Evaluation à mi-parcours



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CENTRE DE RECHERCHE ET D INTERVENTION EN GENRE ET DEVELOPPEMENT Evaluation à mi-parcours «Projet droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire» Rapport Ousséni Kinda Economiste 01 BP: 2432 Ouaga 01 Burkina Faso, Tel.: (+226) 64382626 Courriel: kindaousseni@yahoo.fr Février 2014

RESUME Depuis 2011, le Centre de Recherche et d Intervention en Genre (CRIGED) met en œuvre avec l appui de ses partenaires le projet «droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire». Ledit projet vise à promouvoir une santé sexuelle et reproductive dans les établissements scolaires du Burkina Faso, toutes choses permettant d assurer une meilleure réussite scolaire des jeunes scolaires. Le groupe cible actuel du projet est composé de jeunes scolaires (filles et garçons) âgés de 12 à 19 ans de deux établissements d enseignement secondaire (le lycée départemental de Meguet et le lycée Nelson Mandela de Ouagadougou). Dans chaque établissement, les interventions portent sur les élèves des classes de 6 e, 5 e, 4 e et 3 e. En outre, le projet prend en compte les enseignants qui sont à la fois bénéficiaires du projet et ressources humaines pour la mise en œuvre des activités. Les responsables d établissements ainsi que les parents d élèves participent également et contribuent en autres au projet à travers un soutien pour la mise en œuvre d activités de plaidoyer. En vue d appréhender la performance atteinte par le projet à l étape actuelle de l exécution, le CRIGED a commissionné l évaluation à mi-parcours dudit projet en janvier 2014. Conformément aux termes de référence, l évaluation a porté sur les points suivants : la pertinence du projet ; l efficacité et l efficience ; les impacts et la durabilité. Commentaire [U1]: Evaluation finale ou à mi-parcours? L évaluation a montré que le projet a atteint des résultats significatifs. Ces résultats incluent le renforcement des connaissances des bénéficiaires en matière de santé sexuelle et de la reproduction. De plus, le projet a contribué au développement de compétences comportementales des jeunes scolaires pour des prises de décisions éclairées et responsables concernant la gestion de leur sexualité. Les élèves adoptent de plus en plus de nouveaux comportements et s assument mieux. Les formations, la sensibilisation, le plaidoyer, la communication sont les principales stratégies qui ont permis au projet d enregistrer ces résultats. Commentaire [U2]: Renforcer ces propos par des données chiffrées de combien de % à %? Commentaire [U3]: Renforcer ces propos par des données chiffrées de combien de % à %? Commentaire [U4]: Qu en est-il du résultat portant sur réduction les violences sexuelles affectant les filles dans les écoles et collèges, et leurs conséquences sur leur réussite scolaire. Atteint? Non atteint? Données chiffrées? i

Le projet a eu des impacts et est donc en train de contribuer au renforcement de connaissances des bénéficiaires et à la promotion de comportements sexuels responsables des jeunes scolaires. Grâce aux connaissances acquises, les parents d élèves et certains élèves pourront servir de relais pour continuer à vulgariser les informations en matière de SSR et à influencer positivement d autres élèves et parents d élèves sur les enjeux de la SSR. L évaluation a identifié des leçons pouvant guider le CRIGED et ses partenaires ainsi qu il suit : même si le projet est très pertinent, il est important de relever que certaines des activités ne sont pas effectuées selon les calendriers établis. Cela est très souvent dû à l indisponibilité des bénéficiaires et aussi au fait que les fonds mis à la disposition du CRIGED pour la mise en œuvre de certaines activités ne sont pas rendus disponibles à temps; l absence d un dispositif expérimental rigoureux de suivi des performances : le projet n a pas de dispositif de suivi et évaluation fonctionnel. Cela n a pas permis de mesurer la performance tout au long de la mise en œuvre du projet. Les instruments/outils utilisés ne sont pas adaptés pour un suivi de la performance du projet. En outre, bien de membres du comité de suivi du projet n ont pas les compétences requises pour suivre efficacement le projet. Sans réel dispositif de mesure des performances, il sera difficile d apprendre des interventions et de capitaliser les acquis et les échecs ; des inefficiences : si le projet a été efficient en ce qui concerne les activités de formations et de sensibilisation, il a enregistré des utilisations non optimales de ressources concernant le recueil d arguments produit qui n est pas à la disposition de tous les élèves participant au projet. Par ailleurs, l absence d un dispositif de suivi et évaluation fonctionnel traduit une utilisation non optimale de ressources dans la mesure où le comité de suivi du projet et le dispositif de suivi et évaluation développé constituent un coût pour le projet. Commentaire [U5]: Oui mais quelles sont les leçons positifs que l on peut tirer de ce projet? Commentaire [U6]: Pourtant le recueil a été édité en plusieurs exemplaire. Explicité davantage Les principales recommandations de l évaluation s articulent autour des points suivants : la mobilisation de ressources est fondamentale en vue d impulser une dynamique de pérennisation du projet ; l évaluabilité du projet est essentielle à son évaluation crédible et utile. A ce titre, il convient d établir des indicateurs pertinents de mesure des performances du projet. ii

Cela implique aussi d adopter un système de suivi et évaluation fonctionnel et opérationnel ; le ciblage d élèves du second cycle des collèges et lycées doit être explorée étant donné que le projet couvre des élèves de 12 à 19 ans, tranche d âge prenant aussi en compte des élèves du second cycle ; l amélioration de l organisation globale, de la planification et de la gestion du projet par l utilisation d outils tels que le Programme Evaluation and Review Technique (PERT) s avère nécessaire. Le PERT permet de terminer les activités dans de meilleurs délais, ou d'identifier les activités critiques, notamment celles qui ne doivent souffrir d'aucun retard sous peine de retarder l'ensemble du projet ; l élaboration d un cadre conceptuel qui indique comment le projet intègre la santé sexuelle et de la reproduction en milieu scolaire doit faire l objet d une attention particulière. Cela permet d affiner la logique d intervention du projet ; l utilisation de la cartographie des incidences, approche permettant de mesurer des changements de comportements de façon participative pourrait permettre d améliorer la performance du projet ; la prise en compte de thèmes majeurs (téléphones portables et internet, réseaux sociaux) qui affectent les jeunes et les adolescents dans la gestion de leur sexualité s avère nécessaire ; un plaidoyer pour le renforcement des normes professionnelles dans les écoles par une contribution à l élaboration de codes de conduite pour les enseignants et les élèves serait bénéfique ; une contribution au lancement d un journal sur la santé sexuelle et de la reproduction animé par les élèves, les enseignants avec une contribution des parents d élèves et de personnes «modèles» est envisageable pour le partage d informations et d expériences sur la SSR. Le projet a enregistré des effets positifs en termes de renforcement de capacités et d amélioration de compétences comportementales. Toutefois, sa performance ne peut être véritablement prouvée au seul regard des résultats de l évaluation à mi-parcours. Il faudrait vraisemblablement se projeter dans une autre échelle de temps afin de mieux appréhender les effets et les impacts, et pouvoir se prononcer en termes d attribution et de causalité. Commentaire [U7]: Evaluation finale ou à mi-parcours? iii

TABLE DES MATIERES RESUME... i TABLE DES MATIERES... iv LISTE DES TABLEAUX... vi LISTE DES FIGURES... vii ABREVIATIONS... viii CHAPITRE I : PRESENTATION DU PROJET ET CONTEXTE DE L EVALUATION 2 1.1 LE PROJET «DROITS SEXUELS ET SANTE DE LA REPRODUCTION DES JEUNES EN MILIEU SCOLAIRE»... 2 1.1.1. Contextualisation... 2 1.1.2. Structure du projet... 3 1.2 CONTEXTE DE L EVALUATION... 4 1.2.1. But de l évaluation... 4 1.2.2. Champ/portée de l évaluation... 4 CHAPITRE II: METHODOLOGIE... 6 2.1 APERÇU DE LA METHODOLOGIE... 6 2.2 SOURCE DE DONNEES... 6 2.2.1. Données Secondaires... 6 2.2.2. Revue d autres projets similaires... 7 2.2.3. Données primaires... 7 2.3 ECHANTILLONNAGE... 7 2.4 PROCEDURES ET INSTRUMENTS DE COLLECTE DE DONNEES... 8 2.5 METHODES D ANALYSE DE DONNEES... 9 CHAPITRE III: EVALUATION DES INTERVENTIONS... 10 3.1 CONCEPTION ET PERTINENCE DU PROJET... 10 3.1.1 Conception... 10 3.1.2 Pertinence... 11 3.2 EFFICACITE... 12 3.2.1 Renforcement des connaissances en matière de santé sexuelle et de la reproduction... 12 3.2.2 Amélioration des compétences comportementales... 15 3.2.3 Disponibilité du livret recueil d arguments favorables à des comportements sexuels responsables et sécurisés... 21 iv

3.2.4 Réduction de violences sexuelles... 22 3.2.5 Comité de suivi... 23 3.2.6 Partenariat... 24 3.3 EFFICIENCE... 25 3.4 IMPACTS... 26 3.5 DURABILITE... 27 3.6 ANALYSE FFOM/SWOT... 27 3.7 PROJETS SIMILAIRES... 30 3.7.1 Intégration des services de santé de la reproduction en milieu scolaire : expérience au Sénégal 30 3.7.2 Les leçons apprises... 31 3.7.3 Apports au projet «droits sexuels et santé de la reproduction en milieu scolaire»... 32 CHAPITRE IV: LECONS, RECOMMANDATIONS, ET CONCLUSIONS... 34 4.1 LEÇONS APPRISES... 35 4.2 RECOMMANDATIONS... 35 4.3 CONCLUSION... 36 REFERENCES... 38 ANNEXE A : Termes de référence... I ANNEXE B : INSTRUMENTS DE COLLECTE DE DONNEES... VI ANNEXE C : liste des personnes rencontrées... XVIII v

LISTE DES TABLEAUX TABLEAU 1 : NIVEAU DE CONNAISSANCES DES ELEVES DU LYCEE NELSON MANDELA... 13 TABLEAU 2 : NIVEAU DE CONNAISSANCES DES ELEVES LYCEE DEPARTEMENTAL DE MEGUET... 14 TABLEAU 3 : INFLUENCE DES INTERVENTIONS SUR LES COMPORTEMENTS.... 16 TABLEAU 4 : COMPORTEMENTS ADOPTES PAR LES ELEVES... 18 TABLEAU 5 : DISPONIBILITE DU LIVRET... 21 vi

LISTE DES FIGURES FIGURE 1 : PERCEPTION DE LA SEXUALITE... 17 FIGURE 2 : QUALITE DES INFORMATIONS FOURNIES LORS DES FORMATIONS... 20 FIGURE 3 : FFOM... 28 vii

ABREVIATIONS APC CRIGED DCMS DSF FFOM LDM LNM ONG PDEF PERT SR SSR SWOT TIC UNFPA : Approche Par les Compétences : Centre de Recherche et d Intervention en Genre et Développement : Division du Contrôle Médical Scolaire : Direction de la Famille et de la Santé : Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces : Lycée Départemental de Meguet : Lycée Nelson Mandela : Organisation Non Gouvernementale : Programme Décennal de l Education et de la Formation : Programme Evaluation and Review Technique : Santé de la reproduction : Santé Sexuelle et de la Reproduction : Strengths, Weaknesses, Opportunities, and Threats : Technologies de l Information et de la Communication : United Nations Population Fund viii

CHAPITRE I DE L EVALUATION : PRESENTATION DU PROJET ET CONTEXTE Ce chapitre présente le projet qui fait l objet d évaluation ainsi que le contexte de l évaluation. 1.1 Le projet «droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire» 1.1.1. Contextualisation C est en 1987 que le gouvernement burkinabé a permis l introduction de l éducation sexuelle dans l enseignement secondaire comme volet d une éducation en matière de population. En vue de promouvoir une «sexualité responsable», le thème de santé sexuelle et de la reproduction (SSR) a été intégré de façon transversale dans toutes les disciplines scolaires du niveau primaire et du secondaire. Le Ministère de la santé à travers la Direction de la Santé de la Famille (DSF) est chargé de l élaboration et de la mise en œuvre du programme national de santé de la reproduction des adolescents. Ce programme regroupe l ensemble des programmations importantes du gouvernement nécessaires pour réaliser les objectifs fixés au plan national dans le domaine de la santé de la reproduction. La «santé sexuelle et de la reproduction des adolescents» constitue le quatrième domaine prioritaire d intervention retenu dans le plan stratégique national. Or, les études réalisées montrent que la plupart des élèves reçoivent une éducation sexuelle par l intermédiaire de leurs écoles, mais que cette éducation ne les prépare pas concrètement aux décisions qu ils auront à prendre concernant leur vie sexuelle. C est dans ce contexte que le Centre de Recherches et d Intervention en Genre et Développement (CRIGED), grâce à un appui financier et technique de l ambassade du Canada puis ensuite de l ONG DIAKONIA, a entrepris la mise en œuvre d un projet dénommé «projet droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire». Ce projet est une contribution à la promotion d une sexualité responsable chez les jeunes dans les établissements secondaires burkinabé en vue d assurer une plus grande réussite scolaire. 2

