MOUDRE LE GRAIN EN FARINE LES MEULES



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Transcription:

S É M S VUX N U M C omme l église, le magasin général ou la forge, le moulin était un lieu d échanges extrêmement important. Même si le moulin appartenait au seigneur, c est le meunier qui devait voir à son fonctionnement et à son entretien. C est aussi lui qui s occupait de livrer les services aux paysans ainsi que des comptes à rendre au seigneur. MOUD GAN N FAN S MUS e meunier contrôlait une facette névralgique de l économie rurale : la transformation des grains en farine, que le boulanger transformait ensuite en pain. l portait aussi le titre de farinier. Si les meules tournent à vide, elles se raclent l une contre l autre. Une meule qui tourne sans grain s use davantage en une minute que si elle avait écrasé une trentaine de poches de blé. Quand la meule était usée, la farine perdait le velouté. l y avait alors moins de farine qui tombait, et le meunier y perdait. e meunier était responsable de la farine qu il produisait. Pour ce faire, il s assurait de l entretien de ses meules pour qu elles maintiennent leur rugosité. e meunier devait aussi composer avec les caprices du vent et travaillait même la nuit à la fin de l été. l était souvent coincé entre les paysans, qui voulaient leur grain moulu rapidement, et le seigneur, qui exigeait que sa redevance lui soit versée à temps. a farine était à la fois la nourriture du paysan, le salaire du meunier et le revenu du seigneur. On dit du meunier qu il n avait pas bonne réputation : on l accusait de voler ses clients. l se payait en nature, prélevant un quatorzième du grain mais il arrivait que cela fût beaucoup plus! e métier de meunier était habituellement transmis de père en fils. À Pointe-aux-rembles, les meuniers étaient accompagnés d apprentis. l était impensable que l on puisse songer à remplacer un «vrai» meunier du jour au lendemain, par un meunier improvisé. e métier de meunier était centré sur son habileté à faire fonctionner le moulin et à bien entretenir ses meules. Un bon meunier était avant tout un piqueur de meule. e meunier devait donc piquer la meule pour refaire le rugueux de la surface. l faisait de petits trous qui se touchaient presque, comme des dents pour briser le grain. On piquait millimètre par millimètre avec la maillette ou le marteau-piqueur. es meules étaient piquées tous les mois et même deux fois par mois. Une meule mal repiquée pouvait provoquer un incendie et la perte du moulin. Un bon meunier devait tenir ses meules bien brossées, balayées et propres. es meilleures meules étaient en silex et servaient surtout au blé parce qu elles rendaient la farine plus fine. a meule en granit s usait plus vite et servait surtout pour le maïs, l orge et l avoine.

S É M S VUX N P A H C e charpentier de l époque était un artisan reconnu pour ses connaissances et pour ses habiletés de concepteur. l fabriquait des structures en bois et construisait l ossature partielle ou complète des maisons, bâtiments, moulins et autres édifices. Spécialisé dans les pièces de bois, son travail était varié puisqu il consistait à monter des charpentes, des fenêtres, des escaliers, des planchers etc. Souvent le meunier jouait aussi le rôle de charpentier, constructeur de moulin. S OUS YP D BOS e charpentier transformait les troncs d arbres en e pin était le type de bois le plus usité dans la fabri- poutres, en chevrons ou en diverses pièces, et ce, sans cation de ces structures. On peut s en étonner, mais outils mécaniques. À l époque, il utilisait une petite ha- comme le pin est un bois mou et que les outils de l épo- che, appelée herminette, ou un rabot pour équarrir le que étaient très rudimentaires, le pin était l essence bois. Des ciseaux et un maillet lui étaient nécessaires parfaite pour les travaux de charpenterie. Ce type de pour fignoler chaque pièce, selon la technique d as- bois est reconnu pour sa légèreté, sa solidité, son im- semblage à tenons et mortaises. Ce sera seulement à perméabilité et sa grande résistance aux intempéries la fin du 19 siècle que les clous remplaceront les che- et à la moisissure. Quant aux bois durs, comme l éra- villes dans l assemblage des charpentes. ble et les autres bois francs, ils étaient surtout utili- Avec l aide d apprentis, le charpentier élevait chacune sés pour le chauffage. des pièces de la charpente sur le haut de la maison Dans le cas des moulins, le chêne était utilisé pour la ou du bâtiment. orsque l assemblage était terminé, il fabrication des ailes et surtout pour «l arbre-moteur». solidifiait la structure avec des chevilles de bois. e rouet, généralement en orme, était garni de dents es charpentiers de moulins ornaient parfois l exté- ou d alluchons en cormier, en hêtre ou en chêne. e rieur des moulins de différents motifs décoratifs et voyaient aux réparations à apporter aux mécanismes.

