Le warrantage de l union Toungakai Ni bonga de Saboudey Carré



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Fiche d expérience Niger Novembre 2012 Le warrantage de l union Toungakai Ni bonga de Saboudey Carré Auteur: Zara M. Inoussa, IARBIC Introduction Cette fiche couvre l expérience de l union Toungakai Ni bonga de Saboudey Carré en matière de warrantage afin de partager son expérience au grand public en général et aux organisations paysannes en particulier. L union Toungakai Ni bonga, ce qui signifie «lève-toi» en langue zarma est située dans le village de Saboudey Carré à 60 km au nord-est de Niamey dans le département de Kollo, dans la région nigérienne de Tillabéry. L union Toungakai Ni Bonga a été créée en 2002 à l initiative des producteurs et productrices du village. Les groupements féminins de Saboudey Carré, conscients de l état de pauvreté extrême dans lequel se trouvaient les femmes de cette contrée, se sont rendus compte que les solutions ne viendraient que par l organisation et le renforcement des capacités de leurs structures. En 2002 l union comptait 8 groupements, 7 féminins et 1 masculin. En 2010, 12 groupements faisaient partie de l union, dont 11 féminins, totalisant 600 membres (540 femmes et 60 hommes) repartis dans 10 villages : Saboudey Carré, Tchida, Tchida Tafa Koira, Banikanou, Danthandou Tagui, Youlwa, Bankadey, Kallassi, Wankama, Bankadey Peulh. L union compte actuellement 24 groupements, 23 féminins et un masculin, totalisant 1 300 membres dont 1 240 femmes et 60 hommes repartis dans 20 villages des communes de Dantchandou et de Hamdalaye. L objectif principal de l union est la lutte contre la pauvreté par une meilleure gestion des ressources naturelles et une meilleure sécurité alimentaire des ménages. Pour pouvoir assurer la sécurité alimentaire de ses membres, l union s est lancée en 2005 dans le warrantage. Le warrantage, ou crédit stockage, est une technique de crédit à court terme, adaptée aux besoins de financement et aux capacités de garantie d une certaine catégorie socio professionnelle (producteurs agricoles, exportateurs de produits agricoles, ), garanti par un stock de produits agricoles «warrantables» (conservables, pas très encombrants et susceptibles d augmenter de valeur) entreposés dans un magasin approprié afin de contrecarrer le bradage des produits à la récolte par les paysans» (FAO, 2006). 1

Parties prenantes Les producteurs et productrices Les bénéficiaires des opérations de warrantage sont les producteurs et productrices membres de l union Toungakai ni Bonga repartis dans 20 villages des deux communes de Hamdallaye et de Dantchandou. L union et les OP Forte de ses 1 300 membres, l union dispose d un statut et un règlement intérieur. Le conseil d administration actuel est composé de 8 membres dont 7 femmes et 1 homme, le vice président. Leur mandat est de 3 ans renouvelable. L union a des comités de gestion pour les activités des boutiques d intrants, pour le warrantage ainsi que pour les champs écoles paysans. Ces comités de gestions sont constitués chacun de 4 membres (3 femmes et 1 homme). Les différentes activités de l union sont : la production de semences, le warrantage, la gestion de la boutique d intrants et d un moulin à grain, le champ école paysan, l embouche, l extraction d huile d arachide et la récupération des terres. L union dispose des ressources suivantes : deux (2) boutiques d intrants ; trois (3) magasins de warrantage ; un moulin à grain ; deux (2) motos ; six (6) kits d extraction d huile d arachide une décortiqueuse à moteur ; treize (13) charrettes ; deux (2) animateurs. Les partenaires techniques et financiers le Projet Intrants de la FAO Le warrantage est l une des toutes premières thématiques abordées par l union dans le cadre du soutien apporté par le Projet Intrants (2005) qui a organisé une formation sur le warrantage et la mise en place d un champ collectif de production d arachide. le programme Fonds canadien d appui aux initiatives locales (FCIL) Suite à cette première activité autour du warrantage en 2005, un magasin a été construit par le programme FCIL. La première opération de warrantage a été réalisée en 2005-2006 avec le financement du système financier décentralisé (SFD) Taanadi. A partir de 2010, l union a obtenu le crédit auprès du système financier décentralisé ASSUSU. Les projets IARBIC de la FAO et Agra micro-dose En 2009 et 2010, l union a bénéficié de financements des projets Intensification de l agriculture par le renforcement des boutiques d intrants coopératives (IARBIC) de la FAO et Agra micro-dose pour la construction de deux magasins de warrantage et deux boutiques d intrants, ainsi que la mise en place des champs écoles paysans pour une meilleure maîtrise des technologies agricoles. Les deux projets ont également fourni un appui en renforcement des capacités à travers la formation des comités de gestion (COGES) et gérants et gérantes des boutiques d intrants. Le projet Capitalisation de la FAO L union a bénéficié également de l appui technique du projet «Capitalisation des bonnes pratiques en appui à la production agricole et à la sécurité alimentaire» de la FAO pour la formation en warrantage et commandes groupées. L animateur de l union a également participé a une formation sur le genre. Approche méthodologique L union a mis en place un certain nombre d activités pour assurer la réussite et la pérennité de l activité dont l octroi de semences de base et de l engrais aux membres pour la multiplication des semences et la mise en place des champs écoles paysans pour une maîtrise de l utilisation des intrants (semences, engrais, pesticides). Pour les productrices qui n ont que de peu de temps à consacrer à leurs lopins de terre, l adaptation des technologies (apprises aux champs écoles paysans) contribuera à un meilleur rendement. 2