Il s agit d une expérience pilote qui a concerné dès le lancement deux établissements scolaires de la ville de Ouagadougou. 1.1.2. Structure du projet L objectif principal du projet est de contribuer au renforcement des compétences des jeunes scolaires pour une gestion sécuritaire et responsable de leur sexualité et de leur santé de la reproduction en vue d une meilleure réussite scolaire. De façon spécifique, le projet vise à: renforcer les connaissances des jeunes scolaires de 12 à 19 ans sur les droits sexuels et reproductifs et les comportements sécuritaires et responsables en matière de sexualité et de santé de la reproduction ; développer les compétences comportementales des jeunes scolaires pour aider à la prise de décisions éclairées et responsables concernant la gestion de leur sexualité ; réduire les violences sexuelles affectant les filles dans les écoles et collèges, et leurs conséquences sur leur réussite scolaire. La démarche générale du projet a consisté à mettre l accent sur un renforcement de capacités sur la santé sexuelle et de la reproduction pouvant permettre aux jeunes scolaires d adopter des comportements sexuels responsables et efficaces. Les formations effectuées couvrent : le développement personnel, le plaidoyer en matière de SSR, les droits et les devoirs des adolescents, le genre et les droits humains, la prise de décisions, la fixation des objectifs de vie, et l apprentissage du refus de relations sexuelles. Il ne s agit donc pas de fournir des formations en éducation sexuelle classique ou de montrer seulement les méthodes de contraception et de protection en matière de SSR, mais d offrir des formations donnant une vision holistique des questions majeures de SSR. A ce titre, le projet comporte les trois axes prioritaires suivants : i) la sensibilisation et l éducation sur la sexualité et les droits sexuels et reproductifs, ii) le développement de compétences comportementales en matière de SSR, et iii) la réduction des violences sexuelles basées sur le genre. Outre les jeunes scolaires (filles et garçons) de 12 à 19 ans, le groupe cible du projet est composé d enseignants, de responsables d établissements ainsi que de parents d élèves. 3

Le projet a couvert dès son lancement deux établissements d enseignement secondaire de la ville de Ouagadougou : le lycée Universalis 1, et le lycée Nelson Mandela. Dans chaque établissement, les interventions ont porté sur les classes de 6 e, 5 e, 4 e et 3 e. Ce n est qu en 2013 que le projet a commencé ses interventions au niveau du lycée départemental de Meguet située dans une commune rurale. 1.2 Contexte de l évaluation 1.2.1. But de l évaluation L objectif global de l évaluation à mi-parcours du projet «droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire» est d analyser la performance atteinte par le projet à l étape actuelle de l exécution. L évaluation vise aussi à relever les insuffisances éventuelles dans la mise en œuvre du projet, les facteurs de succès, et à formuler des recommandations motivées et éclairées visant à améliorer la performance. En outre, elle cherche à identifier de bonnes pratiques qui permettraient d améliorer la réussite scolaire des élèves, notamment les filles du postprimaire. 1.2.2. Champ/portée de l évaluation L évaluation s est focalisée sur les résultats des activités menées par le projet sur la période 2 2011-2013. Les questions principales abordées sont les suivantes : la pertinence : est-ce que le projet constitue une solution pertinente / appropriée aux problèmes liés à la sexualité précoce des jeunes filles et garçons dans les établissements couverts? Est-il en ligne avec les priorités des partenaires et avec les orientations nationales en matière d éducation au Burkina Faso? Promeut-il une sexualité responsable des jeunes scolaires dans sa conception? 1 Après les deux premières années d intervention en 2011 et en 2012, les interventions du projet n ont pas été maintenues au lycée Universalis. 2 C est la phase pilote du projet. 4

l efficacité : dans quelle mesure les objectifs en matière de promotion d une sexualité responsable des jeunes dans les établissements concernés par le projet ont-ils été atteints? Plus particulièrement, quelles sont les tendances des principaux indicateurs d effets? Est-ce que le projet a des outils et des mécanismes efficaces de suivi du progrès vers l atteinte des résultats? De plus, quelles sont les forces, faiblesses, opportunités, et menaces du projet? Comment ces différentes dimensions affectent la performance du projet? Le partenariat et les mécanismes de coordination permettentils au projet d atteindre les résultats escomptés? l efficience : dans quelle mesure les ressources du projet ont permis de promouvoir des comportements sexuels responsables et sécuritaires de façon optimale? Serait-il possible d obtenir les mêmes résultats en utilisant moins de ressources? les impacts : est-ce que le projet a induit de façon directe ou non des comportements sexuels responsables de long terme? Est-ce que le projet a produit des comportements sexuels non responsables chez les jeunes scolaires? la durabilité : est-ce que le projet a créé les conditions qui permettront aux bénéfices de perdurer? Y a t-il une réelle appropriation des avantages du projet par les bénéficiaires et vont- ils mettre en application ce qu ils ont appris? Est-ce que la conception du projet lui permet d être pérenne? Le présent document constitue le rapport de l évaluation à mi-parcours du projet «droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire». Il comprend quatre chapitres. Le premier chapitre présente le projet ainsi que les orientations et les objectifs de l évaluation. Le chapitre II présente une synthèse de la méthodologie adoptée et le chapitre III expose les résultats de l évaluation. Le chapitre IV se focalise sur les limites de l évaluation, les leçons apprises, les recommandations et la conclusion. Un document portant les annexes accompagne le rapport. 5

CHAPITRE II : METHODOLOGIE Ce chapitre présente le cheminement logique qui a permis de conduire l évaluation. Il s agit entre autres des sources documentaires, de l échantillonnage, des méthodes d enquête, et des méthodes d analyse des données. 2.1 Aperçu de la méthodologie L évaluation a adopté une approche participative qui a permis d impliquer au mieux toutes les parties prenantes du projet. Une telle approche assure une appropriation à la fois du processus et des produits de l évaluation. La méthodologie de l évaluation procède en plusieurs phases: l exploitation des termes de référence, la lecture 3 approfondie de la documentation disponible, des entretiens de fond avec les parties prenantes en vue de la collecte, le traitement et le recoupement d informations. Pour surmonter les biais potentiels, il a été combiné plusieurs sources d informations, méthodes, et analyses ou théories. L on s est aussi assuré de la validité des stratégies et des instruments de collecte de données. 2.2 Source de données 2.2.1. Données Secondaires Des documents relatifs au projet ont été examinés afin d avoir une compréhension complète des orientations dudit projet. Les documents examinés incluent le document de projet, l étude de référence 4, les documents de planification, les rapports de rencontres du comité de suivi, le rapport narratif 2012, le rapport financier 2012, les rapports d ateliers de formation, et les documents d orientation en vigueur au Burkina Faso en matière de santé sexuelle et de la reproduction. 3 La lecture de la documentation a aidé à affiner les questions et a opté pour une approche méthodologique cohérente et rigoureuse. 4 Le projet possède des données de référence mais n a pas prévu de groupe de contrôle. En outre, cette information quoiqu utile ne fournit qu une vue générale de certaines dimensions de la SSR dans les lycées Universalis et Nelson Mandela. Compte tenu de la nature des données de référence, il n était pas possible de collecter des données permettant de faire des comparaisons objectives lors de l évaluation. 6

2.2.2. Revue d autres projets similaires Une recherche internet a été effectuée pour identifier des projets similaires. Le but est d identifier les facteurs essentiels qui garantissent ou non le succès de ces projets. Cela permet de comparer les acquis de ces projets à ceux du projet du CRIGED afin de tirer des leçons pouvant être capitalisées. 2.2.3. Données primaires Des données primaires ont été collectées auprès des informateurs suivants : scolaires filles et garçons de 12 à 19 ans du lycée Nelson Mandela et du lycée départemental de Meguet couverts par le projet; enseignants ; parents d élèves ; membres du comité de suivi du projet ; responsables d établissement ; donateurs. 2.3 Echantillonnage Le CRIGED a fourni une liste des élèves couverts par le projet au lycée Nelson Mandela (LNM) et au lycée départemental de Meguet (LDM). De cette liste, l évaluateur a choisi des répondants de façon aléatoire et de sorte à respecter la représentativité relative de chaque groupe de répondants dans lesdits lycées. Au niveau du LDM, sur 50 élèves bénéficiaires, 28 5 élèves ont été sélectionnés de façon aléatoire pour participer à une auto-administration d un questionnaire. En outre, les investigations ont porté sur 3 parents d élèves, 1 enseignant 6, 3 membres du comité local 7 de suivi, ainsi que le proviseur dudit lycée. 5 Initialement 30 élèves devaient participer à l enquête, mais le jour des entrevues, ce sont 28 élèves qui ont pu être réunis. 6 Un seul enseignant a participé au projet. 7 Dans chaque établissement, il a été mis en place un comité local de suivi du projet. 7

Concernant le LNM, l échantillon est constitué de 39 8 élèves tous choisis aléatoirement sur les 50 élèves bénéficiaires du projet. Les entretiens semi-directifs ont concerné deux parents d élèves ainsi que le proviseur du lycée. Deux membres du comité de suivi du projet dont un enseignant ont aussi été interviewés. L évaluation a également interrogé deux anciens élèves du LNM considérés comme des pairs-éducateurs et des «modèles» suite à leur participation au projet. Deux personnes ressources du CRIGED, membres du comité de suivi ont aussi participé aux enquêtes. En ce qui concerne les principaux donateurs du projet, l évaluation a pu interroger deux personnes ressources de l ONG DIAKONIA. Au total, 86 informateurs ont été rencontrés. 2.4 Procédures et instruments de collecte de données Des mesures ont été prises pour informer les potentiels répondants des dates des entrevues et des orientations majeures de ces entrevues. Des questionnaires élaborés sur la base d indicateurs de résultats ont permis de collecter des informations spécifiques auprès des élèves, des enseignants, des membres du comité de suivi, et des donateurs du projet. Compte tenu des contraintes de disponibilité des élèves, il n était pas possible de leur administrer individuellement les questionnaires. L alternative a consisté à les réunir dans des salles et à leur expliquer en termes simples les questions. Les élèves ont ensuite eu quelques temps pour remplir individuellement les questionnaires et avaient la possibilité de poser des questions de compréhension ou d éclaircissement. Des questionnaires ont été administrés aux membres du comité de suivi du projet. En outre, des entretiens semi-directifs ont permis de collecter des informations auprès de certains élèves, de parents d élèves et des responsables d établissements. Un dictaphone a été utilisé pour enregistrer ces entretiens semi-directifs. 8 Dans cet établissement, il était prévu de rencontrer tous les 50 élèves bénéficiaires. Cependant, compte tenu des contraintes de disponibilité, la sélection a finalement porté sur 39 élèves lors de l enquête. 8

2.5 Méthodes d analyse de données En analysant les documents de projet et les informations fournies par les parties prenantes, l évaluation s est prononcée sur les différentes dimensions de l évaluation. L analyse SWOT a été utilisée pour identifier les Forces, Faiblesses, Opportunités, et Menaces (FFOM) du projet. Cette analyse est très instructive car elle fournit au projet une réelle opportunité d apprentissage et encourage l action. Elle permet aussi de se prononcer dans une certaine mesure sur les critères de pertinence et de performance du projet. Compte tenu de la nature de la documentation disponible sur le projet et des informations recherchées, l évaluation se prêtait plus à une approche qualitative. En plus des informations collectées pour un traitement statistique, l évaluation a fait usage d une approche «narration de cas de succès» 9 en vue de recueillir des informations sur des cas de succès relatifs aux résultats visés par le projet. L information a été stratifiée selon les thèmes principaux retenus dans les entretiens semidirectifs et dans les questionnaires. Une triangulation a été faite en utilisant les informations des données secondaires et celles obtenues des différents répondants. Les données ont été analysées grâce au logiciel STATA. 9 La narration se révèle être une approche très efficace, culturellement appropriée à une évaluation de programme et donne la parole à l'expérience individuelle et collective (Sukop, 2007). 9

