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L Allemagne déclare la guerre à la France. L Allemagne déclare la guerre à la Belgique qui a rejeté l ultimatum de la veille.

Transcription:

énne, DOSSIER DE MONUMENT Clés : Période : 5 et 6 Mai 1917; Lieux : Braye-en-Laonnois (02000) Belligérants : Français et Allemands Latitude : 49.332352 Longitude : 3.0997 Titre : L Epine de CHEVREGNY Thèmes : Les attaques du 5 et 6 Mai 1917 sur le Chemin des Dames. Localisation : Sur le Chemin des Dames, au Nord de Braye-en-Laonnois L Épine de CHEVREGNY «La Vérité sur l Offensive du 16 Avril 1917» Paul PAINLEVE Ancien Ministre de la Guerre Ancien Président du Conseil La nécessité des opérations de MAI 1917 «La rupture manquée du 16 Avril laissait nos armées dans cette position intenable - aussi dangereuse que coûteuse à conserver que les techniciens appellent position d assaut interrompu On ne reste pas en équilibre sur le tranchant d un rasoir. «En maints endroits nous nous trouvions arrêtés entre la première et la deuxième ligne de la première position allemande. «Il fallait ou avancer ou revenir sur nos anciennes positions, ce qui eut accru la désillusion de l armée, déprimé son moral ainsi que celui du pays et excité le moral de l adversaire. «Mais par-dessus tout il nous était impossible d abandonner à eux-mêmes nos alliés anglais qui venaient de s engager sur une grosse action sur la SCARPE : nous devions aider à leur effort en retenant de notre mieux et usant l ennemi sur notre front. «4 Offensives allaient s allumer successivement à partir du 30 avril : - l attaque de MORONVILLERS à partir du 30 avril - l attaque du secteur Mont Spin Mont Sapigneul le 4 mai - l attaque de CRAONNE le même jour et l attaque de la VI Armée sur l Ailette le 5 Mai

5 et 6 Mai 1917 JMO du 350 e Régiment d Infanterie

Le monument du Soldat Jean Dauly La tombe du Soldat Jean Dauly

5 Mai 1917 «Le jour J fixé pour l attaque est le 5 Mai. L heure H est neuf heures. «Avant 3 heures du matin toutes les troupes d attaque et de réserve, prennent position aux emplacements qui leur ont été assignés, elles sont camouflées dans les tranchées par de la toile. «A 3 H 30, toutes les troupes sont en place dans les parallèles de départ. Les tranchées sont camouflées pour éviter le repérage par les avions ennemis. «A 9 H, 9 H 01, 9 H 02, toutes les troupes d attaque du groupement LAGARDE, s élancent vers l ennemi comme à la parade, faisant l admiration et arrachent même des larmes de fierté à tous les spectateurs. «Les barrages d artillerie sont parfaits. «A 9 H 10,les premières vagues franchissent les premières lignes boches. «Les vagues progressent sur les secondes lignes et le Chemin des Dames. «Le nettoyage des premières lignes est assuré. «A 9 H 20, les secondes lignes et le Chemin des Dames sont dépassés. La progression se poursuit sur les batteries et la lisière des bois où des mitrailleuses ennemies sont installées et gênent notre mouvement en avant. «A 9 H 24 les mitrailleuses sont tournées et la ligne des Batteries, fixée au Régiment comme objectif d attaque, est atteinte. «L artillerie ennemie commence à réagir, de violent barrages sont déclenchés isolant l avant des arrières. «Les compagnies s organisent à la lisière du bois. «A 10 H 28, Les compagnies LEROUX et DELORME pénètrent dans le bois, continuant leur marche en avant, elles descendent les pentes du ravin et s apprêtent à marcher, de concert avec le bataillon POIREE, sur les batteries SE du Moulin Didier. «Elles sont prises sous les feux des mitrailleuses de l éperon des Vaumaires et s organisent sur la position 8730-9029 en poussant des petits postes aux batteries 8733-8832. «A partir de 10 H 55, l ennemi s accumule vers les Vaumaires de forts détachements de renforts se dirigeant vers les carrières sont aperçus sortant de MONAMPTEUIL. «A 11 H, le Lieutenant Colonel quitte le PC de 8814 pour se porter en avant à 8822 (tranchée de la Dragonne) sous un tir de barrage très violent. Le Lieutenant LORCY accompagnant le Lieutenant Colonel est blessé ; plusieurs sapeurs sont tués et blessés.

