1 RAPPORT GENERAL Thème général : «Intolérance démocratique et dérapages xénophobes : les médias indexés». INTRODUCTION GENERALE L organisation des élections présidentielle et législatives le 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo a été l entame d un long cycle électoral qui devrait comporter, entre autres d autres échéances à venir, celles des législatives provinciales, sénatoriales, territoriales, urbaines, municipales et locales). Ces rendezvous politico-historiques s inscrivent dans la droite ligne de la volonté du peuple congolais de cheminer vers l Etat de droit. Un premier pas avait été franchi, dans la douleur en 2006, dans un enchevêtrement des violences et contestations postélectorales. Le second, celui de 2011, a buté lui aussi contre des dérives pré et post électorales. Il y a cinq, un doit accusateur avait été pointé en direction non seulement des acteurs politiques, mais aussi des professionnels des médias. Pourtant, l Observatoire des Médias Congolais, en synergie avec ses principales partenaires dans le secteur de la régulation (Haute Autorité des Médias) et de l auto-régulation des médias (Union Nationale de la Presse du Congo) avait pris les précautions nécessaires pour prévenir et limiter les cas de violences des règles éthiques et déontologiques dans la couverture des élections. Afin d éviter que la presse congolaise ne soit épinglée comme le principal élément perturbateur du processus électoral en 2011, l Omec s est de nouveau porté au front en vue d amener les professionnels des médias à travailler à la promotion d une campagne électorale apaisée, fondée sur le choc des idées. Avec le concours mroal, financier et logistique de OSISa (Open Society for Soutern Africa), l instance d autorégulation des médias congolais a planifié un monitoring spécial en période électorale. Ce travail de fourni a démarré au lendemain de l ouverture de la campagne électorale, lancée le 28 octobre 2011 et s est poursuivi au-delà la publication des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, le 09 décembre 2011. Pendant plus ou moins un mois, l Omec a observé le contenu des médias tant écrits qu audiovisuels et produit quatre rapports de monitoring. Les différentes données recueillies sur la base des productions médiatiques ont été fondues en un document unique pour réaliser le présent Rapport général sur le thème : «Intolérance démocratique et dérapages électoraux : les médias indexés». Face à la boulimie du pouvoir, à l intolérance politique mais aussi à la manifestation incontestable de l opportunisme et du clientélisme politique pour les privilèges du pouvoir, un mois durant, le peuple congolais a subi la pression d une campagne électorale truffée de coups bas entre candidats, avec la complicité de certains hommes et femmes des médias. En raison de l impréparation des élections et de la non prise en compte par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de nombreuses revendications soulevées par l Opposition Politique et les électeurs au sujet de la non transparence du fichier électoral, mais aussi de la confiscations
2 des libertés de manifestation, d opinion et d expression, la campagne électorale s est déroulée dans un climat de vive tension et de méfiance. On a assisté à l émergence de deux types des médias en période préélectorale, électorale et post-électorale. Il y avait d un côté ceux ayant tout à dire, et de l autre, ceux condamnés à ne dire que ce qui était toléré par le pouvoir en place. Les premiers ont brillé par la diabolisation, à longueur de journée, des adversaires politiques de leurs candidats, la déformation des faits, la diffusion à outrance des messages d intolérance politique et de haine tribale, ethnique et religieuse. Dans cette entreprise de pyromanie médiatique, les plateaux des télévisions étaient constamment occupés par des nègres de service inconnus de la corporation des journalistes, lesquels étaient chargés d entretenir une tension permanente au sein de l électorat. Le droit du public à une information saine, équilibrée et véridique était superbement bafoué. L électorat congolais, curieux de connaître les projets de société, la vision politique, le niveau intellectuel, la maturité politique, le cursus politique et professionnel de ceux qui sollicitaient ses suffrages n a pu être renseigné correctement à ce sujet, le débat d idées ayant cédé le pas aux querelles autour des griffes des vestes, des marques de voiture, des avoirs matériels et financiers des candidats. L univers médiatique congolais, divisés en diables et sains, a connu des cas de pillages et incendies des médias fichés comme pro-opposition et partant interdits de parole. En matière de régulation, le CSAC (Conseil supérieur de l Audiovisuel et de la Communication) s est transformé en gendarme de la presse, avec des mesures arbitraires de fermeture ou suspension des entreprises de presse écrite et audiovisuelle accusées d être anti-pouvoir. Des cas d interpellations, d arrestations et de passages à tabac des journalistes et de destruction de leur matériel de travail sur les lieux des manifestations politiques en rapport avec la campagne électorale étaient tellement nombreux à Kinshasa comme en province qu il était apparu impossible de les compter. Dans un tel contexte de terrorisme médiatique d un côté et de libertinage médiatique de l autre, le respect des règles d éthique et de déontologie était difficile à obtenir. La couverture médiatique de la campagne électorale a consacré le monopole d un seul camp politique, celui au pouvoir, au détriment d autres forces politiques. La RDC a vécu des journées de folies postélectorales, marquées par des destructions méchantes des biens publics comme des tiers, des cas de morts d homme, des violences physiques. Le bilan non exhaustif signale «un homme de Dieu liquidé gratuitement, des cas de morts signalés ça et là, des magasins appartenant à des expatriés (surtout chinois) pillés, des biens privés incendiés, les installations du Portefeuille de l Etat saccagées. Les irrégularités dénoncées par certains observateurs électoraux (nationaux et internationaux) ainsi que les propos tenus par le n 1 de l Eglise catholique sont venus enfoncer davantage une porte déjà largement ouverte.
3 Ces affaires, constituant les grands feuilletons journalistiques postélectoraux, ont largement alimenté les colonnes des journaux, donné lieu aux manchettes les plus tonitruantes jusqu à inspirer des chroniques les plus virulentes et des éditoriaux au vitriol dans l audiovisuel. L horizon de référence de l observation a tenu rigoureusement compte des Statuts de l OMEC, du code de déontologie du journaliste congolais, de la Directive du CSAC (Conseil Supérieur de l Audiovisuel et de la Communication) relative à la campagne électorale dans les médias ainsi que de la Loi n 96/002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo. L échantillon des cas de violation du Code de déontologie des journalistes congolais présenté dans ce Rapport général (violations récurrentes des articles 2 (absence d indépendance, d objectivité et de sens de responsabilité), 3 (Non respect de l équilibre et parti pris systématique dans le traitement de l information), 5 (propos médisants, injurieux, accusations sans preuves et incitation à la haine), 11 (non respect de la dignité humaine et autorités publiques) et 13 (manque de retenue dans la présentation des faits de nature à mettre en danger ou de nuire aux intérêts vitaux de l Etat ou de la société) montre à suffisance qu il y a encore un long chemin à parcourir dans la voie de l autorégulation des médias en RDC. 1 ère semaine du 07 au 13 novembre 2011. Nécessité des débats sur les vrais défis du développement du pays Dans la perspective des échéances électorales de 2011, la Commission Electorale Nationale Indépendante, «CENI en sigle», avait donné l après-midi du jeudi 27 octobre 2011, le coup d envoi de la campagne électorale. La République Démocratique du Congo (RDC) se trouve ainsi engagée dans un nouveau processus électoral, après celui de 2006 ayant conduit à la mise en place des animateurs des institutions publiques (Présidence de la République et Parlement) dont le mandat arrive à expiration. La période est si sensible, au regard des enjeux politiques liés à la fois au besoin de changement de gouvernance pour les uns, et de maintien au pouvoir pour les autres, que l OMEC (Observatoire des Médias Congolais) a décidé de s investir, comme il l avait déjà fait il y a cinq ans, dans un monitoring spécial des médias, écrits et audiovisuels, sur l ensemble du territoire national. En attendant d élargir le champ d observation aux provinces, les résultats du premier travail de monitoring réalisé du 07 au 13 novembre 2011 indiquent que la situation est fort préoccupante. L échantillon des cas analysés fait état d une montée dangereuse du discours de violence de haine ethno-tribale, d intolérance politicoidéologique, malheureusement relayé avec passion et sans discernement par certains médias publics et privés. Comme en 2006, l Observatoire des Médias Congolais se lance ainsi dans un monitoring spécial des médias, écrits et audiovisuels, sur l ensemble du territoire national. Compte tenu du nombre élevé des médias et la difficulté de les suivre tous, le Pool de monitoring a jugé utile d opérer un tri sur des médias les plus en vue. Ainsi, l échantillon ciblé pour le monitoring comprend tous les quotidiens de
