Notre patrimoine religieux



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Transcription:

Notre patrimoine religieux Témoins du passé Le Conseil du patrimoine religieux du Québec, nommé auparavant Fondation du patrimoine religieux du Québec (1995-2007), en collaboration avec le Ministère de la Culture et des Communications du Québec a procédé, en 2003, à un vaste inventaire du patrimoine religieux de la province. Cet exercice s'est donné comme objectif premier «d'approfondir la connaissance et de se donner une vision globale de ce patrimoine». Une première phase du projet a constitué en l'inventaire proprement dit des lieux de culte construits avant 1975. Au cours d une 2 e phase, la Fondation a conduit une évaluation patrimoniale et procédé à la hiérarchisation des édifices patrimoniaux. En ce qui concerne Le diocèse de Saint-Jérôme, la 2 e phase de l'inventaire qui attribue une cote aux édifices a permis de pointer un certain nombre d'églises à valeur patrimoniale reconnue. Cela signifie que ces églises doivent être conservées, protégées et mises en valeur. Cette section du site internet du diocèse de Saint-Jérôme présente les églises qui ont obtenu l'une des cotes A, B ou C (A étant la meilleure cote attribuée). L'information qui y figure ici est une gracieuseté du Conseil du patrimoine religieux du Québec. ÉGLISES DIOCÉSAINES À VALEUR PATRIMONIALE Cote A : L'Annonciation (Oka) Cote C : Sainte-Anastasie, Sainte-Anne, Saint-Eustache, Saint-Hippolyte, Saint-Philippe, Saint-Placide, Sainte-Thérèse-d'Avila

Adresse civique: 181, rue des Anges, Oka, Québec J0N 1E0 ÉGLISE DE L'ANNONCIATION (OKA) Début de la construction d origine: en 1879 Fin des travaux d origine: vers 1883 Hiérarchisation régionale : Statut juridique: Incontournable (A) œuvre d'art classé Concepteurs : Perrault et Mesnard, architectes Frappier et Boucher, maçons Louis Trépanier, Hyacinthe Trépanier, G. Ducharme, menuisiers Orgue : Casavant 1900, opus 113 - Une soufflerie électrique fut ajoutée en 1926. Vitraux : Maison Raymond Beullac de Montréal - XIX e siècle Décor peint : Guido Nincheri 1932

SOMMAIRE HISTORIQUE Le site de l'église l'annonciation à Oka est historiquement relié à la première mission amérindienne établie par les Sulpiciens à Montréal. En 1671, ces derniers fondaient une première mission au pied du Mont- Royal. Elle fut déménagée entre 1696 et 1704 au Sault-au-Récollet afin d'éloigner les amérindiens de la ville naissante. Le peuplement progressif du secteur près de la rivière des Prairies par des colons français amène un second déménagement de la mission plus au nord, aux abords du lac des Deux- Montagnes. C'est d'ailleurs en 1718 que les Sulpiciens obtiennent du roi de France la concession de la seigneurie des Deux-Montagnes qui correspond aux territoires actuels des paroisses d'oka, de Saint- Placide, de Saint-Benoît, Sainte-Scholastique, Saint-Canut, Saint-Colomban et Sainte-Monique. En ce sens, l'annonciation d'oka constitue une des plus anciennes fondations dans ce secteur. L'église de l'annonciation prend aussi une importance symbolique supplémentaire lorsque l'on considère qu'elle abrite des œuvres qui faisaient autrefois partie du calvaire d'oka, classé site historique par le gouvernement du Québec depuis 1982. D'abord conçu comme lieu de conversion des Amérindiens puis devenu lieu de pèlerinage historique d'importance majeur pour l'histoire régionale, ce site remonterait à 1750 et le sulpicien Hamon Le Guen constituerait l'instigateur de sa mise sur pieds. La première chapelle à Oka aurait été érigée en 1720 sur un site se trouvant à un peu plus d'un kilomètre à l'est de l'église actuelle, près de l'embouchure de la rivière aux Serpents. On appela d'abord le lieu Mission sulpicienne des Deux-Montagnes, mais on lui donna rapidement le nom de Notre-Dame de Lorette. Mohawks, Algonquins et Nipissingues du secteur sont alors forcés à se regrouper dans cette nouvelle mission. Une nouvelle église de pierres aurait été construite en 1732 sur l'emplacement de l'église actuelle et une palissade rapidement érigée afin de répondre à la demande des autorités métropolitaines qui désiraient faire du lieu une place forte dans la stratégie de défense du territoire. La première église mesurait 96 pieds par 42 et servait à une population d'origine française et amérindienne. L'interprétation de de Pagès diffère un peu: selon cet auteur, la première chapelle de bois aurait été déménagée du Sault-au- Récollet pour être établie sur un site à Oka près de la rivière aux Serpents. Le bâtiment aurait par la suite été déménagé sur le site actuel sur la pointe en bordure du lac des Deux-Montagnes, puis recouvert de pierres en 1732. Nous n'avons pu vérifier l'exactitude de ces informations. Le 14 novembre 1874, la mission est érigée canoniquement et est placée sous le vocable de l'annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. «En 1957, la paroisse, qui a été jusque-là une paroisse sulpicienne, fut versée au diocèse de Saint-Jérôme fondé quelques années auparavant (1951). L'église a été vendue au diocèse en 1960 et devint alors propriété de l'évêque diocésain.» Au XIX e siècle, des troubles surviennent entre les différentes communautés, les Mohawks s'étant historiquement alliés aux Britanniques alors que les Algonquins avaient plutôt pris le côté des Français. L'église, le presbytère et les dépendances d'oka sont incendiés le 15 juin 1877. L'église actuelle est réalisée entre 1879 et 1883 selon les plans des architectes Perrault et Mesnard. Le clocher ne sera complété qu'en 1907. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Le lieu de culte apparaît précurseur dans l'œuvre commune des architectes Perrault et Mesnard puisqu'il survient tôt dans l'association des deux hommes. La composition de la façade aurait d'ailleurs été reprise à quelques occasions dans la couronne nord de Montréal dans les années qui ont suivi sa construction (Saint-Lin, Sainte-Thérèse-d'Avila, Saint-Charles-Borromée à Joliette). L'utilisation de puits de lumière sur les versants du toit constitue un élément original et unique dans le corpus. L'astuce des architectes consistait à éclairer par leur biais des rosaces qui donnent l'impression de constituer des fenêtres hautes de l'intérieur. La composition du bâtiment est homogène et montre une utilisation judicieuse du contraste entre la pierre locale rosâtre et une pierre de taille plus pâle utilisée aux angles et pour les détails architecturaux, caractéristique du courant de l'éclectisme qui s'amorce à cette époque. La chapelle ajoutée entre 1907 et 1909 et qui aurait été érigée selon un dessin d'arthur Guindon est très bien intégrée au reste du bâtiment puisqu'elle a été réalisée avec les mêmes matériaux et amène une symétrie nouvelle au bâtiment qui ne comportait à l'origine qu'une sacristie du côté est du bâtiment. Le clocher dont la

