Service Culture - Ville de Niort Parcours Pilori - Saison 2012-2013 Gilles Blosseville Impermanences Opus III Dossier pédagogique Référent Pilori - David Audouit (05 49 78 75 35) Suivi du Parcours Deborde Juliette (05 49 78 75 35)
SOMMAIRE Introduction page 3 I/ Gilles Blosseville - Impermanences Opus III pages 4 à 8 II/ Ses inspirations pages 9 à 10 III/ Pistes pour les ateliers page 11 2
Introduction L exposition Impermanences Opus III, réalisée par Gilles Blosseville, s inscrit dans le Parcours Pilori, saison 2012-2013. Le Pilori, ancien hôtel de ville construit au XVIe siècle sur l emplacement d un pilori médiéval, est désormais un espace d art visuel, accueillant depuis 2009 des expositions d artistes contemporains. L objectif de ce lieu est qu il ne devienne pas seulement une galerie d exposition, mais un véritable lieu d échange entre l artiste et le public. A ce titre, les artistes sont en quasi-permanence présents lors des visites de groupes, à fortiori dans le cadre du Parcours Pilori proposé par la Ville aux établissements scolaires. La programmation du Pilori est de plus le résultat d une concertation entre divers acteurs, à savoir la Ville de Niort (service culture) et des représentants du secteur des arts visuels niortais, que sont Artistes de garde (arts plastiques), Pour l Instant (photographie), Winterlong Galerie (street art), la librairie des halles et l hydragon (BD). Pour la saison 2012-2013, le Parcours Pilori, organisé en partenariat avec l Inspection académique, a comme thème le reflet. La ville de Niort propose cinq expositions dans la cadre du parcours, celle de Ericailcane, Potente di Fuocco, (du 3 au 26 octobre 2012), Tracer l horizon de Frédérique Bouet (du 13 novembre au 15 décembre 2012), Panorama 1988-2013 d Oliver Kosta-Théfaine (du 5 mars au 6 avril 2013), Impermanences opus III de Gilles Blosseville (du 16 avril au 18 mai 2013) et Quand ton reflet aime à re-dire de Jacqueline Dubost-Garin (du 28 mai au 29 juin 2013). Pour chaque visite de classe, l artiste ou un médiateur sera présent, et fera l interface entre les œuvres et le public. Dans son exposition Impermanences Opus III, Gilles Blosseville travaille sur les contrastes, entre ombre et lumière, rigueur et mouvement et se joue des sensations et des archétypes qui se retrouvent dans l inconscient collectif. 3
I/ Impermanences Opus III Né en 1952, Gilles Blosseville vit à Saint- Trojan-les-Bains en Charente-Maritime. Après des études d architecture, il poursuit son apprentissage par un tour d Europe des maîtres céramistes qui durera 3 ans. Son parcours créatif change résolument de trajectoire au milieu des années 1980. Les hasards des rencontres l amènent à s intéresser à l audiovisuel. Il devient scénariste puis réalisateur de courts métrages documentaires. Au début des années 2000, la peinture s impose : au croisement de la couleur, de la matière et du sens. Gilles Blosseville, installé sur l Ile d Oléron, trouve alors son écriture picturale très inspirée des pensées orientales, zen et taoïsme notamment. Des témoignages de reconnaissance confirment le bien fondé de son engagement : le Prix des Mouettes à La Rochelle auquel il est sélectionné à cinq reprises en obtenant à deux fois le premier prix de peinture et dont il devient ensuite membre du jury. 4
De tous les courants, c est probablement de l expressionnisme abstrait dont Gilles Blosseville se sent le plus proche. Ce mouvement, qui s'est développé peu après la Seconde Guerre Mondiale, consiste à retranscrire ses pensées et ses sentiments avec des formes abstraites et des couleurs très variées. Il se caractérise par des toiles immenses, parfois entièrement peintes. Chaque coup de pinceau se superpose aux précédents ce qui conduit à une répartition plus ou moins uniforme des éléments picturaux sur la totalité de la surface du tableau. Ce mouvement se caractérise par l utilisation de nouvelles méthodes, comme celle du dripping qui consiste à faire dégouliner de la peinture sur de grandes toiles. L'idée est de donner de l'importance à la texture et à la matière ainsi qu'aux gestes de l'artiste. Gilles Blosseville situe son travail à la lisière de la figuration et de l abstraction. - L art figuratif est un style artistique, en particulier dans la peinture, qui utilise comme modèles des objets du réel, les déformant ou les changeant afin de transmettre un message. - L art abstrait ne représente pas des sujets ou des objets du monde réel mais utilise des formes et des couleurs pour créer des images autonomes qui ne renvoient à rien d autre qu à elles-mêmes. Parmi tous les outils et techniques utiles à la maîtrise des formes, de la matière et des couleurs, Gilles Blosseville a choisi la peinture à l huile et l usage du couteau 5