4 Kinshasa, stations de radio et chaînes de télévision. Les résultats de monitoring que publie l Observatoire des Médias Congolais visent surtout à soutenir le déroulement aisé des élections à travers les médias et, par ricochet, la démocratie, le développement et la professionnalisation des journalistes. L horizon de référence de l observation tient rigoureusement compte du Code de déontologie des journalistes congolais, de la Grille de lecture de l OMEC, de la Directive du CSAC (Conseil Supérieur de l Audiovisuel et de la Communication) relative à la campagne électorale dans les médias ainsi que de la Loi n 96/002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo. Ainsi, durant la première semaine, le monitoring des médias surtout audiovisuels, a révélé jusque-là la faiblesse des débats sur les vrais défis de développement du pays. On a assisté plus à des polémiques stériles, à des attaques personnelles qu à des analyses de fond. Sur le plateau de certaines chaînes de télévision, on a servi en boucle aux téléspectateurs : «injures, attaques ad hominem, appels à connotation insurrectionnelle» sur fond d intolérance politique. Les cas de dérapages déontologiques ci-après ont été épinglés. I-L Audiovisuel Radio LISANGA Télévision en sigle RLTV, Journée du 02 novembre 2011. Les faits. Dans une émission spéciale intitulée «Set 7» animée par Eliezer NTAMBWE dans le cadre du soutien au candidat à la présidentielle Etienne Tshisekedi, les invités se sont complus à proférer des injures à l endroit d un autre candidat à la présidentielle, précisément Joseph Kabila ; injures focalisées sur des critiques des affiches de propagande : ( ) Ba photo oyo yé azui eza mabe : koseka seka pamba pamba. Mutu moko sans personnalité. Talaka yango bien, eza vraiment très laides lokola ye moko. Akomi kosala publicité ya pepsodent. Kutu, nzembo moko to voter ye po Kabila akende lifelo, alleluia, alleluia, etc. «Toutes ses affiches de campagne sont laides : rire, rien que rire. C est quelqu un sans personnalité. D ailleurs, l une de nos chansons de campagne dit qu il faut voter pour que Kabila aille en enfer, alléluia, alléluia». ( Traduction OMEC ). A l analyse de ces propos tendancieux, l animateur Eliezer NTAMBWE, en s abstenant d interpeller les auteurs de ces dérapages, a fait preuve de manque de sens de responsabilité et d esprit d indépendance, se rendant coupable de violation des articles 2, 5 et 11 du Code de déontologie du journaliste congolais, lesquels bannissent l injure, la diffamation et la médisance ainsi que pour non respect de la dignité des tiers, en l occurrence ici le Président de la République. De même, le présentateur de l émission se comporte en propagandiste, comportement contraire aux articles 3 et 13 du Code déontologie «Traiter tous les problèmes sans parti pris et présenter honnêtement les sujets soulevant controverse» et «Faire preuve de retenue dans la présentation des faits de nature à mettre en
5 danger ou de nuire aux intérêts vitaux de l Etat ou de la société». Il y a également violation de l article 52 de la Directive du CSAC relative à la campagne électoral, pour non respect des règles d objectivité et d équilibre. Le 04 novembre 2011, le même Eliezer NTAMBWE, dans la même émission, s interroge dans une sorte d échange avec certains invités «Mboka oyo eza ya bapaya ou bien ya biso?» en référence aux comportements de certains opérateurs économiques indopakistanais. Eliezer NTAMBWE dira ceci : «Mboka oyo eza ya biso? Eza ya bapaya te. Tshisekedi soki azui kimokonzi akozongisa yango na biso moko. Batu nionso wana, place na bango awa na Congo ekozala te. Oyo nionso, parce que ba miyibi oyo baza na pouvoir, mpe kala te bazokende. Baza na souci ata muke te ya peuple, baza ba aventuriers mpe bango nde bazo ko appuyer bango. Na ba buzoba wana nionso oyo bapaya wana bazo sala ba peuple congolais». (Ce pays appartient-il aux Congolais ou aux étrangers? Ce pays nous appartient. Ce n est pas pour les étrangers. Tshisekedi une fois au pouvoir fera en sorte que le Congolais retrouve sa dignité. Ces étrangers n auront plus de place au Congo. Tout ceci, parce qu il y a complicité avec tous ces actuels voleurs au pouvoir qui, d un moment à un autre, vont partir. Ils n ont aucun souci du peuple, des vrais aventuriers qui appuient ces étrangers à maltraiter les Congolais).( traduction de l OMEC). Ce faisant, Eliezer NTAMBWE s affiche en propagandiste versant abondamment dans des injures et l incitation à la xénophobie sur fond d un discours incendiaire. Il viole par ce fait les articles 5,12 et 13 du Code de déontologie du journaliste congolais, pour parti pris systématique dans la relation des faits, incitation à la haine raciale et communautaire. Ses propos sont de nature à nuire aux intérêts vitaux de l Etat et de la société congolaise; et ne favorisent nullement l émergence des vertus républicaines de tolérance, de pluralisme des opinions et de démocratie ainsi que les valeurs universelles de l humanisme : paix, droits de l homme L animateur viole aussi l article 55 de la Directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias, pour incitation à la haine ainsi qu à toute forme de discrimination par voie des médias. Radio Télévision Nationale Congolaise, RTNC en sigle, 04 nov. 2011, page spéciale propagande électorale. Les faits En rapport avec la campagne électorale, la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) a diffusé une page spéciale élections sur la visite du candidat à la présidentielle Vital Kamerhe dans sa base de la FUNA à Kinshasa. Dans son adresse, rappelant l histoire de la RDC de l indépendance à ces jours, ce candidat va énumérer les différents Présidents de la République qui se sont succédé à la tête du pays : Kasa-Vubu, Mobutu, L.D Kabila et Joseph Kabila. Mais, lorsqu il allait citer, le cinquième Président, l élément a été immédiatement coupé et remplacé par une autre page spéciale consacrée au Ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende.
6 Le Directeur de programmes de la RTNC a violé les articles 2 et 3 pour manque d honnêteté, d équité, et de neutralité dans la relation des faits ainsi que l article 9 du Code de déontologie du journaliste congolais, pour avoir dénaturé ou faussé les opinions d autrui ( ). Il viole également l article 46 de la Directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias interdisant d interrompre les messages des candidats ou autres invités par des plages publicitaires. Radio LISANGA Télévision, RLTV en sigle, dimanche 6 au lundi 07 nov. 2011 de 21hoo à l aube. Les Faits Radio Lisanga Télévision (RLTV) diffuse à répétition, le dimanche 06 novembre 2011 à partir de 21 heures, au cours de son émission intitulée «SET» (Soutien à Etienne Tshisekedi) une interview téléphonique en lingala d Etienne Tshisekedi à partir de l Afrique du Sud où il séjourne. Le président national de l Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et candidat à l élection présidentielle prévue le 28 novembre 20011 en RDC déclare «Le pouvoir en démocratie appartient à la population. Moi, j ai la majorité de la population. C est moi Etienne Tshisekedi wa Mulumba qui suis le Président de la République. N ayez plus peur, c est vous qui avez la majorité, ne vous laissez plus impressionner par la minorité. Vous avez le droit de la corriger.» Et de poursuivre : «Kabila est pour le moment isolé, abandonné même par ses collaborateurs directs entre autres BOSHAB et MENDE qui ne partagent plus sa vision». Le président national de l UDPS enchaîne : «j attends, dans les 48 heures, la libération de tous les opposants actuellement en prison. Passé ce délai, je demande à la population de Kinshasa, de Kananga, de Lubumbashi et de Mbuji Mayi d investir la rue et de casser toutes les prisons du pays». Il demande aux militants de son parti politique de traquer les policiers, les suivre dans leurs domiciles respectifs et les corriger devant leurs femmes et leurs enfants. Pour terminer, il s en prend au président de la CENI, Ngoy Mulunda en soulignant que s il continue à faire le double jeu, le 06 décembre 2011, ce dernier va «pleurer dans sa langue maternelle». Concernant les incidents survenus à Lubumbashi à la suite des affrontements entre les combattants de l UDPS et ceux de l Union Nationale des Fédéralistes du Congo (UNAFEC), Etienne Tshisekedi explique que «les provocations sont venues du parti Unafec dirigé par le Portugais d Oliveira» (Kyungu wa Kumwanza). A cet effet, Etienne Tshisekedi ordonne à la majorité populaire de «corriger sévèrement les membres minoritaires de l Unafec». L animateur de l émission «7 SET» a énervé le Code de déontologie des journalistes congolais en ses articles 2 et 5, pour manque de sens de responsabilité, d esprit d indépendance et pour incitation à la désobéissance ; et les articles 12 et 13, pour manque de retenue dans la présentation des faits de nature à mettre en péril les intérêts vitaux de l Etat et de la société ainsi que pour absence de culture de citoyenneté responsable et des vertus républicaines de tolérance, de pluralisme
7 d opinions et de démocratie. L animateur Eliezer NTAMBWE viole également l article 4, alinéa 4 de la Directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias interdisant la diffusion des émissions à téléphone ouvert. Le même Eliezer NTAMBWE, directeur de programmes et animateur de l émission SET (Soutien à Etienne Tshisekedi), a reçu le samedi 05 novembre 2011, l opposant politique Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP) et candidat à la députation nationale. Livrant son appréciation sur le déroulement de la campagne, cet opposant déclare : Kabila est partant. Ses jours à la présidence de la République sont comptés. C est justement Kabila qui est l incarnation du mal congolais» et d enchaîner : «Nous allons chasser Kabila. Au cas où il ose opposer une résistance, il va subir le sort comparable à celui subi par le colonel Kadhafi en Libye, et Laurent Gbagbo en Côte d Ivoire». Eliezer NTAMBWE, aurait dû interpeller son invité, en l occurrence Franck Diongo pour des propos allant à l encontre des prescrits du Code de déontologie des journalistes en RDC en ses articles 2,11 pour non respect de la dignité humaine, des institutions et autorités publiques et 12 «promouvoir la culture nationale, la citoyenneté responsable et les vertus républicaines de tolérance, de pluralisme d opinions et de démocratie». L invité de l émission, dénommé Franck Diongo, n a pas fait preuve de retenue dans ses déclarations de nature à nuire aux intérêts vitaux de l Etat ou de la société. TELE 50, TOP CONGO FM, DIGITAL CONGO, RTG@. Lundi 07 novembre 2011. Les faits Les propos incendiaires tenus par le candidat à la présidentielle, Etienne Tshisekedi, ont été relayés et commentés en sens divers par les intervenants dans les médias ci-haut relevés. On a assisté à des insultes et attaques personnelles dans plusieurs de ces médias. Ce qui viole les dispositions du Code de déontologie des journalistes en ses articles 5 et 12 qui stipule : «bannir l injure, la médisance, l incitation à la haine ( ) ainsi que l apologie de toutes valeurs négatives dans la pratique quotidienne de son métier» et «promouvoir ( ) les vertus républicaines de tolérance, de pluralisme d opinion». «On ne peut reprendre l injure pour l injure», au risque de la vulgariser. Toutes ces chaînes épinglées ont violées l article 55 de la Directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias interdisant l incitation à la haine, à la violence, à toute forme de discrimination. Sur Télé 50, Top Congo FM, Digital Congo et RTG@, Francis Kalombo, député national proche du pouvoir, affirme que «le leader de l Udps demeure constant dans ses inconstances. N étant pas prêt pour ces élections, il tente par tous les moyens d opter pour le schéma ivoirien revu et corrigé. Il livre d ailleurs un ultime combat dont il abat sa dernière carte politique face au poids de l âge qui le trahit et à la maladie qui le démystifie depuis quelques années».
