DOSSIER DE PRESSE Anne Barrès «Poussées et équilibres» au Musée départemental de l Oise à Beauvais du 7 juillet au 31 octobre 2010 Contact Presse Marie-Laure Trouvé Tél. (33/0)3 44 10 40 63
Anne Barrès, Poussées et équilibres Anne Barrès est née le 15 janvier 1938 à Rodez et a commencé ses études artistiques à l école des Beaux-Arts de Montpellier. Elle y a beaucoup étudié la peinture mais, cherchant à travailler en volume, elle s inscrit à l école des Beaux-Arts de Bourges. Elle y rencontre Jean Lerat, artiste s intéressant à la dimension plasticienne de la céramique, qui aura une grande influence sur sa carrière. Il lui communique l amour de la terre et fait naître son intérêt pour la «matière molle». Elle admire également beaucoup le sculpteur allemand Ulrich Rückriem dont la mise en scène du processus créatif l intéresse beaucoup. Influencé en outre par les recherches du groupe Supports/Surfaces, son travail se focalise sur le rapport à la matière et sur la façon dont les spécificités de la matière entrent dans le processus même de création. L exposition présente deux moments dans la carrière d Anne Barrès. La grande tenture de Gien de 1983 fait partie d une série d œuvres inspirées par son enfance. En effet, Anne Barrès, comme toutes les petites filles de France avant les années 60, a reçu des leçons de couture à l école. Elle décide de donner à ce travail une dimension monumentale pour sortir de l ombre une création considérée comme mineure. Elle réalise des réseaux de modules de céramique, ici en grès et en porcelaine, en forme de coussins liés par des cordes qui recouvrent de grandes surfaces murales. Outre le rappel du textile, ces œuvres jouent déjà sur l opposition entre le mou et le dur, le cru et le cuit. L aspect de ces modules est mou, on les dirait prêts à se dégonfler alors qu en réalité ce sont des œuvres solides. Ce rapport entre la dureté du matériau et l apparente mollesse est repris dans la série ayant pour support de base la brique à bâtir industrielle de 20x20x40 cm. A partir de 1987 et pendant plus de 10 ans, Anne Barrès travaille dans les usines Gélis à Colommiers près de Toulouse. Elle détourne les briques qui y sont fabriquées pour créer des structures architecturales dynamiques, mettant en valeur les forces de pesanteur et de tension en les figeant dans des instantanés de mouvements d affaissement supposé. L ambiguïté du mou et du dur (du cru et du cuit) est ainsi rendue par l idée de mouvement de destructuration et la déformation des briques. Ces briques ne sont d ailleurs pas tout à fait les briques qui servent pour la construction. Anne Barrès, en effet, en collaboration avec les laboratoires de l usine, intervient directement sur les filières qui servent à étirer les briques pour créer des simulacres plus plastiques mais à l aspect identique lui permettant d extrapoler les mouvements et les déformations du matériau à l origine trop cassant. La matière est ainsi soumise à son imagination pour rendre spectaculaire les jeux de force tout en ironisant sur l architecture. La présentation simultanée de la tenture et des poussées a également un sens. Le travail d Anne Barrès rassemble ainsi deux activités fortement connotées du point de vue du genre. En effet la couture est vue comme une activité féminine et la construction comme un travail d homme. Or, Anne Barrès construit des architectures toutes en courbes et tisse des réseaux monumentaux de céramique. L opposition entre la couture fragile et souple et le travail de la brique dure et solide est ici abolie par la matière, la dimension monumentale et les jeux sur le mou et le dur. Elle ne s amuse donc pas seulement avec les forces et les matériaux mais aussi avec les codes du masculin et du féminin en créant des passerelles, en s affranchissant des idées reçues pour créer une œuvre espiègle et libératrice. Anne Barrès, «Poussées et équilibres» 2
Anne Barrès à Beauvais L exposition consacrée à Anne Barrès est la cinquième heureuse collaboration du Musée départemental avec l Ecole d art du Beauvaisis, deux institutions réunies une fois de plus dans l intérêt commun pour la céramique, et la création contemporaine dans ce domaine. L initiative de cette nouvelle rencontre revient à Clotilde Boitel, sa directrice, dans le cadre des invitations annuelles de la section céramique de l école. A chaque intervention au musée, s instaure un riche dialogue au sein des collections déployées dans quelques espaces du monument qui l abrite, l ancien Palais Episcopal. A l artiste invité de choisir sa proposition. Anne Barrès succède ainsi à Jean-Luc et Titi Parant en 2004, Thomas Perraudin en 2005, Françoise Vergier en 2008, Sylvain Ramolet en 2009 dont des œuvres sont toujours en place. Anne Barrès s est installée dans la salle des arcades du XVIIIè siècle ouverte sur le jardin, en pierre de taille, qui possède un mur archéologique, reflet de l histoire cet espace où sont présentés en partie haute des chapiteaux médiévaux, vestiges de monuments disparus de Beauvais, une belle fenêtre Renaissance, très ornée qui contraste avec