SOUS-SECTEURS AGRICULTURE ET AGRO-INDUSTRIE PRÉSENTATION Pays à vocation agro-sylvo-pastorale, le Mali recèle d importantes ressources en terres, eaux, cheptel, pâturage, flore et faune. L économie malienne repose essentiellement sur le secteur agricole (agriculture, élevage, pêche et foresterie) qui occupe plus de 70% de la population active, contribue à hauteur de 43% au PIB et fournit 30% des recettes d exportation. Le sous-secteur agriculture repose essentiellement sur la production céréalière (riz, mil, sorgho, maïs,) et légumineuse (haricot, sésame, arachide, etc.). Le second rang est occupé par la production végétale industrielle (coton, canne à sucre, etc.) et par les fruits et légumes. La sylviculture n en demeure pas moins importante avec des produits de cueillette comme le Karité et le Cajou. Le secteur agricole a bénéficié d un budget global de 122,2 milliards de FCFA en moyenne entre 2002 et 2008. Les activités de transformation des produits agricoles à but commercial, portent sur une diversité de matières premières agroalimentaires à savoir : les céréales (riz, blé, fonio, mil sorgho et maïs), les fruits et légumes (mangue, échalote, gombo, agrumes, oseille rouge, tamarin, gingembre ), les produits d origine animale (lait, viande, miel, ), le karité, l arachide et quelques cultures dites industrielles (coton, canne à sucre). Au dernier recensement industriel, le Mali comptait 202 entreprises industrielles agroalimentaires. La production de ce secteur a atteint 260 milliards de FCFA (396 367 444,81 ) en 2006. 1
STRATÉGIE DU GOUVERNEMENT La stratégie gouvernementale, inspiré du Projet de Développement Économique et Social du Président de la République, vise à : faire de l'agriculture le levier de la croissance de l économie, mettre en œuvre la Loi d'orientation Agricole et rendre opérationnel le Fonds National de Développement Agricole, réaliser une production de 10 millions de tonnes de céréales à l'horizon 2012. Le Gouvernement entend ainsi faire du Mali une puissance agropastorale à travers : l augmentation et la diversification de la production agricole, la promotion de la gestion rationnelle des ressources naturelles, le développement de la planification de la gestion durable du secteur, le développement des infrastructures pour assurer le désenclavement des zones de production, l organisation des filières et le développement des aménagements hydro- agricoles. La Loi d Orientation Agricole (LOA) vise l affectation de 20% du budget national par an au secteur rural. Suite à la promulgation de cette loi, ont été crées, le Fonds national de développement agricole, le Fonds national des risques et des calamités agricoles et le Conseil supérieur de l Agriculture. Un vaste programme d aménagement hydro-agricole, de 103 356 ha dont 61 910 ha en maîtrise totale de l eau pour un coût de 212,5 milliards de FCFA, est en cours. 2
CADRE RÉGLEMENTAIRE Pour accroitre la production et améliorer les rendements, la Loi d Orientation agricole (LOA), adoptée le 16 août 2006, traduit la volonté manifeste de l ensemble des acteurs du secteur de passer d une agriculture de subsistance à une agriculture intensive et diversifiée capable de satisfaire les besoins nationaux et aller à la conquête des marchés régionaux et internationaux. Cette Loi d Orientation Agricole couvre l ensemble des activités économiques du secteur Agricole et péri-agricole : enregistrement et immatriculation des entreprises agricoles, aménagement du territoire, questions foncières, maitrise de l eau, formation professionnelle, recherche, financement, intrants et équipements, labellisation des produits agricoles, organisations des filières agricoles, transformation et commercialisation des produits agricoles, mise en œuvre de programmes d accroissement de la compétitivité et de diversification des produits agricoles. En plus de cette loi, il existe d autres règlementations en vigueur comme : le Code Domanial et Foncier du 22 mars 2000 qui reconnaît le droit de propriété foncière à tout individu ou personne morale