S VUX MÉS BOUANG e pain a toujours été une denrée de première nécessité dans l alimentation. es gens de la campagne qui semaient du blé ou du sarrasin ont longtemps fabriqué eux-mêmes leur pain. Durant le régime seigneurial, le seigneur était obligé d avoir un moulin à farine à la disposition de ses censitaires, mais n était pas lié par l obligation d avoir un four à pain. n conséquence, il y avait un four à pain dans les maisons en ville et bien sûr en campagne. Puis, de moins en moins de cultivateurs semaient du blé, préférant eux aussi acheter la farine chez le marchand, comme les gens de la ville. C est alors que les boulangers prirent de l importance dans les villages et les villes. S HUS D AVA a journée de travail du boulanger, comme pour les autres métiers de l époque, était longue puisque plusieurs centaines de pains étaient cuisinés quotidiennement. Certains boulangers commençaient à 5 heures du matin pour terminer vers 19 heures. D autres boulangers préparaient les ingrédients la veille (levure, sel, malt, poudre à pain et farine dans le pétrin) et chauffaient ensuite le four au bois pour réchauffer la pièce. À minuit, heure à laquelle ils débutaient leur journée, ils ajoutaient les ingrédients dans le pétrin. Une heure plus tard, ils coupaient la pâte et la mettaient sur une table. ls la couvraient d un linge et la laissaient reposer pendant 15 minutes. ls plaçaient ensuite le pain dans des tôles qu ils déposaient dans une armoire pour le faire lever. Cette armoire conte- nait des chaudrons d eau bouillante qui procuraient la vapeur suffisante pour faire lever la pâte. es débuts du métier de boulanger étaient très modestes, puisque pour les habitants, le pain acheté coûtait plus cher que celui qu on fabriquait soi-même à la maison. De plus, il était mal vu pour une femme de ne pas cuire le pain de sa famille. Aussi, le pain du boulanger, disait-on, était trop léger et on devait en manger trop pour se rassasier. Puis, plus tard, arrivèrent les passeurs de pain qui offrirent par la suite des pâtisseries, des gâteaux et des tartes.

S VUX MÉS SSAND e tisserand produisait, à partir de la matière brute, du tissu et des toiles non appropriés pour un usage domestique, sauf pour les plus pauvres qui s en contentaient. a matière première du tisserand était le lin, le chanvre, la soie ou la laine. e métier de tisserand de toile produisait le tissu directement à partir de la bobine de fil (souvent en laine). l ne s occupait pas de la transformation première de la matière brute. Cette transformation était généralement faite par les paysans à l aide d un rouet. MÉ À SS e métier horizontal est la forme la plus simple des métiers à tisser. évolution des techniques montre que la position horizontale permet une plus grande rapidité d exécution. e plus célèbre des métiers horizontaux est le métier Jacquard. C est par un tel métier horizontal que les tisserandes de l AFÉAS de Pointe-aux-rembles ont tissé 4 toiles de lin (36 x 281 ) fixées sur les ailes de notre moulin en juin 2009. A PAU, FOUAG A NU À partir de la toile brute, trois traitements successifs étaient nécessaires : a parure consistait à laver le tissu plusieurs fois, en tirant avec un chardon entre chaque bain, pour en retirer les petits nœuds, et le faire feutrer. a seconde étape était le foulage, qui consistait à battre le tissu dans un bain d eau avec soit un peu de sable ou un peu de lie de vin. Venait ensuite la teinture, souvent faite en même temps que la seconde étape, selon la couleur qu on voulait obtenir. N e lin réclame une terre riche et a tendance à appauvrir le sol. C est pour cela qu on ne le plantait pas sur les terres où le blé était cultivé. On le récoltait à la fin de l été et on le liait en botte comme le blé et l avoine. a première étape consistait à passer les bottes de lin dans une planche à clous (comme les planches de fakir), pour enlever les graines. Puis, venait ensuite le rouissage qui consistait à tremper les gerbes dans de l eau stagnante afin que la décomposition causée par les bactéries provoque l éclatement des tiges qui se fendent sur toute leur longueur. e rouissage pouvait prendre jusqu à 12 jours. étape suivante était le lavage à l eau claire, puis le séchage. Seule la partie ligneuse de la tige permettait de fabriquer les fibres. Chaque plante était donc triée afin de séparer la filasse du reste de la plante, puis la filasse était elle aussi triée. es plus longues fibres étaient réservées pour le tissage, les autres servaient à produire l étoupe dont on se servait, entre autres, pour remplir les matelas ou calfeutrer les interstices entre deux planches de bois. Une grande quantité de fibre était plus ou moins tressée manuellement sur une tige en bois (la quenouille), celle-ci étant mise en place sur le rouet pour filer le lin. CHANV Comme le lin, le chanvre est une plante utilisée depuis la préhistoire. Cette plante est exigeante dès qu on la cultive. Sa préparation est la même que celle du lin. outefois, pour obtenir une pelote de fil, le filage du chanvre était plus délicat. Comme les fils sont plus rugueux que le lin, il fallait les mouiller en permanence.