8 Réagissant aux propos tenus par Etienne Tshisekedi qui l accusait de ne plus être de cœur avec son Parti le Pprd, le Président de l Assemblée nationale, Evariste Boshab lâche au téléphone sur Digital Congo que «ce qu il (Etienne Tshisekedi) dit, c est une fausseté. Cela relève du domaine de rêve. Et si ce n est pas un rêve, ça doit être un cauchemar. Certes, ce sont des propos à courte vue de quelqu un sans vision politique». Par ailleurs, Jean Pierre Okende, intervenant sur Top Congo Fm dira que de tels propos, «sont des propos à tuer le bon sens, des insanités révélatrices d une moralité politique conflictuelle, des légèretés et une irresponsabilité déconcertantes qui riment avec le poids de l âge». Pour Wivine Moleka sur la Rtg@, «s il doute de sa victoire annoncée à la présidentielle 2011, Tshisekedi n est plus un démocrate et il oublie qu en démocratie, le peuple doit choisir ses dirigeants en se prononçant par la voie des urnes». Télé 50, Top Congo FM, Digital Congo et RTG@ ont repris les propos de M. Tshisekedi comme simple prétexte pour se lancer à leur tour dans une campagne de dénigrement. Les journalistes de ces médias ont cru corriger des dérapages en prenant de graves libertés avec les règles fondatrices du métier d informer : Injures, calomnies etc Tout a été servi aux téléspectateurs, à telle enseigne qu il devenait difficile de distinguer les présentateurs des manipulateurs et autres agents de propagande. De ces interventions, on aura aussi retenu que la vieillesse est une maladie, un message bien drôle adressé à tous les enfants. B-One, émission «Rate pas ton neveu» du 09 novembre 2001 à 16h00 Les faits «Rpas ton neveu» est une émission culturelle de divertissement qui passe généralement aux environs de 16h00. Celle du 09 novembre 2011, intervenue à 16hoo, était à téléphone ouvert et s est illustrée par une propagande excessive en faveur d un candidat à la députation nationale.. Cette émission a été présentée par Daddy Mayuma. L animateur Daddy MAYUMA viole l article 4 point 4 de la directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias qui interdit, en cette période de campagne, l organisation et la diffusion des émissions à téléphone ouvert et dans des conditions technique médiocres et insuffisantes. Canal Congo télévision,cctv en sigle, émission «A la Pointe» du 11 novembre 2011 à 10h40. Les faits En rapport avec la campagne électorale, la chaîne CCTV organise une émission à téléphone ouvert sous le titre «A la Pointe» diffusée à 10h40 le 11 novembre 2011.
9 Par ce fait, le Directeur des programmes viole l article 4, point 4 de la Direction du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias qui interdit en cette période de campagne électorale de procéder à la diffusion des émissions à téléphone ouvert. RTNC1, émission Tot Gaieté du samedi 12 novembre 2011 à 11h30 Les Faits. Au cours de l émission «Tot Gaieté» du samedi 12 novembre 2011 à 11h30, l animateur Lushima Ndjate invite sur le plateau un certain nombre de comédiens de la capitale notamment : Maman Bipendu, Mbali Osombo, Masumu de Brendé, Lokuli et Ngaluphar. Le thème retenu est en rapport avec la dernière prestation du leader de l UDPS, Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle, au téléphone au cours d une émission sur les antennes de la RLTV. Prenant la parole, la comédienne Maman Bipendu dira : «Nous avons l obligation de voter quelqu un qui marche bien, quelqu un qui est en bonne santé, en référence au chef de l Etat sortant, plutôt que de voter un maladif, quelqu un qui est déjà squelettique, quelqu un qui est souffrant depuis longtemps». Commentant ses propos, l animateur de l émission, tout en acquiesçant de la tête, affirmera : «Bien sûr maman (maman Bipendu), une telle personne, où peut-on aller avec elle? Nous devons toujours voter des jeunes et non des vieillards fatigués». En laissant à l une de ses invités le temps ou la latitude de tenir des propos injurieux du genre de ceux relevés ci-dessus, Lushima Ndjate a violé le Code de déontologie du journaliste en ses articles 2, pour manque de sens de responsabilité ; 5 pour propos injurieux et médisance ; 11 pour non respect de la dignité humaine, de la vie privée et la sphère d intimité des individus ; 12 relatif à la promotion de la culture nationale, la citoyenneté responsable et les vertus républicaines de tolérance ainsi que le point 1 de la Grille de lecture de l OMEC, pour non respect de l équilibre et parti pris systématique dans le traitement de l information. En commentant de manière tendancieuse les propos discourtois des invités, l animateur, au lieu de les interpeller pour dérapage, prend fait et cause pour ces derniers et devient partie au détriment de la neutralité que lui imposent les règles de déontologie sus évoquées. Télé 50 Les faits Depuis le début de la campagne électorale, Télé50 fait passer plusieurs fois par pour, des images fortes de certains événements douloureux -mais déjà périmées comme information- notamment un véhicule anti-incendie, d un jeune homme avec une blessure à la tête lors d une marche de l opposition.
