1 JC Ory Botanique sur la route de la Chartreuse de la Verne Le 20 octobre 2016
Nous sommes une bonne vingtaine ce 20 octobre 2016, au départ de la croix d Anselme, pour suivre le fond du vallon de la Verne, aller et retour et botaniser sous un beau soleil d automne. Au cœur du massif des Maures, en terrain schisteux acide, la Verne maintient une certaine humidité même en plein été, ce qui fait que la végétation est encore d une grande richesse en cette fin de saison. 2
Dittrichia viscosa versus D. graveolens Dès la croix d Anselme on peut comparer les robustes tiges ligneuses et les capitules épanouis, aux ligules très étalés de Dittrichia viscosa (à gauche), avec Dittrichia graveolens (à droite) aux tiges herbacées plus frêles, aux feuilles plus étroites et aux fleurs dont les ligules restent plus sagement rangés dans le capitule Les inflorescences de D. viscosa ou inule visqueuse, sont un peu collantes, pas du tout visqueuses! 3
Bupleurum praealtum est une apiacée intrigante. Elle imite fort bien une graminée: port général de la plante, nervures parallèles sur les feuilles et façon dont elles enserrent la tige, etc. Mêmes les ombelles sont réduites au minimum: sur ce sujet deux fleurs par ombelle, comme si la plante voulait vraiment faire oublier sa nature d apiacée! Si on réfléchit au fait que les apiacées et les graminées sont classées dans des branches bien distinctes des plantes à fleurs, respectivement dicotylédones et monocotylédones, on est soit devant une relique de la période de transition entre ces branches, ou devant un de ces phénomènes de convergence évolutive qui reste à expliquer A l aide les experts 4
Asperula cynanchica, ou aspérule de l esquinancie. L esquinancie n est pas une province oubliée, mais le nom ancien d un gros mal de gorge. L aspérule est censée le soigner Cette plante grêle ne manque pas d intérêt par ailleurs. Sa petite corolle en trompette rose a quatre pétales soudés la rattache à la famille des rubiacées, famille des omniprésents gaillets bien connus et de la garance voyageuse, aux feuilles nombreuses en verticilles. L aspérule a réduit à deux le nombre de ses feuilles par verticille, simplification qui contribue à lui donner un aspect grêle, en zig zag. Elle rappelle un peu le Thesium divaricatum. Pour les distinguer sur le terrain, ne pas oublier que le Thesium, de la famille des santalacées, présente des fleurs à cinq pétales! 5
Une astéracée isolée sur le bord de la route nous intrigue. Il s agit probablement de Hieracium umbellatum. Les fleurs sont toutes ligulées. Les espèces du genre sont particulièrement nombreuses et leur détermination difficile. 6
A proximité on observe Hieracium pilosella, la piloselle aux rosettes de feuilles qui justifient son nom. 7
A gauche Calluna vulgaris, à droite Erica arborea. Deux espèces proches, au port semblable, de la famille des Ericacées, qui donne parfois lieu à des débats de détermination sur le terrain. Retenir que: Les petite folioles en écailles imbriquées sur quatre rangs sont celles de la callune. L extrémité des rameaux jeunes de la bruyère arborescente sont couverts d un duvet blanchâtre. 8
Chondrilla juncea, déploie ses tiges grêles, aux fleurs quasi sessiles. La rosette de cette Astéracée vivace connue sous le nom de «Chicorée-à-labûche» est une salade d hiver appréciée des Méridionaux. Lorsque la plante fleurit, la rosette a disparu. Dictionnaire visuel de Botanique -Maurice Reille- 9