S É M S VUX N O G FO es forgerons fabriquaient et réparaient de nombreux objets essentiels à la vie quotidienne des colons. ls ferraient les chevaux ainsi que tous les objets utilitaires en fer d une maison, d un moulin, de charrettes et de bateaux. ls fabriquaient aussi de nombreux outils ou ustensiles, tels que tisonniers, marteaux, pelles en fer, ciseaux, poinçons, pinces, tenailles, marteaux, clous, coins et haches. e métier de forgeron se déclinait en différentes spécialités : maréchal-ferrant, serrurier, charretier, cloutier, armurier, taillandier, coutelier. S OUS DU FOGON MAÉCHA-FAN a forge est un four alimenté le plus souvent au charbon. On l utilisait pour chauffer le métal, pour le rendre plus mou afin de lui donner une forme en le martelant. n raison de la nature de son travail (chaleur élevée du four, martelage du fer sur l enclume), ses concitoyens le considéraient souvent comme l homme fort du village. e métier se transmettait de père en fils ou par l engagement d un apprenti qui, pour devenir à son tour forgeron, avait besoin d «( ) une enclume, un soufflet, une étoque, cinq marteaux, une chasse, une paire de tenailles à hache, une paire de tenailles droites, deux tisonniers, trois cloutières dont une ronde et deux quariers, une filière et une boîte à fer ( )» (Greffe de Michel Berthelot, 21 mai 1806). enclume est un bloc de fer à la surface plane et pointue à une extrémité. es morceaux de métal y sont placés et on les forme en les martelant. e soufflet est utilisé pour attiser le feu de la forge afin de le rendre de plus en plus chaud. On peut supposer que l hiver, l atelier du forgeron réunissait ses clients, étant un des rares lieux chauffés par la forge. Celui-ci était une source d informations pour les habitants qui vivaient en dehors du village. a dernière boutique de forge des frères Cadieux de Montréal a fermé ses portes en 1982. e forgeron pouvait aussi se spécialiser à titre de maréchal-ferrant : il fabriquait et posait les fers à cheval sur les sabots des chevaux et parfois des bœufs. Poser les fers n était pas une mince affaire. Une fois le sabot nettoyé, le maréchal-ferrant devait tailler la corne puis appliquer très vite le fer chauffé. l fallait rassurer l animal et lui parler doucement pour éviter qu il ne rue. opération suivante consistait à clouer les fers dans le sabot.

