Tigre du Platane (Corythucha ciliata) Présentation du bioagresseur



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BULLETIN DE SANTE DU VEGETAL

Transcription:

Tigre du Platane (Corythucha ciliata) Insecte piqueur suceur signalé pour la première fois dans le Sud de la France en 1975, il s est depuis répandu à l ensemble du territoire. Ses hôtes sont principalement les arbres du genre Platanus. L'adulte mesure de 3 à 4 mm de long. Le corps est de couleur foncé et les ailes sont transparentes et réticulées de blanc. Les larves, pouvant mesurer jusqu à 3 mm de long, sont de couleur foncée et leurs ailes ne sont pas développées. Le cycle biologique comporte deux à trois générations par an. Les adultes hivernent sous l'écorce des arbres (rhytidomes) ou dans la litière formée par les feuilles mortes. Au printemps, les œufs sont déposés au début de la saison de croissance de l'arbre, sur la face inférieure des feuilles, près des nervures. Dégâts d alimentation du tigre du Platane sur feuilles (FREDON ALSACE) Une femelle peut pondre jusqu'à 350 œufs, qui éclosent après 3 semaines environ. Les larves sont tout d abord grégaires aux premiers stades puis se dispersent dans le feuillage. Les attaques du tigre du platane peuvent conduire à une défoliation prématurée de l arbre. De fortes infestations répétées d années en années peuvent affaiblir l hôte. Le tigre du platane est également vecteur de phytopathogènes : l agent responsable du chancre coloré du platane (Ceratocystis fimbriata ) et l agent responsable de l'anthracnose du platane (Apiognomonia venata). Tigres du platane adultes (FREDON ALSACE) Par ailleurs, cet insecte peut causer des dégradations (sur mobiliers urbains, voiries, véhicules ) dues aux excrétions de miellat. 20

Etat sanitaire 2013 Des colonies de tigres du platane ont été signalées sur l ensemble du territoire en 2013 à l exception des régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Normandie, Poitou-Charentes et Bretagne. Le niveau des attaques est variable en fonction des régions : l intensité des dégâts est importante dans les régions du Sud : Corse, Midi- Pyrénées et PACA. Au contraire, elle est faible dans les régions Champagne-Ardenne, Pays de la Loire et Rhône-Alpes. Des symptômes d intensité moyenne sont observés dans les autres régions. Les migrations vers le houppier, débutées en avril, se sont principalement réalisées pendant le mois de mai. Les dégâts les plus importants ont dans l ensemble eu lieu à partir du mois d août. Par rapport aux années précédentes, les observations semblent globalement indiquer une stabilité de la pression dans de nombreuses régions hormis sur les régions Midi- Pyrénées, Ile-de-France et PACA qui ont connu des populations et des intensités de dégâts plus importantes en 2013 qu en 2012. Des dégâts préjudiciables ont été relevés ponctuellement. Les dégâts de tigre sont souvent associés à ceux de l anthracnose et de l oïdium. Les dégâts et les populations sont plus importants sur les sujets ayant subi une taille sévère. A retenir pour 2013 : Le tigre du platane reste bien présent sur le territoire. Le niveau des attaques est important dans le Sud de la France. 21

Mineuse du Marronnier (Cameraria ohridella) Lépidoptère signalé en 1998 dans l Est de la France, ce ravageur a connu une progression très rapide, puisqu en 2003 il était signalé dans presque tous les départements de métropole. L hôte principal de cette mineuse est le marronnier d Inde (Aesculus hippocastanum). Elle peut toutefois faire des dégâts minimes sur d autres espèces de marronniers, sur l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus) et l érable plane (Acer platanoides). La mineuse du marronnier présente généralement 3 générations par an en France et le cycle complet varie de 6 à 11 semaines. Mineuse du marronnier adulte (FREDON Alsace ) Les chrysalides hivernent dans les feuilles tombées au sol et émergent au printemps. Peu après la fécondation, les femelles pondent plusieurs dizaines d œufs sur la face supérieure des feuilles. Après une à trois semaines, les chenilles éclosent et s'enfoncent à l'intérieur de la feuille pour se nourrir. La nymphose se produit à l'intérieur de la mine. La chrysalide perce ensuite l'épiderme de la feuille et le papillon adulte émerge. Il convient de faire attention aux confusions avec les dégâts provoqués par le Black Rot du marronnier! (cf. paragraphe Black Rot du marronnier p. 36) Les feuilles minées brunissent, s assèchent et tombent prématurément. Les arbres subissent ainsi une diminution de la photosynthèse. La nuisibilité est avant tout esthétique. Une défoliation en été limite l ombre dans les parcs et jardins. Etat sanitaire 2013 La mineuse du marronnier a été signalée sur l ensemble du territoire en 2013. L apparition des individus et des symptômes ont été globalement plus tardive qu en 2012 (environ 1 à 2 semaines de décalage) du fait des conditions climatiques fraiches et Dégâts causés par la mineuse du marronnier (FREDON Alsace ) 22

pluvieuses du printemps. Les premiers papillons ont été signalés fin mars/début avril et leur présence s est poursuivit jusqu à la chute des feuilles. Les premières mines ont été observées entre mi-avril et début mai. Des dégâts importants de mineuses couplés avec le blackrot sont signalés ponctuellement en fin de saison dans certaines régions. lieu en mai, le deuxième en juillet et la troisième fin août/début septembre. Une 4 ème génération est parfois observée dans certaines régions (Auvergne, Alsace). Globalement, la pression de la mineuse a été jugée majoritairement stable par rapport aux années précédentes. Le pic de vol de la première génération a eu A retenir pour 2013 : Pression stable en 2013 - la mineuse du marronnier reste un ravageur préoccupant. 23

Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) La processionnaire du pin est un papillon nocturne de couleur gris brun inféodé au pin maritime, au pin noir d Autriche et au pin laricio. On peut aussi la rencontrer sur le pin sylvestre, le pin d Alep et sur les cèdres. Sa chenille d aspect grisâtre est fortement velue. Cette espèce est surtout connue pour le caractère extrêmement urticant de ses chenilles, ainsi que par leur mode de déplacement en file indienne d où elles tirent leur nom. La ponte comporte de 100 à 300 œufs en moyenne. Recouverte d écailles issues de l abdomen de la femelle, cette ponte forme un manchon caractéristique de 3 à 4 cm de longueur fixé sur les aiguilles. Le développement larvaire dure entre 5 et 8 mois et s effectue en 5 stades de croissance. Dans les boisements fermés, le ravageur colonise essentiellement les lisières orientées sud, sud-ouest et ne commet alors que très peu de dégâts à l intérieur. Les boisements ouverts et dispersés conviennent mieux à la processionnaire qui s y développe plus facilement et peut occasionner des dégâts importants. Elle défolie activement les arbres, ce qui leur donne un aspect inesthétique et les fragilise : ils deviennent sensibles aux ravageurs (insectes xylophages) et aux maladies. Les attaques dans les secteurs fréquentés par des personnes posent essentiellement un problème de santé publique en raison du fort pouvoir urticant des milliers de poils, que les chenilles propulsent comme moyen de défense. Elles sont urticantes à partir du 3ème stade larvaire. Ces minuscules poils en forme de harpons, se cassent et libèrent alors une protéine urticante qui, au contact de la peau ou des muqueuses, déclenche des réactions allergiques très vives, chez l homme et les animaux. Etat sanitaire national 2013 Globalement, les niveaux de population en 2013 ont été inférieurs à ceux observés en 2012. Dans l ensemble, le vol a été plus tardif qu en 2012 : il s est déroulé de mi juin à fin septembre avec un pic de vol de mi-juillet à fin août. Les processions ont notamment débuté dès la mi-novembre en Bretagne et en décembre sur quelques sites de Midi-Pyrénées. La plupart des processions se sont déroulées de février à avril. Partout où il a été présent en 2013, ce ravageur pose de nombreux problèmes aux végétaux et aux riverains et à leurs animaux (défeuillaisons et urtications)! Certains territoires sont encore indemnes de ce ravageur : Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, moitié Ouest Côtes d Armor, moitié Nord Finistère, Haut -Rhin, Oise, Somme, Marne, Haute-Marne, Ardennes, l Est de la Haute-Vienne, le Nord de la Corrèze et le Sud de la Creuse, le Territoire de Belfort, le Nord et Sud Est de la Haute-Saône, le Doubs et l Est du Jura. Les situations au niveau des fronts sont les suivantes : Le foyer en Nord-Pas-de-Calais détecté en 2011 a été éradiqué et contrôlé cette année, l absence du ravageur a été constatée en 2012 et 2013. En Ile-de-France, la présence de ce ravageur se généralise. En Picardie, un foyer a été détecté en 2012 à Chamouille (02). En 2013, malgré les mesures de lutte, des chenilles sont toujours présentes sur cette commune ainsi que sur la commune limitrophe de Neuville/Ailette. En Alsace, un foyer avait été détecté sur la commune d Obernai (67) en 2008 sur des arbres isolés. Les moyens de prospection et de lutte ont permis de limiter la propagation de ce bioagresseur. En Champagne-Ardennes, ce ravageur est présent en forêt sur les communes de Palis et Pouy-sur-Vannes dans l Aube. En 2012 et 2013, des individus de processionnaires du pin ont été piégés en ZNA, dans la région de Vitry-le-François (Marne) sans que les nids n aient pu être 24

localisés. En Franche-Comté, le front progresse vers le Nord Ouest de la Franche-Comté, notamment vers le Sud Ouest de la Haute-Saône. Les fronts de progression en Bretagne et dans le Massif Central semblent s être stabilisés en 2013. En Auvergne, ce ravageur est absent ou peu présent à des altitudes supérieures à 1000 mètres. Stade adulte de la processionnaire du pin (FREDON Ile de France) A retenir pour 2013 : à surveiller Bien que 2013 ait été une année stable en terme de pression parasitaire pour la processionnaire du pin, il convient de rester vigilant car elle gagne du terrain sur le territoire national. 25

