Fiche méthodologique pour l étude des PLU. Les espaces boisés classés



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Transcription:

Fiche méthodologique pour l étude des PLU Dans le cadre de l évolution de l action de l État en Isère, une démarche a été entreprise en vue d élaborer des positions partagées en matière d urbanisme. Elle se traduit par la réalisation de fiches méthodologiques par les services de l État dans le département. Ces fiches n ont pas de valeur réglementaire, mais, en revanche, elles définissent le point de vue des services de l État pour le département de l Isère sur des thématiques abordées dans les PLU. Elles constituent par ailleurs un support pour accompagner les communes et leurs prestataires lors de l étude des documents d urbanisme et faciliter le dialogue avec les services de l État au cours de la procédure. Les espaces boisés classés Textes de référence : articles L 130-1 et suivants, articles R 130-1 et suivants du code de l urbanisme. Préambule L article L 130-1 du code de l urbanisme prévoit : «Les plans locaux d urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu ils relèvent ou non du régime forestier 1, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies, des plantations d alignements.» A noter que le classement n est pas subordonné à l existence préalable d un boisement ou d une formation arborée : l aménagement du territoire communal peut conduire à créer un parc, une haie ou un boisement. Dans ce cas particulier, un espace boisé classé (EBC) s inscrit sur un ou des terrains initialement non boisés pour en afficher la destination forestière ou récréative. 1 Relèvent du régime forestier les forêts appartenant à l Etat (forêts domaniales) ou aux collectivités (régions, départements, communes), aux établissements publics, aux établissements d utilité publique, aux sociétés mutualistes et aux caisses d épargne ainsi qu à certains groupements de propriétaires forestiers. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 1/9

Les effets d un classement en EBC Ce classement interdit tout changement d affectation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. Les défrichements y sont interdits 2 ainsi que tout autre mode d occupation du sol. Par ailleurs, les coupes et abattages d arbres sont soumis à déclaration préalable sauf cas particuliers indiqués dans l encadré ci-dessous. Déclarations de coupes et abattages d arbres dans les EBC Ce régime déclaratif prévu par l article R 130-1 du code de l urbanisme s applique aux secteurs EBC et également aux territoires des communes ayant prescrit un PLU qui n a pas encore été approuvé ; pour ces dernières, cela doit faire l objet d une délibération du conseil municipal précisant l application de ce régime sur tout ou partie du territoire communal. La déclaration est déposée par le propriétaire à la mairie de la commune où est envisagée la coupe; une opposition peut être formulée dans le délai d un mois. Quand les coupes sont réalisées pour le compte de l Etat, la Région, le Département et leurs établissements publics et leurs concessionnaires, ainsi que pour les ouvrages de production, de transport, distribution et stockage de l énergie, c est le préfet qui est compétent pour instruire la déclaration ; cette compétence s étend aux déclarations faites dans le cadre des PLU prescrits et non encore approuvés. Il existe des dispenses de déclaration préalable dans les cas suivants :. forêts relevant du régime forestier : forêts publiques domaniales (Etat) ou communales qui sont gérées par l Office national des forêts (ONF). coupes réalisées dans le cadre de plans simples de gestion agréés, en forêt privée. enlèvement d arbres dangereux, des chablis (bois abattus dans la forêt par le vent) et des bois morts. coupes faisant l objet d une autorisation délivrée au titre des articles R 222-13 à 20 et R 412-2 à 6 du code forestier (coupes «extraordinaires» dans les plans simples de gestion agrées, coupes autorisées relevant des régimes spéciaux d autorisations administratives, coupes autorisées dans les forêts de protection ne relevant pas du régime forestier) ou du décret du 28 juin 1930 («amendement Monichon»). coupes qui rentrent dans le cadre d une autorisation par catégories, définies par arrêté préfectoral pris après avis du Centre régional de la propriété forestière (voir annexe 2 : arrêté préfectoral du 24 septembre 2008). A signaler qu aucune dispense n est accordée dans certains cas: terrains situés dans les zones à risques inventoriées dans les plans de prévention de risques (PPR), les périmètres de protection de captage d eau, les espaces naturels sensibles, les périmètres de protection des monuments historiques, les sites classés ou inscrits, les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), les zones protégées par un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB), etc. Enfin, le déclassement d un EBC ne peut pas se faire par une modification du PLU (article L 123-13 du code de l urbanisme). 2 La différence entre un défrichement et une coupe : - un défrichement a pour effet de détruire l état boisé d un terrain et de mettre fin à sa destination forestière pour un nouvel usage (urbanisation, agriculture, infrastructure) - une coupe bien conduite est une opération sylvicole visant à améliorer ou à régénérer un peuplement forestier ; le maintien de l état boisé est assuré soit par le biais d une régénération naturelle à partir des graines du peuplement, soit d un recépage s il s agit de feuillus ou d une plantation (introduction artificielle de plants). Cette coupe obéit à des règles techniques précises ; elle est soumise à des obligations réglementaires (code forestier, code de l urbanisme, code général des impôts). A noter qu un défrichement d EBC donne lieu à de lourdes sanctions (1.200 à 300.000 d amende au sens de l article L 480-4 du code de l urbanisme); un rétablissement de l état des lieux peut être prononcé par voie judiciaire. La création d une desserte forestière peut nécessiter des travaux de défrichement sur son emprise. On note toutefois qu au sens du code forestier, les équipements indispensables à la mise en valeur et à la protection de la forêt sont considérés comme des annexes de la forêt (article 27 de la loi forestière du 9 juillet 2001 article L 315-1 du code forestier); à ce titre, la création d une desserte forestière destinée à la production forestière ou à la défense contre les incendies est dispensée d une autorisation préalable de défrichement. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 2/9

