Colloque régional de prévention des addictions Mardi 31 mars 2015 Clermont-Ferrand Prévention des conduites addictives : des sciences sociales aux pratiques locales Appels à communication Le Pôle de référence régional en addictologie du CHU, piloté par le professeur Brousse organise, en partenariat avec l ANPAA, avec la participation de la Fédération Addiction Auvergne et sous l égide de l Agence Régionale de Santé Auvergne un colloque régional sur la prévention des conduites addictives. Ce colloque aura lieu le mardi 31 mars 2015. Les objectifs de ce colloque sont d une part, de valoriser l utilisation de modèles théoriques issus des sciences sociales dans la conception de programmes de prévention et d autre part de mettre en valeur les actions de prévention locales afin de souligner l importance de la coordination des actions sur le territoire. Les conférences plénières et interventions en ateliers seront conçues selon ce double axe de travail : - Intégration des actions dans un contexte théorique de référence - Partage d expériences sur le montage d actions de prévention Les communications permettront de nourrir la réflexion sur la complexité de la prévention des conduites addictives. Dans le cadre de ce colloque, nous sollicitons des retours d expérience centrés sur les thématiques suivantes qui feront l objet d une présentation en ateliers : Prévention auprès des jeunes - Entre socialisation et liberté de choix Prévention en milieu professionnel - Entre obligation légale et réalité de terrain Justice et prévention - Entre mesures structurelles et accès au soin Sport et prévention - Entre la santé par le sport et les pratiques culturelles Réduction des risques démarche de prévention au plus proche des pratiques de consommation Décembre 2015 Page 1
Thématiques des appels à communication 1. Prévention auprès des jeunes - Entre socialisation et liberté de choix La tranche d âge des 12-25 ans est une période de vulnérabilité et de questionnements, propice à l'expérimentation de conduites à risques, notamment la consommation parfois excessive de produits psychoactifs. L usage de ces produits est lié à de nombreux facteurs, personnels ou environnementaux (contexte social, familial, économique et culturel, influence des pairs ) qui impactent leurs représentations. Ainsi, la consommation de produits psychoactifs est souvent corrélée à la notion de plaisir, de partage, de fête. Pour autant, la consommation de produits psychoactifs peut également avoir des répercussions négatives sur le bien-être physique, mental et social des jeunes et de leur entourage. Outres les consommations de substances psychoactives, certains comportements peuvent également devenir addictifs (on parle d addictions comportementales). Ces comportements, là aussi corrélés à la notion de plaisir, peuvent entraîner, dans certains cas des conséquences négatives pour le jeune et son entourage. Malgré l évidente nécessité de prévenir ces conduites, la prévention auprès des jeunes reste une mission périlleuse puisqu elle a pour objectif d éviter l apparition d un comportement jugé problématique, de diminuer la prévalence de ces comportements, ou, à défaut, en limiter les conséquences négatives tout en respectant le besoin de liberté et d autonomie des adolescents ou jeunes adultes. Les recommandations nationales en matière de prévention sont les suivantes : - Inscription dans une démarche de promotion de la santé - Amélioration des connaissances des jeunes sur les produits, leurs effets et la législation, - Développement et renforcement de leurs compétences psychosociales, leur capacité à élaborer des réponses alternatives à l usage de psychotropes, encourager le librearbitre comme outil de refus des consommations addictives, - Approche non moralisatrice, non stigmatisante et sans jugement - Action à destination de l entourage - Inscription dans la durée - Intervention à différentes étapes de la vie des jeunes et en fonction de la population concernée - Implication des jeunes dans l élaboration et la mise en œuvre et l évaluation du projet L objectif de cette communication est de présenter une expérience de prévention auprès des adolescents ou jeunes adultes tenant compte de ces recommandations. Nous souhaitons mettre l accent sur le fait que cette action s inscrive dans un travail en réseau. Décembre 2015 Page 2