10 Le directeur de programmes de Télé 50, par la diffusion répétitive d images qui choquent, énerve l article 5 du Code de déontologie du journaliste congolais en ce que ce fait porte atteinte à la dignité humaine, à la vie privée et à la sphère d intimité des individus. Tout comme il incite à la violence et à la haine et fait l apologie de valeurs négatives. Le directeur de programmes de Télé50 viole également l article 11 pour non respect de l ordre public et les bonnes mœurs, ainsi que l article 12, relatif à la culture des valeurs universelles de l humanisme, notamment la paix et les droits de l homme. Radio Arc-en-ciel 12 novembre 2011 Les faits Il est diffusé le 12 novembre 2011 à 15h00 sur les antennes, une émission sans titre faisant office de campagne électorale. L émission à téléphone ouvert posait une litanie des questions à la population quant à connaître leur choix aux élections tant présidentielle que législatives. Le Directeur des programmes se rend coupable de la violation de l article 4 point 4 de la Directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias qui interdit d organiser et de diffuser des émissions à téléphone ouvert ; pour la simple raison que les conditions techniques ne sont pas réunies pour une telle organisation ; cas d occasionner beaucoup des dérapages. II-PRESSE ECRITE LE BAROMETRE, édition n 230 du 07 novembre 2011. Les faits. Dans son édition n 230 du 07 novembre 2011, Le Baromètre publie à la Une et à la page 2 sous la signature de Roger MAKANGILA un article titré : «Suite à sa campagne électorale démagogique et truffée des mensonges grossiers, KIMBUTA tabassé à MASINA, le Gouverneur sortant de la ville province de Kinshasa doit son salut à l intervention musclée de la police de proximité». Dans cet article, l auteur affirme que : «André KIMBUTA YANGO, Gouverneur sortant de la Ville-province de Kinshasa et candidat à la députation nationale a frôlé la mort à MASINA BKTF». Et pour cause? «Ayant interprété des propos du Gouverneur comme une insulte grossière à son endroit, la population de TSHANGU s est ruée sur ce dernier pour lui faire payer son impolitesse». L auteur indique par ailleurs que : «Piqué par on ne sait trop quelle méchante mouche, l imprévisible gouverneur s est lancé dans une dangereuse diatribe en lingala en disant : «Si vous m élisez à la députation nationale et mon patron Joseph Kabila à la présidentielle pour un second mandant électif, nous ferons de votre TSHANGU une ville-moderne qui n enviera en rien aux villes européennes de Paris et Bruxelles» et de souligner que «KIMBUTA avait lancé ce grossier mensonge sans évaluer au préalable le niveau de l aversion que la
11 population a développé en son endroit tout au long de son mandant de cinq ans qu il vient de passer à la tête de la Ville province de Kinshasa sans débarrasser des montagnes d immondices qui jonchent çà et là voire même à la porte de sa propre résidence». Revenant sur «le lynchage» du gouverneur, MAKANGILA écrit : «Lorsque la population se mettait à soulever André KIMBUTA YANGO et à lui porter les coups dans les flancs, la police. s est mise rapidement en mouvement pour essayer de le tirer des griffes qui le tenaient fortement par la gorge, rapportent des témoins oculaires. Fort heureusement pour le gouverneur impopulaire de Kinshasa».. Roger MAKANGILA a énervé le Code de déontologie du journaliste congolais en ses articles 5, 6, 9 et 11 ainsi que l article 56 de la Directive du Conseil Supérieur de l Audiovisuel et de la Communication (CSAC) relative à la campagne électorale à travers les médias qui recommande aux journalistes, les animateurs, les producteurs, les techniciens et tous autres professionnels des médias à plus de professionnalisme dans l accomplissement de leur mission. Les expressions telles que : «l imprévisible gouverneur le gouverneur impopulaire sa campagne électorale démagogique truffée des mensonges grossiers» frisent la médisance et sont injurieuses contraires à l article 5 et sont de nature à faire l apologie des valeurs négatives. L information manque de rigueur par défaut de vérification des éléments à la source (art.6) : «la police de proximité s est mise rapidement en mouvement pour essayer de le retirer des griffes qui le tenaient fortement par la gorge, rapportent des témoins oculaires». Pendant la période électorale et en tout temps, le journalisme professionnel ne se contente pas de reproduire des faits sans veiller à leur vérification préalable, le faire ainsi conduit souvent à la production des informations erronées. En titrant : «André Kimbuta lynché par la population de Masina BKTF!», l auteur verse dans le sensationnel, pratique condamnée par l article 9 d autant qu il est seul à rapporter ces faits qu aucun autre média ayant couvert cette activité ne fait mention. L auteur porte atteinte à la dignité et à la considération d une autorité publique (art.11), en l occurrence le gouverneur Kimbuta par l usage des propos tels que : «Kimbuta avait lancé ce grossier mensonge sans évaluer au préalable le niveau, de l aversion que la population a développé en son endroit tout au long de son mandat qu il vient de passer à la tête de la ville sans débarrasser des montagnes d immondices qui jonchent ici et là voire même à la porte de sa résidence». D ailleurs, cet article a fait l objet d une plainte du Gouverneur KIMBUTA contre le journal Le Baromètre. Le Pool de monitoring de l OMEC a eu à dresser à cet effet, un avis technique d observation destiné à l Instance de régulation, le CSAC.
12 La Colombe, édition n 037 du mardi 08 novembre 2011. Les faits. Le quotidien La Colombe publie dans son édition n 0037 du mardi 08 novembre 2011 un article intitulé : «Elections 2011 : C est fini, Tshisekedi se met encore hors course». Cet article signé La Colombe affirme que le «leader de l Udps prépare l exil. Une façon pour lui de se soustraire de l humiliation qui l attend des urnes. Il suffira que la justice le poursuive pour des déclarations dignes de poursuites, pour qu il s offre le prétexte rêvé de sortir du processus électoral et de sauver ainsi son mythe d homme peuple». L auteur poursuit écrit : «C est donc désespérément que Tshisekedi qui n a jamais été dans un jeu réellement démocratique tente de se fabriquer un MOBUTU à travers Joseph Kabila. Il se crée autour de Joseph Kabila des Honoré Ngbanda et autres qu il identifie aux collaborateurs de Joseph Kabila». Et de conclure : «C est un Tshisekedi déphasé, dépassé, dépaysé que l on a dans le processus électoral.aujourd hui, s il y a des gens qui savent que l avenir de Tshisekedi est très loin derrière lui, c est Mende et Boshab. Ce serait étonnant que ces gens aillent nuitamment chez Tshisekedi. Chercher quoi? On n a même pas besoin de tirer les vers du nez d un cadavre politique.» Le directeur de publication a violé les articles 3, 5 et 6 du Code de Déontologie du journaliste congolais relatifs au parti pris, à la médisance et au chantage. De la violation de l article 3 : En écrivant que «le leader de l UDPS prépare l exil, une façon de se soustraire de l humiliation qui l attend», l auteur ne présente pas honnêtement ce sujet soulevant controverse et fait preuve d un parti pris systématique. De la violation de l article 5 : L auteur manie l injure, le mensonge, la médisance et des accusations sans preuves. Quand il écrit que : «Tshisekedi n a jamais été dans un jeu réellement démocratique», «C est un Tshisekedi déphasé, dépassé et dépaysé que l on a dans le processus électoral». Il n en fournit aucune preuve. Pourtant sur le terrain, le leader de l UDPS démontre le contraire de ces allégations. De la violation de l article 6 : La relation des faits n est ni exacte, ni honnête. Les faits épinglés ne sont pas avérés. «Election 2011 :C est fini, Tshisekedi se met encore hors course». LE SOFT INTERNATIONAL, édition n 1.135 du mardi 08 novembre 2011 et 1.136 du vendredi 10 novembre 2011. Les faits. Le Soft International publie dans deux éditions successives, n 1.135 du 08 novembre 2011 et le n 1.136 du vendredi 10 novembre 2011, un même article avec des intitulés différents à la Une : «Pour être un dirigeant, il faut en avoir l étoffe. Qu en est-il de Tshisekedi? L émoi (n 1.135 du 08 novembre 2011). «L étoffe de dirigeant (n 1.136 du vendredi 10 novembre 2011». Dans ces deux articles, signés
13 par T. MATOTU ( pseudonymes de l éditeur Trymphon Kin-Kiey Mulumba ), il est écrit : «Ce n est pas la première fois que le leader de l UDPS jette ainsi l opprobre sur ses proches. (C est à pleurer). Finalement, qu en est-il de cet homme qui approche les 90 ans, qui a mis en difficultés ses camarades qui peinaient à plaider sa cause au sein de l opposition. Là se pose la question d étoffe l étoffe de dirigeant. Depuis Mobutu, Tshisekedi en qui tant de compatriotes placent leur confiance, a-t-il jamais été prêt à gouverner? il n y avait pas un seul pour commenter cette énième blague».. Pour avoir affirmé que : Ce n est pas la première fois que le leader de l UDPS jette ainsi l opprobre sur ses proches. (C est à pleurer). Finalement, qu en est-il de cet homme qui approche les 90 ans, qui a mis en difficulté ses camarades qui peinaient à plaider sa cause au sein de l opposition. Là se pose la question d étoffe l étoffe de dirigeant. Depuis Mobutu, Tshisekedi en qui tant de compatriotes placent leur confiance, a-t-il jamais été prêt à gouverner? Il n y avait pas un seul pour commenter cette énième blague» et titré «l étoffe de dirigeant», T. Matotu se rend coupable de violation de l article 5 du Code de déontologie du journaliste congolais qui appelle à «bannir l injure, la diffamation, la médisance ( ) ainsi que l apologie de toute valeur négative dans la pratique quotidienne du métier. Le comportement de l auteur de cet écrit s apparente plutôt à un acharnement contre l incriminé. AFRICA NEWS, série II, n 654 du 09 au 10 novembre 2011. Les Faits Africa News titre en manchette et en pages 2 et 3 : «Le Sphinx s est éteint définitivement grillé. Tshisekedi côtoie ex-dsp et ex-faz», sous la plume de Natine K. Dans cet article illustré par des photos d Etienne Tshisekedi, leader de l Union pour la Démocratie et le Progrès Social et candidat à l élection présidentielle de Novembre 2011, photos prises à Bruxelles où il s est fait entourer de trois militaires, l auteur écrit : «Etienne Tshisekedi pose problème. Le candidat de l UDPS vient de tenir des propos d incitation à la violence Tshisekedi n a fait que bouillir une marmite, sa marmite déjà puante : Il s est récemment affiché avec des ex-dsp et ex- FAZ réfugiés à Bruxelles et Londres Tshisekedi traite avec les ex-faz. Les films de certaines de ses dernières visites dans l espace Schengen font découvrir des hommes ou des groupes qui ont intérêt à ce que quelque chose de bouleversant se produise en RDC». Nantine enchaîne : «En face de son homme de main Valentin Mubake assis dans l assistance, Tshisekedi a affiché une intention et l a dit : «Dans tous les cas de figures Kabila quitte le pouvoir le 06 décembre!!! Tshisekedi révèle un plan secret, un intérêt caché, la prise de pouvoir par la force. Les ex-faz lui ont fait part de leur disponibilité». Nantine a énervé le Code de déontologie des journalistes en RDC en ses articles 5, 9 et 13. L écrit, violant l article 5, comporte des propos diffamatoires et