Les intérêts et limites du classement EBC Le classement EBC permet de protéger les boisements présentant des enjeux importants. En revanche, un classement systématique de tous les espaces boisés sur un territoire communal, alors qu il existe déjà des mesures de protection des boisements prévus par le code forestier, conduit à une perte de lisibilité et de crédibilité de ce classement sans que soient envisagées par ailleurs des actions propres à la gestion durable de la forêt. Il convient donc d utiliser à bon escient ce classement en tenant compte des enjeux liés à la protection des boisements et en connaissant au préalable le panel des mesures utilisables pour cette protection. Les éléments de méthode pour le classement en EBC Précédé d une analyse du massif forestier, du parc, de l arbre, de la haie, le classement doit être justifié dans le PLU et motivé par des enjeux clairement identifiés : - la qualité paysagère : concerne les massifs boisés mais également les haies et plantations d alignement remarquables, les parcs, les sujets d exception (arbres isolés) - la préservation d écosystèmes particuliers, de forêts relictuelles : zones humides, forêts alluviales, cembraies - le maintien de corridors biologiques, notamment le long des cours d'eau (cf. annexe 3) - la caractérisation de coupures d urbanisation - la protection contre les nuisances (boisements en bordure d infrastructures routières, autoroutières ) 3. Concernant les risques naturels ou les situations d'urgence, un accès temporaire est toujours possible (respect de l'ensouchement). Dans bien des cas, des dispositions permettent une protection efficace sans recourir au classement EBC 4 : - Le code forestier (articles L 311-1 à 5) soumet à demande d autorisation préalable les défrichements, quelle qu en soit la surface, affectant des massifs forestiers de plus de 4 ha (ou les bois de moins de 4 ha s ils sont rattachés à un massif de plus de 4 ha). Ce seuil est abaissé à 0,5 ha pour les ripisylves (formations boisées présentes sur les rives d un cours d eau) et forêts alluviales qui sont en constante régression (arrêté préfectoral du 27 novembre 2004) ; par ailleurs, les bois des collectivités (communes, département, région) et de certaines personnes morales (cf. page 1 régime forestier) sont soumis à autorisation de défrichement sans seuil de surface. - Les éléments de paysage identifiés au titre de l article L 123-1-7 e du code de l urbanisme 5 : ce dispositif permet dans le cadre du règlement du PLU d identifier des éléments de paysage et de définir des prescriptions visant à assurer leur protection. Ainsi, lorsque des boisements sont identifiés à ce titre, leur suppression doit faire l objet d une déclaration préalable (article R 421-23 h du code de l urbanisme). Cette mesure moins contraignante que le classement EBC s avère judicieuse pour protéger certains boisements sur le territoire communal tels que les haies, bosquets, plantations d alignement, sans hypothéquer les possibilités de travaux d aménagement nécessitant des suppressions ponctuelles de boisements (mise au gabarit d une voirie, implantation d une antenne-relais, etc.). 3 A noter que le classement en EBC est incompatible avec la servitude liée aux lignes à haute tension (servitude I4 : transport d électricité), en application de la circulaire ministérielle du 2 mars 1993. 4 Le zonage N du PLU (zone naturelle et forestière au sens de l article R 123-8 du code de l urbanisme) peut contribuer dans un certain sens à la protection des boisements en affirmant la vocation naturelle des secteurs concernés ; il n en reste pas moins un moyen insuffisant pour garantir cette protection. 5 Les plans locaux d urbanisme peuvent «identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, îlots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d ordre culturel, historique ou écologique et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur protection». Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 3/9

