.G - DES CARTES POUR COMPRENDRE LE MONDE.

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.G - DES CARTES POUR COMPRENDRE LE MONDE. Introduction Doc. 5 page 43 : «La communauté Internet en 2008» La carte est une représentation graphique sur un support en deux dimensions de tout ou partie de l espace terrestre (donc un support en trois dimensions). Tracer une carte déforme nécessairement l espace représenté et suppose que des choix sont faits par son auteur : - la projection est un procédé imaginé pour représenter la Terre à plat, ce qui suppose des déformations. Il existe deux types de projections : cylindrique et polaire ; - le centrage est un choix qui positionne tel ou tel espace au centre de la carte, en fonction de la portion d espace sur laquelle le cartographe veut insister ; - l échelle est le rapport entre la distance sur la carte et celle dans la réalité, mais il s agit aussi du niveau d analyse géographique : mondial, continental, national, local - les figurés sont utilisés pour tracer les informations sur une carte. Ils sont zonaux (plages de couleurs, hachures ), linéaires (flèches, traits ) ou ponctuels (cercles ) ; - le seuillage découpe les données en plusieurs classes statistiques. Ce découpage est choisi en fonction des données disponibles et de ce qu on veut montrer. Le monde contemporain est complexe et les mutations qu il connaît sont rapides. Les cartes, outils privilégiés des géographes (qui en produisent et qui les utilisent pour faire des analyses spatiales) rendent compte de la complexité géopolitique, géoéconomique, géoculturelle et géoenvironnementale de notre planète en ce début de XXI ème siècle. Cependant, les cartes supposent des choix de la part de leurs auteurs et elles véhiculent toujours un message : ce sont des documents non neutres, d où la nécessité d une lecture critique de celles-ci. Problématique : Comment le croisement de grilles de lecture permet-il de comprendre la complexité du monde actuel? I. Une grille de lecture géopolitique pour comprendre le monde A. Un monde dans lequel le nombre d États augmente Doc. 1 page 168 : «Nouveaux États et nouvelles frontières depuis 1990» Consigne : Analysez le document afin de montrer que de nouveaux Etats donc de nouvelles frontières sont apparues depuis 1990. La carte met en évidence la multiplication du nombre d États (territoire, délimité par des frontières, sur lequel vit une population, soumis à l autorité d un même gouvernement) depuis la fin de la «Guerre froide» (conflit idéologique et indirect qui oppose les États-Unis et l URSS entre 1945 et 1991 pour la domination du monde). En 2013, on comptait 197 États, contre 159 États en 1990. Trois zones sur la planète ont vu naître de nouveaux États depuis 1990 : l Europe de l est (Ukraine, Biélorussie ) ; l Asie centrale (Arménie, Ouzbékistan ) ; la corne de l Afrique (Erythrée, Soudan du Sud). Ce phénomène est dû à deux facteurs essentiels : - l effondrement des régimes communistes d Europe de l est, entre 1989 et 1991, a permis l indépendance de nations jusque là incorporées à l intérieur de vastes États (c est le cas de l URSS, qui éclate en 15 États en 1991) ; - le réveil de mouvements indépendantistes, comme dans l ex-yougoslavie (qui éclate en 6 États) ou l Érythrée qui devient indépendante de l Éthiopie. D autres évolutions sont perceptibles, mais elles sont moins nombreuses : des demandes d une plus grande autonomie (le Groenland vis-à-vis du Danemark) ; l effacement de la frontière entre la RFA et la RDA en 1990 du fait de leur réunification ; la stabilisation de frontières au Sahara, au Moyen-Orient et en Asie ; des demandes d extensions des zones économiques exclusives (espace maritime dépendant d un État, sur lequel il a le monopole de l exploitation des ressources). 1