S VUX MÉS MAÇON AU D P SCUPU e tailleur de pierre réalisait la structure du bâtiment en pierre : murs, voûtes, escaliers, arcs des portes et fenêtres. e sculpteur exécutait tout ce qui concernait la décoration du bâtiment (statuaire, bas-reliefs etc.). e maçon, lui, pouvait combiner ces deux métiers. e tailleur de pierre devait connaître la maçonnerie pour implanter un ouvrage au sol, étayer les appareillages lors de la pose, poser les blocs de pierre etc. À la base de ces métiers se trouvaient les apprentis sous la gouverne du maître pendant quatre ans. Au niveau intermédiaire, il y avait les compagnons et au niveau supérieur, les maîtres qui dirigeaient le métier. S OUS ÉCHÉANC D CONSUCON e compas, les maillets, les ciseaux, les truelles, les dragues, les riflards, la planche à tracer et la règle formaient le coffre à outils. es maisons en pierre étaient l affaire des maçons : ce sont eux qui contractaient avec le client et qui s occupaient d engager les ouvriers et les artisans. es travaux de construction ne pouvaient être effectués que pendant les cinq mois les plus chauds et secs de l année. orsque le contrat était signé à l automne, on pouvait profiter de l hiver pour préparer le site et rassembler les matériaux. es différentes étapes s enchaînaient par la suite : Fin avril, début mai : les fondations Fin juin : les murs Mi-juillet : les solives de plancher Août : les planchers et la toiture 1 er novembre au plus tard : les portes et fenêtres Dans le meilleur des cas, une maison de pierre se construisait en 3 mois. S YPS D PS a pierre des champs : pierre brute que l on retirait du sol lors des labours ou que l on trouve dans les ruisseaux ou au bord du fleuve; es moellons (pierre de carrière) : équarris et/ou piqués dont la surface était aplanie à coups de pic; es pierres d angle : pierres taillées afin de constituer des arêtes régulières sur les coins des murs, des fenêtres ou des portes des maisons. MO e mortier ancien est en un mélange de chaux et de sable. C est en bonne partie à cause de ses qualités d expansion qu on peut comprendre la résistance des vieilles murailles qui ont travaillé avec le temps sans s effondrer. Dans la maçonnerie ancienne, il jouait beaucoup plus le rôle de bouche-trou que de liant. Chaque pierre était bien assise l une sur l autre et les inégalités étaient comblées par de petits cailloux nommés «calles», que l on cassait au moment de tirer les joints ou avant de «renduire». C, À PON-AUX-MBS Des premières maisons de Pointe-aux-rembles, construites en bois, il ne reste plus rien. Au fur et à mesure que les habitants prenaient racine, des maisons de pierre étaient érigées à l intérieur du fort et le long du Chemin du oy. e premier bâtiment d importance construit en pierre à Pointe-aux-rembles, est le 1 er moulin à vent en 1671, l église Saint-nfant- Jésus en 1705 et le 2 e moulin à vent en 1719.

A D HSO D A PON-AUX-MBS Atelier d histoire de la Pointeaux-rembles est le résultat d un long actuel cheminement des efforts du milieu pointelier à se donner un organisme centré sur l histoire locale : il y a eu la Société historique de la Pointe-aux-rembles qui fut très active entre 1974 et 1985. On lui doit surtout le classement de la maison Beaudry (1979) et du moulin à vent comme bien culturel (1982), ainsi que la publication de deux cahiers d histoire qui demeurent de précieux documents de référence. n 1992, la Société essources-oisirs de Pointe-aux-rembles nc., déterminée à faire connaître l histoire et le patrimoine de Pointeaux-rembles, met en place l Atelier d histoire de la Pointe-aux-rembles qui réalisera, dans le cadre des Fêtes du 350 e anniversaire de Montréal, un parcours historique du patrimoine bâti constitué de trente-trois (33) panneaux sur lutrin. n 1998, lors du 325 e anniversaire de la fondation de la paroisse de l nfant-jésus de la Pointeaux-rembles (1674), l Atelier publie un petit livre sur les 325 années d histoire de Pointeaux-rembles, qui sera distribué gratuitement aux 22 500 résidences du territoire ancestral de Pointe-aux-rembles et 800 exemplaires aux directions des écoles élémentaires du quartier. n septembre 2000, l Atelier a convaincu la Ville de Montréal d acquérir le moulin à vent de 1719. Depuis 2005, l Atelier participe, en collaboration avec la Ville, à sa mise en valeur. ouverture au public du nouveau site patrimonial a eu lieu au printemps 2009. Atelier a édité une publication sur le moulin en juin 2010. MSSON Faire connaître l histoire et le patrimoine ancestral de Pointe-aux-rembles OBJCFS Veiller à la conservation et à la mise en valeur de notre patrimoine Soutenir les organismes et les individus intéressés à l histoire locale Constituer des archives cartographiques, écrites, photographiques et sonores Diffuser et promouvoir toutes les connaissances acquises en la matière nitier et collaborer avec les organismes institutionnels et gouvernementaux à la réalisation de programmes et de projets relatifs à l histoire locale et au patrimoine SVCS Centre de documentation - Fonds de l Atelier (plus de 800 photographies, 35 enregistrements vidéo, cartes et plans, etc.) xposition permanente «Cartes et plans de Pointe-aux-rembles, 1669 à aujourd hui» (Centre communautaire oussin) Visites guidées OPAM et autres groupes sur demande. PUBCAONS Depuis 1999, 16 cahiers et catalogues, résultats d autant de recherche sur l histoire et le patrimoine de Pointe-aux-rembles, ont été produits. MMBS 370 personnes sont des «Amis de l Atelier d histoire de la Pointe-aux-rembles»