Album de 32 pages 4 95 9782081634756 Étude pédagogique réalisée par Daniel Bensimhon, conseiller pédagogique. Une histoire écrite par Sylvie Poillevé et illustrée par Laurent Richard. Résumé de l histoire Thomas entre au CP et il semble terrorisé. Arrivé devant l école, il ne semble pas comprendre ce que disent les parents et bien vite il confond le mot «allégresse» avec «ogresse». Mais la maîtresse est-elle réellement si terrible? L auteur Sylvie Poillevé habite à Paris. Elle est attachée de presse et écrit des histoires pour les enfants depuis 1997, notamment dans les magazines. Au Père Castor, elle est l'auteur de nombreux albums cartonnés. L illustrateur Laurent Richard vit à Paris. Il est professeur de dessin. Il est l'illustrateur de la collection Bali, Les aventures de bébé Lapin, Le seul roi, c'est moi et Cuisines du monde.
Fiche d identité du livre Thème principal C est le thème de l inquiétude voire même de l angoisse que peuvent ressentir certains enfants lorsqu ils doivent se rendre à la «grande école». Cette angoisse est souvent disproportionnée et le fantasme de la maîtresse méchante ou monstrueuse vient souvent s y greffer. Thème secondaire C est également le thème de l indifférence apparente des parents qui manquent d attention et qui ne détectent pas l inquiétude chez leur enfant. A cela, peut s ajouter le thème de l enfant qui se dit être un «grand» et qui ne veut pas montrer ses craintes. Ceci peut paraître souvent contradictoire et source de déstabilisation. Intérêt pédagogique L étude de cet album est parfaitement ciblé pour des élèves de Cours préparatoire puisque justement, Thomas entre au CP. L inquiétude que cet enfant ressent peut être tout à fait partagée par les élèves de la classe. Aussi, la lecture de cet album peut servir d exutoire et aider les élèves à dépasser cette angoisse. L identification que les élèves peuvent avoir avec ce texte favorise grandement le désir de lire et la compréhension. De plus, les comparaisons possibles entre ce que vit Thomas et le vécu des élèves peut permettre de longues plages d expression orale sur ce thème de la rentrée à la grande école. Comme la plupart des inquiétudes de Thomas sont générées par de mauvaises interprétations de mots dits par les adultes, ce texte peut permettre un travail intéressant sur certains mots de vocabulaire, sur des jeux de mots, sur des expressions idiomatiques qui, prises au «pied de la lettre», peuvent devenir très inquiétantes. Les illustrations suivent tout à fait le délire de Thomas et la maîtresse est tantôt une ogresse, un monstre. Elle devient cependant une douce et gentille maîtresse. Les personnages Deux personnages principaux apparaissent dans cette histoire : L enfant Thomas qui va rentrer au CP La maîtresse, Madame Toucru qui apparaît en vraie à la fin. Les parents sont présents simplement en toile de fond. Ils parlent parfois mais à aucun moment, il s agit d échanges directs avec Thomas.
La première de couverture Présenter la couverture aux élèves et les laisser réagir. De quoi s agit-il? Pourquoi le petit garçon est-il porté de la sorte? Qu a-t-il fait de mal? Quelle est cette grosse main qui le porte entre deux doigts? À partir de ces multiples questions, inviter les élèves à trouver des explications qui pourront toutefois s avérer plus ou moins plausibles. Lire ensuite le titre et le présenter aux élèves. Faire constater comment les caractères typographiques choisis ajoutent à la compréhension du mot ogresse. Revenir alors sur l illustration et formuler d autres hypothèses sur cette main qui porte le petit garçon. Est-ce la main d une ogresse? est-ce la main de la maîtresse? Lire enfin le nom de l auteur et de l illustrateur écrits au dessus du titre. Donner éventuellement quelques informations concernant ces personnes. Repérer le nom de la collection «les P tits albums du Père Castor» mentionnée au bas de cette page. Demander si certains élèves ont déjà lu des livres appartenant à cette collection. La quatrième de couverture Lire le résumé proposé sur cette page. Comprendre que le petit garçon de la couverture s appelle Thomas (écrire son nom au tableau) et qu il entre au CP. S apercevoir alors que Thomas a très peur d aller à l école, il imagine que la maîtresse est un monstre. Est-ce alors vrai ce qui est montré sur la première de couverture? En déduire que cette illustration correspond à l imagination de Thomas mais laisser toutefois un doute persistant en terminant cette première approche par une phrase du type «À moins que cela soit vrai». Ce suspens pourra tenir la lecture en haleine et la motiver grandement. La page de titre Observer la page de titre et remarquer une nouvelle représentation de la maîtresse. C est un monstre sanguinaire prêt à dévorer n importe quel enfant et en particulier Thomas. Rester toujours à mi-parcours entre véracité et imagination débordante de Thomas. Constater pour terminer les dédicaces en page de gauche : celle de l auteur Sylvie Poillevé et celle de l illustrateur Thomas Richard. Lire oralement ces deux dédicaces et constater que la première évoque également la «maîtresse ogresse». Laisser les élèves réagir sur ce constat.