B. Un monde où les conflits sont encore très nombreux Doc. 1 pages 32-33 : «Les conflits dans le monde aujourd hui» Doc. page 52 : «PIB et IDH dans le monde en 2011» Consigne : Confrontez les documents afin de mettre en évidence les conflits ayant lieu aujourd hui et afin de proposer des hypothèses pour expliquer ces conflits. Point méthode : Confronter des documents, c est : - compléter ce que montre un document par ce que montre l autre : o le premier document présente un aspect d un phénomène et le second document présente un autre aspect du phénomène ; o un document présente un phénomène et le second l explique ; - les documents semblent ne pas dire la même chose : ceci permet de nuancer ce que montre l un des deux documents ou de faire naître un débat. La carte montre la présence de zones de conflit (contestation plus ou moins violente entre parties pour des motifs variés) au Sahara, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Colombie. Celles-ci sont à l origine de migrations. Ces conflits peuvent avoir lieu entre deux États (conflit interétatique) ou à l intérieur d un État (conflit intraétatique). Plusieurs raisons semblent expliquer l existence de tels conflits : - des États sont affaiblis et ne parviennent plus à faire respecter leur autorité : ils sont contestés par des guérillas (les FARC en Colombie) ; des pirates (en Somalie), ou des groupes armés (les terroristes islamistes présents au Mali) ; - des mouvements sécessionnistes (mouvements réclamant l indépendance d une partie du territoire d un État) existent, comme au Kurdistan turc ; - le tracé des frontières peut également expliquer l existence de conflits, soit parce qu il a été imposé par une ou des puissances étrangères (les deux Corée) ou bien par la présence de ressources disputées entre États (Chine-Taiwan) ; - les zones de conflits sont toutes dans les régions les moins riches et les moins développées de la planète (comme le Sahara ou l Asie du sud). C. Un monde où des États se rapprochent les uns des autres Doc. 4 page 169 : «Les principales organisations d intégration régionale» Consigne : Analysez le document afin de montrer que des rapprochements entre États ont lieu. Vous mettrez en évidence les organisations oubliées par le document. La carte montre l existence d organisations d intégration régionale (regroupement d États, situés dans une même région du monde pour mettre en place des projets communs). La plus ancienne et la plus aboutie est l Union européenne : regroupant 28 États, elle a vu le jour en 1957 et offre une intégration politique (transfert de souveraineté, institutions communes et citoyenneté) aussi qu une intégration commerciale et financière marché commun et monnaie unique). D autres organisations d intégration régionale existent mais elles se limitent à l aspect commercial. Elles se situent en Amérique (ALENA, Mercosur ), en Asie du sud-est (ASEAN) et en Afrique (CEDAO ). D autres organisations se limitent à des forums où les États membres se réunissent pour discuter de certains sujets mais ne mettent pas en place de politiques communes : l APEC, la CEI L essentiel des organisations d intégration régionale est donc situé dans les régions riches et développées. Mais la carte ne mentionne pas les organisations internationales (regroupement d États à l échelle mondiale afin de coordonner une action sur un ou des sujets définis) : la plus ancienne et la plus célèbre est l ONU, fondée en 1945 et regroupant aujourd hui 193 États (sur 197 États). Au sein de l ONU, il existe des agences : l OMS, l UNICEF L organisation géopolitique du monde est de plus en plus complexe : le nombre d États a nettement augmenté depuis la fin de la Guerre froide et les zones de conflits sont nombreuses. Mais des États tentent de se rapprocher. 2

II. Une grille de lecture géoéconomique pour comprendre le monde A. Un monde affecté par de fortes inégalités économiques Doc. 5 page 39 : «Le PIB dans le monde» Doc. page 52 : «PIB et IDH dans le monde en 2011» Consigne : Confrontez les documents afin de mettre en évidence les inégalités économiques mondiales. Vous porterez un regard critique sur les choix cartographiques. Point méthode : porter un regard critique sur les choix cartographiques, c est : - mettre en évidence les choix cartographiques pertinents ; - critiquer les choix cartographiques discutables ; La première carte montre les inégalités de richesse (revenu annuel disponible, mesuré par le PIB) et de développement (capacité d un État à satisfaire les besoins de sa population, mesurée par l IDH). Les États où le PIB est élevé sont aussi ceux où le PIB par habitant est fort (sauf en Chine et en Inde). Ces États se trouvent dans quatre zones, surtout dans l hémisphère nord : Amérique du nord, Europe occidentale, Asie de l est et Océanie. Les États «pauvres» se trouvent en Asie, en Amérique latine et en Afrique. La seconde carte ajoute