A l'inverse, le morcellement de la forêt d'une commune (parcelles isolées de taille inférieure aux seuils cités plus haut) peut constituer un motif de classement (EBC ou élément de paysage identifié au titre de l'article L 123-1-7 e ). En définitive, la commune pourra, dans le cadre de l élaboration ou la révision de son PLU, faire coexister l utilisation de ces outils réglementaires en fonction des types de boisements rencontrés et des enjeux qui leur sont liés (cf. annexe 1 sur l utilisation comparée des deux outils EBC / L 123-1-7 e ). Le classement EBC sera ainsi utilisé avec discernement et parcimonie, sachant que pour garantir une gestion efficace et pérenne de ces espaces, mieux vaut «moins classer» pour «mieux classer». Enfin, l'examen du classement des boisements dans un plan local d'urbanisme peut entraîner la réduction de surface d'ebc préexistants. Dans ce cas, il conviendra d'en apporter la justification dans le rapport de présentation au regard des critères évoqués ci-dessus. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 4/9

ANNEXE 1 Dans quels cas utiliser le classement EBC ou l article L 123-1-7 du code de l urbanisme? Classement EBC L 123-1-7 e du code de l urbanisme - Applicable aux communes dotées d un PLU - Applicable aux communes dotées d un PLU - Massifs boisés, secteurs à boiser, ne relevant pas du régime forestier, répondant à l un des enjeux décrits :. intérêt paysager avéré. préservation d écosystèmes particuliers. corridors biologiques, coupures vertes. protection contre les nuisances des infrastructures. prévention des risques naturels (au cas par cas) - Bosquets et petits tènements privés forestiers inférieurs à 4 ha, non protégés par la réglementation forestière (défrichement sans autorisation préalable, au titre de l article L 311-2 du code forestier) - Haies et plantations d alignement remarquables, sujets d exception - Arbres et haies présentant un intérêt paysager, mais pour lesquels l usage de l EBC s avère inapproprié en raison de :. la localisation en bordure d un chemin ou d une route (forte contrainte du classement en cas de travaux d élargissement de la voirie). la localisation incertaine d un équipement à venir (antenne de relais téléphonique dans un espace boisé, canalisation traversant une haie, pont traversant un boisement en bordure de cours d eau ) Dans tous les cas l utilisation de l article L 123-1-7 e doit être accompagnée d un repérage et de prescriptions visant à assurer la protection des secteurs concernés. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 5/9

ANNEXE 2 ARRETE n 2008-08300 Portant dispense de déclaration de coupes d arbres en Espace Boisé Classé Le Préfet du département de l Isère Officier de la Légion d'honneur, Chevalier de l Ordre National du Mérite, le Code de l Urbanisme et notamment ses articles L.130-1 et R.130-1 et suivants relatifs aux espaces boisés et aux déclarations de coupes et abattage d arbres, le décret n 2007-18 du 05 janvier 2007 pris pour l'application de l'ordonnance n 2005-1527 du 8 décembre 2005 relative au permis de construire et aux autorisations d'urbanisme, l arrêté préfectoral n 2000-7415 du 18 octobre 2000 portant autorisation de coupes par catégories, l arrêté préfectoral n 2004-06287 du 27 mai 2004 instituant un seuil de surface pour la reconstitution forestière après une coupe rase, l avis du Centre Régional de la Propriété Forestière de Rhône-Alpes (Conseil d Administration en date du 17 juin 2008), Considérant que les bois et forêts classés en espaces boisés à conserver ou à protéger par les documents d urbanisme des communes doivent pouvoir faire l objet d une exploitation normale, Considérant qu il convient toutefois d assurer la pérennité de ces espaces boisés classés, Sur proposition du Directeur Départemental de l Agriculture et de la Forêt, A R R E T E : Article 1 er : Sont dispensées de la déclaration préalable prévue par l article L.130-1 du Code de l Urbanisme, les coupes entrant dans une des catégories ainsi définies : - Catégorie 1 : Coupes rases de taillis simple parvenu à maturité respectant l ensouchement et permettant la production de rejets suffisants pour le renouvellement du taillis ainsi que les coupes préparant une conversion du taillis en taillis sous futaie ou en futaie feuillue. - Catégorie 2 : Coupes rases de peuplement résineux ou de peupleraie artificielle arrivés à maturité sous réserve d une reconstitution de l état boisé dans un délai de 5 ans à compter de la date de début de la coupe. - Catégorie 3 : Coupes progressives de régénération de peuplements feuillus ou résineux, sous réserve du respect d un délai maximal de 15 ans entre le début de la 1 ère coupe (dite d ensemencement) et le début de la dernière coupe (dite définitive) et sous réserve de la reconstitution par semis naturels ou plantations dans un délai de 5 ans à compter du début de la coupe définitive. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 6/9

