«Et les déchets solides, on en fait quoi?»



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Transcription:

«Et les déchets solides, on en fait quoi?» Compte-rendu de la rencontre Jeunes Professionnels Date : 12 juillet 2014 Lieu : Centre de Traitement et de Valorisation des déchets et bureaux de Corade, Ouagadougou Animateur : Bertrand Cousin (réseau Projection) Intervenant : Bernard Nonguierma (plateforme Re-sources) 1. Problématique Une enquête «Projection à votre écoute» lancée en 2013 auprès des membres du réseau a montré l intérêt des jeunes professionnels pour la thématique de la gestion et la valorisation des déchets solides. Une rencontre sur cette thématique a donc été programmée le samedi 12 juillet à Ouagadougou avec une visite du Centre de Traitement et de Valorisation des Déchets (CTVD) pour permettre une approche concrète de la problématique et comprendre le traitement réservé aux déchets solides sur la décharge finale de Ouagadougou qui sert par la même occasion de plateforme de valorisation. Suite à la visite, Bernard Nonguierma, coordinateur Environnement de la plateforme Re-Sources a présenté les différentes expériences de traitement et de valorisation des déchets capitalisées au sein de la plateforme en Afrique de l Ouest. Objectifs de cette rencontre mensuelle : Comprendre comment s organise le traitement et la valorisation des déchets à Ouagadougou via une approche concrète sur site Discuter des différentes expériences de traitement et de valorisation des déchets solides en Afrique de l Ouest et au Burkina Faso Identifier des pistes d amélioration du traitement et de la valorisation des déchets solides à Ouagadougou

2. Visite du CTVD A partir de 2000, la municipalité de Ouagadougou a obtenu le soutien de la Banque Mondiale afin d organiser la pré collecte via des entreprises privées et de financer le Centre d Enfouissement Technique (CET) renommé par la suite le CTVD. Ce centre, établi sur 70 hectares, à une dizaine de kilomètres de Ouagadougou, a une capacité de stockage de 6,1 millions de mètres cube. D un coût de 3.200.000.000FCFA, le site a pour but de valoriser les déchets recyclables (organiques, caoutchouc, plastiques, papiers) et d enfouir les déchets résiduels. Le CTVD est divisé en 6 cellules ; 4 cellules destinées à l enfouissement des déchets ménagers et 2 pour les déchets industriels chimiques et pour les produits biomédicaux. A côté de cela, et sur ce même site, 3 ONG valorisent les déchets organiques via une plateforme de compost, les déchets plastiques et les papiers et cartons. On retrouve aussi deux bassins pour traiter le lixiviat issus des déchets enfouis. Figure 1: Plan du CTVD Les Cellules d enfouissement : Au nombre de 6 pour le moment, les cellules ont pour but de stocker les déchets ménagers de façon permanente. Afin de ne pas polluer les sols, des protections étanches ont été mises en place : il s agit de géo-membranes, géotextiles, géo-grilles et une couche d argile de 60 cm d épaisseur sous les cellules d enfouissement. Les déchets sont donc stockés sur ces protections dans ces cellules et sur une hauteur maximum de 6 mètres au-dessus du sol. Figure 2: Cellule d'enfouissement Les camions venant de ville se succèdent ainsi toute la journée pour déverser les déchets ménagers dans les cellules. Sur ces mêmes cellules, on retrouve des associations d hommes venus récupérer principalement les pneus (des chaussures sont ainsi fabriquées mais pas sur le site directement mais vers la cité An II notamment) et les femmes les différents plastiques. A noter que ce personnel profite de cette occasion pour récupérer tout déchet pouvant être revendu par la suite (verre, chaussures, etc.) et que ces équipes sont équipées en gants, blouse, masques, etc. (à noter cependant que les femmes ne portaient pas de masques, à priori par choix). Comme indiqué sur le plan ci-dessus, de nouvelles cellules d enfouissements sont prévues ; celles-ci permettront d abriter les nouveaux déchets ménagers quand les premières cellules d enfouissement

seront remplies. Pendant le remplissage des nouvelles cellules d enfouissement, la bio dégradation d une grande partie des déchets des premières cellules, conduira à la production de méthane, immédiatement évacué. Ces cellules se tasseront, et pourront donc accueillir de nouveaux déchets.. A noter que des évacuations en béton ont été installées à la verticale pour permettre au méthane de s échapper. A ce jour, le méthane n est pas récupéré mais un projet est en cours d élaboration pour récupérer le méthane. Enfin, des évacuations ont été installées sous le sol pour drainer le lixiviat qui lui est stocké dans des bassins adjacents ; le lixiviat est alors traité puis les eaux ainsi obtenus sont déversées dans les environs. Le site de compostage : A côté de ces cellules, nous retrouvons un site de compostage tenu par une ONG et soutenu par la mairie de Ouagadougou ; Des déchets, jugés opportun ou non selon leur contenu, sont déversés directement sur le site de compostage. Les déchets sont alors triés puis mis en andins couverts par des bâches. Pendant deux mois, les andins sont enrichis (phosphate, bouses de vache ) et retournés puis arrosés toutes les deux semaines. Figure 3: Site de compostage Après tamisage, la matière restante (le compost) est mise en sac et revendue à qui le souhaite. Malheureusement, à ce jour, les ventes sont rares par manque de confiance des maraichers et des agriculteurs sur la qualité du produit et ils préfèrent se tourner vers les engrais chimiques. Seuls la mairie et quelques rares maraichers ou agriculteurs l achètent, l une pour ses terrains communaux, les autres pour leurs cultures. Le site de traitement du papier carton : Financé notamment par l Union Européenne, le site a pour but de compresser tout papier et carton afin de réaliser des buchettes qui sont revendues aux ménages souhaitant les utiliser comme combustible. Malheureusement, suite à l arrêt des subventions pour le projet, le projet n a pu être repris par la mairie et est aujourd hui à l arrêt. Figure 4: Site de traitement papier/carton Le site de traitement du plastique : Financé notamment par une ONG italienne, LVIA, un projet est en cours pour récupérer les différents plastiques ; ainsi, les sachets plastiques sont récupérés afin de réaliser des pavés, poupées, règles Les autres plastiques (boite en plastiques, bouteilles en plastiques etc.) sont nettoyés puis vendus directement (les bouteilles peuvent notamment être réutilisées telle quelles) ou broyés afin d être revendus à des entreprises burkinabé pouvant les utiliser comme matières premières. Lors de notre venue, les broyeuses étaient malheureusement en panne depuis quelques mois et la vente du plastique retravaillé est loin d être optimale, faute d entreprises ayant le moyen de ré utiliser ce plastique broyé.