CHAPITRE III : Evaluation des interventions Les analyses ont été organisées en fonction des critères de l évaluation à savoir : la pertinence, l efficacité, l efficience, les impacts, et la durabilité du projet. 3.1 Conception et Pertinence du projet L évaluation a appréhendé les dimensions relatives à la pertinence et à la conception du projet. 3.1.1 Conception Les besoins en matière de santé sexuelle et de la reproduction en milieu scolaire burkinabé sont clairement articulés dans les documents du projet. L étude de référence présente également les problèmes récurrents en matière de SSR en milieu scolaire. Elle indique entre autres les niveaux de connaissance des élèves concernant certaines dimensions de la santé sexuelle et de la reproduction. Le but du projet est de contribuer à la promotion d une sexualité responsable chez les jeunes dans les établissements secondaires burkinabé en vue d assurer une plus grande réussite scolaire. Pour cela, le projet s est focalisé sur l amélioration des connaissances des cibles en matière de SSR, le développement de compétences comportementales, et la réduction de violences sexuelles et leurs conséquences en milieu scolaire. Lors des entretiens, tous les répondants ont affirmé comprendre les objectifs et les orientations majeures du projet. La logique d intervention du projet et les résultats escomptés sont présentés dans la matrice de résultats. Le projet est bien conçu et est à même de potentiellement atteindre les objectifs fixés. Toutefois, il est à noter que certains indicateurs de résultats n ont pas été bien formulés. Aussi, en plus de l absence de groupes de contrôle, l étude de référence ne fournit pas assez d informations à la matrice de résultats en termes d indicateurs de performance. L établissement d un cadre logique rigoureux et réaliste est donc un défi majeur pour le projet. 10

3.1.2 Pertinence Le renforcement des connaissances des bénéficiaires en matière de SSR, le développement de comportements sexuels responsables, la réduction de violences sexuelles affectant les filles constituent les objectifs principaux du projet «droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire». Ces objectifs répondent à des besoins essentiels des bénéficiaires en matière de santé sexuelle et de la reproduction. Entre autres, le cas évoqué par tous les répondants, est la contribution considérable du projet à la réduction de grossesses non désirées en milieu scolaire, facteur à la base d abandons et d arrêt d études de plusieurs jeunes filles. Il est clairement établi que les objectifs du projet sont aussi en ligne avec les besoins du Burkina Faso en matière de promotion d une santé sexuelle et de la reproduction en milieu scolaire. L analyse comparative des objectifs du projet et de ceux de programmes tels que le Programme d éducation en matière de population et le Programme National de Santé Reproductive des Adolescents corroborent cette assertion. En outre, les objectifs du projet sont en adéquation avec les priorités, et les politiques des partenaires et des donateurs. Les formations, la sensibilisation en genre, droits sexuels, santé de la reproduction et thèmes connexes qui ont été faites dans les établissements participant au projet répondent aussi à un besoin d information, de formation, et de sensibilisation des bénéficiaires du projet. En plus des élèves et des parents d élèves, les responsables d établissement ont relevé la pertinence du projet et son intégration dans la logique d intervention des projets d éducation mis en œuvre par le gouvernement du Burkina Faso notamment à travers l Approche Par les Compétences (APC). Cela dénote de la cohérence externe du projet et de sa capacité à s intégrer dans les objectifs des programmes d éducation du pays. Je trouve que le projet répond véritablement aux besoins de la génération actuelle de scolaires. Il leur permet de faire face aux dangers liés à une sexualité précoce. Compte tenu de sa pertinence, j ai encouragé mes enfants a vivement participé aux interventions du projet (un parent d élève du lycée Nelson Mandela). Si la sexualité est mal gérée par les élèves, ils échouent à l école, et pire dans leur vie. Il y avait un manque de formation et de sensibilisation des élèves sur des sujets relatifs à la SSR dans notre établissement, le projet est venu combler ce vide. (Un responsable d établissement). 11

Par ailleurs, tous les membres du comité de suivi ont affirmé que la pertinence du projet est un aspect essentiel qui les a motivés à être membre dudit comité. Lors des différents entretiens, les bénéficiaires et les autres parties prenantes ont réitéré leur intérêt pour le projet et ont tous confirmé qu il constitue une réponse indéniable à la promotion d une santé sexuelle et de la reproduction des jeunes scolaires. De plus, sa logique d intervention est reconnue par les donateurs, les membres du comité de suivi, les parents d élèves et les responsables d établissement comme pertinente. Les élèves ont un grand intérêt pour le projet. Ils restent jusqu'à la fin des formations qui finissent souvent un peu tard dans la soirée. Ce qui n est pas le cas pour d autres types d activités différentes de celles du CRIGED où il est carrément difficile de maintenir les élèves jusqu'à de telles heures. (Responsable d établissement). Au regard des constatations susmentionnées, il est possible de conclure que le projet répond à des besoins de SSR en milieu scolaire et qu il y a adéquation entre ses objectifs et ceux du gouvernement du Burkina Faso. 3.2 Efficacité L appréciation de l efficacité du projet a porté sur les principaux axes stratégiques du projet : le renforcement des connaissances en matière de SSR, l adoption de comportements sexuels responsables, et la réduction des violences sexuelles dans les établissements. 3.2.1 Renforcement des connaissances en matière de santé sexuelle et de la reproduction Les connaissances des élèves concernant les différents thèmes de formation et de sensibilisation ont été évaluées grâce à une échelle d appréciation présentée dans le tableau 1. 12

Tableau 1 : Niveau de connaissances des élèves du lycée Nelson Mandela Concept Excellent Bon Assez bon Faible Très faible Aucune idée Total Santé de la reproduction 39 14 12 6 3 0 4 (SR) Genre, Droits en matière de 39 9 10 9 5 1 5 SR IST, VIH/SIDA 9 8 8 4 4 6 39 Voies de transmission des 39 13 4 14 1 3 4 IST/VIH SIDA Contraception 10 8 7 5 2 7 39 Méthodes de contraception 8 9 2 10 1 9 39 Négociation sexuelle 6 3 7 4 6 13 39 Déterminants de la SR 5 11 8 6 2 7 39 Personne sexuellement 39 9 11 5 9 1 4 responsable Droits sexuels 13 8 6 6 3 3 39 Violences sexuelles 9 8 9 5 4 4 39 Compétences 39 10 4 10 4 3 8 comportementales Source : données d enquête, 2014 D une manière générale, la majorité des élèves bénéficiaires du LNM a au moins une assez bonne connaissance de la santé de la reproduction (SR), du genre, et des droits en matière de SR, des droits sexuels, des IST, des voies de transmission des IST, de la contraception, et des violences sexuelles. Toutefois, en affinant l analyse, il ressort que les élèves connaissent peu les concepts tels que la négociation sexuelle 10, les méthodes de contraception, les déterminants de la SR, et les compétences comportementales en matière de sexualité. Au lycée départemental de Meguet, les élèves ont une bonne connaissance de la plupart des concepts susmentionnés (cf. tableau 2 ci-dessous). C est le cas des concepts tels que la SR, la contraception, les méthodes de contraception, et les voies de transmission des IST. Cependant, les élèves ont une connaissance élémentaire s agissant d autres concepts tels que la négociation sexuelle, une personne sexuellement responsable, et les déterminants de la SR. 10 Ce concept n a pas été spécifiquement enseigné aux élèves. Toutefois, les connaissances des élèves concernant ce dernier ont été évaluées car il demeure un concept connexe à la sexualité, concept enseigné aux élèves. 13

Tableau 2 : Niveau de connaissances des élèves Lycée départemental de Meguet Concept Excellent Bon Assez bon Faible Très faible Aucune idée Total Santé de la 28 14 11 2 0 1 reproduction (SR) Genre, Droits en 28 7 11 7 2 0 1 matière de SR IST, VIH/SIDA 11 6 5 1 4 1 28 Voies de transmission 28 14 8 1 2 2 1 des IST/VIH SIDA Contraception 8 13 5 2 0 0 28 Méthodes de 28 17 9 1 1 0 0 contraception Négociation sexuelle 7 8 7 1 2 3 28 Déterminants de la SR 5 6 12 3 1 1 28 Personne sexuellement 28 2 9 9 3 1 4 responsable Droits sexuels 9 6 8 0 3 2 28 Violences sexuelles 7 8 3 4 5 1 28 Compétences 28 10 7 5 4 1 1 comportementales Source : données d enquête, 2014 Le projet a permis d éveiller les consciences. Il a permis d améliorer mes connaissances en matière de santé sexuelle. J ai plus d arguments maintenant pour discuter avec les parents et mes camarades. Je peux aussi apporter un accompagnement à une camarade qui est en grossesse, et trouver les arguments nécessaires pour remonter le moral de cette dernière. Je peux la conseiller de ne pas penser par exemple à l avortement car elle peut être exposée à plusieurs risques tels que la stérilité ou la paralysie des membres, ou à des infections multiples. Je peux l amener à fréquenter un centre d écoute en utilisant des arguments appropriés. Au delà des autres élèves qui n ont pas participé au projet dans mon établissement, j ai même transmis mes connaissances aux camarades de quartier. (Elève). Outre les élèves, le projet a permis de renforcer les connaissances des parents d élèves qui affirment être aptes à mieux éduquer les enfants à la maison et à attirer leur attention sur bien de sujets relatifs à la SSR. Toutefois, certains ont affirmé qu il est toujours possible de renforcer davantage les connaissances et à ce titre, suggèrent de poursuivre le partage d informations et la sensibilisation sur la SSR. 14

Le projet m a permis de m «ouvrir», j ai plus d informations et je peux maintenant discuter de sexualité avec mes enfants sans gêne. Le projet m a permis de comprendre mieux le comportement des jeunes, je peux maintenant apprendre à mes enfants à découvrir leur corps, leur expliquer les dangers et les inconvénients d une sexualité précoce. J ai maintenant plus de compétences pour accompagner mes enfants dans la gestion de leur santé sexuelle. En outre, après avoir participé au projet, mes enfants ne sont plus gênés de discuter de sexualité. Et parfois, je suis sidéré de savoir qu ils sont assez outillés et ont beaucoup d informations sur la SSR. Lorsque les enfants sentent que les parents s intéressent aux questions de SSR, cela les influence positivement et par suite les amène à rester sages et à devenir plus responsables. (Parent d élève au LNM). Les rapports des différents ateliers de formation organisés par le projet attestent que les bénéficiaires ont pu véritablement acquérir de nouvelles connaissances dans des domaines tels que le développement personnel, le genre, et plaidoyer. Cela dénote également donc de la contribution du projet au renforcement de connaissances des bénéficiaires. 3.2.2 Amélioration des compétences comportementales Un autre objectif du CRIGED est de contribuer au développement des compétences comportementales des jeunes scolaires pour des prises de décisions éclairées et responsables concernant la gestion de leur sexualité. A bien d égards, le projet a influencé les comportements des jeunes scolaires dans les lycées Nelson Mandela et Départemental de Meguet et leur a permis d adopter de nouveaux comportements. 15

Les interventions du projet, en particulier la formation et la sensibilisation ont influencé positivement les comportements des élèves dans les deux établissements. Le tableau 3 montre que presque tous les répondants affirment que les interventions du projet ont influencé positivement leurs comportements. Au lycée Nelson Mandela, 5 élèves affirment que le projet n a pas eu d influence positive sur leurs comportements contre 3 au lycée départemental de Meguet. Tableau 3 : croisement «établissement d'enseignement» et «Influence des interventions sur les comportements». Etablissement Lycée Nelson Mandela Lycée départemental de Meguet Oui Non Oui Non Masculin 10 2 7 1 Sexe Féminin 23 3 18 2 Source : données d enquête, 2014 Le projet m a permis de garder la tête sur les épaules, de maintenir et de consolider ma façon de me comporter et de ne pas m exposer aux situations de risque en matière de sexualité. Je n ai pas encore eu de rapports sexuels car je voudrais attendre le moment approprié pour avoir des activités sexuelles. De ce point de vue, le projet m a influencé positivement. (Elève). Si le projet a influencé positivement les élèves, il convient de voir dans quelle mesure cela a joué sur leur perception de la sexualité. La figure 1 présente l évolution de la perception sexualité des élèves suite à leur participation au projet. La perception de la sexualité de tous les élèves de sexe masculin a beaucoup évolué au lycée départemental de Meguet. Au lycée Nelson Mandela, cette perception a peu évolué pour une minorité d élèves de sexe masculin. Ce n est qu au lycée départemental de Meguet que la perception de la sexualité d une minorité d élèves de sexe féminin n a pas du tout changé. 16

