LA MORPHOGENESE VEGETALE ET LA MULTIPLICATION CELLULAIRE

Documents pareils
LA MITOSE CUEEP - USTL DÉPARTEMENT SCIENCES BAHIJA DELATTRE

Séquence 1. Reproduction conforme de la cellule et réplication de l ADN Variabilité génétique et mutation de l ADN

Chapitre 7 : Structure de la cellule Le noyau cellulaire

CHAPITRE 3 LA SYNTHESE DES PROTEINES

Information génétique

Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

Cellules procaryotes Service histologie Pr.k.mebarek

ULBI 101 Biologie Cellulaire L1. Le Système Membranaire Interne

INFORMATION GÉNÉTIQUE et REPRODUCTION SEXUÉE

1 les caractères des êtres humains.

TD de Biochimie 4 : Coloration.

Vieillissement moléculaire et cellulaire

I. La levure Saccharomyces cerevisiae: mode de vie

Le cycle de division cellulaire et sa régulation

SITUATION PROFESSIONNELLE

Les débuts de la génétique

Epreuve de biologie... 2 Annexe : Liste des sujets de la session

Banque Agro-Veto Session 2014 Rapport sur les concours A filière BCPST

Les OGM. 5 décembre Nicole Mounier

grande simple microscope microscope inventé années biologie = cellule) et (logos de plus en Anglais. Utilise un La microscopie, 1665,

Travaux dirigés de Microbiologie Master I Sciences des Génomes et des Organismes Janvier 2015

Introduction au Monde VégétalV. Les Champignons. Les Algues. Introduction au Monde Animal. Les Invertébr. (Les Lichens)

Stabilitéet variabilitédes génomes au cours de la reproduction sexuée

Structure quantique cohérente et incohérente de l eau liquide

Vue d ensemble de la vie microbienne

PARTIE I Compte pour 75 %

L ÉNERGIE C EST QUOI?

Energie nucléaire. Quelques éléments de physique

Séquence 2. L expression du patrimoine génétique. Sommaire

La notion de croissance (végétale) en sixième et en première S.

Chapitre 2 - Complexité des relations entre génotype et phénotype

Coordinateur Roland Calderon

RAPPORT SUR LE CONCOURS D ADMISSION AUX ÉCOLES NATIONALES VÉTÉRINAIRES CONCOURS B ENV

4 : MÉTHODES D ANALYSE UTILISÉES EN ÉCOLOGIE MICROBIENNE

Professeur Diane GODIN-RIBUOT

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

Section «Maturité fédérale» EXAMENS D'ADMISSION Session de février 2014 RÉCAPITULATIFS DES MATIÈRES EXAMINÉES. Formation visée

Commentaires sur les épreuves de Sciences de la Vie et de la Terre

Université de Montréal. Développement d outils pour l analyse de données de ChIP-seq et l identification des facteurs de transcription

VI- Expression du génome

Transport des gaz dans le sang

Transport des gaz dans le sang

L universalité et la variabilité de l ADN

Introduction générale

Transformations nucléaires

La Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène

Compétence 3-1 S EXPRIMER A L ECRIT Fiche professeur

MAB Solut. vos projets. MABLife Génopole Campus 1 5 rue Henri Desbruères Evry Cedex. intervient à chaque étape de

2 C est quoi la chimie?

A retenir : A Z m n. m noyau MASSE ET ÉNERGIE RÉACTIONS NUCLÉAIRES I) EQUIVALENCE MASSE-ÉNERGIE

NEUROPHYSIOLOGIE (2)

La vie des étoiles. La vie des étoiles. Mardi 7 août

Microscopie Confocale. Principes de base & Applications en Biologie Cellulaire

TP N 3 La composition chimique du vivant

MYRIAD. l ADN isolé n est à présent plus brevetable!

La reconnaissance moléculaire: la base du design rationnel Modélisation moléculaire: Introduction Hiver 2006

Chapitre 5 : Noyaux, masse et énergie

CHAPITRE 2 : Structure électronique des molécules

Un laboratoire d auto-immunité paperless : mythe ou réalité? L.Lutteri Laboratoire d auto-immunité Service de Chimie Clinique CHU Liège

Séquence 6. Mais ces espèces pour autant ne sont pas identiques et parfois d ailleurs ne se ressemblent pas vraiment.

