Gestion des déchets et tri sélectif en habitat collectif HLM Programme coordonné «Déchets et Société» Programme thématique «Individus et Jeux d acteurs» ADEME Direction Déchets et Sols Département ARDESO 2 ème séminaire sur les ordures ménagères et les encombrants 14 /12/10 - Saint-Jean de la Ruelle ETIcS (Université de Tours) / Etéicos (Paris)
Un contexte, celui du Grenelle Le Grenelle de l environnement fixe à 75 % les objectifs de recyclage des emballages ménagers (contre 61 % actuellement) Un double constat à l origine de l étude Il existe de nombreuses disparités en termes de tri sélectif selon le type d habitat (rural urbain, typologie des habitats urbains ) Les performances de tri sont plus faibles au sein de l habitat social collectif dense qu au sein des zones pavillonnaires «trier n est pas un geste facile» pour 22,5 % des résidents en habitat collectif (source : synthèse de 32 baromètres locaux, OpinionWay, 2009, Eco Emballages) 2 ème séminaire sur les ordures ménagères et les encombrants, 14 /12/10 - Saint-Jean de la Ruelle
Objectifs de la recherche Saisir concrètement les pratiques et les représentations des individus (foyers) en matière de gestion et de tri des déchets domestiques dans les grands ensembles collectifs Identifier les contraintes et freins mis en avant par les habitants (nature et origine des points de blocage) Repérer les marges de manoeuvre disponibles et les leviers potentiels d amélioration dans la gestion des déchets domestiques Livrer, à partir d expérimentations menées au niveau micro-social, des éclairages transposables -sur le plan de l organisation sociale et spatiale- dans des contextes similaires à un niveau macro-social 2 ème séminaire sur les ordures ménagères et les encombrants, 14 /12/10 - Saint-Jean de la Ruelle
Méthodologie Deux terrains d enquête : Quartier Sanitas (Tours, Indre-et-Loire) Quartier «les Marnaudes» (Villemomble, Seine Saint-Denis) Des entretiens «de cadrage» auprès des acteurs de terrain de l habitat social collectif dense : gardiens d immeubles, animateurs de tri, bailleurs sociaux Des entretiens et des observations auprès de 80 foyers, équitablement répartis entre les deux terrains, et homogènes quant au mode d habitat et aux cadres et conditions de vie Un échantillon raisonné, c est-à-dire construit sur la base de variables pertinentes du point de vue des objectifs de l étude (profil / composition du foyer, présence ou non d enfants, classes d âge (effet de génération), ancienneté dans le logement, PCS 2 ème séminaire sur les ordures ménagères et les encombrants, 14 /12/10 - Saint-Jean de la Ruelle
Le quartier du Sanitas (Tours, Indre-et-Loire) Un quartier d habitat collectif situé dans le Centre de Tours (géré par l Opac) 3837 logements dans 70 immeubles (dont 6 de 16 niveaux et 1 de 23 niveaux) Environ 10 000 habitants Une forte représentation des familles monoparentales et des familles nombreuses Un taux de personnes étrangères plus important que dans le reste de l unité urbaine Un taux de personnes de 60 ans et + plus faible que dans le reste de l unité urbaine Un quartier avec une forte présence des classes d âge «jeunes» Des populations touchées par le chômage 2 ème séminaire sur les ordures ménagères et les encombrants, 14 /12/10 - Saint-Jean de la Ruelle
Conteneurs classiques
Kiosque spécifique béton
Kiosque spécifique métal
Kiosque spécifique bois
Présentation des premiers résultats à travers quelques portraits de résidents
La «bonne trieuse» Femme de 41 ans, vivant seule, dans un F2 depuis 6 ans, salariée dans l hôtellerie : - Sensibilité forte à la thématique environnementale acquise au sein du milieu familial, concrétisée par un engagement politique et associatif (Verts, WWF, Greenpeace ). Détestant le gaspillage, elle a inscrit "pas de pubs" sur sa boite à lettres, en incitant ses voisins a en faire de même. - Sensibilité présente dans les activités de loisirs (sculptures créées à partir de matériaux récupérés) - Recycler est inscrit dans les pratiques quotidiennes. Les déchets produits sont, pour la plupart, valorisés. Jusqu aux épluchures de fruits et de légumes qui alimentent le composteur familial - Après un petit temps d apprentissage, Madame se considère comme une bonne trieuse, sans réelle difficulté pour répartir dans les différents sacs - Madame s estime bien informée sur le tri sélectif (ambassadeur du tri, dépliant consignes, magazines ) - Très en attente de consignes de tri élargies à de nouveaux déchets. L acte d achat intègre la dimension déchet!! Volontariste - militante!!
Deux sacs réutilisables placés sous la fenêtre de la cuisine. Un 1 er sac qui contient carton, boites de conserve, plastique et boites de camembert en bois
Un 2 ème sac qui contient verre, boites à œufs et pain dur (pour les poules qu élève son père). On y trouve un paquet de biscottes pas terminé, en attente d'être jeté dans le sac de tri à côté.
Afin d éviter tout gaspillage, l eau de vaisselle est conservée pour rincer les boites de conserve. Les bouchons en plastique sont conservés pour servir aux activités scolaires du fils d un collègue. Les boîtes de médicaments sont mises à part.
