise à Beauvais du 7 juillet au 31 octobre 2010 Archives départementales de l Oise Beauvais Stéphane Vermeiren Contact Presse Marie-Laure Trouvé Tél. (33/0)3 44 10 40 63 Sommaire Introduction p. 2 Repères biographiques de Marthe Flandrin p. 3 L art sacré p. 4 L art profane p. 4 Le voyage au Maroc pp. 4 à 5 L art du fusain p. 5 Autour de l exposition p. 6 Le Musée départemental de l Oise p. 7 Iconographie presse p. 8

Introduction Héritière d une dynastie d artistes majeurs du XIXè siècle, Marthe Flandrin traversa son siècle dans l affirmation de convictions intellectuelles et artistiques très fortes. Après une formation classique, elle s initie à l art de la fresque dans l atelier de Ducos de la Haille. Sa carrière sera essentiellement vouée à l art mural. Elle participa aux grands chantiers de construction des monuments sacrés essentiels du XXè siècle, comme le Saint-Esprit à Paris, la cathédrale Sainte-Geneviève de Nanterre, la Trinité de Blois. Cette spécialisation de fresquiste la distingua plus tard pour être missionnée après guerre par le musée des monuments français pour effectuer des relevés de fresques médiévales dans toute la France, activité qu elle poursuivit de 1947 à 1950 en Yougoslavie et en Suisse. Aux côtés d Elisabeth Faure, de Pauline Peugniez, de Valentine Reyre, Marthe Flandrin illustre bien ce groupe de femmes artistes qui, au sein des ateliers d art sacré, très actifs entre les deux guerres, apportèrent une spécificité à l iconographie religieuse. Sa participation à l exposition internationale de 1937 à Paris, se partagea entre un engagement catholique très vif et son sens plus large de la décoration, entre le baptistère du pavillon pontifical et le pavillon de l élégance et de la parure. En 1939, elle proposa une fresque prémonitoire pour le pavillon de la Société des Nations à New-York sur le thème de la Famine (Les Désastres de la guerre). Marthe Flandrin se situe cependant à la marge de la modernité, même si son travail, à sa manière, exprime aussi légitimement que d autres, l art et les convictions d une époque. A sa mort, en 1987, qui acceptait encore ou déjà? de regarder sans préjugé cet œuvre frappé de la plus totale incompréhension! A Boulogne-Billancourt, le musée des années 30 fit œuvre de pionnier en sauvant en 1992, une partie du décor du bureau de poste du boulevard Haussmann. La famille Flandrin, en offrant à quatre musées français les œuvres restées dans l atelier, permit de préserver ce parcours artistique exemplaire et de pérenniser l œuvre de toute une vie. Le mémoire de maîtrise de Séverine Muteau en 2004, fit mieux connaître la cohérence de ce fonds. Les héritiers de Marthe Flandrin ont souhaité prolonger ce geste initial et accompagner le travail de Séverine Muteau en mécénant une publication exhaustive sur ces quatre fonds Marthe Flandrin qui s inscrivent désormais dans le patrimoine du département de l Oise et des villes bénéficiaires des donations, Avranches, Boulogne-Billancourt et Roubaix. A l occasion de la parution de l ouvrage aux éditions Gourcuff-Gradenigo, les quatre musées exposent cet été tout ou partie de l ensemble Marthe Flandrin qu ils ont reçu : Avranches, Musée d art et d histoire de la ville d Avranches, du 5 juin au 30 septembre 2010 Boulogne-Billancourt, Musée des années 30 (M-A30), du 24 juin au 24 octobre 2010 Beauvais, Musée départemental de l Oise, du 7 juillet au 31 octobre 2010 Roubaix, La Piscine, Musée d art et d industrie André Diligent, du 2 juillet au 5 septembre 2010 2