et institue, entre autres, un cadastre dans toutes les communes du Mali ; le Code de l Eau du 31 janvier 2002 qui fixe les règles d utilisation, de conservation, de protection et de gestion des ressources en eau, notamment en ce qui concerne les irrigations pour l agriculture et les obligations des unités industrielles ; le Code des Investissements du 26 février 1991 qui instaure un régime fiscal et douanier privilégié pour les investissements de capitaux, tant nationaux qu étrangers, dans les activités de production et de prestation de services et offre les garanties nécessaires pour sécuriser les investissements réalisés. 3
Le Code Général des Impôts et le Livre des procédures fiscales dont les principaux impôts sont : L Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux (IBIC) qui s élève à 35% du chiffre d affaires ; L Impôt sur le Revenu des Valeurs Mobilières (IRVM) au taux général de 10% pour les dividendes régulièrement mis en distribution ; La Contribution de Patentes et Licences d un droit proportionnel de 10% sur le loyer annuel ; La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) au taux de 18% ; La Contribution Forfaitaire (CF) dont le taux est de 7,5% ; La Taxe sur la Formation Professionnelle qui est de 0,5%. 4
ATOUTS D IMMENSES TERRES AMENAGEABLES : Le Mali dispose d une importante réserve de terres aménageables. Ainsi, plus de 45 000 hectares sont aptes à l irrigation dans la vallée du Sénégal ; 100 000 hectares sont aménageables dans la haute vallée du Niger ; l Office du Niger dispose de plus de 960 000 hectares ; le delta vif du fleuve Niger couvre 900 000 hectares ; la zone du Sud offre 300 000 hectares ; il existe 280 000 hectares dans la zone lacustre et plus de 110 000 hectares sont disponibles au pays dogon. 5
DES FILIERES PORTEUSES : Le karité : Il constitue, incontestablement, l une des principales filières porteuses du Mali, avec un potentiel d environ 250 000 tonnes d amandes sèches. La tomate : Actuellement, il est produit plus de 64 000 tonnes/an de tomate fraîche sans aucune unité de transformation. La canne à sucre : Produite dans la zone Office du Niger, son évolution a été stable durant la période 1990-2007 avec une moyenne annuelle d environ 308 600 tonnes. 6
La mangue : Le Mali produit plus de 200 000 tonnes/an et est réputé pour le goût délicieux de ses mangues notamment sur les marchés européens où elles sont particulièrement prisées. Mangues du Mali La gomme arabique : Utilisée dans l agroalimentaire, la diététique, le cosmétique, etc., la production de la gomme arabique est estimée à 15 000 tonnes/an. Les engrais : La consommation d engrais était de 156 362 tonnes en 2006 et cela uniquement sur le riz et le coton. Avec l augmentation des superficies de ces spéculations, la demande d engrais devrait augmenter. 7
Le riz : Principale culture céréalière, sa production a atteint 1 624246 tonnes au cours de la campagne 2008/2009, à la faveur de «l Initiative riz» du Premier ministre, Chef du Gouvernement. Champ de riz au Mali 8
OPPORTUNITÉS Le Mali dispose d avantages comparatifs avérés dans la production, la transformation et la commercialisation des fruits et légumes (mangue, tomate, haricot, etc.) et des produits de cueillette (karité, cajou, gomme arabique, etc.). A ce titre, on peut encourager : La transformation de la mangue en jus, nectar et pulpe ; La création d unités de transformation de la tomate fraîche en tomate concentrée ; La transformation du karité en beurre ; La production des produits cosmétiques à base de karité ; La transformation d amandes de cajou et de sésame. Au vu de la place du coton dans l économie nationale et la faiblesse du niveau de sa transformation (moins de 1%), elle possède sans nul doute une excellente opportunité dans la création d unités de tissage et de confection. De plus, les acteurs de ce domaine peuvent bénéficier des facilités de l AGOA qui permettent d exporter aux États-Unis en franchises de droits de douane et sans contingentement. Par ailleurs, on peut également conseiller l