«14-18» UNE Exposition numérique, interactive et multilingue
L Institut français met à la disposition du réseau une exposition interactive, associant support papier et numérique, et consacrée à la Première Guerre mondiale. Destinée à faire écho jusqu en 2018 aux multiples événements qui, dans de nombreux pays, marquent la commémoration de la Grande Guerre, l exposition numérique «14-18» met l accent sur la dimension internationale du conflit, à travers de très nombreuses archives. L exposition «14-18» est basée sur une technologie que l Institut français a expérimentée avec succès en 2013 pour l exposition «Albert Camus». Associant support physique et contenus numériques, le dispositif se compose d une fresque de 13 affiches, organisées en 6 compositions graphiques de 90 cm x 1,40 m. Le projet, réalisé par l Institut français, a été coproduit avec l Aefe et la Mission du Centenaire.
Les affiches sont ponctuées de QR Codes. En activant chacun de ces codes (au travers d une application dédiée, téléchargeable gratuitement), le visiteur peut accéder sur son smartphone ou sa tablette à des textes et à une vaste sélection d archives commentées, images, documents sonores, vidéos, objets 3D. Libres de droits dans leur quasi-totalité, ces contenus peuvent également être partagés et exportés, notamment pour un usage pédagogique.
L exposition propose également aux visiteurs un module interactif, permettant de réaliser et de poster leur propre composition virtuelle de documents d archives. Ce module recueillera ainsi les témoignages et les regards des visiteurs du monde entier. Le format de cette exposition est particulièrement adapté à une diffusion multilingue. Trois traductions sont d ores et déjà lancées : versions allemande, anglaise et espagnole. Les postes qui souhaiteraient développer d autres traductions sont invités à prendre contact avec le Département Langue française, livre et savoirs, qui peut contribuer à la prise en charge des frais techniques.
Entretien avec Anaïs Kien, historienne et documentariste, commissaire scientifique de l exposition. Parmi les nombreuses initiatives auxquelles le Centenaire de la Grande Guerre a donné lieu, qu est-ce qui fait la particularité de l exposition «1914-1918»? Nous sommes partis d une ambition simple: puisque l exposition a vocation à être montrée dans le monde entier, et puisque le format numérique permet de s affranchir des barrières linguistiques, nous avons cherché à montrer en quoi la Grande Guerre est, au sens strict, un conflit mondial. Il faut rendre à l expression «Première Guerre mondiale» tout son sens, ou plutôt ses multiples sens : mondiale, la guerre qui commence en 1914 l est bien sûr parce qu elle implique des combattants des cinq continents, et se déploie sur de multiples fronts. L essentiel des opérations terrestres se déroule sur le front occidental et le front oriental mais on se bat également en Afrique, en Asie, dans les pays arabes, la guerre sous-marine et les progrès de l aviation donnent également une ampleur inédite à ce conflit. Mais la Grande Guerre est également mondiale parce qu elle découle d une situation géopolitique globale ; elle reprend, prolonge ou fait dévier de multiples conflits - des guerres des Balkans à la guerre américano-mexicaine ou aux guerres coloniales. Enfin, cette guerre est mondiale parce qu elle va accoucher d un monde nouveau, où prendront place les conflits du XX e siècle : pensons aux décisions prises dans l urgence des combats, les accords Sykes-Picot et la déclaration Balfour, les promesses non tenues à l Italie, le refus d insérer dans la charte de la SDN l égalité des races... toute une série d aveuglements politiques qui pèseront lourd sur l avenir du monde. La Grande Guerre ne fait pas seulement tomber quatre empires (ottoman, russe, allemand, austro-hongrois) : ses conséquences s étendent sur toute la planète, et même les pays neutres n y échappent pas. Réunir ces multiples aspects au sein d une même exposition pose, on l imagine, de nombreux problèmes scientifiques... Bien sûr, tout récit historique, implique un choix et une sélection. Chaque délégation présente à la Conférence de la Paix en 1919 aurait mérité que l on en parle mais nous avons choisi de montrer le document dans lequel la délégation japonaise formule sa demande d une clause d égalité des races dans la charte de la SDN, demande qui a été refusée. Cela permet de montrer l impensé colonial à la sortie de la guerre. Mais proposer une histoire mondiale de cette guerre suppose aussi de se confronter à la disparité des données disponibles selon les pays et les continents. Les archives et les informations dont nous disposons varient beaucoup, selon les préoccupations des États pendant et après la guerre. Par exemple, compter et connaître le nombre de morts n a pas eu le même sens en France, où les combats ont eu lieu et où des classes d âge entières ont été décimées, et au Brésil, où la participation au conflit de troupes par ailleurs peu nombreuses a soulevé des questions liées à la composition et à la cohésion nationales du pays. En faisant voisiner ces mémoires différentes, ce que l exposition donne à voir, c est à la fois l unité de l événement et la diversité des regards portés sur le conflit, dans la configuration politique nouvelle qui est sortie de la guerre. À leur manière, les lacunes et les inégalités de l archive sont aussi des témoignages historiques. Même la chronologie du conflit se trouve compliquée, si on l aborde à l échelle mondiale... En effet. Les combats se poursuivent après 1918 : par exemple les frontières du nouvel État polonais ne seront ainsi fixées qu en 1921 après une paix signée avec la Russie soviétique, des médailles du souvenir britanniques mentionnent une «Great War 1914-1919». L exposition est organisée en fonction de bornes chronologiques conventionnelles qui nous permettent de proposer des repères mais aussi des points de départ sans volonté de «clore» l histoire. Les temps forts de commémoration diffèrent d ailleurs aussi selon les pays : l Australie et la Nouvelle Zélande se mobilisent chaque année autour du souvenir de Gallipoli le 25 avril ; en ce qui concerne la Russie il y a une concurrence mémorielle très forte entre la Première Guerre mondiale et la Révolution de 1917. Extension géographique, diversité des mémoires et des calendriers... peut-on dire également que la Grande Guerre est «mondiale» au sens où, bien au-delà des épisodes militaires, elle transforme tout l univers social dans lequel les individus et les peuples évoluent? Tout à fait. On ne peut faire une histoire de la guerre de 1914-1918 sans s intéresser à l histoire interne des États, sans remarquer par exemple que les régimes politiques démocratiques s en sortent mieux dans la répartition des ressources entre le front et l arrière. L exposition fait également une large place à l engagement des intellectuels et des scientifiques, ainsi qu à la manière dont l impact du conflit sur le statut des femmes et sur les droits des populations colonisées a été reconnu ou nié. Il s agit de donner à voir l aspect militaire et politique, mais de lui associer aussi une histoire sociale de la guerre, qui engage les sociétés en profondeur.
CommandeR l exposition «14-18» SUR la plateforme IF-PROG http://ifprog.institutfrancais.com/fr/ddp/122/exposition-14-18 Et pour plus d informations sur le principe ou la mise en œuvre de l exposition, ou sur les modalités de création de versions en langue étrangère supplémentaires : expo14-18@institutfrancais.com Département langue française, livre et savoirs 8-14 rue du Capitaine Scott 75015 Paris www.institutfrancais.com www.facebook.com/institutfrancais.pageofficielle Cette exposition est coproduite avec l Aefe et la Mission du Centenaire. L application «IF 14-18» est disponible pour Ios et Android https://itunes.apple.com/us/app/if-14-18/id933266398?mt=8 https://play.google.com/store/apps/details?id=com.institutfrancais.if1418