POLY TUTORAT MCF : L Amélogénèse : Dr Cuisinier

Documents pareils
TUTORAT UE spé MCF CORRECTION Concours

Cellules procaryotes Service histologie Pr.k.mebarek

Chapitre 7 : Structure de la cellule Le noyau cellulaire

Transport des gaz dans le sang

Transport des gaz dans le sang

ULBI 101 Biologie Cellulaire L1. Le Système Membranaire Interne

Annales de Biologie Cellulaire QCM (niveau SVT 1 er année)

Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

Cavité buccale et système dentaire

EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

Professeur Diane GODIN-RIBUOT

La filtration glomérulaire et sa régulation

IMMUNOLOGIE. La spécificité des immunoglobulines et des récepteurs T. Informations scientifiques

Manuel d hygiène bucco-dentaire Destiné à la formation de prophylaxistes

Le rôle de l endocytose dans les processus pathologiques

LA MITOSE CUEEP - USTL DÉPARTEMENT SCIENCES BAHIJA DELATTRE

La séparation membranaire : comment maintenir la performance des membranes?

Dr Berdj Haroutunian, 5, Chemin Gottret ch-1255 VEYRIER tél (0) berdj@haroutunian.ch

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

L eau dans le corps. Fig. 6 L eau dans le corps. Cerveau 85 % Dents 10 % Cœur 77 % Poumons 80 % Foie 73 % Reins 80 % Peau 71 % Muscles 73 %

TP N 3 La composition chimique du vivant

Fluorescence de la substance dentaire dure et des matériaux d obturation

CHAPITRE 3 LA SYNTHESE DES PROTEINES

ACIDES BASES. Chap.5 SPIESS

Chapitre II La régulation de la glycémie

1ST2S Biophysiopathologie : Motricité et système nerveux La physiologie neuro-musculaire :

Fonction de conduction de la moelle épinière. Dr F. TOUMI

TRAVAUX PRATIQUESDE BIOCHIMIE L1

Médecine Pharmacie Dentaire Sage-femme ANNÉE UNIVERSIT AIRE

Calcaire ou eau agressive en AEP : comment y remédier?

Comment expliquer ce qu est la NANOTECHNOLOGIE

TD de Biochimie 4 : Coloration.

SESSION 2013 ÉPREUVE À OPTION. (durée : 4 heures coefficient : 6 note éliminatoire 4 sur 20) CHIMIE

Le trajet des aliments dans l appareil digestif.

TUTORAT UE Anatomie Correction Séance n 6 Semaine du 11/03/2013

FAQ CLEARFIL SE BOND. Pagina 1 van 5

COUSIN Fabien KERGOURLAY Gilles. 19 octobre de l hôte par les. Master 2 MFA Responsable : UE Incidence des paramètres environnementaux

5.5.5 Exemple d un essai immunologique

Insulinothérapie et diabète de type 1

Partie 1. Addition nucléophile suivie d élimination (A N + E) 1.1. Réactivité électrophile des acides carboxyliques et groupes dérivés

PREVALENCE DES INCLUSIONS ET RETENTIONS DENTAIRES DANS UNE POPULATION NOIRE SENEGALAISE. THESE DE 2 EME CYCLE. PRESENTEE ET SOUTENUE PAR MARYAM SARR

K W = [H 3 O + ] [OH - ] = = K a K b à 25 C. [H 3 O + ] = [OH - ] = 10-7 M Solution neutre. [H 3 O + ] > [OH - ] Solution acide

TP n 1: Initiation au laboratoire

Il faut avant de détailler ces différentes. Lésions. infra osseuses. Stratégie de traitement. Parodontologie. Gepi. Gepi

Utilisation des substrats énergétiques

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

Activité 38 : Découvrir comment certains déchets issus de fonctionnement des organes sont éliminés de l organisme

AMINES BIOGENIQUES. Dopamine/Noradrénaline/Adrénaline (CATECHOLAMINES) Sérotonine/Histamine/Dopamine

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

Les cytokines et leurs récepteurs. Laurence Guglielmi

Respiration Mitochondriale

VMWare Infrastructure 3

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

TEST ELISA (ENZYME-LINKED IMMUNOSORBENT ASSEY)