Luca : à la recherche du plus proche ancêtre commun universel Patrick Forterre, Simonetta Gribaldo, Céline Brochier

a) b)

Contrôle de l'expression génétique : Les régulations post-transcriptionnelles

Univers Vivant Révision. Notions STE

Energie Nucléaire. Principes, Applications & Enjeux. 6 ème /2015

Chapitre 6. Réactions nucléaires. 6.1 Généralités Définitions Lois de conservation

Annales de Biologie Cellulaire QCM (niveau SVT 1 er année)

EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

L ÉLECTRICITÉ C EST QUOI?

Atelier : L énergie nucléaire en Astrophysique

Chapitre 10 : Radioactivité et réactions nucléaires (chapitre 11 du livre)

SERVICE PUBLIC FEDERAL, SANTE PUBLIQUE, SECURITE DE LA CHAINE ALIMENTAIRE ET ENVIRONNEMENT COMMISSION DE BIOLOGIE CLINIQUE RAPPORT GLOBAL

3: Clonage d un gène dans un plasmide

Génétique et génomique Pierre Martin

Transformations nucléaires

AC AB. A B C x 1. x + 1. d où. Avec un calcul vu au lycée, on démontre que cette solution admet deux solutions dont une seule nous intéresse : x =

Les outils de génétique moléculaire Les techniques liées aux acides nucléiques

Fonction de conduction de la moelle épinière. Dr F. TOUMI

Biomarqueurs en Cancérologie

LA MALADIE DE WALDENSTRÖM expliquée au néophyte

Hépatite B. Le virus Structure et caractéristiques 07/02/2013

Les lières. MSc in Electronics and Information Technology Engineering. Ingénieur civil. en informatique. MSc in Architectural Engineering

- pellicule de fruits qui a un rôle de prévention contre l'évaporation, le développement de moisissures et l'infection par des parasites

Module 5 La maturation de l ARN et le contrôle post-transcriptionnel chez les eucaryotes

Hépatite chronique B Moyens thérapeutiques

COUSIN Fabien KERGOURLAY Gilles. 19 octobre de l hôte par les. Master 2 MFA Responsable : UE Incidence des paramètres environnementaux

Stage : "Développer les compétences de la 5ème à la Terminale"

L ÉLECTRICITÉ, C EST QUOI?

LA TRANSMISSION DES CARACTÈRES

Séquence 4. La nature du vivant. Sommaire. 1. L unité structurale et chimique du vivant. 2. L ADN, support de l information génétique

Depuis des milliers de générations, le ver à soie est l objet d une sélection

Partie Observer : Ondes et matière CHAP 04-ACT/DOC Analyse spectrale : Spectroscopies IR et RMN

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

Végétaux Exemples d individus

Plateforme Transgenèse/Zootechnie/Exploration Fonctionnelle IBiSA. «Anexplo» Service Transgenèse. Catalogue des prestations

LA PHYLLOTAXIE SPIRALE

Le rôle de l endocytose dans les processus pathologiques

Tout sur le sucre Octobre 2012

Transcription:

-B- LA MORPHOGENESE VEGETALE ET LA MULTIPLICATION CELLULAIRE : la mitose, un processus commun aux cellules eucaryotes. 1