Cicadelle blanche (Metcalfa pruinosa) Originaire d'amérique du Nord, on retrouve la cicadelle blanche en France depuis 1985. Son aire de répartition ne cesse de progresser dans les régions du sud. Sa propagation semble se faire notamment en suivant les axes routiers, ferroviaires et les cours d'eau. On ne compte qu'une génération par an. La ponte a lieu entre mi-juillet et fin septembre. Les larves passent par 5 stades successifs. D'abord blancs, les adultes sont ensuite bruns puis finalement gris. En grand nombre, ils s'observent en file indienne sur les rameaux. M. pruinosa est capable de se déplacer sur une distance estimée à 3 km par an. Metcalfa pruinosa est un insecte piqueur suceur très polyphage. Il est observé sur tous les végétaux d ornement à l exception des bambous et des conifères. des populations est identique ou en baisse par rapport à 2012. Des attaques ponctuelles sont cependant observées avec des dégâts localement très importants. Sur le territoire français, une lutte biologique est menée en introduisant l auxiliaire hyménoptère Neodryinus typhlocybae. Il s agit d un parasitoïde : l'insecte parasite le ravageur en se développant au détriment de celui-ci et entraîne sa mort. L insecte absorbe la sève et rejette l excès d eau et de sucres sous forme de miellat, sur lequel se développent des fumagines qui perturbent alors la photosynthèse, la croissance des végétaux allant jusqu à dévaluer leur valeur ornementale. Metcalfa pruinosa, individus adultes (FREDON Corse) Etat sanitaire national 2013 Metcalfa pruinosa est très bien implantée sur les régions du Sud. En Aquitaine, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte-d Azur, Corse, Rhône- Alpes et Languedoc-Roussillon, la présence de ce ravageur est généralisée. En 2013, pour la première fois en Alsace, un foyer est signalé aux alentours de l agglomération de Colmar (département du Haut Rhin, 68) sur une parcelle de vigne isolée et entourée d habitations (jardins de particuliers). Cocons de N. thyphocybae Mues de la cicadelle Metcalfa pruinosa, cocons et mues (FREDON Corse) En Midi-Pyrénées, les premières larves sont apparues en mai ; les adultes ont été observés jusqu au mois de novembre et le pic d activité a été constaté autour du mois d août. En Midi-Pyrénées, PACA, Aquitaine et Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes le niveau 26

A retenir pour 2013 : Metcalfa pruinosa est un parasite qui gagne du terrain sur le territoire français. Un nouveau foyer a été détecté en Alsace. 27

Papillon palmivore argentin (Paysandisia archon) Ce ravageur des palmiers est originaire d Amérique du Sud. Il est présent en France depuis 2002. Il a été introduit par le biais d importations argentines de palmiers. Les adultes sont des grands papillons, avec une envergure de 10 à 11 cm. Les ailes antérieures sont vert bronze foncé, striées de brun. Les ailes postérieures sont rouge orangé brillant avec des marques grasses noires et blanches. On les observe pendant la période de vol, qui s étale entre mai et mi-septembre, généralement aux heures les plus chaudes de la journée. La femelle dépose ses œufs à proximité du stipe des palmiers. Dès le premier stade, la larve y pénètre. A la fin de son évolution, la chenille foreuse se dirige vers le bord externe du stipe et forme un cocon à base de soie et de sciure. Au bout d un certain temps, le papillon émerge en laissant derrière lui l exuvie de la chrysalide. Papillon palmivore adulte (FREDON Languedoc-Roussillon) Papillon palmivore adulte (FREDON Aquitaine) L activité de la chenille dans le stipe provoque une perforation des palmes, des trous à la base du rachis, un développement anormal de bourgeons axillaires, un dessèchement précoce de palmes, puis le dépérissement du palmier. Cet insecte ne constitue pas un danger pour les forêts de palmiers dans son habitat naturel mais en Europe, il est un ravageur redoutable pour ces plantes. En France, il est observé sur à peu près 10 genres de palmier qui sont Brahea, Butia, Chamaerops, Livistona, Phoenix, Sabal, Syagrus, Trachycarpus, Trithrinax et Washingtonia. Nymphes vides de papillon palmivore (FREDON Aquitaine ) Ce ravageur étant placé sur la liste B des organismes de quarantaine, la lutte est obligatoire en parcelle de culture et de vente. Etat sanitaire national 2013 Dans les premières régions touchées, à savoir Languedoc-Roussillon et PACA, la contamination atteint des niveaux très élevés avec de nombreuses mortalités de plantes et des sites où les palmiers ont tendance à disparaître. Larves de papillon palmivore (FREDON Languedoc-Roussillon) 28

En Aquitaine, les foyers se situent surtout autour de Bordeaux. La dispersion des foyers détectés en 2012 se poursuit et de nouveaux foyers apparaissent. Les palmiers qui meurent à la suite d attaques de papillon palmivore sont remplacés massivement. Cela fait craindre l entrée sur le territoire de nouveaux ravageurs tel que cela a été le cas pour le charançon rouge des palmiers. En Midi-Pyrénées, ce ravageur est signalé pour la première fois en 2013 dans le département de la Haute-Garonne. Pour l instant, seul une dizaine de palmiers contaminés ont été détectés. A retenir pour 2013 : Le papillon palmivore est en pleine expansion dans les régions touchées. La région Midi-Pyrénées est nouvellement touchée en 2013. Ce ravageur est responsable de la mort de nombreux palmiers sur le territoire national et de changements radicaux dans les paysages de certaines régions littorales. 29

Chancre bactérien du marronnier (Pseudomonas syringae) Le chancre bactérien du marronnier est une maladie causée par la bactérie Pseudomonas syringae. Elle touche surtout, mais pas seulement, les marronniers blancs. Les symptômes occasionnés par cette bactérie sont variés. La maladie est caractérisée par la formation de chancres et de suintements sur les troncs et les branches des sujets atteints. Les symptômes apparaissent souvent au printemps ou à l automne, mais des suintements peuvent également être visibles en été. Au niveau de l écorce, des fissures longitudinales peuvent apparaître suite au dessèchement des tissus atteints. Les tissus atteints peuvent également bloquer la circulation de la sève, d où des symptômes dans la couronne (jaunissements foliaires, chute prématurée des feuilles, ). Cette maladie peut provoquer la mort de l arbre. Même si la bactérie n attaque pas directement le bois, elle ouvre des voies d entrée pour des champignons lignivores. Les arbres atteints peuvent devenir dangereux. Le chancre bactérien peut donc engendrer indirectement un risque pour la sécurité d un site. Chancre bactérien du marronnier : fissures et écoulement au niveau du tronc (FREDON Nord Pas-de-Calais) Etat sanitaire 2013 Le chancre bactérien du marronnier est très présent en région Nord Pas-de-Calais, où les fréquences des parcelles touchées et les intensités sur parcelles sont en nette augmentation par rapport à l année dernière. En Champagne-Ardenne, les attaques sont constantes par rapport à l année dernière. En Nord Pas-de-Calais, l augmentation des signalements est liée certainement au fait d une meilleure information via le Bulletin Santé du Végétal régional. Chancre bactérien du marronnier : dépérissement d une partie du houppier (FREDON Nord Pas-de-Calais) 30