Université de Montréal

L univers vivant De la cellule à l être humain

THEME 2. LE SPORT CHAP 1. MESURER LA MATIERE: LA MOLE

Les tests génétiques à des fins médicales

Principe de fonctionnement des batteries au lithium

Microscopie Confocale. Principes de base & Applications en Biologie Cellulaire

TEST DE DÉTECTION DE LA PRODUCTION D INTERFÉRON γ POUR LE DIAGNOSTIC DES INFECTIONS TUBERCULEUSES

Artéfact en queue de comète à l échographie hépatique: un signe de maladie des voies biliaires intra-hépatiques

Critères pour les méthodes de quantification des résidus potentiellement allergéniques de protéines de collage dans le vin (OIV-Oeno )

FLUORESCENCE ET TESTS FONCTIONNELS Association Française aise de Cytométrie. 18 janvier 2007

AGREGATION DE BIOCHIMIE GENIE BIOLOGIQUE

Energie Nucléaire. Principes, Applications & Enjeux. 6 ème /2015

Rapport annuel de monitoring automatisé de la qualité de l eau

BREVET D ÉTUDES PROFESSIONNELLES AGRICOLES SUJET

NEUROPHYSIOLOGIE (2)

contributions Les multiples de la chimie dans la conception des tablettes et des Smartphones Jean-Charles Flores


Biochimie I. Extraction et quantification de l hexokinase dans Saccharomyces cerevisiae 1. Assistants : Tatjana Schwabe Marcy Taylor Gisèle Dewhurst

Optez pour une meilleure préparation canalaire avec la technologie Adaptive.

1 ère partie : tous CAP sauf hôtellerie et alimentation CHIMIE ETRE CAPABLE DE. PROGRAMME - Atomes : structure, étude de quelques exemples.

A B C Eau Eau savonneuse Eau + détergent

Fiche 19 La couleur des haricots verts et cuisson

Commentaires sur les épreuves de Sciences de la Vie et de la Terre

Cuves pour Spectrophotomètres

Dr FOUGERAIS Guillaume, formateur Génération Implant, Nantes.

Les Animaux habitent presque toutes les parties de la biosphère. La structure et la fonction chez les Animaux : principes fondamentaux.

L ÉNERGIE C EST QUOI?

CHAPITRE 2 : Structure électronique des molécules

Séquence 2. L expression du patrimoine génétique. Sommaire

Leucémies de l enfant et de l adolescent

PRINCIPALES ETAPES DE L'HEMATOPOIESE MEDULLAIRE (lignées, maturation, voies de domiciliation tissulaire) Partie II

CONCOURS DE L INTERNAT EN PHARMACIE

Information pour les patients dialysés qui prennent du chlorhydrate de sévélamer (RENAGEL)

Séquence 1. Glycémie et diabète. Sommaire

Décrite dès les années 1970, à ce jour, Les hypominéralisations molaires-incisives. Diagnostic et prise en charge adaptée. Odontologie pédiatrique

TD DOSAGE DE PROTEINES ET ELECTROPHORESE : PARTIE THÉORIQUE BST1 SVT

Pourquoi une femme-enceinte présente un certain nombre de douleurs inconnues jusqu'à lors?

Séquence 4. La nature du vivant. Sommaire. 1. L unité structurale et chimique du vivant. 2. L ADN, support de l information génétique

pour des implants dentaires

L ESSENTIEL de la COIFFURE

Notes. Schéma général PRODUCTION ÉLECTROLYTIQUE Composés inorganiques, nonmétaux

AVERTISSEMENT. D'autre part, toute contrefaçon, plagiat, reproduction encourt une poursuite pénale.

La gravure. *lagravureparvoiehumide *lagravuresèche

pka D UN INDICATEUR COLORE

Transcription:

POLY TUTORAT MCF : L Amélogénèse : Dr Cuisinier Différenciation de l améloblaste pré-sécréteur : il va s allonger, devient prismatique et son noyau va migrer en direction du stratum intermedium (couche cell à l intérieur de l organe de l émail en contact avec les amélobl pré-sécréteurs et sécréteurs). C est un cellule sécrétrice polarisée dont la majorité des organites sont impliquées dans synthèse : REG, l appareil de Golgi s accumulent au pôle de la cellule en contact avec la membrane basale (en violet sur le schéma). Les citernes du réticulum augmentent en nombre et s orientent parallèlement au grand axe de la cellule. Cette accumulation s accompagne de la formation d un 2 e complexe de jonction (présence de desmosomes) au niveau pôle distal (au contact de la membrane basale). L alignement des améloblastes pré-sécréteur est réalisé par l établissement des 2 complexes de jonction qui encerclent la cellule au niveau de ses deux extrémités. Les filaments intermédiaires attachés sur la face interne des desmosomes en intra-cellulaire forment des toiles terminales. L améloblaste pré-sécréteur acquiert progressivement ses fonctionnalités des cellule sécrétrice.