Figure 5: Plastiques broyés Figure 6: Pavé, poubelles et figurines La visite du site s est ainsi terminée. A noter que nous n avons pu nous approcher du site de traitement de produits chimiques par manque de matériel de protection. Suite à cette visite, les participants sont rentrés sur Ouagadougou pour rejoindre les locaux de Conrade, mis généreusement à notre disposition via l intermède de l ONG Akvo. 3. Présentation de la plate formere-sources Intervenant : Bernard Nonguierma (coordinateur Environnement de la plateforme Re-sources) Depuis plusieurs années, de nombreuses expériences de traitement de valorisation ont vu le jour en Afrique de l Ouest. Cependant, peu de capitalisation est réalisée par rapport à ces expériences. C est pourquoi, l ONG Gevalor, sur financement de l Union Européenne, a mis en place en février 2013 une plateforme de capitalisation nommé Re-Sources. La plateforme a ainsi deux objectifs : - Capitaliser et partager des informations et des bonnes pratiques sur le traitement et la valorisation des déchets - Développer une prise de conscience politique sur la gestion des déchets La plateforme est ainsi composée de 3 ONG et 2 institutions d enseignement et de recherche ouest africains, d une ONG et d une institution d enseignement et de recherche en Afrique Centrale et Australe, d une institution d enseignement et de recherche haïtien et de 4 ONG européennes. Le réseau travaille sur quatre actions : 1.Production de Bonnes pratiques et capitalisation à travers la bibliographie 2.Actions de communication et de plaidoyer sur la base des résultats 3.Réalisation de plans de gestion et des formations dans les 3 villes pilotes Figure 7: Présentation de Re-Sources 4. Pérennisation : création formelle du réseau Le réseau a ainsi mis 16 groupes techniques en place pour travailler sur les différentes thématiques qui se retrouvent de façon régulière pour échanger et capitaliser sur les différentes expériences. Le projet est actuellement financé jusqu à juin 2017 et des pistes de travail sont en cours pour pérenniser la plateforme.

A noter que de nombreux membres de plateforme Re-Sources réalisent du compost et que des expériences originales sont recensées comme la construction de murs de latrines à partir de sachets plastiques à Madagascar. Il est à noter que de nombreuses associations ont du mal à devenir autonome ; ce problème s explique notamment par les difficultés à revendre le produit élaboré (compost, plastiques broyés etc.) et qu un groupe de travail travaille actuellement sur le développement de la communication et de méthodes de commercialisation efficace. La quantité de produits à revendre est aussi parfois insuffisante pour permettre aux entreprises intéressées de réaliser leur produit final avec l utilisation des déchets valorisés. La rencontre s est ainsi terminée via des échanges sur ces différentes expériences et sur l intérêt de certaines structures à adhérer à la plateforme ou de partager les expériences apprises avec d autres professionnels du métier. La présentation est disponible ici. Pour plus d informations sur la plateforme Re-Sources : www.plateforme-re-sources.org Etaient présents à cette rencontre : Nom Prénom Mail Tel 1 EBA N'da Richard eba000@yahoo.fr 61281613 2 OUEDRAOGO Valentin stval_6179@yahoo.fr 70433148 3 BEREZIAT Emeline emeline@akvo.org 75970669 4 FARGA Fidèle fidelefarga@yahoo.fr 70052596 5 BANDE Alidou alidouband@yahoo.fr 71361194 6 FOSSI T. Sévère severefossi@gmail.com 71919823 DOURSON 7 ALBERCA Mikaël mikael@terre-humanisme.org 68664309 8 VERPILLAT Laure l.verpillat@oieau.fr 77941394 9 SOTTY Benjamin benjamin.sotty@gmail.com 77941447 10 RAMDE Moussa Moïse ramdemm@yahoo.fr 70433237 coocom@plateforme-resources.org 11 KANYALA Désirée 71656972 cooenv@plateforme-resources.org 12 NONGUIERMA Bernard 75588386 13 COUSIN Bertrand bertrand@reseauprojection.org 66294709 La discussion continue! N hésitez pas à nous faire parvenir vos remarques, vos idées, ou vos propositions : Directement sur notre site Internet : http://www.reseauprojection.org/fr/2014/07/03/rencontre-jp-aouagadougou-le-samedi-12-juillet-2.html Ou par mail : bertrand@reseauprojection.org