Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 1 Synthèse bulletin de veille métier en collaboration avec les réseaux professionnels du CNRS : Contribution de RESINFO (Réseau métier BAP E -famille EC) Novembre 2014 1 Au vu des chiffres joints ci-dessous, des constats ou analyses vous semblent-ils émerger concernant les métiers représentés au sein de votre réseau? Il est remarqué une augmentation globale des effectifs de la BAP E depuis 10 ans qui cependant reste insuffisante par rapport à la charge de travail qui augmente avec les nouveaux besoins émergents. En particulier dans la famille EC (Systèmes et Réseaux) où les effectifs ont plutôt tendance à diminuer depuis 4 ans. De moins en moins d'agents pour gérer des systèmes d'information de plus en plus complexes. 2 Au cours des 5 dernières années, avez-vous constaté l apparition de nouvelles technologies, de nouvelles pratiques/activités demandant l acquisition de nouveaux savoirs-faire? De manière générale, les technologies émergentes pour lesquelles les informaticiens ont demandé des formations ces 5 dernières années ont été : la virtualisation des serveurs, la mobilité avec l apparition des smartphones et des tablettes, le stockage de type Cloud corrélé à l explosion de la volumétrie des données. Page 1 sur 4
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 2 Il faut également s adapter à des organisations structurelles différentes qui passent par une externalisation et/ou mutualisation vers les DSI des établissements régionaux ou nationaux : des services de l hébergement 3 Au cours des 5 dernières années, avez-vous constaté l émergence ou au contraire la disparition de spécificités liées aux métiers de votre réseau? Les principales spécificités remarquées sont : L augmentation de la prise en compte de la sécurité au niveau politique avec la mise en place d organisation et de politique de sécurité, le chiffrement des portables, l augmentation des fréquences des mises en place de correctifs logiciels. Cette augmentation de la prise en compte de la sécurité par les établissement est en contradiction avec l utilisation croissante des utilisateurs de services grand public (dropbox, google agenda, etc.) et de la mobilité difficilement compatibles avec les politiques de sécurité des établissements. Un besoin croissant d assistance aux utilisateurs 24/24h, 7/7j. La mutualisation au niveau régional ou national de services réseaux (mail, hébergement, stockage, vpn, etc.) qui entraîne un recentrage des activités en partie sur l assistance aux utilisateurs et un support accrû à l'informatique scientifique (Stockage et archivage de gros volumes de données, bases de données scientifiques, serveur de calcul scientifique, etc.) La prise en compte de l'impact environnemental des matériels informatiques durant tout leur cycle de vie. 4 Le contexte de travail a-t-il été amené à évoluer ces 5 dernières années? Pensez-vous qu il devrait évoluer prochainement? (ex. évolution de la réglementation, évolutions du secteur d activité etc.) Les offres de services proposées par les DSI des établissements régionaux (universités) ou nationaux (DSI du CNRS, RENATER,etc.) ont amené à l externalisation de certaines tâches (mail, partage de fichiers, agendas, réseau, ) ce qui permet aux informaticiens de laboratoire d évoluer vers plus d appui à la recherche comme l assistance utilisateurs, le développement bio-informatique, Page 2 sur 4
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 3 l aide au calcul haute performance (HPC), le déploiement de services informatiques spécifiques, Les besoins en sécurité informatique et la sensibilisation des utilisateurs est en forte augmentation. Un besoin accru de formalisation et de qualité des processus de fonctionnement est relevé. Le manque de personnel permanent spécialisé sur ces nouvelles activités (notamment le stockage de masse), l augmentation des embauches de CDD et le financement sur projets rendent difficile la réalisation de ce challenge qualité. La réglementation concernant les services informatiques évolue très rapidement et doit être intégrée dans nos méthodes de travail. 5 Pressentez-vous une évolution dans les activités, dans les techniques utilisées ou dans les objets d étude pour les années à venir? Les évolutions des activités sont dues aux évolutions des nouvelles technologies, des nouvelles utilisations/habitudes des utilisateurs et des nouvelles organisations comme : la mobilité qui demande une grande attention au niveau de la sécurité. Émergence de la BYOD (Bring your own device) posant le problème de l'interface vie privée-vie professionnelle et de la sécurisation des données dans ce contexte. la virtualisation. le calcul HPC et les technologies Cloud. l explosion de la volumétrie des données. la mutualisation des services au niveau des DSI, ce qui pour certains entraîne une perte de technicité, pour d autre une spécialisation avec une plus grande expertise, mais sur un spectre professionnel plus étroit. D'une manière générale, le système d'information devient de plus en plus complexe et un métier qui au départ était principalement technique demande aujourd'hui de maîtriser les méthodes organisationnelles (guide de bonnes pratiques, ITIL), les règles de label qualité (ISO 9001) et de sécurité informatique (ISO 27000). 6 Souhaitez-vous nous faire part d éléments complémentaires qui vous sembleraient pertinents en termes de veille métier? Page 3 sur 4