La différenciation des améloblastes pré-sécréteur s accompagne de la destruction de membrane basale qui séparait les pré-améloblastes des pré-odontoblastes. Sa disparition suit la sécrétion du manteau dentinaire par les odontoblastes. Cette membrane basale est tout d abord dégradée par les metalloprotéinases présentent dans des vésicules issues du bourgeonnement de la membrane plasmique des odontoblastes ; puis ses fragments sont phagocytés par améloblastes pré-sécréteur qui terminent sa dégradation grâce à leurs lysosomes. Le manteau dentinaire va se minéraliser suite au contact. Amélogénèse : améloblaste pré-sécréteur devient améloblaste et sécrète la première couche d émail au contact de la dentine.

La différenciation des cellules épithéliales est plus importante au niveau de la future cuspide qu au niveau du futur collet. Couche grise : manteau dentinaire

L améloblaste sécréteur sans prolongement de Tomes va sécréter une couche d émail aprismatique interne au contact de dentine assurant la jonction émail-dentine. La cellule va s allonger : environ 60µ de long perpendiculairement au manteau dentinaire et une largeur d environ 4µ. La polarisation de la cellule qui avait commencer à l état présécréteur continue à se mettre en place. De nombreuses vésicules de synthèse sont acheminées au pôle distal de l améloblaste, on observe à ce moment là les premières images d exocytose (vésicules de sécrétion en rose sur le schéma). C est le début de la synthèse des protéines de l émail.

Il y a contact direct intime entre les cristaux d émail (hydroxyapatite phosphocalcique) et de dentine (en forme de petites plaquettes), ceux d émail étant les plus gros. Au MO : forme festonnée jonction augmentant cohésion entre les deux tissus. La première couche d émail sécrétée au contact du manteau dentinaire fait 10µ d épaisseur et dite aprismatique (cristaux à peu près parallèle entre eux et enchevêtrés) par opposition au reste de l émail dit prismatique. En regard de la couche d email nouvellement formée les cellules du réticulum étoilé disparaissent par apoptose, on a alors un collapsus entre l épithélium dentaire externe et le

stratum intermedium ce qui va former la couche papillaire. La disparition du réticulum étoilé va permettre le rapprochement des vaisseaux du follicule vers les améloblastes sécréteurs ce qui va favoriser les apports en métabolites, protéines, acides aminés, calcium, phosphates nécéssaires à la sécrétion et à la minéralisation de l émail. Première couche d émail aprismatique de 10µ sécrétée : apparition du prolongement de Tomes qui va permettre la sécrétion de l émail prismatique. Dès la première couche d émail prismatique déposée : au niveau du pôle distal de l améloblaste un court prolongement de forme conique apparaît= prolongement de Tomes. Les améloblastes de la couche prismatique sont très allongés avec un noyau allongé contenant un seul nucléole, les cellules sont serrées les unes aux autres.

Dernier compartiment apical délimité par le terminal web distal où l on retrouve le prolongement de tomes de forme conique due à cytosquelette développé (microtubules et microfilaments). Le cytosquelette va diriger les vésicules de sécrétion vers 2 sites distincts : l un proximal du prolongement de Tomes sous le terminal web et l autre distal du prolongement.

Clichés MET : dans le prisme les cristaux sont parallèles a l axe longitudinal du prisme, la substance interprismatique entre chaque prisme a une orientation différente par rapport au prisme. Il y a un décalage dans la sécrétion : substance interprismatique est sécrétée avant le prisme. Immédiatement après leurs sécrétions les protéines de l émail vont initier la formation des cristaux (grands et fins) ; ces premiers cristaux sont appelés stipple material. Dans l émail mature adulte il n y a quasiment plus de protéines, les protéines sécrétées doivent être résorbées par des protéases qui sont sécrétées principalement au stade de maturation de l émail. par son extrémité carboxy- La dégradation de l énaméline par des protéases se fait terminale.

