Marco Attal Délégué régional DRONISEP

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Transcription:

NICE

Faire des choix, se projeter dans l avenir, réfléchir à ses projets, prendre sa place dans la société en tant que citoyenne, citoyen, femme, homme : voici des problématiques auxquelles les jeunes ont à répondre progressivement au cours de leur scolarité, voire de leur existence, problématiques pour lesquelles ils bénéficient de l accompagnement et du soutien des enseignants et des conseillers d orientationpsychologues. Le concours organisé cette année par la DRONISEP de Nice «Fille ou garçon que ferez-vous demain?» a été, à travers ces questionnements, un moyen supplémentaire d enrichir la réflexion des collégiens. Nombre de jeunes se sont lancés dans cette aventure hardie, soutenus fortement, pour certains, par leurs enseignants. Des réflexions variées, des écrits riches que nous avons eu plaisir à lire ; le choix du jury a été rude pour sélectionner 10 lauréats dont nous vous proposons de partager les textes dans cet ouvrage. Qu il me soit permis d adresser tous nos remerciements pour le soutien de nos partenaires, l accompagnement bienveillant des inspectrices de lettres de l académie denice ainsi que les équipes des établissements qui ont engagé leurs élèves dans ce concours. Marco Attal Délégué régional DRONISEP NICE Directeur de la publication : Georges Asseraf Directeur délégué : Marco Attal Rédactrice en chef : Marie-Madeleine Hugonnard Conception graphique, PAO : Jean-Marc Pérez Dépôt légal : avril 2014 Imprimerie : Pure Impression Reproduction, même partielle, interdite sans accord préalable de l Onisep

Sujet d actualité, sujet de société, sujet de politique, sujet prioritaire d éducation et lorsque l on reçoit l intitulé d un concours portant sur la place de la femme et de l homme dans le monde du travail, il est difficile de l ignorer. Inviter alors les élèves à la réflexion : filles, garçons que ferez-vous demain? Avec l accord de notre chef d établissement, Madame Montiel, le travail démarre avec tous les élèves d une classe de troisième. L âge critique, l âge des questions incessantes et de l éphémère aussi... Une fois la question posée, il fallut creuser le sujet. Ce fut alors l occasion de recherches au C.D.I avec l aide précieuse de la documentaliste : petites biographies de femmes célèbres mais ignorées de tous les élèves, la signification de la révoltante expression du «plafond de verre», mais aussi des chiffres évocateurs et choquants : taux d activité chez les hommes et femmes, domaines choisis pour la poursuite d études des garçons et des filles... Ce fut aussi l occasion de consulter des sites et enfin celle de répondre à des questions pièges : «faites en quelques lignes le portrait d un savant». 100% des élèves ont représenté un homme... La route est longue, mais le questionnement est en germe : et «si je faisais autre chose que ce qu un homme ou une femme «doit» faire?» Elisabeth Piombini, Professeure Principale de 3 e au collège Jean Médecin, à Sospel 1 Puis vint la rédaction de la nouvelle en s appuyant sur des informations concernant les spécificités du métier choisi : une autre façon de travailler l orientation... «Le sujet est un peu compliqué» avouent-ils. La surprise parfois de trouver des projections inattendues autant que des situations toujours stéréotypées... Des personnalités qui se révèlent aussi. Eternelle fonction cathartique de l écriture. Petit florilège de citations une fois l écriture achevée : ils ont aimé raconter l histoire de quelqu un «qui se bat pour exercer son métier», «se projeter dans un personnage inventé» et «apprendre des choses» sur la profession imaginée. «Cela m a permis de comprendre la notion de parité», «les inégalités»... Mais surtout ce bilan prometteur et commun à bon nombre d entre eux : «cela n a pas vraiment changé mon point de vue», «je n ai jamais pensé qu il y a des métiers d hommes et des métiers de femmes». L aventure est-elle terminée? Il faut supposer qu elle ne fait que commencer. La naissance d une réflexion dans leur jeune esprit : celle d ouvertures non envisagées, de possibilités sans fin et d un long travail de société : un chantier colossal, une faille abyssale, mais que la volonté une fois que sa fonction est activée peut commencer à combler.

Meryl BOINET - 3 e A - Collège Sasserno - Nice Quand j ai lu : «Le texte narratif pourra prendre la forme d une saynète, je me suis tout de suite souvenue d une discussion très animée que j avais eue l an dernier avec quatre garçons de ma classe de quatrième B. C était justement à propos des métiers. Nous venions d écrire ensemble une petite pièce de théâtre «Murder for Love or for Money» pour le cours d anglais, avec cinq personnages, dont deux féminins : un rôle pour moi (je suis une fille) et un pour un garçon! Moi, encourageant ma troupe. «- Alors! Qui se décide pour jouer la Comtesse? Un garçon dans un rôle de fille! Ce sera super! Vous vous croirez dans l Antiquité! Jean, boudeur. - Quelle Antiquité? De quoi parles-tu? Moi, gaie et entraînante. - Mais si, tu sais bien! Les acteurs de l Antiquité étaient tous des hommes, et des jeunes garçons - comme toi! - jouaient les rôles féminins! Jean, qui n apprécie pas. - Oui, et bien, on est en 2013. Il y a plein d actrices maintenant. Je vais être ridicule en comtesse. Rémi, spécialiste des blagues idiotes. - Non, non! Tu seras trop mignon avec une perruque! Jean, plein d espoir - Et si on changeait la pièce? Si on remplaçait la Comtesse par un Comte? Mathieu, raisonnable - Impossible! On a déjà un Comte. Il lui faut une femme. Mais je vais prendre le rôle, puisque vous ne le voulez pas. Moi, soulagée. - Super sympa! Tu es moins borné que Jean et Rémi. Mais je t aurais mieux vu dans le rôle du pilote. Rémi, vexé et agressif. - Pourquoi lui pour le pilote? C est moi qui veux être pilote ou astronaute! Moi (il faut «détourner» la conversation, en fait, je veux Mathieu pour le pilote). - Ah! Ça alors! Moi aussi, je veux être astronaute! Rémi, hyper-méprisant. - Tu peux toujours essayer! Tu n y arriveras jamais. Tu n es qu une fille! 2