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 4 Plusieurs remarques nous sont faites autour de la gestion du personnel, du manque de reconnaissance et de promotion, de difficultés organisationnelles (doit-on dépendre de son directeur ou d une DSI nationale?). Un travail collaboratif inter-laboratoire est souhaité, de même qu une plus forte diffusion d information métier auprès des informaticiens. En même temps, l on observe une difficulté de faire reconnaître auprès des directeurs de laboratoire les actions menées dans le cadre de réseaux métiers ou inter-laboratoires. Les évolutions des métiers doivent être prises en compte plus rapidement, notamment les besoins en spécialisation, les fiches REFERENS V3 non encore publiées. Certains collègues ont l impression de régresser en perdant l administration des services réseaux (mail par exemple) et en faisant plus de maintenance sur les postes utilisateurs par manque de personnels. Ces personnels devraient pouvoir recentrer leurs activités en support direct à la recherche scientifique et devraient être accompagnés dans ce sens par des formations adaptées. Page 4 sur 4
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 5 Le réseau des bases de données (rbdd) a pour but de fédérer les acteurs de la recherche dont les missions sont liées aux bases de données. Ses membres proviennent de tous les corps d activités professionnelles aussi bien chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs ou techniciens et de toutes les disciplines. De ce fait, cette communauté n est pas exclusivement composée de profils issus de la famille des systèmes d information de la BAP E. Aussi, bien que la population de la famille EA soit stable, le nombre de personnes travaillant sur des bases de données est croissant, ce qui est visible notamment dans la famille «traitement, analyse et représentation de l information spatiale» dont la population a doublé en dix ans. Cependant, il est délicat de déterminer quelle proportion de travail peut être imputée à des missions liées aux bases de données proprement dites et aux missions propres aux métiers de chaque BAP. Par exemple, il est difficile de connaître dans le détail les proportions de temps passé par les administrateurs des systèmes d'information à administrer des bases de données qu elles concernent des données administratives ou scientifiques. De même, il est difficile de savoir si un ingénieur en biologie et recherche médicale passe plus de temps sur les aspects de biologie ou de gestion et traitements de données biologiques massives. De ce fait, les statistiques d évolution des IT du CNRS ne permettent pas de déterminer si le nombre de personnes affectées à des tâches de création, de développement ou de gestion de bases de données a augmenté ou diminué. Le seul indicateur actuellement disponible peut être le nombre d'offres de contrats en CDD concernant la mise en place de bases de données, de systèmes d information géographiques, de portails de données et de métadonnées qui est en forte augmentation sur ces 3 dernières années. De plus, cette diversité de métiers liés aux bases de données reflète des changements dans ces métiers. En effet, les personnels ayant des profils techniques sont de plus en plus amenés à devoir connaître le domaine fonctionnel pour lequel ils assurent un soutien, que ce soit dans le cadre d un projet de recherche ou du pilotage de l établissement. Ainsi, les personnels de la famille des systèmes d information assurent un lien entre les métiers purement informatiques et les métiers fonctionnels. Ils sont de ce fait amenés à monter en compétence dans le domaine pour lequel ils conçoivent et mettent en œuvre des bases de données. De plus, par nécessité de partage et de standardisation des données, il devient difficile de travailler de manière isolée à la création d'une base de données, sans prendre en compte par exemple des référentiels métiers tels que Eunis, Corin Land Cover et TaxRef. Cela implique également que les personnels ayant des profils fonctionnels sont de plus en plus sollicités pour l élaboration des bases de données. Il ressort notamment un rôle d animation pour la définition de bonnes pratiques et la mise en œuvre de directives gouvernementales, telle que la directive Inspire élaborée par la Direction générale de l'environnement de la Commission européenne qui vise à établir en Europe une infrastructure de données géographiques. Par ailleurs, en plus de l acquisition de compétences fonctionnelles, les technologies des bases de données ont considérablement évolué, pour permettre de gérer des données de plus en plus complexes. Pour la recherche, des progrès techniques tels que l imagerie aérienne ont engendré des masses de données dans des disciplines scientifiques où auparavant les données traitées étaient beaucoup moins volumineuses. Par exemple, en biologie, le
