CHARTE 0 HERBICIDE. Château de Campagne 17/09/2015 Manuel Pereira

Documents pareils
Plan de désherbage, plan de gestion différenciée : objectifs et mise en œuvre concrète, quelles sont les actions à mettre en place par les communes?

4. Notice d utilisation

LA NÉCESSITÉ D UNE VILLE PLUS VERTE LA DÉMARCHE COMMENT ÇA MARCHE?

Une espèce exotique envahissante: Le Roseau commun. ou Phragmites australis

FAVORISER LA BIODIVERSITÉ DANS LE CIMETIÈRE. Guillaume Larregle (Maison de l Environnement de Seine-et-Marne)

COMMUNE DE PONT A MARCQ CAHIER DES CLAUSES TECHNIQUES PARTICULIERES

Guide des autorisations d urbanisme

Bassin de la Vie et du Jaunay Groupe de travail «Gestion Différenciée»

LA CHARTE REGIONALE D ACCES AUX AIDES AGRICOLES

OUVERT02 - Maintien de l ouverture par élimination mécanique ou manuelle des rejets ligneux et autres végétaux indésirables Sous-mesure :

Enjeux environnementaux prioritaires des forêts de Poitou-Charentes

Toitures vertes : bien commun ou bien privé?

Inventaire des pratiques de désherbage en zones non agricoles - Enquête nationale

Informations techniques sur la culture de l ananas

DOSSIER DE CANDIDATURE POUR LE

SELLE Masse d'eau AR51

pour un pacte écologique local : questions aux futurs élus locaux

Une nouvelle écologie des parcs et des jardins

Bureau de la Commission Locale de l Eau. Olivet le 25 novembre 2014

Aide à la planification des actions locales

Séminaire du 17 octobre 2014 «La gestion des milieux aquatiques dans la loi MAPTAM et le SAGE : quels enjeux pour la Baie de Saint Brieuc?

Formulaire d'adhésion PEFC

Découvrir et agir : l eau, c est la vie! La malle Cantal Eau

Consultation d acquéreurs en vue de la réalisation du programme de la Z.A.C. des Bergères ILOT DE LA ROTONDE - LOT N 19

Les potagers Neerstalle

Association des. Objectifs. convivialité, réunir les habitants autour du jardinage. action sociale, action environnementale,

MODE D EMPLOI ET PRÉCAUTIONS D USAGE POUR LES DÉSHERBEURS 1219KIT3-1219F F3-1219F

Améliorer l organisation et la communication interne à l office de tourisme

JEUNE CONSEIL DE MONTRÉAL

Golf Ecodurable. Référentiel de gestion des parcours de golf

La plateforme technique d informations des professionnels des ZNA

Évaluation du Plan local de développement durable de la Ville de Mont-Royal

Fiche d évaluation des actions conduites par les partenaires

Caisse Nationale de Mutualité Agricole

PCAR n 3083 «Îlot Square Léopold» à Namur Survey & Aménagement Février 2014 Rapport d options

BLUBOX Système de récupération des eaux de pluie

CONSEIL MUNICIPAL DU 09 Octobre 2013

TITRE 3 - DISPOSITIONS APPLICABLES A LA ZONE A URBANISER (zone AU )

Etat de la connaissance de la biodiversité. sur la commune de Pantin

ASSEMBLEE GENERALE 2009 Association de Syndicat Libre du Hameau d Emelie

DOSSIER DE PRESSE Borne électrique test. Installation de la 1 ère borne de rechargement électrique test à Arras

DIAGNOSTIC DE DURABILITE du Réseau Agriculture Durable

document de travail Phase 2 : groupe de travail Eau et biodiversité

LE DOMAINE DE LA PRAIRIE SAINT PIERRE LÈS ELBEUF / 76

Avis bureau Création d une zone commerciale Sainte Anne sur Brivet

Règlement numéro LA GESTION DES EAUX DE SURFACE ET LES RACCORDEMENTS AUX SERVICES D AQUEDUC ET D ÉGOUT. Avril 2011

Les Français et la nature

RAPPORT SUR L INSPECTION DES BANDES RIVERAINES 2014 Portrait de la MRC Brome-Missisquoi

COMPTE RENDU REUNION PUBLIQUE SECTEUR B

After LIFE. Plan de Communication. LIFE + Information & Communication Projet AlterIAS. ALTERnatives to Invasive Alien Species

Le Plan Départemental de l Eau

Comment valoriser sa toiture plate en milieu urbain

École du Paysage et de l'horticulture

AVIS. Objet : Demande de permis de lotir à Franc- Waret (FERNELMONT) Réf. : CWEDD/05/AV.276. Liège, le 14 mars 2005

«Silva Cell Investir dans l infrastructure verte»

2. Identification de l'organisme de formation : Adresse BP 7

Les objectifs du règlement sur l utilisation des engrais et des pesticides sont de :

Notre organisation. Ils nous font confiance. Contrôle Qualité. Marchés au Bénéfice des collectivités territoriales.