Figure 1 : perception de la sexualité Masculin, lycée Nelson Mandela Masculin, lycée départemental de meguet 1 4 7 8 Féminin, lycée Nelson Mandela Féminin, lycée départemental de meguet 6 2 1 7 14 4 13 Beaucoup evoluée Peu evoluée Assez evoluée Non evoluée Source : données d enquêtes, 2014 (chiffres a l intérieur du graphique) La perception des élèves de la sexualité a évolué et cela a certainement influencé ou pas leurs comportements en matière de sexualité. Le tableau 4 retrace les nouveaux comportements adoptés par les élèves dans les deux lycées. 17

Tableau 4 : Comportements adoptés par les élèves Nouveaux comportements adoptés Masculin féminin Lycée Nelson Mandela Abstinence Abstinence et fidélité Abstinence et habillement décent Abstinence et pair éducateur Bonne compagnie et habillement décent Fidélité Ne regarde plus les films pornographiques Protection contre les IST Prise de conscience Habillement décent Pair éducateur Pas de changement 3 1 2 1 3 2 7 1 2 1 1 1 2 1 3 Lycée départemental de Meguet Abstinence Abstinence et fidélité Abstinence et habillement décent Abstinence et pair éducateur Bonne compagnie et habillement décent fidélité Ne regarde plus les films pornographiques Protection contre les IST Prise de conscience Habillement décent Pair éducateur Pas de changement Source : données d enquête, 2014 Le tableau 4 montre que les répondants qui affirment avoir changé de comportement suite à leur participation au projet, adoptent divers comportements. Par ailleurs, parmi les répondants, 5 élèves du LNM affirment n avoir pas changé de comportement contre 3 au LDM. 1 2 2 1 1 1 1 1 4 2 1 2 Le projet leur a permis de se découvrir eux-mêmes, de mieux gérer leurs pulsions, de les mettre face à leurs devoirs et leurs droits éventuels en matière de sexualité. Ils sont plus ouverts, et peuvent à présent parler de leur sexualité sans tabou, ce qui n était pas possible avant l arrivée du projet. Mes enfants me parlent de leurs copains, de ce qu ils se disent et font ensemble et surtout de leurs projets..j ai un enfant qui était très «dispersé» dans son comportement et très peu à l écoute. Toutefois, après les formations, il a complètement changé, il se réveille tout seul, apprend ses leçons, son rendement à l école s est amélioré et cela m encourage beaucoup. Il a de nouveaux amis ; il est maintenant propre au niveau corporel, ordonné dans sa chambre ; il s assume mieux et n est plus trop préoccupé par les filles. (Parent d élève). 18

Il y a quatre ans de cela, il y avait de nombreux cas de grossesses dans notre établissement. On avait même des élèves de 6 e qui portaient des grossesses. Mais après les interventions du CRIGED, je me suis rendu compte que le nombre de grossesses a diminué. J avais des problèmes avec ma fille qui se promenait beaucoup et rentrait à des heures tardives. Après les interventions du projet, maintenant, ma fille a changé, elle se promène moins et est plus ouverte à la discussion sur la sexualité, cela est véritablement une influence positive du projet. (Parent d élève). Le projet a apporté une contribution notable dans les comportements des élèves. Avant ses interventions, nous avions environ 9 cas de grossesses par an. Suite aux interventions du projet, nous remarquons un recul des cas de grossesses. Par exemple en 2012-2013, nous avons eu moins de 6 cas de grossesses. Et pour la présente année scolaire 2013-2014, nous n avons pas pour le moment enregistré un seul cas de grossesse. Cela dénote les effets positifs apportés par le projet notamment au niveau des comportements des élèves. (Responsable d établissement). Les formations effectuées dans les deux établissements ont potentiellement influé positivement sur les changements de comportements observés. La figure 2 ci-dessous montre l appréciation faite par les élèves de la qualité des informations communiquées lors des formations. 19

Figure 2 : Qualité des informations fournies lors des formations Masculin, lycée Nelson Mandela Masculin, lycée départemental de Meguet 0 5 10 15 8 4 6 2 0 5 10 15 Très bonne Féminin, lycée Nelson Mandela Féminin, lycée départemental de Meguet 17 17 9 3 1 Bonne Passable Insuffisant Très bonne Bonne Passable Qualité de l'information dans les modules enseignés Insuffisant Fréquence Source : données d enquête, 2014 La figure 2 montre que d une manière générale, les élèves des deux établissements estiment que la qualité des informations communiquées par les formateurs est au moins bonne. Cela est corroboré par les autres parties prenantes du projet qui estiment que l une des forces du projet est la compétence de ses ressources humaines (formateurs) et leurs connaissances en matière de SSR. Les formations ont donc certainement permis aux élèves de renforcer leurs connaissances en matière de SSR, et de développer de nouvelles conceptions et perceptions concernant la SSR. Les connaissances nouvelles acquises ont été mises à profit et ont influencé les comportements des élèves qui de plus en plus adoptent de nouveaux comportements consignés plus haut dans le tableau 4. Pour apprécier des changements de comportements tout au long de la mise en œuvre d un projet, des approches telles que la cartographie des incidences (outcome mapping) sont très instructives. La cartographie des incidences est axée sur un type spécifique de résultats : les incidences en tant que modifications des comportements. On entend par incidences les modifications du comportement, des relations, des activités ou des actes de personnes, de groupes et d'organisations avec lesquels les responsables d'un programme ont des contacts directs. 20

Il existe un lien logique entre ces incidences et les activités d'un programme, mais il n'y a pas nécessairement de lien de causalité entre les deux. On souhaite, par ces incidences, contribuer à certains aspects du bien-être des humains et du bon état de leur environnement en fournissant aux partenaires des techniques, des ressources et des outils nouveaux qui leur permettront de contribuer au processus de développement. Dans cette approche, les «partenaires limitrophes» sont les personnes, les groupes et les organisations en contact direct avec le programme et avec lesquels on peut s'attendre à ce que le programme exerce une influence (Earl et Carden, 2001). La cartographie des incidences est une approche qui peut donc permettre au présent projet de mesurer les changements de comportements (incidences) de manière participative et d intégrer l apprentissage tout au long de la mise en œuvre. 3.2.3 Disponibilité du livret recueil d arguments favorables à des comportements sexuels responsables et sécurisés Pour renforcer les compétences comportementales des bénéficiaires en matière de SSR, le projet a développé un recueil d arguments favorables à des comportements sexuels responsables et sécurisés. Des ateliers de validation ont été tenus pour la vulgarisation dudit recueil au cours de l année 2013. Après les ateliers de validation, le recueil devrait être mis à la disposition des bénéficiaires du projet en particulier les élèves. Toutefois, l évaluation révèle que le recueil n est pas à la disposition de tous les élèves bénéficiaires. Au LDM, aucun élève ne disposait du recueil lors des investigations. Au LNM, l on note que 10 élèves bénéficiaires ne disposaient pas du recueil lors des enquêtes (cf. tableau 5). Tableau 5 : Croisement établissement d enseignement et possession du livret Etablissement Lycée Nelson Mandela Lycée départemental de Meguet Oui Non Masculin 11 1 Sexe Féminin 18 9 Oui Non 8 20 Source : données d enquêtes, 2014 21

La non disponibilité du recueil d arguments favorables à des comportements sexuels responsables et sécurisés traduit probablement un manque de suivi efficace des interventions du projet, la mise à disposition du livret au niveau des administrations des établissements ne se traduisant pas nécessairement par sa mise à disposition au niveau des élèves. Cela traduit aussi une situation d inefficience car le livret ne sert pas les fins pour lesquels il a été produit. 3.2.4 Réduction de violences sexuelles L évaluation a cherché à appréhender dans quelle mesure le projet a permis de contribuer à la réduction de violences sexuelles dans les deux lycées. La violence sexuelle est un terme générique désignant toute tentative ou acte sexuel ou à connotation sexuelle, d une personne sur une autre en utilisant la force ou la menace. Les actes comprennent le harcèlement verbal ou physique connoté sexuellement, les attouchements ou le viol (Antonowicz, 2010). Les documents disponibles du projet n ont pas permis de porter une appréciation pointue sur la contribution du projet à la réduction de violences sexuelles. En outre, l appréciation des connaissances des élèves sur les violences sexuelles montrent que ceux-ci ont même une connaissance assez limitée du concept. Certains élèves interviewés ont affirmé qu ils n étaient pas au courant de violences sexuelles et avouent qu ils n ont pas une vue claire des orientations données aux violences sexuelles. Je n ai pas d informations particulières concernant les violences sexuelles. Je sais que le projet a encouragé les élèves à nous approcher et à dénoncer des cas de violences. L année passée, une fille a approché une de mes collègues pour parler du comportement d un enseignant envers elle. La fille n avait pas pu prendre part à un devoir car elle était malade. L enseignant a accepté de lui faire un devoir de rattrapage. Cependant, il a commencé à l inviter dans les maquis, comportement qu elle n a pas apprécié. Sentant une certaine résistance et réticence, l enseignant a décidé de ne plus faire de devoir de rattrapage et de diviser la note de l élève par deux. Ma collègue a contacté ledit enseignant et lui a présenté le certificat médical de l élève. De cette façon, le problème a été résolu. Je me dis que c est le passage du projet qui a permis à cette fille de se confier et de refuser les avances de l enseignant. (Parent d élève, surveillant) 22

Je ne sais pas si les violences sexuelles se sont réduites dans notre établissement. Certes, le projet a mené des activités de formation et de sensibilisation mais je ne vois pas de résultats sur le terrain. A ma connaissance, il n y a aucune preuve de réduction de violences sexuelles. Il n y a pas de documents qui montrent que les violences sexuelles se sont réduites. (Membre du comité de suivi, LNM.) A Meguet, les membres du comité de suivi ont affirmé qu il n y a pas de cas de violences sexuelles dans leur établissement. Toutefois, il ressort des enquêtes que les auteurs de violences sexuelles et de grossesses non désirées dans le lycée sont principalement des orpailleurs de la commune rurale. A ce titre, il est important que le CRIGED mène des investigations pour appréhender véritablement les causes et les auteurs de violences sexuelles dans le lycée en vue d adapter l intervention au contexte de l école. Le projet aurait dû conduire une étude de base 11 dans cet établissement avant de procéder aux interventions. Cela aurait permis de mieux orienter le plan opérationnel à mettre en œuvre dans cet établissement. 3.2.5 Comité de suivi Le comité de suivi ne s est pas véritablement consacré aux tâches traditionnelles connues d un comité de suivi. Outre le fait que bien de membres dudit comité n ont pas de compétences réelles en suivi de projets, il est à noter que ledit comité ne dispose pas d outils adaptés au suivi des performances du présent projet. Les documents produits se résument à des rapports d activités réalisées. Par conséquent, les informations à la disposition du comité et des partenaires tels que les donateurs n ont pas permis de porter un jugement éclairé sur les progrès réalisés au cours de la mise en œuvre du projet. Ceci constitue une situation d inefficience car le comité est un coût pour le projet. 11 Le projet a procédé à une collecte de données au LDM avant d intervenir. Cependant, une étude de base aurait permis d avoir plus d informations sur différentes dimensions relatives à la SSR dans l école et dans la localité. 23