De fortes présomptions de cas non confirmés ont été signalés en région Auvergne, Aquitaine, Franche Comté, Lorraine et Alsace. En effet, les symptômes sont diversement exprimés par les arbres atteints et peuvent être confondus avec d autres problèmes d origine abiotique. Par ailleurs, l échantillonnage n est pas aisé : il faut qu il contienne la bactérie vivante afin que l analyse de laboratoire soit concluante. La vigilance s impose donc sur tout le territoire et plus particulièrement dans les régions Alsace, Auvergne, Franche-Comté et Lorraine. A retenir pour 2013 : Bien installée dans une grande partie nord de la France, le chancre bactérien du marronnier pourrait bien être présent dans d autres régions. La sensibilisation et l information sont à maintenir pour détecter d éventuels foyers. 31

Bombyx cul brun (Euproctis chrysorrhoea) et bombyx disparate (Lymantria dispar) Les bombyx sont des lépidoptères qui se développent sur de nombreuses essences forestières, bocagères, fruitières et ornementales, telles que les rosacées et préférentiellement dans des lieux à faible densité de couverture. Le bombyx disparate (Lymantria dispar) a une préférence pour les chênaies. En région Languedoc-Roussillon, ce ravageur est en augmentation sur des secteurs très localisés. Au niveau forestier, des foyers moyennement impactant sont signalés dans l'hérault, le Cher et sur le massif des Corbières (Aude, Pyrénées-Orientales) tandis que dans le département du Lot, les foyers présents les années antérieures sont en nette baisse. Pour la santé humaine et animale, la période à risque débute en avril-mai, les chenilles sortent des cocons pour se nourrir et elles sont urticantes (stade L3). Ce risque est variable, en lien avec la fréquentation des lieux infestés par le public. Les interventions se raisonnent également selon l âge des arbres et le degré d infestation, avec une attention particulière à porter sur les jeunes plantations. Etat sanitaire national 2013 Comme en 2012, ce ravageur à tendance cyclique s'est fait peu remarquer en zones non agricoles sauf en région Pays de Loire sur chênes aux mêmes lieux qu'en 2012 et en Normandie, bien qu'il apparaît que l'infestation est moins préoccupante qu'en 2012. Ce ravageur a été observé en avril-mai sur quelques secteurs où il a occasionné des défoliations significatives sur chênes notamment. En zones forestières, les observations sont relativement anecdotiques sur l'ensemble du territoire national. Chenille de Bombyx Cul-brun (FREDON Nord Pas-de-Calais ) A retenir pour 2013 : Ponctuel, à surveiller Bien que 2013 soit une année calme en terme de pression parasitaire pour le Bombyx cul brun et disparate, il convient de rester vigilant dans les sites où demeure une population sensible (maison de retraite, école, centre de loisirs ) compte tenu de son caractère cyclique de croissance. Son homologue d'origine européenne, le bombyx disparate (Lymantria dispar), quant à lui a était détecté en zones non agricoles en Gironde notamment dans le secteur de Pessac et le long du bassin d'arcachon où il a pu causer quelques défoliations sommes toutes significatives. Ce lépidoptère a également été rencontré en région Nord-Pas-de-Calais d avril à octobre (en une forte présence en juillet) sur de nombreux végétaux dont des conifères. 32

Oïdium du platane (Erysiphe platani (Howe) Syn. : Microsphaera platani) Erysiphe platani se développe pendant les périodes chaudes associées à une forte humidité ambiante. Pour cette raison on l observe surtout au printemps et au début de l automne, saisons durant lesquelles les nuits fraiches et les jours chauds entraînent une humidité ambiante accrue. Les températures propices à son développement se situent entre 20 à 28 C. Dans l ensemble, le pic d intensité des dégâts a été observé à partir du mois d août. Sur les tissus végétaux, les spores germent en 2 heures environ. L infection de la plante a lieu 2 jours plus tard. La propagation se fait surtout par le vent. Le champignon hiverne sous forme de spores sur la plante même et dans ses débris. Une attaque d oïdium se manifeste par un feutrage blanc à la surface des feuilles et une chute prématurée des feuilles touchées. En général, les attaques d oïdium ne sont pas mortelles. Toutefois, elles limitent la photosynthèse et affaiblissent ainsi les plantes. La nuisance est surtout d ordre esthétique. Oïdium sur platane (FREDON Ile de France) Etat sanitaire national 2013 En raison de ses exigences climatiques (besoin de chaleur), ce champignon a été observé en 2013 surtout dans le Sud de la France. En PACA, Midi-Pyrénées, Auvergne, Corse, Aquitaine et Lorraine, l oïdium du platane a localement causé des dégâts modérés à importants conduisant à un enroulement et un dessèchement du feuillage. Ces dégâts sont également le plus souvent associés à ceux du tigre du platane et de l anthracnose. Oïdium sur platane (FREDON Alsace) En Alsace, Champagne-Ardenne et Limousin des intensités de dégâts plus faibles qu en 2012 ont été constatées en 2013. Les activités orageuses estivales ont favorisé le développement de la maladie notamment en PACA. On constate également que l incidence du champignon est renforcée par une taille sévère des arbres. En Corse et en région Provence-Alpes-Côte d Azur, on observe que les arbres du littoral sont plus attaqués que ceux se situant dans les terres en raison d une humidité ambiante plus élevée. A retenir pour 2013 : L oïdium du platane a été surtout problématique dans les régions du Sud, où elle a provoqué des chutes de feuilles précoces. 33

