Chapitre II : Structure cristalline

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الجمھوریة الجزاي ریة الدیمقراطیة الشعبیة République Algérienne Démocratique et Populaire وزارة التعلیم العالي و البحث العلمي Ministère de l Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique جامعة الوادي Faculté des Sciences et de la Technologie Département d Electronique Spécialité : Télécommunications Module : Physique des semiconductuers Chapitre II : Structure cristalline 1. Introduction Ce chapitre ne constitue en aucun cas un cours complet de cristallographie. L objectif est très modeste, il s agit tout au plus de savoir déterminer quelques propriétés fondamentales de quelques structures cristallines de base : nombre de motifs par maille, coordinence, masse volumique, compacité. 2. Systèmes cristallins Présentation générale L état solide correspond à un empilement d entités chimiques qui occupent des positions bien définies dans l espace (aux vibrations internes et externes près). On distingue deux types d arrangements : les solides amorphes ou verres, dans lesquels l assemblage des entités ne présente pas d ordre à grande distance, les solides cristallins où, au contraire, l assemblage est très régulier. On définit ainsi un modèle de solide cristallin parfait, où l ordre serait généralisé dans les trois dimensions de l espace. En fait dans les solides cristallisés, on retrouve un assemblage de micro-domaines dans lesquels l ordre est parfait, domaines plus ou moins étendus dans l espace. Les caractéristiques de l état vitreux sont globalement les mêmes que celles de l état cristallisé, à part l absence de point de fusion net : il y a ramollissement progressif du solide et le phénomène thermique qui accompagne la fusion d un verre se prolonge sur une vaste gamme de températures. L état vitreux est thermodynamiquement instable, mais la transformation en solide cristallin est très lente, ce qui présente quelques avantages pratiques On peut aussi remarquer que l état cristallin n est pas un état isotrope, comme l état liquide où les propriétés sont semblables dans toutes les directions, mais un état anisotrope où certaines directions sont privilégiées.

Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à quelques notions de base de cristallographie afin de disposer des outils spatiaux d étude des cristaux. Dans un second temps, nous essaierons de classer ces cristaux selon deux critères : un critère purement géométrique, en fonction de l arrangement spatial des entités chimiques, indépendamment de leur nature chimique. un critère structural, fondé sur la nature de l interaction entre entités, liée intimement à la nature chimique de l espèce étudiée. L étude est ensuite consacrée à la description de structures limites, qui sont des modèles idéaux. Certes, certains composés cristallisent dans ces structures limites, mais en général la réalité est plus complexe : il peut y avoir un écart plus ou moins grand par rapport au modèle, ou bien coexistence de différents types limites de liaisons au sein d un même solide. Les outils de la cristallographie Maille, motif, réseau Un cristal est un empilement périodique de mailles contenant un motif chimique. Une maille est alors l entité de base dont la reproduction périodique engendre le système cristallin. Le motif est l entité chimique (ion, molécule, atome) située aux n uds du réseau cristallin. Le réseau est l ensemble des positions des n uds. La figure suivante illustre diverses mailles au sein d un système bidimensionnel. Les mailles en trait gras sont des mailles fondamentales, la maille en trait pointillé est une maille de multiplicité égale à deux. En effet, le motif A 5 a pour coordonnées (0,5 ; 0,5) dans la base choisie et appartient donc à la maille, au même titre que le motif A 3.