Les donateurs ont mentionné un manque de suivi adéquat du projet. Ils affirment être impliqués dans le suivi du projet à travers des visites de terrain, des entretiens avec les bénéficiaires, et des debriefings avec le CRIGED. Toutefois, ils estiment que pour la plupart des résultats escomptés du projet, il n y a pas de preuves tangibles qui permettent de les justifier. Il est conseillé au projet de développer un outil de suivi à utiliser par tous les partenaires en vue d harmoniser les besoins et les attentes des parties prenantes en matière de suivi. L instauration d un département de suivi et évaluation pour le compte du projet est également cruciale pour la marche du projet vers une culture de résultats, d apprentissage, et de production de connaissances. 3.2.6 Partenariat Le partenariat évoque des objectifs conjoints, des responsabilités partagées en ce qui concerne les réalisations, des engagements réciproques et une obligation de rendre compte de manière claire. Le partenariat établi entre le CRIGED et ses partenaires est du type partenariat technique et financier. Ce type de partenariat est très bénéfique car au delà des fonds mis à la disposition du projet, il permet une mise en œuvre participative, un apprentissage participatif des interventions du projet, et un partage d expériences concernant la SSR. Les entretiens ont révélé que le partenariat est à un niveau qui satisfait l ensemble des parties. Les donateurs ont affirmé être satisfaits du partenariat avec le CRIGED, partenariat qui permet de consolider les acquis et de capitaliser les expériences. Pour améliorer le partenariat, il est conseillé d améliorer la communication entre les partenaires, et de promouvoir un partage d informations sur les questions relatives à la SSR en milieu scolaire. Il est aussi recommandé de revoir la planification du projet et de mettre en œuvre à temps 12 les activités. En outre, l optimisation des ressources allouées au projet devrait faire l objet d une attention particulière. 12 Les activités planifiées sont le plus souvent reportées. Cela a aussi été notifié par des membres du comité de suivi et par les responsables d établissement. 24

3.3 Efficience L évaluation a cherché à savoir si les ressources ont été utilisées de façon efficiente. A ce titre, il était question de savoir si les dépenses sont en ligne avec les budgets et les plans de travail. Il convenait aussi de savoir si les résultats ont été obtenus à un coût optimal et dans les meilleurs délais. Est-ce que les rapports financiers ont été bien élaborés de sorte à garantir la transparence et la redevabilité aux parties prenantes du projet? Compte tenu de la nature de l information disponible, l évaluation n a pas examiné de façon pointue les allocations de budget et comment les fonds ont été dépensés. Les informations disponibles étaient assez globales et ne permettaient pas de faire une analyse comparée entre les fonds alloués aux interventions et les résultats provenant de l utilisation de ces fonds. Les formations offertes par le projet ont permis de renforcer les connaissances des bénéficiaires sur la SSR et ont permis à certaines cibles d adopter des comportements sexuels plus responsables. Cela dénote que les ressources ont été utilisées de façon à produire les effets escomptés. L on peut donc dire que les ressources ont été utilisées de façon efficiente concernant les interventions telles que la sensibilisation et la formation toutes choses égales par ailleurs. Toutefois, il se pose des problèmes d efficience lorsque l on se réfère au livret «recueil d arguments favorables à des comportements sexuels responsables et sécuritaires». Ceux qui ont le livret et qui l utilisent reconnaissent qu il est d une importance capitale. Au lycée départemental de Meguet, le livret n était pas à la disposition des élèves au moment de la conduite des enquêtes de l évaluation. Les élèves couverts par le projet n étaient pas au courant de la disponibilité de ce livret. En ce qui concerne le lycée Nelson Mandela, ledit livret n est pas à la disposition de tous les élèves couverts par le projet. Parmi ceux qui en disposent, certains déclarent ne l avoir jamais utilisé. Etant donné l investissement en temps, en fonds, et en ressources humaines pour la production de ce livret, cela traduit une situation d utilisation inefficiente de ressources étant donné que la production ne s est pas accompagnée d un développement d une stratégie efficace permettant de mettre le livret à la disposition des élèves dans les meilleurs délais. 25

Les documents du projet précisent les prérogatives du comité de suivi du projet qui consistent entre autres à apprécier les progrès réalisés par le projet et à faire des ajustements appropriés en vue de garantir l atteinte des résultats. Des analyses, il ressort que le comité de suivi ne dispose pas d outils adaptés permettant de suivre et de fournir des informations adéquates quant aux progrès réalisés. Par exemple, des fonds ont été alloués à la conception d un dispositif de suivi et évaluation du projet. Cependant ce dispositif n est pas fonctionnel. Les rapports du comité de suivi produits sont plus focalisés sur les activités mises en œuvre que sur des éléments d un suivi de performances. Cela constitue aussi une situation d utilisation inefficiente de ressources dans la mesure où les ressources allouées au suivi du projet ne fournissent pas les informations nécessaires permettant d apprécier objectivement les progrès réalisés. 3.4 Impacts Les impacts couvrent normalement les effets à long terme, positifs et négatifs, induits par un projet, directement ou non, et intentionnellement ou non. Les impacts du présent projet ne peuvent pas être objectivement appréciés compte tenu du terme du projet mais aussi de l absence d un dispositif expérimental fiable. Toutefois, il est possible de se prononcer sur la contribution causale du projet aux effets observés dans les lycées Nelson Mandela et départemental de Meguet. L évaluation note que le projet a acquis des résultats en matière de renforcement de connaissances des bénéficiaires en matière de SSR. Il a aussi contribué à l adoption de nouveaux comportements responsables par des élèves bénéficiaires. Les répondants ont indiqué que les grossesses non désirées ont diminué et que les élèves sont devenus plus consciencieux. A ce titre, le projet a atteint des résultats en matière de développement de compétences comportementales des jeunes scolaires. Par ailleurs, les entretiens révèlent que des élèves et parents d élèves se comportent à présent comme des pairs éducateurs non seulement au niveau des établissements couverts mais aussi au delà des frontières de ceux-ci. L évaluation n a pas constaté d effets non voulus induits par le projet dans les établissements ayant participé à l évaluation. Le projet est donc en train de contribuer au renforcement de connaissances des bénéficiaires et à la promotion de comportements sexuels responsables des jeunes scolaires. Cependant, ses impacts réels ne pourront être mesurés qu à une autre échelle de temps. 26

3.5 Durabilité L évaluation a cherché à savoir si les effets produits par le projet sont susceptibles de perdurer après la fin de l intervention. Compte tenu de la pertinence du projet, ses partenaires sont disposés à l adopter et ont manifesté la volonté de le soutenir dans ses prochaines interventions. Le projet fait face à une insuffisance de financement et n a pas développé un mécanisme de pérennisation de ses acquis. Les répondants ont souligné que l insuffisance de fonds est une contrainte fondamentale qui peut influer négativement sur la capacité du projet à faire perdurer les effets dans le long terme. Toutefois, il est à noter que dans une certaine mesure, grâce aux connaissances acquises, les parents d élèves et certains élèves pourront servir de relais pour continuer à vulgariser les informations en matière de SSR et à influencer positivement d autres élèves et parents d élèves sur les enjeux de la SSR. De plus, le recueil «d arguments favorables à des comportements responsables et sécuritaires» et les supports de formation mis à la disposition des bénéficiaires du projet pourront servir de supports pour continuer la sensibilisation, le renforcement de connaissances, et l amélioration des comportementales des jeunes scolaires. 3.6 Analyse FFOM/SWOT Le projet avait anticipé un certain nombre de contraintes 13 qui pourraient affecter sa réussite. L anticipation de contraintes potentielles est très instructive et permet d inclure des facteurs de risque dans les arbitrages relatifs aux interventions du projet. Les forces, faiblesses, opportunités, et menaces du projet sont présentées dans la figure 3 cidessous. 13 Voir document de projet projet droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire», décembre 2011. 27

Figure 3 : FFOM Forces 1. Pertinence du projet 2. Compétences des fomateurs 3. Plaidoyer 4. Grand intérêt des établissements 5. Mobilisation des bénéficiaires 6. Disponibilité du CRIGED Faiblesses 1. Mobilité du personnel de gestion du projet 2. Planification des activités 3. Insuffisance de ressources 4. Dispositif de suivi et evaluation non fonctionnel 5. Portée limitée de l'étude de reférence 6. Non respect des chronogrammes Opportunités 1. Institutionalisation de la SSR dans la politique nationale éducative. 2. Partenariats avec le secteur public/privé. 3. Intérêt et motivation des partenaires. Menaces 1. Pression des réseaux sociaux sur les comportements des éleves 2. Stagnation des interventions du projet 3. Refus des enseignants de participer au projet 4. Financement exterieur Source : construction de l auteur, 2014 La pertinence du projet est une des forces qui a fait l objet d unanimité lors des entretiens avec les parties prenantes du projet. De part sa pertinence, le projet a les atouts nécessaires pour bénéficier de l implication et de l accompagnement de ses partenaires. Il est aussi mentionné que le projet a une bonne politique de plaidoyer et se rend disponible dans l accompagnement des établissements qui ont un grand intérêt pour la gestion des questions relatives à la SSR des jeunes scolaires. En outre, les bénéficiaires du projet sont très motivés et se mobilisent pour la mise en œuvre effective des activités. De plus, de façon consensuelle, il est reconnu que le CRIGED dispose de ressources humaines dotées de compétences avérées en matière de SSR. Cela est corroboré par les entretiens avec les donateurs, les parents d élèves, des membres du comité de suivi, et les responsables d établissement. 28

L insuffisance de ressources financières est un défi majeur pour le projet. Cela est confirmé par les entretiens avec les répondants. L organisation et la gestion du projet constituent aussi un challenge essentiel. Une revue des documents disponibles ainsi que les entretiens montrent que les activités ne sont pas réalisées comme planifiées et programmées. A ce titre, les chronogrammes d activités ne sont pas très souvent respectés. Une autre faiblesse concerne l étude de référence du projet qui ne fournit pas assez d informations à la matrice de résultats du projet et qui n a prévu un dispositif expérimental de mesure des effets et impacts du projet. Par ailleurs, la mobilité du personnel du projet qui est probablement dû à l insuffisance de ressources susmentionné et l absence d un dispositif de suivi et évaluation fonctionnel sont des faiblesses notables du projet. Des opportunités intéressantes s offrent au projet. L institutionnalisation de la SSR dans la politique nationale éducative est une opportunité qui ouvre la voie à la négociation et au plaidoyer auprès non seulement des autorités gouvernementales mais aussi des acteurs du secteur privé. Cela constitue des opportunités potentielles en termes de partenariats avec le secteur public et privé. Par ailleurs, l intérêt et la motivation des partenaires actuels du projet est une opportunité qui pourrait permettre au projet d améliorer sa performance et d être pérenne. Des menaces majeures peuvent potentiellement ralentir l élan du projet. Le développement des TIC a rendu les jeunes et particulièrement les jeunes scolaires vulnérables à de nombreux dangers. Lorsqu ils sont mal exploités, les réseaux sociaux affectent ou influencent négativement les jeunes qui adoptent des comportements à risque et n arrivent pas à contrôler leurs pulsions. Le financement de ce projet repose essentiellement sur un financement de donateurs. Cela peut conduire à une «stagnation» des interventions du projet étant entendu que la mise en œuvre du projet est corrélée au financement desdits donateurs. A ce sujet, le projet devrait explorer des pistes pour mobiliser plus de fonds internes. Lors des entretiens, il est ressorti que certains enseignants ne se sont pas impliqués dans le projet en raison de la «non prise en charge» 14 de ces acteurs lors de certaines activités effectuées par le projet. 14 Per diems. 29

Etant donné que les enseignants sont une cible du projet, il est important que des initiatives soient développées en vue d impliquer au mieux ces acteurs qui peuvent apporter une contribution inestimable au projet. 3.7 Projets similaires L évaluation a recueilli les expériences d un projet très similaire au présent projet dans la mesure où ces expériences peuvent être capitalisées pour le compte du projet du CRIGED. 3.7.1 Intégration des services de santé de la reproduction en milieu scolaire : expérience au Sénégal 15 Au Sénégal, une sous composante santé et nutrition à l école a été établie en l an 2000 dans le cadre de la composante qualité du Programme Décennal de l Education et de la Formation (PDEF) lancée sur la période 2000-2010 par le Ministère de l Education Nationale. A cet effet, la Division du Contrôle Médical Scolaire (DCMS) du Ministère de l Education Nationale, chargée de la mise en œuvre de la sous composante santé et nutrition a mis en place un projet intitulé «Intégration des services de Santé de la Reproduction en milieu scolaire». Ce projet visant l accès à l information et aux services de SR de qualité pour les élèves a été initié en collaboration avec l UNFPA et s inscrit dans le cadre du 5 ème programme d assistance (2002-2006) de l UNFPA au Sénégal. Ce projet a été exécuté de 2002 à 2006 dans deux structures scolaires à Dakar : une structure médicale et un établissement scolaire. Les objectifs du projet étaient : 1. informer et sensibiliser les adolescents et les jeunes ; 2. former des relais pour la transmission de l information sur les questions de SR ; 3. renforcer les capacités des prestataires de services pour une meilleure prise en charge des problèmes de SR des élèves ; 4. sensibiliser les autorités des sites d interventions sur les questions de SR en milieu scolaire 5. renforcer les capacités institutionnelles dans les deux sites d intervention. 15 Voir M.G. BA, et al, 2009. Cadre conceptuel d intégration des services sante de la reproduction en milieu scolaire. 30