Repères biographiques de Marthe Flandrin 1904 Naissance de Marthe Flandrin, petite-fille de Paul Flandrin, petite-nièce d'hippolyte Flandrin. 1926-1931 Élève de Jean-Pierre Laurens à l'école nationale supérieure des Beauxarts. Parallèlement elle suit les cours de peinture à fresque dans l'atelier de Pierre- Henri Ducos de la Haille. Devient membre de la "Catholique des Beaux-arts", où elle rencontre son "alter-ego", Marguerite Faure, autre fresquiste de talent. Elle adhère à la Société de Saint-Jean. 1929 Décoration du préau d'une école de la rue Delambre à Paris. 1933 Fresques pour l'église du Saint-Esprit à Paris. 1935 Fresques pour l'église Sainte-Geneviève de Nanterre. 1937 Fresques pour l'exposition internationale de Paris : pavillon pontifical et pavillon de la Parure. 1937-1939 Voyages au Maroc. 1939 Fresque pour l'exposition internationale de New York : hall du pavillon des Nations unies. 1941 Fresques du bureau de poste, boulevard Haussmann à Paris. Fresques pour l'église Sainte-Germaine de Cachan. 1953 Fresques du chœur de l'église de Givry-sur-Aisne : Tapisserie Le Génie de la couleur (les Gobelins). 1960 Décoration du porche de l'église de Valognes (Manche). 1962 Plafond en mosaïque de l'église des «3 Ave» à Blois. 1975 Tapisserie de la crypte de Notre-Dame de Chartres (les Gobelins). 1987 Décès de Marthe Flandrin. 3

L'ART SACRÉ Membre de la "Catholique des Beaux-arts", adhérente à la Société de Saint-Jean où elle côtoie Maurice Denis et George Desvallières, Marthe Flandrin caractérise très tôt son art mural par un aspect ascétique. Dans le cadre des chantiers du cardinal Verdier, initiés lors de la reconstruction des églises dévastées par la Première Guerre mondiale, elle réalise en 1933 les fresques de la chapelle dédiée à Sainte-Catherine de Sienne pour l'église du Saint-Esprit à Paris, puis en 1935, sur le thème des Paraboles, celles de l'église Sainte-Geneviève de Nanterre. Pour l'exposition internationale qui se tient à Paris en1937, l'artiste décore le pavillon pontifical. Viennent l'après-guerre et la décision du Père Couturier de confier l'art sacré à des artistes "modernes", non nécessairement chrétiens. Ce sera pour Marthe Flandrin une mise à l'écart. Se consacrant désormais à des relevés de fresques anciennes, elle décorera cependant encore le chœur de l'église de Givry-sur-Aisne (Ardennes), le plafond en mosaïque de la crypte de l'église de «3 Ave» à Blois, et le porche de l'église de Valognes (Manche). L'ART PROFANE Essentiellement reconnue comme fresquiste de l'art sacré, Marthe Flandrin n'en réalisa pas moins de nombreux décors profanes, malheureusement disparus aujourd'hui. Restent d'anciennes photographies, des études, pour témoigner d'un talent qui s'exerça dans des établissements publics tels que des postes ou des écoles. En 1937, pour l'exposition internationale, l'état passe commande à l'artiste de la vaste décoration murale du pavillon de la Parure. Puis en 1939, pour l'exposition internationale de New York, elle réalise une très grande composition pour le hall du pavillon des Nations-unies, au titre prémonitoire «Les Désastres de la guerre». Après la Seconde Guerre mondiale, son attrait persistant pour l'art mural conduira Marthe Flandrin à se passionner pour la tapisserie. Quelques-uns de ses projets seront tissés aux Gobelins. Dans cette dernière période, son style est quasi expressionniste, son dessin plus «primitif» et anguleux, dans un coloris vif et contrasté. LE VOYAGE AU MAROC En raison de la guerre d Espagne, la Casa Velasquez créée en 1928 à Madrid s exile temporairement à Fès, la métropole intellectuelle et artistique du Maroc. C est dans ce berceau d une monarchie millénaire, capitale politique de l Empire chrétien jusqu au protectorat français, cette ville sainte, fière de ses universités et de ses monuments, riche de nombreuses activités artisanales, que cette institution accueille, de 1937 à 1939, ses lauréats. Invitée en 1938 et 1939, Marthe Flandrin découvre le Maroc, en compagnie de son amie Elisabeth Faure, déjà pensionnaire en 1937, dont elle partage, depuis dix ans, l engagement pour le renouveau de l art sacré en France dans un intérêt commun pour leur activité de fresquistes confirmées. 4

