8 ème Forum germano-africain de l Energie Hambourg Lundi 14 avril 2014 Allocution du Dr. Abdelkader AMARA Ministre de l Energie, des Mines, de l Eau et de l Environnement Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 1
Messieurs les Ministres Excellences, Messieurs les Ambassadeurs, Monsieur le Président de l Association des entreprises germano-africaines AFRIKA VEREIN, Messieurs les Directeurs Généraux, C est un réel plaisir pour moi de participer aujourd hui aux travaux du 8 ème Forum germano-africain de l Energie organisé par l association des entreprises germanoafricaines AFRIKA VEREIN. Je voudrais saisir cette occasion pour féliciter cette association dynamique pour ces nombreuses initiatives, notamment l organisation annuelle du forum germanoafricain de l énergie. Ce forum qui est devenu désormais une réelle plate-forme d échanges et de partenariats ouvrant la voie à des liens de coopération entre l Allemagne et les pays africains dans les différentes filières liées au secteur de l énergie. Je voudrais également exprimer mes remerciements au Gouvernement de la République Fédérale d Allemagne pour son engagement au côté du Royaume du Maroc pour la mise en œuvre de sa stratégie énergétique, engagement qui confirme son appui aux stratégies de développement durable des pays africains. L énergie n a jamais été autant, dans le monde actuel, une question au centre de l inquiétude des gouvernements en raison d une réalité marquée par un épuisement, que nous savons inéluctable, des réserves des énergies fossiles. De ce fait, le terme qui continu à déférer la chronique est la transition énergétique. Et au cœur de cette transition le développement des énergies renouvelables, le renforcement de la recherche dans le domaine des nouvelles technologies énergétiques, ainsi que l efficacité énergétique, sont devenus des sujets centraux dans les stratégies de développement des nations et de la communauté internationale. A l instar des pays non producteurs de pétrole et de gaz, le Royaume du Maroc est confronté à des défis énergétiques importants. Notre pays, qui ne dispose pas, à ce jour, de ressources fossiles, et dont les besoins en énergie augmentent rapidement, est conscient de sa vulnérabilité. Il se doit de trouver des réponses adaptées pour faire face aux enjeux auxquels notre secteur énergétique est confronté notamment les fluctuations qui caractérisent les marchés des matières premières et la volatilité de leurs cours. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 2
Notre demande en énergie primaire a augmenté en moyenne de près de 5% pendant ces dernières années, tirée par la croissance de la consommation électrique qui a augmenté en moyenne de 6,5% par an, en raison de la quasi généralisation de l électrification rurale et du dynamisme de notre économie et surtout la politique des grands chantiers dans les domaines des infrastructures, de l industrie, de l agriculture, du tourisme, du logement social, etc. Face à ce dynamisme sans précédent de l économie nationale et également de la progression démographique couplée à l amélioration du niveau de vie de la population, nous prévoyons le triplement de la demande en énergie primaire et le quadruplement de la demande électrique à l horizon 2030. Pour satisfaire cette demande énergétique croissante, nous avons mis au point une stratégie énergétique dont les objectifs majeurs sont: 1. Assurer la sécurité d approvisionnement 2. Généraliser l accès à l énergie à des prix optimisés, 3. Mobiliser les ressources énergétiques nationales, principalement les potentialités importantes en énergies renouvelables, 4. Promouvoir l efficacité énergétique, 5. Intégrer le Maroc dans le système énergétique régional, 6. Appliquer en amont des dispositifs de préservation de l environnement dans toutes les activités énergétiques. Cette stratégie a fixé des objectifs chiffrés en matière de développement de la capacité de production électrique qui va atteindre 15 GW en 2020, dont 42% serait de sources renouvelables. La mise en œuvre de cette stratégie énergétique nécessite la mobilisation d un investissement global d environ 22 milliards de dollar dont 13 milliards sont réservés au développement de la capacité électrique de sources renouvelables. En matière d efficacité énergétique, notre bjectif est d atteindre 12% en 2020 et 15% en 2030. Pour atteindre ces objectifs, notre stratégie énergétique a été traduite en feuilles de route claires et déclinées en des programmes et des projets concrets qui ont marqués la scène énergétique régionale les 5 dernières années. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 3