conception du plan est tantôt attribuée à J. Omer Marchand, tantôt à Perrault et Venne a été construit en 1907 par les entrepreneurs Paquet et Godbout de Saint-Hyacinthe en remplacement de la petite structure de bois d'origine. Intérieur Le nom Beaulieu serait mentionné au livre de caisse relativement à la réalisation du premier décor. Les rosaces «... ne reçoivent pas la lumière directe du soleil; c'est par le truchement de puits de lumière installés sur le toit et vis-à-vis des rosaces que celles-ci sont éclairées durant le jour». Des modifications au décor intérieur d'origine sont apportées au XX e siècle: un orgue Casavant, opus numéro 113 est installé en 1900 et une soufflerie électrique rajoutée en 1926. En 1932, la nef est redécorée par Guido Nincheri qui ne conserve de l'ancien décor qu'une bande comportant des prophètes tenant des parchemins qui encadre une nouvelle toile de l'annonciation réalisée par Sœur Jérôme-de-la-Croix remplaçant un tableau de Nicolas Lefebvre qui datait de 1736. Les bancs de bois polychromes seraient probablement d'origine mais une rangée qui prenait place dans l'allée centrale a été retirée à une date inconnue au cours du XX e siècle. Les stalles, la balustrade ainsi que la chaire auraient été retirées du décor probablement lors de réaménagements dans la foulée du renouveau liturgique de Vatican II. L'auteur de Pagès mentionne également que la tribune arrière aurait été modifiée à une date inconnue par un allongement qui permit à cette structure de rejoindre de part et d'autre les murs latéraux. Les tableaux de Nicolas Lefebvre auraient probablement fait partie du décor intérieur d'origine alors que les bas-reliefs de François Guernon dit Belleville ont été rapatriés du Calvaire vers la chapelle de l'église vers 1970. La Madone à l'enfant en argent qui trônait sous une cloche de verre dans la chapelle se trouve maintenant au musée des Sulpiciens à Montréal. Une importante bannière historique brodée restaurée en 1991 se trouve également dans la chapelle ainsi que plusieurs pièces d'orfèvrerie de qualité datant du XVIII e siècle. La bannière a été prêtée au Musée des Beaux-Arts de Montréal pour figurer dans une exposition prochaine visant à retracer les 350 ans de présence des Sulpiciens à Montréal.

Adresse civique: 174, avenue Bethany Lachute, Québec J8H 2M1 ÉGLISE SAINTE-ANASTASIE Début de la construction d origine: en 1936 Fin des travaux d origine: vers 1937 Hiérarchisation régionale: Concepteurs: J.-Eugène Perron, architecte Alcidas Laurin, entrepreneur Orgue: Casavant et Frères; 1939 (installation); Opus 1614 Vitraux: Oui Remarque s.n; s.d. Supérieure (C) SOMMAIRE HISTORIQUE La première chapelle en bois aurait été construite en 1876. Incendiée peu de temps après sa construction, elle fut remplacée par une église de brique en 1876-1877. Cette église fut démolie au printemps 1937 après la construction de l'église actuelle.

Historique: 1879: Construction du premier presbytère. 1883: Érection canonique de la paroisse que M gr Fabre, évêque de Montréal, place sous le vocable de Sainte-Anastasie 1936: Construction de l'église actuelle d'après les plans et devis de l'architecte J.-Eugène Perron. L'entrepreneur Alcidas Laurin effectue les travaux 1937: Fin des travaux reliés à la construction de l'église Après 1937: Démolition de l'ancien presbytère et construction de l'actuel avec chemin couvert qui le relie à l'église. Une photo d'époque datant de 1937 nous permet de visualiser l'ancien presbytère. 1962: Travaux de restauration intérieure. Les motifs créés par une utilisation polychromique de la brique auraient alors disparu probablement par l'application d'une peinture sur le revêtement. Un aspect important du style Dom Bellot aurait ainsi été supprimé. On remarque aussi sur des photos prises avant cette restauration une chaire qui aurait été enlevée probablement à la même époque. Vers 1999: travaux de restauration intérieure et extérieure sous la direction de l'architecte Jean-Marc Coursol. À l'intérieur, on procède aux travaux de nettoyage et de peinture des murs et de la voûte. À l'extérieur, on remplace partiellement les fenêtres de bois par d'autres en pin de première qualité et on remplace également le verre. On rénove de plus le clocher et on procède à la réfection de la toiture. Le bardeau d'asphalte est ainsi changé tout comme la gargouille. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Revêtement dominant des murs: Pierre Style dominant: Dom Bellotiste Remarque: Pierre granitique. Cette pierre rosâtre est semblable à celle rencontrée à l'église Margaret Rodger Memorial construite à la même époque dans la même ville de Lachute et qui provenait d'une carrière de Brownsburg, ville voisine de Lachute. Il s'agit selon Claude Bergeron d'une des premières églises construites selon le style Dom Bellot au Québec, avec Sainte-Thérèse de Lisieux à Beauport. L'église Sainte-Anastasie rappelle par sa tour jouxtant le volume principale et sa rosace en façade l'église Immaculée Conception d'audincourt en France, érigée en 1931 d'après les plans et devis de Paul Dom Bellot. Cet exemple précoce de l'influence de Dom Bellot au Québec doit cependant être remis en contexte puisque dans la même ville de Lachute, en 1932, avait été construit un lieu de culte presbytérien, l'église Margaret Rodger Memorial, qui semble, par ses formes et ses matériaux, avoir grandement influencé la conception de cette église de J.-Eugène Perron. Cet exemple renforce l'idée de la nécessité de regarder du côté des traditions protestantes pour comprendre d'autres dimensions du renouveau de l'architecture religieuse au Québec. L'architecte J.-Eugène Perron semble avoir œuvré principalement dans les années 1950 dans la région montréalaise. Il travailla auparavant avec l'architecte Henri S. Labelle sur les plans de la Cathédrale Sainte-Cécile à Salaberry-de-Valleyfield (1934-1935), église érigée dans un style qui ne laissait pas encore paraître l'influence de Dom Bellot sur l'architecte. Cette inspiration semble davantage se concrétiser chez Perron avec l'église Sainte-Anastasie. Elle constitue probablement l'œuvre la plus achevée de l'architecte. Bâtiment à plan rectangulaire, l'église Sainte-Anastasie est entièrement revêtue de granit rose provenant de Brownsburg. Sa particularité réside en partie dans sa tour octogonale élevée tel un campanile à la droite de l'édifice. La chambre des cloches est ici délimitée par des ouvertures polygonales avec persiennes. Ornées de modillons et d'un fronton, quatre des huit faces saillissent au niveau de la chambre des cloches, procurant à la tour une allure quelque peu médiévale, caractéristique du courant architectural inspiré par Dom Bellot. Moins élaborée, la façade de l'église trouve son ornementation dans sa rosace et son portail dont la pente du toit est tronquée par la présence d'une niche abritant une statue. Si les différentes ouvertures démontrent une forme polygonale en façade, on note la présence d'arcs en mitre au niveau des murs latéraux.

À l'arrière, l'abside laisse paraître le même registre d'ouvertures qu'en façade, soit la rosace et les quatre fenêtres à arc polygonal. Une sacristie et une chapelle se logent à l'intérieur des murs qui ceinturent le bâtiment sur les côtés et à l'arrière. Intérieur Les arcs polygonaux dominent ce décor à la Dom Bellot. Plancher de «terrazzo» et de tuiles de céramique agencées de façon à créer une répétition de motifs. Une restauration survenue en 1962 aurait fait disparaître une partie des effets de l'utilisation polychrome de la brique. On remarque l'utilisation du verre coloré jaune dans les fenêtres de la nef. Les fenêtres que l'on retrouve dans la façade répondent à celles qui se trouvent dans le mur au fond du chœur. Le mobilier du chœur est en bois. Les fonts baptismaux sont signés Jean-Julien Bourgault et les anges situés de part et d'autre du maître autel seraient l'œuvre de Médard Bourgault. On note la présence de deux tribunes à l'arrière de la nef et de deux tribunes latérales dans le chœur.

