Le Centre d Art GwinZegal en partenariat avec L Association Double-vue L Association l Image qui parle Village magazine Le réseau Au fil de l eau / Pays de Guingamp présentent Champs / Contre-champs # 5 du 3 avril au 17 mai 2015 Exposition Centre d Art GwinZegal photographies et films : Henk Wildschut (Food) Pierre Liebaert (Macquenoise) Daniel Michiels ( les Ardennes belges) Patrick Prado (Un secret bien gardé - Basculement N 1) Espace François-Mitterrand Mairie / 1, place du Champ au Roy / Guingamp Heures d ouverture de l exposition : mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 15h30 à 18h30 et le vendredi de 10h00 à 12h00 en dehors de ces horaires des visites sont organisées pour les groupes en contactant au préalable le centre d Art GwinZegal. www.gwinzegal.com Renseignements : 02 96 44 27 78 samedi 18 avril de 13h30 à 21h journée de rencontres et de débats animée par Sylvie Le Calvez de Village Magazine avec notamment Jocelyne Porcher, Patrick Prado. Théatre du Champ au Roy 1, place du Champ au Roy / Guingamp Inscription et programme : 02 96 44 27 78 www.gwinzegal.com dimanche 17 Mai à 17h projection / conférence autour de Dorothea Lange La Fabrique à Parole 2, rue de Run Baëlan / Paimpol renseignements auprès de Patricia Le Calvez au 06 61 22 11 48 www.limagequiparle.org
Pour cette nouvelle édition Champs/contre-champs change d échelle. Organisée à l origine autour d expositions photographiques proposées par le Centre d Art GwinZegal, Champs/contre-champs entend devenir, au fil des années, le rendez-vous des représentations du monde rural par l image, la photographie, le film documentaire et/ou de fiction, la littérature Cette édition 2015 concrétise le souhait d acteurs du territoire de se réunir [Centre d Art GwinZegal, Village magazine, Association Double-vue, l association l Image qui parle, le réseau Au fil de l eau / Pays de Guingamp] pour faire de cet événement un espace d échanges et de curiosité sur l histoire, le présent et le devenir du monde rural. Le paysage, la société paysanne, l agro-industrie, les nouveaux usages sociaux à l œuvre dans les territoires - péri-urbains pour les uns ou péri-ruraux pour les autres - l environnement, le rapport au vivant, l aménagement du territoire... Et bien d autres thématiques qui rencontrent écho aussi bien auprès des citoyen(ne)s de l espace rural, que de l espace urbain, dans nos sociétés dites développés comme dans les pays dit émergents, seront abordées d édition en édition, en s appuyant sur les regards, les points de vue, parfois décalés, d artistes, de créateurs mais aussi de chercheurs en sciences humaines. Pour inscrire la question de la ruralité de manière plus prégnante sur son territoire, interrogeant de la sorte les éléments de son identité, le réseau Au fil de l eau / Pays de Guingamp a choisi en 2015 de faire de ce thème un élément central de ses manifestations. Ainsi, après Champs/contre-champs # 5, qui se tiendra du 3 avril au 17 mai, Visages de la ruralité proposera, sous la forme de conférences, d expositions - en extérieur et en intérieur - et sur l ensemble du territoire, le travail des photographes accueillis en résidence, Juraj Lipscher, Roland Schmid et Patrick Kuhn. A ces trois expositions issues des résidences s ajoutera une évocation, sous forme de documents photographiques en provenance d archives diverses, collectés et mis en forme par Maria Menguy, sur la place des femmes dans la société paysanne, de la première guerre mondiale aux années 70. Le programme détaillé de cette manifestation vous sera communiqué ultérieurement par le réseau Au Fil de l eau / Pays de Guingamp.