Ainsi, pour faire face à l évolution soutenue de la demande en énergie électrique, le Maroc a réalisé, entre 2009 et 2012, une capacité de production supplémentaire qui a renforcé la puissance électrique installée pour atteindre environ 6,7 GW. Par ailleurs, il a entrepris en 2013 la réalisation d un plan d équipement en moyens de production à mettre en service au titre de la période 2013-2017. Ce plan d équipement prévoit la réalisation d une capacité additionnelle de l ordre de 4 520 MW au cours de la période 2013-2017 dont : 2 340 MW à base de charbon, 90 MW à base de fioul, 1 420 MW de puissance éolienne, dont 420 MW à réaliser dans le cadre d un marché libre d électricité instauré par la loi 13-09 portant sur les énergies renouvelables, 500 MW en énergie solaire et 170 MW en énergie hydroélectrique. Au-delà de 2017, le plan d équipement, prévoit la réalisation de centrales à charbon, de Stations de Transfert de l Energie par Pompage (STEP), de parcs éoliens et de centrales solaires. Il sera marqué également par une montée en puissance du renforcement de la capacité électrique fonctionnant au gaz naturel et utilisant les technologies de cycles combinés. Le Maroc dispose d atouts considérables dans le domaine des énergies renouvelables. Son potentiel éolien est estimé à 25 GW dont près de 6 GW réalisables d ici 2030 dans des régions on-shore identifiées où la vitesse du vent varie entre 9 et 11 m/s à une hauteur de 40 mètre du sol. Quant au potentiel éolien marocain en off-shore, les premières estimations le long des 3500 km de ligne de côte sont de l ordre de 250 GW, soit l équivalent de 10 fois le potentiel éolien national en on-shore. Le potentiel solaire est illustré par un ensoleillement moyen estimé à plus de 6,5 kwh/m²/jour d irradiation. C est ainsi que le Maroc a adopté une stratégie énergétique ambitieuse basée notamment sur les énergies renouvelables, qui représenteront 42% de la puissance installée en 2020, en développant 2000 MW d énergie solaire, 2000 MW d énergie éolienne et 2000 MW d hydraulique. L investissement global pour les trois programmes des énergies renouvelables est évalué à 13,1 milliard de $ US, soit près de 60% de l investissement total prévu pour le secteur de l énergie. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 4
Le processus de concrétisation des deux projets Eolien et Solaire connait un progrès remarquable. En effet, la réalisation du Projet Marocain Eolien, se poursuit convenablement, dans la mesure où l ensemble des unités prévues sont soit déjà réalisées, soit engagées ou en cours de lancement. Les coûts de production atteints ou envisagés confèrent déjà à cette filière un haut degré de compétitivité en comparaison aux centrales consommant des combustibles fossiles. Actuellement, 480 MW sont déjà opérationnels, dont 200 MW réalisés par des entreprises privées dans le cadre de la loi 13-09 permettant la libéralisation de la production et la commercialisation des énergies renouvelables. Environ 420 MW sont en cours de construction et 350 MW en phase de développement. Tout récemment, en février 2014, l Office National de l Electricité et de l Eau Potable a lancé un appel d offres pour la réalisation de 850 MW sur plusieurs sites différents. Quant au Projet Marocain intégré Solaire, dont l objectif est de valoriser notre grand potentiel solaire, les étapes franchies par l Agence Marocaine de l Energie Solaire (MASEN) en matière de développement et l intérêt suscité à travers le monde par ce programme, en particulier la 1 ère tranche de la centrale d Ouarzazate portant sur 160 MW, tant auprès des développeurs de renommée internationale que des institutions financières internationales, sont très prometteurs. D ailleurs, l Allemagne figure parmi nos partenaires prioritaires dans ce projet et la Kfw a été l un des plus importants prêteurs pour la réalisation de la première centrale de notre projet solaire. La 2 ème tranche de la centrale d Ouarzazate porte sur une