Nous avons vu au cours du premier chapitre que l observation d un végétal en croissance montre que la croissance ne se déroule pas sur toute la longueur du végétal. La croissance a lieu au niveau des méristèmes. Dans ces tissus, l observation microscopique montre une importante activité de multiplication cellulaire. Les cellules se divisent rapidement et leur nombre augmente donc rapidement. Le principe général de la multiplication cellulaire est le suivant : une cellule mère doit transmettre à 2 cellules filles son information génétique. Ces 2 cellules filles sont donc génétiquement identiques entre elles. Comment cela est-il possible? Il s agit d une reproduction conforme. Celle-ci nécessite 2 phases distinctes indissociables et complémentaires : une phase de réplication de l information génétique, c'est-à-dire des molécules d ADN ; et une seconde phase de division cellulaire appelée mitose assurant une égale répartition de l information génétique dans 2 cellules distinctes, mais qui seront génétiquement identiques. 1. La duplication de l ADN. La duplication de l ADN se déroule au cours de l étape préliminaire à savoir l interphase. a) L interphase (Document 11) Elle représente tout l intervalle entre la formation et la division de la cellule. L interphase se divise en 3 sous-phases appelées G 1, S et G 2. Au cours de la phase G 1 (G est l initiale de Gap qui signifie discontinuité, mais aussi de Growth qui signifie croissance), les cellules sont métaboliquement actives, synthétisent des protéines et augmentent considérablement de volume. Puis a lieu la phase S (pour Synthèse) au cours de laquelle un phénomène important a lieu : la réplication. Après la phase S a lieu la phase G2 qui est très brève. Pendant cette période, les enzymes et autres protéines nécessaires à la division cellulaire sont synthétisées. A la fin de G2, la réplication est terminée. Remarques : 1) On parle de phase G0 pour des cellules qui ne se divisent plus (ex : les neurones et les cellules musculaires). 2) Une cellule peut rester au stade G1 pendant plusieurs années si le signal prolifératif n est pas donné. La cellule reste à un stade G1 appelé R (pour Restriction). La sortie de R permet le démarrage de l interphase. 3) La phase G1 d une cellule végétale dure en moyenne 12 h. La phase S d une cellule végétale dure en moyenne de 6 à 8 h. La phase G2 d une cellule végétale dure en moyenne de 3 à5 h. 2

b) La Réplication (Document 12) La réplication commence par le déroulement des hélices d ADN. Les liaisons hydrogène qui unissent les paires de bases se rompent.(c est une hélicase qui déroule l ADN et la rupture des liaisons hydrogène). La réplication a généralement lieu à un endroit en forme de Y appelé fourche de réplication. Chaque brin de nucléotide sert de matrice pour la synthèse d une chaîne complémentaire de nucléotides à partir de nucléotides présents dans le nucléoplasme. L ATP fournit l énergie nécessaire à ce processus. L enzyme qui positionne et lie les nucléotides est appelée ADN polymérase. La synthèse de l ADN (Document 13) se fait de façon séparée sur chaque brin, l ADN polymérase se déplace de l extrémité 3 vers l extrémité 5 sur le 1 er brin puis sur le brin 2 dans le sens 3-5. La lecture du brin 3-5 est précédée par la formation d une amorce d ARN de 10 nucléotides environ grâce à une primase. Ensuite ce brin amorce est hydrolysé par une exonucléase pour permettre l assemblage de ces fragments d une centaine de nucléotides appelés fragments d Okazaki. Ensuite les 2 brins néoformés s assemblent aux brins matrices pour former les 2 chromatides. ð La totalité de l ADN est aussi dupliquée avant la mitose, la cellule mère contient donc une quantité d ADN double. Exemple : 3

Deux molécules d ADN seront donc formées à partir de l hélice d ADN originale à laquelle elles sont identiques, chaque molécule d ADN comporte un brin matrice (c'est-à-dire le brin ancien) et un brin nouveau (c est-à-dire le brin néoformé). C est pourquoi le mécanisme de la réplication de l ADN est souvent appelé réplication semi-conservative. Le modèle de réplication semi-conservative a été proposé en 1953 par Watson et Crick. Ce modèle a été confirmé par Taylor (1957) sur des cellules de racines de Bellevalia, une plante proche du lis et par Meselson et Stahl (1958) sur une bactérie Escherichia coli. Nous pouvons observer ce phénomène de réplication au microscope électronique (Document 14) : il est alors possible de voir des zones appelées «yeux de réplication» où la molécule d ADN semble s être dédoublée. Chaque œil correspond en fait à deux «fourches de réplication», figures en forme de Y, qui progressent en sens inverse et assurent la réplication de la molécule d ADN. Du fait de la progression en sens inverse des fourches de réplication au niveau de chaque œil, les différents yeux finissent par se rejoindre et la molécule d ADN est ainsi dupliquée. Remarques: 1) L ADN polymérase est douée d une fonction de «correction d erreurs» : elle contrôle systématiquement le dernier nucléotide mis en place et, s il existe une erreur d appariement, elle enlève ce nucléotide et le remplace par le bon nucléotide. Ainsi la réplication de l ADN est un processus fiable. 2) Bien distinguer duplication et réplication La duplication correspond au dédoublement d un élément cellulaire, d une molécule comme la duplication de l ADN. On emploie le terme de réplication de l ADN quand on fait référence au mécanisme et non au résultat. 2. Le déroulement de la mitose (Document 15) (dans le cas d une cellule végétale eucaryote). La mitose est un terme réservé à la division des cellules eucaryotes des organismes pluricellulaires. La mitose correspond à la division d une cellule mère en 2 cellules filles. Les mitoses des cellules vivantes permettent ainsi le développement d un tissu ou le remplacement de ses cellules mortes. Cette mitose a lieu après l interphase. Elle permet le partage du matériel génétique dupliqué. 4