14 incite au mépris public «Tshisekedi traite avec les ex-faz». L auteur enfreint également l article 9 par la déformation, grossissement, manipulation et insistance sur les opinions d Etienne Tshisekedi. Car, par le fait seulement de déclarer que «Dans tous les cas de figures, Kabila quitte le pouvoir le 06 décembre», rien ne prouve que Tshisekedi nourrit l intention de renverser le pouvoir par les armes. Par ailleurs, l article 13 est violé par le fait que l auteur ne fait pas preuve de retenue dans la présentation des faits de nature à semer la panique dans la population «Tshisekedi révèle un plan secret, un intérêt caché : La prise de pouvoir par la force. Les ex-faz lui ont fait part de leur disponibilité». La Colombe, édition n 0039/11 du jeudi 10 novembre 2001. Les Faits Dans un article titré à la Une «Ni coup de colère, ni coup de folie, Tshisekedi a peur de voir son incompétence établie au grand jour», Omer Nsongo die Lema écrit «Etienne Tshisekedi défraie la chronique depuis le dimanche 06 novembre 2011 à la suite des propos pour le moins étranges tenus en direct sur les antennes de la RLTV. «C est un fainéant. Mobutu ne cessait de me faire le reprocher de le lui avoir présenté. Son passage à la tête de l Ecole nationale de droit et d administration (ENDA) fut marqué par une telle incurie que Mobutu fut forcé de la fermer». Après avoir brossé son parcours politique élogieux et surtout sa stature d opposant affiché durant toute la 2 ème République sous Mobutu, l auteur de l article déplore cependant que «l appel au soulèvement populaire lancé le dimanche dernier à sa jeunesse, n est qu en réalité la peur de voir son incompétence étalée au grand jour, son mythe tombé en disgrâce». Le titre «Tshisekedi a peur de voir son incompétence étalée au fond jour», ainsi que les propos du genre : «C est un fainéant ( ).Son passage à la tête de l Ecole nationale de droit et d administration (ENDA) fut marqué par une telle incurie que Mobutu fut forcé de la fermer», sont tendancieux et revêtent un caractère injurieux, diffamant, médisant et porte atteinte à la dignité et à l honneur d autrui. Pire, il s agit d un montage grossier d autant que Tshisekedi, élu député national et nommé Ministre de l Intérieur, avait quitté l ENDA en 1966 ; alors que la fermeture de cette école était intervenue 5 ans après, en juillet 1971 à la suite de la création de l Université nationale du Zaïre(UNAZA) qui avait intégré les universités de Kinshasa, de Kisangani et de Lubumbashi y compris l ENDA. Par ce fait, le journaliste Omer Nsongo di Lema se rend coupable de violation des articles 2, 5 et 11 du Code de déontologie des journalistes congolais. La Colombe n 40 du 11 novembre 2011 L hebdomadaire publie dans son numéro 40 du vendredi 11 novembre 2011 un article intitulé «Attendu hier : Flop de plus : Tshisekedi sera absent au Stade des Martyrs».L auteur s interroge «Qui peut croire à Tshisekedi, un homme qui fait du théâtre et qui, dans son «si-magique» s imagine chef d Etat. A Bruxelles, il passe en revue les troupes des ex-faz qui le reconnaissent comme chef de l Etat. Il se laisse aller à ce jeu. Jouant son rôle de composition jusqu au bout, Etienne Tshisekedi s est
15 proclamé chef de l Etat. Le ridicule, sincèrement, a cessé de tuer». Et de conclure : «Annoncé avec pompe au stade des Martyrs afin de soutenir les candidats qui ont besoin des béquilles pour se faire élire, Tshisekedi doit encore se faire attendre. C est un signe qui ne trompe pas et qui ne rassure pas. Lorsqu on ne sait pas gérer une campagne électorale, comment pourrait-on gérer tout un pays?». Le directeur de publication de La Colombe a énervé le Code de déontologie en son article 5 pour médisance, calomnie, accusations sans preuves, diffamation d après les propos suivants : «Qui peut croire à Tshisekedi, un homme qui fait du théâtre et qui, dans son «Si-magique» s imagine chef de l Etat?». Dans les commentaires du genre : «Lorsqu on ne sait pas gérer une campagne électorale, comment pourrait-on gérer tout un pays?», l auteur fait preuve d un parti pris systématique en se faisant passer pour un agent propagandiste (Article 1 de la Grille de lecture de l OMEC et articles 2 et 3 du Code de déontologie). III CONCLUSION L Observatoire des Médias Congolais, OMEC, note que la période du 07 au 13 novembre 2011 connaît une campagne électorale marquée par l absence des débats sur les vrais défis de développement du pays. De ce fait, les professionnels des médias sont conviés à plus de professionnalisme pour susciter des débats qui puissent permettre aux candidats ou à leurs délégués d éclairer l électorat sur les problèmes de notre société et sur leur vision politique. Les médias doivent, à travers des vrais débats, donner une nouvelle impulsion à la campagne électorale en proposant aux électeurs des programmes socioéconomiques en prise directe avec leur environnement. Pour l OMEC, les professionnels des médias devraient avoir pour repaires le Code de déontologie des journalistes congolais et d autres textes en vigueur régissant la profession. Fait à Kinshasa, le 20 novembre 2011 Pour le Conseil Exécutif Polydor-Fortunat MUBOYAYI MUBANGA Président
16 ANNEXE Ci-dessous, le premier communiqué publié à cet effet: COMMUNIQUE SPECIAL ELECTIONS N 001/2011. L OMEC s insurge contre l absence des débats sur les vrais défis du développement du pays. Non aux polémiques stériles et attaques personnelles. L Observatoire des Médias Congolais «OMEC» salue le démarrage, bien que timide, de la campagne électorale lancée depuis le 28 octobre 2011 sur toute l étendue de la RDC. L OMEC forme le vœu de voir le processus ainsi enclenché se dérouler dans de bonnes conditions et les candidats, à tous les niveaux, ainsi que leurs partis fournir un réel effort pour un aboutissement heureux des élections. Les uns et les autres sont appelés à prouver aux yeux des Congolaises et des Congolais en général, et de l opinion internationale en particulier leur degré de maturité, conformément au Code de bonne conduite pour des élections apaisées. Cependant, à considérer le monitoring des médias surtout audiovisuel réalisé durant la première semaine du début de campagne, force est de relever des signes inquiétants, quant à la volonté des protagonistes d atteindre cet idéal. Loin d être ennemis, les candidats engagés à la présidentielle et à la députation nationale ont intérêt voire obligation d afficher les uns envers les autres une attitude de respect; en usant d un langage dépouillé des oripeaux injurieux et irrévérencieux. L Instance d autorégulation des médias Congolais lance un vibrant appel en direction de tous les politiques en général et des professionnels des médias plus particulièrement, à veiller scrupuleusement au respect de la diversité d opinion et de la vie privée des tiers. Eu égard à l inclination vers des dérives inadmissibles qui s observent en ce début de campagne, l OMEC s insurge contre l absence de débats sur les vrais défis du développement du pays et les polémiques stériles ou des attaques ad hominem (personnelles) à travers les médias, surtout audiovisuels. L OMEC déplore en outre, l engagement excessif de la chaîne nationale, la Radio Télévision Nationale Congolaise, «RTNC» -média public- dans la campagne d un seul candidat à la présidentielle ; versant ainsi dans le parti pris et le déséquilibre. S agissant des médias proches de l Opposition politique, l Instance d autorégulation déplore la tendance à focaliser les émissions sur un seul candidat, sur fond d une rhétorique agressive, des propos provocateurs ou difficilement décodables tel que cela se passe sur la RLTV avec l émission Set 7 (Soutien à Etienne Tshisekedi). L OMEC exhorte les professionnels des médias à ne pas se laisser embrigader par le journalisme de propagande et à rester fidèles à l Acte d engagement du journaliste accompagnant le Code de déontologie et d éthique du journaliste congolais.
17 Compte tenu de ce qui précède, l OMEC a pris les dispositions requises pour renforcer le monitoring des médias, comme ce fut le cas en 2006. Fait à Kinshasa, le 07 novembre 2011. Pour le Bureau Exécutif de l OMEC Le Secrétaire Exécutif Prof. Bernard MUNSOKO WA BOMBE I-L Audiovisuel Digital Congo TV, le 14/11/2011 à 19h30 et 23h30. Les Faits Dans une émission spéciale élections 2011 présenté par le journaliste ITENGE KINKUMBA, Digital Congo Tv reçoit trois invités sur le plateau, tous membres du parti au pouvoir. Il s agit d ATUNDU LIONGO, Françis KALOMBO et le Prof. Emile BONGELI. Tous sur le plateau commentent à tue tête les récentes déclarations du candidat à l élection présidentielle Etienne Tshisekedi au téléphone à partir de l Afrique du sud sur une chaîne proche de l opposition, la Radio Lisanga Télévision, Rltv ainsi que sur son dernier meeting de propagande tenu dans la ville de Kisangani, en province-orientale. Pour Francis KALOMBO, «Tshisekedi se trompe continuellement sur des faits historiques du pays et souffre de ce fait de trous de mémoire». Le prof. BONGELI dira : «vraiment, Tshisekedi était moribond, voilà même comment il marche. Il est difficile pour lui de se tenir debout beaucoup du temps. Moi, je condamne son fils Félix qui n a aucun souci de cet homme qui a beaucoup vieilli. Il expose ce vieillard» et d enchaîner, «c est l arrivée de Tshisekedi à Kisangani en 2003 qui a causé de nombreux morts». Le modérateur du jour sortira alors un livre de l Udps édité par M. Belcthica, lisant au passage quelques extraits saillants dont chacun des intervenants commentait à sa façon. «Tshisekedi a déstabilisé ce parti en se débarrassant soigneusement des autres pour s en approprier jusqu aujourd hui, où il impose sa dictature». Francis KALOMBO intervient à nouveau en disant que «cet homme avait empêché Kibassa Maliba d aller au Dialogue inter congolais». Par ailleurs, M. Alain André Atundu Liongo affirmera : «La maison de M. Etienne Tshisekedi sur le boulevard du 30 juin est une propriété de l Ecole Nationale de Droit et de l Administration, ENDA et celle de Limete appartient à la société Air Congo».. Le journaliste KITENGE viole ainsi le Code de déontologie des journalistes congolais en ses articles 2, 3 et 5 pour manque d équité, pour parti pris et propos médisants sur fond d un acharnement sur la personne de ce candidat.