capacité de 300 MW. Le processus d appel à la pré-qualification a été lancé en janvier 2013, pour sélectionner les candidats potentiels en vue du développement de la prochaine phase de ce complexe solaire. Sept (7) consortia ont été pré-qualifiés pour Noor II d une capacité de 200 MW CSP Parabolique et pour Noor III d une capacité de 100 MW CSP Tour, avec stockage. La sélection de l adjudicataire de l appel d offres pour la conception, le financement, la construction, l exploitation et la maintenance des prochaines phases CSP Nour II et III est prévu avant fin 2014. L approche adoptée par le Royaume du Maroc dans le développement des chantiers d énergies renouvelables, notamment le solaire, a conforté les bailleurs de fonds qui ont tous, affiché leur volonté de continuer à soutenir et à accompagner le Maroc pour la réalisation des deux phases d Ouarzazate Nour II et III. Aussi, le processus de pré-qualification visant la sélection des développeurs potentiels de la phase Noor IV d une capacité de 40 à 50 MW est en cours de préparation. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 5
Par ailleurs, les préparatifs liés au développement des autres centrales solaires se poursuivent conformément à leur planning de réalisation. Ainsi, la qualification des deux prochains sites, situés à Midelt et à Tata, devant abriter également des centrales solaires a été achevée. Le Royaume du Maroc à travers ces deux projets intégrés et volontaristes, vise, certes, à corriger sa vulnérabilité mais également à s approprier des technologies prometteuses de valorisation des ressources énergétiques renouvelables, le développement d un tissu industriel national en mesure d accompagner les projets de développement des énergies renouvelables et d assurer la compétitivité requise à l export et donner une impulsion forte à la recherche, au développement et à l innovation technologique, orientés vers le développement durable. Pour ce, le Maroc entreprend une Recherche Développement, en vue de donner une impulsion ciblée à la recherche, au développement et à l innovation technologique. Les structures de recherches nationales ont été enrichies par la création d un Institut de Recherche en Energie Solaire et en Energies Nouvelles (IRESEN), qui permettra de consolider et de mettre en réseau nos capacités de recherche et développement sur des thèmes ciblés, notamment liés au développement et à l industrialisation de solutions et de filières technologiques innovantes, en accompagnement à nos projets intégrés dans ces domaines. A ce titre, IRESEN mène plusieurs projets de recherche et développement portant essentiellement sur : - l identification de différentes technologies solaires photovoltaïques et thermodynamiques adaptées aux conditions climatiques nationales, - le développement de nouvelles technologies et applications telles que la climatisation solaire, le traitement de l eau et la production de chaleur pour les applications résidentielles et industrielles, - ainsi que sur l intégration des énergies renouvelables au réseau et la gestion intelligente de ce dernier. A cet effet et pour accompagner la feuille de route technologique du Royaume, IRESEN participe à la mise en place d une plate-forme de test, de recherche et de formation en énergies renouvelables «Green Energy Park», première en son genre en Afrique, qui est en cours de construction à Benguerir à soixante kilomètres de la Ville de Marrakech sur une superficie de 8 hectares. Elle offrira une infrastructure de haute technologie destinée aux chercheurs et industriels nationaux et internationaux. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 6
Mesdames et messieurs Pour accompagner sa stratégie énergétique, le Maroc a entrepris des réformes importantes et nécessaires législatives, réglementaires et institutionnelles pour asseoir un cadre propice au développement accéléré des énergies renouvelables et son inscription dans la dynamique de développement de la coopération régionale et internationale et d intégration des marchés régionaux de l énergie. Et nous souhaitons que l élan que manifeste notre pays à l égard du solaire particulièrement trouve des échos positifs dans d autres pays, ce qui permettrait l élargissement de la base industrielle correspondante et par voie de conséquence la