Pour augmenter le pouvoir d achat des productrices, l union a aussi octroyé un crédit à ses membres pour faire de l embouche. La campagne de warrantage de 2005-2006 La première opération de warrantage de l union a été organisée pour la campagne 2005-2006 et concernait 200 membres, 170 femmes et 30 hommes. Cette campagne ne s est pas bien déroulée à cause de la stabilité et/ou de la baisse des prix des produits agricoles sur le marché. De ce fait, beaucoup de membres (hommes et femmes) n ont pas pu rembourser leurs crédits. L union a payé sur fonds propre la totalité du taux d intérêt de (2,5%) et les amendes dues au non respect du délai de remboursement. Situation des prix en 2006 Spéculations Prix à la récolte Prix en période de soudure Ecart Mil 13 500 15 000 1 500 Niébé 17 500 20 000 2 500 Arachide 7 500 10 000 2 500 Oseille 13 500 12 500-1 000 Cette expérience a rendu les producteurs et les productrices réticents envers le warrantage. Pour faire face à cette situation, l union s est focalisée pendant quelque temps sur la multiplication des semences, en particulier des semences d arachide. Ces semences étaient rachetées à un bon prix par le programme d urgences de la FAO, le projet Wassa et par le Peace corps. Cette initiative a été bien accueillie comme le témoigne une femme productrice de semences membre de l union lors d une visite parlementaire française à Saboudey carré en 2009. : - «Je m appelle Kadi Issaka je suis membre du groupement Gakasineye de Saboudey Carré, mère de 6 enfants. Dans le cadre de la production d arachide et multiplication des semences avec le programme d urgences de la FAO, j ai obtenu 6 sacs d arachides sur ma propre parcelle que j ai vendus à 90 000 FCFA. Avec ce chiffre d affaire j ai acheté deux moutons à 40 000 FCFA. J ai épargné 10 000 FCFA pour la cotisation annuelle du groupement et de l union et des éventuelles dépenses dans ce cadre-là, 20 000 FCFA pour des vêtements et les soins de mes enfants. Dieu merci, j arrive à subvenir à mes petits besoins et ceux du ménage. Auparavant nous n avions pas cette opportunité.» La reprise du warrantage avec la campagne de 2010-2011 Après la première expérience négative de warrantage en 2005-2006 (résultat au tableau 1), l union a retenté l expérience pour la campagne de 2010-2011. La perception du warrantage était encore incertaine. Pour certains, le premier échec était dû au fait que les membres n étaient pas encore bien préparés à la pratique du warrantage. D autres estimaient que le warrantage était une opération valable car, dans le pire des cas, cela permettait au moins de conserver les semences à l abri. Cette deuxième opération de warrantage a repris avec le système financier décentralisé ASSUSU en 2010. Le stock était constitué de 412 sacs d arachide et de 200 sacs de mil et a impliqué 315 femmes et 38 hommes. Les produits ont été stockés dans 5 magasins dont 3 pour l union et les 2 magasins privés (appartenant aux membres de l union). Ne disposant pas de magasins propres, les villages ont transporté leurs produits au niveau des villages voisins les plus proches qui disposaient de magasins. Le taux d intérêt du crédit warranté était de 2,25%. 3