INTRODUCTION. Arrêté no / 24

STI2D ANALYSE COMPARATIVE DE CYLE DE VIE TERRAIN EN GAZON NATUREL OU SYNTHETIQUE

Le compost. Un petit écosystème au jardin

DOSSIER L ARRETE DU 12 SEPTEMBRE 2006 PRESENTATION ANALYSE MISE EN APPLICATION CONSEQUENCES

Taillis à courte ou très courte rotation (TTCR) : gestion des pratiques d implantation

Décrets, arrêtés, circulaires

SCP d Architecture et d Aménagement du Territoire DESCOEUR F & C 49 rue des Salins, Clermont Fd. 7 juin 2010

10 ENGAGEMENTS, 30 PROPOSITIONS DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE «Avec vous, une Saône et Loire innovante et attractive»

DOMAINE «ENVIRONNEMENT EXTERNE»

INDICATEURS DE GESTION EVALUATION DES COUTS EN ESPACES VERTS

Accessibilité / voirie et espaces publics DDE

Une gamme d outils qui s étoffe

REUNION CONSEIL MUNICIPAL DU 11 DECEMBRE 2013

Granulés anti-limaces : pas sans risques!

Les principaux thèmes liés à cette cause sont :

Commune de la Tène Viabilisation de la zone du casino

Dossier de presse REMISE DE PRIX «ZERO PHYTO 100% BIO» Auditorium de l'hôtel de ville de Paris 30 Mars 2015

STRATEGIE AGRONOMIQUE

INVITATION GRATUITE pour notre 16 ème édition

PIERRE NATURELLE. VOTRE SITE CINERAIRE en. La pierre naturelle est faite pour durer au-delà des hommes

LE RESEAU VERT PAC LA CHAPELLE - LES SCIERS

RECUEIL DES ACTES ADMINISTRATIFS

25/02/2013. Le SIBV de la Seiche. Commission Professionnelle Agricole (CPA) Réunion n 1 22 février 2013 Piré-sur-Seiche

Canada Province de Québec Ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson

Comment concevoir son lit biologique

COMMUNE DE SAINT SEVERIN COMPTE RENDU DE LA

Journée technique du 28 mai 2013 Agence de Mobilité en territoires périurbains et ruraux. 2) Objectifs et missions. 3) Plan d'actions 2012 à 2014

Pour qu à la Grande Halle chacun puisse se sentir «comme chez lui» et réaliser ses projets en toute sérénité! COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Bibliothèque Royale Albert 1er

Glossaire : définitions des termes utilisés dans les fiches sur les indicateurs de performance

RESUME NON TECHNIQUE DE L ETUDE D IMPACT

AGENT POLYVALENT DES SERVICES TECHNIQUES

Le logement dans tous ses états. Définition : le logement et l'habitat

LE MOT DU MAIRE. Pierre Laferté

handyjob )))) multi-services Un regard différent sur le monde je suis handycapable

MONTELIMAR ENERGIE POSITIVE

LIVRE BLANC 9 SEMAINES POUR PREPARER UN PROJET DE CRECHE EN FRANCHISE AVEC LA PART DE REVE

Etude de l évolution du trait de côte du littoral des Bouches-du-Rhône au regard de l érosion marine

Questionnaire eevm. échange école ville montagne.