réduction des coûts d investissement et que l intégration régionale du marché électrique y afférent soit érigée en priorité. Dans ce sens, le Maroc s apprête à lancer deux chantiers importants en corolaire à l ouverture à la concurrence de la production de l électricité produite à partir de sources d énergies renouvelables pour les clients Très Haute Tension (THT) et Haute Tension (HT) et le libre accès au réseau de transport et aux interconnexions. Il s agit de son ouverture à la concurrence pour les clients en Moyenne Tension (MT) et également la mise en place des bases juridiques et réglementaires pour l utilisation à grande échelle du photovoltaïque connecté au réseau BT. Ces deux chantiers donneront, sans conteste, une impulsion aux PMI-PME intéressées par le développement au Maroc de projets de petites et moyennes capacités en PV. L électricité est incontestablement le domaine dans lequel l interdépendance des pays est la plus profonde et la plus stratégique. C est pour cette raison que nous accordons une importance particulière à nos interconnexions. Le Maroc en tant que carrefour énergétique entre les deux rives de la Méditerranée, offre l'infrastructure de base à l'émergence d'un véritable marché de l'électricité. En effet : - les réseaux marocain et algérien, interconnectés depuis 1988, sont raccordés par deux lignes de 225 kv d une capacité totale de 400 MW. Cette interconnexion a été renforcée en 2009 par la réalisation d une 3 ème ligne de 400 KV à 2 ternes portant ainsi la capacité de cette interconnexion de 400 MW à 1200 MW. - Les réseaux marocain et espagnol sont également interconnectés depuis 1997 par un câble sous-marin de 400 KV avec une capacité de 700 MW. Un premier renforcement a eu lieu en 2006 par la réalisation d un deuxième câble sous-marin, ce qui a porté la capacité totale Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 7
d interconnexion à 1400 MW. Un projet de réalisation d une troisième ligne d interconnexion entre le Maroc et l Espagne est en phase d étude par les deux pays. Le renforcement de ces interconnexions demeure un objectif important qui vise à former un système intégré de production-transport-consommation régional afin de surmonter les obstacles liés à l électricité. Cet objectif ne saurait être atteint sans la réalisation d un programme d équipement en infrastructures de transport de l électricité nécessaires au renforcement du réseau national de transport pour garantir la sécurité d approvisionnement, l évacuation des énergies produites et la diminution des pertes dans ce réseau. Signalons que ce programme concerne également le réseau national dans les provinces du Sud du Royaume, dans le cadre d une vision prospective d interconnexion électrique avec les pays subsahariens à travers la Mauritanie et le Sénégal. Une autre priorité est importante pour réduire notre vulnérabilité. Il s agit d intensifier les politiques et la promotion de l efficacité énergétique. Certes, nous consommons, de plus en plus, mais il est indispensable de se préoccuper de la maîtrise de la demande et de consommer mieux. Nous commençons progressivement la mise en place des règles visant l utilisation rationnelle de l énergie. Une stratégie spécifique de l efficacité énergétique est en cours de préparation sur la base d un débat national participatif, inclusif et transparent à grande échelle qui a eu lieu en 2013. Certains secteurs clés, gros consommateurs d énergie, sont directement concernés : les transports, l industrie et le bâtiment. Nous ferons en sorte d atteindre les objectifs fixés qui sont d économiser 12% de notre consommation d énergie en 2020 et 15% en 2030. Parallèlement à ce dynamisme remarquable que connait la filières des énergies renouvelables, le Maroc, dans le cadre d une action planifiée, et en concordance avec sa stratégie globale, poursuit l impulsion et la consolidation de la dynamique de l exploration pétrolière, en attirant le maximum d investisseurs internationaux et en intensifiant davantage les travaux de recherche dans notre pays. Actuellement, 33 sociétés pétrolières internationales, parmi lesquelles des majors, des Super indépendants et des Indépendants, opèrent dans différentes régions du Maroc aussi bien en offshore qu en on-shore. Aujourd hui, les zones les plus avancées, en termes d exploration, voient la réalisation de puits d exploration et le Maroc à travers l Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), n épargne aucun effort pour encourager et intensifier l exploration pétrolière des bassins sédimentaires marocains par ses propres moyens ou dans le cadre de partenariat avec des sociétés internationales. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 8