18 II-PRESSE ECRITE La campagne électorale lancée depuis le 28 octobre 2011 se poursuit normalement avec son cohorte des violences, des actes d intolérance politique, etc. Les tabloïds de la capitale continuent à focaliser leur attention sur les activités de différents candidats tant au niveau de la présidentielle que de la députation nationale. Malheureusement, les médias servent cependant de courroie de transmission à tous les appels répétés à la haine ethno-tribale et à la violence. La culture de la machette, inconnue de notre peuple il y a quelque temps, est en train de s ancrer progressivement dans la mémoire collective. Ci-après, les quelques cas de dérapages épinglés : L Observateur édition n 3743 du 14 novembre 2011. Les faits Sous l article intitulé «Tshisekedi l éternel incorrigible» paru en manchette et à la page 3, Richard Kazibure écrit : «De par l exégèse de ses propos, l homme de la rue Pétunias déroute ceux qui ont cru en lui pour s être fait depuis la réputation de chantre de la démocratie. Le hiatus entre le chant et la praxis saute aux yeux : Comment un démocrate digne de ce nom peut-il prétendre que le peuple l a déjà proclamé Président de la République en dehors des urnes? Bien plus, son début de campagne électorale à Kisangani aura été des plus sobres». L auteur a heurté le Code de déontologie du journaliste congolais en son article 11 pour atteinte à la dignité humaine. Le titre : «Tshisekedi, l éternel incorrigible» déshonore celui-ci qui est candidat à l élection présidentielle du 28 novembre prochain. Depuis le début de la campagne électorale un acharnement du journal L Observateur sur ce candidat est constaté. La Prospérité édition n 2280 du 17 novembre 2011. L Observateur, édition n 3746 du 17 novembre 2011 Les Faits Les quotidiens, La Prospérité édition n 2280 du 17 novembre 2011 et L Observateur, édition n 3746 du 17 novembre 2011, ont, l un et l autre, publié un article titré à la Une et à la page 3 : «Assassinat de Paul BIMBA», PPRD : BOSHAB accuse les «Combattants» de Barcelone chez les ambassadeurs!» et «Secrétaire exécutif du PPRD/Espagne depuis 2009. Paul BIMBA MAZEMBE assassiné à Barcelone». Dans ces deux articles, qui reprennent la déclaration faite à ce sujet Par Evariste BOSHAB, Secrétaire Général du PPRD lors d une conférence de presse en présence des ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques accrédités à Kinshasa, il est écrit : «Encore un mort de trop de suite des violences exercées sur des paisibles citoyens. Cette fois-ci, c est en dehors du pays, précisément à Barcelone, en Espagne, où M. BIMBA MAZEMBE Paul, de nationalité congolaise, haut cadre du Parti du Peuple Pour la Reconstruction et la Démocratie a été lâchement assassiné dans la nuit du 08 au 09 novembre dernier». D après les
19 précisions données par ce haut cadre du parti, l infortuné revenait d une réunion de son parti lorsqu il a été surpris par les membres d un camp appelé «Combattants» instrumentalisés par certains milieux politiques basés à Kinshasa. Quelques jours après, l Ambassade d Espagne à Kinshasa réagi par un communiqué qui dément un quelconque assassinat d un Congolais en territoire espagnol. Ci-dessous, l intégralité de ce communiqué : Le fait que les Directeurs de publication des deux organes précités se soient contentés de répéter ce qui a été dit ailleurs sans une vérification préalable des faits, ils se rendent coupables de la violation des articles 2 et 6 du Code de déontologie des journalistes congolais. Il s avère que ces directeurs ont pu reproduire aveuglement des informations qui se sont avérées erronées. Ils ont violé en outre l article 52 de la Directive du CSAC pour non respect des règles d objectivité et d équilibre. L article 5 du Code de déontologie relatif aux propos mensongers et médisant a été aussi malmené. Echos des Antennes provinciales OMEC KIKWIT/Province de BANDUNDU. En prévision de la campagne électorale pour les élections de novembre 2011, l OMEC/Kikwit a tenu à l Ecole Primaire I LUZINGU une réunion de sensibilisation avec tous les professionnels des médias de la ville de Kikwit dès le début de la campagne électorale. Il a été question d une lecture explicative d document «Vade Me cum pour la sécurité du journaliste en RDC», de commenter les règles de sécurité du journaliste pendant la période électorale : «Ce qu il faut faire et ce qu il ne faut pas faire» et enfin la ligne directrice de passage des candidats (projet de société et programme d action). En ce qui concerne le monitoring quotidien, les candidats déjà instruits passent sans dérapages dans beaucoup des médias de la place. Le Coordonnateur passe chaque jour d une maison de presse à l autre pour se rendre compte du respect des règles déontologiques. L OMEC/Kikwit déplore toutefois le comportement qu affichent certains professionnels des médias évoluant dans des médias appartenant à des acteurs politiques dont la RTVS1, RT Vénus, Ralik, pour ne citer que ceux-ci. A cet effet, ils portent des Tee-shirt et insignes frappées aux couleurs des partis politiques. Après un travail de conscientisation, la chose a été finalement comprise comme telle. Par la même occasion, l OMEC/Kikwit a demandé aux consœurs et confrères qui se sont portés candidats à la députation nationale de cesser pour le moment, conformément aux lois en vigueur, l exercice de la profession journalistique. L Instance d autorégulation provinciale veille à l application sans faille de ces dispositions. Des communiqués dans ce sens sont diffusés dans les médias jusqu à la date prévue pour les élections.
20 OMEC Lubumbashi/Province du KATANGA. Depuis le lancement de la campagne électorale et bien avant cela, la ville de Lubumbashi a été le théâtre des échauffourées entre partisans des deux partis politiques les plus en vue à savoir l UDPS d Etienne Tshisekedi et l UNAFEC de Gabriel Kyungu Wa Kumwanza. Des blessés et des dégâts matériels importants ont été enregistrés. L OMEC/Lubumbashi est inquiet au vu de ces dérapages. Pour l Instance d autorégulation des médias au niveau de la province, les médias de la place ont une part de responsabilité dans ces incidents. Appartenant tous à des acteurs politiques candidats aux différents postes électifs, ces médias s écartent considérablement du champ déontologique et éthique régissant le métier d informer. Ils ne sont ni objectifs ni impartiaux ni indépendants et ils constituent ainsi une rampe de lancement pour relayer sans outre mesure les messages de haine et d intolérance politique des politiciens patrons-propriétaires de la chaîne. Ils se pose alors un problème de la «clause de conscience». L OMEC tire ainsi la sonnette d alarme en dénonçant de tels travers médiatiques par voie de presse. OMEC/MBUJI-MAYI/Province du Kasaï- Oriental. Dans la ville de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental), des affrontements entre les militants de l UDPS et ceux du PPRD ont causé la mort malheureusement d une fillette de 8 ans et plusieurs cas de blessés. Comme à Lubumbashi, L OMEC/Mbuji-Mayi constate que les médias de la place, appartenant pour la plupart aux acteurs politiques, servent de rampe de lancement à tous ces cas de dérapages. Ils relayent avec passion et sans discernement les discours de violence, de haine ethnotribale, d intolérance politicoidéologique des «candidats» propriétaires des médias. Il se pose alors la question de la clause de conscience. Compte tenu de l importance des enjeux du moment, l Instance d autorégulation des médias au niveau provincial tape du point sur la table pour fustiger un tel comportement de la part des professionnels des médias par l amorce d une action pédagogique sur fond des communiqués de presse. III. CONCLUSION La semaine du 14 au 20 novembre 2011 est marquée par des violences de toute sorte. L OMEC constate que certains journalistes ont énervé le Code de déontologie du journaliste congolais en banalisant le sens de responsabilité et l esprit d indépendance qu ils ont l obligation d observer en toute circonstance. En dépit de son action pédagogique et de ses nombreuses exhortations aux professionnels des médias, nombre d entre eux ne cessent de verser dans le parti pris systématique, l incitation à la haine tribale et/ou ethnique, l atteinte à la dignité humaine, la manipulation ou la déformation des faits, la démobilisation des électeurs potentiels des candidats autres que leurs favoris depuis le démarrage, le 28 octobre
