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FAMILLES DEGRAND et BARY «LE CHATEAU» Nous allons nous pencher un peu sur l histoire de cette famille Bary qui s est installée à Palaja au début du XIX e siècle et a ensuite acquis les domaines de Montrafet et Estanave ainsi que de nombreuses terres. D après les actes notariés déposés aux Archives Départementales de l Aude, nous apprenons que : Le 26 mars 1844, la famille BARY devient propriétaire d un domaine situé dans le village -que les palajanais appellent «le Château»- devant le notaire de Carcassonne, Me Jean Paul Bausil : «Vente à MM Louis et Jean Bary Frères négociants, demeurant à Carcassonne par Mr Jacques Degrand, juge au tribunal civil de Carcassonne, y demeurant. D un domaine dit de Palaja, situé dans la commune de ce nom composé de bâtiments pour l habitation du maître et des métayers et pour l exploitation rurale, de champs, vignes, jardins, aire, creux à fumier, rivages, prairies, plantations, herms et autres terres cultes et incultes». La vente comprend également une paire de bœufs, une paire de juments, une autre jument, un mulet, charrettes, vaisselle, pressoir. Ce domaine est vendu tel quel, avec les récoltes actuellement pendantes pour branches et pour racines. Monsieur Jacques Degrand déclare qu il y a sur le domaine vendu un troupeau de bêtes à laine dont le propriétaire demeure à Gibalaux sur la commune de Laure-Minervois. Cette vente est faite moyennant le prix de soixante huit mille francs. Cet acte comporte douze pages. La majeure partie du domaine dépendait de la succession de Mr Georges DEGRAND, baron de Beauvoir, ancien magistrat, décédé en 1815, père du vendeur. Un acte notarié très détaillé, dresse l inventaire des biens du domaine et nous donne une idée du cadre et du train de vie de cette famille. Jacques Degrand (1783-1857) est naît à Carcassonne le 13 avril 1783. Son père Georges Degrand qui est alors Procureur au Sénéchal sera, plus tard, sous l Empire, maire intérimaire de Carcassonne, de septembre 1804 à juillet 1811. Jacques, son fils sera également magistrat, et il occupera ses loisirs à rimer en occitan et en français. Il a écrit notamment : «Lé répaïch campestré, ou l empouisounoment dal barréou dé carcassounou, - pouèmo coumiqué» dans lequel le village de Palaja est cité. Parlant du maréchal Louis Bernard dit Castel il écrira maréchal fort habillé dins l art dé guéri lé bestial. Les acquéreurs (MM Bary) auront droit notamment à la servitude pour l établissement et la réparation d un aqueduc. Cette servitude a fait l objet d un accord passé le 1 er novembre 1821 notaire Callat - entre le sieur Jean Pierre Bernard dit Castel propriétaire et son fils Louis Bernard, maréchal à forge, domicilié à Palaja. Ils ont concédé au profit de Mr Jacques Degrand avocat et avoué «la faculté d établir à perpétuité dans un ferratjal (un champ) qu ils possèdent en pleine propriété dans le terroir de Palaja une conduite pour porter l eau d un champ appartenant audit Sieur Degrand appelé le prat noubel qui est au midy du ferratjal des sieurs 2
Bernard, dans un autre champ appelé l olivette» Cette conduite sera établie en tuyaux avec maçonnerie au frais de Mr Degrand. Cette concession est faite moyennant le prix de cent francs en pièces d or et d argent. Le plan de la commune établi en 1788, nous donne des informations sur la composition du village et l emplacement des bâtiments et maisons. En effet, à cette date, Sieur Pierre Anduze, négociant, habitant de Carcassonne possède de nombreux biens à Palaja : des champs, des bergeries, maisons, jardins, vigne etc. Il est également propriétaire de deux maisons situées à l emplacement du «château» ou domaine actuel. Les bâtiments contiennent une superficie de 91 et 33 cannes soit 290 m 2 et 105 m 2. Voici un extrait du compoix de l an 1788 concernant des biens de Sieur Pierre Anduze. Plan 1 N 9 3 Plus une