investissement dans des activités comme : La transformation des céréales (riz, blé, sorgho, maïs) ; L aménagement des terres agricoles ; L installation d unités de production d engrais phosphatés ; La production d engrais phosphatés ; La création d unités de transformation de poisson. En termes de marché d exportation, les possibilités sont immenses avec les pays de la sousrégion notamment de l UEMOA et de la CEDEAO. Le marché européen constitue aussi un atout avec l initiative «Tout sauf les armes» qui est un régime de libre accès au marché de l Union Européenne. Le marché américain, avec l African Growth and Opportunity Act (AGOA), constitue un excellent moyen pour la promotion et la commercialisation des produits agroindustriels du Mali. 9
SUCCESS STORIES COMPAGNIE MALIENNE DE TEXTILE (COMATEX S.A.) La COMATEX-SA produit du fil de différentes couleurs pour l artisanat, des tissus «FANCY» et «KOBA» d imitation artisanale. Sa capacité installée est de 2 400 tonnes de fibre par an. Sa production actuelle sur 650 métiers à tisser est de l ordre de 10 millions de mètres carrés de tissu imprimé. BAKARY TEXTILE COMMERCE ET INDUSTRIE (BATEX CI S.A.U) Avec ses ateliers de filatures, de tissage et d impression de pagnes, BATEX CI a conquis le marché du textile au Mali, et de la sous région ouest-africaine. Elle emploie près de 480 personnes en temps normal, mais ce chiffre peut évoluer jusqu à 1050 en fonction du volume de travail. HUILERIE COTONNIÈRE DU MALI (HUICOMA) Elle valorise la graine de coton et ses sous produits ainsi que tout autre oléagineux par leur transformation et commercialisation. Ainsi, HUICOMA est spécialisée dans la production d huiles de table, de savons, des aliments du bétail. SUKALA S.A Sukala SA est spécialisé dans la production de sucre et d alcool. Elle exploite 3110 hectares de canne à sucre à Siribala et 1654 hectares à Dougabougou dans la région de Ségou. Sa capacité de production se situe entre 35.000 et 40.000 tonnes de sucre par an soient environ 40 % de la consommation nationale. Il produit aussi 10.000 tonnes de mélasse et 2 millions de litres d alcool officinal. L usine utilise en période d usinage, 10.000 travailleurs dont 600 permanents et son chiffre d affaires dépasse les 10 milliards de FCFA. 10
BRAMALI Filiale du groupe Castel, est une société de production et de distribution de boissons gazeuses (Coca-Cola, Fanta, Sprite, Pomme, Tonic, Ananas, Pamplemousse, Grenadine, Limonade, Eau gazeuse) et de bières (Castel, Flag, Guinness, Beaufort). Elle emploie 200 permanents et 30 temporaires pour une production d une capacité de 350 000 hl. Son chiffre d affaires s élève à 17 milliards FCFA. GROUPE AMI Groupe familial, appartenant aux ACHCAR, avec plusieurs filiales : GRANDS MOULINS DU MALI (GMM) qui produit de la farine ; GRANDE CONFISERIE DU MALI (GCM) produisant annuellement 2 500 tonnes de bonbons, 1 250 tonnes de pâte à mâcher et 160 tonnes de sucre aromatisé à la vanille et à la menthe ; EAUX MINÉRALES DU MALI (EMM) avec la marque DIAGO TOGUNA AGRO INDUSTRIE Elle produit des engrais complexe NPK pour coton, des produits maraîchers et d autres produits alimentaires (céréale, riz, cacao ) Au premier semestre de 2009, la production se situait autour de 66 700 tonnes. En plus du marché national, TOGUNA approvisionne le marché sous-régional, notamment le Burkina Faso, la Guinée Conakry, le Niger, la Côte d Ivoire, le Sénégal pour ne citer que ces pays. SOCIÉTÉ MAMADOU SEYBA DAOU (MASEDA Industrie S.A) Elle s illustre dans la transformation du coton, avec un investissement de 2,2 milliards FCFA. MASEDA fabrique une gamme variée de produits : cotons hydrophiles, serviettes hygiéniques, cotons-tiges et disques d ouates. Sa capacité est de 4,8 millions de pièces par mois. 11
SOURCES D INFORMATION Site du Ministère de l Agriculture ; Site du Programme de Compétitivité et de Diversification Agricole (PCDA) Loi d Orientation Agricole (LOA) ; Document Stratégie de Croissance accélérée 2008-2012 ; Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence. 12