Mes écarts ou ma tête en liberté Charles-Joseph de Ligne 1735-1814 et les musiciens qu il aurait pu entendre : C-F-E. Bach, C. Balbastre, M. Blavet, L-G. Guillemain, M. Haydn, J-B. Loeillet, W-A. Mozart, J-W-A. Stamitz, L. van Beethoven Xavier Haag traverso Etienne Leuridan clavecin François Mairet - récitant
Mes Ecarts ou ma tête en liberté Prince Charles-Joseph de Ligne est un texte d'une modernité étonnante toujours teintée d'humour. Il est encadré de pièces musicales des plus grands compositeurs de la période des Lumières, et que Charles-Joseph aurait pu entendre. Le prince Charles-Joseph de Ligne, né à Bruxelles le 12 mai 1735 et mort à Vienne le 13 décembre 1814, est maréchal, diplomate et homme de lettres belge, surnommé parfois «le plus grand des Wallons». Il fut bon militaire mais aussi grand séducteur. Il est considéré comme un des trois grands mémorialistes du XVIIIe siècle avec Giacomo Casanova et Giuseppe Gorani. Il eut pour parrain l'empereur Charles VI. À l'âge de 15 ans, il rédige son premier ouvrage, Discours sur la profession des armes. A 16 ans, il est fait chambellan de l impératrice Marie-Thérèse d Autriche. Il fréquente Voltaire, Rousseau, Goethe, Germaine de Staël, Catherine II de Russie, avec qui il est en correspondance permanente. L'un de ses descendants directs est l actuel prince de Ligne, Michel. Des œuvres de Wolfgang-Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Carl- Philip-Emmanuel Bach, Jean-Baptiste Loeillet, Claude-Bénigne Balbastre, Michel Blavet, Louis-Gabriel Guillemain, ou encore JWA Stamitz, d'une curiosité surprenante, donnent un relief particulier aux écrits de celui qui fut aussi Prince du Saint-Empire, baron de Beloeil, souverain de Fagnolles, qui fut non seulement «Autrichien en France, Français en Autriche, l'un ou l'autre en Russie» mais encore "demi-germain, Batave, Belge, Tudesque et barbare",, et connut "six ou sept patries, dont il en a perdu quatre"... Européen avant tout.
Quelques précisions sur des compositeurs moins connus : Jean-Baptiste Lœillet est un compositeur belge baptisé à Gand en 1680 et mort à Londres en 1730. C est donc le seul du programme de ce soir qui décéda avant la naissance de Charles-Joseph de Ligne. Il excella dans le hautbois et la flûte traversière. Après des études à Gand et Paris, il se rendit à Londres vers 1705, anglicisa son nom en John Lœillet of London et joua dans l'orchestre de Drury Lane. Devenu hautboïste principal du Queen's Theatre, il mit la flûte traversière allemande à la mode et devint parallèlement un professeur de clavecin recherché. Vers 1712, il publia un recueil de Lessons pour clavecin et épinette et, de 1722 à 1729, plusieurs recueils de sonates. Claude Balbastre (1724-1799) est un organiste et claveciniste français né à Dijon et mort à Paris. Il étudie avec Claude Rameau, frère de l'illustre Jean-Philippe Rameau, natif de la même ville. Il bénéficie de l'aide bienveillante de ce dernier lorsqu'il s'installe à Paris en 1750 : il joue au Concert Spirituel, devient organiste de l'église Saint-Roch avant d'accéder progressivement aux postes les plus prestigieux : organiste à Notre-Dame de Paris, claveciniste à la Cour de France, et devient l'organiste du comte de Provence (futur Louis XVIII) et de la Chapelle royale. En 1763, il épouse Marie-Geneviève Hotteterre, descendante de cette célèbre famille de musiciens. A partir 1776, Claude Balbastre est organiste de Monsieur Frère du Roi, professeur du duc de Chartres, de la reine Marie Antoinette, et tient l'orgue à l'abbaye de Notre-Dame aux Bois et l'orgue de la Chapelle royale à Versailles. Malgré ses états de service, il parvient, en se ralliant - au moins en apparence - aux idées nouvelles, à traverser la Révolution et à conserver son poste à Notre- Dame qui a été transformée en Temple de la Raison où il exécute à l'orgue ses adaptations des hymnes révolutionnaires Michel Blavet est né à Besançon en 1700 et mort à Paris