Une corbeille à papier à côté de la table de travail Une poubelle dans la salle de bain Des sacs plastiques prêts à être réutilisés comme sacs poubelles
«Voudrait mieux faire» Femme de 55 ans, 4 enfants (une de 18 ans encore au domicile), divorcée, dans un F3 depuis 15 ans, salariée à temps partiel dans une association : - Se définit comme très sensibilisée sur la thématique large du développement durable, de l environnement, de la maîtrise des énergies, de la qualité de l eau... - Est à l origine d une opération de compostage sur le quartier - Observe une absence totale de sensibilité chez sa fille (effet de génération?) - Une pratique de tri des déchets très ancienne, plutôt satisfaisante mais : - des «entorses» aux consignes (boîtes de pâtée pour chat sales et malodorantes «je n arrive pas à les mettre dans le recyclé») - des blocages : quid des boites de médicaments (mises dans le recyclé), de l aluminium (mis dans le tout-venant)? - Se considère responsable de ses "mauvaises pratiques" car bien informée (livres, brochures et surtout ressources pour bien agir «ma sensibilisation est à parfaire»). - Persistance de quelques pratiques routinisées à réformer - Des exceptions : évacuation des appareils ménagers (une cafetière dans la cuisine depuis des années) et du matériel informatique hors d usage «je les stocke là en attendant de trouver une solution mais ça a été plus simple de faire enlever mon vieux canapé.»!! vers un tri de plus en plus efficace!!
Dans la cuisine, très étroite, sont stockés tous les déchets à évacuer ou à recycler. Et les autres (cafetière)
Sac pour le tout-venant Déchets valorisés dans le cadre des activités associatives (rouleaux de sopalin, bouteilles plastique, boites carton )
Bac à compostage à destination des enfants et géré par l association «AU TOUR DE LA FAMILLE». Il est situé dans un jardin à vocation pédagogique (plantation d aromates, épices, fleurs, légumes )
Une pratique du tri intégrée malgré quelques contraintes à l extérieur Un couple d'origine marocaine, la trentaine, deux enfants en bas- âges, dans le quartier depuis plus de 10 ans - Un couple qui pratique le tri sélectif. C est d abord Madame qui a été sensibilisée par diverses campagnes d information et qui a convaincu son mari. Le fils doit visiter le centre de tri avec l'école cette année. - La question de la protection de l'environnement est importante (avenir des enfants). - «Le tri permet de gagner de la place dans la poubelle principale». Madame gère l intérieur du foyer. Seul M. évacue les poubelles tout-venant du domicile (deux ou trois fois par semaine). Madame se charge parfois de la poubelle de tri (1/sem.). Aucune contrainte forte et indépassable de tri au sein du foyer. - Les contraintes se situent au niveau des dispositifs extérieurs. Pour le recyclé, l ouverture est trop petite et oblige à gérer les «déchets un à un». L astuce consiste à placer une bouteille vide sous le couvercle de la poubelle pour la maintenir ouverte. - Le couple estime avoir un bon niveau d information sur quoi trier et comment. C est lui qui explique les consignes de tri à la maman (qui ne lit pas le français) qui possède un autocollant avec les consignes sur son réfrigérateur.!! Pas de position claire sur le sujet!!
Les déchets triés sont jetés une fois pas semaine. Le sac jaune s avère être trop petit. Madame se sert d'un sac récupéré de plus grande taille- qu'elle jette après deux ou trois utilisations.
Poubelle d ordures ménagères évacuée 2 à 3 fois par semaine
De nouveaux repères à trouver Un couple composé d une femme algérienne (30 ans) et d un homme soudanais (40 ans), une petite fille de 6 mois. Madame fait des études de droit, Monsieur est au chômage depuis deux ans. Sont en France depuis respectivement 3 et 7 ans. Au Sanitas depuis 1 an. - Une pratique de tri totalement bouleversée par un déménagement. Monsieur avait alors été sensibilisé au tri par l assistance sociale qui lui avait trouvé son logement. Tri facilement mis en place dans le foyer comme à l extérieur. - Le couple n a pas retrouvé ses «codes couleurs» en arrivant au Sanitas et ne recycle plus rien aujourd hui. - Il est convaincu que le système de tri n est pas effectif dans le quartier. - Il n arrive pas à faire la différence entre les poubelles jaunes et bleues - Les containers sont encastrés dans des blocs uniformes, les autocollants apposés sur les couvercles en inox sont effacés. Ne voit aucune différence en regardant le contenu des poubelles - Le couple réaffirme pourtant sa sensibilisation à l'environnement et associe le recyclage aux «pays civilisés» - Forte culpabilité liée à ses mauvais comportements... - Attentes d explication et d accompagnement mais ne sait pas vers qui se tourner!! Position fragile pouvant basculer à tout moment!!
Unique poubelle du foyer (aucun tri)
Abri-bacs
Kiosque standard béton
Une recherche qui apportera des éclairages sur Historiques des comportements (relation avec le parcours résidentiel) Pratiques de gestion des déchets ménagers Pratique de tri (non tri) et motivations Gestion au sein du foyer (répartition des tâches, arbitrages ) Gestion «amont» (prise en compte du déchet dès l acte d achat) Contraintes leviers techniques (dispositifs intérieurs et extérieurs) / organisationnels (organisation de l évacuation des déchets, acteurs impliqués / culturels (origine ethnique, culture professionnelle, effets générationnels ) Accès aux consignes de tri : supports d information / sensibilisation, communication, acteurs concernés Attentes (en termes d actions, de consignes, de matériel, d information)
MERCI