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 6 développement du séquençage génomique a nécessité des techniques et outils nouveaux en matière de bases de données. L ensemble des innovations scientifiques, et même le besoin de disposer de plus d informations dans les fonctions support de la recherche a obligé les concepteurs à mettre en œuvre de nouveaux types de bases de données. Ces innovations ont alors permis de répondre aux nouveaux besoins de stockage et de traitement des données. Ainsi les entrepôts de données ont permis de centraliser les données pour faciliter les croisements de données et la découverte de corrélations. Plus récemment, le volume de données brutes généré est tel qu il n est plus envisageable de transformer la donnée avant de la stocker. De plus, la variété des données ne permet pas d utiliser les outils d interrogation des bases de données relationnelles. Les technologies de Big Data répondent au besoin de disposer de résultats rapidement à partir d un volume important et varié de données semi-structurées ou non-structurées. Les technologies Big Data s appuient notamment sur des moteurs de bases de données non-relationnels de type NoSQL (Not Only SQL). Ces nouvelles technologies ne remplacent pas les moteurs de bases de données relationnelles, mais complètent le panel d outils à disposition des concepteurs de bases de données. Ces derniers doivent donc se former à l ensemble de ces technologies afin d être à même de choisir le bon outil pour le bon usage. Conjointement, la nécessité de rendre les données disponibles en ligne s est développée, notamment pour les données géoréférencées. Ainsi, les infrastructures de données géographiques permettent la collecte, le traitement et la mise à disposition sur le web des données géographiques issues de la recherche. Pour offrir un accès facilité et efficace, ces infrastructures reposent sur la mutualisation des bases de données et des services respectant des conditions d interopérabilité. Ces évolutions technologiques nécessitent d en comprendre les enjeux et d acquérir des compétences particulières nécessaires à la construction d infrastructure de données spatialisées de référence. Le développement de ces nouvelles technologies facilite la mise à disposition d informations et permet de répondre au besoin d ouverture des données au public. Ce mouvement appelé, Open Data, fut initié dans un but de transparence et de stratégie économique. Ces données rendues publiques peuvent alors être réutilisées pour fournir des applications par le secteur privé ou des communautés numériques. Ce nouveau contexte, auquel sont confrontés les différents acteurs des bases de données, a donné lieu à une régulation juridique complexe, notamment pour faciliter la réutilisation des informations détenues par les organismes des états membres de l Union européenne. Parallèlement, la législation française et européenne a permis la mise en place d une protection juridique relative aux bases de données. Cette protection porte aussi bien sur le contenu que le contenant. Les responsables, du point de vue juridique, de bases de données doivent alors faire face notamment aux aspects de propriété des données, au code de la propriété intellectuelle, aux droits d auteur et droits voisins ainsi qu aux obligations de protection des données personnelles. De ce fait, les besoins d ouverture des données au public et les obligations réglementaires de protection des données complexifient le contexte de travail autour des bases de données. Par ailleurs, les nouvelles technologies et l évolution des contextes ont eu un impact sur les activités liées aux bases de données. Ainsi les concepteurs de systèmes d information
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 7 doivent prendre en compte les problématiques de volume des données et comprendre les besoins de manipulation et traitement des informations afin de développer et déployer des infrastructures matérielles et logicielles adaptées respectant les contraintes réglementaires liées aux données. Ainsi, comme évoqué précédemment, de nombreux profils sont maintenant appelés à avoir des activités liées aux bases de données, notamment en ce qui concerne la gestion, la sécurisation, la mise à disposition et la pérennisation des données. L ensemble de ces évolutions engendre une demande croissante de polyvalence dans les métiers liés aux bases de données. En particulier dans la BAP E, les informaticiens doivent comprendre les besoins fonctionnels et sont amenés à intervenir à différents niveaux. Par exemple, ils sont impliqués dans les phases de conception d une base de données, de mise en œuvre de l infrastructure sous-jacente ou du développement de l interface graphique alors que ces activités correspondent à des familles différentes. Cette polyvalence peut être à l origine de difficultés et d incompréhension au sein d une équipe où les rôles ne correspondent pas aux profils.
