NATIONAL J 80- Pornichet novembre 2010 Observations et commentaires Marc Bouët Conseiller Technique national FFVOILE Jour 1 manche 1 Les 3 départs : 1 2 er ème volé par beaucoup. sous pavillon noir : L expérience montre qu en début de championnat, particulièrement, un 1 se traduit par plusieurs bateaux BFD : objectif : ne pas être pris afin de ne pas commencer le championnat par une DSQ. Préparer un départ prudent si possible : selon moi s écarter des zones à «forte population» afin de rester maitre de mon destin. Le résultat : un groupe vole au 1/3 comité et 8 bateaux sont pris en BFD. er départ sous pavillon noir 3 ème sous pavillon noir : Mon analyse dans ce cas est que la flotte risque d être «calmée» et que je peux prendre plus de risques que sur le départ précédent.
Les pièges à éviter sur cette manche : 1 Hors lay-line tribord en approche marque au vent : 2 L arrivée de la même façon en layline tribord sur la marque sous le vent côté comité : 3 Dernière marque dog leg : Il fallait empanner rapidement à cette marque.
Il faut savoir anticiper les conditions du bord à venir avant la fin du bord précédent. Ici, le second près a été marqué par un début de rotation à droite, le vent arrière va donc être très long en bâbord : je dois décider à l avance que je veux empanner très vite. Je dois éviter d être au vent de plusieurs bateaux sur le dog leg. Si je suis au vent, je ralentis pour passer derrière. Je fais à la marque soit : -gybe set : envoi en empannant, mais techniquement difficile -envoi puis empannage dès que mon spi gonfle. Les bateaux qui ont ainsi procédé ont gagné beaucoup de places. 4 Affalage fin vent arrière 2 : Le bord est serré, le vent très fort : Penser affalage sous le vent : je n ai pas besoin d affaler à gauche car la régate est finie. Choquer drisse à moitié(puis bloquer à ce niveau), récupérer le point écoute, puis choquer bras et rentrer le spi par l arrière (même si j affale normalement dans capot avant). Si je veuxabsolument affaler à gauche : choquer un peu de drisse puis choquer le tack (amûre sur bout dehors) dès que le point d écoute est au niveau de l étai afin de dégonfler l e spi. Jour 2 - manches 2-3 et 4 Les conditions sont un peu différentes sur l ensemble de la journée : -vent au 190-195 avec une rotation gauche jusqu au 170-175. -courant descendant. Même par faible coëfficient on peut prévoir un léger différentiel de courant contraire entre la partie gauche du plan d eau (plus près de la côte) et la partie droite (plus proche de l axe sortie de la Loire). -ligne au mieux équilibrée lors de la manche 2, avantagée viseur ensuite. Ces 3 éléments ont favorisé en général les bateaux partant sous le vent vers la gauche. Les départs des manches 2-3 et 4 A chaque fois le 1 er départ est un rappel général.
A chaque fois le 2 ème départ est sous noir sans aucun BFD. Savoir analyser les éléments d un départ peut permettre de bien partir facilement en partie centrale de la ligne : -pavillon noir veut dire flotte prudente -courant contraire -vagues importantes Pour moi, tous ces éléments vont dans le sens d un fort ventre sous le vent de la ligne que je dois pouvoir utiliser à mon profit. Un bateau l a fait parfaitement dans les manches 1 et 2 : celui de Nadal. Il semble utiliser son GPS pour se positionner sur la ligne : Il lui suffit de rester en retrait, avec ses voisins, puis de lancer plus tôt que tout le monde. Sans GPS on peut utiliser la méthode décrite pour le départ 1 (shéma 1 ci-dessus). Quelques observations sur les manœuvres Envoi de spi : 1-Le foc : souvent choqué en grand. Néfaste car : Solutions : -ralentit la montée du spi e - favorise les tours dans le spi et ne favorise pas l abattée. Soit choquer 20 cm maximum, envoyer le spi puis rouler Soit comme l équipage espagnol à Pornichet, abattre, rouler le foc puis envoyer le spi. 2-Le hâle bas de bôme : souvent pris comme au près doit être choqué fin du dog leg impérativement pour faciliter abattée. Reprendre un peu ensuite pour bon réglage au vent arrière. 3-Le spi ne doit monter que lorsque le bateau a abattu et est à plat.