2. Prévention en milieu professionnel - Entre obligation légale et réalité de terrain Chaque année, les accidents du travail et les maladies professionnelles se traduisent par la perte de 45 millions de journées de travail. Les conséquences humaines, financières et juridiques de ces dysfonctionnements sont majeures pour les entreprises et leur personnel. La prévention des risques professionnels constitue un enjeu crucial et concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Faire de la prévention au travail c est préserver la santé et la sécurité des salariés dans l entreprise. Il s agit d une obligation légale. Mais la maîtrise des risques permet aussi d accroître le bien-être des travailleurs et les performances de l entreprise. Ainsi, un employeur qui s engage dans des actions de prévention investit pour le bien de ses salariés, mais aussi de sa société, de sa productivité et de son image. Or, l écart est parfois important entre les obligations légales et la réalité de terrain. En effet la mise en place de ces actions se heurte souvent aux représentations considérant la consommation problématique de substances psycho-actives. L objectif de cette intervention est de présenter une action de prévention collective menée en milieu professionnel qui permet d identifier les difficultés rencontrées, et qui tienne compte des recommandations mentionnées ci-dessous : - La sensibilisation des salariés afin de permettre une culture commune autour des addictions - La création d un groupe ressource - La création de projets personnalisés à l entreprise - L évaluation de l action Décembre 2015 Page 3
3. Justice et prévention - Entre mesures structurelles et accès au soin Les objectifs, les pratiques, les contraintes et obligations des professionnels de la justice et du sanitaire peuvent paraître éloignés voire contradictoires. D un côté une logique répressive dont la mission principale est de protéger la société et de l autre côté une logique basée sur la volontariat et l adaptation au rythme de l usager. Le dispositif pénal et judiciaire évolue et dans un contexte où l accompagnement et la prise en charge des addictions se réorganise, les professionnels de la santé et de la justice sont amenés à coopérer notamment dans le cadre des soins obligés. C est le cas de la loi de 2007 qui a instauré, par exemple, une nouvelle mesure prononcée directement par les parquets en direction des usagers simples : «le stage de sensibilisation aux dangers des usages de stupéfiants», obligatoire et payant, à visée sanitaire et pédagogique. Selon les données françaises les plus récentes, près de 40 % des détenus présentent une dépendance aux substances illicites, 20 % à 30 % seraient dépendants à l alcool et 30 % des entrants en maison d arrêt déclarent un cumul de consommations à risque (alcool, tabac, drogues illicites, psychotropes). De nombreux problèmes se posent tels que l accès aux soins pendant l incarcération, les difficultés d hébergement et de continuité des soins à la sortie, en particulier dans les maisons d arrêt. Pour éviter les ruptures de soins et les «sorties sèches», les pouvoirs publics tentent d «améliorer la prise en charge et la continuité des soins délivrés aux usagers de drogues et d alcool incarcérés». L objectif de cette communication est de présenter une expérience illustrant la manière dont il est possible de saisir l opportunité de la «rencontre obligée» et permettre à l usager de s approprier la démarche et de trouver un réel intérêt au suivi qui lui est proposé. Décembre 2015 Page 4
4. Sport et prévention - Entre la santé par le sport et les pratiques culturelles La prévention des pratiques addictives et de consommation en milieu sportif et de loisirs est l une des priorités du plan gouvernemental de la MILDECA. Face à l augmentation des consommations de produits psychoactifs chez les jeunes, il est préconisé de renforcer la formation des personnels et intervenants et d inscrire l approche préventive dans les loisirs collectifs. En effet, le sport véhicule des valeurs positives en termes de santé, de bien-être et d intégration sociale. Il est d ailleurs utilisé comme vecteur de promotion de la santé. Cependant, le contexte sportif peut également favoriser des représentations valorisant la consommation de produits, telles que la recherche d amélioration des performances, la gestion du stress... Enfin, le milieu sportif peut également véhiculer des représentations de consommations culturelles, partagées aussi par les supporters. L objectif ce cette communication est de présenter une expérience de terrain traitant de cette problématique du contexte sportif à la fois vecteur de valeurs positives en termes de santé, de bien-être et d intégration sociale mais également parfois lieu d émergence de consommations de substances psychoactives. Décembre 2015 Page 5