Moi, très en colère. - Non, mais, tu t entends? «Qu une fille»! C est un peu dépassé, non? Dans tous les films, on voit des équipes d astronautes avec des femmes! Et «Gravity»? Tu n es pas très à la page côté espace! Rémi, énervé maintenant. - Tu parles, ils mettent «une»femme, pour le quota-minorités! Mathieu, qui aime la paix. - Cool, stop, elle fera ce qu elle voudra, on est en 2013 quand même! Moi. - Oui, et on sera presque en 2020 quand on choisira nos métiers. De plus en plus de gens pensent comme toi, et pas comme Rémi. Rémi, (il aime avoir raison). - N empêche, en Éducation Civique, on a vu que l égalité hommes-femmes était loin d être gagnée!!! J ai plus de chances que toi d être astronaute! Moi, méprisante. - Mais tu ne comprends rien! Ça m est égal d être astronaute ou pas. Je voulais juste te dire que si je veux, je peux! J assure plus que toi en maths et en physique, et en sports je cours plus vite que toi. Tu sais très bien que tu passes ton temps sur les jeux vidéo! Moi, je fais beaucoup de sport. Mathieu, (il sera un jour Prix Nobel de la Paix - il sait très bien arrêter les disputes). - Cool, cool! Alors, qu est-ce-que tu veux vraiment faire? Moi, pas encore calmée. - Ne te force pas à me le demander! Je suis bien sûre que ça t est complètement égal! Mathieu. - Bon, stop, arrête. Moi, je veux être expert scientifique pour la police. Nous tous, plongés dans la joie. - Experts Manhattan! Experts Miami! Mathieu Caruso!...» Les garçons connaissaient tout sur ce métier : être gendarme d abord, et avoir un master de physique. Et bien sûr, j ai dû parler un peu fort pour faire remarquer que moi aussi je pourrais être expert scientifique! La discussion était donc très animée, quand ma nonna entra avec sa pile de crêpes. Ma nonna est une nonna à idées fixes : les garçons doivent se bourrer de crêpes pour être costauds, comme ça ils pourront être ouvriers forestiers, ou astronautes mais sa petite-fille n a «qu une» crêpe, bien légère, avec juste un peu de Nutella, comme ça elle restera mince, se mariera et n aura pas besoin d aller vers la Lune : non mais, quelle idée pour 3

une fille! Elle ne le dit pas, mais je sais qu elle le pense. La preuve, elle sert trois crêpes à Rémi. Des fois, je déteste ma nonna. On a mangé nos crêpes. Les garçons riaient et faisaient des blagues de garçons. Mais, moi, je n étais pas très contente. Car, même s il y a des progrès partout (en bas du sommaire de l Agenda des métiers, on peut lire que tous les métiers sont accessibles aux filles et aux garçons) et même si je suis dans un pays démocratique, où personne n empoisonne l eau des écoles où vont les filles, j étais sûre que Rémi n était sûrement pas seul, et que plein de gens pensaient encore comme lui et ma nonna. D ailleurs, c était vrai, on l avait vu en Éducation Civique, toutes les statistiques montrent les inégalités : le nombre de députés hommes, par exemple Il y a eu beaucoup de chercheurs pour une Marie Curie, il y a beaucoup de présidents pour une Angela Merkel. Alors, ça m a rendu agressive! Et j ai pensé qu il faudrait renverser les habitudes, les traditions, faire comme en 1789, une révolution, mais rien que pour les femmes! Et pourquoi pas, comme Lénine en 1917 - on vient de l étudier en Histoire - interdire les idées opposées pour ouvrir les esprits de force! Ah! Ah! Ah! et dans les livres d Histoire, on lirait «La Ministre des Droits des Femmes, Mme X, réalisa L Égalité Femmes/ Hommes en 2030». Ça m a fait rire toute seule, et j ai pensé : Recherche Internet Quelles études pour devenir ministre?!!! 4

Patricia MONTEIRO DE PINA - 3 e 5 - Collège Risso - Nice La femme électrique - Alors Patricia comment s est passé ton stage? Il y a des questions qu on n a pas envie d entendre. Que répondre à ma grand-mère? Oui c était très bien, j ai aimé! Mais non je n ai pas aimé du tout. J ai fait mon stage dans un magasin de fleurs. Je n ai rien trouvé d autre. C est beau les fleurs, mais ce n est pas mon truc. Mon truc c est les voitures! J aime mettre la tête dans le moteur d une voiture, avoir les mains pleines de graisse et de cambouis, quoique maintenant avec l électronique... Bon je plaisante! Mais en fait, ce que j ai envie de faire plus tard est considéré comme un métier d homme. Franchement! Comme si à notre époque les femmes n étaient pas capables de faire comme les hommes! Mais comment le faire comprendre à ma grand-mère? Je viens du Portugal, et le rôle de la femme est bien déterminé. Comment lui faire comprendre que sa petite fille veut devenir électricienne? Je ne suis même pas sûre que ça existe au féminin. Quand j apprenais le français en classe ENAF, pour le masculin et le féminin il y avait un comédien une comédienne, un musicien une musicienne, un pharmacien une pharmacienne, mais jamais on ne nous a demandé de mettre au féminin électricien. Eh bien tant pis. C est décidé je vais devenir une femme électricien. Après tout qu est-ce qui m en empêche? J adore démonter les appareils ménagers pour voir comment ça fonctionne. Et éclairer les gens, c est un beau métier. Pourquoi est-ce que je ne serais pas capable de comprendre un circuit électrique? J ai un cerveau non? D ailleurs pour certains garçons on se pose la question. Il y en a qui ont la tête vide. De toute façon, j ai envie 5