Adresse civique: 129 boulevard Sainte-Anne Ste-Anne-des-Plaines, Québec J0N 1H0 ÉGLISE SAINTE-ANNE Début de la construction d origine: En 1899 Fin des travaux d origine: Vers 1902 Hiérarchisation régionale : Exceptionnelle (B) Concepteurs : Joseph Venne, architecte réalisation du décor intérieur par Toussaint-Xénophon Renaud, peintre Personnage historique associé : M gr Conrad Chaumont Événement historique : En 1877 arrivée du chemin de fer Ste-Anne-des-Plaines Orgue : 1903 - Casavant frères; opus 172 SOMMAIRE HISTORIQUE La paroisse a été érigée en 1787. La même année est construit un presbytère qui servit de chapelle jusqu'en 1805, alors qu'on achevait la construction de la première église. On dit que la plupart des colons provenaient de Sainte-Anne-de-Beaupré, tout comme le curé du temps, d'où la prédilection pour une dévotion à Sainte-Anne. L'église de pierres des champs devenue trop petite est détruite pour faire place au lieu de culte actuel en 1899. Sainte-Anne-des-Plaines, comme son nom l'indique, se trouve dans les plaines du Saint-Laurent, au nord de Montréal, non loin des Laurentides. Au centre d'une vaste plaine, faisant face au soleil levant, rue Principale, un groupe de bâtiments institutionnels crée un véritable impact visuel sur le paysage environnant. La volumétrie monumentale de ces édifices est d'une grande qualité architecturale.

Leur disposition est justifiée par le rôle que jouaient socialement ces derniers. L'église est située sur un promontoire naturel entouré d'un presbytère (Perrault & Mesnard, 1886), d'un ancien couvent que les Sœurs de Sainte-Anne utilisèrent de 1882 à 1972 et d'un cimetière où se trouvent une chapelle, un charnier et plusieurs monuments. Joseph Venne conçoit les devis du lieu en tenant compte des normes sur l'orientation des églises. Il réalise aussi les plans du maître-autel, des autels latéraux, de la chaire, des confessionnaux, du vestiaire et de l'armoire chapier. On peut lire dans un document de «La requête au don pour l'élévation d'un temple», en 1899, qu'on espérait attirer à Sainte-Anne-des-Plaines, les pèlerins qui ne pouvaient se rendre à Sainte-Anne-de- Beaupré. «Cette église de Sainte-Anne a été bâtie en prévision d'en faire un lieu de pèlerinage de facile accès, pour les paroisses du nord. Elle peut contenir 2 000 personnes» (L'Avenir du Nord, 20 septembre 1900). OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur «La Renaissance Allemande qui a été tant admirée tout récemment à l'exposition de 1900, à cause de la surabondance de la libre allure de ses détails a été choisi comme style. (...) Ce style lui a fourni des ressources par ses détails gras et abondants, ses crochets, ses écussons sculptés aux armes du pape régnant et de l'archevêque du diocèse ses plaques commémoratives rappelant la fondation de la paroisse et l'érection de la nouvelle église, ses inscriptions enguirlandées de feuilles dans l'archivolte de la grande entrée. Le pignon de la façade est fini en degrés destinés à supporter des obélisques, des consoles ou des statues.» Selon le même article, on apprend que la statue de Sainte-Anne en façade serait l'œuvre de M.T. Carli de Montréal. (L'Avenir du Nord, 18 juillet 1901) Si selon cet article, on peut relier l'église de Sainte-Anne-des-Plaines à la «Renaissance Allemande», on peut surtout la situer dans la province, dans la foulée de l'éclectisme qui a primé depuis la fin de la deuxième moitié du XIX e siècle jusqu'en 1910 environ et dont elle possède l'abondance de l'ornementation en façade et la pierre à bosses sur ses murs latéraux et arrière. Or elle présente une ornementation qui lui est propre et qui ne peut être comparée à ce qu'a fait, par exemple, la firme Perrault & Mesnard à la même époque dans la région. Venne a d'ailleurs été associé à cette firme jusqu'en 1896 et Sainte-Anne-des- Plaines serait un des premiers lieux de culte qu'il réalisera seul. Il la concevra avant son départ pour Rome et l'europe en 1900 où il compte faire une «mise à jour» de ses connaissances et bien qu'on y remarque certains traits qui seront récurrents, on constate que l'église de Sainte-Anne-des-Plaines n'a pas son pareil dans sa production d'après 1900. Seule peut-être l'église Saint-Enfant-Jésus-du Mile-End, dont il referait la façade en 1902-1903, partage certains points tels que l'organisation pyramidale et l'ornementation qui s'y superpose. Il n'est d'ailleurs pas possible de savoir si la façade de Sainte-Anne-des-Plaines n'a jamais reçu les statues qu'on prétend qu'elle accueillera sur son pignon dans l'article cité plus haut. Comme détails récurrents dans sa production ultérieure on peut sinon mentionner la largeur des fenêtres et les meneaux qui les quadrilleront ou encore les portiques latéraux et les escaliers qui seront insérés dans des absidioles à pan coupés. Mis à part des bulbes qui ornent ses clochers et clochetons, l'église de Sainte-Anne-des-Plaines se caractérise par la largeur de son transept qui n'a d'égal que la longueur de son chœur. Venne fait ici une utilisation judicieuse de l'acier pour la charpente qui lui permet l'ouverture d'immenses baies en hémicycle à chaque extrémité des bras du transept ou encerclant l'abside du chœur. La grandeur de ces fenêtres compense pour la largeur des volumes et le bâtiment ainsi composé ne paraît probablement pas aussi monumental à l'œil qu'il ne l'est vraiment. Intérieur L'intérieur de cette église porte les stigmates des différentes restaurations au niveau de sa voûte. On remarque qu'à mi-hauteur, à partir des chapiteaux des colonnes jusqu'au plancher, moins de changements

ont été apportés. La chaire autrefois située du côté droit de la nef a aujourd'hui été réutilisée en ambon. Le maître-autel a été dépouillé d'une partie de son ornementation qui s'est vue distribuée afin de garnir le chœur. Les éléments architecturaux sont néanmoins toujours en place. Les tribunes courbées qui permettent d'accueillir un plus grand nombre de fidèles modulent l'espace du lieu dont la décoration est dominée par les anges et les dorures qui ornent les colonnades. Les bancs d'origine sont en place et le plancher toujours en lattes sous les bancs et dans le chœur. On remarque le jeu des arcs: tandis que les ouvertures sont en plein cintre elles sont prolongées par des arcades ogivales dans la voûte. De même des arcs doubleaux en plein cintre dans la travée centrale sont substitués par une croisée d'arcs ogivaux au niveau du transept: les segments partant de chacun des quatre coins de la croisée du transept vont se rejoindre en son centre, au-dessus de la nef, sous une moulure rayonnante datant du décor d'origine. Cet agencement d'arcs était particulièrement mis en valeur par la décoration de la voûte tel qu'on peut le remarquer sur une photographie d'époque. Un premier décor peint aurait effectivement été réalisé lors de la construction de l'église. On sait que Toussain-Xénophon Renaud aurait travaillé à l'église de Sainte-Anne-des-Plaines, on ne sait s'il avait réalisé le décor de la voûte à l'époque. Ce qui nous est permis de voir présentement est cependant l'œuvre exécutée par Georges Chalifoux en 1950-1951. On aurait procédé à des travaux de peinture en 1986, mais tel qu'on peut l'apercevoir sur des photographies de l'époque, il ne s'agissait pas de retrouver le décor d'origine. Un premier orgue est acheté en 1836 au coût de 1000 $. Il est cependant détruit dans l'incendie de 1843. On rachète un second en 1870 qui sera donné en échange à Casavant Frères lors de l'acquisition d'un de leurs orgues pour la nouvelle église en 1902. On achève l'installation du nouvel orgue le 25 janvier 1903.