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 8 ANNEXE : Métiers référencés dans Referens qui font appel à des compétences ou à des connaissances en bases de données Comme évoqué précédemment, de nombreux métiers référencés dans Referens concernent directement ou sont liés aux bases de données. Certains paraissent évidents (les métiers de la BAP E, les métiers de la BAP F pour les métiers de la documentation scientifique, les métiers de la BAP D pour les données de sciences humaines ou des données spatiales), mais de nombreux autres profils sont en liens avec des activités liées aux bases de données. BAP E : Architecte des systèmes d'information, IR : E1A21 Administrateur des systèmes d'information, IE : E2A21 Gestionnaire de bases de données, AI : E3A21 Chef de projet ou expert en développement et déploiement d'applications, IR : E1B22 Ingénieur en développement et déploiement d'applications, IE : E2B22 Développeur intégrateur d'applications, AI : E3B22 Chef de projet ou expert en information statistique, IR : E1D24 Ingénieur statisticien, IE : E2D24 Technicien d'exploitation, de maintenance et de traitement des données, T : E4X21 Opérateur d'exploitation et de maintenance informatique, AJT : E5XP1 BAP D : (a priori spécialisée dans les bases de données en sciences humaines, mais des infrastructures de données spatiales et géographiques sont aussi largement utilisées en écologie) Ingénieur de recherche en traitement et analyse de bases de données, IR : D1A21 Ingénieur d'étude en traitement et analyse de bases de données, IE : D2A21 Ingénieur de recherche en traitement, analyse et représentation de l'information spatiale, IR : D1B22 Ingénieur d'études en traitement, analyse et représentation spatiale, IE : D2B22 Assistant cartographe, AI : D3B21. Ingénieur de recherche en production et analyse de données, IR : D1D24 Ingénieur d'étude en production et analyse de données, IE : D2D24 Assistant en production et analyse de données, AI:D3D22 BAP F : (spécialisée sur les bases de données bibliographiques) Chargé de système d'information documentaire, IE : F2A22 BAP A : (spécialisée sur les données en biologie/écologie) Ingénieur en analyse de données biologiques, IR : A1A21 Ingénieur en traitement de données biologiques, IE : A2A21 Assistant en traitement de données biologiques, AI : A3A21 Ingénieur des milieux naturels et ruraux, IR : A1D27 Ingénieur en techniques d'étude des milieux naturels et ruraux, IE : A2D27
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 9 Bulletin veille métier Commentaires réseau Médici sur bap F, fap C 1. Au vu des chiffres fournis par l Omes, il apparaît que la baisse du nombre de personnel dans la bap F, famille C est de 26 % en dix ans soit la troisième famille la plus fragilisée sur l ensemble des bap après la bap D, fapc C (Analystes de sources) et bap F fap A (documentation). Ce chiffre est en partie dû à un nombre important de départs à la retraite non remplacés. Il serait intéressant de pouvoir obtenir les chiffres des sous-familles. En effet au CNRS, le nombre de représentants de la sous-famille impression tend à diminuer drastiquement alors que les familles édition et graphisme tendent à se stabiliser. De plus, des informations démographiques détaillées apporteraient un complément appréciable pour projeter l avenir de cette classe de métiers, permettant d apprécier les allègements financiers transférables aux moyens techniques à développer ainsi qu aux formations nécessaires, mais aussi les possibilités de recruter et les charges financières futures. De même les informations par niveau de corps ne sont pas disponibles ce qui serait très intéressant pour la fap FC puisque historiquement c est une famille professionnelle composée en grande partie de T avec une proportion beaucoup moindre d AI et d IE voire nulle d IR. 2. Au cours des cinq dernières années, les nouvelles technologies informatiques qui sont apparues sont le XML-TEI qui est désormais un standard de production de l édition soutenu par le ministère de la recherche et dont l archivage est assuré par le Cines ce qui n est pas le cas d autres langages. De plus les logiciels informatiques d édition, de traitement d images, de mise en page et d édition de pages web pour internet se sont fortement bureautisés. Dans les nouvelles pratiques qui ont tendance à se raréfier, il y a la production de revues et ouvrages papier au bénéfice de la production des mêmes objets sous forme électronique pour l internet et les appareils de communication