Les grands syndromes Compression du plexus brachial

Documents pareils
NEUROPATHIE PÉRIPHÉRIQUE ET CANCER RÉFÉRENTIEL AFSOS. Copyright AFSOS, version de (travail ou validée) du JJ/MM/AAAA Copyright AFSOS

Qu est-ce qu un sarcome?

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Migraine et Abus de Médicaments

Evaluation de critères res de substitution de la survie globale dans les cancers bronchiques localement avancés

Présenté par Mélanie Dessureault, inf. clin. et Caroline Fortin, AIC radio-oncologie

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

Céphalées vues aux Urgences. Dominique VALADE Centre d Urgence des Céphalées Hôpital Lariboisière PARIS

Peut-on ne pas reprendre des marges «insuffisantes» en cas de Carcinome canalaire infiltrant

L ATROPHIE DU SPHINCTER ANAL EXTERNE en ENDOSONOGRAPHIE TRIDIMENSIONNELLE. Vincent de PARADES PARIS

Montréal, 24 mars David Levine Président et chef de la direction DL Strategic Consulting. DL Consulting Strategies in Healthcare

Ordonnance du DFI sur les prestations dans l assurance obligatoire des soins en cas de maladie

Essais cliniques de phase 0 : état de la littérature

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

ONCOLOGIE PÉDIATRIQUE

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

IRM APRES TRAITEMENT RADICAL OU FOCAL du cancer de prostate. Raphaële Renard Penna Emmanuel Banayan Hôpital Pitié Salpétrière

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

Actualités IRM dans la SEP Thomas Tourdias 1, 2

Métastase unique d un NPC: Une question singulière? Jean Louis Pujol - Xavier Quantin Mohammad Chakra Fabrice Barlési

Apport de l IRM dans le bilan préthérapeutique du cancer du rectum

Leucémies de l enfant et de l adolescent

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

CEPHALEES POST-BRECHE DURALE. Post Dural Puncture Headache (PDPH)

Cancer et dyspnée: comment peut-on soulager? Dr Lise Tremblay 10 mai 2010

Apport de l IRM dans la

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

Lymphome non hodgkinien

Rapport sur les nouveaux médicaments brevetés Iressa

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

Pseudotumor cerebri. Anatomie Le cerveau et la moelle épinière baignent dans un liquide clair, appelé le liquide céphalo-rachidien (LCR).

NAVELBINE voie orale

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 1 er octobre 2008

Douleur et gestion de la douleur. Renseignez-vous sur les services de soutien et de soins sur

UE2 CANCEROLOGIE Place de la Médecine Nucléaire

Pour l'instant, les connaissances actuelles ne permettent pas d'empêcher un cancer du sein de survenir.

Cécile Bergeron, B. Sc. inf. Anne Plante, M.Sc. Inf., CSIO, CSIP

Service d Urologie - Hôpital de la Conception - APHM. 2. Service de Gynécologie Obstétrique - Hôpital de la Conception - APHM. 3

IRM du Cancer du Rectum

Cancer du sein in situ

L'œsophage L'œsophage est un tube musculaire qui traverse de la bouche à l'estomac. Causes

Retrouver une qualité de vie. Les implants dentaires : la meilleure solution naturelle. Education des patients

Cancer du sein. Du CA15-3 à la tomographie à émission de positons.

AGRES Hugues IADE RD LA ROCHE / YON

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

VOLUMES-CIBLES Cancer Bronchique Non-à-Petites Cellules

Peut-on reconnaître une tumeur de bas-grade en imagerie conventionnelle? S. Foscolo, L. Taillandier, E. Schmitt, A.S. Rivierre, S. Bracard, CHU NANCY

Assurance maladie grave

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

Le parcours en greffe de cellules hématopoïétiques : greffe allogénique

6-7 OCTOBRE PROGRÈS EN NEURO-ONCOLOGIE. Coordinateurs. Comité scientifique. Rendez-vous sur : ADVANCES IN NEURO-ONCOLOGY

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge du cancer du rein

Insuffisance cardiaque

Évaluation et traitement de l insomnie associée au cancer

Rad4Med.be, premier acteur global dans le nucléaire médical

Dr Bertrand Michy Département de Pneumologie CHU de Nancy 25 octobre 2013

le traitement de la douleur

LE FINANCEMENT DES HOPITAUX EN BELGIQUE. Prof. G. DURANT

Comprendre la mort cérébrale

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

Qu est-ce que le cancer du sein?

