un solo de maria donata d urso conception, chorégraphie et interprétation Frédéric Casanova, Jérôme Dupraz, dispositif Kim Cascone création sonore Maryse Gautier création lumière création dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine Saint Denis, en partenariat avec le Centre national de la danse de Pantin les 13, 14 et 15 mai 2009 production coproduction Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine Saint Denis en partenariat avec le Centre National de la Danse à Pantin, Fondazione Fabbrica Europa, l échangeur scène conventionnée de Fère-enTardenois avec le soutien de la Ménagerie de Verre dans le cadre des Studiolab, de la Fondazione Pontedera Teatro, de la Fondazione Teatro V Emanuele di Noto et de la Direction régionale des affaires culturelles d Ile-de-France Ministère de la culture et de la communication. remerciements Thomas Greil, Wolf Ka Mention crédit photo : Wolf Ka
note d intention interface Pour qualifier l intense et complexe fonction de la peau, j emprunte aux champs scientifique et technologique, le terme interface. Interface renvoie davantage à l artificiel, à la technique, qu à la nature et au vivant. Pourtant ces domaines - le vivant et l artificiel - loin de se tenir dans une stricte séparation peuvent être liés par des terrains d expériences et d expérimentations communs. C est à ce décloisonnement que travaillent les biotechnologies. Et la confrontation au «bio art», aux travaux d artistes qui utilisent la peau, matériellement et de façon métaphorique, ouvre pour moi une nouvelle dynamique de recherche. Pour mettre en évidence la continuité de la peau et du système nerveux, certains scientifiques considèrent la peau comme un «cerveau étalé». Les deux organes en effet dérivent du même feuillet embryonnaire appelé l ectoderme. Essentielle à la vie de tout le corps, la membrane peau est le lieu privilégie des relations, d échange et d élaborations des signes qui viennent de l intérieur comme de l extérieur. Je porte l attention sur les bords et les marges, et j observe les propriétés des membranes corporelles. tenségrité Je souhaite me confronter à une des caractéristiques de la membrane, sa «tensegrité,» mot qui désigne la complémentarité entre tension et intégrité. Cette première étape : «strata 1» est concentrée à l expérimentation de ce comportement dynamique à partir de la plus petite échelle jusqu à l ensemble du corps. Dialoguer avec une structure en «tensegrité», comme prolongement du corps et support dynamique, est une invitation à jouer avec la symétrie entre peau et cerveau et à écouter la «tensegrité» de différents tissus en continuum de la peau à l ADN.
presse La chorégraphe explore les potentiels de notre moi-peau, élément plastique et poétique. Elle s interroge sur l intelligence sensorielle des tissus et des membranes, menant une investigation sur ce lieu de circulation entre intérieur et extérieur qu est notre épiderme. Le titre se fait l écho sensible du travail mené par certains biologistes, qui considèrent la peau comme cerveau étalé. Ce qui caractérise le travail de Donata D Urso, depuis la découverte de cette fabuleuse performance Collection particulière créée et présentée aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis en 2005 est sans doute cette attention délicate accordée au mouvement minimal du corps. Avec virtuosité et maîtrise du geste, elle donne à lire le corps par sa peau. Expression d une féminité puissante, mi-déesse, telle Athéna, mianimale, telle une araignée, elle tisse avec son corps un lien sensible et laisse découvrir des lignes de force, dans ses formes arrondies. Avec cette nouvelle création, elle expérimente le corps par l intermédiaire d une structure dynamique, constituée de trois grandes tiges de métal de forme tubulaire, reliées les unes aux autres par des cordes élastiques. Le mouvement et la structure se répondent dans une même dynamique. Face à ce corps en tension, l on assiste à une métaphysique du geste qui agit sur nos êtres dans une hypnose gracieuse. Sur scène, se met en place un espace pensé de manière architecturale. Qualifiant cette structure, Maria Donata D Urso préfère parler de dispositif plutôt que de décor, pour renforcer l idée de l interaction qui se crée entre les câbles en tension et le corps. L on ne s étonne pas de savoir qu elle a d ailleurs fait un détour par l architecture avant de venir à la danse. Dans son travail, elle fait appel à un concept utilisé tant dans le domaine