d avoir ma propre entreprise et le lycée professionnel est un bon moyen pour y arriver. Je vais m inscrire en bac pro au lycée Vauban. Il y aura bien quelques filles quand même dans ce lycée. Et s il n y en a pas dans ma classe? Et alors? Je lancerai la mode. Bon maintenant, il me reste à convaincre ma famille, après j expliquerai à tout le monde au collège ce que je veux faire. Alors là, ça ne va pas être facile. Je vois déjà les discussions avec mes collègues. Les filles qui demandent un Lycée Pro veulent devenir secrétaires, esthéticiennes, coiffeuses, ou travailler avec des enfants, rien de bien nouveau. Les garçons c est plombier, électricien, peintre. Rien que du classique. C est incroyable! Jamais on n en sortira. On va me dire que je ne suis pas assez forte physiquement, que je vais être la seule fille, que personne ne voudra me prendre en stage. N importe quoi! On parle bien d égalité des sexes actuellement! Personne n a le droit de m empêcher de faire le métier de mon choix. Les habitudes il va falloir en changer. Dans un premier temps il va falloir expliquer tout ça à ma grand-mère. Allez courage!!! - Bon, Mamie, ce stage m a surtout fait comprendre que je ne serai jamais fleuriste. D ailleurs je me suis aperçue que j étais allergique à certaines plantes. - Impossible! Personne n est allergique dans la famille. - Si je te le dis, c est vrai. De toute façon je sais ce que je veux faire plus tard! - Ah très bien. Dis-moi vite! - Électricienne. - Quoi? Pourquoi tu me parles d électricité, on a un problème? Il y a une panne de courant? - Non. Je te dis que je veux devenir une femme électricien. - Une femme électrique? De quoi tu parles? Je pensais que ce serait difficile mais là alors ça frise l impossible. En plus elle devient sourde. 6

- Mamie je veux travailler comme électricien. Tu entends? Comme électricien. Tu sais ce que c est? - Ne crie pas. Bon tu veux devenir électricien et alors? - Ben c est tout? Ça ne te choque pas? - Pourquoi ça me choquerait? Il n y a pas de sot métier. Après tout ton grand-père était coiffeur. Pourquoi est-ce que sa petite fille ne changerait pas les ampoules? - Oui, enfin, j espère faire un peu plus que changer des ampoules. Tu sais, il y a peu de femmes dans ce métier, c est plutôt pour les hommes. - Et alors tu n es pas capable de faire comme eux? - Si si, bien sûr, même mieux, mais je pensais que tu ne serais pas d accord. - Mais tu sais, ce n est pas parce que je suis vieille et née bien avant toi que je ne crois pas que les femmes peuvent faire comme les hommes, même si on nous l a fait croire de mon temps. Moi par exemple sais-tu ce que j aurais voulu faire? - Tu voulais travailler? Je t ai toujours vue à la maison. - Ça n empêche pas que j avais envie d avoir un métier. - Ah oui et lequel? - Je ne l ai jamais dit à personne, mais j adorais les voitures. Tu sais, je suis née en 1929 et il y avait peu de voitures, peu de gens savaient les conduire, et pouvaient en acheter. Une femme conductrice, alors là, c était très rare. Mais moi j aurais voulu surtout réparer les voitures, la tête dans le moteur, les mains dans le cambouis, le bonheur!!! Pourquoi tu fais cette tête? Tu as un problème avec ce que je dis? C est incroyable!!! Vous les filles, vous ne changerez jamais! Ah les jeunes!!!!!! 7

Leila DOKHTOUKAEVA - 3 e 5 - Collège Risso - Nice Le feu sacré - «Maman, Maman je sais ce que je veux faire - Ça y est - J ai trouvé! Je serai pompier comme papa! - Mais ça va mal? Mais quelle idée! Franchement tu te vois faire ça? C est un métier d homme! Toujours le même refrain. Combien de fois ai-je entendu ce genre de réflexion? Comme si au 21 e siècle les métiers étaient toujours liés au sexe de la personne qui les exerce. Mais il faut que je vous raconte ce qui s est passé avant pour que vous compreniez. Quand on est en troisième, il faut choisir une orientation, savoir ce que l on veut faire plus tard. Pour moi c est très difficile et je n ai pas comme certains une vocation depuis l enfance. Je me suis documentée, j ai pris rendez-vous avec la conseillère d orientation, j ai discuté avec mes parents, j ai fait des tests pour mieux connaître mes goûts, mes qualités, mes défauts. En plus, étant étrangère, je suis plus âgée que mes camarades, car j ai dû prendre en route une scolarité en français. Je dois donc à mon âge avoir une idée du métier que je souhaiterais exercer plus tard. Eh bien non! Pas vraiment. Alors j ai regardé autour de moi. Que faisaient les membres de ma famille? C est vrai qu au début, quand je réfléchissais à mon avenir, je me voyais plutôt travailler comme maman qui est médecin. Moi, j aurais voulu être dermatologue. Tout ce qui touche aux soins de la peau m intéresse. Mais bon, je ne pense pas qu ici en France je vais pouvoir faire médecine avec mon niveau de français. Ensuite, j ai pensé à esthéticienne, ce n est pas la même chose, mais c est quand même dans le domaine de la beauté et on «soigne» aussi d une autre façon. Après mon stage de 3 e à la réception d un hôtel, j ai voulu faire de l accueil. Là, au moins le fait de parler plusieurs langues est utile! J ai adoré ce stage. Mais une fois revenue au collège ma vocation de réceptionniste a diminué. Voilà, j avais quelques idées mais rien de bien précis et surtout rien de 8

définitif! Médecin, esthéticienne, réceptionniste, ce n est pas les mêmes formations. Et puis j ai pensé à papa. Avant de venir en France il était pompier-secouriste. Question action on est servi, mais c est loin du domaine de la beauté. Quoique 1à aussi on «soigne», et surtout on aide, on porte secours. Ça me plaît. Voilà c est décidé je serai pompier? Ou pompière? Ce n est pas terrible. Femme pompier ça sonne mieux. D ailleurs il y a déjà des femmes dans ce métier. Nous revenons donc au moment où je l annonce à maman. Maman est médecin, elle sait ce que c est que de secourir les gens. - Oui! Mais Leila ce n est pas la même chose, je ne vais pas éteindre un incendie, je ne vais pas sur les lieux d un accident, on m amène les malades. Tu n es pas très forte, ni très sportive en plus. Bon on arrête de discuter. Ma mère ne comprend rien. Je pense alors à mes copains Lolita et Lucas, avec qui j ai déjà parlé de mes projets et qui eux, me comprennent. Ma meilleure amie s appelle Lolita. Elle n est pas comme les autres filles. C est un garçon manqué, comme on dit. Encore que je déteste ce terme. En quoi une fille qui préfère avoir des amis est-elle un garçon raté? Qu est-ce que ça veut dire? C est péjoratif. Elle est une fille, point final! Elle s habille comme un garçon : le tee-shirt sale, le short déchiré, la casquette sur des cheveux courts. Voilà que moi aussi je m y mets... Elle s habille comme elle veut après tout. Elle m a raconté que quand elle avait 13 ans elle avait vu des femmes manifester dans la rue contre le «patriarcat» dans le monde. Depuis ce jour-là elle s est promis de ne jamais se sentir inférieure aux hommes. Au collège je leur avais donc parlé de ma décision de devenir pompier. J étais énervée! Non mais franchement! Je ne sais pas, moi, pourquoi tout le monde me dit que je ne peux être pompier, ou pompière? Il faut que je vérifie dans le dictionnaire un de ces jours. Ils disent que ce n est pas un travail pour les femmes. - T inquiète pas m avait dit Lucas. A moi ils disent la même chose quand j annonce que je voudrais être manucure - mes parents ont cru que j étais 9