Adresse civique: 123, rue Saint-Louis Saint-Eustache, Québec J7R 1X9 ÉGLISE SAINT-EUSTACHE Début de la construction d origine: En 1780 Fin des travaux d origine: Vers 1783 Hiérarchisation régionale : Supérieure (C) Statut juridique: Monument et lieu historique classé, aire de protection (décret ministériel) Concepteurs : Augustin Grégoire, maçon Joseph Dufour dit Latour, charpentier Personnages historiques associés : les Patriotes de 1837, le seigneur Globensky, Paul Sauvé Événement historique : La rébellion des Patriotes en 1837-1838 Orgue : à l'origine, un orgue Brodeur 1867, modifié à deux reprises par Casavant & Frères: 1910, opus 404 et 1954, opus 2275. SOMMAIRE HISTORIQUE En 1774, un presbytère est érigé sur un terrain offert quatre ans auparavant par le seigneur Louis- Eustache Lambert Dumont. Ce petit bâtiment servant également de chapelle pour l'office divin sera utilisé jusqu'en 1783 à titre de lieu de culte, mais 1818 comme presbytère. En 1779, les syndics sont élus pour la construction de la nouvelle église. Des contrats sont passés l'année suivante avec Augustin Grégoire, maçon de Montréal et Joseph Dufour dit Latour, maître-charpentier de Lavaltrie.

Les travaux s'échelonneront ainsi de 1780 à 1783. L'église construite en 1780 fut érigée selon un plan traditionnel, communément appelé à la jésuite ou croix latine et se terminant par une abside en hémicycle. Faute de source, l'identité de l'architecte demeure inconnue. Selon la conservatrice Agatha Lopez, l'hypothèse qu'il puisse s'agir d'une interprétation par un entrepreneur du plan jésuite déjà largement diffusé est également à considérer. Le clocher, à double lanterne, était situé au faîte du toit et trois portes permettaient l'accès par la façade principale. À noter également la présence de deux fenêtres et d'un œil-de-bœuf au-dessus du portail. Dès 1790, des travaux de réfection sont nécessaires au niveau du plancher et en 1797, c'est le revêtement de bardeau du toit qui fait l'objet d'une réfection. En 1819, Pierre Poitras, maître-charpentier et couvreur et Nicoleurs Kinsleur, maître-charpentier vont s'employer à ériger une tour et un nouveau clocher sur le coin gauche de la façade, remplaçant l'ancien situé au faîte du toit. Ses artisans vont également œuvrer à la construction du nouveau presbytère. En 1820, Louis-Amable Quévillon et René Saint-James sont sollicités afin d'orner l'intérieur de l'église. Les travaux qui s'échelonneront jusqu'en 1824 comprennent la réalisation d'un nouveau plancher dans le sanctuaire, d'une balustrade, de la voûte et de son ornementation, de nouveaux retables pour le chœur et les chapelles, de sculptures, de l'ornementation de la chaire et du banc d'œuvre, la consolidation des tribunes et les doter de bancs et d'escaliers, la finition avec une corniche tout autour de l'église et finalement, la dorure et l'argenture de différents ouvrages. En se fiant à un plan reconstitué, on peut y voir qu'un chemin couvert est aménagé en 1820 sur le côté latéral droit, le long de l'abside. L'église peut ainsi être le foyer de célébrations en vue de l'érection canonique de la paroisse de Saint-Eustache en 1825. Devant une population grandissante et des travaux antérieurs effectués de façon maladroite, le curé Jacques Paquin voit la nécessité d'allonger son église par l'avant. Les travaux s'effectuent donc de 1831 à 1833. En échange de ce sacrifice onéreux effectué par les paroissiens, le curé promet la construction à ses frais d'un couvent, ce qui sera fait en 1833. On démolit ainsi le clocher érigé quelques années auparavant pour agrandir l'église de 28 pieds par l'avant. La façade est du coup complètement refaite. Deux tours sont érigées aux extrémités de la façade, lesquelles se voient surmontées de clochers à double lanterne recouverts de fer blanc. Sur cette façade en pierres de taille, deux entablements, d'ordre dorique et ionique, semblent soutenus par douze pilastres. À noter également que la toiture aurait pu être recouverte de fer blanc à la même époque. Le contrat d'abord accordé à François Labelle, maître-maçon, sera par la suite attribué à Joseph Robillard, maître maçon. François Parizeau, maître charpentier œuvrera également aux rénovations de 1831-1833. Aucun architecte n'a officiellement exécuté les plans de ces travaux, mais l'historienne Raymonde Gauthier y voit peut-être la marque de John Wells par la composition monolithique de sa façade. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Suite aux incidents de 1837, les dommages subis sont considérables pour le patrimoine bâti de la paroisse. Victimes des flammes, le presbytère est une perte totale et le couvent est lourdement endommagé. Quant à l'église, seuls la façade et les murs sont toujours en place. En 1841, un contrat est accordé à Moyse Olier pour les travaux de charpente, de couverture, des portes et fenêtres. L'année suivante, un contrat de maçonnerie est établi avec Joseph Robillard pour réparer le portail et les tours de l'église. Selon Raymonde Gauthier, l'architecte John Ostell pourrait avoir dressé les plans de restauration. En 1845, on procède à la reconstruction du presbytère.

En 1852, le crépi des murs extérieurs de l'église fait l'objet d'une réfection. En 1895, la fabrique juge qu'il faut à nouveau reconstruire le presbytère. Trois ans plus tard, en 1898, le nouveau couvent est à son tour inauguré. D'autres travaux majeurs ont lieu en 1905. D'après les plans de l'architecte Joseph Sawyer, on agrandit les murs latéraux, joignant ainsi les tours aux bras du transept. À la jonction de la maçonnerie ancienne du transept et des murs nouveaux, on élève deux contreforts. La sacristie datant de 1783 est démolie pour en reconstruire une nouvelle. On aménage également à la droite de l'abside, la chapelle Sainte-Anne et procède à la reconstruction des lanternes des clochers. Un fronton est placé au sommet de la corniche en façade afin de masquer le toit qui vient d'être haussé. On pose également sur le socle triangulaire une statue de saint Eustache, œuvre d'olindo Gratton. Le contrat pour ces travaux est accordé à l'entrepreneur Boileau et frères. En 1930, M. Hormisdas Pilon se voit octroyer un contrat pour des travaux de peinture au niveau de la toiture et des clochers. En 1948, on procède à la construction d'une salle paroissiale attenante à la sacristie et à l'abside. L'année suivante, on procède à l'installation d'un nouveau carillon comprenant quatre cloches fondues par la maison Cornille de Villedieu en Normandie. Le bourdon s'écrasant avec fracas au sol lors de son installation, il fallut attendre 1951, une fois le bourdon refait pour entendre le son de l'ensemble du carillon. En 1957, on refait la peinture de la toiture «en aluminium». Par le fait même, on effectue des travaux à la toiture de la sacristie en l'ajustant au niveau du toit de la salle paroissiale. Quelques travaux de réfection et d'entretien eurent lieu depuis quelques années. En 1997, des travaux de peinture sont effectués au niveau de la fenestration et des clochers. En 2000, on procède à la réfection du bourdon qui est fissuré et au système électrique du carillon. D'autres travaux de réfection surviennent en 2002, au niveau de la maçonnerie, de la toiture et des clochers. L'église a été classée comme monument et lieu historique en 1970, d'après la résolution de la Commission des monuments historiques du Québec (réf: Ministère de la Culture et des Communications, Direction Laval, Lanaudière, Laurentides, dossier 14216-15 001333). En 1977, une aire de protection a été délimitée autour de l'église de Saint-Eustache par l'ancien Ministère des Affaires culturelles, conformément à la loi sur les Biens culturels (réf: Ministère de la Culture et des Communications, Direction Laval, Lanaudière, Laurentides, dossier 14222-15 001362). Intérieur Suite aux événements du 14 décembre 1837, rien ne subsiste de l'héritage artisanal de Quévillon et Saint- James. On refait alors l'ornementation de l'intérieur de façon progressive. Vers 1838, l'église se dote de quelques éléments décoratifs. Un chandelier pascal, œuvre de Vital Desrochers et six chandeliers d'autels, dont deux sont l'œuvre d'un don de Dame Dorion, sont intégrés au décor intérieur. Il est par contre difficile de dater le reste du mobilier liturgique, mais aussi, de leur attribuer un concepteur. On pourrait croire tout de même qu'il serait l'œuvre d'urbain Desrochers, le père de Vital Desrochers. S'apparentant au mobilier de l'église Sainte-Geneviève de Pierrefonds par leur style, on peut présumer que le maître-autel, les autels latéraux et la chaire actuels ont été conçus à la même époque, vers 1844. En 1845, on inaugure un nouvel orgue. Le curé Moreau, successeur du curé Paquin, fait ériger en 1852 un baldaquin au-dessus du maître-autel. Selon Claude-Henri Grignon, on procède également, la même année, à la construction de deux tribunes au-dessus des chapelles, probablement situées au niveau des extrémités du transept, tel qu'il est possible de l'observer sur une photo de 1898. La voûte est également refaite avec sa corniche ainsi que l'intérieur de la sacristie. En 1867, on installe une nouvelle tribune afin d'accueillir un nouvel orgue provenant de la maison Brodeur. En 1874, on obtient deux toiles, œuvres de l'italien Ippolito Zapponi. En 1890, on acquiert deux toiles de Louis Vandandaigue Gadbois, peintre de Saint-Eustache. Ces toiles sont accrochées dans le chœur depuis 1898 environ. Quatre autres toiles viendront se joindre aux autres après les travaux de 1930. Deux