LIDO DU PETIT ET DU GRAND TRAVERS A MAUGUIO-CARNON

Transcription:

CHARTE 0 HERBICIDE Château de Campagne 17/09/2015 Manuel Pereira

Pourquoi une Charte «0 Herbicide»? Rappel du contexte La France : 1 er consommateur Européen de pesticides (85000 tonnes en 2008) source UIPP ( Union des Industries de Protection des Plantes) Les collectivités : représentent seulement 5% de la consommation totale de pesticides en France et sont responsables de 30% de la pollution des eaux. Les communes, des lieux particulièrement sensibles au transfert des pesticides : - La nature des surfaces traitées, majoritairement imperméables - La forte densité du réseau de collecte des eaux pluviales - L application même du produit qui est une source importante de transfert direct à l eau en cas de mauvaises pratiques. Nécessité de changer les pratiques

Les collectivités ont le devoir d être exemplaires Le Conseil Départemental de la Dordogne, une politique environnementale volontariste qui s inscrit dans l agenda 21 départemental Historique de la démarche, en Dordogne : 2006 : 0 herbicide sur l ensemble des sites entretenus par le PPEV 2008 : 1 er département à être passé au «0 herbicide» sur ses dépendances vertes routières. 2011 : Création d un programme départemental pour les communes de la Dordogne : la Charte 0 Herbicide. Une volonté de faire partager une expérience départementale à l échelle des communes pour préserver nos territoires

Gestion des dépendances vertes routières Plus d utilisation d herbicides sur les routes départementales depuis 2008

Avant 2008 Après 2008

Déstabilisation des talus par érosion. Sols mis à nu, déchaussement de la signalisation verticale, pollution

Colmatage des fossés

Gestion des dépendances vertes routières Un guide à destination des communes et des usagers de la route.

Un Constat et une volonté de partager son expérience Une charte départementale pour les 557 communes de Dordogne visant une amélioration des pratiques liée à l utilisation des produits phytosanitaires. Des priorités sont données à certains secteurs identifiés comme zones à protéger vis-à-vis de la qualité de l eau potable. Ces secteurs correspondent aux bassins versants des rivières Dronne et Dordogne qui font déjà l objet de Plans d Action Territoriaux. Auxquels il faut rajouter tous les périmètres prioritaires de captage d eau potable

Réglementation de plus en plus stricte Grenelle Environnement avec la mise en place du certiphyto obligatoire pour les applicateurs, acheteurs à partir d octobre 2014 Arrêté du 12 septembre 2006 ( délais de rentrée, interdiction à moins de 5m d un cours d eau) Arrêté du 27 juin 2011 qui interdit l application de produits phytosanitaires dans les lieux fréquentés par des publics à risques tels que les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite Loi Labbé: Interdiction d utilisation des produits phytosanitaires pour les collectivités territoriales avancée au 1 er mai 2016 (initialement prévue au 1 er Janvier 2020) concernant les espaces verts et les promenades ouvertes au public.

La Charte 0 Herbicide - Les enjeux - L engagement des collectivités - L engagement des partenaires Un devoir de résultats

Les communes et les EPCI signataires de la charte, s engagent à : Former les agents applicateurs Respecter la réglementation en vigueur Elaborer un plan d entretien et de désherbage Renoncer progressivement à l usage des herbicides Développer des méthodes alternatives Communiquer sur le sens et l intérêt de ces nouvelles pratiques Réaliser et communiquer annuellement un bilan qualitatif.

Engagement des partenaires techniques : (Conseil Général, CNFPT, Agence de l eau Adour Garonne) Former les agents (CG24/CNFPT) Soutenir techniquement les communes et les EPCI pour la réalisation d un plan d entretien et de désherbage communal (CG24) pour les communes de moins de 500 habitants. Mettre à disposition des communes des outils de communication (exposition, brochures, stand itinérant, panneau d information, site internet) (CG24) Aides financières de l Agence de l Eau Adour Garonne

Formation Gestion Différenciée et Techniques alternatives Etang de St Estephe Décembre 2014

Depuis Juin 2011, 122 Communes signataires 2 Communautés de Communes 35 Plans de Désherbage Réalisés 217 Agents communaux formés (10 sessions de formation - soit 70 communes représentées)

Depuis Juin 2011 Volume en litres 2013 2014 Diminution après une année Chancelade 140 100 30% Coulounieix-Chamiers 80 25 80% Agonac 40 20 50% Ribérac 300 20 93% Trélissac 100 10 90% Négrondes 10 0 80% Saint Paul de Lizonne 4 0 100% Paussac et St Vivien 10 0 100% Chapdeuil 10 0 100% Baisse moyenne 80%

ELABORER UN PLAN DE DESHERBAGE? Un document qui répertorie : - l ensemble des zones de la commune à désherber, - les surfaces qui présentent un risque de pollution élevé pour l eau, - et les méthodes de désherbages utilisées.