en 1768. Autodidacte et gaucher, il joua de plusieurs instruments, devint un bassoniste brillant et fut le plus fameux flûtiste virtuose de la première moitié du XVIII e siècle siècle. Il gagna Paris en 1723, où il fut employé par le comte Lévis. Vers 1732, il devint surintendant de la musique du comte de Clermont, Grand Maître de l'ordre des Francs-Maçons, au service duquel il restera 30 ans. En 1740, il devint flûtiste à l'opéra de Paris. Il fut l'un des premiers Français à écrire des concerti, mais seul son Concerto à quatre parties est parvenu jusqu'à nous. Les sonates de Blavet constituèrent des sommets du répertoire de la flûte traversière. Blavet enseigna et édita plusieurs ouvrages pédagogiques, proposant six sonates pour deux flûtes traversières. Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) est parisien. Violoniste et élève de Jean-Marie Leclair, il obtient des postes importants à la cour de Versailles. Il entre en 1759 au service du roi comme violoniste. Ses dernières publications datent de 1762. Alors qu'il se rend à Versailles, il se suicide de 14 coups de couteau. Louis-Claude Daquin a écrit dans sa Lettre sur les hommes célèbres : «Lorsqu'on parle d'un homme plein de feu, de génie et de vivacité, il faut nommer M. Guillemain, Ordinaire de la Musique du Roi. Ce fameux artiste est parmi les grands Maîtres un des plus féconds et l'on convient que ses ouvrages sont remplis des beautés les plus piquantes».
Les instruments du concert Le traverso (flûte baroque) La flûte baroque émerge dans le dernier tiers du 17 ème siècle et évolue graduellement avant de devenir la flûte classique dans la seconde partie du 18 ème siècle. Il n'est pas aisé d'être explicite à propos de ses développements, car les flûtes originales encore existantes ne sont pas datées.on peut situer néanmoins l'apparition d'une flûte traversière conique en 3 pièces vers 1670. A cette nouvelle «perce» correspond l'invention de la clé de Ré Dièse, qui distingue également cet instrument de ceux des générations précédentes. Selon Johann Joachim QUANTZ (1697-1773), on doit ces progrès importants à des luthiers français.la flûte à 4 pièces qui permet de jouer dans différents diapasons grâce au système de «cor de rechange» (pièce située près de la tête pour les doigts de la main gauche) apparaît semble-t-il peu après 1720. Elle est l'oeuvre d'un luthier française Charles BIZEY (1685-1752). La flûte utilisée ce soir est une copie réalisée en 2004 par le luthier bruxellois Alain WEMAELS. Il s'agit d'un modèle emprunté à Carl August GRENSER (1720-1807) qui figure parmi les luthiers allemands d'instruments à vent, d'une grande notoriété dans la seconde moitié du 18 ème siècle. Celui-ci, originaire de Leipzig, installe son atelier à Dresde en 1744. Par la suite les luthiers «sacrifient» progressivement les notes les plus graves de l'instrument au bénéfice des sonorités plus claires et plus brillantes de l'aigu. Les concertos de MOZART (1778) sont très probablement encore écrits pour la flûte à 1 clé. Le clavecin Le Clavecin utilisé pour nos concerts, est une copie faite en 1981, par Joop KLINKHAMER, facteur à Amsterdam, d un original de 1789 fait par, Joaquim José ANTUNES (1731 / 1811), facteur de clavecins et de piano-forte à Lisboa. Cet instrument «polyvalent» de l esthétique classique, est particulièrement efficace pour l accompagnement de la musique de chambre mais aussi pour l opéra. En effet, il possède des basses profondes dues à sa grande longueur (250 centimètres). Ce type de facture (Italo Portugaise) très simple est la plus parfaite continuation vers le piano forte. Monté en cordes de laiton, cet instrument possède un beau moelleux (deux 8 pieds) mais peut être aussi très percutant dans les sonates de D. Scarlatti qui lui conviennent particulièrement. Son ambitus : fa / sol4. Diap : 415 Hz / 440. Transpositeur. Poids : 48 Kgs. L original est conservé au Musée du Conservatoire de Lisboa / Portugal.