homosexuel - tu t imagines! Alors, si tu choisis un métier qui est soi-disant réservé aux femmes, tu es homo? Non mais c est n importe quoi! Loulou et moi on est d accord à cent pour cent avec toi, avons-nous dit en chœur! Lui c est Lucas Dartonian. Mon meilleur ami et l ami d enfance de Lolita. Ils se connaissent depuis la maternelle et je sais que Lolita en est secrètement amoureuse. Penser à Lucas et Lolita m a redonné des forces. Je retourne au combat. J explique à maman que Lucas veut être manucure. Maman éclate de rire! Lucas? Celui que je connais? Alors là c est le monde à l envers. Toi tu veux être pompier et lui manucure, enfin «technicien ongulaire» pour être exact! Elle appelle papa et lui raconte tout. - Manucure? Mais c est bizarre! Les hommes ne doivent pas faire des métiers de femmes. Mais où va le monde? Avec papa c est pire qu avec maman! Un sentiment de révolte s empare de moi : on va casser ce système, le changement, ils vont en entendre parler! Peut-être qu il y a des métiers difficiles à faire quand on est une femme et des métiers qu on n imagine pas un homme en train d exercer. Mais où est le problème? Il faut aller de l avant et changer les mentalités. Je ne suis pas la plus sportive et la plus costaude (vous voyez au féminin, cet adjectif n est pas très employé) mais je suis capable d y arriver, même si ce sera dur, parce que je vais faire ce que mon cœur me demande. On dit chez nous en Russie qu il faut changer quelque chose de vieux pour avoir quelque chose de mieux. Et je vais le faire! Au fait vous voulez savoir quel métier a choisi Lolita? 10

Naoufel EL ASRI-CHARED - 3 e 4 - Collège Les Jasmins - Grasse Cela fait des mois, voire des années, que les adultes (parents, professeurs et autres) nous radotent à longueur de journée qu il faut penser à notre avenir. Cette chère phrase : «Tu veux faire quoi quand tu seras grand?» est devenue la phrase la plus populaire lors des discussions sur l avenir. Quel enfant, de tout temps, peut affirmer ne pas avoir déjà entendu cette phrase?! Quelques années passent, et, en troisième, le conseiller d orientation fait son entrée dans notre vie. Un nouvel intervenant, soit dit en passant fort agréable, mais peu convaincant, dit nous connaître, et souhaite nous aider à nous projeter dans un avenir construit pour nous. Alors, poliment, on l écoute. Une nouvelle démarche, bien à la mode également, veut que le collège invite des entreprises, au sein de l établissement, à venir partager avec nous la passion qu ils ont pour leur métier. Cependant, il serait plus approprié que ces sociétés nous convient dans leurs locaux pour que nous puissions nous imprégner réellement des différents métiers et du vécu de chacun des salariés dans leur métier. Cette démarche pourrait se concrétiser par la possibilité d effectuer tout au long du cursus collège, plusieurs stages par an, afin de découvrir réellement l éventail de ce qui existe, afin de trouver notre passion pour un métier. Cependant, on doit se contenter des directives imposées qui souhaitent que notre année scolaire, normalement dédiée à la réussite du brevet, soit également celle où nous devons faire un stage en entreprise qui comptera dans la note du brevet. Une autre question se pose : on n a pas toujours le temps de trouver un stage qui nous intéresse, de ce fait on prend la première opportunité qui se présente ou nos parents nous obligent à aller chez leur ami avocat ou notaire et finalement, on est déçu et on n a rien gagné. 11

Il faudrait que le collège puisse s associer en partenariat avec des entreprises pour établir un catalogue de stages intéressants et que nos professeurs orientent et proposent les collégiens en fonction de leurs aptitudes. Pour bien nous aider à nous sentir concernés, on en arrive même à nous proposer des entrées gratuites dans les salons de l étudiant ou autres congrès destinés à répondre à ce besoin : celui de nous aider à trouver notre métier. Le collège que je fréquente a décidé, sur la base du volontariat, de nous inviter à faire une sortie à Nice pour aller au salon de l ONISEP. Un sigle très compliqué et difficile à retenir mais qui signifie : «Découvrir les métiers»! Bien que je n aie toujours pas compris pourquoi il est aussi important pour nous, ados, de devoir y penser maintenant, car on est bien chez papa-maman, je me suis senti concerné et après tout, pourquoi pas! Cela me fera une sortie avec les copains! Personnellement, j ai trouvé ma voie et j y travaille très sérieusement, je serai gardien de football professionnel. Ce matin là, donc, un cahier en main et un stylo en poche, me voici parti pour Nice. Dans le bus qui nous transporte, le conseiller d orientation nous agace avec son nouveau concept sur les métiers d hommes pour les femmes et de femmes pour les hommes. On a bien ricané quand il nous a parlé des hommes sage-femme et des femmes camionneurs! J ai du mal à imaginer ma sœur avec sa french manucure et du cambouis jusqu aux coudes, en train de réparer ma future voiture! Ou mon frère en train de changer des couches dans une maternité! En arrivant sur l esplanade, il y a un monde fou. On aurait cru un rassemblement pour une manifestation. Je suis impressionné par tant de gens en quête de leur avenir! Je pense même que ces gens sont là, soit parce qu ils sont très inquiets de ne pas savoir quoi faire plus tard, soit par hasard! Je distingue trois populations, les gens qui viennent par curiosité, ceux déterminés à trouver leur voie, et ceux qui sont là par obligation. 12