21 2011, de la campagne électorale. De ce fait, les hommes des médias livrent à l opinion une mauvaise image d eux-mêmes et discréditent à la fois leur noble métier. Ce type de comportement est très dangereux car de nature à faire déraper le processus électoral. L Instance d autorégulation des médias congolais en appelle à l indépendance, à la neutralité, au sens de responsabilité et au professionnalisme des hommes et femmes des médias. L OMEC rappelle, à cet effet, que tous les médias doivent concourir à la réussite des élections générales (présidentielle et législatives) organisées par le Gouvernement congolais. Les hommes et femmes des médias sont appelés à jouer pleinement le rôle qui leur revient en fondant leur comportement uniquement sur le Code de déontologie du journaliste congolais. ANNEXES En annexe du présent rapport, le communiqué publié : COMMUNIQUE SPECIAL ELECTIONS N 002/2011 Fait à Kinshasa, le 20 novembre 2011 Pour le Conseil Exécutif Polydor-Fortunat MUBOYAYI MUBANGA Président L OMEC préoccupé par la tendance à la déformation des faits et les appels à la haine ethno-tribale. L Observatoire des Médias Congolais «OMEC» constate, sur base du rapport réalisé par son Pool de monitoring que la semaine du 14 au 20 novembre 2011 reste marquée notamment par des violences de toutes sortes, que certains journalistes ont énervé le Code de déontologie du journaliste congolais en banalisant le sens de responsabilité, l esprit d indépendance et la neutralité qu ils ont l obligation d observer en toutes circonstances. A cet effet, l Observatoire des Médias Congolais note qu en dépit de son action pédagogique et de ses nombreuses exhortations aux professionnels des médias, nombre d entre eux ne cessent de verser dans le parti pris systématique, l incitation à la haine tribale et/ou ethnique, l atteinte à la dignité humaine, la manipulation ou la déformation des faits, la démobilisation des électeurs potentiels des candidats autres que leurs favoris depuis le démarrage, le 28 octobre 2011, de la campagne électorale. Alors que l électorat a soif de bien connaître les profils des candidats, leurs projets de société, leur vision politique à court ou long terme, leur rêve pour le Congo de demain, il est très peu servi en actions de terrain. Les futurs électeurs sont victimes d une inquiétante intoxication à travers des appels répétés à la haine tribaloethnique et à la violence. La culture de la machette, inconnue de notre peuple il y a quelque temps, est en train de s ancrer progressivement dans la mémoire collective. Certains journalistes vont même jusqu à développer des discours qui les font passer pour le «douzième candidat» à la présidentielle, en diabolisant des candidats en lieu et place de leurs véritables adversaires politiques. Pourtant, «Le Guide pratique du journaliste en période électorale», un ouvrage produit par l OMEC en 2006 avec l appui de ses partenaires, interdit aux professionnels des médias de
22 reproduire aveuglement des informations reçues des tiers, d abuser de leur pouvoir pour déformer la vérité et ternir la réputation de quiconque, et enfin de ne faire aucune faveur particulière aux politiciens et aux partis politiques. Malheureusement, les hommes des médias livrent à l opinion une mauvaise image d eux-mêmes et discréditent leur noble métier. Ce type de comportement est très dangereux car de nature à faire déraper le processus électoral. L OMEC rappelle, à cet effet, que tous les hommes et femmes des médias doivent concourir à la réussite des élections générales (présidentielle et législatives) que tout le monde veut apaisées. Pour gagner ce pari, ils ont l obligation de se comporter de manière professionnelle en demeurant en tout temps et en tous lieux, otages des règles fondatrices du métier d informer. 3 ème Semaine du 20 au 27 novembre 2011. Introduction Fait à Kinshasa, le 20 novembre 2011. Pour le Comité Exécutif de l OMEC Pr. Bernard MUNSOKO WA BOMBE Secrétaire Exécutif La 3 ème semaine de monitoring des médias durant cette période électorale a coïncidé avec une fin de la campagne électorale mouvementée. Un décor de violence s est installé à Kinshasa le samedi 26 novembre avant que le ciel ne s éclaircisse et que les Kinois (en particulier) soient gratifiés de deux jours d un calme qui les a amenés au vote du 28 novembre 2011. Les médias ont joué un rôle prépondérant par des appels au calme qui ont finalement eu un écho relativement favorable, même si, à certains moments, beaucoup ont versé dans le sensationnel à la suite du traitement irresponsable des informations. Si certains professionnels des médias évoluant dans les médias proches du pouvoir, ont brillé par un traitement partisan des faits et l occultation délibérée de la réalité du terrain cumulée avec des accusations tendancieuses à l endroit des adversaires politiques, ceux proches de l opposition ont avalisé des thèses haineuses sur fond d intolérance politique ainsi que le langage de la rue. Au regard du Code de déontologie des journalistes congolais, de la Grille de lecture de l OMEC, de la Directive du Conseil Supérieur de l Audiovisuel et de la Communication(CSAC) relative à la campagne électorale dans les médias ainsi que de la Loi n 002/96 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l exercice de la liberté de la presse en RDC, le Pool de monitoring de l OMEC a épinglé les médias ci-après pour des cas de dérapages éthiques et déontologiques :
23 I. AUDIOVISUEL CNTV, émission «Le Peuple d abord» du mercredi 16 novembre 2011. 16h20. Les faits Dans son émission titrée «Le Peuple d abord» en rapport avec la campagne électorale débutée depuis le 28 octobre 2011, l animatrice NDEKO PATHY a reçu un candidat député national du nom de KAPINGA NTANKU. Celui-ci est arrivé sur le plateau avec les membres de sa «base». Plusieurs thèmes ont été passés au peigne fin. Abordant celui en rapport avec l intolérance politique, l invité s en est pris à M. KYUNGU WA KUMWANZA, président national de l UNAFEC (Union nationale des fédéralistes congolais) en ces termes «Ce type-là, d ailleurs, c est un Portugais, il n est pas Congolais. Notre Constitution refuse la double nationalité. C est un aventurier. Même Tshisekedi, mon vieux routier de notre politique, connaît KYUNGU très bien. Lorsque le Président Etienne TSHISEKEDI deviendra Président, il va s en prendre à tous les gens qui ont la double nationalité. De vrais aventuriers dans notre pays». Pour avoir laissé à son invité le temps de médire sans pour autant l interrompre ou l exhorter à retirer ses propos, la présentatrice NDEKO PATHY viole le Code de déontologie des journalistes congolais en ses articles 2 et 11 pour manque de sens de responsabilité, d indépendance et atteinte à la dignité d une autorité publique avec les propos du genre : «Ce type-là, d ailleurs, c est un Portugais, il n est pas Congolais. Notre Constitution refuse la double nationalité. C est un aventurier. Même Tshisekedi, mon vieux routier de notre politique, connaît KYUNGU très bien»...sont discriminatoires. Le candidat député national KAPINGA NTANKU viole les articles 55 & 58 alinéa 1 de la Directive du CSAC relative à la campagne électorale à travers les médias. Radio Lisanga Télévision,RLTV en sigle, émission «Spécial But na filet» du lundi 21 novembre 2011. 10h00. Les faits L animateur de l émission «Buts na filet» du lundi 21 novembre 2011 à 10h00, Eliezer NTAMBWE s est entretenu avec deux enfants en âge scolaire, non électeurs, d une quinzaine d années, sur le processus électoral dans notre pays. A la question de savoir pour quel candidat parmi les 11 à l élection présidentielle voteraient-ils s ils étaient majeurs, ces enfants ont répondu : «Etienne TSHISEKEDI». Et l animateur d ajouter : «Alors vous avez l obligation de dire à vos parents de voter ce candidat parce qu il est à même de vous scolariser efficacement. Vous mangerez trois fois par jour. Ne suivez pas ces menteurs, ces voleurs qui nous affament chaque jour».
