Atelier POUR UNE DÉMARCHE INDUCTIVE DANS L ENSEIGNEMENT DE LA GRAMMAIRE EN FLE Carlos SOUZA DA SILVA Professeur à l Alliance Française de São Paulo Résumé : Si le Cadre européen commun de référence pour les langues propose deux possibilités à l enseignant de réaliser la conceptualisation grammaticale, à savoir les démarches déductive ou inductive, on constate que c est la seconde qu'il a tendance à adopter, vu l intérêt de développer l autonomie chez l élève à travers un travail d observation et de réflexion sur la langue. Pendant l'intervention, on vous invitera à réfléchir sur la démarche grammaticale inductive et à construire des supports pédagogiques à ce sujet. Mots clé : Grammaire inductif déductif De manière générale, les décisions sur l enseignement de la grammaire sont centrées sur le professeur. Il doit savoir ce qu il est censé enseigner (ce qui est prévu dans le manuel), doit réfléchir aux outils qu il doit utiliser (manuel, livres de grammaire, tableau traditionnel ou interactif, fiches conçues au préalable, sites internet), doit dédider d une approche plus déductive, centrée sur le professeur, ou inductive, centrée sur l élève. Indépendamment de ses choix, il est censé comprendre la structure qu il va présenter (registres oral et écrit), comprendre les nuances de sens de cette structure, prévoir les difficultés de la part des élèves, formuler des explications simples, claires et objectives et présenter des exemples qui puissent faciliter la compréension. 1
Tout apprentissage guidé d une langue ne peut se limiter à exposer l apprenant aux usages les plus variés d une langue dans l espoir que, par ses capacités perceptives et ses ressources intellectuelles propres, il saura accéder aux règles qui lui permettront d acquérir la grammaire de cette langue. Lieu spécifique d enseignement / aprentissage d une langue, la classe se doit d accélerer et de favoriser cette appropriation par des techniques qui ne doivent pas se limiter à la transposition de ce que peut être l apprentissage naturel d une langue. Non seulement il faut veuiller à organiser méthodiquement les contenus d enseignement par l établissement d une progression raisonnée, mais il faut faire en sorte que la classe soit le lieu d acquisition d un savoir grammatical par lequel, s il est bien concu, l apprenant disposera de cette faculté à combiner en suites acceptables des unités de langue. Sans quoi toute volonté de communiquer se heurte immanquablement aux ambiguïtés, imprécisions, malentendus auxquels peut donner lieu l usage d un code mal maîtrisé. (GÉRARD, Vigner. La grammaire en FLE.Paris, Hachette, 2004.) La démarche déductive vise à un enseignement de la grammaire qui va des règles aux exemples. Le professeur explique les règles de la grammaire et les élèves doivent les apprendre, ensuite il leur donne des exemples pour les appliquer. La grammaire déductive exige un effort intellectuel des apprenants. Ils doivent observer les formes linguistiques pour appliquer les nouvelles règles. La démarche inductive désigne un enseignement de la grammaire à partir d une situation de communication (en géneral, dans un dialogue) qui va des exemples aux règles. Cette analyse doit être soigneusement balisée par le professeur. Dans ce cas, l élève devient actif parce qu il doit en général élaborer les règles de grammaire d après les exemples fournis. La grammaire inductive est cognitive étant donné que l élève doit mobiliser ses connaissances antérieures pour résoudre un nouveau problème grammatical. Il n'est pas toujours évident de convaincre les élèves des avantages de la démarche inductive : sous pretexte d économiser du temps, beaucoup préfèrent aller immédiatement lire la «bonne» formulation de la règle. D où l importance de leur expliquer aussi les raisons d une telle démarche et les fruits qu ils pourront en cueillir. Les élèves sont invités à travailler de façon concrète les données linguistiques qu'ils ont à observer : ils doivent les 2