PROGRAMME «Mes écarts» de Charles-Joseph de Ligne sont encadrés par : J-B. Loeillet de Gand : Sonate n 11 en Sol M : largo (ouverture) Michael Haydn : Sonate en Sol M : allegro moderato idem : allegro moderato suite et fin J-W-A Stamitz : Minueto sonate en Sol m idem : Minueto altro Ludwig van Beethoven : adagio maesto en Mi b M (1796 ) W-A. Mozart : sonate en ut M KV 14 : Carillon - 1 ère partie idem : Carillon 2 ème partie Ludwig van Beethoven : Die Spieluhr : Allegro (1799) C-Ph-E. Bach : sonate en La m Wq 128 : vivace, thème (1740) idem : première variation idem : deuxième variation Ludwig van Beethoven : Deutscher Gesang : 1 er mouvement idem : 2 ème mouvement : Romanze idem : Deutscher Tanz et retour Deutscher Gesang C-Ph-Em. Bach : sonate n 9 en Ré M : vivace idem : adagio Ludwig van Beethoven : scherzo en Sol M 1799 Claude Balbastre : La Castelmore PAUSE C-Ph-Em. Bach : sonate n 10 en Ré M : andante Michel Blavet : Sonate op.2 n 4 en Sol m : La Lumague idem : Les regrets idem : La Dédale Michael Haydn : Sonate en Sol M : Menuetto idem : Adagio idem : Finale presto Louis-Gabriel Guillemain : Sonate en Sol M : adagio
LES INTERPRETES XAVIER HAAG De la pédagogie à la gestion d un établissement d enseignement artistique (Académie de St Hubert), de la direction du chœur ou d l orchestre à la pratique d la musique de chambre, de la flûte traversière au «traverso baroque», Xavier Haag puise sa nourriture musicale à de nombreuses sources. Ce kaléidoscope d activités lui permet de s associer régulièrement à des artistes provenant tant du domaine de la musique que de ceux des arts parlés ou de la danse, pour réaliser des projets qui lui tiennent à cœur. Il a récemment dirigé La Passion selon St Jean de JS Bach, les Requiem de Verdi et de Cherubini, de la musique orchestrale de Schubert en alternance avec des programmes en duo ou en trio instrumental consacré à la musique baroque. ETIENNE LEURIDAN Etienne Leuridan est issu d une famille de musiciens professionnels. Organiste & Claveciniste, il a toujours partagé son expérience, comme chambriste et comme professeur, avec enthousiasme. Comme soliste, il est invité en Belgique, en France & en Hollande à jouer le répertoire de musique ancienne. Il est aussi «Auteur de Projets» en organologie pour la sauvegarde, la restauration et la reconstruction des orgues. Il essaye toujours d être au plus près de la réalité historique par le choix des instruments et du répertoire. FRANCOIS MAIRET Comédien par passion, enseignant pendant 33 ans par vocation, il a axé sa carrière sur un coup de cœur : le rapport musique/littérature. Cela lui a permis de participer avec nombre de solistes et orchestres à de nombreux Festivals belges et étrangers, d enregistrer pour la radio et pour le disque. Le privilège? Des tournées en Suisse, France, Espagne, Finlande, Pologne et Equateur. Il est aussi une voix très appréciée dans le domaine du doublage pour les chaînes françaises de télévision.
Quelques portraits
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