L implication des différents acteurs a été obtenue grâce à un plaidoyer et à une démarche participative. Le renforcement des capacités a été une stratégie mise en œuvre par des séances d information, de sensibilisation et de formation selon un contenu modulaire prenant en compte la connaissance du corps, les fonctions des organes génitaux, les grossesses précoces et leurs conséquences, les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA et les substances nocives. Le renforcement des connaissances a été plus marqué par le développement de modules sur les grossesses précoces et les IST. L offre de soins de santé de la reproduction a été mise en place à travers des visites médicales effectuées dans la structure médicale et dans l établissement scolaire. Au cours de l opérationnalisation du projet, une enquête de base avait été menée auprès de 842 élèves pour déterminer leurs connaissances sur la SR et identifier leur préférence par rapport aux canaux à travers lesquels ils aimeraient recevoir les informations sur la SR. A la fin du projet, une enquête a été aussi menée auprès de 651 élèves pendant l évaluation du projet pour mesurer le niveau de connaissances des élèves sur la SR. 3.7.2 Les leçons apprises L intégration des services de santé de la reproduction en milieu scolaire est une opportunité pour pallier l insuffisance d informations des élèves en matière de santé de la reproduction et de leur offrir des services de santé de la reproduction en fonction de leurs besoins. Toutefois, il convient de noter les points suivants : l offre de services de SR aux élèves doit obéir à une démarche réfléchie, concertée et consensuelle impliquant les différents protagonistes notamment les autorités ministérielles, les autorités éducatives, les parents, les élèves eux-mêmes et les prestataires de santé afin de vaincre les réticences liées à cette initiative ; la formation et l adhésion des parents à l initiative est un atout considérable pour lever certains malentendus et favoriser une meilleure communication parents-enfants en matière de sexualité ; 31

en plus des activités d information et de sensibilisation de masse, l «approcheclasse» avec l animation d un professeur et d un élève pair-éducateur suscite mieux l intérêt des élèves ; la consolidation des acquis obtenus au cours des interventions antérieures sur la SR à l école constitue un effet bénéfique pour l élargissement des interventions en SR à l école ; le partenariat entre les acteurs de l éducation et ceux de la santé constitue une synergie et une clé de réussite pour l offre des services de SR à l école ; les infirmeries scolaires, en cas d infrastructure appropriée et avec un personnel qualifié constituent un lieu de recours pour l offre de services de SR à l école ; la coordination, la supervision, le système d information sanitaire sont des aspects indispensables dans le management d un «projet SR» à l école. 3.7.3 Apports au projet «droits sexuels et santé de la reproduction en milieu scolaire» L expérience du Sénégal est une réelle opportunité d apprentissage pour le projet du CRIGED dans la mesure où il existe de grandes similarités entre les deux projets. Le projet du Sénégal attire l attention des acteurs sur la nécessité d un partenariat dynamique entre les différents acteurs prenant part aux interventions de projets axés sur la SSR. Plus particulièrement, il fait appel à un partenariat entre les ministères de l éducation et de la santé, partenariat pouvant garantir une synergie capable d assurer le succès des projets. Le partenariat a été analysé dans cette évaluation et son importance pour l amélioration des performances du projet du CRIGED a été mentionnée. La consolidation des acquis obtenus au cours d interventions antérieures sur la SR est très bénéfique pour l élargissement de services SSR en milieu scolaire. Cela dénote la nécessité pour le CRIGED de s investir dans une démarche de production de connaissances sur la base de l apprentissage fait de ses interventions dans les établissements. Cela lui permettra de se préparer convenablement pour un éventuel passage à l échelle du projet. 32

Il est par ailleurs fait mention d une «approche classe» qui a le potentiel de susciter l intérêt des élèves compte tenu d une co-animation de sessions de sensibilisation/formations assurée par un enseignant et un élève pair éducateur. La prise en compte des parents d élèves est cruciale pour la réussite des interventions. Ces acteurs influencent beaucoup les élèves et leur adhésion aux projets SSR rend implicitement celle des élèves plus facile. Cela permet aussi une meilleure communication entre parents et élèves. La réussite d une intervention axée sur la SSR est aussi tributaire de la bonne coordination, de la supervision, et du suivi et évaluation. 33

CHAPITRE IV : LECONS, RECOMMANDATIONS, ET CONCLUSIONS Ce chapitre présente les leçons apprises des interventions du projet, les principales déductions, les recommandations, et la conclusion. Dans la présente évaluation, des contraintes influent négativement sur l attribution directe des résultats aux interventions du projet. Les contraintes les plus importantes sont les suivantes : la causalité : pour la déterminer, il convient de comparer le résultat d une intervention à ce qu il aurait été sans l intervention. Pour ce faire, il faut prévoir une évaluation comparative qui n est pas possible dans le cas présent parce que l initiative ne peut être manipulée de façon expérimentale. Des groupes de contrôle n ont pas été constitués au début du projet ; l absence d un dispositif de suivi et évaluation participatif et fonctionnel. Par exemple, les différents rapports du comité de suivi ne fournissent pas d informations essentielles permettant d apprécier objectivement les progrès réalisés. Cette contrainte a réduit la portée des explications et/ou analyses du présent rapport. En outre, des effets de causalité qui ont trait à la réduction de violences sexuelles basées sur le genre ou d adoption de comportements sexuels responsables ne peuvent être identifiés par bien de bénéficiaires et de parties prenantes du projet. Cela corrobore l absence d un dispositif de suivi et évaluation participatif et fonctionnel ; la disponibilité des bénéficiaires et des personnes ressources à contacter dans le cadre des entrevues n a pas permis de collecter les données à temps. Par exemple, les dates prévues pour les enquêtes au LNM ont été reportées plusieurs fois à cause de grèves des élèves ou de devoirs programmés. Il en est de même au LDM où les dates d entrevue ont été repoussées pour des raisons liées à l absence de certains responsables de l établissement et du calendrier des devoirs. 34

4.1 Leçons apprises Quoique les leçons apprises d autres projets/programmes soient instructifs, celles qui découlent des interventions du présent projet revêtent une importance capitale. A ce titre, l évaluation a identifié des leçons pouvant guider le CRIGED et ses partenaires ainsi qu il suit : même si le projet est très pertinent, il est important de relever que certaines des activités ne sont pas effectuées selon les calendriers établis. Cela est très souvent dû à l indisponibilité des bénéficiaires et aussi au fait que les fonds mis à la disposition du CRIGED pour la mise en œuvre de certaines activités ne sont pas rendus disponibles à temps ; l absence d un dispositif expérimental rigoureux de suivi des performances : le projet n a pas de dispositif de suivi et évaluation fonctionnel. Cela n a pas permis de mesurer la performance tout au long de la mise en œuvre du projet. Les instruments/outils utilisés ne sont pas adaptés pour le suivi du projet. En outre, bien de membres du comité de suivi du projet n ont pas les compétences requises pour suivre efficacement le projet. Sans réel dispositif de mesure des performances, il sera difficile d apprendre des interventions et de capitaliser les acquis et les échecs ; des inefficiences : si le projet a été efficient en ce qui concerne les activités de formations et de sensibilisation, il a enregistré des utilisations non optimales de ressources concernant le recueil d arguments produit qui n est pas à la disposition de tous les élèves participant au projet. Par ailleurs, l absence d un dispositif de suivi et évaluation fonctionnel traduit une utilisation non optimale de ressources dans la mesure où le comité de suivi du projet et le dispositif de suivi et évaluation développé constituent un coût pour le projet. 4.2 Recommandations Les principales recommandations s articulent autour des points suivants : la mobilisation de ressources est fondamentale en vue d impulser une dynamique de pérennisation du projet ; l évaluabilité du projet est essentielle à son évaluation crédible et utile. A ce titre, il convient d établir des indicateurs pertinents de mesure des performances du projet. Cela implique aussi d adopter un système de suivi et évaluation fonctionnel et opérationnel ; 35

le ciblage d élèves du second cycle des collèges et lycées doit être explorée étant donné que le projet couvre des élèves de 12 à 19 ans, tranche d âge prenant aussi en compte des élèves du second cycle ; l amélioration de l organisation globale, de la planification et de la gestion du projet par l utilisation d outils tels que le Programme Evaluation and Review Technique (PERT) s avère nécessaire. Le PERT permet de terminer les activités dans de meilleurs délais, ou d'identifier les activités critiques, notamment celles qui ne doivent souffrir d'aucun retard sous peine de retarder l'ensemble du projet ; l élaboration d un cadre conceptuel qui indique comment le projet intègre la santé sexuelle et de la reproduction en milieu scolaire doit faire l objet d une attention particulière. Cela permet d affiner la logique d intervention du projet ; l utilisation de la cartographie des incidences, approche permettant de mesurer des changements de comportements de façon participative pourrait permettre d améliorer la performance du projet ; la prise en compte de thèmes majeurs (téléphones portables et internet, réseaux sociaux) qui affectent les jeunes et les adolescents dans la gestion de leur sexualité s avère nécessaire ; un plaidoyer pour le renforcement des normes professionnelles dans les écoles par une contribution à l élaboration de codes de conduite pour les enseignants et les élèves serait bénéfique ; une contribution au lancement d un journal sur la santé sexuelle et de la reproduction animé par les élèves, les enseignants avec une contribution des parents d élèves et de personnes «modèles» est envisageable pour le partage d informations et d expériences sur la SSR. 4.3 Conclusion Le projet revêt une pertinence avérée étant donné qu il constitue une réponse appropriée aux problèmes de santé sexuelle et de la reproduction des bénéficiaires. Des entretiens avec les bénéficiaires ont permis de confirmer ces propos. Il prend aussi en compte les besoins et les priorités nationales en matière de SSR. Par ailleurs, le plaidoyer, les formations dispensées, la disponibilité du CRIGED, la sensibilisation, sont des facteurs essentiels qui ont permis au projet de contribuer au renforcement des connaissances des bénéficiaires en matière de SSR. Dans une certaine mesure, ces facteurs ont aussi permis aux élèves d adopter des comportements responsables. 36

L évaluation n a pu se prononcer de façon systématique sur la contribution du projet à la réduction de violences sexuelles du fait de la non disponibilité de faits et de documentation sur cette dimension. La performance des interventions du projet ne peut être véritablement prouvée au seul regard des résultats de l évaluation à mi-parcours. Il faudrait vraisemblablement se projeter dans une autre échelle de temps afin de mieux appréhender les effets et les impacts, et pouvoir se prononcer en termes d attribution et de causalité. Le renforcement des comités de suivi en termes techniques et institutionnels est capable de créer des synergies au sein du projet et de contribuer au développement d une véritable culture d apprentissage. Sans un système de suivi et évaluation opérationnel, le projet ne peut être en mesure de connaître ses forces et ses faiblesses, et de prendre les bonnes décisions au moment opportun afin d atteindre les résultats escomptés. Le projet et ses partenaires notamment l ONG Diakonia doivent examiner stratégiquement ce qui a été réalisé et ce qui n'a pas été atteint. Cela permettra de travailler sur une nouvelle approche qui garantit que les ressources déjà investies ou à investir ne soient pas des inputs avariés. Les résultats obtenus peuvent potentiellement perdurer par l intermédiaire de pairs éducateurs (élèves, parents d élèves). Toutefois, les impacts et la durabilité du projet ne peuvent pas se percevoir objectivement à l étape actuelle du projet même s il y a de la preuve que le projet a obtenu quelques résultats probants. Il est essentiel que le projet apprenne davantage de ses interventions en s engageant véritablement dans un processus de learning by doing. 37