Curieux, je me suis convaincu qu il fallait tout de même entrer dans cette énorme salle pour y découvrir et visiter les stands. A peine entré dans cette cage, je ne vous cache pas que je me suis mis à chercher le seul stand qui aurait un lien avec le monde du football. Je fais un premier tour d horizon, ma première impression : trop de bruit, de bousculades, de vacarme, de couleurs, les gens ne s entendent pas parler. C est fatigant, épuisant. Je ne comprends pas pourquoi, les organisateurs n ont pas prévu au tout départ des plénières pour nous expliquer et détailler tous ces métiers, leur organisation, et la répartition des stands dans la salle. Vue de haut, la salle ressemble à une fourmilière, avec énormément de fourmis égarées parmi ses stands collés-serrés. C est barbant, aucun stand n a prévu de démo, c est dommage, surtout à l ère d internet. Par contre, bravo pour notre couche d ozone! On nous a distribué énormément de brochures, il y en a tellement, on ne sait plus où les mettre, on en perd, ils auraient pu nous offrir une sacoche de bienvenue avec leur sigle pour les ranger! De plus, afin de repérer nos stands, cela aurait été plus simple si les intervenants étaient vêtus en rapport avec le métier qu ils présentent. Il aurait été plus simple de nous diriger directement vers les métiers qui nous intéressent au lieu de créer des engorgements, perdre du temps à demander : «Il présente quoi, lui?». En pleine réflexion, mon regard est comme attiré vers un stand isolé au fond de la salle, je vois de loin des petites maquettes de terrain de football, des gants de gardien et divers matériaux footballistiques. Heureux de retrouver quelque chose de familier dans toute cette confusion, je me précipite vers ce stand. De loin je vois une silhouette frêle, d une certaine élégance, les cheveux coupés court. A peine arrivé au stand, je l interpelle : «Bonjour Monsieur». La personne se retourne, mon souffle se coupe. «Désolé, je me suis trompé de stand!» lui dis-je en amorçant un demi-tour. La dame, car c est une dame, s approche de moi, malgré mon air surpris et déçu, elle se présente en tant qu Ingénieur de matériaux de revêtements de sol, ballons En ce moment, elle travaille sur de nouvelles configurations de pelouses pour terrain de football. Ses études portent sur une 13

meilleure adhérence afin d éviter que des joueurs ne se blessent et pour que la chute soit amortie. Intéressé par son dynamisme, j oublie qu il s agit d une femme et nous avons, curieusement, une discussion sur les besoins d améliorer l impact du gardien sur la pelouse, la possibilité de créer un matériel qui soit aussi capable d amortir le choc des projectiles lancés par les supporters inconscients sur le terrain Je passe tout le restant de la visite avec cette dame, buvant ses paroles et argumentant avec elle. Quelle femme! Je suis conquis, elle en sait bien plus long que je ne peux l imaginer sur tout l environnement foot, beaucoup plus que bien des entraîneurs ou des dirigeants de club! Elle doit vraiment vivre auprès de «footeux», elle a dû être adoubée par le roi de la FFF (Fédération Française de Football) pour connaître de l intérieur tout ce qu elle sait! Devant tant de complicité entre nous, la dame me propose de venir la rencontrer sur son lieu de travail. Elle est convaincue que mes capacités, mon expérience, mon enthousiasme l aideraient dans ses recherches. Quant à moi, je suis sûr que notre collaboration sera une réussite, tant nous sommes complémentaires. Monde du Foot, attention nous voilà! Il faut vraiment une femme et un homme pour faire un monde! Même dans un monde sexiste comme celui du football! A présent, à ma plus grande surprise et contre tout préjugé, je crois encore que mon début de carrière sera de devenir le meilleur gardien de but de toute l histoire et évidemment champion du monde! En attendant, je garde une grande place pour mes études car je serai aussi un ingénieur engagé et passionné par l amélioration des conditions de jeu pour mes successeurs footballeurs. Ainsi, je ferai toujours partie du monde du football, mais en coulisse. 14

Marie MANARA - 3 e - Collège Jean Médecin - Sospel Moi c est Johanna, Johanna Lésiri. J ai 14 ans, et 15 dans une semaine! Je suis en 3 e, dur dur, le brevet et l orientation Surtout que je ne sais pas quoi faire, ou plutôt je ne savais pas. Mais bon, assez parlé de ça! Je suis blonde, ni grande, ni petite. J ai les yeux marron, et mon style de vêtements est assez coloré d après les autres élèves de mon collège. Je suis très sportive : danse, équitation, foot j aime à peu près tous les sports en fait. De caractère, je me définirais plutôt comme impulsive, attentive, sympathique, amicale, protectrice, énormément créative, et surtout fan de mode! Au moment où je vous parle, nous sommes le 23 Avril 2015. Il faut que j aille au conseil de ma classe, je suis déléguée! Il est 17h. Je pars de chez moi, marche pendant 10 minutes. En chemin, j aperçois un homme, habillé en orange, «Lui aussi il est coloré!» me suis-je dit. Après 1h30 de conseil, je retourne enfin chez moi. Je vous passe les détails, maman en train de faire sa manucure qui me souffle un «coucou» et papa qui lit son journal. Très banal. Lorsque j arrive dans ma chambre, je trouve un cadeau posé sur mon lit. - Pourquoi y-a-t-il un cadeau? Mon anniversaire n est que dans une semaine! Je m approche, et vois marqué dessus «De papi et mamie, qui t aiment très fort!» Je l ouvre, et je me rends compte que c est une belle tenue orange, un peu comme celle de l homme tout à l heure! Je me glisse dedans, et vais me montrer à mes parents. - On dirait une citrouille comme ça! dit mon père. Ne prenant pas en compte sa remarque stupide, je retourne dans ma chambre, je me douche, nous allons manger, puis je vais me coucher. - Allez Johanna, sur le chantier, tu es le chef je te signale! - Je sais, j arrive Gary! 15

