EDUCATION A LA PAIX ET DEVOIR DE MEMOIRE

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EDUCATION A LA PAIX ET DEVOIR DE MEMOIRE Détail d'une toile de Jacques TARDI, offerte à la Mairie de Craonne

PRESENTATION DE l'action «CENTENAIRE DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE : MEMOIRE, ART ET HISTOIRE» Cette action pédagogique a été menée avec une classe de 3ème au cours de l'année 2013-2014, première année de la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale. Elle répond à 3 objectifs Montrer la force de l'événement, la violence de masse, l'épreuve que ce conflit a constitué et les traces qu'il a laissées dans la conscience collective et sa traduction dans la production artistique. Eduquer à la paix. Aborder ces thématiques dans une approche interdisciplinaire et dans le cadre de l'histoire des Arts (Lettres/Histoire/Arts Plastiques/Education musicale) Elle s'est déroulée en plusieurs étapes 1er trimestre 2013/2014 : travail en classe sur un certain nombre d'objets entrant dans le cadre des contenus disciplinaires et de l'histoire des arts. On peut notamment citer : - En Français, dans la séquence sur les violences de l'histoire, une séance sur l'horreur de la guerre :étude de lettres de poilus, extraits de A l'ouest rien de nouveau (E.M Remarque) et de J'ai tué (B. Cendrars), extraits de la BD C'était la guerre des tranchées (Tardi) - Le film Les sentiers de la gloire (Stanley Kubrick), des œuvres d' Otto Dix en Histoire et Arts plastiques - La Chanson de Craonne en Histoire et Education musicale Avril 2014 : déplacement sur un lieu emblématique, le Chemin des Dames. Déplacement sur 3 jours permettant la visite du Musée de la Caverne du Dragon et du site des offensives. Travail d'écriture après la visite du Chemin des Dames. Un point fort : la visite au Chemin des Dames Le choix du lieu de visite s'est imposé à nous du fait du caractère emblématique de cette bataille du printemps 1917. Cette bataille est restée symbolique de l'extrême violence de la «Grande guerre». Son absurdité et le sacrifice inutile de milliers de vies nous semblaient favoriser «l'éducation à la paix», composante importante de notre enseignement. La journée passée sur le site, à la fois dans le Musée de la Caverne du Dragon et en extérieur sur les lieux de la bataille, s'est révélée passionnante et surtout extrêmement émouvante. Le caractère particulier de cette bataille nous a été magistralement restitué par des guides qui ont eu à cœur de faire de l'histoire humaine plus que militaire.

Voici quelques photographies de cette journée 10 avril 2014 : un site magnifique sous un soleil radieux... Difficile d'imaginer l'enfer qui débute le 16 avril 1917 sous la neige. Ce chemin creux dans la forêt du «plateau» d'aujourd'hui, c'est le reste d'une tranchée de1917 (les arbres n'existaient pas alors). Les élèves de 3ème 1, à l'écoute du guide Yves Détail de la sculpture d'haïm Kern «Ils n'ont pas choisi leur sépulture». Cette sculpture a été réalisée en 1998, sur commande de l'etat, pour la commémoration du 80ème anniversaire de la fin de la guerre.

16 avril 1917 :L'OFFENSIVE DU CHEMIN DES DAMES ET LES MUTINERIES D'après André LARANE, http://www.herodote.net Le 16 avril 1917, les Français lancent une grande offensive en Picardie, sur le Chemin des Dames. Mal préparée, mal engagée, elle va entraîner un profond ressentiment chez les soldats. Le Chemin des Dames désigne un escarpement de 35 kilomètres qui s'étire de Craonne, à l'est, au moulin de Laffaux, sur la route Soissons-Laon. Son nom évoque une route de crête qu'avaient coutume d'emprunter les filles de Louis XV. L'offensive a eu lieu sur cette route orientée est-ouest, à michemin de Laon (au nord) et de Soissons (au sud), dans un paysage aujourd'hui paisible. Échec sanglant L'échec de l'offensive est consommé en 24 heures malgré l'engagement des premiers chars d'assaut français (une quarantaine). On n'avance que de 500 mètres au lieu des 10 kilomètres prévus, et ce au prix de pertes énormes : 30.000 morts en dix jours. Le général Robert Nivelle, qui a remplacé le général Joseph Joffre à la tête des armées françaises le 12 décembre 1916, en est tenu pour responsable.lors de la conférence interalliée de Chantilly, en novembre 1916, il assurait à tout un chacun que cette offensive serait l'occasion de la «rupture» décisive tant attendue grâce à une préparation massive de l'artillerie qui dévasterait les tranchées ennemies en profondeur. «Je renoncerai si la rupture n'est pas obtenue en quarante-huit heures» promettait-il aussi! Mais le lieu choisi, non loin de l'endroit où s'était déroulée la bataille de la Somme de l'année précédente, n'est pas le moins du monde propice à la progression des troupes, avec ses trous d'obus et ses chemins défoncés. Qui plus est, avant l'attaque, les Allemands ont abandonné leurs premières tranchées et construit un nouveau réseau enterré à l'arrière, plus court, de façon à faire l'économie d'un maximum de troupes : la ligne Hindenburg. Une offensive parallèle est menée par les Anglo-Canadiens au nord de la Somme, à Vimy (...). Plus chanceux que leurs alliés, ils avancent dès le premier jour d'un à cinq kilomètres, les Allemands ayant allégé leur dispositif pour concentrer leurs efforts sur le Chemin des Dames. Désespoir et mutineries Après l'attaque du Chemin des Dames, au cours de laquelle sont morts pour rien 29.000 soldats français, la désillusion est immense chez les poilus. Ils ne supportent plus les sacrifices inutiles et les mensonges de l'état-major. Des mutineries éclatent çà et là. En fait de mutineries, il faudrait plutôt parler d'explosions de colère sans conséquence pratique (aucun soldat n'a braqué son arme sur un gradé ; aucune compagnie n'a déserté). Elles surviennent à l'arrière, dans les troupes au repos qui, après s'être battues avec courage mais inutilement, apprennent que leurs supérieurs veulent les renvoyer au front sans plus d'utilité. Le général Nivelle, qui n'a pas tenu sa promesse d'arrêter les frais au bout de 48 heures, est limogé le 15 mai 1917 et remplacé par le général Pétain, auréolé par ses succès de l'année précédente à Verdun. Il s'en faut de beaucoup que ce changement ramène la discipline dans les rangs et les mutineries se reproduisent en assez grand nombre jusqu'à la fin du printemps. Le nouveau commandant en chef s'applique en premier lieu à redresser le moral des troupes. Il sanctionne, semble-t-il, avec modération les faits d'indiscipline collective, limitant à quelques dizaines le nombre d'exécutions. L'historien Guy Pedroncini chiffre le nombre de condamnations à 3.500 environ et les exécutions effectives à 60 ou 70. Les autres condamnés voient leur peine commuée en travaux forcés (ils échappent du même coup à la guerre!). Contrairement aux idées reçues sur les mutineries, ces exécutions consécutives à l'offensive ratée du Chemin des Dames sont beaucoup moins nombreuses que celles des premiers mois de la guerre.

