Problèmes économiques contemporains Objectifs de l'épreuve: Déceler une capacité à lire des documents de nature statistique et/ou des textes relatifs aux grands problèmes économiques contemporains pour en extraire des informations pertinentes. Évaluer la logique de l'argumentation. Tester l'expression écrite (orthographe et syntaxe). Aucune connaissance préalable en analyse économique n'est requise: les épreuves n'ont pas pour objectif de tester des connaissances en théorie économique ou en vocabulaire spécialisé. en temps limité pour saisir l'esprit de l'épreuve. Modalités Durée de l'épreuve: une heure et demie. Les documents personnels et les calculettes ne sont pas autorisés. Chaque document fait l'objet d'une série de questions sur documents, puis une question de synthèse permet de développer une démonstration personnelle. Comment se préparer? S'informer en lisant la presse quotidienne et hebdomadaire généraliste de manière régulière: les articles concernant la situation économique internationale retiendront particulièrement votre attention. Plus particulièrement, la lecture sélective du Monde (www.lemonde.fr) et de la Vie Eco (www.lavieeco.com) est recommandée. Lire les sujets proposés et répondre aux questions 1/7
Exemples d'épreuves Exemple 1: L'urbanisation dans les pays en développement Documents Document 1 - Taux d'urbanisation dans les différents continents du monde Amérique du Nord Amérique latine et Caraïbes 1950 2007 2030 64 81 87 42 78 85 Europe 51 74 80 Océanie 61 73 75 Afrique 15 41 54 Asie 15 41 55 Ensemble du monde 29 50 61 Le taux d'urbanisation est la proportion (en %) de la population vivant en ville. Source: Nations Unies. Document 2 «Les pays en développement connaissent aujourd'hui la croissance urbaine la plus forte. Une urbanisation rapide est généralement vue comme une des conséquences d'une forte augmentation de la population, la croissance urbaine état alimentée de manière directe par la croissance naturelle en milieu urbain et, de manière indirecte, par l'exode rural résultant d'une prression démographique plus intense dans les campagnes. Plus des quatre cinquièmes des variations du rythme de croissance de la population urbaine d'une région du monde à l'autre correspondent aux variations du taux de croissance de la population totale. Paul Bairoch [historien de l'économie] a qualifié l'urbanisation des pays en développement d' ''inflation urbaine''. Il est certes très aisé de pointer du doigt les problèmes de la ville, particulièrement dans les pays pauvres, qu'il s'agisse des difficultés de transport, des pénuries de logements ou de l'insuffisance des infrastructures, mais il est plus difficile d'en conclure que c'est le processus d'urbanisation en lui-même qui compromet toute forme de développement. Il n'est cependant pas exclu que dans les pays les plus pauvres, où la croissance démographique reste encore rapide, l'urbanisation soit devenue un phénomène autonome par rapport à la croissance économique, c'est-à-dire en particulier que les migrations vers la ville ne soient 2/7
aucunement liées à des besoins du marché du travail urbain.» J. Véron, La moitié de la population vit en ville, Population et sociétés, n 435, juin 2007. Questions Questions sur le document 1 a. Rédigez deux phrases contenant chacune un des deux chiffres surlignés. b. Dégagez deux faits marquants relatifs au taux d'urbanisation en illustrant vos affirmations par quelques données significatives. Questions sur le document 2 c. Expliquez le sens de la phrase surlignée. d. Comment expliquer l'exode rural malgré les difficultés d'emploi en milieu urbain? e. Quels sont les problèmes d'aménagement urbain rencontrés dans les villes des pays en développement? f. Quelles sont les difficultés majeures rencontrées par les pays en développement? Question de synthèse G. Dans les pays pauvres, l'urbanisation est-elle un obstacle au développement? Exemple 2: Prix du pétrole et croissance économique Documents Document 1 - Prix du pétrole du Moyen-Orient en dollars par baril 70 60 50 40 30 20 10 0 1974 1978 1982 1986 1990 1994 1998 2002 2006 1972 1976 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 Source: BP Statistical Review. Document 2 3/7