Les intérêts pédagogiques et quelques pistes Pages 2 à 3 : À la maison Lire d un jet le texte de cette double page puis le relire immédiatement mais en présentant en même temps l illustration aux élèves. Faire repérer des mots écrits différemment et en particulier le mot «catastrophique» écrit en beaucoup plus gros et en gras. Evoquer ce choix typographique et laisser les élèves proposer des explications pour ce choix. Demander ensuite : o Qu est-ce qui peut paraître si catastrophique? La maîtresse est-elle réellement méchante? Avancer vers l idée que Thomas imagine beaucoup de choses, qu il n a jamais vu encore cette maîtresse. o Que dire de cette phrase du texte «Un grand ça n a peur de rien!»? Thomas est donc fier d être grand et d aller à la grande école mais cela l inquiète. Il essaye donc de se persuader. Relever d autres mots qui montrent son inquiétude : «terrorisé», «Thomas panique». Faire décrire l illustration et s attarder quelque peu sur le visage de Thomas. Repérer les parents présents dans une autre pièce de la maison. On peut constater qu il n y a pas de conversation directe entre eux et leur fils. Ce constat est présent tout au long de l album. Pages 4 à 13 : Devant l école Observer d abord l illustration de la première double page de cette partie. Constater que tout se situe à hauteur des yeux de Thomas. Celui-ci est d ailleurs particulièrement inquiet et s accroche au vêtement de sa maman. Faire remarquer là encore des mots en gros et en gras. Procéder de même avec toutes les illustrations de cette partie en faisant parler le plus possible les élèves. En arriver à ce type de constat : o C est un monstre! o Elle dévore tout cru Thomas! o Elle fait cuire Thomas dans une poêle! o Elle l a mangé, il est dans son ventre! Lire alors lentement le texte correspondant à cette partie de l histoire. Noter au tableau les mots en gras «Monstre», «!», «deux gros doigts velus», «qu une bouchée». Présenter à nouveau les illustrations correspondantes à ces mots et retrouver celle de la première de couverture.
Demander alors pourquoi ces mots apparaissent dans le texte. Faire ressortir les expressions qui induisent Thomas en erreur («digérer le programme» ; «n en faire qu une bouchée», «elle adore les enfants», «ils seront aux petits oignons») mais aussi les incompréhensions de ce dernier («ogresse» pour «allégresse»). L apothéose étant certainement le nom de la maîtresse, madame «Toucru» qui, dans le contexte, ne peut que prêter à confusion et être mal interprété par Thomas. Noter toutes ces expressions, tous ces mots au tableau et tâcher de faire comprendre que ces expressions imagées ou idiomatiques ne doivent pas être prises au sens propre. Choisir d autres expressions pour mieux expliciter cet élément de l album qui en fait toute sa richesse : o «Avoir les yeux plus gros que le ventre» être gourmand o «Avoir la tête dans les étoiles» rêvasser o «Prendre ses jambes à son cou» s enfuir Pages 14 à 17 : Entrée dans l école Lire le texte de ces deux doubles pages, lorsque Thomas entre dans l école. Insister sur l opposition entre sa terreur et le fait qu il ne veuille pas le montrer. Trouver encore d autres expression idiomatiques : «Thomas avance en traînant les pieds» pour le fait qu il est craintif. Proposer une expression synonyme «Il y va à reculons». Présenter les illustrations de cette partie et s attarder sur la dernière, lorsque la maîtresse-ogresse est cachée derrière l escalier. Que va-t-elle faire à ce moment? Comment Thomas va-t-il s en sortir? Accorder un bon moment de discussion à partir de ces questions qui peuvent permettre de rester à mi-chemin entre fiction et réalité. Pages 18 à 25 : Dans la classe Lire le texte de la première double page de cette dernière partie. Insister sur le nom de la maîtresse, madame «Toucru». Présenter l illustration aux élèves et demander pourquoi Thomas est-il surpris. La vision de cette maîtresse, toute fine, toute menue, est en totale opposition avec ce qu il imaginait. Lire maintenant jusqu à la fin de l histoire en insistant sur le jeu de mot «Il est mignon à croquer». Cette expression ne pouvait plus mal tomber. Montrer soudain que Thomas se rebiffe, qu il décide de poser la question à la maîtresse «Tu vas me manger?» Chercher les raisons qui le poussent enfin à agir, à se prendre en charge. En arriver à l idée que c est probablement la vue d une maîtresse douce et fine qui lui permet d agir. Elle n a rien d une ogresse.
Enfin, demander ce qu aime par dessus tout la maîtresse et constater qu il ne s agit pas de dévorer un enfant mais plutôt du chocolat. Amener la classe à réagir à ce constat. Mais alors, qu est-ce qu imagine maintenant Thomas? Reprendre le dernier passage écrit aussi en gras et le commenter collectivement. Pour finir, présenter les illustrations. Observer en particulier celle qui montre Thomas décidé à poser la question à la maîtresse. Il est à la fois déterminé mais aussi effrayé. Il parle d une voix étranglée. Synthèse de la lecture En guise de synthèse, retrouver toutes les expressions qui ont prêté à confusion dans l histoire. Rappeler ce que sont ces expressions idiomatiques qui doivent être prises au sens figuré et non au sens propre. Relire les expressions écrites au tableau et les expliquer à nouveau en retrouvant la mauvaise interprétation que Thomas a faite. Chercher à discuter avec les élèves afin de savoir si certains d entre eux ont vu dans leur maîtresse (ou leur maître) une ogresse (ou un ogre). Avaient-ils peur à ce point? Ont-ils été surpris? Cette discussion, sur le ton humoristique peut aider de nombreux élèves à démystifier cette année de Cours Préparatoire. Déboucher sur un avis des «lecteurs» ; l ambiance générale, les parties préférées, l illustration savoureuse.