- Allez, fais quelque chose de bien pour une fois! - Tu sais très bien que si je n en avais pas les capacités je ne serais pas chef de chantier, alors arrête. Lui, c est Gary, Gary Collins. Cela fait deux ans que je travaille avec lui, et deux ans qu il me mène la vie dure, voire pire. Il ne m aime pas, sous prétexte que je suis une femme, et que chef de chantier est un métier d homme. Mais j ai l habitude. Lors de ma formation, j étais la seule fille, sur vingthuit élèves de ma classe. J étais un peu comme la «victime» des garçons : harcèlement, bizutage Mais je n ai jamais perdu mon objectif de vue, et même si Gary me rend la vie dure, je n en tiens pas compte. Aujourd hui, je dois aller sur le terrain et prendre les mesures pour un immeuble de huit étages. Après trente minutes de route, je prends les mesures avec mes employés, et nous envoyons les informations nécessaires à notre architecte, elle aussi une femme. Toutes mes journées sont très remplies, mais j aime mon métier, c est bien plus que quelque chose qui me fait vivre, c est ma passion. - Allez Johanna, debout! me crie maman. - Maman J ai fait un rêve très étrange, j étais chef de chantier figuretoi! - Oui, oui, très bien, mais prépare-toi vite, tu dois aller au collège je te rappelle, tu dois décider de ton orientation aujourd hui! Après m être habillée, je pars en cours. Je me retrouve devant la feuille d orientation, et je n arrive plus à écrire. Pourtant, je devais me lancer dans une seconde générale, puis une première S. Mais je n y arrive pas. J ai été informée, par un ami, que pour être chef de chantier, il fallait aller en Bac Pro Travaux Publics, ce qui n était pas mon premier choix à la base. Mais je le sais, c est ça que je veux faire! En premier choix, je mets donc seconde générale, mais en deuxième, je mets également le Bac Pro Travaux Publics. Une semaine plus tard, les résultats arrivent enfin! Je ne suis pas acceptée en seconde générale, mais en Bac Pro oui! - Si ce n est pas le destin, je ne sais pas alors! me dis-je. 16

Aujourd hui, j ai 27 ans. Je suis bel et bien chef de chantier, mariée, et je m épanouis vraiment dans mon travail. Mes études n ont pas toujours été faciles, mais j ai enfin réussi, je suis respectée, et j ai vingt-cinq employés à mon actif. Je ne remercierai jamais assez mon subconscient pour ce rêve extraordinaire, j ai enfin trouvé ma voie, et pour toujours. 17

William MINGERS - 3 e - Collège Jean Médecin - Sospel Mon Premier Jour C est mon premier jour. Il est aux environs de neuf heures trente. Je suis assise dans le RER. Le paysage défile à toute vitesse. Je le regarde sereinement passer. Il y a deux semaines, une employée de Pôle Emploi avait téléphoné ; le patron d un petit garage de la banlieue parisienne cherche un nouveau mécanicien. Une semaine plus tard, je passais mon entretien d embauche, avec brio, je dois bien l avouer et mon futur employeur me demanda si je pouvais commencer le lundi suivant. Cela faisait un an que j attendais d avoir un travail. Je lui répondis donc que ce serait avec joie. La mécanique m a toujours passionnée. Mon père avait une vieille R5 qui tombait toujours en panne et, comme on n était pas très riches, il la réparait souvent lui-même. Je le regardais alors faire, assise devant la voiture. Quand j eus sept ans, il me proposa de l aider. Au début, je ne lui donnais que les outils, puis, très vite, je commençai à moi-même mettre les mains dans le cambouis. Cela révéla en moi une véritable passion. Je fis donc des études en mécanique et à dix-huit ans je décrochais un bac pro mécanique. Aujourd hui j ai dix-neuf ans et, jusqu à il y a deux semaines, je recherchais un emploi. Cet emploi, je suis en train de m y rendre. Une voix retentit dans le train, je crois que c est mon arrêt. Un coup d œil sur la note que j avais prise la semaine précédente et j en suis sûre. Une dizaine de minutes de marche plus tard et j arrive devant le garage en question. C est un petit bâtiment dont la façade est constituée d une grande porte, en l occurrence ouverte. A l intérieur, trois personnes s affairent sur les différentes voitures démontées en petits morceaux. Mon employeur en fait partie. Je l appelle, il lève la tête et m aperçoit. «Nathalie! s écria t-il». Excusez-moi, je crois que j ai oublié de préciser un détail qui, je pense, va avoir une influence relativement importante sur la suite des évènements : je suis une femme. Mon employeur me dit d entrer, les deux autres mécaniciens s arrêtent de travailler et me regardent, interloqués. «Voici votre nouvelle collègue, 18

leur dit-il». Je sens comme une sorte de malaise s installer. «Nathalie, je vous présente Jean et Simon, vos collègues. Je suis sûr que vous vous entendrez bien avec eux. Bon, pour commencer, vous allez me changer le pneu arrière droit de cette voiture. Je viens vous voir lorsque vous avez fini». Il se retire dans son bureau. La voiture est déjà sur le pont et je n ai plus qu à démonter la roue et changer le pneu. Pendant que je m exécute, les deux autres mécaniciens me regardent en riant. Voyant que j ai fini, mon employeur sort de son bureau et vient me voir. «Dorénavant, vous aiderez Jean et Simon. Mais pour l instant allez tous déjeuner, nous verrons ça après manger.» Je n ai guère envie d aller manger avec mes collègues. Je sors donc jambonbeurre de mon sac et vais m installer sur un banc à côté du garage. J entends les deux autres qui parlent de moi en m appelant le garçon manqué. Ils sont en train de rire de moi. J essaye de penser à autre chose mais, n y arrivant pas, je finis rapidement mon sandwich et rentre dans le garage. Je rejoins les deux mécaniciens qui ont entre-temps eux aussi fini leur repas. Ils me montrent la voiture sur laquelle ils sont en train de travailler. Je les aide pendant tout l après-midi même s ils me confient principalement des tâches ingrates. Vers trois heures, j entends un bruit qui ressemble au bruit de mon réveil. Tout à coup, j ouvre les yeux. Me voilà à nouveau dans la peau de la Nathalie de quinze ans, un lundi matin à sept heures, avant d aller au collège. J ai effectivement une passion pour la mécanique. J ai un rendez-vous avec la conseillère d orientation cet après-midi. J y ai d ailleurs pensé hier toute la journée. Mais ce rêve accroît mon envie de devenir mécanicienne et de me battre pour montrer qu on n a pas besoin d être un homme pour pouvoir faire de la mécanique. 19