A fin 2013, la recherche des hydrocarbures couvrait une superficie de 394.166 km2 et comptait 142 permis de recherche (dont 90 en offshore), 6 autorisations de reconnaissance (dont 2 en offshore), 12 concessions d exploitation et 4 mémorandum d entente (MoU : Mémorandum of Understanding) sur les schistes bitumineux. En matière d énergie, les défis à surmonter sont communs, à savoir, garantir des énergies sûres et la sécurité énergétique à nos citoyens. Ces défis passent par l utilisation efficace et raisonnée des combustibles fossiles, ainsi que l expansion rapide des sources d énergies renouvelables car un secteur énergétique efficace et non polluant est une condition essentielle au développement durable. L Afrique se doit de répondre à ces défis. Son dynamisme actuel sur tous les plans, associé à une industrialisation et à une augmentation du niveau de vie se traduit nécessairement par une demande énergétique de plus en plus forte. Elle dispose de toutes les sources d énergie nécessaires pétrole, charbon, gaz, géothermie, hydraulique, solaire, éolien et biomasse, mais ces sources sont bien souvent inexploitées. Pour le continent africain, l essor et la gestion du secteur de l énergie doivent s inscrire en droite ligne du développement économique et social de ses pays, l objectif principal étant l avènement d une économie compétitive en vue d un développement humain durable avec l éradication de la pauvreté en mettant un accent particulier sur la nécessité de disposer d infrastructures capables de soutenir efficacement les activités économiques et de garantir l accès des populations aux services de base et en particulier l énergie. Ainsi les ressources financières, techniques et humaines doivent être mobilisées pour soutenir le développement énergétique de l Afrique ainsi que les investissements nécessaires dans les infrastructures et les interconnexions énergétiques. Les relations de coopération du Maroc avec les pays africains sub-sahariens, ne datent pas d aujourd hui, elles constituent un véritable modèle de coopération Sud- Sud. Elles couvrent l échange d expertise et l assistance technique en mettant à leur service l expérience et le savoir-faire marocains et la formation dans les domaines de l énergie. Les établissements publics marocains, notamment ceux relevant du Ministère de l Energie, des Mines de l Eau et de l Environnement, sont toujours associés et engagés pour la mise en œuvre de cette coopération. Ils assurent, à travers une Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 9
politique volontariste l accompagnement des institutions publiques africaines subsahariennes dans leurs différents domaines d expertises que ce soit la planification de l offre et de la demande électrique, l ingénierie, l électrification rurale et les énergies renouvelables, sans compter les actions de renforcement des capacités. Ainsi, le Maroc fort de son expertise en électrification rurale, se positionne actuellement via l Office National de l Électricité et de l Eau Potable (ONEE) comme un acteur principal sur le marché de l électricité en Afrique grâce au savoir-faire acquis à travers ses expériences en matière de de planification, d exploitation, de maintenance et d électrification rurale. Aujourd hui, l ONEE est présent dans plusieurs pays africains amis dont le Sénégal, la Gambie, le Tchad, la Mauritanie, le Mali, le Sierra Léone et le Cap Vert. De nouvelles conventions ont été également signées par l ONEE à l occasion de la dernière visite Royale en Afrique avec le Mali et la Guinée Conakry. Cette coopération a connu dans un second temps, l association du secteur privé marocain en Afrique subsaharienne, qui est actuellement présent, dans des domaines variés et pour lequel l Afrique est devenue une aire de développement stratégique, notamment dans des domaines techniques pour l'amélioration de la qualité des services énergétiques