un second critère : l IDH. Les États les plus développés correspondent aux États les plus riches (ce qui est logique car pour satisfaire les besoins de sa population, il faut disposer de moyens financiers importants) : ils sont donc en Amérique du nord, en Europe de l ouest, en Asie de l est et en Océanie. Les États dont l IDH est faible se situent donc en Asie, en Amérique latine et en Afrique. Les flux migratoires sont principalement orientés depuis les pays du sud vers les pays du nord. Les deux cartes sont des anamorphoses (cartes où la surface de chaque territoire est proportionnelle à l importance du critère représenté), ce qui permet de voir rapidement quels sont les États où la richesse est élevée et ceux où la richesse est faible. Mais, sur la seconde carte, la «limite nord/sud» (ligne délimitant les pays développés des autres) présente un tracé discutable : des États présentant la même couleur (donc le même niveau d IDH) se trouvent de part et d autre de cette ligne (alors qu ils devraient tous être du même côté de la ligne). C est le cas de la Russie, qui est au nord de la ligne, et du Brésil, qui est au sud de la ligne. Cette ligne n est donc plus d actualité. B. Un monde dans lequel les échanges sont très nombreux Doc. 6 page 39 : «Le commerce mondial de marchandises» Consigne : Analysez le document pour montrer l intensité des échanges mondiaux. La carte souligne l intensité des flux de flux marchandises à travers la planète : ils représentent chaque année plus de 12 000 milliards de dollars. Ils sont très nombreux et se croisent dans tous les sens : en effet, chaque région de la planète exporte et importe des marchandises avec d autres régions de la planète. La carte montre donc le phénomène d interdépendance (situation dans laquelle des territoires dépendent commercialement les uns des autres, pour leurs achats et leurs ventes) entre les différentes régions du monde. Ce phénomène est la caractéristique majeure de la mondialisation (accélération des flux, de toute nature, à l échelle mondiale). La carte montre également une hiérarchisation des pôles commerciaux à l échelle de la planète. Le commerce mondial est en effet dominé par trois pôles majeurs (appelés «Triade» par l économiste américain Kenichi Ohmae) : l Europe occidentale, l Asie de l est et l Amérique du nord. Ils génèrent l essentiel des flux commerciaux mondiaux (ce qui n est pas étonnant car ils correspondent aux États les plus riches et les plus développés de la planète). Ils réalisent également les échanges intrarégionaux les plus intenses de la planète. L Europe occidentale constitue le premier pôle commercial de la planète (soit un tiers du commerce mondial) du fait de l existence de l UE, qui regroupe 28 États au sein d un marché commun (regroupement d États dans lequel les flux circulent librement, c est-à-dire sans taxes douanières et sans contrôles aux frontières). 3

C. Un monde qui présente une organisation multipolaire Doc. 6 page 39 : «Le commerce mondial de marchandises» Consigne : Analysez le document afin de mettre en évidence l organisation multipolaire du monde. Vous porterez un regard critique sur les choix cartographiques. La carte montre met aussi en évidence des pôles secondaires au sein de la mondialisation. Ils se trouvent au niveau du Moyen-Orient, où sont les pays exportateurs de pétrole, et en Amérique latine, où sont plusieurs «pays émergents» (États dont le PIB par habitant est inférieur à celui des pays développés mais qui connaissent une croissance économique rapide et dont le niveau de vie converge vers celui des pays développés) comme le Brésil. L organisation du monde est donc multipolaire (organisation d un territoire centrée sur plusieurs pôles). Cependant, plusieurs choix cartographiques orientent fortement la lecture de la carte : la projection est polaire (ce qui est indispensable pour tracer des flux à l échelle mondiale) et le centrage est européen (car c est le premier pôle commercial mondial). Mais ces choix exagèrent le poids commercial réel de l Europe occidentale par rapport à ses deux autres rivaux (elle compte au minimum 28 membres alors que l Amérique du nord n en compte que trois par exemple). De plus, le fait d avoir positionné des pastilles au niveau des pôles commerciaux majeurs ne permet pas réellement de savoir quels États (et combien) sont