LE BARRAGE DE GUERLEDAN
Avant le lac de Guerlédan L exploitation des ardoisières L inondation de la vallée de Guerlédan a mis fin à l extraction des ardoises, l économie de la région depuis 400 ans. L exploitation des ardoisières de Guerlédan existe depuis le 16 ème siècle. L exploitation étant libre, beaucoup de personnes travaillaient dans les carrières d ardoises. On pouvait en exporter jusqu à un million par an : elles étaient transportées de Guerlédan aux villes par le canal de Nantes à Brest. Le canal de Nantes à Brest Dans les années 1900, le canal est très utilisé pour les transports : transport de marchandises par péniche, voies de communication sur les chemins de halage. Tout au long du canal de nombreuses maisons éclusières sont construites.
La construction du barrage de 1922 à 1930 : A partir de 1920, des personnes s'imaginent que les eaux des rivières bretonnes pourraient servir à fabriquer de l'énergie. Il suffirait de construire une usine hydroélectrique. A l'ouverture du chantier en 1923, il n'existe en France que quatre barrages dépassant les 40 mètres de hauteur. Le chantier En 1922, l Union hydro-électrique veut créer un barrage afin de produire de l électricité qui servira aux Côtes du Nord (Côtes d Armor) et au Morbihan. Le choix du lieu s arrête à Guerlédan, il faut utiliser l eau du Blavet pour inonder la vallée et créer un lac artificiel. Le barrage mesurera 45 mètres de haut sur 206 mètres de large. Les travaux débutent en 1923. Sur le chantier, 320 ouvriers logent dans de petites baraques en bois non loin des bureaux à flanc de colline ou de bois. En plein bois, une scierie tourne à plein régime et fonctionne grâce au bois de la forêt. La construction du barrage ne se fait pas sans problèmes : -en 1924 et 1925, le Blavet entre en crue et balaye les installations du chantier -plusieurs ouvriers sont blessés sur le chantier, quelques uns décèdent -présence inattendue d une couche d argile qui nécessite de renforcer les fondations
Ces différents problèmes coûtent cher, en 1926 l Union hydro-électrique n a presque plus d argent, la construction du barrage sera arrêtée pendant 18 mois. Finalement c est l Etat qui prêtera l argent nécessaire à la poursuite du chantier. 1928 : l année des expropriations Après la reprise des travaux, l Etat publie la liste des expropriations. En effet, les terrains qui seront ensevelis sous les eaux seront rachetés à leurs propriétaires. Les villes de Mûr de Bretagne, Caurel, Saint-Gelven sont celles qui perdront le plus de terrain. Seize maisons éclusières, neuf carrières d ardoises vont disparaitre sous les eaux du lac. L inauguration Le 12 septembre 1930 des élus, des secrétaires d Etat et d anciens ministres vont en chair et en os sur le barrage et son usine hydro-électrique, c est enfin l inauguration! Mais les ennuis recommencent dès la fin de 1930 sur le barrage car il fuit! Il y aura des travaux de renforcement qui dureront cinq ans.
Les assecs En 1927, l Etat prescrit d assécher les lacs tous les dix ans afin de vérifier l état des barrages et effectuer des réparations. 1951 Le lac n est pas complètement asséché, les travaux durent 5 mois. C est le premier assèchement du lac, avec dix ans de retard. Il aurait du être vidé en 1941 mais il était contrôlé par les allemands pendant la guerre. La circulation sur les rives du lac est interdite car il y a des armes (mines, obus ) que les allemands ont laissées au fond du lac après la guerre. 1966 Le Conseil Général des Côtes du Nord décide de vider le lac 15 ans plus tard. Entre-temps, près du lac, l école de voile ouvre ses portes, des vedettes transportent des touristes sur le lac. EDF veut vider le lac en été mais les riverains ne sont pas contents car ils veulent profiter du lac pendant l été et faire venir les touristes. Finalement le lac sera bien vidé l été et les touristes viendront contempler le fond du lac et ses maisons éclusières. 1975 Pour ne pas mécontenter les pêcheurs, EDF décide de moduler la vidange pour récupérer les poissons du lac et les relâcher dans d autres endroits. Durant cet assec des milliers de personnes viennent visiter le lac. De nombreux visiteurs profitent du village vacance pour découvrir la nature et la région en faisant de l équitation.
La sécurité aux abords du lac était mauvaise car les conducteurs se garaient n importe où. Le remplissage se fera en 17 mois car il y aura deux ans de sécheresse. 1985 La vidange attire à nouveau des milliers de touristes qui n avaient même plus de place pour se garer. La plupart des photographies de la vallée de Guerlédan datent de cet assec. Pour attirer les touristes les communes ont mis en place des activités sportives : mini-golf, voile, canoë, escalade Une rumeur se propage, le lac ne sera plus jamais vidé! En effet, le lac ne sera pas vidé pendant trente ans! Cependant, les contrôles ont été effectués tous les dix ans grâce à un mini sous-marin. 2015 On vide à nouveau le lac afin de sécuriser, entretenir et moderniser le barrage. Ces travaux dureront jusqu au mois d octobre. Cette année, afin de gérer l afflux de visiteurs, des parkings ont été créés. Il y a aussi des pastilles de couleur sur les panneaux routiers afin de permettre aux visiteurs de se repérer et d accéder aux différents endroits du lac. Il y aura même des bus spéciaux pour venir visiter le lac. Le paysage lors d un assec : La vidange du lac nous permet de nous replonger dans le passé : Presque cent ans après la construction du barrage, certaines maisons éclusières et les anciennes écluses sont toujours debout, malgré tout ce temps passé sous l eau. On voit toujours le Blavet qui continue de couler entre les écluses. On aperçoit également les trous des anciennes carrières d ardoise.
Quand le lac est vide on peut aussi remarquer la végétation : il y a de nombreux arbres morts, qui étaient là avant l inondation de la vallée. Pendant les travaux sur le barrage, quad le lac est vide, la vase s assèche et l herbe repousse petit à petit. Le paysage est donc très différent entre le début et la fin de l assec. La vidange du lac est donc une bonne occasion de découvrir le centre Bretagne et de se plonger dans les traces de notre passé.