Clinopodium menthifolium La famille des lamiacées est facile à reconnaître: tige carrée, fleurs à lèvres, feuilles opposées La détermination du genre Clinopodium, d après la Flore de la France méditerranéenne continentale, nécessite de mémoriser quelques critères: calice en tube courbé ou bosselé, avec anneau de poils à la gorge (difficiles à voir sur la photo, mais ils y sont bien!) avec 5 dents courtes et aigües, les 3 supérieures groupées en lèvres. corolle à lèvres courtes, rose, purpurine, violette ou blanche, la supérieure plus courte que l inférieure, plane ou peu convexe, souvent bilobée 4 étamines à anthères nettement convergentes au début. Page suivante: deux Clinopodium courants 10
Le Clinopodium vulgare est déjà défleuri en cette saison, mais sa silhouette avec fleurs en verticilles est facile à reconnaître et l allure des calices répond bien au signalement du Clinopodium! Le Clinopodium nepeta, ci-dessous, souvent pris pour une menthe en raison de sa bonne odeur Noter la convergence des anthères sur le gros plan. 11
Satureja montana la sariette vivace, pèbre d aï, ressemble énormément à un clinopode, sur la base des critères précédents. C est notamment son caractère fortement aromatique qui la distingue. 12
Mentha aquatica Comment ne pas se tromper entre Menthe et Clinopode? La corolle des menthes est actinomorphe (avec un axe de symétrie ), celle des Clinopode est zygomorphe (avec un plan de symétrie ) 13
Mentha pulegium se plait dans les zones humides. Le vallon de la Verne plait aux menthes Photo Daniel Guivarch 14
Mentha suaveolens L odeur traduit le latin Belle menthe aux beaux épis longs et serrés. 15
Serratula tinctoria. De la famille Asteraceae, de la tribu Cardueae, l espèce tinctoria est la seule que l on rencontre dans le midi. La plante est très polymorphe, tant au niveau des feuilles que des inflorescences, qui peuvent être plus ou moins condensées. Le genre Serratula est très proche du genre Crupina. On peut les distinguer par la couleur des aigrettes à maturité (blanchâtres / noirâtres) et par la forme des bractées involucrales ext et médianes (acuminées/aigües) Feuille intermédiaire Feuille basale 16
Solidago virgaurea, le solidage verge d or est facilement reconnaissable. C est en général une grande plante à feuilles lancéolées un peu dentées, avec une inflorescence en panicule, jamais en corymbe et un involucre à bractées imbriquées. 17
Eupatorium cannabinum, la chanvrine est une asteraceae de sa propre tribu les eupatorieae. Malheureusement un peu passée, l inflorescence fraîche est dans les tons violets. 18
Daphne gnidium, le garou, fait simultanément ses fruits et ses fleurs à quatre pétales de thymelaeaceae. Le nom de famille est non moins imprononçable que le nom d espèce! Plante d une grande toxicité. 19
Gratiola officinalis Une plante de la famille des Plantaginacées. Certains auteurs admettent la famille des Gratiolacées. Elle poussait dans l eau de la Verne. La plante est à un stade de maturation avancé. C est une plante rare et protégée, mentionnée dans le Var et sa Flore de R. Cruon. Encore nommée «Herbe au pauvre homme». D après Tela-Botanica - Plante vivace de 20-50 cm, glabre, à souche rampante-stolonifère - tige dressée, creuse, quadrangulaire au sommet - feuilles opposées, rapprochées, sessiles, lancéolées, trinervées, denticulées en scie dans le haut - fleurs d'un blanc rosé avec le tube jaunâtre, assez grandes, axillaires, solitaires sur des pédoncules filiformes plus courts que la feuille - calice muni à la base de 2 bractées linéaires, à 5 lobes profonds, linéaireslancéolées - corolle de 15-18 mm, tubuleuse, à 2 lèvres peu distinctes, la supérieur à 2 lobes, l'inférieur à 3-4 étamines, dont 2 sans anthères - celles-ci à 2 loges 5 ouvrant en long - stigmate à 2 lames - capsule ovoïde-conique, égalant le calice, à 2 loges polyspermes. 20
Dans ce petit vallon, on a vu aussi Prospero autumnale, Colchicum autmonale, Teucrium scorodonia, Tuberaria lignosa, Phyllirea latifolia, Arbutus unedo, etc. et cette chenille impressionnante! 21