de l architecture que dans le domaine de la biologie. Il s agit de la notion de «tenségrité», combinaison des termes «tension» et «intégrité», visant à décrire une des caractéristiques de nos membranes cellulaires. Celles-ci, éléments élastiques, permettent la liaison entre des éléments rigides et discontinus du corps qui visent à l équilibre global. Transposée à l architecture, cette notion caractérise la faculté d une structure à se stabiliser elle-même par le jeu de forces de tension et de compression réparties sur une surface. Le dispositif de cette pièce en propose un cas exemplaire, reliant des barres par des câbles, sans relier les barres directement entre elles, se constitue un système en équilibre, ayant une résistance solide. Le corps joue entre gravité et apesanteur, prenant ses appuis dans des postures défiant nos habitudes. Il se fait sculpture dans une figuration abstraite de la corporéité. Athlétique et sensuelle, l attitude traduit tant une audace délicate qu une exploration physique et sensorielle du vivant. À la manière de Francis Bacon, la chorégraphe cherche non pas une image du corps, mais sa mise en tension, permettant de figurer sans illustrer. S en suit une réflexion sur la peau. Chez Bacon, peindre la chair suppose le dépassement de la peau comme enveloppe, elle devient viande, pure expression d intensités de vie. Le peintre incarne la peau en dépassant l idée qu il s agit d une simple surface. Elle n est pas seulement une frontière, mais un lieu de passage, partie prenante de l intelligence du corps. Pour, la peau est un espace de la mémoire. À travers elle, le signe s inscrit malgré la volonté. Ainsi, elle interroge la projection mentale de se souvenir et son lien avec la surface de nos corps. Elle incarne, à sa manière, la coparticipation de différents composants, émotifs, physiques et nerveux donnant naissance à nos mémoires. Juliane Link paris-art.com d i s o r i e n t a
(directrice artistique, chorégraphe) vit et travaille à Paris. Elle a étudié l architecture, la danse classique, la danse contemporaine, l énergétique chinoise à Catane, Rome, New York et Paris. Participe aux créations de Paco Decina, Jean Gaudin, Hubert Colas, Francesca Lattuada, Arnold Pasquier, Marco Berrettini, Christian Rizzo, Wolf Ka_respublica. En 1999, elle créait Pezzo 0, installation en plein air, inspiré de la rencontre avec Laurent Goldring. En 2004, elle constitue la structure,, pour y développer ses projets personnels : des soli épurés, minimaux, où sont interrogées et réinventées les composantes spatiales habituelles. Son attention se porte sur les lieux limites, absence/présence, dedans/dehors et les surfaces ambiguës, celles de la peau, celles effleurées par le regard. CRÉATIONS DISORIENTA triptyque de la peau : - Pezzo 0 (due) créé et présenté à Lisbonne en 2002. - Collection particulière, créé et présenté aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis en juin 2005. Ce solo a reçu le Prix du Syndicat Professionnel de la critique comme révélation de l année. - Lapsus, créé et présenté au festival Météores au Havre en mai 2007. Les trois soli sont disponibles en diffusion, ensemble ou séparément. MemBrain strata 1, créé et présenté aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis en mai 2009.
collaborations Kim Cascone Kim Cascone a été formé à la musique électronique au Collège Berklee au début des années 1970 et a poursuivi en 1976 ses études avec Dana McCurdy à la Nouvelle École à New York. Au cours des années 1980, Cascone assiste à la musique le réalisateur David Lynch pour Twin Peaks et Wild at Heart. Cascone quitte l'industrie du cinéma en 1991 pour se concentrer à Silent Records, le label qu il a fondé en 1986, et fait de ce dernier le premier label américain de musique électronique. En 1996, il décide de privilégier la création et de rejoindre le groupe Thomas Dolby. Il conçoit les Systèmes de Staccato en utilisant la synthèse algorithmique des jeux vidéos. Depuis 2001 Kim a multiplié les tournées en Europe, donnant des concerts et des ateliers autour de l'esthétique musciale postnumérique. Il a enregistré de nombreux albums et travaillé avec Merzbow, Keith Rowe, Tony Conrad, Scanner, John Tilbury et Pauline Oliveros entre autres. Par ailleurs, Cascone publie de nombreux articles pour Computer Music Journal (MIT Press), Artbyte, Contemporary Music Review, Soundcultures, Parachute Journal and Junk Jet et collabore à the microsound list. d i s o r i e n t a