classer selon tel critère, leur faire subir telle transformation, encadrer le groupe de mots qui exerce telle fonction, en relier un autre par une flèche au mot qui le régit, etc. Le cheminement inductif leur étant présenté sous forme d'une activité pratique où ils sont guidés progressivement, les étudiants s y adaptent et peuvent reconnaître et automatiser cette façon de travailler. (...) on peut estimer que l être humain est un être rationnel, doté d une capacité de pensée et d analyser que l on peut mettre au service d une maîtrise accrue de la langue (GÉRARD, Vigner. La grammaire en FLE.Paris, Hachette, 2004.) Le métalangage On constate que la simple notion de démarche inductive ne suffit pas à assurer la compréhension et l intériorisation des règles par les élèves. D une part, ceux-ci ne disposent pas souvent d un vocabulaire qui puisse leur permettre de les expliquer. D autre part, cette démarche devra être bien balisée par l enseignant. Par rapport à l emploi des auxiliaires être et avoir pour former le passé composé, il ne suffit pas tout simplement de poser des questions telles que :«quels sont les critères?»;«quand doit-on utiliser être et avoir?». Voici une bonne suggestion de Vigner : Ne vaudrait-il mieux pas, le plus souvent, élaborer progressivement le tableau [grammatical] avec les élèves, le remplir au fur et à mesure de l avancée dans l exploration du problème, quitte par la suite à comparer ce tableau ainsi «bricolé» aux tableaux figurant dans différents manuels de français ou de grammaire? Ou bien, basés sur les tableaux que l on trouve dans les manuels et grammaires de français, les enseignants pourront eux-mêmes fabriquer leurs supports, sous forme de fiches, un travail qui tiendra compte des règles d emploi ainsi que du sens, comme dans l exemple cidessous. 3
Les articles contractés Conception : Carlos Souza csilva.prof@aliancafrancesa.com.br 1) Observez les phrases ci-dessous. Ensuite, faites l activité 2. «À 8 heures, je suis à la maison. À 9 heures, je pars à l école de langues. Après l école, je vais au cinéma, ensuite, au gymnase. Finalement, je passe à l hôtel voir un ami. À midi, je rentre chez moi et je prends une omelette aux champignons. Comme boisson, je bois du thé à la menthe. Avant la sieste, je vais aux toilettes.» 2) VRAI ou FAUX? Justifiez votre réponse par un exemple. ( ) Les articles en gras permettent d exprimer la situation ou la destination. ( ) Ils permettent aussi de spécifier la composition d un plat. ( ) au c est la contraction de à + le. ( ) On utilise à l devant un mot qui commence par voyelle ou h muet. 3) Complétez le tableau ci-dessous. Masculin Féminin Singulier au / à l + voyelle ou h muet Pluriel 4) Observez les phrases ci-dessous. Ensuite, faites l activité 5. Un martien a visité notre planète. Voyons ce qu il dit à ses collègues : «Je viens de la planète Terre. Je me souviens de l odeur du café, du bruit des vagues, du sourire de la Joconde, du bleu du ciel, de la chaleur du Brésil, des brésiliens...» 4
5) VRAI ou FAUX? ( ) Les articles en gras permettent d exprimer la provenance (le lieu d où vient quelqu un). ( ) Ils expriment aussi la destination. ( ) Ils peuvent exprimer la possession. ( ) du c est la contraction de de + le ( ) des c est la contraction de de + les. 6) Classez les articles dans le tableau. Masculin Féminin Singulier Pluriel Bibliographie GÉRARD, Vigner - La grammaire en FLE.Paris : Hachette, 2004 VYGOTSKI. Lev Semionovitch. Pensée et langage. Paris : Rééditions : La Dispute, 1997. GRÉGOIRE, Maïa. Exercices communicatifs de la Grammaire progressive du français.paris : Clé International.2004 BÉRARD, Evelyne. Grammaire du français. Atelier FLE.Niveaux A1-A2. CECR. Paris : Didier. 2008. 5