Justine COTTA - 3 e - Collège Jean Médecin - Sospel Mon Rêve On m appelle souvent par mon surnom «Juju» mais je m appelle Justine. Beaucoup disent que j ai un caractère de feu mais que je suis aussi une fille très sensible et qui sait écouter les autres. J ai toujours habité à Sospel et je ne veux jamais en partir car tous mes souvenirs sont dans ce village, dont un très important pour moi ; l année de mes dix ans, mon grand-père paternel est mort et il tenait beaucoup à une vieille 2 CV. Alors mon père a décidé de la rénover. Je passais donc mes week-ends à l aider les mains dans le moteur avec l objectif de la finir pour que mon grand-père soit fier de moi. A 16 ans mes parents rêvaient pour moi de grandes études mais moi, je ne rêvais que d une seule chose : devenir mécanicien... J ai fini par les convaincre et à 18 ans je décrochais mon bac pro mécanique avec mention. Quelle fierté! J ai cherché un emploi dans plusieurs garages mais la plupart ne m acceptaient pas, ils disaient qu une femme est moins performante qu un homme. Mais au bout de deux mois de recherche, le garage MR Mécanique à Nice m a engagée. Les premiers mois furent très difficiles car je devais supporter les regards mal placés et les moqueries de mes collègues masculins comme «Attention tu vas te casser un ongle» ou «Surtout fais attention de ne pas te salir» mais toutes ces remarques, je ne les écoutais pas car je ne pensais qu à réussir le métier que j avais toujours voulu faire. Je devais apprendre à me débrouiller seule car mes collègues ne me prenaient pas au sérieux, tout comme les clients du garage qui ne me faisaient pas confiance. Au bout de quelque temps j ai sympathisé avec le plus jeune de mes collègues, Loïc, qui a reconnu mes capacités et me conseillait à ses clients habituels. A son tour il dû faire face aux remarques comme «Qu est-ce qu elle t a promis en échange de ton aide?!». Nous étions plus forts à deux et les remarques ne nous atteignaient plus. 20

En quelques mois notre persévérance et notre envie d y arriver ont payé ; les clients nous réclamaient et mes collègues ont dû avouer que j étais un vrai et bon mécanicien même si j étais une fille dans un métier qui est habituellement masculin. Notre amitié s est peu à peu transformée... Quelques années plus tard nous avons ouvert notre propre garage à Sospel ; JU-LO mécanique... Mon réveil sonne, je suis dans mon lit, j ai 15 ans, je suis en 3 e et ce n était qu un rêve! Mais maintenant je sais que c est possible et je vais me battre pour faire le métier que j aime, même si je suis consciente que ce ne sera pas facile. 21

Carla PIERRON - 3 e - Collège Jean Médecin - Sospel Après trois ans de bac professionnel dans le bâtiment et un an de formation dans une entreprise, je vais enfin réaliser mon rêve, celui d être maçonne. Pendant ces quatre ans j ai vécu des choses qui m ont beaucoup marquée : j ai eu beaucoup de mal à trouver ma place dans ce milieu car j étais la seule fille de la classe, j ai souvent entendu qu une femme n était pas assez forte physiquement, les hommes se moquaient beaucoup de moi à cause de ma petite taille, j ai dû réaliser des travaux très lourds, qui étaient plus compliqués pour moi physiquement, sans demander d aide à personne, par fierté. Mais aussi des choses fascinantes. Ce qui me plaît dans ce métier c est d arriver grâce à ses mains à construire une maison et donc pouvoir réaliser le rêve d une personne d une famille. De ne partir de rien et d arriver à quelque chose de superbe, d apporter du bonheur aux gens. Mais surtout ce qui me plaît le plus, ce qui me fait rêver est de pouvoir un jour peut-être, avoir la fierté de construire ma propre maison. Je ne peux pas dire que mes études se soient bien passées, beaucoup de gens disaient que je n avais pas ma place ici, que je ferais mieux de partir dans un univers plus féminin. J ai souvent voulu abandonner mais ma passion pour la maçonnerie a pris le dessus et toutes ces épreuves m ont rendu plus forte. Maintenant c est autre chose, je vais essayer de trouver du travail. Il y a une semaine, j ai posté une demande d emploi dans une entreprise. J attends la réponse avec impatience. Tout à coup, ma mère entra dans la cuisine et me remit une lettre. Je venais de recevoir ma première convocation pour un entretien d embauche. Le lendemain j étais très anxieuse je me demandais : «Mais que vont-ils penser de moi, vont-ils être comme les autres, exigeants, stricts?» Plein de questions me passaient par la tête mais je pris mon courage à deux mains, je me mis en route. Et voilà, j étais devant l entreprise, je sonnais et pris ma respiration. 22

Personne n ouvrit la porte. J attendis cinq minutes puis on m ouvrit, il s agissait du patron de l entreprise. Il me fit entrer et me dit : «Bonjour, alors pas trop peur de te casser un ongle? tu sais, ici tu vas bosser!» Sur le coup j étais un peu choquée de la façon dont il s adressait à moi mais je répondis presque sans hésitation : «Mais non pas du tout, je suis prête à n importe quoi pour exercer ce métier». Il s exclama : «Ah, ça tombe bien, même très bien, demain on commence à huit heures je compte sur toi, à demain» Et il partit, n ayant même pas pris le temps de me poser des questions. J aurais pensé qu il aurait voulu apprendre à me connaître, mais non, même pas. Je partis assez rassurée de cet entretien mais en même temps très intriguée. Pendant un an, j ai travaillé dans cette entreprise, je ne pensais pas que les femmes étaient autant dévalorisées que ça. En fait le patron m avait employée en tant que manœuvre et non pas en tant que maçonne. Pendant un an j ai fait uniquement des travaux physiques : porter des seaux de trente kilos, des sacs de plâtres de quarante-cinq kilos Je travaillais beaucoup plus que les autres et recevais un salaire plus bas, je n avais pas de voiture de fonction, comme les autres maçons, le patron me traitait comme une moins que rien. Par manque de moyens j ai résisté et suis restée en essayant de récolter tous les mois de l argent pour créer ma propre entreprise. Eh oui, moi Nadine, petite taille, maçonne, et en plus patronne. Dans mon entreprise, il y a autant d hommes que de femmes car je pense que les deux se complètent comme dans la vie en général. J avoue que pour une femme les travaux physiques sont très durs et même quelque fois, impossibles. Mais ce n est pas pour ça qu une femme ne peut pas être maçonne, au contraire, dans les finitions elles sont parfois meilleures que les hommes. Par exemple pour la précision. Elles possèdent bien d autres qualités très minutieuses, elles font preuve de beaucoup de goût et d énormément d imagination. 23