La tuftéline est la protéine la plus acide de l émail. Les sites de phosphorylation serviraient à la capture des ions calcium. La tuftéline est présente en faible quantité dans la gaine des prismes. La nucléation n est certainement pas son rôle principal car elle a été localisée dans foie poumon rein. Entre les prismes et la substance interprismatique il y a un vide= gaine du prisme, cet espace étant toujours présent. Les souris KO n ont pas le gène de l améloblastine: l email n est pas formé totalement car les améloblastes sécréteurs n adhèrent pas à la matrice de l émail. En perdant leur contact avec la matrice ils perdent leur polarisation, arrêtent de sécréter et recommencent à proliférer.

Chez les souris déficientes en gène d amélogénine l émail est hypoplasique et ne possède pas la structure caractéristique en prisme et en substance interprismatique, c est ce que l on retrouve chez l homme dans certaines formes d amélogénèses liées au chromosome X. Les protéases sont produites au stade de sécrétion de l émail, c est la MMP20. En parallèle il y aura sécrétion de phosphatases acides et alcalines.

On observe dans les améloblastes de maturation une diminution de la taille et du nombre des organites de synthèse de la cellule ; de plus ces cellules vont s élargir. Les améloblastes de maturation vont présenter 2 aspects de leur partie terminale : -aspect plissé : uniquement des systèmes de jonction distaux, les proximaux deviennent perméables et lâches. -aspect lisse : c est le contraire. Pendant la phase de maturation les améloblastes vont passer environ de 5 à 7 fois de bordure plissée en bordure lisse (80% du temps sous forme plissée et 20% à l état lisse). Le rôle de cette modulation semble être en relation entre l acidification et la neutralisation du ph de l émail immature, l élimination des fragments protéiques et le transport du calcium vers l émail pour permettre la croissance des cristaux.

Il est surprenant que pour que des cristaux puissent croître en épaisseur il faille une acidification du milieu. La croissance des cristaux ne peut se faire que si les molécules d amélogénines sont éliminées par la MMP20. Les conditions optimales de fonctionnement de MMP20 sont un ph légèrement acide donc les améloblastes sécrètent de la MMP20 puis une autre enzyme la sérine protéase 17 (calicréine 4) de la matrice de l émail. En même temps l améloblaste dans sa forme plissée va sécréter en quantité importante l anhydrase carbonique II qui libère des protons dans MEC : elle sera acide. La diminution de ph va activer la MMP20 qui va entraîner la fragmentation des nanosphères d amélogénine. Les fragments sont réabsorbés activement par les améloblastes plissés qui présentent de nombreuses images d endocytose au niveau de la bordure plissée. Les fragments peuvent également passer entre les améloblastes à bordure lisse pour être absorbés sur les côtés de la cellule. A la fin de la dégradation les nanosphères ont quasiment disparues et les cristaux ont fait leur croissance en épaisseur. La maturation des cristaux (croissance en épaisseur et en largeur) est liée à l arrivée massive d ions calcium et phosphates qui viennent des milieux interstitiels par la circulation sanguine du follicule dentaire. Ils peuvent passer entre les

cellules à bordure lisse car les systèmes de jonction distaux sont perméables mais les améloblastes à bordure plissée participent également activement au transport du calcium malgré leurs systèmes de jonction distaux imperméables. En effet les améloblastes à bordure plissée possèdent des protéines qui fixent le calcium dans la cellule : calbindines et annexines. Grâce à des structures protéiques situées au niveau de la membrane cytoplasmique (= calcium-atpases) on aura une libération active de Ca dans la MEC. Ces ions sont libérés à partir des phosphoprotéines et l amélotine est une protéine phosphorylée sécrétée par les améloblastes spécifiquement au stade de la maturation. La maturation permet la croissance des cristaux dont l épaisseur passe de 3,1nm avant la maturation à 25nm après la maturation et la largeur passe de 29 à 65nm pendant la maturation. A la fin de la maturation on obtient un émail mature composé de 96% de cristaux avec seulement 3,2% d eau et 0,8% de matière organique. Dernière étape de la vie de l améloblaste c est l améloblaste de protection qui protège l émail mature jusqu à l éruption de la dent. C est une cellule cubique qui va sécréter une lame basale à la surface de l émail auquel il adhère.

L épithélium réduit l émail donc contient ces améloblastes de protection. L organe de l émail réduit est formé de l épithélium dentaire externe, le stratum intermedium et les améloblastes de protection. S il n y avait pas cette couche de protection les enzymes et les acides conjonctifs entraîneraient la destruction de l émail avant son éruption. THE END. BON COURAGE A TOUSSSS! ET A L ANNEE PROCHAINE ( EN P2!!! )