La mitose est un phénomène continu mais on a néanmoins fixé 4 phases. a) La prophase (du grec pro, en avant) : C est la phase la plus longue. Lors de cette phase, la chromatine s organise en filaments de plus en plus épais, nets et courts et colorables appelés chromosomes. Chez l Homme, ils sont au nombre de 46. Chaque chromosome est divisé en 2 chromatides réunies par un centromère. A ce stade, les chromosomes sont constitués de 2 filaments nommés chromatides (les chromosomes sont alors dits bichromatidiens) unis par un centromère. Les 2 chromatides qui constituent un chromosome sont en réalité 2 molécules d ADN, condensés et associés à des protéines (histones) mais identiques l une de l autre car elles proviennent d une même molécule initiale par processus de réplication. Un chromosome est constitué de 2 chromatides génétiquement identiques. Le nucléole disparaît progressivement L enveloppe nucléaire se démantèle progressivement et finit par disparaître ; Entre les 2 pôles de la cellule s organise dans le cytoplasme un fuseau de division (appelé aussi fuseau mitotique ou fuseau achromatique). Il est constitué d éléments appartenant au cytosquelette : les microtubules. Ces structures fibreuses sont elles-mêmes formées de tubuline, une protéine dont les sous-unités peuvent s assembler par polymérisation. Remarque : Dans une cellule animale, les 2 centrioles entourés de fibres rayonnantes migrent vers les 2 pôles, leur aspect étoilé leur a fait donner le nom d ASTER. 5

b) La métaphase (du grec meta, transformation). C est une phase de courte durée. La condensation des chromosomes est maximale. Jusqu alors disposés en vrac dans la cellule, les chromosomes entrent en mouvement et se rassemblent dans un plan à égales distances des deux pôles. Tous les chromosomes sont bien rangés dans un plan médian à la cellule, d où la dénomination de plaque équatoriale. C est en particulier au cours de cette phase que l on peut, le plus facilement les dénombrer et les identifier. Au moment de la métaphase mitotique, chaque chromosome est relié aux deux pôles du fuseau mitotique par des microtubules (appelés aussi fibres chromosomiques ou fibres kinétochoriennes) s attachant au niveau du centromère. Les centromères sont alignés sur le plan équatorial. c) L anaphase (du grec ana, en haut) C est une phase très rapide. Au cours de cette phase, il se produit un raccourcissement des fibres chromosomiques. Cela entraîne une traction qui s exerce sur les centromères des chromosomes. A la suite d un clivage du centromère, les 2 chromatides de chaque chromosome se séparent, les 2 chromosomes-fils (chromosomes monochromatidiens) ainsi formés s éloignent l un de l autre. L anaphase est donc caractérisée par l ascension polaire de deux lots identiques de chromosomes. La séparation des deux copies de l information génétique se produit alors, c est le phénomène de caryocinèse. 6

La séparation des deux lots identiques de chromatides se poursuit jusqu à ce que ces dernières soient parvenues aux pôles du fuseau. d) La télophase (du grec telos, fin). C est une phase d une durée comparable à celle de la prophase Les chromatides, séparées en deux lots identiques aux pôles du fuseau, vont se décondenser, tandis que se reconstituent de nouvelles enveloppes nucléaires autour de ces chromatides. Deux noyaux-fils se reconstituent contenant chacun un des deux copies de l information génétique. Ces deux noyaux-fils sont quantitativement et qualitativement identiques sur le plan génétique. Le fuseau mitotique disparaît. A cette mitose succède alors une phase de division cytoplasmique que nous étudierons dans la partie 3. Bilan : A l issue de la mitose, on obtient 2 cellules filles identiques entre elles et identiques à la cellule mère, identiques d un point de vue génétique et d un point de vue cytoplasmique. On parle de reproduction conforme. Ces cellules filles ont plusieurs destinées possibles : - elles retournent en interphase (phase G1) et se préparent à une nouvelle reproduction conforme. - elles cessent de se diviser, se spécialisent et n accomplissent qu une fonction précise. Ces cellules différenciées sont hors-cycle (celles en phase G0). Nous pouvons citer quelques exemples : les cellules des feuilles vont se spécialiser dans la photosynthèse, les cellules de racines se spécialisent dans l absorption de l eau et des nutriments, L association multiplication cellulaire et différenciation cellulaire aboutit, selon un programme génétique précis, au développement d un végétal particulier, présentant des caractéristiques propres. L ensemble Interphase + Mitose correspond à un cycle cellulaire. e) Notion de cycle cellulaire : ð Les caractéristiques du cycle cellulaire (Document 16). 7

