Des outils pour construire le savoir lire Apprendre à lire La fluence Définition Comptes-rendus de recherches Utiliser «Fluence de lecture» des éditions La cigale Principes pédagogiques Déroulement des séances
Apprendre à lire. Quelles sont les compétences mises en jeu? La lecture est une activité complexe qui suppose mises en place de nombreuses compétences cognitives. Ces compétences sont étroitement solidaires et elles s appuient les unes sur les autres ; leur développement est réciproque. Bien que, par souci de simplicité, nous les présentions sous la forme d une liste, il ne faut pas en déduire l idée d un enchaînement linéaire des unes aux autres : leurs relations sont beaucoup plus complexes. Conférence de consensus : Ministère Jeunesse Education Jeunesse «L enseignement de la lecture à l école primaire» Des premiers apprentissages au lecteur compétent. Paris, 4 et 5 décembre 2003.
Les composantes indispensables : le développement des compétences langagières : morphologiques et lexicales, syntaxiques, textuelles. la conscience alphabétique et la conscience phonologique : le mot, à l oral comme à l écrit, est constitué d unités, et les mots sont faits de syllabes ; la capacité d identifier les graphèmes (lettres et groupes de lettres constituant les unités les plus petites mobilisées dans la correspondance écrit/oral), les phonèmes (constituants des mots oraux), et de mettre en correspondance graphèmes et phonèmes ; l automatisation du traitement du code de connaissance / déchiffrage des mots (perception, segmentation, mémorisation)»
Qu'est-ce que savoir lire? Lire, c est extraire d une représentation graphique du langage la prononciation et la signification qui lui correspondent. Le matériel écrit étant généralement porteur de sens, nous le traitons (le lisons) pour en extraire ce sens. M. Fayol
Apprendre à lire c est apprendre à identifier des suites de mots écrits et à en comprendre le sens. Roland Goigoux, Sylvie Cèbe
Apprendre à lire, c est donc apprendre à mettre en jeu en même temps deux activités très différentes : celle qui conduit à identifier les mots écrits celle qui conduit à en comprendre la signification
Identifier les mots écrits Deux manières de traiter les mots écrits : Voie directe Mot déjà rencontré, reconnu et identifié Voie orthographique Voie indirecte Mot nouveau qui doit être décomposé en unités plus petites (graphèmes) et recodé sous forme orale.
Déchiffrage du mot «samedi» 1- identification des lettres, segmentation : S-a-m-e-d-i 2- conversion des lettres en sons : /s//a/ /m/ /e/ /d/ /i/ 3- fusion des sons [sa]-[me]-[di]
Reconnaissance orthographique Le lecteur dispose déjà dans sa mémoire de l image orthographique du mot qu il a sous les yeux, il n a plus besoin de passer par le déchiffrage.
Le déchiffrage est en lien avec le principe alphabétique de notre langue. Il requiert un effort d attention intensif. Il demande une pratique régulière et EXPLICITE du décodage en lecture.
Un peu d exercice ALGONEURODYSTROPHIE ADMINISTRATIVEMENT PARAOSTÉOARTHROPATHIE
Pour comprendre le travail que doit faire un apprenti lecteur ( document réalisé par Fanny DE LA HAYE)
Les dernières recherches n opposent cependant pas voie directe et voie indirecte. Interactivité entre divers processus et activation simultanée d informations phonologiques, orthographiques et sémantiques dans la reconnaissances des mots écrits.
Lien entre décodage et compréhension. Le processus de décodage doit être automatisé pour permettre aux capacités attentionnelles de se mobiliser sur la compréhension. Il ne l est pas pour tous les élèves à l issue du cycle 2, ni même au début du collège.
Comment permettre à des lecteurs fragiles de diminuer la charge attentionnelle mobilisée par la reconnaissance des mots?
Si l on facilite la reconnaissance des mots, si elle se fait plus rapidement, si la lecture devient plus fluide, la compréhension peut s améliorer.
Présentation Fluence Les éléments suivants sont issus d un diaporama élaboré par Christine Lequette,Guillemette Pouget, Michel Zorman du laboratoire Cogni- Sciences, ainsi que du livret accompagnant l outil «Fluence de lecture» des éditions La cigale
La fluence Les auteurs de langue anglaise Wolf et Katzir-Cohen (2001) définissent une lecture fluente comme : «Précise, assez rapide, réalisée sans effort et avec une prosodie adaptée qui permet de centrer son attention sur la compréhension.»
Quelques compétences mises en oeuvre : vitesse d évocation et de programmation phonologique (Breznitz 2002 Paulesu 1996, Wolf 1999) l habileté à grouper les mots en unité syntaxique de sens, à faire un usage rapide de la ponctuation, à choisir les moments de pause et l intonation pour donner tout son sens à un texte.