24 Le présentateur Eliezer NTAMBWE s est rendu coupable de violation des articles 2 et 3 du Code de déontologie des journalistes congolais pour manque de sens de responsabilité et d honnêteté et pour parti pris systématique tout en sachant que la loi électorale interdit de faire participer les mineurs aux opérations de vote ; de la même manière qu il est interdit d utiliser les enfants pour besoin de campagne électorale. Les termes : «Ces menteurs, ces voleurs qui nous affament chaque jour» sont médisants, injurieux (article 5 du Code de déontologie) et relèvent des insinuations malveillantes (article 9). Radio Lisanga télévision,rltv, émission spéciale «Buts na filet» du 21 novembre 2011 à 20h05 (rediffusée le lendemain à 10h00 ). Les faits L animateur Eliezer NTAMBWE organise une émission spéciale intitulée «Buts na filet» axée sur de la campagne électorale au cours de laquelle plusieurs invités développent des idées en rapport avec l élection du candidat Etienne Tshisekedi à la présidentielle de novembre 2011. M. DIOMI NDONGALA, candidat député national pour le compte de la Démocratie chrétienne, un parti politique soutenant Etienne TSHESEKEDI, s exprime en ces termes : «KABILA est encore un enfant ; partout où il passe, voyez même comment il tient le micro, c est comme un enfant! Plus grave encore, il est allé acheter un diplôme à l université, un diplôme honoris causa, il fera quoi avec? Il va faire valoriser cela où? C est regrettable». Prenant la parole, Eliezer affirmera : «Une certaine presse à sensation fait état des informations sur l avion du Président Etienne. Vraiment taisezvous! Déontologiquement, vous ne connaissez rien. Est-ce qu Etienne peut accepter l offre du Gouvernement «provincial du Maniema? Qui sont-ils? L argent volé! Veulent-ils salir TSHISEKEDI? Il n y a qu une seule chaîne : la RLTV. Vous qui soutenez Tshisekedi, n osez pas suivre toutes ces autres chaînes-là. Ba chaînes ya pamba pamba, pour dire des chaînes inutiles, etc.». L animateur Eliezer viole les articles 2, 5, 11 et 14 du Code de déontologie des journalistes congolais pour manque de sens de responsabilité, d indépendance et de décence dans la relation des faits mais également pour propos médisants et atteinte à la dignité d une autorité publique. Affirmer que «Une certaine presse à sensation fait état des informations sur l avion du Président Etienne. Vraiment, taisez-vous! Déontologiquement, vous ne connaissez rien. Est-ce qu Etienne peut accepter l offre du Gouvernement provincial du Maniema? Qui sont-ils? L argent volé! Veulent-ils salir TSHISEKEDI? Il n y a qu une seule chaîne, la RLTV. Vous qui soutenez Tshisekedi n osez pas suivre toutes ces autres chaînes -là. Ba chaînes ya pamba pamba, «des chaînes inutiles», etc.» relève d une
25 attitude contraire à la solidarité confraternelle. L animateur NTAMBWE a, par ailleurs, manqué à son devoir de l église au milieu du village pour n avoir pas pu exiger de son invité de retirer des propos injurieux à l endroit d une autorité publique en l occurrence le Président Kabila quand M. DIOMI l a traité avec des propos médisants, injurieux, diffamants :: «KABILA est encore un enfant. Partout par où il passe, voyez même comment il tient le micro, c est comme un enfant. Plus grave encore, il est allé acheter un diplôme à l Université, un diplôme honoris causa, il fera quoi avec? Il va faire valoriser cela où, c est regrettable». Radio Lisanga télévision,rltv, émission «11 buts na filet» présentée par ELIEZER NTAMBWE à 19h00. Les faits L invité Ndeko Basile et Eliezer Ntambwe dans l émission «11 buts na filets» a laissé entendre que «Les bottes de nos soldats sont devenues vétustes. Tout ça parce qu ils sont mal payés. Comment les femmes et les enfants peuvent - ils voter des gens qui font qu ils soient ainsi mal payés? Qu ils aillent plutôt voter pour Tshisekedi.». Et lui de renchérir en s adressant aux électeurs «je vous interdis de donner vos cartes à ces genslà moyennant de l argent pour qu ils prennent les numéros de vos cartes afin de tricher lors des élections». Et aux spectateurs de répondre : «Nous allons les tuer!». Eliezer Ntambwe viole le Code de déontologie des journalistes congolais en ses articles 2 et 3 ainsi que l article 55 de la Directive du CSAC relative à la campagne à travers les médias. Son attitude affichée s apparente à un manque de responsabilité tombant du coup dans un parti-pris systématique pour avoir accompagné son invité, le nommé Ndeko Basile, de surcroît candidat à la députation nationale. Déclarer que «Je vous interdis de donner vos cartes à ces gens- là moyennant de l argent pour qu ils prennent les numéros de vos cartes afin de tricher lors des élections» et en laissant la latitude aux téléspectateurs de répondre : «Nous allons les tuer!», il se rend coupable de la violation de l article 55 de la Directive du CSAC relative à la campagne à travers les médias, pour incitation à la haine et à la violence. Radio Lisanga télévision,rltv, Spécial clôture de la campagne électorale, samedi 26 novembre 2011, 18h00. Les faits En prévision de la clôture de la campagne électorale le samedi 26 novembre 2011 sur toute l étendue de la République, Eliezer NTAMBWE a reçu au cours d une émission spéciale plusieurs invités dont des acteurs politiques proches de l opposition politique afin de commenter la fin de cette campagne électorale ainsi que le retour du candidat Etienne Tshisekedi à Kinshasa, après une longue tournée à l intérieur du pays. Il a saisi alors cette occasion pour diffuser un élément de reportage où l on voyait des sympathisants de l UDPS (Union pour la démocratie et le
26 progrès social) chanter ce qui suit : «Eh, eh, le peuple d abord. Peuple nini? Peuple congolais. Eh, peuple rwandais te. Eh, yâ Tshitshi, zongisa ye na Rwanda,moyibi wana. Oko pona nani?...ya Tshitshi». Eh! eh! Le peuple d abord. Quel peuple? Peuple congolais. Mais, pas le peuple rwandais! Eh Tshisekedi, renvoie-le au Rwanda, ce voleur! Pour qui voteras-tu? Tshisekedi). Commentant la fin de la campagne électorale, le candidat à la députation nationale DIOMI NDONGALA, dira ceci: «Un mois durant, jour pour jour, le peuple congolais comprend maintenant qui il aime vraiment! Qui sont des voleurs. Qui sont ceux qui le font souffrir. Qui sont ceux qui se réjouissent de sa souffrance. Alors, lundi, jour du vote, tout le monde doit savoir qui voter. Pas question d accorder des voix à ceux qui iront vivre là où ils sont des natifs». Abordant la question relative à l existence supposée des bureaux de vote fictifs, M. Franck DIONGO, également candidat député national proche de l opposition politique, affirmera : «La CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) doit comprendre qu on ne joue pas avec le feu. Au cas où elle n arrange rien, elle verra! Nous ne voulons nullement des aventuriers, ni des tricheurs. L opposition, c est du feu. Alors, comme elle s amuse avec le feu, elle verra! Ceci est un avertissement qu elle doit prendre très au sérieux». En diffusant cet élément de reportage comportant une chanson tendancieuse: «Eh, eh, le peuple d abord. Peuple nini? Peuple congolais. Eh, peuple rwandais te. Eh, yâ Tshitshi, zongisa ye na Rwanda, moyibi wana. Oko pona nani?ya Tshitshi» Eliezer Ntambwe, également Directeur des programmes, s est rendu coupable de violation des articles 2, 3 et 5 pour manque de sens de responsabilité, d indépendance pour parti pris systématique, incitation à la haine ainsi que l apologie des valeurs négatives dans l exercice du métier. Une telle chanson vise un candidat à la présidentielle auquel certaines langues attribuent des origines rwandaises. Ce qui porte atteinte à la considération de la personne incriminée de surcroît autorité publique (art.11). Par ailleurs, les propos du genre : «La CENI doit comprendre qu on ne joue pas avec le feu. Au cas où elle n arrange rien, elle verra! Nous ne voulons nullement des aventuriers, ni moins des tricheurs. L opposition, c est du feu. Alors comme elle s amuse avec le feu, elle verra! Ceci est un avertissement qu elle doit prendre très au sérieux» ; et aussi «un mois durant, jour pour jour, le peuple congolais comprend maintenant qui il aime vraiment. Qui sont des voleurs. Qui sont ceux qui le font souffrir. Qui sont ceux qui se réjouissent de sa souffrance. Alors, lundi, jour du vote, tout le monde doit savoir qui voter. Pas question d accorder des voix à ceux qui iront vivre là où ils sont des natifs», de tels propos sont susceptibles d inciter à la violence, à la xénophobie. En cette période de grande effervescence politique, relayer de tels propos, c est pousser une personne ou un groupe de personnes à poser des actes susceptibles de mettre en péril la paix et l harmonie sociales (article 13). Canal Numérique télévision, CNTV du 26 novembre 2011. La chanson «Eh, eh, le peuple d abord. Peuple nini? Peuple congolais. Eh, peuple rwandais te. Eh, yâ Tshitshi, zongisa ye na Rwanda, moyibi wana. Oko pona nani? Ya Tshitshi» était abondamment diffusée le même soir du 26
27 novembre 2011 marquant la fin de la campagne électorale sur la chaîne CNTV. Une telle chanson comporte des accusations graves (art. 6) autant qu elle porte atteinte à la considération de la personne incriminée de surcroît autorité publique (art.11). Digital Congo TV, des 23 et 24 novembre 2011. Les faits Digital Congo Télévision relaye à répétition les propos tenus par le gouverneur de la province de l Equateur, M. Jean Claude BAENDE IS ELIKO, dans de son discours d accueil au chef de l Etat, M. Joseph KABILA KABANGE, candidat à l élection présidentielle de novembre 2011, de passage à Mbandaka(Equateur) dans le cadre de la campagne électorale. En effet, présentant le candidat à sa propre succession aux Congolaises et Congolais massés au stade BAKUSU, lieu fixé pour le rassemblement de la population, le gouverneur BAENDE déclare : «Le Président KABILA foule le sol de Mbandaka sous la pluie. C est un signe de bénédiction, car cette pluie balaie tous les mauvais sorts jetés par certains candidats l ayant précédé ici. C est une table rase vers la purification. Nous allons citer les noms de ces candidats puisque nous sommes en campagne électorale. L un fut nommé 4 fois Premier Ministre par feu le Maréchal MOBUTU et déclina chaque fois l offre. C est un mauvais monsieur. Car s il avait accepté de travailler avec le maréchal ex-président, il n y aurait pas eu des rébellions et MOBUTU serait encore en vie. Cet homme auquel nous faisons allusion