à l intérieur : le Mexique est-il rattaché à l Amérique du nord? L organisation géoéconomique du monde est de plus en plus complexe : les inégalités sont fortement marquées et les échanges sont de plus en plus importants. Par conséquent, le monde présente aujourd hui une organisation multipolaire. III. Une grille de lecture géoculturelle pour comprendre le monde A. Un monde affecté par une très grande diversité culturelle Doc. pages 40-41 : «Les grandes aires linguistiques dans le monde» Doc. page 50 : «Les religions dans le monde» Consigne : Confrontez les documents afin de mettre en évidence la grande diversité culturelle mondiale. Vous porterez un regard critique sur les choix cartographiques. La première carte montre la diversité linguistique. Certaines langues sont uniquement parlées dans leur pays, comme le russe ou le chinois. D autres sont parlées dans plusieurs États, comme l anglais (Amérique du nord, Afrique subsaharienne et Océanie), le français (Afrique subsaharienne), l espagnol (Amérique latine) ou le portugais (Brésil, Angola, Mozambique). Cette situation résulte de la colonisation : les langues européennes sont imposées dans les colonies européennes. La seconde carte souligne la diversité religieuse. On trouve six groupes religieux : le christianisme en Europe de l ouest, en Amérique, en Afrique subsaharienne et en Océanie ; l islam en Afrique du nord, au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du sud-est ; le judaïsme en Israël ; les religions «asiatiques» (bouddhisme, confucianisme, shintoïsme) en Asie de l est ; l hindouisme en Inde et quelques foyers d animisme (croyance en une force vitale, animant les êtres vivants, les objets et les éléments naturels) en Afrique subsaharienne. Cette répartition des religions est liée à leur région d émergence (l islam au Moyen-Orient) et à la colonisation européenne (le protestantisme est propagé en Amérique du nord par les Anglais). La première carte ne représente que les langues parlées par plus de 100 millions de personnes, excluant toutes les langues parlées dans des États peuplés de moins de 100 millions d habitants (comme l italien) ou les langues parlées par des minorités (comme l espagnol aux États-Unis). La seconde carte ne fait apparaître que les religions majoritaires, oubliant les minorités religieuses (comme l islam en France). De plus, la diversité culturelle s explique par les flux migratoires, n apparaissant pas sur la carte. 4

B. Un monde qui connaît aussi une certaine uniformisation Doc. 6 page 43 : «La pratique du football dans le monde» Consigne : Analysez le document pour montrer que le monde connaît une certaine forme d uniformisation culturelle. La carte met en évidence la pratique du football à l échelle mondiale. Ce sport, inventé au Royaume-Uni dans les années 1860, est pratiqué dans tous les États de la planète, y compris dans ceux où la culture britannique n a jamais été diffusée par la colonisation (le Brésil compte le cinquième plus grand nombre de licenciés au monde). Il semble donc que le modèle culturel occidental (celui qui s est développé en Europe et en Amérique du Nord depuis le milieu du XIX ème siècle) se soit imposé à l échelle mondiale. On peut alors parler d une certaine uniformisation (tendance à l atténuation des différences culturelles) des pratiques culturelles. Pour autant, des différences persistent. La pratique du football est élevée dans les pays d Europe, d Amérique du nord, d Amérique latine et en Afrique du sud. Mais, dans bien des États, elle reste marginale : c est le cas en Asie, y compris en Inde (qui est une ancienne colonie britannique). L Inde compte certes le deuxième plus grand nombre de licenciés au monde mais, proportionnellement à son milliard d habitants, la pratique demeure marginale. Dans ce pays, d autres sports, d origine britannique, se sont imposés (cricket, polo). Enfin, dans certains États, des variantes du football ont émergé : aux États-Unis, le soccer est pratiqué mais nettement moins que le football américain. C. Un monde où des conflits éclatent pour des motifs culturels? Doc. page 50 : «Les religions dans le monde» Doc. 1 pages 32-33 : «Les conflits dans le monde aujourd hui» Consigne : Confrontez les documents afin de montrer que les pratiques culturelles peuvent parfois être à l origine de conflits entre les