OBJECTIFS DU PLAN DE DESHERBAGE Préserver au maximum les ressources en eau. Se mettre en conformité vis-à-vis de l usage des herbicides chimiques, adopter de bonnes pratiques d utilisation des produits phytosanitaires. Identifier les zones à désherber en fonction du risque de pollution des eaux. Limiter au strict nécessaire l usage des herbicides sur les zones communales à désherber ( surtout pour les zones à risque) Développer des méthodes alternatives Ne plus chercher à éradiquer systématiquement les «mauvaises herbes».

Pour aller plus loin et renoncer progressivement à l usage des herbicides Adopter un plan de gestion différenciée Développer des techniques alternatives

Qu est-ce que la Gestion Différenciée? Un entretien adapté à chaque espace selon sa vocation et son utilisation Classement appropriée des espaces selon leur situation, leur taille, leur image, leur intérêt écologique, leur usage ainsi que l'attente sociale qu'ils suscitent. Cette classification permet de définir les objectifs de gestion pour chaque site «Entretenir autant que nécessaire mais aussi peu que possible»

Jardin de prestige Le jardinier maîtrise l espace, lieu de création, d expression et d imagination Entretien intensif Jardin Naturel Le jardinier observe et accompagne la nature Entretien extensif 23

Les techniques préventives limitant le développement des adventices Penser l entretien dès la conception Occuper/couvrir le sol pour limiter le développement des adventices (enherbement, fleurissement, paillages )

Penser l entretien dès la conception Réduire au maximum les zones propices au développement des adventices

Exemple d aménagement : surface lisse et homogène (sans décalage de hauteur) Passage de la tondeuse facilité (pas d obstacle) Plantation en dessous du niveau des allées Evite les débordements de matières organiques Aménagement sans joint ni bordure Pour limiter la levée des adventices Parking du Pôle international de la Préhistoire / Conception Pôle Paysage CG 24

Accompagnement technique des communes signataires Méthodes préventives sont privilégiées :«Végétaliser» les espaces pour empêcher l installation des «mauvaises herbes» Enherbement spontané, Fleurissement pieds de murs Acceptation flore spontanée Utilisation plantes couvre-sol, paillage Engazonnement cimetières

Plantation pieds d arbres Bergerac

Montpon Sedum âcre, reflexum, spurium, oracle et floriferum

FLEURISSEMENT BAS DE MURS Fanlac Prâts du Périgord

en centre ville Bourg du Bost Ribérac

St Paul de Lizonne et Fanlac

PAILLAGES DES MASSIFS

L enherbement consiste à implanter ou laisser s implanter une ou plusieurs espèces de plantes dont la pousse sera contrôlée grâce à un ou plusieurs fauchages. 2 types d enherbements : - l enherbement spontané - l enherbement semé

L enherbement spontané

Avantages Respect de la flore et de la faune indigènes, Biodiversité assurée, Aménagement durable. Entretien limité ( ex : abords de route CG 24, 2 fauches par an)

L enherbement semé Comment se passer d herbicides dans les cimetières? De plus en plus de cimetières végétalisés en Dordogne (Les cimetières représentent en moyenne 1/5 ème du volume de pesticides utilisé par les communes)

Exigences «gazons» - Faible croissance pour diminuer entretien (minimiser les tontes) - Bonne tolérance aux piétinements - Bonne résistance à la sécheresse (entretien sans arrosage)

Commune de St Paul de Lizonne

Saint Paul Lizonne

Commune de Négrondes Engazonnement cimetière au printemps 2013 Plus aucune utilisation de désherbant dans la commune

Commune de St Pierre de Frugie

Alternatives curatives Utiliser du matériel adapté

Brosse adaptable sur débroussailleuse Pour traiter les bordures sur revêtements imperméables

Désherbage mécanique

Porte-outil avec brosse métallique pour traiter les surfaces imperméables Trélissac

Désherbeur mécanique Pour l entretien des surfaces perméables

Désherbage manuel

COMMUNIQUER

Presse locale, bulletins municipaux, site internet,

Sensibiliser et informer

Communiquer sur sites,

Exposition roll-up

STAND «Jardiner autrement»

Création d un site internet dédié

Conclusion Solution universelle n existe pas Chaque collectivité devra adapter ses choix à sa propre situation C est la diversité et la complémentarité des solutions qui permettront un changement global des pratiques. Pour aller plus loin, il faudrait avoir une plus grande tolérance vis-à-vis de la végétation spontanée et repenser la notion de propreté.

Apprendre à vivre avec la flore spontanée Exposition «herbes en ville» Angers 2012

MERCI A NOS PARTENAIRES