Rencontre avec Catherine Missonnier à la médiathèqe (6ème 1 6ème 5) Le métier d'écrivain 17 mars 2016 Comment écrivez-vous? Combien te temps mettez-vous à écrire un livre? Pour un livre comme «Une saison avec les loups», il m'a fallu 4 mois environ. Je commence toujours par faire un plan de mon histoire, même si je ne le suit pas toujours après, car cela m'aide que ce soit structuré. Les étapes d'écriture 1. Idée de départ et rédaction d'un plan détaillé par chapitre (5 pages environ) Une semaine* 2. Documentation Une semaine 3. Premier brouillon (une heure par page environ) 5 semaine 4. Impression et correction du premier brouillon. Rédaction d'un deuxième brouillon (raccourcir le début, allonger la fin, déplacer des phrases, réécrire des passages, en supprimer ou en ajouter, trouver des mots plus précis) 5. Relecture par d'autres personnes pour qu'elles donnent leur avis. Rédaction d'un troisième brouillon. 6. Après une petite pause pour prendre du recul, quatrième brouillon où je supprime de nombreux mots superflus. 7. Envoi à l'éditeur et rédaction du dernier brouillon (le cinquième) avec les corrections demandées par l'auteur *pour la trilogie, dont l'histoire était plus longue, la rédaction du plan a pris 3 semaines.
J'écris en général de 9H à 12H30 et de 14H à 17H. Écrivez - vous à la main ou sur ordinateur? J'ai écrit mon premier roman à la main car à ce moment, il n'y avait pas encore d'ordinateur. Mais aujourd'hui je travaille sur ordinateur, c'est beaucoup plus pratique. Pour mon premier roman, j'ai écrit 4 brouillons. C'était très long. - Pourquoi écrivez-vous? J'écris parce que ça me fait plaisir. J'adore raconter des histoires depuis que je suis toute petite. Mais je n'ai toujours raconté que des histoires d'enfants. J'adore avoir du temps pour raconter ou écrire une histoire. - Quand avez-vous commencé à écrire? J'ai commencé à écrire à 47 ans pour ma dernière fille qui n'aimait pas lire. J'ai essayé de lui trouver des livres adaptés à ce qu'elle aimait, mais cela ne lui plaisait jamais. Alors je lui ai écrit une histoire, la première de la série «Laure et compagnie», et ça lui a beaucoup plu. Elle m'a suggéré d'en écrire un autre, et je ne me suis plus arrêté. - Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui a envie d'écrire? Il faut d'abord choisir ce qu'on aime raconter (ses idées, des histoires imaginaires, ses colères, une histoire policière, fantastique ou de SF ) car on trouve plus facilement les mots pour le dire. C'est important aussi de réfléchir à ce qui va intéresser le lecteur. Pour écrire une histoire, on a besoin de ressentir ce que ressentent les personnages. Je me mets dans leur peau quand je commence à écrire. Le lecteur doit s'attacher aux personnages. - Où trouvez-vous votre inspiration? De ma tête. J'ai toujours eu une imagination débordante. Je m'inspire parfois de mes enfants. Laure est une de mes filles, très caractérielle, celle de «Panique en 6ème A». Les romans de cette série ont tous des personnages réels : Laure, ses amis, les parents de ses amis, les professeurs, et même le collège existe vraiment. Je me suis aussi parfois inspiré de ma vie. «Mystère à bord»
raconte en partie le voyage en bateau que j'ai fait à 12 ans pour aller vivre à Madagascar avec mes parents. J'y ai ajouté une intrigue policière. «Le goût de la mangue raconte aussi ma vie d'adolescente à Madagascar. Pour la trilogie «Les gardiens du secret», j'ai eu envie d'écrire un roman d'anticipation sur les progrès de la science, et plus particulièrement du génie génétique. Et ce que je raconte dans ces romans va sans doute devenir bientôt possible, ce qui est un peu effrayant. Cela m'amuse aussi beaucoup d'imaginer des histoires policières. Souvent, j'imagine d'abord le délit commis, puis je construis l'enquête en essayant de surprendre le lecteur au maximum. - Rendez-vous seule ou des personnes vous aident-elles à écrire? J'écris seule, je n'aime pas qu'on me donne des conseils quand je suis en train d'inventer mes histoires. Je demande juste l'avis de certaines personnes de mon