Doc.cpdav 48 Action painting & dripping avec Jackson POLLOCK
Fiche artiste Il inaugure la technique du «dripping», peinture projetée sur le grande toiles à même le sol. Ce que je pense et pourquoi:--------- --------------- --------------- --------------- --------------- --------------- Mes ressentis, mes impressions: - - - - - Titre de l œuvre:----- Date de création:----------------- Titre de l œuvre:----- Date de création:----------------- Titre de l œuvre:----- Date de création:-----------------
Fiche artiste Quels outils, quels médiums et quels supports?:-
Ateliers arts visuels Dripping ( to drip = couler goutte à goutte) Pollock est célèbre pour sa technique du «dripping» qui consiste à disposer le support ( papier, carton, toile ) sur le sol, et d y laisser couler la peinture sans la toucher, directement au-dessus, à l aide d un bâton par exemple; ce qui produit toutes sortes de traces, taches, coulures, projections Matériel: - Cartons, papiers forts ( dos d affiches), ou bien aussi dans un couvercle en carton - bâche plastique de protection pour le sol et scotch - Pots de peintures ( acrylique ou gouache, assez liquides ou autres peintures de récupération fonds de pots ) de couleurs différentes - Outils: bâtons, manches de pinceaux - Expérimente différents procédés pour faire du «dripping»: a)-en te déplaçant autour du support, trempe le bâton dans la peinture et agite-le, fait des gestes différents au dessus de la feuille, en laissant couler la peinture mais sans jamais faire toucher à la surface du carton. Change de couleur jusqu à ce que le carton soit recouvert b)-sur un support vertical dépose des goutes ou petit tas de peinture liquide en haut de la feuille ( tu peux juxtaposer ou mélanger les couleurs, mais aussi retourner ta feuille pour continuer ) Tu peux ensuite découper ces cartons peints en formes simples ( disques, carrés, triangles ) pour constituer une collection Variantes: : découper d abord différentes formes évidées (pochoirs) dans le carton pour faire une collection en dripping ( d objets, de fleurs, d animaux ); On peut aussi utiliser cette technique pour recouvrir des objets avec des peintures acryliques! Dripping numérique : app pour tablette et en ligne http://www.jacksonpollock.org/ Doc.cpdav 48!
Ateliers arts visuels L art de faire des tâches: Pollock a beaucoup pratiqué l»action painting»: l acte de peindre en utilisant l énergie de son corps et de ses gestes spontanés Matériel: - papiers forts ( dos d affiches), kraft, papiers de couleurs - bâche plastique de protection pour le sol et scotch - Encres à dessiner, - Outils: bâtons, manches de pinceaux, pots percés, éponges pour laisser couler, goutes à gouttes, pipettes pour projeter, cylindres pour souffler etc Situation problème: chercher et expérimenter différents procédés pour faire des tâches différentes, singulières, insolites, étonnantes, mettant en jeu les actions, les gestes, les outils = attitude prospective dynamique (recherche par une succession d essais pour que faire des taches devienne un geste créatif! Synthèse et échange collectif afin de faire formuler les intentions, les procédés et les effets obtenus ( explicitation des gestes, outils ). Effectuer des cadrages /isoler et choisir des morceaux Cadres en carton rigide de différentes dimensions( bords larges permettant d isoler de son contexte visuellement l'objet retenu, surtout pour les jeunes élèves, les plus grands pourront utiliser des équerres en carton, pour adapter le format et la forme du cadre à l'objet retenu - Cadrages simples, rectangulaires ou carrés, sur des signes significatifs, expressifs d une intention ou idée particulière (donner du sens). Tracer le contour à isoler puis découper les cadrages retenus pour réaliser une collection de taches. Prolongements: *Mise en réseau avec albums ( ex N Paulhac oh! les taches, S.Frattini Que cachent les taches *chercher dans son environnement des taches à capturer ( en photo, en dessin ) Doc.cpdav 48
Que vois-tu? Qu est-ce que c est?
Explique comment Jackson Pollock a réalisé cette peinture. Quels outils, quels gestes a t-il utilisé?
Jackson Pollock Silver Over Black, White, Yellow, and Red, 1948 Peinture sur papier marouflé sur toile 61 x 80 cm Avec un baton ou un pinceau, il jetait la peinture sur une toile clouée au sol, afin d exprimer ses sentiments par l acte de peindre avec son corps et ses gestes: c est de l expressionisme abstrait. Pour ce tableau il a trempé son pinceau dans la peinture noire et l a promené au dessus de la toile; puis d un coup de poignet, en traçant en l air des arabesques, ou des lignes, en laissant tomber la peinture, un peu plus, un peu moins avec du rouge, du jaune et de l argenté
Sur ces images, où se trouve cette oeuvre de Pollock?