REFERENCES Antonowicz, L., 2010. La violence faite aux enfants en milieu scolaire au Mali. Save the Children, Plan, ACDI, Aout 2013. CRIGED, 2013. «Projet droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire», plan d action 2013. CRIGED, rapport financier 2012 CRIGED, Rapport narratif 2012. CRIGED, rapports d ateliers de formation 2012 CRIGED, rapports de rencontre du comité de suivi CRIGED, Termes de référence pour le recrutement d un consultant pour l évaluation a miparcours du projet. CRIGED, 2011. Document de projet : «Projet droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire», décembre 2011. Earl, S., Carden, F. Outcome mapping. Building learning and reflection into development programs. 2001. M. Gueye Ba, A. Ndianor Mbodj, M. Senbene, 2009. Cadre conceptuel pour l intégration de la santé de la reproduction en milieu scolaire : expérience au Sénégal. Sylvia Sukop, 2007. Storytelling Approaches to Program Evaluation: An Introduction. Adapted by from an original report by Joseph Tobin and Gustavo E. Fischman. UNFPA, 2008. Evaluation finale du projet de services à base communautaire de santé de la reproduction (SBC/SR) dans les régions de Tambacounda et Kolda. Rapport final, mai 2008. 38

ANNEXE A : Termes de référence Termes de référence pour le recrutement d'un consultant pour l'évaluation à mi-parcours 1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION Le Burkina Faso a ratifié la Plateforme du Caire (1994) qui dispose que tout individu a le droit fondamental de décider librement et de manière responsable concernant sa santé en matière de reproduction «en dehors de toute discrimination, coercition et violence dans le domaine sexuel». Parmi les droits en matière de SR reconnus aux adolescents burkinabés figurent entre autres: i) le droit à la sécurité en matière de sexualité ii) le droit de posséder, contrôler et protéger son corps iii) le droit de choisir librement son/ses partenaires sexuels iv) le droit de refuser les relations sexuelles. La loi N 049-2005/portant santé de la reproduction au Burkina Faso stipule (article 8) qu aucun individu ne peut être privé de son droit à la santé de la reproduction à cause d une discrimination basée sur l âge, le sexe, la religion, la fortune, la situation matrimoniale ou tout autre considération. L article 13 indique que toutes les formes de violences et sévices sexuels sur la personne des enfants et adolescents sont interdites, sous peine des sanctions prévues par le Code pénal. La situation de la santé de la reproduction des jeunes et des adolescents est assez précaire. La majorité des adolescents au Burkina Faso ont une sexualité précoce. Selon une étude de l EDS, près de la moitié des filles et plus d un quart des garçons de 15 à 19 ont déjà eu des rapports sexuels. Ce phénomène est dû au fait que beaucoup de jeunes et adolescent(e)s ignorent les conséquences liées à a précocité et à la non protection des rapports sexuels. Une étude réalisée dans la ville de Ouagadougou (RAJS, 2010) révèle que 73% des élèves déclarent être informés sur les méthodes contraceptives, alors qu il y a au moins 35% de ces élèves sexuellement actifs qui n utilisent aucune méthode contraceptive. D autres études soulignent une très faible et mauvaise utilisation des préservatifs chez les jeunes filles, alors qu elles entrent plus précocement que les garçons dans la vie sexuelle. Les jeunes filles sont donc plus exposées aux MST/IST et au VIH/sida. La prévalence du VIH/sida est relativement élevée surtout chez les filles de 15 à 24 ans (0,9% contre 0,5% chez les garçons selon le rapport ONUSIDA 2007). Selon les sources de l ONUSIDA de 2007, au moins 50% des nouvelles infections à VIH s observent chez les jeunes et adolescents. Par ailleurs, la précocité des rapports sexuels non protégés, engendrent à n en pas douter d une part des grossesses non désirées et précoces et d autres part des avortements clandestins souvent sources de maladies, de décès mais aussi et surtout de décrochage scolaire. Une étude réalisée par l UERD en 2004 a fait ressortir un chiffre impressionnant de 7.764 cas d avortements provoqués en un an dans la seule ville de Ouagadougou avec un taux de 61% I

chez les adolescentes de 15 à 19 ans. Selon les mêmes sources, parmi les décès maternels de l hôpital Yalgado, 16% sont consécutifs à des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Face à ces problèmes le Centre de Recherche et d Intervention en Genre et Développement (CRIGED) apporte une contribution dans la promotion d une sexualité responsable chez les jeunes dans les établissements secondaires burkinabè en vue d assurer une plus grande réussite scolaire. La mise en œuvre du projet a commencé en mars 2011 avec l'appui de l'ambassade du Canada et cet appui a pris fin en mars 2012. A la suite de cette structure, l'ong suédois DIAKONIA apporte sa contribution au CRIGED dans le cadre de ce projet depuis le 1er janvier 2012. Après deux années de mise en œuvre et à une année de la fin de cet appui triennal, le centre souhaite avoir une appréciation du niveau de réalisation des résultats et des objectifs. L'évaluation de la mise en œuvre des activités en termes de projet et de cultures organisationnelles, de succès, de défis et d'entrave au succès matérialise l'engagement de l'organisation en faveur de la promotion d'une éducation sexuelle responsable et sécuritaire au profit des élèves. Cette évaluation devrait permettre à l'ensemble du personnel et aux partenaires du CRIGED d'en savoir plus sur la situation de la mise en œuvre des activités du projet et le niveau d'atteinte des objectifs du projet. (Etat des lieux, forces et faiblesses, perspectives et recommandations. 2. OBJECTIFS DE L EVALUATION A MI-PARCOURS. 2.1. Objectif global L objectif global de l évaluation à mi-parcours: est d analyser les résultats quantitatifs et qualitatifs atteints à l état actuel de l exécution en vue de relever les insuffisances éventuelles et les succès et de formuler des recommandations en vue d améliorer la mise en œuvre pour l atteinte des résultats escomptés. 2.2 Objectifs spécifiques Evaluer la pertinence du projet par rapport aux besoins du pays et des bénéficiaires Evaluer l implantation du projet dans chaque établissement partenaire; Analyser les tendances des principaux indicateurs d effets vers l atteinte des objectifs du projet ; Apprécier la qualité des outils de gestion et de suivi/évaluation mis en place dans le cadre du projet (plan d action global, plans opérationnels annuels, logique d intervention, plan de suivi/évaluation ) ; Analyser le partenariat et les mécanismes de coordination entre les structures membres du comité de suivi ; Analyser les forces, faiblesses, opportunités et menaces (FFOM) du projet ; Identifier les bonnes pratiques du projet; Formuler des recommandations pour des actions correctives pour la dernière année du projet. II

3. RESULTATS ATTENDUS La performance du projet est analysée ; Le bilan du plan d action global est fait avec un accent particulier sur les activités non réalisées ou mal exécutées et une explication est fournie par rapport aux écarts ; Les tendances des principaux indicateurs d effets vers l atteinte des objectifs spécifiques du projet sont analysées ; La qualité des outils de gestion et de suivi/évaluation est analysée et des suggestions recommandations d amélioration sont faites ; Le partenariat et la coordination entre structures membres du comité de suivi sont analysées et des propositions d amélioration sont formulées ; Les forces, faiblesses, opportunités et menaces du projet sont connues ; Des mesures correctives visant à améliorer les insuffisances sont formulées pour le reste de la durée du projet Les bonnes pratiques du projet sont identifiées. 4. MANDAT DU CONSULTANT Compte tenu des objectifs et résultats attendus de cette évaluation à mi-parcours le consultant aura pour tâches principales de : Proposer une méthodologie pertinente permettant d atteindre les objectifs de l évaluation à mi-parcours ; Proposer une offre financière ; Proposer un calendrier de travail ; Organiser et conduire toutes les étapes de l évaluation ; Rédiger un rapport provisoire ; Animer un atelier de restitution du rapport provisoire au Comité de suivi et les bénéficiaires du projet ; Rédiger le rapport final; L évaluation étant de type participatif, le consultant veillera à impliquer le maximum d acteurs de toutes les composantes du projet. 5. SUPERVISION. Tout au long du processus, le consultant travaillera en étroite collaboration avec la coordination, le Comité de suivi dont cinq représentants de chaque établissement partenaire. Une réunion de cadrage entre le consultant et la coordination permettra d harmoniser la compréhension des présents termes de référence et de valider la méthodologie proposée par le consultant. Le rapport provisoire sera soumis à l appréciation du comité de suivi dont les observations et commentaires seront pris en compte dans le rapport final. III

6. PROFIL DU CONSULTANT Le consultant doit avoir les compétences suivantes : Justifier au moins d un niveau universitaire (Bac plus cinq) en sociologie, socioéconomie, ou dans un autre domaine jugé équivalent; Faire preuve d une solide expérience dans la conception, le suivi et l évaluation des projets et programmes de développement ; Avoir des expériences pertinentes dans l évaluation des projets/programmes de développement ; Avoir des compétences dans la conception et la mise en œuvre des projets de recherche ; Des connaissances dans le domaine de la sexualité des jeunes serait un atout ; Avoir des connaissances en Genre et en approche participative ; Maitriser l outil informatique en l occurrence MS Office et les logiciels de traitement et d analyse des données ; Faire preuve d une excellente capacité de rédaction, d analyse et de synthèse ; Excellente maitrise du français parlé et écrit. Le consultant fournira les CV et tout document pertinent attestant de ses compétences, aptitudes et expériences. 7. PERIODE ET DUREE DE LA CONSULTATION L évaluation est prévue pour se dérouler en Novembre-décembre 2013 pour que les recommandations soient prises en compte dans le plan opérationnel 2014. La durée de la consultation sera de 21 jours ouvrables. Toutefois le consultant aura 30 jours ouvrables pour livrer le rapport final. 8. PRODUITS LIVRABLES En fin de mission le consultant doit livrer les documents suivants : Un rapport provisoire de l évaluation à mi-parcours n excédant pas 30 pages sur support papier (en 5 exemplaires) et en version électronique décrivant la méthodologie utilisée, les résultats détaillés et les recommandations; Un rapport final de l'évaluation n excédant pas 30 pages (en six exemplaires en version «papier» et une version électronique sur CD) qui aura pris en compte les différentes observations et suggestions d amendements faites par le comité d évaluation. 9. DOCUMENTS FOURNIS PAR LE PROJET Le répondant du Projet (Chargé de projet) pour la mission mettra à la disposition du consultant les documents suivants : Le document du projet (proposition) tel que soumis à l'ambassade du Canada et à DIAKONIA; IV

Le document du projet (proposition) tel que approuvé par l'ambassade du Canada; Le document du projet (proposition) tel que approuvé par DIAKONIA ; Les plans opérationnels de l an 1 (2011), an2 (2012) et an3 (2013) ; Le système de suivi/évaluation du projet; Le rapport de l'étude de base sur les indicateurs de référence ; Les rapports semestriels des finances ; Les rapports annuels de l an1 et de l an2 ; Tout autre document que le consultant jugera pertinent ; 10. DEPOT DES OFFRES Les offres techniques et financières devront parvenir au CRIGED au plus tard le 1 Novembre 2013. L offre technique comprendra, les observations sur les TDRs, la méthodologie, le CV du Consultant, le planning détaillé. V

ANNEXE B : INSTRUMENTS DE COLLECTE DE DONNEES 1. Profil de l élève Nom Etablissement : Sexe : Masculin Age : ans Questionnaire-élèves Prénom Féminin Classe 6 e 5 e 4 e 3e Nombre d années passées dans l établissement actuel : ans 2. Connaissances et pratiques en matière de santé sexuelle et de la reproduction 2.1 Quel est votre niveau de compréhension des concepts, mots et expressions suivants? Concept Excellent Bon Assez bon Faible Très faible Aucune idée Santé de la reproduction (SR) Genre, Droits en matière de SR IST, VIH/SIDA Voies de transmission des IST/VIH SIDA contraception Méthodes de contraception Négociation sexuelle déterminants de la SR Personne sexuellement responsable Droits sexuels Violences sexuelles compétences comportementales Avez-vous un (e) partenaire? Oui Non (Si oui) Respectez-vous les droits sexuels et reproductifs de ce (cette) dernier(ère)? Oui Non Respectez-vous les droits sexuels et reproductifs de vos camarades? Oui Non Votre perception de la sexualité et de la SR a-t-elle évolué positivement suite à votre participation au projet? VI

1. Beaucoup 2. Assez 3. Un Peu 4. Pas du tout Avez-vous déjà eu des rapports sexuels? Oui Non A quel âge aviez vous eu votre premier rapport sexuel? ans Quelles précautions prenez-vous lors de rapports sexuels? Avez-vous déjà eu des rapports sexuels non protégés? Oui Non Si oui, à votre avis, quels sont les risques associés aux rapports sexuels non protégés? 3. Compétences comportementales Utilisez-vous des moyens de contraception et de protection contre les IST/VIH-Sida? Oui Non Souvent Abstinence Si oui, lesquels Avez-vous le livret «Recueils d arguments favorables à des comportements sexuels responsables et sécurisés»? Oui Non Avez-vous eu des difficultés de compréhension du contenu du livret? Oui Non Si oui, lesquelles : Est-ce que le livret est utile pour vous? Oui Non Assez utile Peu utile Les modules enseignés lors de formation en matière de SR, genre et de droits sexuels ont-ils influencé vos comportements en matière de santé sexuelle et de la reproduction? Oui Non Si oui, quels sont les nouveaux comportements que vous avez adoptés? VII