«Sans crise politique majeure ni menace imminente sur l'approvisionnement des pays industrialisés, le prix du pétrole brut a augmenté de 57,2% en 2007, un choc partiellement amorti en Europe par la vigueur de l'euro face au dollar. Les cabinets spécialisés, les financiers et les industriels s'accordent à dire que l'époque du pétrole bon marché est révolue et que le monde est entré dans une ère de l'énergie chère. Mises à part les années 1970 marquées par les deux chocs pétroliers violents de 1972-1974 et de 1979-1980, les prix du pétrole brut sont restés extrêmement bas au cours du siècle passé pour une énergie fossile destinée, par nature, à s'épuiser. le prix du baril était encore à 10 dollars en 1998 et il remonté jusqu'à 25 dollars en 2003. Il a fallu attendre 2004 et une brutale hausse de la demande pour qu'il flambe vraiment. La facture énergétique globale ne cesse d'augmenter. Et même d'atteindre des niveaux insupportables pour de nombreux pays en développement privés de toutes ressources en hydrocarbures. En France, la facture pétrolière [...] s'est considérablement alourdie ces dernières années pour atteindre en 2006 près de 40 milliards de dollars. Contrairement aux années 1970, l'envolée des prix pétroliers n'a pas entraîné de récession, car cette flambée a été en partie alimentée par la vigueur de la croissance mondiale et la demande des pays émergents. Mais elle a contribué à nourrir l'inflation». J.-M. Bezat, Baril à 100 dollars: le monde s'installe dans l'ère du pétrole cher, Le Monde, 4 janvier 2008. Questions Question sur le document 1 a. Dégagez les principales phases de variation des prix du pétrole en prenant soin de citer quelques données du graphique. Questions sur le document 2 b. Expliquez le sens de la phrase surlignée. c. Quels sont les facteurs de variation des prix du pétrole (à court terme et à long terme)? d. Quelles politiques publiques mettre en place pour réduire la facture pétrolière? e. Qu'appelle-t-on un pays émergent? Comment expliquer leur poids croissant dans l'économie mondiale? Question de synthèse f. Quels déséquilibres économiques sont déclenchés par les chocs pétroliers? Exemple 3: crise et politique de relance Document "La conjoncture mondiale se dégrade à toute allure et le Fonds monétaire international (FMI) se prépare à abaisser 4/7
encore ses prévisions de croissance qu'il estimait, début novembre, à 2,2% pour l'année 2009. Olivier Blanchard, le chef économiste du Fonds depuis le 1er septembre, ne cache pas sa crainte d'une dépression mondiale et appelle les gouvernements à muscler leurs plans de relance. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, pousse les gouvernements à multiplier les dépenses budgétaires pour soutenir la croissance. Or, le Fonds était un grand ennemi des déficits. Pourquoi ce revirement? Il n'y a pas de revirement. A circonstances différentes, remèdes différents. Nous sommes en présence d'une crise d'une amplitude exceptionnelle, dont la principale composante est un effondrement de la demande. Les indices de confiance des consommateurs et des entreprises n'ont jamais autant chuté depuis qu'ils existent. Du jamais-vu! A partir du mois d'octobre, une paralysie des intentions de dépenses s'est déclenchée de façon soudaine et mondiale. Les mois qui viennent vont être très mauvais. Il est impératif de juguler cette perte de confiance, de relancer et, si nécessaire, de remplacer la demande privée, si l'on veut éviter que la récession ne se transforme en Grande Dépression. Bien sûr, en temps normal, nous aurions recommandé à l'europe de diminuer ces déficits. Mais nous ne sommes pas en temps normal. Y a-t-il d'autres mesures à prendre? A ce stade, deux types de mesure sont nécessaires. D'abord les mesures dont on vient de parler pour rétablir la confiance, et relancer la demande. Cela implique d'utiliser les outils monétaires et budgétaires. Mais aussi, des mesures destinées à réparer le système financier. Les banques continuent à réduire leurs crédits aux particuliers comme aux entreprises ou aux pays émergents. Il n'y aura pas de redémarrage de la croissance sans que ce problème soit résorbé. Que