Number 14 (Gray), 1948
Pollock à l oeuvre En mouvement, le peintre jette et fait couler la peinture à l aide d un bâton de bois ou d un pinceau. Jackson Pollock abandonne l utilisation classique du pinceau pour le dripping. Cette technique consiste à laisser goutter de la peinture sur une toile de grande dimension posée à même le sol. L artiste livre un véritable corps à corps avec le support qu il recouvre entièrement d arabesques gestuelles dans une puissante énergie graphique et un coté aléatoire. Il est l un des acteurs majeurs du mouvement américain Action Painting que l on peut traduire par peinture d action, gestuelle ou corporelle» Pollock, peintre expressionniste abstrait explique ainsi sa technique : «Avec la toile sur le sol, je me sens plus proche. d un tableau, j en fais davantage partie. De cette façon, je peux marcher tout autour, travailler à partir des quatre côtés, et être dans le tableau, comme les Indiens de l Ouest qui travaillaient sur le sable». Il emprunte en effet à des rituels indiens navajos, dont il découvre les motifs abstraits et leur art primitif. Cf vidéo Pollock.mp4
Pour réaliser un tableau abstrait, à la fin des années quarante, Pollock abandonne la figuration : pour lui, la réalisation d un travail expressif et signifiant ne passe plus forcément par la création d images figurées. 2- Un très grand format. Il implique pour l artiste un rapport physique au tableau pour l artiste mais aussi pour le spectateur qui, s approchant pour voir les détails, se trouve «projeté» au cœur de la peinture. 3- De réaliser une peinture sans profondeur. Comme on l a vu plus haut, pour Pollock la peinture est avant tout formes, couleurs, rythmes, disposés sur une surface plate, et non une «fenêtre» ouvrant sur un monde réel ou imaginaire. 3- Une composition «all-over», c'est-à-dire d une répartition égale des éclats de peinture sur l ensemble de la toile qui accentue cette impression de planéité. Faire du dripping -En ligne http://www.jacksonpollock.org/ -Sur tablette Vidéos à regarder http://www.lesite.tv/videothequ e/0856.0014.00-peintureargent-sur-noir-blanc-jaune-etrouge-jackson-pollock 4- Des couleurs assez austères ( bruns, noir, blancs, verts), qui peuvent certes évoquer, la nature mais qui cherchent surtout à éviter les effets trop séduisants ou décoratifs. 5- L utilisation de la technique du dripping. -Cette technique, comme la taille de la toile, fait de la peinture un exercice physique qui engage tout le corps de l artiste. Le tableau devient alors comme la trace de cette performance gestuelle qui est tout aussi importante que le résultat obtenu. -Cet engagement physique, qui limite la réflexion, et l accomplissement de gestes répétitifs laissant une place au hasard doivent selon Pollock faire émerger des formes produites par sont inconscient. C est pour cette raison qu il refuse de parler d «accident» : le geste n est pas totalement hasardeux, il est guidé par une intention créatrice qui échappe en partie à la conscience du peintre. La variété des traces de peinture, leur répartition égale sur la toile, les effets de rythmes obtenus, montrent d ailleurs que Pollock garde en grande partie le contrôle de ses gestes.
Number 34 (1949)
Jackson Pollock (1912-1956) Number 26 A, Black and White 1948 Peinture glycérophtalique sur toile 205 x 121,7 cm et détail
Convergence 1952
Galaxy, 1947
Guardians of the Secret, 1943
The Deep, 1953
The Flame, 1938
Jackson Pollock Studies, Number 11- Composition 1939-1940 Mine graphite, crayon de couleur, aquarelle et encre sur papier 35,5 x 27,9 cm
Jackson Pollock The Moon-Woman Cuts the Circle (La femme-lune coupe le cercle) 1943
Jackson Pollock Untitled (M 69) 1943-1944 Sérigraphie sur papier peint 38 x 23 cm
En savoir plus De Jackson Pollock (1912-1956), on retient d'abord la pratique du all-over, terme employé pour désigner ses peintures exécutées dans les années 40. Le all-over correspond à une répartition uniforme des éléments picturaux sur toute la surface du tableau, qui semble se prolonger au-delà des bords. Il y a donc un effet de cadrage, non pas le cadre qui sert à construire une perspective ou à organiser une vue, mais un cadre qui coupe directement dans le geste, dans la ligne. Cette forme de structuration du chaos par la seule surface est associée, chez Pollock, à la technique du dripping. L'artiste déroule la toile sur le sol et, au lieu d'utiliser directement un pinceau, il déplace des bidons de peinture percés de façon à produire des coulures. Il peut aussi produire ces traces avec la peinture coulant d'un bâton ou d'un pinceau. Un parallèle peut être fait avec les lignes aléatoires produites, dans un tout autre registre, par les Stoppages étalons de Marcel Duchamp. Plus encore que la reproduction de ses peintures, ce sont les photographies et les films montrant Pollock en action qui aura contribué à son impact. La peinture de Pollock est aujourd'hui tellement connue, au moins dans ce principe du dripping, que la vision que l'on a des coulures naturelles que l'on croise dans la rue ou dans la nature est transformée. Elle a rendu sensible, en l'isolant et en l'exaspérant, la relation gestuelle et corporelle qui se joue dans l'acte du peintre et qui est donc inscrite dans le tableau. Ceci était vrai depuis longtemps avec la notion de touche du peintre, mais, au