En gros, les 1ers commencent à envoyer le spi très tard et ensuite il porte très vite, les derniers commencent très tôt (le bateau gîte et la marque n est pas encore passée) et l e spi porte très tard. Principes de base : Pour progresser vers la marque sous le vent, je dois d abord abattre. Pour ne pas «jeter» le spi dans l eau, je dois attendre que le bateau soit à plat pour envoyer. Ne pas confondre vitesse et précipitation, prenez votre temps et tout sera plus facile. Empannage : Observations : Vous emblez avoir 2 objectifs prioritaires lors de l empannage : changer de route et faire passer la bôme. Pour moi, il faut mettre le facteur spi en priorité : 1-abattre doucement pour passer en position VMG le plus bas possible, point d écoute max en avant. 2-abattre encore en commençant à brasser la nouvelle écoute et faire passer le spi au vent. 3-gonfler le spi nouvelle amure (en position papillon) puis passer la bôme et rester assez bas en sortie. Avec des vagues, si on abat lors d un départ au surf on doit pouvoir maitriser facilement une trajectoire de ce type. Le rythme doit être plus lent que ce que vous faites en majorité. Affalage sous le vent : De la même façon qu à l envoi, souvent les 1ers commencent souvent à affaler plus tôt que les derniers : Rappelez vous, on perd plus de terrain à naviguer au près sous spi (ou à faire un tout droit) qu en navigant quelques longueurs sans spi avant la marque. La trajectoire détermine la facilité ou non de la manœuvre : si vous pouvez faire une partie de trajectoire plein vent arrière cela va aider votre équipier d avant. En bâbord, ramener le spi au vent si on navigue trop haut est impossible. En tribord, passer plein vent arrière va dégonfler le spi et favoriser la rentrée. Les 1 ers responsables d un bon affalage sont donc à l arrière :
Bien placer le dernier empannage pour ne pas arriver serré sur la marque, trouver une trajectoire correcte malgré les adversaires, cela c est le travail du barreur et du tacticien, si c est bien fait, un peu tôt éventuellement, le spi rentre facilement. Jour 3 - Manches 5 et 6 Le scénario est proche de celui des manches de la veille avec un vent plus faible : -ligne en moyenne un peu favorable viseur -courant contraire avec différentiel faible mais favorable à gauche du plan d eau. L objectif départ est donc de trouver du vent frais pour aller à gauche. Un bon départ viseur est un gage de bon passage au vent mais risqué : même les meilleurs ne savent pas bien partir à coup sûr sur le viseur (Nadal rate complètement le départ 1, Sambron le deuxième). Essayer de partir 1/3 viseur dans ce cas me semble un choix raisonnable. Savoir-faire à travailler pour partir viseur : - Bien estimer la layline viseur - Savoir tenir position arrêtée ou proche de l arrêt. Manche 7 : Beaucoup plus ouverte tactiquement, vent faiblissant fortement, ligne plus équilibrée. Le choix initial est complexe : -le facteur courant pèse toujours pour la gauche. On verra à la marque au vent que le courant, peu sensible les manches précédentes avec plus de 15 nœuds de vent, est bien là. -en fait la gauche s avèrera un choix correct mais pas vainqueur car vent plus faible à proximité de la côte : plus de pression dans la partie centrale du plan d eau. Le choix de la droite s avère mauvais car il y a clairement plus de courant contraire au vent de l axe de sortie de la baie entre les bouées de Penchateau. Observations règles de course : -faire une réparation après une faute : La règle 44.2 est claire :
«après s être largement écarté des autres bateaux, aussitôt que possible après l incident, un bateau effectue une pénalité» Aussitôt que possible signifie clairement immédiatement : Au mieux dans un cas d incident compliqué, un Jury pourra accepter quelques dizaines de secondes si le coureur explique que compte tenu de la complexité de l incident, il y a eu discussion à bord avant de faire le choix d estimer avoir fait une faute. Attendre pour réparer pour diminuer l effet de la pénalité n est pas acceptable : 2 cas vus aujourd hui : Je touche la marque au vent et répare en fin de dog leg car cela me permet de ne pas faire le dog leg sous le vent de la flotte ce bateau a été pénalisé par le Jury sur rapport du Comité de Course. Je force le passage à la marque sous le vent, j attends une bonne minute pour avoir plus de place pour faire facilement ma pénalité non pénalisé. Dans ce cas, il appartient au bateau qui subit la faute dans ce cas d imposer une réparation rapide ou de réclamer. Place à la porte et règle 14 J ai vu beaucoup d incidents avec des collisions importantes au passage de la porte. Comment vous aider à mieux comprendre les règles : 1 la règle 14 impose à tous d éviter une collision qui crée des dommages : celui qui force le passage, même en ayant droit à de la place à la marque, et crée des dommages risque la disqualification. Si un bateau vous refuse clairement (par de farouches appels à la voix par exemple) de la place, ne la prenez jamais au risque d une grave collision. 2 la règle 18 impose aussi à un bateau qui a droit à de la place à ne pas la prendre si le bateau intérieur ne peut pas la donner :
Jour 4 Manche 8 Comment aborder une manche de ce type au niveau tactique? Une météo simple (type Windguru) est une indication : aujourd hui 10 kn et N-NW. En sortant sur l eau le vent est plus faible et plus à gauche (5 kn et 300-310). Le vent vient de terre, je peux donc estimer qu il va être perturbé avec des oscillations. Peu avant le 1 er départ le vent se renforce et prend de la droite, il devient proche du vent prévu. Pour le 1 er départ, la ligne, compte tenu de cette rotation est très favorable à droite. Rappel général. Avant le départ de la manche, je peux observer un fort retour à gauche. Le comité annonce d abord un parcours au 350, puis au 310 tout en remouillant la ligne au 330. Mes éléments pour le départ et le 1 er bord sont donc : -vent au 310-320 -ligne pour du 330, donc favorable viseur -forte probabilité de bascule à droite à court terme : 310 est à gauche de la prévision et je viens d avoir une longue période au 350. Mon choix aurait été :
-profiter de la ligne en partant dans la moitié sous le vent (entre ½ et ¼ viseur) -choisir une zone de départ avec peu de monde si possible : je sacrifie l avantage ligne éventuel pour avoir plus d espace autour de moi, en particulier avec un trou à mon vent pour pouvoir virer vite en bâbord. -faire du bâbord dès que possible et attendre un retour du vent à droite. En fait, l avantage ligne a semblé être prédominant sur le 1 er près avec les bateaux partis sous le vent en bonne position au vent. Il y a eu cependant une rotation droite en fin de près, trop tard pour ceux qui avaient misé uniquement sur la droite. EJP qui avait tout misé sur la droite avec un départ au comité fera sa plus mauvaise manche du championnat. Remarque : cette rotation droite n a pas incité beaucoup de bateaux à empanner très vite après l envoi de spi. Il vous faut anticiper plus : 20 à droite en fin de près= gybe set ou empannage rapide après l envoi. Nadal l a fait et il a repris beaucoup de terrain sur les leaders.