Exposition Henk Wildschut (Food) Pierre Liebaert (Macquenoise) Daniel Michiels ( les Ardennes belges) Patrick Prado (Un secret bien gardé - Basculement N 1) du 3 avril au 17mai 2015 Espace François Mitterrand / Guingamp photographie : Henk Wildschut, Examen, Amsterdam, Mars 2012 L Espace Mitterrand proposera trois regards de photographes, Henk Wildschut, Pierre Liebaert et Daniel Michiels, sur un monde rural qui se déploie dans une proximité géographique entre les Pays-Bas et la Belgique. Au-delà du parti pris de chacune des écritures représentées, rien ne saurait paraître plus dissemblables que ces trois univers. Le spectateur ne peut qu être saisi par l écart entre ces trois mondes. Dans une même temporalité se côtoient, une agro-industrie construite autour de la production de masse et de technologies que ne renieraient pas les auteurs d anticipation du siècle passé, le quotidien des habitants(e)s des Ardennes belges, un territoire géographiquement
«décentré», témoignage d un mode de vie et de production agricole que d aucuns auraient pu croire immuable mais en passe d être supplanté par un modèle intensif, plus «moderne» et enfin un face à face sensible mais d une certaine noirceur, entre une mère et son fils qui vivent à la marge dans un environnement rural contemporain. Ce qui frappe cependant dans ces trois travaux est la place de l animal et du rapport de domination et d une certaine violence qui prédomine entre le monde des humains et celui des animaux. Plus «policé» en apparence dans le monde de l agro-industrie saisi par Henk Wildschut, plus archaïque dans les univers de Pierre Liebaert et Daniel Michiels, ce «face à face» avec l animal interroge notre propre humanité, mais aussi le rapport au vivant que nous voulons pour demain. Dans sa série Food, Henk Wildschut, s est immergé pendant un peu plus d une année dans différentes entreprises relevant de l agro-industrie aux Pays-Bas. Sans a-priori, le photographe a souhaité mettre en lumière un monde méconnu, en s attachant tout autant aux environnements de production, aux personnes qui y travaillent, aux animaux qui semblent comme surgit d une autre planète dans ces univers hyper contrôlés aux objets technologiques omniprésents. Dans un pays contraint de par son espace agricole disponible, le photographe s est intéressé en priorité aux «entreprises agricoles» qui ont fait le choix de répondre à la question de la production alimentaire par une utilisation massive d outils technologiques, à même de «forcer» la nature dans ce qu elle a, pour ces tenants d une agriculture intensive, de contraignant. Le regard de Henk Wildschut n est ni caricatural ni apologique. Il s attache à la réalité de ce monde de l agro-industrie avec un œil le plus direct possible, usant d une écriture frontale, avec une attention particulière portée à la maîtrise du cadre et de la couleur. Plus proche par certains aspects des codes de la photographie de communication que de la photographie documentaire ou de reportage, le travail de Henk Wildschut peut indifféremment conforter toutes celles et ceux qui sont, soit les contempteurs ou au contraire les supporters, de ce type d agriculture. Son travail laisse toute sa place au débat, à l échange, à la confrontation et c est sans doute là tout son intérêt. Daniel Michiels, à la différence de Henk Wildschut, ne porte pas un regard extérieur sur son pays d adoption. Il partage au quotidien la vie de celles et ceux qui se laissent par lui «représenter», comme pour mieux témoigner d existences faites d attention au temps, aux saisons, au travaux journaliers, à l inscription dans des communautés villageoises. Son écriture photographique est à l image de la vie des territoires qu il sillonne, empreinte d une grande tranquillité, sans apprêt, constante dans sa forme, soignée dans sa mise en œuvre. Le spectateur se laisse vite porter par un rythme semblable à celui de la marche. Dans ses natures mortes comme dans ses portraits ou ses scènes de genre, Daniel Michiels, cherche à rendre compte de ce rapport étroit qui subsiste encore dans ce territoire des Ardennes belges, entre un milieu naturel façonné pendant de très longues décennies par des générations de paysans, dans une forme d équilibre et de «reconnaissance» mutuelle et la communauté des ruraux qui y résident. Il ne s agit pas ici de nostalgie, mais du regard lucide d un témoin qui sait toute la fragilité de ce monde distant de seulement quelques dizaines de kilomètre du monde représenté par Henk Wildschut.