XXe siècle, la peinture est devenu une performance. Picasso s'est fait filmer en train d'exécuter un tableau. On connaît aussi des photographies Man Ray "peignant" avec une lampe agitée devant l'appareil photo (light writting) et aujourd hui le light painting ). L'artiste Francis Alÿs, a produit, avec The Leak, 1995-2000, une expérience comparable : il a tracé par dripping une ligne qui marque son itinéraire, passant de l'ascenseur à la rue, etc. The Leak a été "exposée" en 2003 au Musée d'art moderne de la ville de Paris, dans l'exposition "Déplacements" : une fine coulée de peinture descendait le long des marches et s'échappait dans la ville, marquant, au sens propre, la migration des activités de l'arc, vers son nouveau lieu (le Couvent des cordeliers). On note enfin aujourd'hui, dans les rues de Paris, une pratique du tag qui relève du dripping : la ligne est produite par une coulure sur le sol avec une peinture blanche. Jackson Pollock en action
Action painting et expressionnisme abstrait L Action painting : Ce terme signifie «peinture d action» ou «peinture gestuelle». Il apparait en 1952 et est formulé par un des grands critique d art de cette époque : Harold Rosenberg. Il l utilise pour caractériser une partie du travail de l Ecole de New York (Expressionisme Abstrait) : «A un certain moment, les peintres américains [ ] commencèrent à considérer la toile comme une arène dans laquelle agir, plutôt que comme un espace dans lequel reproduire, recréer, analyser ou exprimer un objet réel ou imaginaire. Ce qui devait passer sur la toile n était pas une image, mais un fait, une action. Ce n est plus avec une image dans l esprit que le peintre approchait de son chevalet ; il y venait, tenant en main le matériau qui allait servir à modifier cet autre matériau placé devant lui. L image sera le résultat de cette rencontre» Cette nouvelle façon de peindre a donc un rapport purement physique et matériel à la peinture puisque le corps est largement investi dans la création, il en est à l origine. L œuvre est alors littéralement un espace d expression corporelle de soi. L œuvre devient le fruit de l action. Dripping/pouring : Le dripping est un technique picturale rattachée à l artiste Jackson Pollock ; pourtant il n en n est pas le premier utilisateur. Picabia, Miró, Masson ou encore Paalen l avaient déjà utilisés auparavant. Même si dans la plus part des ouvrages et sites internet ce seul terme de dripping, est en général mentionné, il est possible de voir figuré également le terme de pouring. Mais ces deux termes définissent-ils la même technique? Est ce qu il en aurait un qui serait plus adapté pour décrire la méthode de l artiste? On dit le plus souvent que Jackson Pollock à partir de 1947, dans sa période des all over, utilise la technique du drip, qu il développe au cour des années suivantes jusqu au retour de la figuration. Cependant ce terme de dripping n est pas totalement exact pour définir la technique picturale de l artiste. «To drip» signifie laisser un liquide tomber gouttes à gouttes, donc égoutter. Mais on remarque grâce notamment aux vidéos de Hans Namuth ( CF vidéos), que Jackson Pollock effectue des gestes tantôt brusques tantôt plus doux. Une gestuelle qui implique le mouvement du corps entier. Ce qui ne correspond pas totalement à la méthode d égouttement et donc de dripping ;qui serait plus destiné à une technique où le corps serait plus statique. «To pour» signifie déverser, émettre en un ruissellement, faire ou laisser un liquide s écouler hors d un récipient ; mais également répandre ou verser abondamment. Dans ce sens, la technique du pouring est plus à même de décrire les effets dynamiques, qui donnent ces entrelacs de peinture caractéristique à l œuvre de Jackson Pollock. On note également que le fait de déverser implique une opération humaine, ce que fait l artiste. Ce dernier terme est donc le bon mot pour définir la technique artistique associée aux all over. Le dripping est donc utilisé par erreur pour déterminer la technique picturale de Jackson Pollock. Même si par moment cette méthode est parfois exploitée par l artiste, le pouring en reste la réelle représentation de sa pratique artistique liée aux all over. All Over : Le terme de all over apparaît dans les années 50 avec la naissance de l action painting. All over, qui pourrait se traduire par «partout», signifie, quand il est appliqué à la peinture, un traitement homogène de la surface de la toile, la peinture est déposée de manière égale. Le peintre ne fait pas de différenciation entre les différentes parties de la toile, toutes sont traitées de la même manière. La peinture ne semble pas s arrêter à la matérialité physique de la toile, et donne une impression de horschamps. Par ce traitement particulier, les codes traditionnels de la peinture sont rompus, le «figuré» n est plus hiérarchisée, et la toile n a pas de sens d accrochage proprement défini. Jackson Pollock, commence à utiliser cette technique en même temps que les dripping. Avec sa toile posée sur le sol, il tourne autour d elle, et projette la peinture dessus, de manière spontanée et presque «inconsciente». Comme nous pouvons le voir sur cette image, la peinture déborde de la toile, et n a pas de sens de lecture prédéfini. Chaque parti du tableau fait donc echos à l ensemble de l œuvre.