fournis dans ces pays et ce, par des financements bilatéraux ou multilatéraux. Mesdames et Messieurs Durant les dernières Visites Royales dans plusieurs pays d Afrique subsaharienne, une multitude de conventions ont été signées, des projets inaugurés, dans lesquels le Maroc a pris part, soit par son expertise soit par des apports de fonds. A l issue de ces visites, de nombreuses conventions spécifiques à certains secteurs ont été conclues dont 11 conventions ont portées sur les domaines de l énergie, des mines et de la recherche pétrolière. La nouvelle stratégie africaine du Royaume du Maroc, est dictée par des intérêts communs et des avantages partagés dans un esprit de solidarité et de fraternité agissante. Elle se traduit par un élargissement significatif des domaines de coopération et des intérêts croisés avec la majorité des pays africains frères. Elle se distingue par l échange d expériences et d expertise en matière de capacités institutionnelles, de gouvernance et de qualification économique, par le renforcement des programmes de formation, universitaire et professionnel et par le développement de la présence bancaire marocaine. Enfin, cette stratégie s illustre par une croissance significative des investissements publics et privés marocains en Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 10
Afrique, synonymes de revalorisation locale, de modernisation de l économie et de création d emplois pérennes. Au-delà des relations bilatérales, cette stratégie volontariste ambitionne également la réalisation conjointe de projets phares structurants à vocation régionale, voire continentale notamment dans les domaines de l accès à l électricité et à l eau potable, mais aussi en matière de promotion du commerce et de l investissement. De par son histoire et sa position géographique, le Maroc a, depuis toujours, joué un rôle capitale en matière de coopération entre l Europe voisine et l Afrique et plaidé, dès la première heure, pour un partenariat novateur, équitable et mutuellement bénéfique entre une Europe unie et une Afrique émergente. Bénéficiant du statut avancé dont il dispose auprès de l Union européenne, le Maroc continuera à s investir positivement dans le développement du partenariat entre nos deux continents, au titre d une démarche globale, intégrée et solidaire. L'Afrique est un marché de plus en plus attractif pour les entreprises du secteur de l énergie. En particulier dans les domaines des énergies éolienne et solaire, l'afrique offre ainsi un grand potentiel pour les fournisseurs de technologie et de nouvelles possibilités d'investissement. Toutefois l Afrique est appelée, dans le domaine des énergies renouvelables, à adopter des politiques cohérentes et intégrées et à surmonter les nombreux obstacles qui se dressent notamment en matière de : 1. législation et réglementation pour asseoir un cadre propice au développement accéléré des énergies renouvelables et son inscription dans la dynamique de développement de la coopération régionale et internationale et d intégration des marchés régionaux de l énergie ; 2. transfert de technologie en veillant à mettre en place des partenariats énergétiques régionaux porteurs de croissance et reposant sur des stratégies novatrices - énergétiques, industrielles et technologiques ; 3. renforcement des capacités en implémentant des programmes de formation visant à donner aux nombreuses ressources humaines africaines les compétences techniques et économiques nécessaires; 4. ressources financières avec l ouverture à une coopération internationale équilibrée et équitable. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 11
Les échanges que nous allons partager lors de ce Forum permettront sans nul doute d émettre des propositions concrètes susceptibles d aider à relever les défis, de dépasser les contraintes, de saisir les opportunités et de donner ainsi un nouvel élan à la coopération germano-africaine dans un domaine vital pour nos pays. Avant de conclure, permettez-moi de féliciter encore une fois AFRICA VEREIN pour l organisation de ce 8 ème Forum germano-africain de l énergie. Je nous souhaite à tous des échanges riches et fructueux au cours de ce grand rendez-vous et vous remercie de votre attention. Discours 8 ème Forum germano-africain de l Energie- avril 2014 Page 12