La trentaine passée, Marthe n en est plus à son premier dépaysement. C est une voyageuse dans l âme. Depuis ses années de formation elle a davantage parcouru l Italie, visitant Rome bien sûr, à plusieurs reprises, et surtout la Toscane, terre des primitifs qui nourrissent son art de fresquiste, à l instar de ses pairs, et son maître en peinture aux Beaux-Arts, Jean-Pierre Laurens. «Orientaliste» de circonstance, peutêtre, Marthe Flandrin n en était pas moins une lectrice assidue d Eugène Delacroix, son Journal devenu sa «Bible», qu elle interrogeait à chacun de ses voyages d études, trouvant dans les réflexions du maître, autant de correspondances de pensée et de manières de stimuler l œil, de renouveler sa vision : dans cette quête, le séjour au Maroc de 1938 joua un rôle de catalyseur, comme pour une pléiade de peintres et de sculpteurs de sa génération. Durant deux «merveilleux hivers», Marthe Flandrin connaît un choc équivalent, salutaire, stimulant qui ressource son style et son inspiration. Elle crée des œuvres authentiques, qui sont plus que des témoignages, d une qualité plastique puissante, sans céder à l excès de pittoresque, allant à l essentiel des lignes et de la couleur des formes qui lui sont offertes. Les premiers croquis de notations ethnographiques cèdent le pas, dans l élaboration de son travail, à une recherche de synthèse facilitée par les sujets qu elle privilégie au cours de ses séances d observation fervente, la figure, l activité humaine. Sa palette s enrichit, explose sous l effet de la lumière marocaine. Les personnages qu elle traite avec son sens de la monumentalité propre à la fresque sont de vrais portraits. Plus étonnante encore est son appréhension du paysage, son interprétation des grands espaces arides, des montagnes austères, de la ville de Fès toute blanche ou rose dans un écrin de verdure. Au Maroc, Marthe Flandrin réapprend le contact direct avec une nature plus sauvage et exprime sa sensibilité avec sa rigueur naturelle, par des points de vue souvent larges, parfois plongeants où le traitement de l espace redevient plus classique, avec ses différents plans, la perspective, les jeux de lumière, définis par un réseau de lignes et des teintes contrastées et modulées qui témoignent de l art d une paysagiste accomplie, travaillant sur le motif. On est loin du modèle stylisé des Primitifs italiens. La belle donation concernant le Maroc, faite en 1997 au Musée départemental de l Oise par les neveux de l artiste, est riche de 8 peintures, 39 aquarelles et 29 dessins dont nous présentons aujourd hui une sélection. Elle a déjà fait l objet en 1998 à Beauvais, puis en 1999 à Fès, d une exposition accompagnée d un catalogue. L'ART DU FUSAIN Pour son travail de fresquiste, Marthe Flandrin eut largement recours à la technique du fusain, afin de réaliser les études destinées à être traduites en peinture sur les murs. Certaines gardent trace de mises aux carreaux en vue d'agrandissement aux dimensions définitives. D'autres sont des poncifs, percés de trous d'aiguilles permettant, par un système de pochoir, de reproduire le modèle sur le mur. Le fusain permet admirablement à Marthe Flandrin d'exprimer la puissance du trait, la densité des volumes, et sert l'immense répertoire de formes de son art mural. 5

Autour de l exposition Exposition du 7 juillet au 31 octobre 2010. Vernissage le mardi 6 juillet 2010 à 18h. Réservation au 03 44 10 40 50. TOUS LES JOURS Heures d ouverture : de 10h à 12h et 14h à 18h Du 1 er juillet au 30 septembre : de 10h à 18h en continu Fermeture hebdomadaire le mardi. Site internet : oise.fr L ENTREE EST GRATUITE Catalogue de l exposition L ouvrage Marthe Flandrin comporte une série d essais par Séverine Muteau et deux textes par Josette Galiègue et Michèle Lefrançois. Il publie en outre le catalogue exhaustif des œuvres des quatre musées récipiendaires, 206 pages, environ 600 illustrations. Prix public à l unité : 39 euros. En septembre lors des Journées du Patrimoine Visite libre de l exposition (aux heures d ouverture du musée). Conférences pour publics individuels Dimanche 18 juillet à 16h autres dates à préciser. Ateliers d expression plastique pour enfants Pendant les vacances scolaires de juillet : de 10h à 12h pour les centres de loisirs et de 14h à 16h pour les particuliers. Parcours pour les élèves du primaire. Dossier pédagogique pour les enseignants. Pour tout renseignement et inscription : Marie-Laure Trouvé au 03 44 10 40 63 Le document gratuit servant d aide à la visite sera disponible à l accueil du musée. Service pédagogique, visites pour les enseignants, dossiers Contact : Richard Schuler au 03 44 10 40 62 Contact réservations : Marie-Laure Trouvé, service promotion au 03 44 10 40 63 6