qui lui permettent de transposer au mieux le regard qu il porte sur le monde, en plus du travail sur le sens de l image et la composition. Le couteau, sorte de truelle en acier souple de formes diverses, permet de créer des reliefs avec la peinture et ainsi d accrocher la lumière. Il s agit pour lui, non de représenter la vie elle-même mais plutôt une manifestation de la vie, à la façon taoïste, c'est-à-dire dans tous ses contrastes : entre ombre et lumière, géométrie et chaos, bruit et silence Gilles Blosseville aime travailler sur les contraires par ces jeux de contrastes. Dans ses œuvres sur les marcheurs, présentées lors de l exposition, il fait s affronter la rigueur géométrique des bandes parallèles aux dégradés du noir au blanc et aux agitations improvisées des silhouettes en mouvement, menacées d effacement. Ces silhouettes déposent des traces, celles du passage, du déplacement dans le temps et dans l espace, matérialisées dans ses oeuvres par des coulures et des gouttes de peintures. 6
Dans ces œuvres, la couleur prend peu de place laissant un espace plus important à la lumière et aux ombres. Les couleurs n apparaissent alors plus que par touches. Gilles Blosseville travaille beaucoup avec la vidéo, notamment pour ses toiles sur les marcheurs, qui sont peintes à partir d images filmées dans la rue. Au Pilori, une vidéo représentant une succession d escalators est exposée. Les escalators montant et descendant se succèdent et un mouvement transversal les fait se déplacer de gauche à droite. Cette vidéo est un prolongement de ses œuvres sur les marcheurs, qui expriment encore une fois le mouvement ainsi que l assemblage des contraires. A côté de cette vidéo, des toiles représentant des chirurgiens en train d opérer et des soldats en action symbolisent l urgence de la réparation de la société. Le rouge, très présent dans ces toiles, accentue encore cette dimension. 7
Ses derniers travaux, dont certains sont présentés lors de l exposition, donnent une place plus importante à la couleur et les motifs s y diversifient : portraits, architecture industrielle, architecture navale Dans ses œuvres sur le portrait, qui font face aux toiles des marcheurs au Pilori, on peut lire différentes émotions sur les visages des personnages. Le mouvement est alors représenté par le changement d humeur. Plus que l émotion, c est l énergie qui intéresse Gilles Blosseville et qu il souhaite rendre palpable. Il cherche à susciter à la fois surprise et réminiscence chez le spectateur, pour qu il reconnaisse peut-être dans ses oeuvres une chose familière, enfouie, à laquelle il ne s attendait pas. Pour l artiste, lorsque le spectateur prête attention à son œuvre d art, il ressent quelque chose : l œuvre lui plait ou non. Puis, cette personne se pose la question de ce que cela lui fait et ainsi s observe elle-même, faisant de l œuvre un objet de méditation, reflet d elle-même. 8
II/ Ses inspirations Les artistes qui l ont nourri sont nombreux : Degas, Schiele, Pollock, de Stael, Warhol, Twombly, Majerus, Pei-Ming, Hiroshige Gilles Blosseville s inspire d artistes tel que Jackson Pollock, grande figure de l expressionnisme abstrait, par l importance de la matière et les coulures de peinture dans ses oeuvres. Jackson Pollock, Number 5, 1948, (2,44 x 1,22 m) Cy Twombly, comme Gilles Blosseville, se retrouve dans ce dilemme abstraction/figuration. Il joue aussi sur les effets de matières et le fait de retrouver les gestes de l artiste dans ses œuvres. Cy Twombly, Ferragosto II, 1961, Rome, huile, crayon gras et crayon sur toile, 165 x 200 cm 9
Concernant ses travaux sur les portraits, on retrouve des liens avec Pei-Ming, artiste chinois qui peint des visages en gros plan, souvent de personnalités (Mao, Barack Obama ) sur d immenses toiles. Il travaille avec de grosses brosses afin de faire ressortir des effets de matière. Yan Pei-ming, Portrait de Mao, 1999, huile sur toile, 200 x 200 10
III/ Pistes pour les ateliers - Travailler sur le mouvement. Comment représenter le mouvement dans une œuvre statique? Grâce à des coulures et des traînées de peinture, des effets de matière. - Travailler sur les effets de matière : la superposition de peinture, de crayon Faire apparaître les gestes de l artiste, par des coulures et des gouttes de peintures, des traces de crayon et de pinceau L œuvre devient ainsi le reflet des gestes de l artiste. - Travailler sur les contraires et les contrastes : ombre/lumière, noir et blanc/couleur, rigueur/agitation. Faire par exemple un travail sur la géométrie en faisant apparaître des formes géométriques dans des œuvres. Travailler aussi sur la lumière et les ombres en faisant apparaître des sujets ou des objets, sans utiliser de couleur, seulement grâce au contraste entre noir et blanc et la déclinaison de leur mélange. Faire apparaître de la couleur par petites touches, dans une œuvre dominée par le noir et le blanc. - Travailler à faire refléter dans les oeuvres ses perceptions, sensations et émotions. Travailler sur la matérialisation de ses sensations et émotions pour les faire se refléter dans l œuvre. Par exemple des formes plutôt rondes peuvent refléter la douceur, des formes hachurées la colère, des tremblements la peur, des pois la folie 11