populations et les États. La première carte met en évidence l apparition de conflits religieux. Ces conflits se manifestent par des actes de djihadisme (courant extrémiste qui demande l utilisation de la violence pour chasser toute influence non-islamique des territoires traditionnellement musulmans) ou des guerres. Le djihadisme se manifeste donc dans le monde musulman (Sahara, Moyen-Orient et Asie centrale) alors que les conflits religieux mettent en opposition des populations aux confessions différentes : c est le cas au Cachemire entre les Indiens (qui sont hindouistes) et les Pakistanais (qui sont musulmans). La religion comme cause de conflits est une théorie énoncée par l américain Samuel Huntington en 1996 : il parle de «choc des civilisations» (théorie selon laquelle les conflits, depuis la fin de la Guerre froide, s expliquent par des motifs religieux). Or, la théorie de Samuel Huntington est critiquée sur plusieurs points : - les neuf aires de civilisation qu il propose ne sont pas toujours cohérentes : il fait de chaque branche chrétienne une aire de civilisation alors que le sunnisme et le chiisme sont mélangés au sein d une même aire musulmane ; - de nombreux conflits «religieux» éclatent au sein d une aire de civilisation (lors de la Guerre du Golfe en 1991, de nombreux pays musulmans ont rejoint la coalition internationale contre l Irak) ou au sein même d un pays (la guerre civile syrienne, qui débute en 2011, oppose le régime alaouite branche du chiisme aux rebelles, majoritairement sunnites) ; - les attentats récents perpétrés par les islamistes sont revendiqués par un discours teinté de religion mais les enjeux réels sont souvent politiques ou militaires (refus de l intervention française au Mali à partir de 2012 ). L organisation géoculturelle du monde est très complexe : il existe une certaine uniformisation culturelle au sein de la mondialisation, mais la diversité culturelle reste présente. Des débats existent sur le lien entre conflit et diversité culturelle. 5

IV. Une grille de lecture géoenvironnementale pour comprendre le monde A. Un monde souffrant de dégradations environnementales Doc. 5 page 47 : «Menace et protection des écosystèmes dans le monde» Doc. 6 page 47 : «Changement climatique et géopolitique» Consigne : Confrontez les documents afin de mettre en évidence et expliquer les dégradations environnementales que connaît la planète actuellement. Les cartes mettent en évidence les dégradations environnementales et les risques dont les écosystèmes (ensemble formé des êtres vivants et leur environnement) font l objet. Ces menaces affectent la biodiversité (diversité des espèces dans l espace) des littoraux, des zones forestières et des mers et océans. Parmi les dégradations les plus courantes, on trouve la fonte de la calotte glaciaire, la déforestation, la désertification (dégradation des terres les rendant désertiques), la montée du niveau des mers (menaçant des littoraux et même certaines îles et certains archipels, ce qui va poser à terme, le problème des «réfugiés climatiques») et la multiplication des cyclones tropicaux. Ces dégradations environnementales affectent surtout les pays les moins développés. Ceci s explique par des causes naturelles (les conditions climatiques y sont plus rudes), économiques (la faiblesse des revenus empêche souvent la mise en place de politiques de prévention et de protection) et politiques (l instabilité et les difficultés sociales placent les questions environnementales parmi les dernières priorités). Mais les dégradations environnementales n épargnent pas les pays développés et émergents (ils consomment d ailleurs l essentiel des ressources et produisent l essentiel des pollutions et des déchets). Mais ils essaient de protéger les écosystèmes et de limiter l impact de ces dégradations environnementales, grâce à leurs moyens financiers et législatifs. Ces phénomènes ont des causes naturelles (comme la présence des cyclones en zone climatique tropicale) mais surtout humaines (comme l élévation du niveau des mers ou la fonte de la calotte glaciaire qui sont liées au réchauffement climatique, induit par les émissions de gaz à effet de serre, c est-à-dire les gaz absorbant le rayonnement infrarouge et contribuent au réchauffement de l atmosphère). B. Un monde où les ressources de toute nature se raréfient