5. Réduction des risques démarche de prévention au plus proche des pratiques de consommation La réduction des risques est une stratégie d intervention qui s appuie sur deux principes fondamentaux : - un objectif pragmatique partant du constat que les comportements de consommation de substances psychoactives n exposent pas tous aux mêmes risques, et qu à chaque risque il est possible de trouver des moyens d en diminuer la fréquence et la gravité ; - la reconnaissance des usagers comme des sujets responsables et citoyens, capables de faire des choix. Ainsi, si on leur donne les moyens, ils pourront se protéger et protéger autrui Il s agit donc d informer et de donner des outils de réduction des risques aux usagers. Les actions et services de réduction des risques s inscrivent dans une politique globale de santé et participent à la fois à la prévention et aux soins. L objectif de cette communication est d expliquer la place de la réduction des risques en prévention en l illustrant d une expérience de terrain. Décembre 2015 Page 6
Modalités de communication Les ateliers sont des lieux d échanges et d interactions sur les pratiques de terrain. Sont attendus le contexte, le déroulement de l expérience, le public et le bilan/évaluation. Temps d intervention à prévoir : 1 heure (30 minutes de présentation afin de poser la problématique et de donner les éléments de débat et d interactions avec les participants, 30 minutes d échanges avec la salle). C est à travers les questionnements et les échanges que vous pourrez déployer une présentation plus importante de votre action. Modalités de soumission des propositions de communication La proposition contiendra : - le titre de la communication - le(s) axe(s) concernés - le nom, prénom, structure de rattachement, email du ou des communicant(s), en indiquant l auteur référent - le résumé de la communication intégrant la problématique à l origine de l action (1/2 page maxi) - le contexte théorique de référence, le cas échéant - les références bibliographiques, le cas échéant Les propositions de communication devront être envoyées avant le 15 janvier 2015 à l adresse : colloque.prevention.addictions@gmail.com Une sélection sera opérée et les propositions de communication qui ne seront pas retenues pour une communication orale pourront faire l objet d une communication écrite. Calendrier : 15 décembre 2014 : envoi de l appel à communication 16 décembre 2014 au 15 janvier 2015 : soumission des communications 31 janvier 2015 : ouverture de l inscription au colloque 15 février 2015 : notifications des décisions 31 mars 2015 : colloque Pour toute information complémentaire, merci de contacter le comité d organisation par mail colloque.prevention.addictions@gmail.com ou par téléphone au 04 73 752 072 Décembre 2015 Page 7
Programme (sous réserve de modification) 8h30 : Accueil 9h00 : Ouverture Monsieur DUMUIS Directeur de l Agence Régionale de Santé Monsieur MEUNIER Directeur du CHU de Clermont-Ferrand Professeur CHAZAL - Doyen de l U.F.R. Médecine 9h15 : Intérêt de la prévention et aspects éthiques Professeur BROUSSE Responsable du Pôle de référence en addictologie du CHU et Vice-président de l A.N.P.A.A. Auvergne. 9h30 : Du constat à la mise en œuvre : évaluation des besoins et repérage des acteurs 10h30 : Pause 10h45 : L apport des sciences sociales dans la conception des actions de prévention Comment utiliser les modèles théoriques? Madame SHANKLAND Maitre de conférence à l Université Pierre Mendes France L étude des représentations sociales Monsieur DANY Directeur du département de Psychologie Sociale et du Travail Co-directeur du Master de Psychologie Sociale de la Santé à l Université de Provence 12h30 : Repas Décembre 2015 Page 8
14h00 : Ateliers sur le montage d actions de prévention (Sessions en parallèle) Atelier 1 : Prévention auprès des jeunes - entre socialisation et liberté de choix Atelier 2 : Prévention dans le milieu professionnel entre obligation légale et réalité de terrain Atelier 3 : Justice et prévention - entre mesures structurelles et accès au soin Atelier 4 : La pratique sportive : un lieu de prévention- entre la santé par le sport et les pratiques culturelles Atelier 5 : Réduction des risques démarche de prévention au plus proche des pratiques de consommation 15h00 : Pause 15h15 : Synthèse des ateliers Docteur GERARD Chef du service d addictologie et de santé publique au Centre Hospitalier Emile Roux, Délégué régional Auvergne adjoint de la Fédération Addiction 15h45 : Place de l évaluation 16h45 : Clôture Professeur LLORCA Vice-Président de l Université d Auvergne, Délégué à la formation continue, Directeur de l Unité mixte de formation continue en Santé et Chef de service de psychiatrie au CHU de Clermont Ferrand Décembre 2015 Page 9