sont d'auteur inconnu et les deux dernières, commandées à T.-X. Renaud, sont l'œuvre de Georges Delfosse et Narcisse Poirier, deux peintres ayant travaillé avec Renaud. Une grande partie du décor intérieur prend ses formes actuelles avec les travaux de 1905, d'après les plans de Joseph Sawyer. L'entrepreneur Boileau et Frères obtient le contrat. Ainsi, avec l'agrandissement des murs latéraux, un réaménagement de l'intérieur est nécessaire. Séparant dorénavant les bas-côtés du vaisseau central, une colonnade est installée à l'endroit où trônaient les anciens murs. Par le fait même, ces colonnes supportent la nouvelle voûte à caissons. Les tribunes arrière vont être agrandies et de nouveaux bancs seront installés. En 1910, la fabrique fait appel à Casavant Frères pour ajouter deux nouveaux jeux à l'orgue datant de 1867. En 1929, surviennent d'autres travaux d'importance. L'architecte consulté est une fois de plus Joseph Sawyer. Pour l'intérieur, on accorde tout d'abord un contrat à l'entrepreneur Eugène Duquette. Ce dernier se voit attribuer la tâche de réparer les autels, d'agrandir la tribune de l'orgue, d'effectuer la réfection des bancs et des boiseries et d'installer un système électrique. Parallèlement à ces travaux, la soumission de Toussaint-Xénophon Renaud est retenue pour effectuer un nouveau décor peint. Ce dernier s'emploiera à orner la voûte, le chœur, la sacristie et la chapelle Sainte-Anne. Une partie de ce décor serait disparu à une date inconnue, du moins dans la nef et le chœur, sous une peinture monochrome beige. En 1948, un ménage est effectué au niveau de la sacristie et de la chapelle Sainte-Anne. En 1954, d'autres améliorations sont apportées à l'orgue. La maison Casavant Frères y ajoute d'autres jeux et une nouvelle console. Selon Béatrice Chassé, d'autres travaux de décoration intérieure ont eu lieu en 1957. Gérard Morisset, conservateur du Musée de la Province, présenta un devis pour la décoration intérieure. M. Georges Chalifoux, de Sainte-Scholastique, fut l'entrepreneur associé à ces travaux. On ne connaît pas malheureusement la nature de ceux-ci.

Adresse civique: 2259, chemin des Hauteurs Saint-Hippolyte, Québec J8A 3B8 ÉGLISE SAINT-HIPPOLYTE Début de la construction d origine: En 1933 Fin des travaux d origine: En 1933 Hiérarchisation régionale : Concepteur : Ludger Lemieux, architecte Orgue : Non Vitraux: John Patrick O'Shea; date inconnue Supérieure (C) SOMMAIRE HISTORIQUE Une première chapelle aurait été construite l'année suivant la création de la mission, en 1865, mais bâtie sans main-d œuvre qualifiée, on n'osa pas même y laisser entrer quelqu'un de peur qu'elle ne s'écroule. En 1866, on en construisait donc une nouvelle. La première église suivit en 1877, mais brûla en 1933, dans un incendie qui emporta aussi la salle paroissiale et le presbytère. C'est donc en 1933 qu'a été construite l'église actuelle selon les plans de l'architecte Ludger Lemieux et sous la direction des entrepreneurs Héroux et Robert. Cette réalisation de Lemieux contraste de l'église de la paroisse de Saint-Esprit, dans la municipalité du même nom, sise dans Lanaudière, non loin de Saint-Hippolyte. La nécessité d'explorer de nouvelles formes et de nouveaux principes semble désormais primer sur le désir de construire dans un esprit monumental comme il l'avait fait quelques années auparavant dans plusieurs paroisses ouvrières de Montréal, entre autres, pour les églises Saint-Vincent-Ferrier et Saint-Vincent-de-Paul. Des travaux d'entretien seraient survenus entre 1991 et 2001.

- le perron de l'église aurait été refait - le système de protection des incendies aurait été installé - le presbytère aurait aussi été restauré - vers 1997, on aurait remplacé les fenêtres (répondant) - vers 2001, on aurait remplacé le revêtement de la toiture ainsi que restauré les boiseries extérieures (fasces, cadres des fenêtres, soffites,...) Ces travaux ont été exécutés, en partie, grâce au financement de la fondation du patrimoine religieux du Québec. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Claude Bergeron mentionne que, vers 1926, dans une optique rationaliste, Gérard Morisset avait formulé le principe suivant: «la façade d'un édifice doit découler de l'organisation interne, en être le reflet, et que toute décoration doit être subordonnée à la construction». L'architecte Ludger Lemieux appliquera ce principe lors de sa conception de l'église Saint-Hipolyte en 1933. Ainsi, «le couronnement de la façade de Saint-Hippolyte reproduit même la forme du volume interne qui, lui, est engendré par la structure». La forme ogivale soulignée par une ornementation créée par l'alternance de briques en saillie se trouve donc mise de l'avant en façade, alors que deux fenêtres en arc brisé éclairent le chœur par la droite. Le traitement simple du portail caractérisé par le travail de la brique montrant des croix en saillie annonce lui aussi un certain renouveau par le rassemblement des trois portes rectangulaires en position centrale qui accentue l'horizontalité du lieu néanmoins contrebalancée par la présence de la tour du côté gauche. On peut observer les portes de bois massif dont les pentures se terminent par un arc de cercle presque complet. La tour carrée en brique ne comporte que deux petites ouvertures de forme rectangulaire. Elle est surmontée d'une chambre carrée des cloches, dont les ouvertures ogivales aujourd'hui cloisonnées par la présence de persiennes sont surmontées de motifs trilobés. Sa flèche pyramidale recouverte de tôle avec de petits pinacles aux quatre coins s'inscrit dans un vocabulaire néogothique qui pourrait être un rappel de l'ancien lieu de culte. Au niveau des murs gouttereaux et qui paraissent répondre aux différents registres de la fenestration. À l'avant et à l'arrière du lieu, les surfaces intérieures définies par les arcs ogivaux semblent recouvertes de crépi d'un ton de beige qui contraste avec la brique rouge. Les longs pans se caractérisent par la présence de larges fenêtres rectangulaires qui rappellent celles de certains établissements scolaires. La fenestration a cependant été modifiée et le verre double, s'il protège les vitraux, renvoie des reflets bleutés à l'extérieur. L'arrière du bâtiment est caractérisé par un jeu des volumes et des pentes de toit qui démontre une géométrisation évidente des formes. Un changement dans la couleur de la brique laisse cependant croire qu'une annexe a pu être enlevée et qu'une ancienne porte lui donnant accès de l'intérieur a pu être transformée en fenêtre. On retrouve à la façade arrière, une rosace semblable à celle de la façade mais cerclée d'un voussoir de brique simple. Intérieur À propos des églises Saint Brendan à Montréal et Saint-Hippolyte dans les Laurentides, utilisant toutes deux au niveau de la voûte un système de «mailles losangiques formées par [des] lamelles assemblées au moyen de boulons constituant une structure légère et rigide qui est aussi décorative», Claude Bergeron écrira que «malgré leur caractère modeste, ces deux églises sont celles qui s'affranchissent le plus des formes du passé et qui obéissent le mieux aux règles de la doctrine rationaliste. Le couronnement de la façade de Saint-Hippolyte reproduit même la forme du volume interne qui, lui, est engendré par la structure». Même s'il ne s'agit pas d'un décor peint au sens de l'inventaire, des toiles marouflées ornent les murs du chœur ainsi que l'espace au-dessus des confessionnaux à l'entrée de la nef. On peut constater que dans le lieu de culte sont utilisés deux types d'arcs: arc en accolade et arc brisé. Seules la voûte au-dessus de la travée centrale et les ouvertures donnant sur le chœur, montrent