Les données disponibles au niveau de l union par rapport aux produits stockés pour la campagne de 2010-2011 ne sont pas sexo-spécifiques. Néanmoins on peut constater que les stocks des hommes étaient supérieurs à ceux des femmes. Pour les hommes, le stock variait entre 3 à 6 sacs en moyenne. Les femmes ont stocké entre 1 et 2 sacs. Situation des prix de la campagne 2010-2011 Spéculations Prix à la récolte Prix en période de soudure Mil 13 500 22 000 Arachide 8 750 16 000 L utilisation du crédit Le crédit obtenu est destiné à diverses dépenses : l embouche, la commercialisation des céréales, l extraction d huile d arachide, l achat d intrants pour les cultures irriguées et les dépenses familiales. Les produits stockés servent, après remboursement du crédit, à la consommation et pour avoir des semences. Validation Suite à la campagne de warrantage de 2010-2011, les premiers effets positifs sur la sécurité alimentaire des ménages se sont fait sentir et ont contribué à améliorer la perception des producteurs et des productrices vis-à-vis du warrantage. Si l opération n a pas pu être réalisée pour 2011-2012 à cause de la mauvaise campagne agricole dans la localité, il faut noter que les préparatifs pour la campagne de warrantage 2012-2013 sont déjà en cours, que les stocks sont en train d être constitués et que les négociations avec le système financier décentralisé ASSUSU ont démarré. Impact Les principaux impacts induits par l expérience réussie de warrantage sont les suivants : Les bénéfices financiers considérables tirés du warrantage dans la zone; L encadrement de l union ; Le fonctionnement de la boutique d intrants ; L apprentissage de nouvelles techniques agricoles à travers le champ école paysan ; La réduction du taux d intérêt obtenue par l union passant de 2,5 à 2,25% ; Les avantages induits par le warrantage profitant tant aux producteurs que aux productrices et ne contribuant pas à enrichir les plus riches du village ; L initiative de l union pour construire des magasins sur fonds propre ; Contraintes L union est majoritairement constituée de femmes et compte tenu des multiples tâches qui leur incombent, le bon déroulement des activités de ces dernières est entravé. Parmi les contraintes que connaissent les femmes figurent : La corvée d eau : la corvée d eau occupe les femmes 2h48mn par jour de leur temps. Comme source d approvisionnement en eau, le village dispose de deux puits profonds de 70 et 74m. Les Projets IARBIC et Capitalisation ont engagé un processus de résolution du problème de contrainte d eau avec la fondation Veolia. Cela permettrait aux femmes de disposer de plus de temps pour exercer d autres activités rémunératrices. Actuellement l union est en concertation avec la Mairie de la localité pour trouver une solution à ce problème d eau. L union compte contribuer financièrement avec les recettes de sa production de semences. 4

Le manque de temps : si l accès à la terre peut être une entrave à l implication des femmes dans la production agricole en général, et donc dans le warrantage, les populations impliquées dans l expérience de l union Toungakai Ni bonga affirment que le problème ne se pose pas dans leur village et qu il y a suffisamment de terre disponible sous forme de prêt. En revanche, c est le facteur temps qui limite les femmes dans la production et les activités génératrices de revenus. Par ailleurs l union connaît d autres contraintes telles que : L analphabétisme, L insuffisance de formation, Le déficit de communication entre les dirigeants-tes et les membres (hommes et femmes). L insuffisance de magasins : la pratique du warrantage est plus spécifiquement limitée par l insuffisance de magasins. L union, sur fonds propre, procèdera à la dotation en magasins des villages qui n en ont pas, par la construction d un magasin par an. Enseignements tirés L opération de warrantage nécessite une bonne maîtrise de la pratique par l union et ses membres. Quand la méthodologie du warrantage n est pas maîtrisée, l opération risque d être entravée. Le soutien de l union et leur investissement dans le warrantage est un facteur important de succès de l opération. Dans le cas de Toungakai Ni bonga, l union dispose de suffisamment de moyens pour construire des magasins ou aider à rembourser un prêt en cas de crise, ce qui solidifie l opération à long terme. Reproductibilité La pratique du warrantage et le dynamisme affiché de l union ont incité de nombreux groupements à la contacter pour y adhérer. Il s agit des groupements de Hamdallaye ville, Tagazar et Simiri (Wallam). Les réflexions sont en cours mais le problème qui va se poser est celui de l encadrement car il faut recruter des animateurs et animatrices endogènes, ce qui entraîne un coût. Conclusion Le warrantage est un système de crédit qui procure des avantages aux petits producteurs et productrices. Pour réussir l opération, il faut prendre toutes les dispositions préalables. Il ne faut pas perdre de vue que l opération de warrantage peut être un échec pour des raisons indépendantes des pratiquants. C est le cas de la baisse ou la stabilité des prix des productions agricoles, comme cela a été le cas dans l expérience de l union Tounou Gakai Ni Bonga de 2005-2006. Références bibliographiques Mémoire de Maîtrise, Zara M. Inoussa, Femmes et organisations paysannes au Niger - Cas de l Union Tounou Gakai Ni Bon de Saboudey Carré/Kollo, Décembre 2010 ; Mission de collectes de données complémentaires pour la réalisation de la Fiche d expérience sur le warrantage à Saboudey Carré, projet Capitalisation, FAO ; Fiche de bonne pratique : Le warrantage au Niger, une pratique adaptée aux besoins des petits producteurs et productrices, juillet 2012, Projet Capitalisation FAO www.fao.org/docrep/017/ap790f/ap790f.pdf. Canevas pour documenter les bonnes pratiques, OEK, FAO www.fao.org/knowledge/goodpractices/fr/. Projet Capitalisation FAO Niger BP 11246 Niamey Tel + 227 20723362 km-gender@fao.org www.fao.org/knowledge/km-gender/capitalisation-bp/fr 5 Projet Intensification de l Agriculture par le Renforcement des Boutiques d Intrants Coopératives FAO Niger BP 11246 Niamey, NIGER Tel + 227 20373236 contact@iarbic.net www.iarbic.net