entourage sur mon 3ème brouillon car ils peuvent voir des défauts que je ne vois pas. Le livre «Une saison avec les loups» Êtes-vous passionnée par le Mercantour et les loups en particulier? Pas vraiment. Quand j'ai eu l'idée d'écrire ce livre, c'est parce que je venais de lire un roman qui se passait dans le Mercantour et en même temps, j'ai appris que les loups y étaient revenus. J'ai alors eu envie d'écrire une histoire réelle qui se déroulerait dans cette région, avec un enfant et des loups. Vous êtes-vous documentée pour écrire ce livre? Oui, énormément. Je suis même allée dans le Mercantour pendant une semaine. J'ai téléphoné au directeur du parc pour savoir si quelqu'un pourrait me donner les renseignements dont j'aurai besoin. Il m'a dit que oui, mais qu'il ne fallait pas venir pendant la belle saison, quand il y a beaucoup de touristes. J'y suis donc allée en plein hiver. Je me suis rendue à la maison des gardes du parc du Mercantour et ils m'ont proposé de venir marcher en raquettes toute une journée avec eux, à la recherche de traces d'animaux. J'ai vu des empreintes de chamois, de lièvre des
neiges, d'écureuil et de loup, très haut dans la montagne. Les pistes de loup sont différentes de celles des chiens : Les loups marchent en croisant les pattes. J'ai posé beaucoup de questions aux gardes car je voulais que mon histoire soit la plus vraisemblable possible : - je voulais que Clément joue avec les louveteaux, mais les gardes m'ont dit que c'était impossible : leur mère ne les laisserait pas jouer avec un homme ; c'est pour cela qu'il ne fait que les prendre en photos. - au début, je voulais que la louve soit blessée par un piège, mais les gardes m'ont expliqué que les hommes ne posaient plus de pièges ; ils m'ont donné l'idée de la femelle sanglier qui aurait attaqué la louve pour protéger ses marcassins, ce qui est possible dans la nature. - je leur ai demandé quelle était la meute qui vivait la plus près d'un village car Clément devait pouvoir se rendre sur les lieux en vélo ou à pied : les gardes m'ont parlé de la meute de la Malagratte. J'ai aussi rencontré des bergers, pour connaître leur vie (Jean-Michel, que j'ai rencontré, est devenu Jean-François, et il avait vraiment une ferme à La Bollène Vésubie). J'ai aussi rencontré les institutrices du village, qui m'ont parlé du Nikaïa (compétition sportive organisée tous les ans entre les écoles de la région). J'ai utilisé une carte IGN très précise pour situer correctement tous les lieux de mon histoire.
Pour d'autres livres, j'ai décrit des lieux que je connaissais, comme Barcelone dans «les Gardiens du secret». Avez-vous pensé au symbole de la mère représenté par la louve quand vous avez écrit votre livre? Pas du tout, mais j'ai dû le faire inconsciemment puisque j'ai choisi une louve et non un loup comme animal principal. Elle aide à sa manière Clément à faire son deuil. Je me suis dit que si mon héros était très malheureux, les loups pourrait peut-être lui apporter une grande consolation et du bonheur. J'ai donc choisi d'écrire un roman sensible pour toucher et intéresser le lecteur. - Pensez-vous que les loups et les bergers peuvent se réconcilier? C'est un problème très complexe et je pense que pour le moment, les éleveurs ne peuvent pas accepter la présence des loups. Cela leur coûte trop cher. Par exemple, pour nourrir les patous l'été (gros chiens qui gardent les troupeaux de brebis), il faut faire livrer des énormes paquets de croquettes dans les prairies alpines par hélicoptère Les réactions des élèves Ce que j'ai aimé, c'est que vous expliquez tout en détail et on comprenait tout! Camille C'était un super moment avec une super auteur qui est passionnante! Cassandra Vous nous avez appris beaucoup de choses sur les loups. J'ai été étonnée quand vous nous avez raconté que les loups marchaient en croisant les pattes à la queue leu leu. Merci pour toutes les explications sur votre livre. Célia J'ai adoré vos aventures et vos livres. Vous m'avez donné envie d'écrire alors merci Catherine Missonnier! Je vous adore!!! Laura