Intérêt de la TEP-FDG dans les cancers de l ovaire

ANEMIE ET THROMBOPENIE CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS D UN CANCER

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

Procédure normalisée de fonctionnement du RCBT Demande d informations additionnelles Version

Cancers du larynx : diagnostic, principes de traitement (145a) Professeur Emile REYT Novembre 2003 (Mise à jour Mars 2005)

GUIDE - AFFECTION LONGUE DURÉE. Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique. Cancer du sein

Déclaration médicale Prise d effet le 1 er octobre 2012

Essais précoces non comparatifs : principes et calcul du nombre de sujets nécessaire

Cette intervention aura donc été décidée par votre chirurgien pour une indication bien précise.

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

Neuropathie motrice multifocale (NMM) Diagnostic difficile, confusion facile, traitement efficace


SUTURE D EPISIOTOMIE ET PRISE EN CHARGE DE LA CICATRICE; RECOMMANDATIONS AUX PATIENTES

Coordinateur scientifique: Prof. Univ. Dr. Emil PLEŞEA. Doctorant: Camelia MICU (DEMETRIAN)

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX DE PARIS Association reconnue d utilité publique - FMC n

La migraine chronique

La prise en charge de votre épilepsie

UNE INTERVENTION CHIRURGICALE AU NIVEAU DU SEIN

INAUGURATION LABORATOIRE DE THERAPIE CELLULAIRE 16 FEVRIER 2012 DOSSIER DE PRESSE

La Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène

Histoire d une masse pancréatique

La prise en charge de l AVC ischémique à l urgence

Qu est-ce que la maladie de Huntington?

Comprendre. le Cancer du sein. Mise à jour. Guide d information et de dialogue à l usage des personnes malades et de leurs proches

Les coûts des prises en charge à l hôpital en médecine, chirurgie et obstétrique

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

L irradiation joue un rôle majeur dans la prise en. Place de la radiothérapie dans la prise en charge palliative des patients cancéreux SYNTHÈSE

Migraine : traitement de la crise. Comment utiliser les triptans?

Quels sont les facteurs qui font augmenter les risques de cancer du rein?

Adapter et apprivoiser sa chimiothérapie Une application smartphone au service des patients

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 4 novembre 2009

SOIXANTE-SEPTIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ A67/18 Point 13.5 de l ordre du jour provisoire 21 mars Psoriasis. Rapport du Secrétariat

Chirurgie Mini-Invasive par Voie Antérieure La PTH sans section musculaire

ELABORATION DU PLAN DE MONITORING ADAPTE POUR UNE RECHERCHE BIOMEDICALE A PROMOTION INSTITUTIONNELLE

Transcription:

Les grands syndromes Compression du plexus brachial Palli-Science www.palli-science.com Maison Victor-Gadbois

Introduction Il s agit d une patiente de 78 ans, opérée pour un cancer du sein droit il y a plusieurs années. Elle se présente avec une parésie progressive distale du membre supérieur droit ainsi qu une douleur d allure neuropathique évoluant depuis quelques mois. L investigation démontre une récidive locorégionale de son cancer au niveau du plexus brachial droit. Elle fut traitée par radiothérapie et hormonothérapie. Une analgésie à base d opioïdes et de co-analgésiques, ainsi que des blocs stellaires, ont contribué à contrôler la douleur. Le port d une orthèse fut recommandé pour limiter l inconfort occasionné par l atteinte neurologique distale, un poignet tombant. Évolution de la maladie Tumeurs cancéreuses au niveau du plexus brachial Enflement du bras droit Dermatomes touchées: C8 et T1 relâchement du poignet dû à l inconfort