des arcs ogivaux. La balustrade de bois reprend pour sa part la forme en accolade visible au niveau des arches des bas-côtés.

Adresse civique: 231, Route du Canton Brownsburg-Chatham, Québec J8G 1R5 ÉGLISE SAINT-PHILIPPE Début de la construction d origine: En 1888 Fin des travaux d origine: En 1889 Hiérarchisation régionale : Concepteurs : Perrault et Mesnard, architectes Athanase Lauzon, entrepreneur P.H. Boileau et Frères, menuisiers Orgue : Casavant Frères; 1942; no. 1701 Vitraux: Oui Supérieure (C) Décor peint: Tout l'intérieur a été peint dès l'origine par l'artiste-peintre François-Édouard Meloche assisté de T.X. Renaud. Les décors peints semblent encore en bon état. SOMMAIRE HISTORIQUE La célébration du culte aurait commencé à Saint-Philippe en 1840. Une chapelle de brique aurait été construite par l'entrepreneur Renaldo Fuller en 1855. Elle a été utilisée jusqu'en 1889. Le bâtiment situé à un coin de rue de l'église, existe toujours mais est aujourd'hui transformé en commerce de détail. Le terrain pour l'église actuelle a été vendu à la fabrique en 1859. L'ordre pour la construction n'a cependant été donné qu'en 1881 et on a dû attendre encore sept années avant les débuts de la construction. Jusqu'à la formation du diocèse de Saint-Jérôme, Saint-Philippe faisait partie du diocèse d'ottawa. Il s'agit d'un village situé en bordure de la rivière des Outaouais, entre Grenville et Lachute, aux limites des régions Laurentides et de l'outaouais à la frontière de l'ontario.

L'église de la firme Perrault et Mesnard détonne de son environnement de par son ornementation à l'extérieur et son clocher qui ne sont pas sans rappeler le style roman. Elle se situe en bordure de la route 148 au cœur de l'ancien noyau villageois qui demeure assez modeste. S'élèvent immédiatement à droite, un presbytère de granit rose construit en 1901 puis une ancienne écurie, derrière se trouve, le cimetière et ses monuments et à gauche, une école primaire, datant probablement des années 1980. L'environnement constitué de terres agricoles contribue à faire ressortir l'église apparaissant monumentale. Historique des modifications: Un Sacré-Coeur a été érigé devant l'église en 1918. On trouve aussi non loin de là une croix d'acier dont on ne connaît la date d'érection. Il est mentionné qu'en 1940, le sommet du clocher aurait été modifié de sorte que la croix qui s'y tient est moins élevée aujourd'hui. Selon le répondant, on aurait entièrement refait la toiture d'ardoise en 2000 en remplaçant les tuiles d'origine. La pierre des murs extérieurs aurait pour sa part été complètement restaurée en 2002. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Revêtement dominant des murs: Pierre Remarque: Pierres à bosses; seraient à restaurer, particulièrement derrière la sacristie et le mur latéral droit où les joints sont évidés; il y a aussi des fissures au haut des murs. L'église de Saint-Philippe se distingue au sein du corpus des architectes Perrault et Mesnard et pour les mêmes raisons qu'elle se distingue aussi au sein des églises des régions de Laval, Laurentides et Lanaudière. Sa façade est composée d'une tour très large flanquée de tourelles arrondies au-dessus desquelles est postée une balustrade à ouvertures carrées. La tour centrale est aussi ornementée de deux clochetons flanqués en son sommet. D'autres tourelles parachèvent cette déclinaison de superpositions, à chacun des angles de la chambre des cloches. Ces dernières sont cependant carrées. Elles sont coiffées, tout comme la chambre des cloches, d'une toiture qui pourrait être qualifiée d'ogivale à base carrée. Le portail impressionne par sa largeur et son ornementation. Deux portes doubles sont séparées par un trumeau auquel est superposé un linteau où l'on peut lire: Hic Domus Dei et Porta Coeli. À ce linteau succède un autre où se trouve l'inscription «A.1888.D». Cet ensemble est encadré par un voussoir en plein cintre double, lui-même cintré par un cordon de pierre qui se prolonge horizontalement à partir du bas de l'arc vers les angles de la façade. De la tour centrale partent vers le bas les pentes du toit qui se terminent par deux lucarnes aveugles. À ces portions de mur que l'on pourrait croire abriter des portiques latéraux, sont plutôt accolés des contreforts. Les ouvertures du lieu sont pour la plupart en forme d'hémicycle, sauf pour les meurtrières de la façade. Les fenêtres des murs latéraux sont étonnamment petites et peu nombreuses, ce qui devait cependant accentuer l'effet dramatique du décor peint à l'intérieur. On peut remarquer la présence de fenêtres logées dans la partie supérieure du mur pignon derrière la sacristie. Le toit du lieu, tout comme la base carrée de la tour, est entièrement recouvert d'ardoise. Si le répondant affirme que le toit aurait été refait en 2000, nous sommes d'avis que la tour n'a pas alors été touchée puisque ses ardoises donnent des signes d'érosion par le vent et la pluie. Les murs sont constitués de pierres à bosses que l'on suppose être de la pierre locale ou du moins, du granit de Brownsburg. Le rejointement de la pierre aurait été complètement refait en 2002. Cependant on peut supposer qu'en fait seule la façade aurait été restaurée puisque les murs latéraux présentent l'évidement de certains joints ainsi que des fissures au haut des murs.

Le parvis de ciment serait à refaire: les marches sont fissurées et les rampes se détachent de leur point d'ancrage. Les cheminées, une de pierres et l'autre de briques, seraient à consolider. Les boiseries (soffites, corniches...) seraient à restaurer, particulièrement derrière la sacristie. Le portique du côté droit n'est pas d'origine. Intérieur L'intérieur du lieu est dominé par le décor peint réalisé par François-Édouard Meloche entre 1888 et 1891 environ. Ce décor avant tout géométrique plutôt qu'historié, couvre l'entièreté du lieu. De tels motifs se marient parfaitement aux formes circulaires des ouvertures et des modillons qui rappellent davantage la mosquée ou les temples byzantins. L'église de Saint-Philippe figure au sein des lieux de culte les mieux conservés et les plus achevés de F.-E. Meloche. Probablement suite au concile, le mobilier du lieu a été modifié; le plancher est présentement recouvert de tuiles de vinyle, les bancs sont de facture moderne tout comme le tombeau de l'autel.