Complexe des maladies des Rosiers : Maladie des taches noires (Marssonina rosae), Oïdium (Sphaerotheca pannosa var. rosae), Rouille (Phragmidium mucronatum, P. disciflorum), et le Mildiou (Peronospora sparsa) Présentation des bioagresseurs Le champignon responsable de la maladie des taches noires du rosier hiverne sous forme de mycélium. Il provoque des taches plus ou moins arrondies, violacées à noires avec un diamètre pouvant atteindre 1 cm. Il peut y avoir présence d une auréole jaunâtre. Le feuillage au pied de la plante est très souvent la première zone à exprimer ces symptômes. Les feuilles jaunissent et tombent prématurément. La présence d eau est nécessaire à la germination des spores ainsi qu une température comprise entre 13 et 35 C. Sous des conditions très favorables, un été chaud et humide, le champignon peut effectuer son cycle complet en une semaine. Les symptômes induits par le champignon responsable de l oïdium peuvent être visibles à partir du printemps, lorsque les spores sont libérées. L hivernation se fait sous forme de mycélium. Un feutrage farineux blanc-gris apparaît et peut alors recouvrir les boutons floraux, les feuilles et les jeunes pousses. A terme, il y a déformation et dessèchement des organes touchés. Les fortes températures (audelà de 30 C) favorisent l extension de ce champignon. Les dégâts de rouille sur rosiers sont provoqués par un champignon. L hivernation se fait sous forme de spores sur les feuilles mortes. Au printemps, la fructification donne lieu aux contaminations primaires. Les symptômes principaux sont l apparition de pustules orangés de formes variables avec de possibles déformations des nervures et pétioles. Par la suite, des taches anguleuses et des amas poudreux couvrent de part et d autre les feuilles. A ce stade, on assiste à une défoliation importante qui diminue la vigueur de la plante. Le développement de ce parasite nécessite des températures importantes. Bien que n étant pas la maladie principale du rosier, le mildiou peut, dans certains cas, causer de graves dégâts. Les symptômes apparaissent sur les feuilles et les tiges. La face supérieure des feuilles se couvre de taches irrégulières de couleur brune avec une bordure violacée. Sur la face inférieure, un feutrage blanc est visible sous les taches. Les symptômes sur tiges sont tout d abord des taches longitudinales qui peuvent évoluer en chancres crevassés. Les tissus contaminés (feuilles et tiges) conservent le pathogène sous forme de spores enkystées résistantes. La propagation, par émission de spores, s effectue entre 1 C et 25 C. La présence d eau est nécessaire pour la germination des spores. L ensemble de ces maladies des rosiers peut, en cas d attaques répétées et importantes, conduire au dépérissement de la plante. Les dégâts visuels sont également très importants pour ces plantes d ornement. Symptômes de la maladie des taches noires du rosier (FREDON ALSACE) Symptômes de rouille sur rosier (FREDON ALSACE) 34

Etat sanitaire 2013 En 2013, la maladie des taches noires sur rosiers a été très présente de juin à octobre sur l ensemble du territoire. Les symptômes exprimés sont toutefois en diminution ou constants par rapport à l année dernière sur de nombreuses régions (Aquitaine, Bourgogne, Centre, Champagne-Ardennes, Limousin, Lorraine, Midi Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte-d Azur). L oïdium sur rosiers a été observé de mi-mai à octobre. Les conditions météorologiques du début d été ont été favorables au développement du champignon. Les dégâts occasionnés restent globalement constants par rapport à l année dernière. La rouille sur rosiers a été globalement peu présente en 2013. Les dégâts constatés ont été inférieurs par rapport à l année précédente. Cependant, en Languedoc-Roussillon et en région Centre, les attaques ont été localement sévères. Les conditions météorologiques jusqu au mois de juin et après le mois de septembre ont été favorables à son développement. Le mildiou sur rosiers a été observé ponctuellement sur le territoire. Peu d attaques ont été relevées en début et en fin de saison. En 2013, la pression des maladies sur rosiers a été importante du fait des conditions météorologiques favorables au développement des champignons pathogènes (température fraiche et humidité importante au printemps, faibles précipitations et forte hygrométrie en début d été). A retenir pour 2013 : La pression des maladies sur rosiers a été importante du fait des conditions météorologiques de cette année. Cependant, les dégâts que causent ces maladies sur rosiers sont courants et ne permettent pas de les classer dans les phénomènes marquants de l année 2013. 35