Plans réticulaires, indices de Miller Il est aussi possible de définir le système cristallin comme étant un ensemble de plans parallèles équidistants contenant chacun une infinité (cristal parfait) de n uds : on parle alors de réseau stratifié. Différents types géométriques de réseaux cristallins Le premier type de classification que l on peut envisager est fondé exclusivement sur des considérations géométriques, indépendamment de la nature des entités chimiques constituant le système. Une étude systématique a permis de montrer qu il existe sept réseaux de base pour les systèmes simples, appelés réseaux de Bravais, où seuls les sommets du prisme constituent des n uds : la connaissance de ces définitions n est pas exigible. On distingue : le système cubique : prisme cubique, le système quadratique : prisme droit à base carrée, le système orthorhombique : prisme droit à base rectangle, le système hexagonal : prisme droit à base losange d angle + /3, avec un motif au centre de l hexagone, le système rhomboédrique : polyèdre construit sur trois losanges, le système monoclinique : prisme droit à base parallélogramme, Sept réseaux dérivés complexes peuvent être aussi intégrés à cette classification : les systèmes I (comme internal centered mode) : cubique I, quadratique I et orthorhombique I, qui comportent un motif au centre du prisme, les systèmes C (comme side-face centered mode) : orthorhombique C et monoclinique C, qui comportent un motif au centre de deux faces opposées, les systèmes F (comme face centered mode) : cubique F (usuellement CFC comme cubique faces centrées) et orthorhombique F, le système hexagonal compact HC que nous allons étudier. Tout réseau cristallin dérivera alors de l un des quatorze réseaux de Bravais.

Différents modèles de solides cristallisés : moléculaire, covalent, métallique, ionique Dans cette section, nous allons envisager un deuxième mode de classement des systèmes cristallins, fondé sur la nature de l interaction qui assure la cohésion du système, donc sur la nature chimique des motifs du système, indépendamment de l agencement géométrique de ceux-ci. Cette description, complémentaire de la précédente, nous permettra de distinguer plusieurs types limites de systèmes, sachant bien entendu que les choses ne sont pas aussi tranchées et qu il existe des systèmes intermédiaires entre les différents types limites que nous allons mettre en évidence. Structures moléculaires Dans ces structures, on peut mettre en évidence des molécules individualisées (ou même des atomes), dont la juxtaposition assure la périodicité du système. La cohésion du système est assurée par des interactions du type Van der Waals entre les différentes espèces. Ces interactions sont modélisées par l interaction entre les électrons d une molécule et les noyaux d une autre. Il s agit souvent d interaction dipôle-dipôle, les dipôles électrostatiques pouvant être permanents (molécules polarisées) ou induits (molécules polarisables). Citons l exemple du dioxyde de carbone et des cristaux de dihalogène (en sachant que, déjà pour le diiode solide, de nouvelles propriétés apparaissent). Les gaz nobles cristallisent aussi dans des systèmes de ce type, les molécules étant alors des atomes. Structures covalentes Dans ces structures il est déjà impossible de mettre en évidence des entités chimiques individualisées. Aux n uds du réseau, on trouve des atomes, la cohésion du système étant assurée par des liaisons de covalence entre les atomes. Le diamant (l une des formes allotropiques du carbone) est un excellent représentant de cette classe de structures. De même, le silicium et le graphite (autre forme allotropique du carbone) peuvent-ils être considérés comme des cristaux covalents. En effet, ils en possèdent certaines caractéristiques, mais il apparaît aussi de nouvelles propriétés comme nous le verrons plus loin. Structures métalliques Le système est ici aussi constitué d un assemblage périodique d atomes (pas de molécules individualisées), mais la nature de la liaison est très différente de ce que l on observe dans les systèmes covalents. On peut considérer qu il s agit d une liaison covalente délocalisée sur l ensemble des atomes. Une façon possible de décrire le système est de considérer qu aux n uds du réseau sont disposés des ions positifs. Les électrons de valence sont délocalisés sur l ensemble des motifs et forment ce que l on baptise usuellement un gaz d électrons. On trouve ce type de liaison dans les métaux vrais comme le sodium et dans les métaux de transition comme le cuivre ou le fer. Tant la nature de l interaction que les caractéristiques géométriques du système sont responsables des propriétés particulières des métaux. Structures ioniques On trouve aux n uds du réseau alternativement des ions positifs et des ions négatifs. Il n est pas possible d isoler une molécule individualisée, mais la répartition des ions est telle que l ensemble du réseau est électriquement neutre. Le motif est alors un ensemble d ions également électriquement neutre.