Doc. pages 44-45 : «L empreinte écologique dans le monde» Doc. 2 page 54 : «Les conflits pour l eau» Consigne : Analysez les documents pour montrer l impact des hommes sur les ressources. La première carte met en évidence l inégale empreinte écologique (indice mesurant les surfaces de terre et d eau nécessaires pour produire les ressources d un individu) sur la planète. Cette anamorphose montre que l empreinte écologique est très élevée dans les pays développés (Amérique du nord, Europe, Japon, Corée du Sud, Océanie) et dans les pays émergents (Amérique latine, Russie, Afrique du sud, Chine, Inde) alors qu elle est nettement plus faible dans les pays en développement et dans les pays les moins avancés (Afrique et Asie du sud). Il faut savoir que la moyenne mondiale pour l empreinte écologique s établit aujourd hui à 2,6 hectares par être humain. La seconde carte met en évidence les pressions exercées par l humanité sur les stocks d eau douce. On s aperçoit que la surconsommation (situation dans laquelle une ressource est consommée plus rapidement que son rythme naturel de renouvellement) en eau est surtout présente en Afrique du nord, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Cette situation s explique par l aridité (faiblesse des précipitations) mais aussi par la forte croissance démographique de certains États. D ailleurs, les conflits à propos du partage des ressources en eau éclatent dans les États ou les régions qui cumulent ces deux facteurs. Ces conflits sont graduels : ils peuvent aller de «simples» tensions diplomatiques (entre les États-Unis et le Mexique pour le partage des eaux du Colorado) à des guerres entre usagers (comme au Sénégal pour le partage de l eau du fleuve). 6

C. Un monde où les préoccupations environnementales émergent Doc. 5 page 47 : «Menace et protection des écosystèmes dans le monde» Consigne : Analysez le document afin de mettre en évidence les méthodes de protection des écosystèmes menacés. Vous mettrez en évidence ceux non mentionné par la carte. Face à ces dégradations environnementales, à la multiplication des risques «naturels», à la raréfaction des ressources, des mesures de protection des écosystèmes fragiles sont mises en place : elles concernent environ 13% des terres à l échelle mondiale et se répartissent de façon relativement équitable à la surface de la planète. Il s agit essentiellement de parcs naturels dans les massifs forestiers et montagneux. Mais d autres solutions non évoquées par le document existent également : - des espaces maritimes protégés (comme le parc marin du bassin d Arcachon) - des mesures de restriction de la consommation de certaines ressources (comme les arrêtés de restriction de la consommation d eau en été en France) ; - la mise en place de politiques de développement durable (développement destiné à satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre les besoins des générations futures ; il est centrés sur trois objectifs : écologiques, économiques et sociaux) depuis les années 1980. Il s agit, lors de politiques ou de projets d aménagement, de produire de la croissance économique, tout en satisfaisant les besoins essentiels de la population et de protéger l environnement. Mais ce mode de développement est encore récent et n est véritablement appliqué que dans les pays développés (surtout en Europe). L organisation géoenvironnementale du monde fait apparaître des dégradations environnementales et une diminution des ressources de toute nature. Cependant, des préoccupations environnementales, dans le cadre du développement durable, voient le jour depuis une trentaine d années mais elles ont du mal à s imposer. Conclusion La combinaison de quatre grilles de lecture (géopolitique, géoéconomique, géoculturelle et géoenvironnementale) permet de rendre compte et d expliquer la complexité du monde actuel. En effet, ces quatre enjeux sont entremêlés et il est également souvent nécessaire de changer d échelle afin de comprendre la complexité de certaines situations. Les cartes, qui sont des outils indispensables de compréhension du monde, doivent cependant être manipulées avec précaution : comme tout document, elles sont produites par un cartographe qui cherche à faire passer consciemment ou inconsciemment un message : il faut donc être attentif à la projection, au centrage et aux figurés. 7