Black Rot du marronnier (Guignardia aesculi) La maladie des taches rouges des feuilles du marronnier ou Black Rot est causée par le champignon Guignardia aesculi. On observe des symptômes caractéristiques sur les feuilles : taches brun-rougeâtre auréolées de jaune, enroulement en forme de cornet. Les feuilles tombent précocement. Cette maladie, originaire des Etats-Unis, se développe maintenant sur tout le continent européen. En raison des symptômes quelquefois proches, il convient de faire attention aux confusions avec les dégâts provoqués par la mineuse du marronnier! (cf. paragraphe mineuse du marronnier p. 22). Le champignon se conserve dans les feuilles tombées au sol. Les spores sont libérées au printemps, en lien avec des températures fraîches et des pluies persistantes lors de la floraison et dans les deux semaines suivantes. En cours de végétation, des spores sont de nouveau libérées et à l origine de nouvelles contaminations. Sur les jeunes sujets, les impacts de ce champignon peuvent entraîner une défoliation totale, un grave affaiblissement et parfois la mort de la plante. Sur les sujets de grand développement, c est le critère esthétique qui est impacté. Les arbres peuvent également être affaiblis si les conditions de sécheresse viennent s ajouter en fin de saison. Black rot (tache brune entourée d un halo jaune) sur Aesculus à gauche Galeries de mineuses à droite (FDGDON 53 ) Etat sanitaire national 2013 Cette maladie, présente sur tout le territoire, s est développée de façon hétérogène. En 2013, concernant la pression parasitaire, les attaques sont contrastées. Certaines régions notent une diminution de la pression parasitaire par rapport aux années précédentes (Rhône- Alpes, Provence-Alpes-Côtes-d Azur), alors que d autres régions ont vu une augmentation de l expression des symptômes suivie d un dessèchement du feuillage (Auvergne, Lorraine, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire). Les attaques de Black Rot ont été variables d une région à l autre et même d un arbre à l autre sur un même alignement. Il est à noter que lorsque le Black rot a été présent sur un arbre, les dégâts observés ont souvent été importants. A retenir pour 2013 : Courant En 2013, cette maladie, présente partout sur le territoire national, s est développée de façon très contrastée. 36

Acariens (Tetranychus sp., Eotetranychus sp., Panonychus sp., Eriophyes sp. ) Présentation des bioagresseurs Les acariens phytophages sont de petits organismes parfois indétectables à l œil nu qui se rencontrent pratiquement sur tous nos végétaux (arbres et arbustes d ornement, fruitiers, légumes ). Les symptômes se rencontrent sous différentes formes : rugosités, décolorations du feuillage (exemple de l acarien tétranyque tisserand Tetranychus urticae ou de l acarien du tilleul Eotetranychus tiliarium), gaufrages, rabougrissements, argentures ou sous forme de galles (exemple galle à Eriophyes tiliae sur tilleul ou galle à phytopte sur feuille d érable (Vasates aceris). Galle à phytopte sur feuille d érable ( FREDON CENTRE) Généralement, un temps chaud et sec est favorable au développement des acariens. Etat sanitaire 2013 Comme en 2012, les dégâts d acariens sont restés globalement faibles sur l ensemble du territoire. Aucun problème sanitaire ni esthétique majeur n a été recensé. A retenir pour 2013 : courant Pas de dégâts significatifs à déplorer en 2013. Pucerons (Myzus sp., Aphis sp., Drepanosiphum sp., Eucallipterus sp., ) Comme en 2012, les dégâts de pucerons sont restés globalement faibles sur l ensemble du territoire. Les conditions climatiques relativement humides voire fraiches du printemps ont été défavorables à ce ravageur. De plus, plusieurs régions (Centre, Alsace, Champagne-Ardenne, Nord Pas de Calais...) ont observé une bonne régulation par certains prédateurs tels que les coccinelles, les syrphes et les chrysopes. Exemples d auxiliaires rencontrés l été 2013 à proximité des colonies de pucerons à gauche une larve de syrphe et à droite une larve de coccinelle (FREDON 37) A retenir pour 2013 : très courant Pas de dégâts significatifs à déplorer en 2013. Colonie de pucerons sur rosier (FREDON 37) 37

Psylle de l albizzia (Acizzia jamatonica) Acizzia jamatonica est un psylle associé au genre Albizia. En Europe, il s'observe surtout sur Albizia julibrissin. Les adultes mesurent environ 2 mm. Selon la saison, leur couleur varie du jaune-vert en été au rose-brun en hiver. On observe 5 stades larvaires. Le psylle de l albizzia passe l'hiver au stade adulte. Il y a plusieurs générations par an qui se chevauchent. Les dégâts s'observent sur feuilles, fleurs, gousses et jeunes pousses qui sont colonisées par les larves et les adultes. Un abondant miellat est produit (source de fumagines et de nuisances commoditaires en milieu urbain). Les prises alimentaires entraînent un dessèchement partiel ou total des organes colonisés. Lors de fortes infestations, une défoliation précoce des arbres peut être constatée. Dégâts occasionnés par le psylle de l abizzia (FREDON PACA) Psylle de l abizzia (FREDON PACA) Etat sanitaire national 2013 On retrouve Acizzia jamatonica dans les régions avec des hivers doux où sa plante hôte, l albizzia, est présente. En France, ce psylle est signalé en Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d Azur, Rhône-Alpes, Corse, Auvergne et Languedoc-Roussillon. La présence des larves varie selon la région, les adultes sont observés toute l année. En Midi-Pyrénées, ce ravageur a été observé cette année de juin à octobre avec un pic d intensité de dégâts de juillet à septembre. Pour toutes les régions confrontées au psylle de l albizzia, il s agit d un ravageur dont la présence est généralisée mais peu préoccupante. Toutefois, il peut être localement problématique. A retenir pour 2013 : Le psylle de l albizzia est un ravageur généralisé dans les zones où la plante hôte est présente. Il est peu préoccupant. Il peut être toutefois localement problématique. 38