On trouve dans la nature : des systèmes 1/1 comme le chlorure de sodium NaCl, le chlorure de césium CsCl, le sulfure de zinc ZnS (deux variétés allotropiques), des systèmes 1/2 : TiO 2, CaF 2, des systèmes 1/2/4 : ferrite Fe 3 O 4, spinelle MgAl 2 O 4. La stabilité du système est assurée par la plus grande attraction entre ions de signes opposés par rapport aux répulsions entre ions de même signe. L examen de cartes de densité électronique montre que l on peut effectivement considérer la présence d ions quasi sphériques, comme dans le chlorure de sodium. Dans la suite de cette étude, nous nous limiterons à la description des structures de corps simples et de structures ioniques parmi les plus simples. Retenons néanmoins que rares sont les systèmes réels correspondant à des descriptions aussi simples. 3. Cristaux métalliques Nature des éléments chimiques mis en jeu Il s agit bien entendu des métaux : métaux vrais de la première et de la seconde colonne du tableau périodique (respectivement alcalins et alcalino-terreux), métaux de transition de la première comme des autres séries. On trouve aussi un certain caractère métallique chez les éléments de la droite du tableau périodique, caractère qui va en s accentuant quand on descend dans les colonnes. L état métallique est caractérisé par tout un ensemble de propriétés physiques parmi lesquelles une aptitude particulière à la conduction de la chaleur et de l électricité, un éclat particulier, une densité élevée et quelques propriétés mécaniques remarquables. Certaines propriétés sont expliquées par la nature de l arrangement des motifs, d autres par la nature de la liaison qui assure la cohésion du système. Rappelons que nous pouvons décrire schématiquement le système de la façon suivante : aux n uds du réseau se trouvent des cations M, les électrons correspondants étant délocalisés sur l ensemble du système. L expérience montre que les systèmes métalliques sont parmi les plus compacts. Nous décrirons la géométrie du système en faisant l hypothèse que les motifs sont équivalents à des sphères non déformables, de rayon donné R, l empilement des motifs étant compact. La configuration du système sera donc déterminée par des considérations purement géométriques, chaque atome ayant tendance à s entourer du plus grand nombre possible de voisins, nombre qui sera limité par la taille des espèces. Empilements compacts : coordinence 12 Le système est décrit par une succession de plans : Une première couche d atomes est constituée en mettant en contact le maximum de sphères : on réalise ceci par un pavage régulier du plan, les sphères étant disposées aux sommets de losanges de côté 2R. Nous obtenons alors un pavage de type hexagonal 1, chaque sommet et le centre de l hexagone étant occupés par un atome. 1 La maille fondamentale d un tel pavage bidimensionnel est bien un losange, l hexagone, qui n est pas un parallélogramme, ne pouvant être considéré comme une maille.

Les atomes de la seconde couche viennent se placer dans les creux laissés par les atomes de la première couche, réalisant ainsi un second pavage de losanges décalé par rapport au premier : les centres des sphères venant se projeter sur les centres des petits triangles équilatéraux en lesquels on peut découper chaque losange du plan de base. Pour les atomes de la troisième couche, deux possibilités sont envisageables, les atomes s insérant encore une fois dans les creux laissés par ceux de la seconde couche : soit les centres des atomes se projettent sur ceux des atomes de la première couche et on obtient alors un pavage du type ABABAB qui définit le système hexagonal compact HC. soit les centres des atomes se projettent sur les centres des petits triangles équilatéraux en lesquels on peut découper les losanges du plan formé par les atomes de la seconde couche et on obtient alors un pavage du type ABCABC qui définit le système cubique faces centrées CFC (noté CF dans la classification de Bravais). empilement ABABAB système hexagonal compact empilement ABCABC système cubique faces centrées Remarque : les deux systèmes HC et CFC sont donc issus de deux modes de remplissage tout à fait comparables. On ne s étonnera donc pas de trouver, pour ces deux modes d empilement, certaines propriétés géométriques analogues. Étant donné le mode de construction, on a obtenu les systèmes les plus compacts. On appelle coordinence d un motif le nombre de ses plus proches voisins. Ici, chaque motif est entouré de façon équidistante par douze premiers voisins, la coordinence est égale à douze, la plus élevée connue. Nous allons étudier ces deux systèmes un par un, en montrant les analogies de structure. Nous commencerons par la structure la plus facile à étudier, la structure CFC.