Macquenoise de Pierre Liebaert «est le portrait doux-amer d une mère et de son fils vivant reclus parmi les bêtes, au gré des saisons. De cette relation œdipienne sourd une violence asphyxiée par un état d immobilisme. Parfois, le regard laisse échapper un cri d alarme que l on observe muet, impuissant. Macquenoise un village aux confins de la Belgique, à la frontière française. On y perçoit l ombre de la mère, plantée comme un grand chêne noueux et celle d un fils claudiquant. Deux personnages qui habitent la terre et y ont pris racine, infiniment Pierre Liebaert s est immiscé dans l intimité de cette famille, qui l a progressivement adopté. Le photographe s est accordé au rythme lent de la ferme et de ses hôtes par un mimétisme volontaire. Il dévoile ainsi un intérieur banal auréolé de chaleur, indice d une vie simple et sans aspérité, qui semble pouvoir durer pour l éternité. Pierre Liebaert jette avec cette série les bases de son travail, conjuguant un intérêt pour la marge avec une certaine crudité» (texte de Septembre Tiberghien dans Macquenoise de Pierre Liebaert). Pour accompagner ces trois expositions photographiques, le film Un secret bien gardé - Basculement N 1, film de Patrick Prado sera projeté de manière permanente dans l espace d exposition. Aux images tournées en caméra super 8 ou en 16 mm, il y a 30 ans, se superposent celles d aujourd hui et de paysages définitivement modifiés par ce bouleversement de la société. L histoire d un basculement, d un abandon d une vie paysanne et de ses savoir-faire pour une société de consommation et ses multiples attraits. Mais à quel prix? Avec des camarades, au début des années 70, Patrick Prado décide de faire revivre le petit village de Névédic dans le Morbihan. Les paysans sont partis pour aller travailler à la ville et eux rêvent de refaire le monde. Pas si lointaines et pourtant édifiantes, ces images évoquent les nombreux combats qui ont fait l histoire de la Bretagne. Ce film est la chronique tenue par le cinéaste sur sa propre expérience de ce qu il était convenu d appeler dans les années qui ont suivi mai 68, «le retour à la terre». Principalement le fait de jeunes urbains, possédant pour une bonne part un bagage scolaire conséquent, ces «utopies» généralement vécues sous forme communautaire se voulaient un contre modèle à la société de consommation de l époque. Le film est, de la part du réalisateur, tout à la fois le constat d un certain échec de ces utopies collectives et dans le même temps la prise de conscience que penser le monde de demain ne peut se faire qu en y intégrant la parole et l expérience de celles et ceux à qui on ne reconnaît pas ce droit à la parole. «Il ne s agit pas seulement de reprendre des images. C est un film où j essaie de réfléchir pour savoir d où nous venons, qu est-ce qui nous a construit à cette époque-là. Pour nous, c est en partie la fin des paysans, qui est aussi une des explications du chaos d aujourd hui». Contact presse : Paul Cottin 06 71 21 23 46 GwinZegal www.gwinzegal.com paul.cottin@gwinzegal.com
Le Centre d Art GwinZegal a reçu le soutien de l Ambassade du Royaume des Pays-Bas pour l exposition Henk Wildschut. La Fondation d entreprise Hermès accompagne le Centre d Art GwinZegal dans son développement. Champ / Contre-champs bénéficie du soutien : de la DRAC Bretagne, de la Région Bretagne, du Conseil Général des Côtes d Armor, de la Ville de Guingamp, du Pays de Guingamp, de Village Magazine.
photographie : Henk Wildschut, Aire de jeu, Lottum, Avril 2012
photographie : Henk Wildschut, Fientes, Slootsdorp, Juillet 2012
photographie : Henk Wildschut, Infusion, Den Bosch,Août 2012
photographies : Pierre Libaert, Macquenoise
photographie : Daniel Michiels, les Ardennes belges.