les lignes plus géométriques et cependant adoucies des sculptures monumentales disposées au sol. Anne Barrès les a réalisées en terre cuite peinte, à partir du module de la brique creuse industrielle, dans l usine Gélis près de Toulouse qui mécéna pendant dix ans ses recherches. Cet ensemble présenté au Musée Denys Puech de Rodez, sa ville natale en 2008, vient d être exposé à la Galerie municipale Julio Gonzales d Arcueil. De tels éléments d architecture détournés et vivement colorés, déclinent le thème des «Poussées et équilibres», selon une détermination puissante, non dénuée d humour, de l artiste. En contraste aérien, Anne Barrès a accroché sur le mur perpendiculaire, sa fameuse «Tenture de Gien», grès, porcelaine et corde, une de ses plus superbes évocations textiles créées en référence aux ouvrages de dames. Pour l exposition de l Ecole d art du Beauvaisis qui aura lieu du 18 septembre au 18 décembre 2010, dans la salle basse médiévale de l Auditorium Rostropovitch à l espace culturel François Mitterand, Anne Barrès crée actuellement de nouvelles pièces intitulées, «les soufflées», «les flétries», nouveau défi aux lois de la matière. Anne Barrès, «Poussées et équilibres» 3
Liste des œuvres exposées Poussée verticale, 1993-1994 Poussée latérale, 1994 La triple poussée, 1994 Encastrement, 1994 Poussée, 1993 T, (1993-1994) Le grand A, 1993 Brique de référence, 1993-1994 Le grand bond, 1995-1996 L ovale, 1995-1996 La tenture de Gien, 1983 Grès, porcelaine et corde. Anne Barrès, «Poussées et équilibres» 4
Autour de l exposition Exposition du 7 juillet au 31 octobre 2010. Vernissage le mardi 6 juillet 2010 à 18h. Réservation au 03 44 10 40 50. TOUS LES JOURS Heures d ouverture : de 10h à 12h et 14h à 18h Du 1 er juillet au 30 septembre : de 10h à 18h en continu Fermeture hebdomadaire le mardi. Site internet : oise.fr L ENTREE EST GRATUITE Catalogue L ouvrage intitulé Anne Barrès - Sculptures est édité aux éditions du Rouergue à Rodez, 111 pages, ill. en couleur. Prix public à l unité : 30 euros. En septembre lors des Journées du Patrimoine Visite libre de l exposition (aux heures d ouverture du musée). Conférences pour publics individuels Le dimanche à 16h : dates à préciser. Ateliers d expression plastique pour enfants Pendant les vacances scolaires de juillet : de 10h à 12h pour les centres de loisirs et de 14h à 16h pour les particuliers. Pour tout renseignement et inscription : Marie-Laure Trouvé au 03 44 10 40 63 Le document gratuit servant d aide à la visite sera disponible à l accueil du musée. Service pédagogique, visites pour les enseignants, dossiers Contact : Richard Schuler au 03 44 10 40 62 Contact réservations : Marie-Laure Trouvé, service promotion au 03 44 10 40 63 Anne Barrès, «Poussées et équilibres» 5
Le Musée départemental de l Oise Le Musée départemental de l Oise est installé dans l ancien Palais des Evêques- Comtes de Beauvais, au pied de la cathédrale. Cet ensemble architectural remarquable, classé monument historique, comporte une porterie du 14 ème siècle (ornée de la célèbre peinture murale des sirènes musiciennes), reliée par une aile au Palais Renaissance élevé pour l évêque Louis-Villiers de L Isle-Adam (1497-1521) sur les fondations d un premier bâtiment du 12 ème. Le Palais fait actuellement l objet d un projet global de rénovation muséographique. En attendant la fin des travaux, une sélection représentative des collections permanentes entraîne le visiteur dans un parcours qui le conduit du guerrier gaulois de Saint-Maur aux pierres et bois sculptés du Moyen-Âge (avec de précieux éléments provenant des maisons en bois du vieux Beauvais). A voir également, les œuvres de l Ecole française du 16 ème siècle, avec une étonnante Résurrection du Christ (vers 1594) d Antoine Caron, pour aboutir aux 19 ème et 20 ème siècles avec les tableaux de Huet (dont le superbe Retour du grognard), Corot (avec la version la plus aboutie de la célèbre Vasque de l Académie de France à Rome), les puissantes esquisses peintes de Thomas Couture pour sa toile monumentale l Enrôlement des volontaires, sans oublier Ingres, Maurice Denis, Vuillard, Vallotton, Le Sidaner Un des thèmes forts du musée est également représenté à travers la remarquable salle à manger Art-Nouveau de l artiste liégeois Gustave Serrurier-Bovy, agrémentée des céramiques de Delaherche. Ne manquez pas les œuvres des artistes de l Entre-deux-Guerres. En raison des travaux, la riche collection de céramiques du Beauvaisis ne peut être actuellement présentée dans son intégralité au public. Certaines pièces sont cependant visibles dans le parcours prévu pour les visiteurs. Le Musée est ouvert tous les jours de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 jusqu au 30 juin. De 10h à 18 h jusqu au 30 septembre. Fermeture hebdomadaire le mardi et certains jours fériés. Entrée gratuite. Pour en savoir plus sur l histoire du musée, son programme d activités et suivre son actualité venez consulter le site : oise.fr Vue des tours d entrée du musée Vue du Palais Renaissance Anne Barrès, «Poussées et équilibres» 6