Structure cubique faces centrées Le cuivre, l argent, l or, le plomb, l aluminium, le fer cristallisent dans ce système. Description de la structure CFC La maille de description ayant la plus grande symétrie est un cube de côté a qui est le paramètre de maille. La maille cubique compte quatre motifs. Ces motifs sont situés : aux sommets du cube : chaque sommet appartient à huit mailles, donc compte pour 1/8 en propre. Il y a donc, en propre, dans la maille un motif sommet. aux centres des faces du cube : chaque face appartient à deux mailles, donc compte pour 1/2 en propre. Il y a donc, en propre, trois motifs face. Remarque : la maille élémentaire est une maille rhomboédrique de côté a / 2, construite sur le polyèdre ayant pour sommets deux sommets opposés du cube et les centres des trois faces du cube ayant l un des sommets. 4R x z y a maille cubique plan (1, 1, 1) Pour retrouver les pavages de plans, on se place dans la famille de plans 1, 1, 1 orthogonaux à la grande diagonale du cube. Les motifs sont tangents le long d une diagonale de face du cube. Divers modes de représentation peuvent être utilisés, dont la représentation perspective [ci-dessus]. Mais il est souvent intéressant de faire une projection cotée, projection sur un plan bien choisi des motifs du système. Nous obtenons ainsi les représentations suivantes, selon les plans 0, 0, 1 ou 1, 1, 1 : Projection cotée, plan (0, 0, 1) Projection cotée, plan (1, 1, 1) z légende : z = 0 z légende : h= 0 y x z = 1/ 2 x h h= 1/ 3 y h= 2 / 3

Compacité, masse volumique Interstices du système CFC Compte tenu de la valeur de la compacité, il existe de la place dans le réseau, entre les motifs. Il y a donc des sites ou interstices particuliers qui peuvent éventuellement être occupés. On se limitera aux sites de symétrie importante, soit les sites à symétrie octaédrique et à symétrie tétraédrique. site octaédrique site tétraédrique Interstices octaédriques Ils sont situés au milieu des arêtes et au centre du cube. Ce dernier appartient en propre à la maille. Les milieux des arêtes, au nombre de douze, appartiennent chacun à quatre mailles, ce qui fait, en propre, quatre sites octaédriques par maille cubique. Il est important de connaître l habitabilité du site, autrement dit la taille maximale d une particule sphérique qui viendrait s insérer entre les motifs, sans déformation du réseau. Considérons, par exemple, le milieu d une arête : si la particule sphérique de rayon R octa, insérée dans le site, est tangente aux atomes sommets et à l atome centre de la face, nous pouvons écrire la relation 2R octa =a - 2R, soit : R octa = R( 2-1) 0, 414 R