-Catégorie 4 : Coupes d éclaircie des peuplements feuillus et résineux traités en futaie régulière effectuées à une rotation de 4 ans minimum et prélevant au maximum 30 % du volume sur pied, - Catégorie 5 : Coupes de taillis avec réserves (arbres d avenir) prélevant moins de 50 % des tiges de ces réserves et à condition que la dernière coupe sur la surface parcourue remonte à plus de 25 ans, et coupes de taillis préparant à une conversion en taillis avec réserves (balivage intensif), - Catégorie 6 : Coupes prélevant au maximum 30% du volume initial, et respectant ou visant un équilibre des différentes strates de hauteur du peuplement forestier (coupes dites de jardinage), - Catégorie 7 : Coupes réalisées dans les haies, les boisements linéaires de moins de 30 mètres de large et dans les bandes boisées bordant les cours d eau sur une largeur de 30 mètres de part et d autre des deux rives, prélevant moins de la moitié du volume et (ou ) moins d un tiers des tiges sur pied Article 2 : Les catégories de coupes 1 et 2 telles que définies à l article 1 er ci-dessus ne peuvent être dispensées de la déclaration préalable que si les surfaces parcourues par ces coupes en un an se trouvent inférieures ou égales à 1 hectare si la pente est supérieure à 100%, ou inférieures ou égales à 3 hectares si la pente est de 50 à 100 %, ou inférieures ou égales à 10 hectares si la pente est inférieure à 50%. Article 3 : Toutes les coupes qui ne répondent ni aux caractéristiques définies aux articles n 1 et n 2, ni à celles listées à l article R.130-1du Code de l Urbanisme restent soumises à déclaration préalable conformément aux articles L.130-1 et R.130-1 du Code de l Urbanisme. De plus, la dispense est accordée sous réserve que les parcelles à exploiter ne soient pas situées dans : une zone urbaine ou d urbanisation future délimitée par un plan d occupation des sols rendu public ou approuvé, une zone d habitat délimitée par un plan d urbanisme ou un projet d aménagement approuvé, une zone d aménagement concerté faisant l objet d un plan d aménagement de zone approuvé (P.A.Z.), les espaces naturels sensibles soumis à une protection particulière par arrêté du Préfet, en application de l article L 142-11 du Code de l Urbanisme, les périmètres rapprochés de captage, les périmètres de protection des monuments historiques ou des bâtiments classés, les périmètres de protection des sites classés ou inscrits, les zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP), les zones protégées par un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB), les zones à risques inventoriées dans les Plans de Prévention des Risques (PPR). Article 4 : L arrêté préfectoral n 2000-7415 du 18 octobre 2000 portant réglementation d autorisation de coupes par catégories de forêts dans le département de l Isère est abrogé. Article 5 : Le présent arrêté peut faire l objet d un recours gracieux introduit auprès du préfet de l Isère ou d un recours contentieux par saisine du Tribunal administratif de Grenoble, dans un délai de 2 mois à compter de sa publication. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 7/9

Article 6 : Le secrétaire général de la préfecture de l Isère, les sous-préfets des arrondissements de La Tour du Pin et de Vienne, le Directeur Départemental de l'agriculture et de la Forêt, le Directeur Départemental de l Equipement, le Directeur de l agence départementale de l Office National des Forêts, les maires des communes de l Isère et le colonel, commandant le groupement de gendarmerie de l Isère, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera inséré au recueil des actes administratifs de la préfecture, affiché dans toutes les communes du département et dont ampliation sera adressée au président du Centre Régional de la Propriété Forestière et au Directeur d agence de l Office National des Forêts. Fait à Grenoble, le 24 septembre 2008 LE PREFET Pour le Préfet et par délégation Le Secrétaire Général Gilles BARSACQ Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 8/9

ANNEXE 3 Classement EBC et cours d'eau Trames bleues Cas général La ripisylve (forêt en bordure de cours d'eau) est un élément indispensable pour la vie du cours d'eau (trame bleue). Il est donc pertinent de protéger cette ripisylve par un classement en EBC, sur une largeur entre 10 et 20 m suivant la nature du cours d'eau : 10 m suffisent pour un cours d'eau ayant une dynamique faible, 20 m voire plus étant nécessaire pour des cours d'eau «actifs» comme des torrents ou des cours d'eau de montagne. Il convient toutefois de maintenir «hors EBC» les accès identifiés et pérennes pour l'entretien du cours d'eau. Cours d'eau traversant des espaces cultivés En zone vulnérable au titre de la directive Nitrates, une obligation de maintien d'une bande enherbée ou boisée de 5 m de large est imposée. Cette bande peut être reprise en EBC, mais cela n'est pas impératif. En dehors des zones vulnérables, il n'existe pas d'obligation systématique de bande enherbée ou boisée le long des cours d'eau. Le classement en EBC devra donc être étudié au cas par cas. Il peut être nécessaire en cas de risque fort d'érosion latérale du cours d'eau. Cours d'eau endigués Les digues ne doivent pas être classées en EBC. En effet, les racines des arbres sont souvent incompatibles avec la stabilité et la durabilité des digues. Document établi par les services de l État pour le département de l Isère Mise à jour mai 2009 9/9