Alors les hommes, les femmes : des individus bien différents mais qui sont faits pour se compléter autant physiquement que mentalement. 24

Halima EL HAMDANI - 3 e F - Collège Jules Ferry - Hyères - Bonjour je me présente, je m appelle Halima, et j ai 14 ans. Ma passion? C est le bricolage, et la mécanique! Depuis que je suis toute petite, c est toujours moi qui maintiens les objets en bon état ; de la simple petite voiture, jouets, télécommandes, jusqu aux vélos, et bientôt l automobile j espère, je sais tout remettre en place! Je ne suis pas ce genre de fille, qui s inquiète pour ses vêtements, chaussures... Je suis plutôt cette fille, indépendante, qui fabrique des petits robots, et qui s intéresse au merveilleux monde de la mécanique. Depuis quelques temps, mes résultats sont très moyens à l école, et comprenez-moi, la mécanique est la seule passion qui m aide à supporter ces moments de détresse, c est très réconfortant pour moi. Quand je passe en voiture devant des garages automobiles, j ai cette forte sensation de vouloir y entrer, de découvrir plein de choses avec ces professionnels, qui prennent des roues, soulèvent les capots, inspectent la voiture, font des bilans sur l état de l automobile lors du contrôle technique... Je le sens, ce métier est fait pour moi! Mais seulement voilà, depuis que j ai annoncé aux membres de ma famille que je voudrais faire mon stage dans un garage pour approfondir mes connaissances et en faire mon futur métier, ils sont devenus tout blancs, et sont restés la bouche grande ouverte. Ce que je peux dire, c est que ce n était pas la réaction à laquelle je m attendais, ils ont commencé à me jeter les pires moqueries, et les pires clichés, du genre : - «Quoi? Mais tu es complétement folle, la mécanique, c est pour les garçons!» - «Une passion reste une passion, pas plus» - «Une femme mécanicienne, bah voyons, il faudrait que les femmes sachent déjà conduire pour pouvoir réparer!» 25

Mais que ces clichés sont ridicules, en plus d être sexistes!... C est un peu comme «le rose pour les filles, et le bleu pour les garçons», «les poupées pour les filles et les robots pour les garçons». Après tout, ne sommes-nous pas libres d aimer ce que l on veut? Mais en y repensant, une personne aurait-elle confiance envers une femme qui bricolerait sur sa voiture? Tout de même, le secteur mécanique est majoritairement masculin! Comment les Hommes prendraient-ils la venue d une femme parmi eux? Auraient-ils un comportement sexiste envers ma petite personne ou me considèreraient-ils comme une camarade? J aimerais bien le savoir. Quelle société cruelle, vivement que les mentalités changent! 26

Léa ARLIX - 3 e F - Collège Jules Ferry - Hyères Pilote de ligne Bonjour, je m appelle Léa et depuis toujours je rêve de devenir pilote de ligne. J ai grandi autour des avions car mon père est lui-même un aviateur dans l armée de l air. Mais ce métier n est pas accessible aux femmes car les responsables disent qu il faut de la rigueur, du courage et de la concentration dans ce travail. Comme si une femme n était pas rigoureuse, courageuse et concentrée! Chaque jour je me bats pour que les écoles d aéronavales m acceptent mais elles refusent. Mon père trouve que c est incompréhensible de ne pas accepter qu une femme puisse faire le métier qu elle veut. Lorsque j étais petite, mon père m emmenait souvent à l aérodrome de la Molle car il possède un planeur. Il me mettait sur ses genoux et m apprenait les bases du métier. Il me disait avant de décoller de toujours établir le plan de vol en prenant en compte la météorologie, le trajet avec ses particularités ou ses difficultés. Il faut calculer, en fonction du poids de l avion et de la destination, la quantité de carburant. Mon père me faisait toujours vérifier si tout était en ordre et après cela, je me plaçais à côté de lui, nous mettions notre casque et vérifiions encore une fois si tout était en ordre puis nous disions «Attache bien ta ceinture» et «Prêt à décoller!». Mon père appuyait alors sur les boutons pour démarrer et on avançait sur la piste d atterrissage avant de prendre de l altitude. A ce moment-là, je regardais par la fenêtre la Terre vu du ciel, les champs s étandaient à perte de vue jusqu à la Mer Méditerrannée. Quand je regardais mon père il était concentré et regardait devant lui comme un soldat se préparant à aller se battre contre les ennemis. À haute altitude mon père relâchait l accélerateur et nous planions et puis il enchaînait looping sur looping. Il me racontait qu un pilote doit savoir agir avec sang-froid, avec rapidité lors du décollage, du vol et de l atterissage. Mais j ai grandi et je compte passer mon permis d aviation et même si la femme n est pas autorisée dans ce milieu, je me battrai jusqu au bout pour un jour assouvir ma passion. Mais les études sont longues, il y a des formations tout au long de notre carrière. Être aviateur est très difficile, nous passons des nuits blanches, nous devons faire face aux décalages horaires et nous sommes aussi souvent sous pression à cause de la sécurité des passagers. 27

Avant d accéder à mon futur métier, je dois réussir des formations pour entrer dans l école nationale d aviation civile (ENAC), c est une école très sélective dans laquelle nous pouvons devenir soit pilote d avion, soit pilote professionel. Pilote professionel est beaucoup plus créatif et plus intéressant car nous exerçons dans plusieurs secteurs comme les photographies aériennes, le tirage de banderoles publicitaires en été et le largage de parachutistes. Mon père, lui, apprend aux élèves, les instructions dans les aéroclubs. J en fais moi-même partie. Pour accéder à ma passion, je dois, pendant de longues années, voyager en tant que co-pilote accompagnée d un professionel qui m apprend tous les risques du métier et toutes les techniques possibles. Vingt ans plus tard, je suis enfin pilote professionelle après tant d années de persévérance, je suis la plus heureuse! Il faut suivre son rêve et ne jamais douter de ses choix car on finit toujours par y arriver! 28

Meryl BOINET P. 2 Patricia MONTEIRO DE PINA P. 5 Leila DOKHTOUKAEVA P. 8 Naoufel EL ASRI-CHARED P. 11 Marie MANARA P. 15 William MINGERS P. 18 Justine COTTA P. 20 Carla PIERRON P. 22 Halima EL HAMDANI P. 25 Léa ARLIX P. 27