mobiles. Cette tendance s accompagne de l émergence de nouveaux objets éditoriaux électroniques que sont les sites web, les blogs (ou carnets de recherche ou cahier de labo électronique) ou encore les bases de données (désormais éditorialisées). Au croisement des fap FA et FC se développent également des nouveaux métiers autour du data mining, du text mining, du data analysis en marge du mouvement du Big data même si parfois ils y sont liés. Ces métiers sont plus assurément liés au développement du libre accès et des exigences de l union européenne à l horizon 2020 en la matière. Comme dans de nombreuses autres fap, on constate l augmentation du recours aux subventions externes aux ressources provenant des tutelles qui suppose d acquérir des compétences en la matière. Par exemple dans le cas de la rétronumérisation d un fonds éditorial d un laboratoire qui existe depuis les années 1960, le coût dépasse le budget total annuel du dit laboratoire hors masse salariale. Enfin de manière plus marginale on constate un besoin accru en communication notamment électronique qui suppose une compréhension de la stratégie d influence pour valoriser les productions de la recherche. De même on pourra noter les besoins d accompagner les chercheurs dans leur stratégie de publication en externe (conseil juridique, conseil sur les nouvelles modalités de l édition parfois peu voire pas connues). 3. Au cours des cinq années qui viennent de passer, les évolutions les plus marquantes liées aux métiers de l édition sont les besoins en compétences informatiques accrues (structuration des textes, édition multi-supports ou transmédia, éditorialisation des bases de données et des réservoirs de données et connaissances, rédaction pour la communication internet), et les compétences en métier de la fabrication qui ont diminuées (moins de publication papier). 4. Dans un contexte de travail en forte évolution impulsée par H2020, de développement des archives ouvertes, de redéploiement des acteurs et de baisse du nombre d agents et des finances, il apparaît une nécessité d activer la créativité pour assurer les missions de service public de la recherche afin de rendre compte de ses activités au plus grand nombre de manière ouverte. Quelques pistes possibles : Anne-Solweig Gremillet Réseau Médici Jean-François Trébuchon le 29/10/2014
l hybridation des métiers entre fap FA et fap FC ainsi qu entre bap F et bap E ; Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 10 la mutualisation des moyens et des objectifs très fortement accompagnée politiquement le temps de la mutation parce que n étant que très rarement accepté par la communauté des chercheurs ; l augmentation de l externalisation des prestations ne dispensant pas de l orchestration. 5. Les deux dernières suggestions supposent une augmentation des recrutements au niveau IR dans le but de les piloter. À l heure actuelle il n y a en effet pas plus de 8 % d agents IR dans cette fap. Les activités d édition vont évoluer vers la forme numérique, la «dimension branchée non-stop», plus de transmédia 1, plus de libre accès (obligatoire pour les établissements de droit public en 2020), une redistribution des rôles entre édition privée et publique (négociation Couperin, G8, BSN7). Les techniques que cela sous-tend sont pour le moment présentes mais non maîtrisées par la majorité des personnels. Il y a d ailleurs une grande fracture dans les personnels de la fap FC. Les anciens n ont pas de formation initiale à l édition alors que depuis 3 ans on constate des recrutements de jeunes diplômés de masters à l édition. On peut parler pour une partie de la population concernée d un besoin de professionnalisation qui doit accompagner la rapide mutation professionnelle qui s est mise en action depuis le fort déploiement des technologies informatiques et communications liées à l Internet et aux économies d énergies. Les objets d études qui émergent sont les cahiers de labo électroniques, les bases de données éditorialisées, les réservoirs de données et de savoirs. Il y a à ce sujet une grande disparité entre les communautés disciplinaires. Les SHS s organisent autour des Digital humanities avec une répartition très disparate des compétences. Les physiciens se tournent vers le modèle économique de l auteur-payeur. Les mathématiciens font des pétitions contre les quatre éditeurs dominants du marché mondial de l édition scientifique. Et de surcroit, une préconisation de mise en place d un Accès libre institutionnel vient pimenter le paysage éditorial scientifique (Académie des sciences). Une politique générale du CNRS en matière d édition prenant en compte les spécificités et mettant en lumière les paramètres de chacune pour mieux guider les unités, les directeurs, les agents serait particulièrement éclairant dans cette période de changement. 