Exemple : pour le fer, avec R 124 pm, un rayon R octa 51, 4 pm. Des atomes d hydrogène (rayon 37 pm) peuvent s insérer dans le réseau, sans pratiquement le déformer. En revanche, l insertion d atomes d azote (rayon 70 pm) ou de carbone (rayon 77 pm) entraîne une déformation importante du réseau. On obtient alors du fer nitruré ou carburé (fonte), plus fragile que le fer pur. Interstices tétraédriques Les sites tétraédriques sont situés aux centres des huit petits cubes en lesquels on peut découper le grand cube de base [figure page précédente]. On les retrouve aussi en considérant le mode d empilement compact : ils sont aux centres des tétraèdres engendrés par trois atomes d une couche et un atome de la couche supérieure. Il y a donc huit sites tétraédriques par maille cubique, soit le double du nombre de sites octaédriques. Pour déterminer l habitabilité du site, calculons d abord la distance entre le centre d un des tétraèdres et les sommets de celui-ci. Pour cela, le plus simple est de remarquer que ce tétraèdre est inscrit dans un cube de côté a / 2, et que le centre du tétraèdre est le centre du petit cube en question. La longueur de la grande diagonale d un cube de côté a / 2 vaut a 3 / 2 donc la distance d un sommet au centre d un tétraèdre vaut : d (sommet, centre) = On peut alors déterminer l habitabilité du site, en écrivant que le rayon maximal R tétra insérée dans le site est défini par l expression R tétra +R= a 3 / 4. Nous en déduisons : a 3 4 d une particule Les sites tétraédriques sont donc plus petits que les sites octaédriques, et les particules viendront s insérer plutôt dans les seconds que dans les premiers dès que leur taille sera notable. Exemple : dans le cas du fer, R tétra vaut 0,28 pm, valeur trop petite pour permettre l insertion d atomes d hydrogène sans déformation du réseau. Structure hexagonale compacte Description de la structure HC La maille élémentaire est un prisme droit à base losange de hauteur c dont la base, d angle égal à / 3, a pour côté a. En reproduisant trois fois la maille élémentaire par des rotations d angle 2 / 3, nous obtenons une structure hexagonale qui donne son nom au système. La maille élémentaire compte deux motifs : 8 motifs sommets (4 par plan A), appartenant chacun à 8 mailles (4 vers le haut, 4 vers le bas), soit 1 motif en propre. 1 motif de la couche B dans le prisme, appartenant en propre à la maille.

a A B c A structure hexagonale maille élémentaire Paramètres géométriques Par construction, il y a cotangence des sphères sur la base de l hexagone, le long des arêtes donc a=2r. De plus, il y a cotangence des sphères disposées sur deux plans successifs, ce qui impose une condition entre a et c. Nous utilisons les propriétés géométriques du tétraèdre. Compacité, masse volumique

Il est clair que l on devait retrouver la même valeur de compacité que dans le système CFC en tenant compte de la similitude des modes d empilement. Nous pouvons aussi calculer la masse volumique comme nous l avons fait précédemment. Interstices du système HC Le système HC possède des sites tétraédriques et des sites octaédriques analogues à ceux mis en évidence dans le système CFC. Compte tenu de l analogie structurale qui existe entre les deux systèmes, nous admettrons que l habitabilité des sites du système HC prend la même valeur que pour les sites correspondants du système CFC. Pareillement nous admettrons que le nombre de sites octaédriques est le même que le nombre de motifs présents dans la maille, soit deux. Il y a aussi deux fois plus de sites tétraédriques, soit quatre, que de motifs dans la maille. Structure cubique centrée Il s agit d une structure moins compacte que les précédentes, que l on peut aussi engendrer à l aide de plans : On réalise dans un premier temps un pavage du plan A en plaçant les motifs (sphères indéformables de rayon R) aux sommets de carrés de côté a, avec a >2R. Les sphères ne sont donc pas en contact. On place alors dans les interstices laissés par les sphères du plan A, d autres sphères (plan B) : leurs centres se projettent sur les centres des carrés du plan initial. Le troisième plan est obtenu en plaçant les sphères dans les creux laissés par les sphères du plan B, donc au-dessus des sphères du plan A. On obtient ainsi un empilement moins compact que le précédent, où les sphères sont tangentes le long de la grande diagonale du cube ayant pour arête le côté du carré de base. Chaque sphère est donc entourée par huit autres sphères en contact : la coordinence est de 8. Les métaux alcalins et alcalino-terreux, ainsi que quelques métaux de transition comme le fer cristallisent dans ce type de système. Il est à signaler que, ces structures étant moins compactes, les métaux correspondants (comme le sodium) sont plus fragiles et plus malléables. Description de la structure CC La maille est un cube de côté a. Les motifs sont situés au centre du cube et aux sommets. Chaque motifsommet appartient à huit mailles, donc la maille contient deux motifs en propre, un motif-sommet et le motif-centre (multiplicité 2). Les sphères sont tangentes le long de la grande diagonale du cube. On en déduit la condition de compacité maximale 4R= a 3. 4R a a 2 maille élémentaire cubique plan (0, 1, 1)

Compacité, masse volumique