Adresse civique: 77, rue de l'église Saint-Placide, Québec J0V 2B0 ÉGLISE SAINT-PLACIDE Début de la construction d origine: Vers 1850 Fin des travaux d origine: Vers 1852 Hiérarchisation régionale : Concepteurs : Bourgeau et Leprohon, architectes Georges-Félix Héroux Réalisation du premier décor : Toussaint-Xénophon Renaud Supérieure (C) Orgue : Casavant et Frères 1918 (dessiné en 1917, installé en 1918) Opus 740 SOMMAIRE HISTORIQUE Il s'agit du premier lieu sur le site bordant le lac des Deux-Montagnes, offert par Adélaïde Paquette en 1848. Historique et modifications: 1850 - On entreprendrait la construction de l'église. 1851 - Les marguilliers commandent les bancs. L'argent récolté de leur vente doit servir à payer le mobilier du chœur. 1851 - Achat d'une cloche. 1852 - Fin probable des travaux du gros-œuvre. 1864 - On sollicite Victor Bourgeau et Étienne-Alcibiade Leprohon pour créer l'intérieur de l'église qui n'avait pas été décorée. 1868-1870 - On tente de récolter l'argent nécessaire à la décoration intérieure de l'église.

1871 - On amorce l'aménagement intérieur de l'église. Ce sera Félix Héroux de Yamachiche qui «obtient le contrat pour refaire la charpente intérieure de l'église, ouvrir des portes de chaque côté du chœur, ajouter un deuxième étage à la tribune. Il doit récupérer le bois de la vieille voûte pour boiser le plafond et repeindre l'église en bois. Pour une somme supplémentaire (...) Félix Héroux refait le grand autel, les autels latéraux et la chaire.» Les travaux seront achevés en 1873. 1866 - On achète un harmonium pour l'église. 1876 - Achat d'un orgue fabriqué par Eusèbe Brodeur, de Sainte-Hyacinthe. 1881 - La fabrique achète la maison de l'ancien sacristain, construite sur le terrain de l'église. 1888 - On construit différentes dépendances: une écurie, une remise à voiture, une batterie, un hangar à grain, un poulailler et une porcherie. 1904 - Un bail entre la fabrique et le gouvernement du Canada permet à ce dernier l'érection d'un phare près de l'église. 1915 - La fabrique engage l'architecte J.-A. Bigonesse pour concevoir un nouveau clocher à l'église, pour remplacer le premier où l'eau n'a cessé de s'infiltrer. Joseph Fauteux est retenu comme entrepreneur. Il s'agit aussi pour lui d'effectuer les travaux suivants, suite aux dégâts d'eau: réparer les bancs de la 1 ère tribune; enlever la seconde tribune; reconstruire une fausse voûte, il est rapporté que toutes les boiseries de l'église actuelle datent de cette époque. On profite donc des travaux pour changer les portes en façade qui seront peintes, imitation chêne, ainsi pour faire dessiner et construire de nouveaux confessionnaux et bancs pour la nef. On engage T.-X. Renaud pour peindre les murs intérieurs de l'église: «il applique de "manière décorative" plusieurs couleurs ainsi que de la feuille d'or sur les murs.» On a recours à l'entreprise Casavant Frères pour réparer l'orgue. 1916 - On perce d'une rue le terrain face à l'église, séparant le lieu du cimetière, face au Lac des Deux- Montagnes. 1917 - On passe une commande à Casavant Frères pour un nouvel orgue. 1918 - On reçoit de Casavant & Frères l'orgue et son buffet de chêne. 1930 - Travaux d'entretien dans l'église: on refait la peinture en conservant les détails de Renaud. 1930 - Le cimetière est déplacé. 1948 - La fabrique cède une partie de son terrain à la Commission scolaire afin qu'elle y construise une école. 1949 - Un garage et un hangar sont construits. 1959 - Une partie du terrain est cédée à la municipalité pour qu'elle y construise une usine d'épuration d'eau. Vers 1962 - Réfection du décor: la chaire et la balustrade sont enlevées, on peint par-dessus l'œuvre de Renaud. (Répondant) 1974 - Avec l'aide d'un programme fédéral, on fait ériger un muret en bordure du Lac des Deux- Montagnes. 1978 - Une partie du terrain est cédée à la municipalité afin qu'elle y aménage un espace récréatif. 1983 - Une autre école est construite. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Surplombant les abords du Lac des Deux-Montagnes, l'église se trouve au centre d'un petit village sur une place lui étant entièrement consacrée. Le site de Saint-Placide est resté presque fidèle à ses origines, exclusion faite du cimetière qui fut relocalisé. Étant dégagée de toute construction n'ayant pas trait au lieu de culte, l'église ne se remarque pas tant par sa hauteur, mais davantage par le dénuement de son terrain. Une tôle à la canadienne revêt en entier la toiture du bâtiment. Des taches de rouille la maculent par ailleurs à plusieurs endroits. Le revêtement de pierres démontre également quelques signes de fatigue comme en témoignent le rejointement effectué principalement sur la façade latérale droite. Le presbytère situé à la gauche de l'église est en partie loué depuis les années 1970.

Intérieur L'intérieur de l'église Saint-Placide s'illustre par l'assemblage des différents arcs qui forment la voûte à caissons. Le plafond plat de la nef prend l'aspect d'une voûte à arc déprimé, suggéré par la forme arrondie des corbeaux, tandis que le plafond plat des bas côtés est doublé à l'entrée du chœur par une arcade ogivale. Trois vaisseaux composent la nef et une tribune se situe à l'arrière. Une arcature orne le haut des murs de la nef centrale tandis que des lattes de bois ornent le bas des murs de la nef.

Adresse civique: 10, rue de l'église Sainte-Thérèse, Québec J7E 3L1 ÉGLISE SAINTE-THÉRÈSE-D'AVILA Début de la construction d origine: En 1885 Fin des travaux d origine: En 1887 Hiérarchisation régionale : Statut juridique: Monument historique Cité Concepteurs : Perrault et Mesnard, architectes Benjamin Deslauriers, entrepreneur Camille Provost, entrepreneur Personnage historique associé : Victor Leguerrier Supérieure (C) Événement historique : 1913: un congrès eucharistique se tient dans la paroisse Sainte-Thérèse-d'Avila. Orgue: Maison Brodeur 1888 Vitraux: 1911