Le schéma se lit dans le sens des aiguilles d une montre. ð Evolution de la quantité d ADN par cellule au cours du cycle cellulaire (Document 11). Si l on mesure la quantité d ADN dans le noyau cellulaire, on observe que la quantité «q» d ADN présente en début d interphase (G1) double en fin d interphase (soit «2q») et reste constante pendant la mitose. Puis lors de la télophase c est-à-dire lors de la séparation des 2 cellules filles, on retrouve la même quantité «q» d ADN. Le Document 17 représente le cycle cellulaire sur le plan quantitatif et sur le plan qualitatif. Les nucléofilaments (ADN + protéines) passent alternativement par des phases où ils sont présents en simple ou en double exemplaire, ainsi que par des phases où ils sont plus ou moins condensés. On peut bloquer le cycle mitotique à la métaphase pour réaliser un caryotype. ð Notion et établissement d un caryotype. Un caryotype est une présentation photographique ou dessinée du nombre et de la forme des chromosomes, il est caractéristique de l espèce (Document 18). La colchicine est aussi appelée antimitotique. Cette molécule bloque la mitose en métaphase en empêchant la formation du fuseau mitotique et donc la séparation des chromatides des chromosomes dupliqués. f) Signification de la mitose. ð Les rôles de la mitose : Chez l Homme, la mitose a lieu 30 h après la fécondation. Les mitoses embryonnaires conduisent à l augmentation rapide du nombre de cellules et à l édification d un organisme pluricellulaire. Chez les animaux, les mitoses sont essentiellement destinées à pourvoir au remplacement des cellules mortes Les cellules nerveuses ne se divisent jamais au sein du système nerveux de l adulte. Les hématies du sang (cellules anucléées) ne se divisent pas. Les cellules musculaires possèdant plusieurs centaines de noyaux (cellules plurinucléées) ne subissent pas de mitoses. Chez les végétaux, les mitoses permettent la croissance végétale. ð Altération de la mitose Les cancers sont des anomalies cellulaires : les cellules subissent des divisions anormales à un rythme considérable et donnent naissance à un massif cellulaire important (tumeur). 8

Examinons les divisions cellulaires d un point de vue cytoplasmique. 3. Le partage du cytoplasme : la cytodiérèse (appelée aussi cytocinèse). Chez les végétaux, la séparation du cytoplasme s effectue par la construction d une nouvelle paroi à l équateur de la cellule. Cette étape est assurée par l alignement de vésicules golgiennes sur l ancien plan équatorial du fuseau. Ces vésicules, contenant des précurseurs de la paroi cellulaire, se dirigent vers le centre de la cellule. Ces vésicules fusionnent et forment le phragmoplaste, qui lui-même fusionne à ses 2 extrémités avec la membrane plasmique de la cellule. Les 2 cellules filles sont alors formées, une nouvelle paroi les sépare (Document 19). Chez les animaux, le cytoplasme est divisé en 2 par un simple étranglement du cytoplasme dans la région équatoriale du fuseau de division (Document 20). Conclusion : La croissance des végétaux passe par une phase de multiplication cellulaire, située au niveau des méristèmes. A leur niveau, les cellules issues de mitoses, après réplication de l ADN en interphase, peuvent continuer à se multiplier ou peuvent se différencier et participer à la construction morphologique et fonctionnelle du végétal. Mais un autre phénomène intervient, la croissance cellulaire qui, comme la multiplication cellulaire, participe à la croissance du végétal. 9