Cochenilles (Parthenolecanium sp., Euonyma sp., Pulvinaria sp., Icerya sp.,) L année 2013 est caractérisée par certaines pullulations localisées de cochenilles diaspines lécanines ou pulvinaires, toute au long de la saison d observation. Les dégâts induits par les cochenilles peuvent être soit directs : par la ponction de sève et la sécrétion parfois importante de miellat selon les espèces ; soit indirects puisque les cochenilles, comme de nombreuses espèces d hémiptères, peuvent être vectrices de virus. L aspect visuel peut occasionner des nuisances esthétiques. Les végétaux les plus touchés en 2013 ont été le fusain (par Unapsis euonymi), l if (par Parthenolecanium pomeranicum) et les agrumes (par Icerya purchasi), respectivement en Limousin et Nord-Pas-de-Calais ; en Lorraine et enfin en région PACA. Comme chaque année, de nombreuses espèces sont signalées sur divers ornementaux, sans toutefois induire de dommages importants sur tilleuls, olivier, mûrier, laurier-sauce Et ceci dans de nombreuses régions : Bourgogne, Champagne-Ardenne, Corse, Languedoc- Roussillon, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Nord Pas de Calais et Rhône-Alpes. Infestation d un lilas par la cochenille (FREDON Alsace) A retenir pour 2013 : Les cochenilles sont régulièrement signalées sur divers végétaux. Les pullulations, bien que fréquentes, sont d une année sur l autre et dans toutes les régions d observation d intensité relativement constante. L année 2013 n a pas échappé à cette règle. Chrysomèles (Chrysolina americana, Xanthogaleruca luteola, Pyrrhalta viburni ) Les chrysomèles sont rarement problématiques en zones non agricoles, à l exception d espèces précises comme Chrysolina americana sur romarin et lavande ou encore la chrysomèle de l aulne Agelastica alni, toutes deux signalées en 2012. populations pullulent. En 2013, les principaux dégâts ont été observés en Aquitaine, Corse, Languedoc-Roussillon et en région Nord-Pas-de-Calais. Les populations de galéruque de l orme (Xanthogaleruca luteola) ont été en nette augmentation dans les 3 premières régions citées. Les dégâts observés ont localement été très importants (en plus de ceux induits par la Graphiose de l orme). Dans le Nord-Pas-de-Calais et Ile de France, la galéruque de la viorne (Pyrrhalta viburni) a été fortement présente. Toute ces espèces provoquent une défoliation importante de leurs hôtes lorsque leurs Dégâts provoqués par la chrysomèle de l aulne (Agalestica alni) (FREDON Corse) A retenir pour 2013 : Les différentes espèces de chrysomèles peuvent localement induire d importants dégâts esthétiques. 39

Chenilles phytophages - Hyponomeutes L année 2013 n a pas été favorable au développement des chenilles phytophages et des hyponomeutes. Quelques foyers d hyponomeutes ont été ponctuellement signalés dans certaines régions. De façon globale, en 2013, ces ravageurs ont peu fait parler d'eux, exceptés quelques foyers ponctuels où il y a eu des défoliations de forte intensité. A retenir pour 2013 : Courant Les chenilles phytophages ont été présentes comme tous les ans, mais pas de dégâts significatifs en 2013. Hyponomeute sur Prunus avium (C. Knittel, entreprise Paysage Fertois Services) Oïdium du chêne (Erisyphe alphitoides, E. quercicola, E. hypophylla, Phyllactinia sp.) Un cortège de champignons peut provoquer des symptômes lié à ce que l on appelle communément l oïdium du chêne : Erisyphe alphitoides (le plus courant), Erisyphe quercicola, Erisyphe hypophylla et Phyllactinia sp. Les symptômes sur chêne sont comme pour la plupart des oïdiums : l apparition de taches blanchâtres et poudreuses sur les jeunes pousses et les jeunes feuilles. Ces infections conduisent ensuite à un dessèchement précoce des organes affectés. Ces champignons infectent les tissus en croissance, les feuilles plus âgées ne présentent plus une porte d entrée. Trois périodes à risque, liées aux périodes de croissance du végétal, sont à surveiller : De fin avril à début mai, Au début de l été, Et au mois d août. Généralement, la première période de croissance est la moins propice à l installation de foyers d oïdium. L impact sur la santé de l arbre est bien souvent négligeable. Lorsque les jeunes pousses sont atteintes, une diminution de la photosynthèse peut se produire lors de fortes attaques. Oïdium sur chêne (FREDON Alsace) Les retards de croissance induits sont généralement compensés sur l ensemble des périodes de croissance. Toutefois, les dégâts et les impacts peuvent être plus importants sur des sujets déjà affaiblis par d autres bioagresseurs, par des retards de cycles dus aux conditions météorologiques et/ ou de mauvaises conduites de taille ou d entretien. Etat sanitaire 2013 Les régions les plus touchées ont été en 2013 la Bourgogne, la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, les Pays de la Loire et la région Rhône-Alpes. 40