«A partir de 13 H 15, l ennemi commence à réagir. Les Compagnies du bataillon de Tarlé sont attaquées à la grenade et ripostent énergiquement. La section ALBERT, de la 14ème Compagnie est poussée en renfort vers 9027 pour renforcer la liaison entre le 4ème et le 6ème bataillon. «La section DUQUENOY, de la 14ème est poussée en renfort vers 8529 pour assurer la liaison entre le 4ème bataillon et le bataillon POIREE du 54ème Régiment d Infanterie. «14 H 30 ordre à la Compagnie CAMILLI (18ème) de se porter au Chemin des Dames et en 9126 pour renforcer la Compagnie PORTIER et essayer de repousser l ennemi dans la direction NE suivant ligne 9127 9629 0029. «Le Colonel demande en même temps qu une nouvelle compagnie du bataillon JEAN JEAN (réserve à la disposition du Colonel commandant l infanterie) soit poussée en avant pour renforcer la liaison entre les 4ème et 6ème bataillon où la distance est grande. «A 20 heures, l ennemi déclenche sur nos positions et sur les arrières un violent tir de barrage et tente de déboucher sur la droite du Régiment. Il est arrêté par nos tirs et le Régiment reste sur la position conquise.

6 Mai 1917 «0 H 55 Ordre à la Compagnie DALLET (19ème ) du 5ème Bataillon de se porter en avant à la disposition du Commandant de TARLE pour rompre la résistance devant son front. «1 H 30 L ennemi essai de déboucher sur le secteur de la 22ème Compagnie et est repoussé par nos tirs de grenades et de FM. «2 H 00 L ennemi au coude à coude (300 hommes) enfonce la ligne du 67ème RI à la jonction du 350ème. Après une résistance à la grenade, la Compagnie FRANTZ, de liaison avec le 67ème RI doit se replier d environ 100 mètres pour faire face à l ennemi, qui, pris sous un feu violent de mousqueterie, lui infligeant de lourdes pertes, doit stopper, la panique étant dans ses rangs. De nouvelles troupes viennent renforcer l ennemi. «La 22ème Compagnie subit de violentes rafales de mitrailleuses. L intention de l ennemi était de reprendre la ligne du Chemin des Dames. La situation est tendue toute le nuit. «12 H 15 Une violente contre attaque sur les 13ème compagnie (DELORME) et 15ème (LEROUX) par un détachement spécial, est arrêtée par la compagnie Delorme. «20 H 35 Nouvelle contre attaque. Tout le secteur est soumis à un bombardement d une grande violence. «L ennemi qui cherche à reprendre le Chemin des Dames et à contourner le Bataillon POIREE ne peut déboucher du bois et abandonne son action et laisse de nombreux cadavres sur le terrain. Parmi les tués DAULY Jean, 2ème classe. 7 Mai 1917 «L infanterie ennemie parait s organiser sur ses positions et est beaucoup plus calme que les jours précédents. «L ordre de relève arrive à 21 heures, elle s effectue dans des conditions très difficiles (marmitage violent rafales de mitrailleuses pluie) et n est terminée qu à 5 H 00 du matin. «Les bataillons relevés se dirigent sur la creute Gouraud près de BRENELLE et les anciennes carrières au NE de la Cour Soupir. «Parmi les disparus DUQUENOY Marcel Aspirant. 2 Juin 1917 «Le 350ème RI est cité à l ordre de l armée dans les termes suivants : «Le 350ème Régiment d Infanterie, sous l impulsion de son chef, le Lieutenant Colonel LAGARDE, vient de prendre d assaut une position extrêmement forte, y a capturé six cents prisonniers avec vingt deux mitrailleuses. Pendant trois jours de combat ininterrompus et jusqu à la relève, s est maintenu sur le terrain conquis, malgré sept contre attaques très violentes et un bombardement intense, faisant subir à l ennemi des pertes considérables. «Le Général commandant en chef : PETAIN.»

18 Mai 1917 JMO du 146 e Régiment d Infanterie Activité incessante de notre artillerie. De 3 H 30 à 5 H 00, les Allemands tentent vainement de prendre pied dans notre tranchée de première ligne dans la région s étendant du boyau de la Douille jusqu à 400 mètres à l Ouest. Ils se retirent laissant une centaine d hommes sur le terrain. Un Prussien du Régiment N 359 a été capturé. A 18 H 15, les Allemands lancent une nouvelle attaque sur notre droite et sur le Régiment à notre droite et réussissent à prendre pied dans un de nos éléments avancés. Une dizaine de soldats allemands appartenant au 47ème RI se rendent dans nos lignes. Au cours de la nuit, bombardement intense de nos lignes. Pertes : S/Lt DUREL, tué S/Lt ROUYER, disparu Troupe : 3 tués, 11 blessés, 18 disparus.