Clinique Signes et symptômes Elle est provoquée le plus souvent par une infiltration néoplasique de l aisselle ou de la région supraclaviculaire originant soit d un cancer du sein, d un cancer du poumon ou d un lymphome. Elle peut aussi résulter de la croissance directe d une tumeur locale comme un cancer du poumon, situé à l apex. La douleur est le symptôme le plus fréquemment retrouvé. Généralement, elle précède de quelques mois, les symptômes et les signes neurologiques. Elle est typiquement neuropathique pouvant être accompagnée de phénomènes de paresthésie, d allodynie et d hyperesthésie. Le plexus brachial est composé des racines C5 à T1. Dans la plupart, l atteinte du plexus va être partielle et touchée surtout la portion inférieure (C8-T1). La symptomatologie et les signes cliniques peuvent nous permettre de préciser le site anatomique de l atteinte. Pour tout patient qui aurait déjà reçu dans le passé de la radiothérapie au thorax ou à l aisselle, il faut éliminer la possibilité d une fibrose post radiation. Ce syndrome survient des mois (généralement plus de 6 mois) ou même des années après le traitement. Il touche surtout le plexus brachial supérieur et s accompagne de douleurs habituellement moins intenses, une perte de proprioception avec la perte de la sensibilité, ainsi que d un lymphoedème. Investigation La résonance magnétique et la tomodensitométrie demeurent les examens de choix pour confirmer le diagnostic et préciser l étendue de l atteinte tumorale. Si l imagerie ne nous permet pas de distinguer entre une fibrose post-radique et une infiltration tumorale, une biopsie pourra être effectuée.

Investigation RÉSONANCE MAGNÉTIQUE PLEXUS BRACHIAL AVEC INJECTION DE GADOLINIUM Importante zone en placard de tissu anormal dont les contours sont légèrement nodulaires qui infiltre l ensemble du plexus brachial de la région supra-claviculaire jusqu à la région axillaire, sur 9 à 10 cm, impliquant les différents troncs du plexus brachial jusqu à l origine des nerfs périphériques du membre supérieur droit. De façon secondaire, on observe une atrophie de dénervation de la musculature péri-scapulaire. Dans le contexte clinique, l aspect est tout à fait compatible avec une atteinte métastatique du plexus brachial chez cette patiente opérée pour une mastectomie droite, il y a plusieurs années.

Conclusion La radiothérapie représente le traitement de choix dans la majorité des cas. L expérience clinique suggère que la dexaméthasone, en plus des analgésiques opiacés et des co-analgésiques reconnus pour les douleurs neuropathiques, peut être utile. Le contrôle de la tumeur primaire, par hormonothérapie ou chimiothérapie doit également être considéré. Pour les cas de douleurs sévères résistantes aux traitements ci-dessus, le recours à un bloc nerveux ou autres techniques anesthésiques peut être envisagé. Rarement, on procède à une chirurgie de réduction de la masse faisant compression sur le plexus. Bibliographie - Oxford text book, Palliative Medicine, 3 e edition - Cahana Alex et Forster Alain; Système nerveux autonome et douleur; Dans Pharmacologie de la douleur; Les presses de l Université de Montréal; 2005; pp 124-125 - Dion Dominique, Fugère François et Dechêne Geneviève; Approche et traitement de la douleur cancéreuse; Dans Pharmacologie de la douleur; Les presses de l Université de Montréal; 2005; pp468-469 - Senkus-Konefka E, Jassem J.; Complications of breast-cancer radiotherapy. Clin Oncol (R Coll Radiol). 2006 Apr;18(3):229-35 - Jaeckle KA; Neurological manifestations of neoplastic and radiation-induced plexopathies; Semin Neurol. Department of Neurology and Oncology, Mayo Clinic 2004 Dec;24(4):385-93 - Petit-Lacour MC, Ducreux D, Adams D. MRI of the brachial plexus; J Neuroradiol. 2004 Jun;31(3):198-206 - Vranken JH, Zuurmond WW, de Lange JJ; Continuous brachial plexus block as treatment for the Pancoast syndrome.; Clin J Pain. 2000 Dec;16(4):327-33. - Rubin Philip; Clinical Oncology, 8e edition, pp 869, 874