faire en matière financière? Il faut que les institutions financières reconnaissent leurs pertes et clarifient leurs bilans. Elles le font certes, mais trop lentement, ce qui introduit de l'incertitude et continue d'inquiéter les investisseurs. Les États doivent aider au processus, en incitant ou en forçant les banques à se séparer de leurs actifs douteux. Quand ceci sera fait, beaucoup de ces institutions seront clairement souscapitalisées. Il faudra injecter de l'argent frais. Si les investisseurs privés ne le font pas, les États doivent le faire. Pas à fonds perdus, mais en prenant une participation, sous forme d'actions. Si réparer le marché du crédit privé prend trop de temps, il faut que les États soient prêts à se substituer, au moins partiellement et temporairement, au crédit privé. [...] Le FMI a parlé de la nécessité de consacrer 2 % du produit brut mondial à ces plans. Cela sera-t-il 5/7
suffisant? Il faut que les gouvernements et les banques centrales indiquent clairement qu'ils sont prêts à tout faire pour éviter une nouvelle Grande Dépression. Pour le moment, une expansion budgétaire de 2 % paraît suffisante. Mais, si les circonstances l'exigent, il faut que les États soient prêts à faire plus, 3 % ou plus si nécessaire. Il faut y réfléchir dès maintenant, car ce n'est pas facile de dépenser efficacement de telles masses d'argent! Quelles formes doit prendre cette relance budgétaire? Il vaut mieux que la relance intervienne par l'augmentation des dépenses publiques que par la diminution des recettes publiques. Autrement dit, les constructions de ponts ou les rénovations d'écoles risquent d'avoir plus d'effets sur la demande que des réductions d'impôts que les ménages sont tentés de transformer en épargne de précaution. Si on diminue les impôts ou si on augmente les transferts, il vaut mieux cibler les populations victimes du chômage ou surendettées. Elles en ont plus besoin et elles le dépenseront aussitôt, contribuant à la reprise de l'activité économique. La baisse temporaire de la TVA, mesure adoptée en Grande-Bretagne, ne me paraît pas une bonne idée ; 2% de moins ne sont pas perçus par les consommateurs comme une réelle incitation à dépenser. En revanche, la prime à l'automobile décidée en France donne de fortes incitations et me paraît une bonne idée. Malgré le caractère éphémère de ses effets? L'important, c'est de soutenir l'activité et de relancer la confiance maintenant. Les six mois qui viennent sont capitaux. Si l'allemagne ne participait pas suffisamment à cette relance, beaucoup d'autres pays hésiteraient aussi à le faire et ce serait désastreux pour l'europe. Les pays émergents doivent-ils faire de même? Face à la baisse de leurs exportations, ils y ont tout intérêt. La Chine a annoncé un plan dont on connaît mal la réalité, mais on peut penser qu'elle fera plus si nécessaire. L'Inde, qui a une moins grande marge de manœuvre budgétaire, s'y met aussi. Beaucoup de pays émergents font face au danger supplémentaire que le retrait des capitaux étrangers amène à une crise de change et une fuite générale des capitaux. Dans beaucoup de pays, la taille potentielle d'une telle fuite de capitaux peut représenter la moitié du produit intérieur brut Ceci représente beaucoup d'argent. Multiplié par le nombre de pays potentiellement exposés, on parle de milliers de milliards de dollars, un montant bien supérieur à ce que le Fonds peut avancer. Il faut d'urgence réfléchir et mettre en place les moyens de mobiliser les liquidités nécessaires, si besoin était. Propos recueillis par Alain Faujas 6/7
Le Monde 23/12/2008. Questions 1. Expliquez la phrase surlignée. 2. Quelles sont les mesures envisagées pour soutenir la demande, en matière budgétaire et en matière bancaire? 3. Pourquoi le rôle des banques est-il central dans une économie de marché? 4. Pourquoi les politiques de relance par la dépense publique sont-elles plus efficaces que les politiques de relance par la baisse des impôts? 5. Comment la crise économique peut-elle se transmettre aux pays émergents et aux pays en développement? Question de synthèse Les pouvoirs publics ont-ils vocation à intervenir durablement dans l'économie? 7/7