Ces régions ont connu un nombre conséquent de foyers avec une intensité importante des symptômes. Le développement de cette maladie est fortement lié aux conditions climatiques, très locales. De ce fait, l année 2013 a été caractérisée par une hétérogénéité des évolutions de la pression de ce bioagresseurs, par rapport à 2012. La période de forte pression fut quant à elle très homogène sur l ensemble des régions touchées. Les premiers départs de foyers ont été visibles à partir de fin juin, parfois caractérisés par une très forte intensité (en Alsace notamment). Les foyers ont ensuite été visibles jusqu au début de l automne (fin septembre, début octobre). A retenir pour 2013 : Les dégâts et la présence de foyers restent en 2013, comme les années précédentes, très hétérogènes d une région à l autre. Cette maladie est généralement courante dans les secteurs observés. Aucun dégât important, pouvant altérer réellement la santé des chênes, n a été signalé. Oïdium perforant (Sphaeroteca pannosa) Cette maladie provoque l apparition d un feutre blanchâtre sur la face inférieure des feuilles de lauriers cerises, des déformations du feuillage ainsi que des nécroses sur le limbe. Elle s installe en priorité sur les jeunes pousses. L impact principal est le plus souvent esthétique, ce qui est d autant plus gênant que le feuillage est persistant. ont été fortement atteints en Languedoc- Roussillon et PACA, avec un important nombre de foyers. Les régions Bourgogne et Nord-Pas-de-Calais ont également été le lieu de foyers, mais avec un impact négligeable sur l esthétisme et la santé des lauriers. On peut noter les cas des régions PACA et Pays de la Loire qui ont connu en 2013 une augmentation de dégâts par rapport aux précédentes campagnes d observations. Les dégâts ont principalement été visualisés au cours du printemps (mars, avril, mai) ainsi que de juillet à octobre, selon les régions. Symptômes caractéristiques de l oïdium perforant sur laurier cerise (FDGDON 53) A retenir pour 2013 : Maladie courante sans réel danger pour la santé des végétaux. Les dégâts importants ont été relevés dans le sud de la France. Etat sanitaire national 2013 En 2013, Les régions Bourgogne, Languedoc- Roussillon, Limousin, Nord-Pas-de-Calais, PACA, Pays de la Loire et Rhône-Alpes furent touchées par des foyers de cette maladie. Les lauriers 41

Anthracnose du platane (Apiognomonia venata) Ce champignon passe l'hiver sous différents états sur les feuilles tombées au sol, au niveau des chancres sur les rameaux et les bourgeons. La sensibilité des différentes variétés de Platanes est variable : Platanus x acerifolia et P. occidentalis sont très sensibles alors que la variété P. orientalis est tolérante. Au printemps, les spores sont libérées et transportées par la pluie et le vent. Elles contaminent alors les nouvelles feuilles en débourrement. Avec l'humidité, le champignon pénètre dans les jeunes feuilles et y dégrade les tissus. Les blessures favorisent également les infections et la propagation de la maladie. Le degré d infestation de cette maladie cryptogamique est conditionné par l humidité et surtout la température (froid et humide). Le risque est négligeable en dessous de 11 C et augmente progressivement jusqu à être maximal autour de 12 C. Le risque diminue à nouveau au dessus de 15 C. Ces dégâts, associés au développement d autres pathogènes, ont participé à une importante dépréciation du feuillage des platanes en fin de printemps 2013. Symptôme d anthracnose du platane (FREDON ALSACE) Les symptômes de cette maladie sont variables : des nécroses le long des nervures et la chute prématurée des feuilles, un dessèchement des rameaux, des bourgeons et des jeunes pousses. Plusieurs années d attaques peuvent affaiblir l arbre et le rendre plus fragile à d autres pathogènes et ravageurs. Tous ces symptômes conduisent également à une dépréciation visuelle des arbres touchés. Etat sanitaire 2013 Jusqu à mi-juin, le développement de cette maladie a été en augmentation en 2013 sur la quasi-totalité des régions à cause des conditions climatiques favorables. Les régions les plus touchées ont été la Provence-Alpes- Côte-d Azur, l Alsace, l Auvergne, la Bourgogne, la Lorraine, et les Pays de la Loire. Cependant au cours du mois de juin qui a enregistré peu de précipitations, le développement s est rapidement stoppé. Dans les régions de Franche-Comté et Rhône-Alpes, l intensité de la maladie a été moindre. A retenir pour 2013 : Exceptionnellement développé en 2013 avec les conditions printanières très favorables. 42

Rouille grillagée du poirier (Gymnosporangium sabinae) La rouille grillagée du genévrier et du poirier est une maladie provoquée par le champignon pathogène Gymnosporangium sabinae. Ce parasite doit obligatoirement se développer de façon alternée sur le genévrier, puis sur le poirier pour réaliser son cycle complet de développement. A la fin de l hiver, sur le genévrier, des tumeurs, de 5 à 10 mm de long, plus ou moins gélatineuses et de couleur brune puis orange, commencent à se développer sur de jeunes rameaux. Au mois de mai, les spores, en provenance du genévrier, germent sur le feuillage du poirier. Dès la fin mai, des petites taches jaunes, puis orangées à rougeâtres se forment sur la face supérieure des feuilles. Vers juillet-août, des excroissances en forme de cage se développent. Les spores formées sur le poirier vont se disperser en fin d été, début d automne et pourront contaminer un genévrier d une espèce ou d une variété sensible. Alors que la maladie ne se maintient pas sur le poirier après la chute des feuilles, le genévrier contaminé reste boursouflé au niveau des rameaux et reconnaissable pendant les années suivantes. Les excroissances peuvent s y développer plusieurs années de suite. Les spores sont disséminées par le vent sur des distances allant jusqu'à 500 m, voire davantage. Rouille grillagée sur genévrier (V. COOMANS, ville de Roubaix (59)) Rouille grillagée sur poirier (C. Knittel, entreprise Paysage Fertois Services) Etat sanitaire 2013 Peu de dégâts en 2013. Les attaques sont restées faibles. Aucun signalement d attaques graves (comme en 2012 dans le Nord Pas de Calais) n a été recensé. A retenir en 2013 : Dégâts et présence faibles. 43

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