Des travaux de recherches (Laberge, Meyer, Samuels, Torgesen, Rashote, Ehri, ) ont montré que : la compréhension en lecture dépendait fortement : - des compétences de décodage - de la vitesse avec laquelle celle-ci est réalisée - de la fluidité avec laquelle le lecteur se déplace dans un texte. Les difficultés de fluence de lecture sont un des problèmes majeurs des élèves faibles lecteurs et dyslexiques : leur lecture est lente, hésitante et très laborieuse.
Comment évalue-t-on la fluence? La fluence de lecture se mesure en nombre de mots correctement lus à la minute (MCLM). Un adulte lecteur expert sur un texte documentaire ou littéraire ne posant pas de problème de compréhension, lit à voix haute 200 mots à la minute. MCLM = 200 Mots Correctement Lus / Minute
Quelques constats et recherches Evaluation nationale en lecture réalisée lors des JAPD 324 jeunes de 17 ans (1er semestre 2008) MCLM = 167 ( moyenne) 50% entre 150 et 192 Le meilleur score = 268 Le moins bon score = 58 30e centile = 152
Et l école? En CM, 30% des élèves ont une fluence de lecture limitée et parmi ceux-ci, la moitié sont très peu fluents, ce qui entrave leur compréhension des textes mais aussi le développement du vocabulaire. Une étude (Bonjour et Gombert) montre que sur un échantillon de 2355 élèves entrant en 6ème : 14 % éprouvent des difficultés importantes ( lecture lente, beaucoup d erreurs dans l identification des mots écrits) 30 % sont des lecteurs experts 56% sont encore à un stade où leur expertise en lecture est en cours d acquisition ( peu d erreurs d identification mais vitesse de lecture lente)
Des études (Cunningham -1999) montrent que les 10% meilleurs lecteurs (90e centile) lisent en 2 jours le même nombre de mots que liront les 10% plus faibles (10e centile) en 1 an.
Des expérimentations, des recherches. Une expérience de Goigoux. Une expérimentation au collège
Évaluation des effets d un entraînement à la fluence de lecture en 6ème. Méthode suivie Évaluation de 1287 élèves répartis sur 5 collèges à partir d une épreuve écrite pour repérer les lecteurs précaires ( 15è cent) Puis évaluation des élèves faibles : lecture à haute voix et calcul du nombre de Mots Correctement Lus à la Minute. Parmi eux des élèves ont été tirés au sort et ont bénéficié de l entraînement à la fluence n=27 Les autres élèves repérés mais non entraînés sont le groupe témoin n= 53
Pré-test novembre 2006 Entraînement 8 semaines terminé entre le 15 février et le 15 mars suivant les établissements Post-test en juin
L outil Fluence Comment cela se passe?
Des vidéos
Principes pédagogiques Une activité pour tous les élèves. Au CP, les élèves doivent avoir une pratique minimale de la lecture ( décodage et combinatoire) pour prendre aux activités proposées. Au CE1, les séances de fluence sont organisées dès le début de l année scolaire. En fonction des avancées, on cible peu à peu les élèves qui en ont toujours besoin.
Organisation Les séances sont régulières, organisées deux à trois fois par semaine. Elles sont intensives et durent une vingtaine de minutes. Elles se déroulent en petits groupes. Il vaut mieux ne pas dépasser 3 élèves. L évaluation de la vitesse de lecture permet de constituer des groupes de niveau homogène. Les textes doivent être simples (contenu, lexique), la longueur adaptée. Les mots supposés inconnus ou méconnus sont explicités en amont. Chaque texte est travaillé sur plusieurs séances.
Déroulement des séances 1ère séance : Le texte est lu à haute voix avec l intonation par l enseignant. Les mots de vocabulaire non connus des élèves sont explicités et l on s assure que le texte est compris. Chacun des 2 élèves lit le texte à haute voix pendant que l autre suit la lecture sur un texte. Chaque élève effectue 2 à 3 lectures chronométrées, explicitées (erreurs).
Les erreurs de lecture sont cochées. A la fin de la lecture, un travail d explicitation est nécessaire afin que les élèves repèrent la difficulté qu ils ont rencontrée et apprennent à mieux contrôler leur lecture.
2ème séance : 3 nouvelles lectures chronométrées pour chaque élève 3ème séance : A nouveau 3 lectures chronométrées pour chaque élève. A la maison : Les élèves devront un jour par semaine lire 3 fois le texte à haute voix.
À la fin de chaque séance, tous les scores (MLCM) sont enregistrés et les élèves suivent leur progression sur une courbe personnalisée. Au fur et à mesure des relectures et en fonction du niveau de fluence atteint, on demande aux élèves de mettre l intonation.
Texte «Monsieur Petit», Fluence de lecture, éd La cigale
Texte «Géant égoïste», Fluence de lecture, éd la cigale
Texte «L hirondelle», Fluence de lecture, éd la cigale
conclusion Il est nécessaire de lire pour automatiser la lecture. Plus on lit, mieux on lit et mieux on lit, plus on lit. Et plus on lit plus on acquiert de vocabulaire.