LA CHANSON DE CRAONNE Même si son histoire est en fait plus complexe, fruit d'une élaboration lente et de l'amalgame de plusieurs versions antérieures, cette chanson pacifiste et antimilitariste a été couramment identifiée avec l'offensive meurtrière du Chemin des Dames let les mutineries qui ont suivi ce désastre. Il s'agit d'une évocation sensible du quotidien des poilus. La chanson de Craonne est truffée de références au quotidien des soldats. Le morceau s'ouvre sur un retour de permission ("quand au bout d'huit jours") à reculons. " Personne ne veut plus marcher", pourtant la résignation l'emporte encore et le soldat "s'en va là haut en baissant la tête". Le refrain désespéré témoigne du sentiment des soldats, convaincus d'être sacrifiés pour une cause qui les dépasse. Le deuxième couplet fait allusion à la relève tant attendue par les uns et redoutée par ceux qui montent en première ligne pour "chercher leurs tombes". Le monde de l'arrière, entraperçu lors des permissions, est ensuite évoqué. Les paroles fustigent les "embusqués", ces hommes qui échappent indûment au conflit, qui se pavanent sur les "boulevards". Au sordide quotidien des tranchées, le(s) auteur(s) opposent les réjouissances de l'arrière où les "gros font la foire". Les paroles soulignent à dessein l'opposition entre civils ("civelots") et fantassins ("purotins"). Tandis que les soldats risquent leur vie à tout moment, les autres semblent se la couler douce à l'arrière. Les riches, "ceux là r'viendront", tandis que les soldats se sacrifient et s entre tuent pour eux. L'idée est martelée avec force dans les deux derniers couplets. La chanson se termine sur une sorte de vision subversive. Le poilu menace de cesser les combats. Il évoque la grève, ce qui permet de souligner à quel point les poilus restent des citoyens. Il semble imaginer (rêver?) une inversion des rôles. "Messieurs les gros", pour lesquels les "purotins" combattent depuis des mois, seraient enfin envoyés en première ligne afin de tâter des réalités de "cette guerre infâme". Voici les paroles de la version définitive de la chanson : Quand au bout de huit jours, le repos terminé, On va reprendre les tranchées, Notre place est si utile Que sans nous on prend la pile. Mais c'est bien fini, on en a assez, Personne ne veut plus marcher, Et le cœur bien gros, comme dans un sanglot On dit adieu aux civelots. Même sans tambour, même sans trompette, On s'en va là haut en baissant la tête. Refrain Adieu la vie, adieu l'amour, Adieu toutes les femmes. C'est bien fini, c'est pour toujours, De cette guerre infâme. C'est à Craonne, sur le plateau, Qu'on doit laisser sa peau Car nous sommes tous condamnés C'est nous les sacrifiés!

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance, Pourtant on a l'espérance Que ce soir viendra la relève Que nous attendons sans trêve. Soudain, dans la nuit et dans le silence, On voit quelqu'un qui s'avance, C'est un officier de chasseurs à pied, Qui vient pour nous remplacer. Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes. au Refrain C'est malheureux de voir sur les grands boulevards Tous ces gros qui font leur foire ; Si pour eux la vie est rose, Pour nous c'est pas la même chose. Au lieu de se cacher, tous ces embusqués, Feraient mieux de monter aux tranchées Pour défendre leurs biens, car nous n'avons rien, Nous autres, les pauvres purotins. Tous les camarades sont enterrés là, Pour défendre les biens de ces messieurs-là. Refrain Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront, Car c'est pour eux qu'on crève. Mais c'est fini, car les trouffions Vont tous se mettre en grève. Ce sera votre tour, messieurs les gros, De monter sur le plateau, Car si vous voulez faire la guerre, Payez-la de votre peau!