SOMMAIRE HISTORIQUE La paroisse de Sainte-Thérèse a été fondée en 1789. La première concession de terre dans la seigneurie de Blainville remonte cependant à 1740. Les premiers colons arrivaient principalement de Terrebonne et de l'île Jésus. Après des résistances des résidents du secteur de Grande Côte, les habitants de la rivière aux Chiens entreprirent finalement la construction d'un premier presbytère chapelle en 1788-1789 sur un terrain donné par Jean-Louis Delage. Cette première chapelle servit jusqu'en 1807, date à laquelle une église en pierre au plan en croix latine fut construite. Cette église subit un agrandissement en 1862-1863 et fut finalement détruite par un incendie le 6 janvier 1885. Elle se situait à quelques mètres au nord du lieu de culte actuel. «On sauve de l'incendie de 1885 quelques vases sacrés, des ornements sacerdotaux, les chandeliers des autels, et une statue de la Vierge encore préservée». Une chapelle temporaire en bois fut construite afin de servir aux besoins du culte durant la construction de la nouvelle église. La chapelle du cimetière actuelle de Sainte-Thérèse aurait été construite à la même époque que l'église dans la foulée des efforts du curé Charlebois pour embellir le cimetière. L'église actuelle constituerait donc le second lieu de culte sur le site, si l'on fait exception de la chapelle temporaire. Le curé Charlebois est à la tête de la paroisse lors de la construction de la nouvelle église selon les plans de la firme Perrault et Mesnard et se charge de la commande des cloches à la Maison Chantaloup en 1885. Victor Leguerrier (1823-1902), forgeron, maire de la municipalité de Sainte-Thérèse et conseiller ministériel d'adolphe Chapleau lorsque ce dernier fut premier ministre de la Province de Québec entre 1879 et 1882, était alors marguillier en charge lors des travaux. L'église actuelle fut ouverte au culte à Noël 1887. Elle fut consacrée le 1 er juin 1889. La partie centrale du séminaire (cégep Lionel Groulx) est construite en 1883 selon les plans des architectes Poitras et Roy pour remplacer le séminaire de 1846 qui avait été incendié et qui avait lui-même remplacé le premier séminaire fondé par le curé Charles-Joseph Ducharme et issu de la transformation du premier presbytère. L'oratoire-chapelle Saint-Joseph inauguré en 1888 et situé en arrière de l'église en face du cégep pourrait être une réalisation des mêmes architectes. Cette structure accueille d'ailleurs la sépulture du curé Ducharme. En 1913, eut lieu, à Sainte-Thérèse, un important congrès eucharistique qui marqua la communauté paroissiale. L'église Sainte-Thérèse-d'Avila est citée monument historique depuis 1987. OBSERVATIONS GÉNÉRALES Extérieur Cette église se démarque dans le paysage régional par l'élan de son clocher ouvragé recouvert de tôle qui donne un mouvement vertical au bâtiment. La composition de ce lieu de culte comporte des éléments d'inspiration néo-romane (meurtrières, baies jumelées) et se caractérise par sa façade qui est la véritable signature régionale de la firme d'architectes Perrault et Mesnard: tour centrale en saillie surmontée d'une flèche élancée avec tourelles d'angles surmontées de clochetons, composition réutilisée à quelques reprises (Saint-Lin, Saint-Charles-Borromée de Joliette, l'annonciation d'oka). L'utilisation contrastée de la pierre de taille et de la pierre à bosses est accompagnée d'une riche ornementation de pierre de taille qui vient souligner les lignes architecturales et font de ce bâtiment un témoin du courant de l'éclectisme qui caractérise l'architecture religieuse québécoise à la fin du XIX e siècle. L'église se distingue également par ses nombreuses ouvertures en hémicycle au niveau des deux registres du bâtiment. La composition et la fenestration de l'abside constituent des éléments uniques dans le corpus régional. Le secteur environnant l'église se démarque par la qualité des bâtiments qui concourent à donner au vieux village son aspect de centre historique régional qui s'est développé plus rapidement à partir du milieu du XIX e siècle, entre autres, grâce à l'avènement du chemin de fer et au dynamisme des institutions religieuses mises sur pied suite à l'impulsion donnée précédemment par le curé Charles-Joseph Ducharme. L'ensemble institutionnel de Sainte-Thérèse, avec l'ancien séminaire devenu le cégep Lionel- Groulx, l'église, le presbytère de 1925, le couvent de 1917 transformé en hôtel de ville et l'ancien couvent des religieuses de la Congrégation Notre-Dame, témoigne de l'âge d'or de l'église catholique au Québec. L'implantation de l'église en retrait de la rue et sur un terrain surélevé contribue encore à

accentuer la verticalité du lieu. Le cégep bénéficie d'une reconnaissance du gouvernement provincial alors que l'église a été pour sa part citée monument historique en 1987 par la même instance. L'ancien séminaire (cégep Lionel-Groulx) a été construit selon les plans de Victor Roy et Jean-Roch Poitras et agrandi en 1951, selon les plans des architectes Joseph Sawyer et Henri Labelle. L'ancien séminaire a un statut de reconnaissance comme Monument Historique, comprenant la petite chapelleoratoire de Saint-Joseph, construite en 1886, située devant la façade principale de l'ancien séminaire. Elle abrite la sépulture de l'abbé Joseph-Charles Ducharme, fondateur du séminaire et 6 e curé de Sainte- Thérèse. Intérieur Les architectes Perrault et Mesnard seraient aussi responsables de la réalisation du décor intérieur. En 1887, «la chaire, le baldaquin et le grand lustre sont installés dans l'église [...] La petite galerie du niveau supérieur, emprunte sa forme aux galeries des cathédrales européennes, que l'on appelle «galerie des lépreux». Un chemin de croix aurait été érigé dans l'église dès 1888. L'électrification du lieu survient en 1906. Des verrières auraient été installées dans les fenêtres de la partie supérieure du sanctuaire en 1911. La soufflerie électrique pour l'orgue est installée la même année. En 1913 sont effectués plusieurs travaux importants dans l'église: les tribunes du transept sont construites, celle de l'orgue agrandie. La décoration de l'église aurait aussi été touchée à cette époque ainsi que le baldaquin. Des travaux de peinture auraient également été réalisés. Il se peut que la polychromie que l'on peut voir entre autres, sur les colonnes à partir de photographies anciennes puisse avoir été réalisée à cette époque. Les vitraux des fenêtres inférieures de la nef auraient également été installés en 1913 tout comme la lampe du sanctuaire qui se trouve toujours dans le lieu. En 1937, des confessionnaux sont installés dans la nef. En 1950, une nouvelle balustrade en marbre et fer forgé remplace celle de bois qui datait de 1887. Les gicleurs auraient été installés dans l'église en 1956. La chaire est enlevée entre 1960 et 1966. En 1964, le baldaquin au-dessus du maître autel est démoli. «L'ange au-dessus du tabernacle, donc sous le baldaquin, une œuvre d'olindo Gratton, est disparu». En 1965, surviennent finalement les travaux les plus importants qui transforment complètement le décor intérieur: «on change l'autel majeur, l'autel de la sainte Réserve. On pose des tuiles sur le plancher, un grillage à l'arrière de l'autel majeur. On acquiert la croix actuelle au-dessus du maître autel. On pose du tapis dans le chœur». Finalement en 1966, la fabrique acquiert un nouveau tabernacle. Le décor actuel se compose donc d'éléments architecturaux datant de la construction d'origine (colonnes, chapiteaux, arcatures et ornementation de la voûte), mais intègre aussi des éléments résolument modernes (balustrade de marbre et fer forgé, mobilier liturgique aux lignes minimalistes et plancher de tuiles posées de façon à former des motifs géométriques) datant des années 1960. L'orgue d'eusèbe Brodeur reconditionné par Casavant et Frères occupe toujours une place primordiale à la tribune arrière et constitue un élément majeur du décor intérieur. L'orgue a subi une autre modification en 1970 par Caron. Selon l'inventaire de l'orgue réalisé en 1986 pour le compte du ministère des Affaires culturelles du Québec, «l'orgue de Brodeur fut l'un des plus importants de la région pour ses dimensions. L'orgue actuel possède encore aujourd'hui de bons éléments de Brodeur et de Casavant Frères. Cet instrument présente un intérêt du fait qu'il traduit le travail de ces deux facteurs et parce qu'il constitue un orgue d'esprit romantique très bien fourni» (Voir Leslie-Martin Young en bibliographie). La statue de la Vierge, réalisée en carton pressé par les Sœurs Grises de Montréal en 1845 et sauvée de l'incendie de 1885, se trouve dans l'extrémité sud du transept. Selon les informations contenues dans la fiche du macro-inventaire des biens culturels datant de 1977, le sculpteur thérésien Olindon Gratton aurait réalisé la sculpture de sainte Thérèse en 1885. Le même document mentionne un chandelier pascal réalisé par René Saint-James vers 1800, élément qui aurait probablement été sauvé également de l'incendie.