Le Musée départemental de l Oise Le Musée départemental de l Oise est installé dans l ancien Palais des Evêques- Comtes de Beauvais, au pied de la cathédrale. Cet ensemble architectural remarquable, classé monument historique, comporte une porterie du 14 ème siècle (ornée de la célèbre peinture murale des sirènes musiciennes), reliée par une aile au Palais Renaissance élevé pour l évêque Louis-Villiers de L Isle-Adam (1497-1521) sur les fondations d un premier bâtiment du 12 ème. Le Palais fait actuellement l objet d un projet global de rénovation muséographique. En attendant la fin des travaux, une sélection représentative des collections permanentes entraîne le visiteur dans un parcours qui le conduit du guerrier gaulois de Saint-Maur aux pierres et bois sculptés du Moyen-Âge (avec de précieux éléments provenant des maisons en bois du vieux Beauvais). A voir également, les œuvres de l Ecole française du 16 ème siècle, avec une étonnante Résurrection du Christ (vers 1594) d Antoine Caron, pour aboutir aux 19 ème et 20 ème siècles avec les tableaux de Huet (dont le superbe Retour du grognard), Corot (avec la version la plus aboutie de la célèbre Vasque de l Académie de France à Rome), les puissantes esquisses peintes de Thomas Couture pour sa toile monumentale l Enrôlement des volontaires, sans oublier Ingres, Maurice Denis, Vuillard, Vallotton, Le Sidaner Un des thèmes forts du musée est également représenté à travers la remarquable salle à manger Art-Nouveau de l artiste liégeois Gustave Serrurier-Bovy, agrémentée des céramiques de Delaherche. Ne manquez pas les œuvres des artistes de l Entre-deux-Guerres. En raison des travaux, la riche collection de céramiques du Beauvaisis ne peut être actuellement présentée dans son intégralité au public. Certaines pièces sont cependant visibles dans le parcours prévu pour les visiteurs. Le Musée est ouvert tous les jours de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 jusqu au 30 juin. De 10h à 18 h jusqu au 30 septembre. Fermeture hebdomadaire le mardi et certains jours fériés. Entrée gratuite. Pour en savoir plus sur l histoire du musée, son programme d activités et suivre son actualité venez consulter le site : oise.fr Vue des tours d entrée du musée Vue du Palais Renaissance 7

Iconographie presse Visuels libres de droit à disposition des journalistes, sur demande auprès de : Marie-Laure Trouvé : 03 44 10 40 63 TROUVE.Marie-Laure@cg60.fr 1 Fès, le quartier des Mérédines Huile sur toile marouflée sur carton. H. 38 ; L. 45,8 cm Signé en bas, à gauche : M. Flandrin. Bibl. : Cat. d expo. 1998 et 1999 2 - Les tanneries de Fès Inv. 97.18 Huile sur papier. Archives départementales-beauvais-stéphane Vermeiren. H. 44 ; L. 39,5 cm. Bibl. : Cat. d expo. 1998 et 1999. Inv. 97.32 Les tanneurs ont établi leurs cuves au bord de l Ouest Fès : les peaux y subissent divers traitements, longuement triturées par les pieds des artisans, pour finir dans un bain de couleur. Archives départementales- Beauvais-Stéphane Vermeiren. 3 Femme berbère drapée dans son manteau (Immouzer des Marmouchas) Huile sur contreplaqué. H. 65 ; L. 44 cm. Signé en bas, à gauche : «M. Flandrin». Bibl. : Cat. d expo. 1998 et 1999 Inv. 97.15 Archives départementales-beauvais-stéphane Vermeiren. 4 La Muse Musicienne, entre 1950 et 1960. Gouache sur papier. H. 58 ; L. 46 cm. Cachet d atelier à l encre bleue, en bas à droite, au recto : «MARTHE FLANDRIN». Hist. : étude préparatoire pour une tapisserie. Inv. 2010.1.13 Archives départementales-beauvais-stéphane Vermeiren. 8