maison, remise, jardin et aire. Le tout situé dans ledit lieu de palaja joignant du Levant et d aquilon à deux endroits lui-même pour L article suivant et la maison et jardin d antoine leguevaques Encore du levant lui-même pour l article avant le Precedant un passage entre deux du midy le chemin. Etc. Contenant les bâtiments Quatre vingt onze cannes, le jardin trois boisseaux Et l aire six boisseaux et demy, estimé le jardin Moyen et l aire bonne, fait d alivrement une Livre deux sols dix deniers cy 1 L 2 S 10 D Plan 1 N 9 bis 4 Plus une autre maison située dans ledit. Lieu joignant du levant la maison et jardin d antoine Leguevaques du midy a deux endroits et de cers lui-même Pour l article precedant dud. Cers la bergerie De jean pierre bernard et d aquilon la rue Publique contenant trente trois cannes fait D allivrement sept sols quatre deniers cy.. - 7 S 4 D Nous avons quelques renseignements sur ces habitations. La maison de 33 cannes (105 m 2 ) qui donnait sur la rue principale du village, rue qui se dirige vers le chemin de St Estève et le chemin du jeu de mail, et une autre maison située au sud de celle-ci donnant sur le chemin dénommé le chemin du Mas des Cours, qui était beaucoup plus grande, 290 m 2 de surface au sol. Une remise figure sur le plan, dans le prolongement de cette maison. Les voisins proches étant Antoine Leguevaques, Jean Pierre Bernard, le maréchal à forge et Pierre Ormières. Ces propriétaires possédaient soit une maison soit une bergerie confrontant les biens de Pierre Anduze. (Voir plan de 1788). Le plan cadastral parcellaire de l an 1811 de la commune de Palaja, est également intéressant car nous constatons qu une partie du bâtiment situé à l est (42) n est pas encore construite par rapport au bâtiment actuel. (voir plan). En 1811, Georges Degrand, baron de Beauvoir, possède : La parcelle 38 : maison rurale (sur la rue actuelle La Farga) «39 : un jardin «40 : une maison (la plus grande partie du château actuel) «41 : aire 3
Il possède également de nombreuses parcelles de terre sur le terroir de Palaja. Le pigeonnier qui appartenait à Jeanne Marie Jean en 1788, appartient alors à Jean Rodière, parcelle n 36. Ce n est qu en 1913, le 28 février, que l aile située à l est du «château» actuel figure sur le plan du village. La matrice cadastrale nous indique que le bâtiment appartient à Mme Estève du Pujol, veuve Bary, demeurant à Carcassonne. La parcelle A 42 figure comme «terrain d agrément» Sur ce plan, la partie située à l est du bâtiment principal, est construite. La ruelle se prolonge par une courbe pour aboutir au chemin d intérêt commun n 42. Cette bâtisse dite «Le château» s est agrandie et modifiée par étapes successives suivant les besoins des propriétaires et elle continuera probablement à évoluer dans le futur. Actuellement, cette grande maison a été transformée en hôtel par les nouveaux propriétaires. En 1847, le 8 juillet, les frères Bary deviendront propriétaires de la métairie de Montrafet vendue par adjudication ; métairie saisie à Jean et Barthélémi Puel. Il s agit probablement d un investissement et ils installent sur leur ferme, un métayer ou un fermier. La matrice cadastrale des propriétés bâties certifie qu en 1882, Mme Estève de Pujol veuve née Bary à Carcassonne, 98 Grand Rue, est propriétaire de la métairie de Montrafet. Monsieur Jean Eugène Bary fera don d une cloche à l église St Etienne de Palaja en 1896. La marraine se nommait Melle Sophie Estève du Pujol. Jusqu en 1960, l entier domaine appartiendra à la famille BARY ESTEVE du PUJOL. En 1960, monsieur Edmond SIRE achètera le domaine à Madame Prieur, veuve de Monsieur Jean Louis Eugène Bary. =-=-=-=-=-= Je remercie vivement pour son aide, Monsieur Jacques Sire. Les documents qu il m a transmis, m ont permis d enrichir ce travail. 4
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Plan d ensemble du village de Palaja Le 28 Février 1913 14