6. Pour conclure, afin de remplir des missions éditoriales plus complexes avec moins de moyens humains et financiers, il s avère nécessaire de développer les hybridations des métiers entre documentation, édition, informatique, de recruter à des niveaux IR pour piloter les activités, et de former les personnels en place aux nouvelles technologies et pratiques en cours d invention. 1 Le transmédia définit une couverture fonctionnelle qui supporte nativement l interopérabilité et la portabilité des produits sur tous les supports numériques et les interfaces de consultation et d interaction d objet digital. La démarche d écriture et de conception d un objet transmédia s inscrit dans une logique d exploration, d offre industrielle et de mise en usage du produit. Anne-Solweig Gremillet Réseau Médici Jean-François Trébuchon le 29/10/2014
Compilation des bulletins de veille remontés par quatre réseaux - 11 Evolution des métiers opticien de précision / travail du verre Situation actuelle La formation en polissage pour l optique de précision proposée par le lycée Fresnel a fermé en 2001. Depuis, aucune formation en fabrication optique n est proposée en France. La communauté académique et industrielle commence à ressentir les effets de cette perte de savoir-faire, qui se traduit par qu une baisse de performance en termes techniques et donc une perte de compétitivité en regard du contexte international. Il faut noter également une évolution des besoins des principaux acteurs en raison de l avancée des technologies Les besoins : Depuis 2009, les journées polissage pour les grands instruments de la physique et de l astronomie ont mis en exergue les besoins et difficultés similaires rencontrées par les industriels et utilisateurs. La réalisation de pièces optiques de haute performance est aujourd hui dépendante des opérateurs, ce qui engendre des délais de fabrications conséquents et des coûts associés prohibitifs. Les laboratoires sont de plus en plus fréquemment contactés afin de dépasser les problèmes de coûts rencontrés, ceci au détriment des délais et de la compétitivité des industriels de l optique français. Les besoins en fabrication optique des projets tels que VIRGO, le Laser Mega Joule, ou encore le télescope géant européen E-ELT vont absorber l ensemble des capacités de fabrication optique au niveau européen. Si ce constat est une bonne chose en termes de potentielle création d emplois dans les entreprises, il souligne également le besoin de personnels qualifiés capables d appréhender les tenants et aboutissants de la fabrication optique. Atteindre des qualités nanométriques sur des éléments optiques de dimensions métriques relève du challenge et demande un savoir-faire et une expérience qui risque de se perdre dans les années à venir. Les perspectives : La formation des opticiens de précisions s effectue de nos jours directement au sein des entreprises. Le personnel ainsi formé bénéficie d une expérience ciblée sur les besoins à court et moyen terme de l industrie. De ce fait, l ensemble des pratiques du métier d opticien de précision n est pas couvert. Les contacts récents pris avec les industriels du secteur (Thales Optronics, Thales Angénieux, Thales SESO, Sagem REOSC, Winlight Optics, etc ) et les agences et laboratoires (European Southern Observatory, CNRS, CEA-CESTA) ont révélé un intérêt commun à remonter une formation en France, adaptée aux enjeux, moyens et techniques actuels. Les axes de la formation identifiés sont : - Tronc commun optique basé sur la formation dispensée dans le BTS GOOI du lycée Fresnel - Forte composante de travaux pratiques axée sur le travail manuel en fabrication optique : réalisations de lentilles, miroirs, prismes, coins de cube, équerres optiques, polissage de fibres, et méthodes de métrologie associées. - Apprentissage de la mise en œuvre et l utilisation des méthodes de fabrication modernes telles que le polissage ionique, magnéto-rhélogique, fluidique, polissage par outils de petites dimensions, tournage diamant, autres - Un stage de première année en entreprise ou laboratoire durant trois mois, - Un stage de deuxième année de 6 mois en entreprise permettant aux élèves de s intégrer au monde industriel.