Qualité de l information dans les modules enseignés : Très bonne Bonne Passable Insuffisante Clarté de l information dans les modules enseignés Très bonne Bonne Passable Insuffisante Est-ce que les modules enseignés sont importants pour vous? Oui Non Assez importants peu importants 4. violences sexuelles affectant les filles et conséquences Quels sont les types de violences sexuelles qui se font dans votre établissement? Nombre de cas de violences sexuelles dans l établissement : En augmentation même chose En baisse Qui sont les auteurs des violences sexuelles qui se font dans votre établissement? Femmes de l administration Hommes de l administration Enseignants Enseignantes Elèves-filles Elèves-garçons, Autres (à préciser) Y a-t-il une baisse du nombre de cas de violences sexuelles attribués au personnel enseignant ou à l administration? oui Non Ne sais pas Suite aux actions de sensibilisation, d information et de formation du projet «droits sexuels et SR», avez-vous constaté une baisse du nombre de grossesses non désirées chez les filles? Oui Non Ne sais pas Suite aux actions de sensibilisation, d information et de formation du projet «droits sexuels et SR», avez-vous constaté une baisse du nombre de filles en situation de décrochage scolaire (abandons, l'arrêt d'études)? Oui Non Ne sais pas Que suggérez-vous pour que le projet «droits sexuels et SR» réponde mieux à vos besoins en matière de sante sexuelle et de la reproduction? VIII

Questionnaires-Donateurs 1. Nom et prénom du répondant -------------------------------------------------------------------- ----------------------------------------------------------------- 2. Nom de l organisation ----------------------------------------------- 3. Poste A votre avis, est-ce que la promotion de la santé sexuelle et de la SR en milieu scolaire est importante? Oui Non Pourquoi? 4. Quels types d interventions relatives à la SR/droits sexuels devrait-on promouvoir au niveau de jeunes scolaires? Sensibilisation Information Formation Prise en charge Plaidoyer Autres 5. Avez-vous une bonne lecture/compréhension du projet «droits sexuels et SR des jeunes en milieu scolaire»? Oui Non 6. Quels sont les forces/faiblesses du projet «droits sexuels et SR en milieu scolaire»? Forces Faiblesses 7. A votre avis, est ce que ce projet a contribué à promouvoir des comportements sexuels responsables chez les bénéficiaires? Oui Non (Pourquoi?) IX

8. Le projet a-t-il permis de renforcer les connaissances des cibles en SR/comportements sexuels responsables? Oui Non (Pourquoi?) 9. Le projet a-t-il permis de développer les compétences comportementales des jeunes en termes de gestion de leur sexualité? Oui Non (Pourquoi?) 10. Le projet a-t-il permis de réduire les violences sexuelles affectant les filles et leurs conséquences sur leur réussite scolaire. Oui Non (Pourquoi?) 11. Êtes-vous impliqué dans le suivi du projet? Oui Non Si oui, comment? 12. Disposez-vous d instruments internes de suivi du projet? Oui Non 13. Nature de la relation et interaction avec le CRIGED? 14. Nombre d années de partenariat 15. Est-ce que ce partenariat permet de contribuer à la promotion de comportements sexuels responsables chez les bénéficiaires? Oui Non 16. Êtes-vous satisfait de votre partenariat avec le CRIGED? X

Très satisfait Satisfait assez satisfait insatisfait très insatisfait 17. Comment peut-on améliorer ce partenariat afin d améliorer la performance du projet? 18. Pensez vous que le projet est viable? Oui Non (Pourquoi?) 19. Est ce vous prêt a accompagner le projet dans l avenir? Oui Non (Pourquoi?) 20. Autres suggestions/commentaires Merci de votre collaboration XI

Questionnaire-comité de pilotage 1. Nom Prénom 2. Fonction 3. Nombre d années d expérience en suivi de projets 4. La promotion d une santé sexuelle et de la reproduction en milieu scolaire est elle importante? Oui Non Autres Pourquoi? 5. Comment appréciez-vous votre compréhension du projet «droits sexuels et SR»? Excellente Bonne Assez bonne passable faible 6. Répond t-il aux préoccupations de santé sexuelle et de SR dans les sites d intervention? Oui Non Autres 7. Tel que formulé, comment appréciez vous la pertinence du projet relativement aux objectifs suivants : Objectifs Très pertinent Assez pertinent Pas Ne sais pas Renforcement de connaissances sur la SSR Développement de compétences comportementales en SSR Réduction des violences affectant les filles et les garçons pertinent 8. Depuis combien de temps suivez-vous ce projet? 9. Que vous a t il motivé à être membre du comité de suivi? 10. Participez-vous à toutes les rencontres du comité? Oui non de temps en temps 11. Quel(s) type(s) de suivi fait le comité? XII

Intrants Activités Processus produits résultats 12. Est-ce que les rapports de suivi sont partagés avec les parties prenantes du projet? Oui Non Donateurs Seulement sur demande ne sais pas 13. Y a-t-il une harmonisation des attentes et besoins des parties prenantes sur les objectifs du suivi? Oui Non Autres 14. A votre avis, est-ce que les outils de suivi sont adaptés au projet? Oui Non assez adapté peu adapté 15. Vous fournissent-ils les informations adéquates pour juger des progrès réalisés par le projet? Oui Non De façon limitée 16. Est-ce que les fonds mis à la disposition du projet ont été gérés de façon à satisfaire les besoins pour lesquels ils ont été donnés? Oui Non Quelque peu 17. Quels sont les difficultés en matière de gestion rationnelle des fonds alloués au projet? 18. Quels sont les forces/faiblesses du projet «droits sexuels et SR en milieu scolaire»? Forces Faiblesses 19. Le projet a-t-il permet permis de renforcer les connaissances des cibles sur la SSR? Oui Non XIII

Pourquoi Ne sais pas 20. A-t-il permis de renforcer les compétences comportementales des cibles en matière de SSR? Oui Non Pourquoi Ne sais pas 21. A-t-il contribué à la réduction de violences sexuelles au niveau des filles? Oui Non Pourquoi Ne sais pas 22. A-t-il contribué à la réduction de violences sexuelles au niveau des garçons? Oui Non Pourquoi Ne sais pas 23. Le projet a-t-il contribué à améliorer la réussite scolaire des jeunes filles et garçons dans les sites d interventions? Oui Non Ne sais pas ne peut se prononcer Pourquoi? 24. A-t-il produit des effets non voulus/prévus au niveau des cibles? Oui Non Ne sais pas Si oui, lesquels XIV

25. A votre avis, le partenariat établi avec divers acteurs et donateurs permet t-il d améliorer la performance du projet? Oui Non Autres Pourquoi? 26. Quels ont été les parties impliquées dans la formulation du projet? 27. Comment améliorer le partenariat en vue d améliorer la performance du projet? 28. Pensez vous que le projet est viable/pérenne? Oui Non Pourquoi 29. Pensez vous que le projet puisse faire un passage à l échelle à l avenir? Oui sous l hypothèse de résultats probants Financement Sous l hypothèse de meilleure organisation et gestion meilleure planification meilleur suivi pas pour le moment non 30. Autres commentaires/suggestions? XV

Guide d entretien-parents d élèves 1. Nom Prénom 2. Profession 3. Avez-vous une bonne connaissance des objectifs et activités du projet «droits sexuels et SR des jeunes en milieu scolaire»? 4. Le projet «droits sexuels et SR des jeunes en milieu scolaire» répond t-il aux besoins de renforcement de connaissances et de compétences des bénéficiaires? 5. Est-ce que les parents d élèves sont véritablement impliqués dans les activités et interventions du projet? 6. Le projet vous a-t-il permis de renforcer vos connaissances en matière de SSR? 7. Avez-vous maintenant les compétences nécessaires pour mieux éduquer les enfants sur la SSR? 8. Quel type de message donnez-vous à vos enfants en matière de sexualité responsable? 9. En matière de SSR, quel type d interventions vous semble pertinent pour aider votre enfant à réussir à l école? 10. Pensez vous que les connaissances de votre enfant sur la SSR se sont renforcées suite aux interventions du projet? 11. Le projet a t-il permis à votre enfant d adopter des comportements nouveaux en matière de SSR? Lesquels? 12. Est-ce que les violences sexuelles affectant les élèves se sont réduites suite aux interventions du projet? 13. Suggestions/commentaires/Recommandations a l endroit du projet Guide d entretien-responsables d établissements 1. Nom Prénom 2. Etablissement 3. Nombre d années au niveau de l établissement 4. Quel est l apport d un projet axé sur la santé sexuelle et de la reproduction en milieu scolaire? 5. Le projet «droits sexuels et santé de la reproduction des jeunes en milieu scolaire» répond il aux besoins des bénéficiaires en matière de SSR? 6. Est-il en ligne avec les objectifs de la politique nationale d éducation? 7. Les interventions du projet ont-elles permis de renforcer les connaissances des bénéficiaires en matière de SSR? donner des exemples concrets. XVI

8. Adoptent-ils de plus en plus des comportements sexuels responsables suite à leur participation au projet? Lesquels? donner des exemples concrets 9. Produisent-ils maintenant de meilleurs scolaires? donner des exemples concrets. 10. Quelles sont les forces du projet 11. Quelles sont les faiblesses du projet 12. Etes-vous disposé à adopter et à soutenir le projet dans l avenir? 13. Suggestions/commentaires à l endroit du projet XVII

ANNEXE C : liste des personnes rencontrées Adama Sawadogo Enseignant-parent d élève Adama Tapsoba Comité de suivi Augustin Bounkoungou Proviseur Carine Capo Responsable suivi et évaluation, DIAKONIA Doudoulgou Bangba Parent d élève Fati Sankara Parent d élève S. Norbert Kambire Comité de suivi Salamata Ouedraogo Chargé de programme, DIAKONIA Issifou Kabore Comité de suivi Mathieu Sodre Surveillant/parent d élève Phany Bambara Ancien Elève du LNM Jeremy Compaore Comité de suivi/ chargé de projet Suzanne Chantal Salamata Ki Parent d élève Ferdinand Georges Dipama Comité de suivi Abdoulaye Sore Parent d élève Pierre Alexis Bassinga Proviseur Aboubacar Ouango Ancien élève du LNM Elèves du Lycée Départemental de Meguet Sambo Dipama K Aboul Kader Sawadogo Madi Tapsoba Fatimata Compaore Marietou Dembega Aly zoewendyele Dipama Danielle Bamouni Toukoumno Soudre Hado Suzanne wanre Pauline Soudre Madeleine Kabore Yabyoure Bonkoungou Evariste Ouedraogo Laetitia Compaore Eleonore Kabore Madaleine Tiendrebeogo Celine Compaore Habibou Konombo SolangeMarie Kabore Claudine Kabore Yasmine Nacro Oule Alina Sawadogo Adele carole Nana Leonie Karsaga Seyni Sawadogo Nadege Andog-Naba Fatimata Dipama Elèves du Lycée Nelson Mandela XVIII

Abdoul Amid Cisse Rachid Abidine Ganaba Bienvenue Franc Zouma Abdoul Rachid Kouda Sadia Kanazoe Séraphine Some Fadilatou Sana Barkissa Nikiema Aminata Tiendrebeogo Harouna Congo Adama Sakande Augustine Ouedraogo Fatima Sidnoma Sore Elodie Parkouda Nadia Alzeta Zèba Abdramane Sakande Ramata Josette Ba Divine Kabore Sophia Guigma Melissa Karène Ouedraogo Ludovic Zigani Ibrahim Taboura Richard Oussalibou Rainatou Kouraogo Elise compaore Latifatou Soulga Diorata Kanazoe Alix Guillaume Poda Sonia Bertille Boumdé Nafissatou Bougouma Kayende Adjaratou Rakietou Kabore Naimatou Zeba Landry Sampebgo Joseph Azania Sankara Asseta Zombré Adama Ouedraogo Ingrid Ouedraogo XIX